{"id":547,"date":"2024-06-08T18:54:24","date_gmt":"2024-06-08T15:54:24","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=547"},"modified":"2025-11-20T20:16:39","modified_gmt":"2025-11-20T17:16:39","slug":"philosophie-indienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/philosophie-indienne\/","title":{"rendered":"Philosophie indienne. Caract\u00e9ristiques, origine et d\u00e9veloppement de la philosophie indienne"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><strong>Caract\u00e9ristiques de la philosophie indienne.<\/strong> L&rsquo;origine et le d\u00e9veloppement d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel particulier, appel\u00e9 \u00abphilosophie\u00bb dans la Gr\u00e8ce antique, en Inde, sont \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature v\u00e9dique. Les \u00abVedas\u00bb (lit.: \u00abconnaissance\u00bb) en Inde \u00e9taient appel\u00e9s recueils de textes li\u00e9s aux sacrifices, qui avaient le statut de connaissance sacr\u00e9e et incluaient toutes les id\u00e9es des anciens Indiens sur le monde des dieux et le monde des hommes. Initialement, il y avait trois Vedas &#8211; le \u00abRig-Veda\u00bb &#8211; le Veda des hymnes riches, le \u00abSama-Veda\u00bb &#8211; le Veda des chants-samanas et le \u00abYazhdur-Veda\u00bb &#8211; le Veda des formules sacrificielles-yajus; Par la suite, l&rsquo;Atharva Veda leur a \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9 &#8211; le Veda des sorts magiques-atharvans. Le corpus de la litt\u00e9rature v\u00e9dique a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 1er mill\u00e9naire avant JC. e., bien que le processus de formation des textes des Vedas ait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s long.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-i-philosophie-de-lorient-ancien-chapitre-1-philosophie-indienne\/indfilosofi230624\/\" rel=\"attachment wp-att-725\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-725\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/indfilosofi230624-300x225.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"225\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/indfilosofi230624-300x225.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/indfilosofi230624.jpg 600w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">La sp\u00e9cificit\u00e9 de la tradition philosophique indienne au stade de son \u00e9mergence \u00e9tait que, premi\u00e8rement, les cr\u00e9ateurs et d\u00e9tenteurs de savoir \u00e9taient des repr\u00e9sentants de la couche sociale la plus \u00e9lev\u00e9e &#8211; les pr\u00eatres brahmanes. Ce sont eux qui poss\u00e9daient la connaissance sacr\u00e9e des Vedas et l&rsquo;enseignaient aux repr\u00e9sentants de deux autres classes &#8211; les varnas (varna &#8211; litt\u00e9ralement \u00abcouleur\u00bb): les guerriers Kshatriya, les commer\u00e7ants Vaishya et les agriculteurs. Ces trois varnas \u00e9taient appel\u00e9s \u00abdeux fois n\u00e9s\u00bb (la \u00abseconde naissance\u00bb signifiait apprentissage), contrairement au quatri\u00e8me varna &#8211; les serviteurs sudra \u00abn\u00e9s une fois\u00bb qui n&rsquo;avaient pas acc\u00e8s \u00e0 la connaissance. Deuxi\u00e8mement, contrairement \u00e0 d&rsquo;autres r\u00e9gions (par exemple, la Chine et la Gr\u00e8ce), o\u00f9 l&rsquo;\u00e9mergence de la philosophie a co\u00efncid\u00e9 avec le d\u00e9but de l&rsquo;activit\u00e9 th\u00e9orique en g\u00e9n\u00e9ral, la philosophie indienne (anvikshiki) s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre l&rsquo;ach\u00e8vement et la plus haute r\u00e9alisation de cette activit\u00e9. Troisi\u00e8mement, la pens\u00e9e philosophique dans l\u2019Inde ancienne est apparue comme une cons\u00e9quence et le r\u00e9sultat de d\u00e9bats rituels brahmaniques tenus dans les tribunaux et sous le patronage des dirigeants locaux. Quatri\u00e8mement, l&rsquo;ancienne philosophie indienne est n\u00e9e du d\u00e9veloppement de la logique, de la rh\u00e9torique et de l&rsquo;art de l&rsquo;argumentation. Et enfin, cinqui\u00e8mement, la pens\u00e9e philosophique indienne s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e sur la base non seulement des concepts et des id\u00e9es des tribus indo-aryennes arriv\u00e9es dans la p\u00e9ninsule de l&rsquo;Hindoustan au milieu du IIe mill\u00e9naire avant JC. e. et a jet\u00e9 les bases de la civilisation indienne, mais aussi des id\u00e9es des peuples locaux qui habitaient l&rsquo;Inde avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Indo-Aryens.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Les origines de l&rsquo;argumentation.<\/strong> Les principaux th\u00e8mes et concepts de la philosophie de l&rsquo;Inde ancienne \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 en partie contenus dans la litt\u00e9rature v\u00e9dique (en particulier dans sa partie ult\u00e9rieure &#8211; les Upanishads), o\u00f9 des questions \u00e9taient soulev\u00e9es sur le d\u00e9but de l&rsquo;univers et de la connaissance. Cependant, les Upanishads, parlant de l&rsquo;ordre mondial, ont r\u00e9pondu \u00e0 la question \u00abQue sait-on? Une tentative de r\u00e9pondre \u00e0 la question \u00abComment est-on connu?\u00bb \u00e9tait associ\u00e9 aux conflits v\u00e9diques tardifs (8e-6e si\u00e8cles avant JC) entre brahmanes lors de r\u00e9unions d&rsquo;arbitres (parishads).<\/p>\n<p align=\"justify\">Initialement, les discussions entre les diff\u00e9rentes \u00e9coles brahmaniques \u00e9taient de nature rituelle, puisque le sujet du d\u00e9bat \u00e9tait la question de savoir quand et comment faire correctement des sacrifices aux dieux du panth\u00e9on v\u00e9dique et aux esprits des anc\u00eatres. L&rsquo;art de l&rsquo;argumentation s&rsquo;est manifest\u00e9 dans la capacit\u00e9 de justifier telle ou telle position et de tirer la conclusion n\u00e9cessaire. L&rsquo;orientation initiale de la rh\u00e9torique et de la logique indiennes vers l&rsquo;adversaire et le public se refl\u00e9tera ensuite dans des textes de nature purement philosophique &#8211; des sutras et des commentaires sur les sutras, qui seront souvent construits sur un principe dialogique. L&rsquo;apparition de la philosophie en tant que telle sur la sc\u00e8ne historique de l&rsquo;Inde s&rsquo;est produite \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;enseignants asc\u00e9tiques errants qui d\u00e9fendaient leurs propres vues sur la structure du monde par opposition aux id\u00e9es brahmaniques traditionnelles.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>L&rsquo;\u00e8re Shraman<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Les Shramans.<\/strong> Des d\u00e9bats sur les th\u00e8mes: comment je\u00fbner avant de faire un sacrifice aux dieux ou comment nommer un dieu dans un rituel, il restait \u00e0 faire un pas vers la question: \u00abLe rituel lui-m\u00eame est-il efficace? &#8211; et en abordant ce probl\u00e8me on est tr\u00e8s proche d&rsquo;un doute radical: \u00ab\u00a0Y a-t-il des dieux \u00e0 qui l&rsquo;on sacrifie?\u00a0\u00bb Le d\u00e9veloppement naturel des \u00e9coles brahmaniques elles-m\u00eames a conduit au fait qu&rsquo;au tournant des VIe\/Ve &#8211; Ve\/IVe si\u00e8cles. avant JC e. des penseurs et des enseignants sont apparus qui ont propos\u00e9 des th\u00e9ories et des doctrines fondamentalement diff\u00e9rentes (par rapport aux traditionnelles). Ces opposants aux brahmanes \u00e9taient appel\u00e9s \u00abShramans\u00bb (en sanskrit), et l&rsquo;\u00e8re de fermentation des esprits et d&rsquo;\u00e9mergence de nouveaux mouvements philosophiques et religieux \u00e9tait appel\u00e9e Shraman. Les Sramanas \u00e9taient un groupe extr\u00eamement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne d&rsquo;asc\u00e8tes errants qui, dans des conflits entre eux et avec des brahmanes traditionalistes, d\u00e9fendaient leurs propres enseignements et opinions. Mais, malgr\u00e9 l&rsquo;importante diversit\u00e9 d&rsquo;opinions et de positions, les enseignants de Sramana \u00e9taient unis par le fait qu&rsquo;ils niaient tous, premi\u00e8rement, les sacrifices v\u00e9diques; deuxi\u00e8mement, l&rsquo;autorit\u00e9 des Vedas en tant que connaissance sacr\u00e9e et, troisi\u00e8mement, la doctrine brahmanique traditionnelle de l&rsquo;existence d&rsquo;une \u00e2me individuelle \u00e9ternelle &#8211; atman, comprise comme une g\u00e9n\u00e9ration de l&rsquo;essence spirituelle cr\u00e9atrice la plus \u00e9lev\u00e9e &#8211; Brahman. De plus, tous les \u015bramanas provenaient de varnas non brahmanes (Kshatriyas, Vaishyas et Shudras).<\/p>\n<p align=\"justify\">Le principal \u00e9ventail de probl\u00e8mes qui \u00e9taient au centre des discussions de ces enseignants itin\u00e9rants comprenait des questions sur ce qu&rsquo;est ce monde, s&rsquo;il existe un autre monde, si une personne est responsable de ses actes, si l&rsquo;asc\u00e9tisme a un sens, etc. a finalement form\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e du monde comme un cycle de renaissances (samsara) de l&rsquo;\u00e2me et la loi du ch\u00e2timent moral (karma), qui d\u00e9termine la cha\u00eene des r\u00e9incarnations des \u00eatres vivants. Ces id\u00e9es se sont ensuite r\u00e9pandues dans toute la philosophie indienne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Ajitha Kesakambala.<\/strong> L&rsquo;un des shramanas \u00e9tait Ajita Kesakambala, dont l&rsquo;essentiel du point de vue \u00e9tait la d\u00e9claration selon laquelle \u00abl&rsquo;homme est constitu\u00e9 de quatre grands \u00e9l\u00e9ments. Le moment venu, [sa] terre retourne au corps de la terre, l&rsquo;eau &#8211; au corps d&rsquo;eau, le feu &#8211; au corps de feu, le vent &#8211; au corps de vent et les sentiments &#8211; \u00e0 l&rsquo;espace&#8230; Ceux-l\u00e0 qui parlent de l&rsquo;existence de [ce monde ou d&rsquo;un autre] sont des paroles vides de sens et des mensonges. Les stupides et les intelligents p\u00e9rissent et disparaissent avec la destruction du corps et n\u2019existent plus apr\u00e8s la mort\u00bb (10: 272). En fait, tout ce qu\u2019une personne poss\u00e8de est son enveloppe corporelle corruptible. Il est donc inutile de faire des sacrifices aux dieux, car ils n\u2019existent pas. Mais du point de vue d\u2019Ajita, il \u00e9tait tout aussi inutile de faire de bonnes actions, puisqu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9compense pour les bonnes actions, ni de punition pour les mauvaises. Ainsi, les id\u00e9es d\u00e9fendues par Ajita Kesakambala repr\u00e9sentent la version indienne du mat\u00e9rialisme.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Pakudha Kacchana.<\/strong> Les opinions d&rsquo;un autre asc\u00e8te &#8211; Pakudha Kacchana, qui enseignait: \u00abIl y a sept principes, qui n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par [personne]\u2026 Ceci est le d\u00e9but de la terre, le d\u00e9but de l&rsquo;eau, sont similaires aux enseignements de Kesakambala dans leur radicalisme. le d\u00e9but du feu, le d\u00e9but du vent, la joie, la souffrance et le principe animateur &#8211; le septi\u00e8me&#8230; Ils ne bougent pas, ne changent pas, ne se heurtent pas, ne sont pas des causes de joie ou de souffrance les uns pour les autres. .. Par cons\u00e9quent, personne ne tue ni ne force [un autre] \u00e0 \u00eatre tu\u00e9&#8230; Et m\u00eame si quelqu&rsquo;un coupe [quelqu&rsquo;un] avec le cr\u00e2ne d&rsquo;une \u00e9p\u00e9e tranchante, cela ne lui prendra pas la vie, car le coup de l&rsquo;\u00e9p\u00e9e ne passera que par le \u00ablimites\u00bb de [ces] principes\u00bb (10: 273). Si la th\u00e8se principale d\u2019Ajita \u00e9tait: \u00abcomme l\u2019\u00e2me, le corps l\u2019est\u00bb, alors Pakudha d\u00e9fend l\u2019affirmation inverse: \u00able corps et l\u2019\u00e2me sont compl\u00e8tement diff\u00e9rents\u00bb. Puisque le meurtre d\u2019un \u00eatre vivant n\u2019est que la destruction de l\u2019enveloppe corporelle, cela ne peut causer aucun dommage \u00e0 l\u2019\u00e2me. Et par cons\u00e9quent, dans le cadre des enseignements de Pakudha, il n&rsquo;y a \u00e9galement aucune base pour faire la distinction entre les bonnes et les mauvaises actions et, par cons\u00e9quent, il n&rsquo;y a aucune r\u00e9compense ni pour la premi\u00e8re ni pour la seconde.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Sanjaya Belatthiputta.<\/strong> Ce professeur errant, qui a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9 d&rsquo;\u00abanguille glissante\u00bb par ses adversaires bouddhistes pour avoir \u00e9lud\u00e9 la formulation claire de ses propres enseignements, occupait la position la plus extr\u00eame parmi les sramans asc\u00e9tiques, puisqu&rsquo;il ne d\u00e9fendait aucun point de vue: \u00abSi vous demandez moi: \u00abY a-t-il un autre monde?\u00bb, &#8211; alors si je croyais qu&rsquo;il existe un autre monde, je te r\u00e9pondrais qu&rsquo;il existe. Mais ce n&rsquo;est pas mon jugement. Je ne crois pas que ce soit le cas, que ce soit diff\u00e9rent, que ce ne soit pas le cas, que ce ne soit pas mal\u00bb (10: 275). De la m\u00eame mani\u00e8re, Sanjaya r\u00e9pond aux questions concernant la non-existence d&rsquo;un autre monde, les r\u00e9sultats de bonnes et de mauvaises actions. Dans le raisonnement de Sanjaya, le t\u00e9tralemme (chatushkotika) appara\u00eet sous une forme n\u00e9gative, qui sera par la suite activement utilis\u00e9e par les philosophes et logiciens bouddhistes. Le t\u00e9tralemme formule quatre possibilit\u00e9s: l&rsquo;existence, la non-existence, les deux et ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Ajivikas.<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Si les enseignants pr\u00e9c\u00e9dents n&rsquo;ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux aucun adepte significatif, alors Makkhali Gosala, la figure principale des Ajivikas (Ajiva &#8211; litt\u00e9ralement: \u00abmode de vie inhabituel\u00bb), fut le fondateur de toute une \u00e9cole qui, apr\u00e8s la mort de son chef, a exist\u00e9 en Inde jusqu&rsquo;au Moyen \u00c2ge et qui a eu pendant quelque temps un nombre important de partisans. L&rsquo;\u00e9cole doit son nom \u00e0 l&rsquo;apparence et au mode de vie extravagants que menaient les Ajiviks: ils erraient compl\u00e8tement nus, \u00e9taient friands de pratiques li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;acquisition de pouvoirs surnaturels, etc.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;essence de la position d\u00e9fendue par Makkhali Gosala \u00e9tait que le monde est r\u00e9gi par la n\u00e9cessit\u00e9 universelle (niyati), \u00e0 laquelle sont soumis tous les \u00eatres vivants et objets inanim\u00e9s, dont le nombre est mesur\u00e9. La n\u00e9cessit\u00e9 pr\u00e9d\u00e9termine tout ce qui se passe dans l\u2019univers sans commencement et sans fin. Elle est comme un \u00e9cheveau de fil lanc\u00e9 qui doit se d\u00e9rouler compl\u00e8tement. Les plaisirs et les douleurs sont mesur\u00e9s, ils ne peuvent \u00eatre ni prolong\u00e9s ni \u00e9vit\u00e9s. Le monde dans son ensemble se d\u00e9veloppe selon ses propres lois, toutes les parties de l&rsquo;univers participent \u00e0 ce d\u00e9veloppement, \u00e9tant incapables d&rsquo;influencer d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre ce processus. Les Ajivikas, dirig\u00e9s par Makkhali Gosala, reconnaissaient l&rsquo;existence de l&rsquo;\u00e2me individuelle, la loi du ch\u00e2timent (karma) et la doctrine du cycle de naissance et de mort (samsara) de l&rsquo;\u00e2me conform\u00e9ment au karma. Mais Makkhali croyait qu&rsquo;une personne n&rsquo;\u00e9tait pas capable de changer le karma et d&rsquo;influencer les \u00e9v\u00e9nements qui se d\u00e9roulaient. Au fil du temps, dans l&rsquo;ajivikisme, l&rsquo;id\u00e9e de n\u00e9cessit\u00e9 universelle se rapproche de l&rsquo;id\u00e9e de karma, et les repr\u00e9sentants de cette \u00e9cole mettent l&rsquo;accent sur la connaissabilit\u00e9 du destin, s&rsquo;int\u00e9ressant \u00e0 l&rsquo;astrologie et aux pr\u00e9dictions.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9coles h\u00e9t\u00e9rodoxes de philosophie indienne<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Ja\u00efnisme<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mahavir Vardhaman.<\/strong> Le fondateur de la tradition ja\u00efn est consid\u00e9r\u00e9 comme Jina Mahavir Vardhamana, n\u00e9 dans une famille kshatriya pr\u00e8s de Vaishali, dans le nord du Bihar. Pendant trente ans, Vardhamana (lit. \u00aben croissance\u00bb, \u00abprosp\u00e8re\u00bb) a men\u00e9 la vie d&rsquo;un chef de famille, puis est devenu un asc\u00e8te et a err\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;Inde pendant 12 ans, se soumettant \u00e0 diverses privations et \u00e0 l&rsquo;auto-torture. Selon la l\u00e9gende, en 557 avant JC. e. Vardhamana a atteint l&rsquo;omniscience sur les rives de la rivi\u00e8re Rijupalika et est devenu connu sous le nom de Jina (\u00abConqu\u00e9rant\u00bb) et Mahavira (\u00abGrand H\u00e9ros\u00bb). Mahavira a consacr\u00e9 le reste de sa vie \u00e0 pr\u00eacher ses enseignements. La mort de Jina a eu lieu au cours de la 72e ann\u00e9e de sa vie dans la ville de Pava, pr\u00e8s de Rajagriha, en 527 av. e. La tradition ja\u00efn pr\u00e9tend que Mahavira Vardhamana \u00e9tait le 24\u00e8me sauveur du monde et le h\u00e9raut des enseignements ja\u00efns &#8211; un tirthankara (lit.: \u00ab\u00a0cr\u00e9ateur d&rsquo;un gu\u00e9\u00a0\u00bb), ayant accept\u00e9 les enseignements du 23\u00e8me tirthankara Parshva, dont les adeptes \u00e9taient les parents de Mahavira. .<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Digambaras et Svetambaras.<\/strong> Selon la l\u00e9gende, m\u00eame du vivant de Mahavira, des d\u00e9saccords sont survenus au sein de la communaut\u00e9, ce qui, apr\u00e8s sa mort, a conduit \u00e0 une scission qui a finalement pris forme aux Ier et IIe si\u00e8cles. n. e. Les Ja\u00efns \u00e9taient divis\u00e9s en Digambaras (lit.: \u00abv\u00eatus par l&rsquo;espace\/directions cardinales\u00bb) et Svetambaras (lit.: \u00abv\u00eatus de blanc\u00bb). Ces noms traduisent l&rsquo;un des d\u00e9saccords entre les directions: les Digambaras croient que les moines doivent marcher nus, et les Shvetambaras insistent pour que les moines portent des robes blanches. De plus, les Digambaras croient qu&rsquo;une femme ne peut pas se lib\u00e9rer de l&rsquo;esclavage karmique, et sont en d\u00e9saccord avec les Svetambaras sur un certain nombre de questions de th\u00e9orie et de pratique de la vie religieuse, et ne reconnaissent pas non plus l&rsquo;authenticit\u00e9 de la litt\u00e9rature canonique de Svetambara.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Canon.<\/strong> La collection Shvetambara de textes canoniques (agamas), \u00e9crits dans la langue de l&rsquo;Inde centrale Ardhamagadhi, comprend: 12 angs (\u00abmembres principaux\u00bb), consacr\u00e9s \u00e0 diverses questions th\u00e9oriques et pratiques, parmi lesquelles les plus c\u00e9l\u00e8bres sont l&rsquo;Acharanga Sutra, un trait\u00e9 sur les r\u00e8gles de conduite et le \u00abSutrakritanga\u00bb \u2013 distinction entre les vrais et les faux enseignements; 12 upang (\u00abmembres secondaires\u00bb ); 10 prakirna (\u00abpassages \u00e9pars\u00bb); 6 Chheda Sutras (textes disciplinaires), 4 Mula Sutras (\u00absutras fondateurs\u00bb), dont le plus important est le Sutra Uttaradhyayana &#8211; une sorte d&rsquo;anthologie de traditions et d&rsquo;instructions; et deux trait\u00e9s \u00abNandi-sutra\u00bb et \u00abAnuyogadvara\u00bb &#8211; une sorte d&rsquo;encyclop\u00e9die des connaissances pour les moines Jain. Le canon Digambara (appel\u00e9 \u00abquatre Vedas\u00bb dans cette tradition) comprend: 1) \u00abPrathama-anuyoga\u00bb &#8211; textes sur \u00abl&rsquo;histoire du monde\u00bb; 2) \u00abKarana-anuyoga\u00bb &#8211; ouvrages cosmologiques; 3) \u00abDravya-anuyoga\u00bb &#8211; trait\u00e9s religieux et philosophiques; 4) \u00abCharana-anuyoga\u00bb &#8211; textes sur l&rsquo;\u00e9thique et le rituel.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Substance.<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">La substance (dravya) dans le ja\u00efnisme est comprise comme la base de tout ce qui existe, ce qui \u00absous-tend\u00bb tout en tant que fondement, sans lequel aucune existence n&rsquo;est possible. Les caract\u00e9ristiques d&rsquo;une substance qui aident \u00e0 expliquer la diversit\u00e9 du monde sont les attributs (guna), ou propri\u00e9t\u00e9s inh\u00e9rentes de la substance, et les modes (paryaya), ou manifestations\/modes d&rsquo;existence de la substance. La diff\u00e9rence entre les attributs et les modes est la suivante: un attribut est quelque chose qui est enracin\u00e9 dans une substance et qui lui est inh\u00e9rent par nature, une substance ne peut pas perdre ses attributs fondamentaux ni en acqu\u00e9rir de nouveaux; alors qu&rsquo;un mode est une manifestation externe d&rsquo;une essence, sujette au changement, donc certains modes d&rsquo;une substance peuvent appara\u00eetre et dispara\u00eetre. Dans la philosophie ja\u00efn, tout ce qui existe est une manifestation de six substances: l&rsquo;\u00e2me (jiva) et les cinq types de non-\u00e2me (ajiva).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c2me.<\/strong> Dans le ja\u00efnisme, \u00abjiva\u00bb est compris comme une entit\u00e9 incorporelle, indestructible et active, dont l&rsquo;attribut principal est la conscience (cetana) et sa direction (upayoga), qui appara\u00eet sous deux formes: la connaissance (jnana) et la vision (darshana). Par nature, chaque \u00e2me poss\u00e8de quatre qualit\u00e9s illimit\u00e9es: la connaissance juste, la vision juste, le pouvoir juste et la conduite juste. Il existe de nombreuses \u00e2mes et elles habitent le monde entier. Le degr\u00e9 d&rsquo;animation de tout ce qui existe d\u00e9pend du nombre de pranas &#8211; facteurs psychophysiques particuliers de chaque \u00e2me. Les penseurs ja\u00efns comptent 4 types de ces pranas: la force, la respiration, la vie, les sentiments. Le nombre de sens qu&rsquo;une \u00e2me peut avoir va de un (comme l&rsquo;eau, le feu, la terre et l&rsquo;air) \u00e0 cinq (comme une personne ou un dieu). Jiva se caract\u00e9rise \u00e9galement par la pr\u00e9sence d&rsquo;une couleur particuli\u00e8re (noir, bleu fonc\u00e9, gris-gris, jaune, rose et blanc) et par une propri\u00e9t\u00e9 telle que la proportionnalit\u00e9 au corps qu&rsquo;il occupe. Le dernier point distingue la doctrine philosophique ja\u00efn des autres enseignements de l&rsquo;Inde. L\u2019essence de cette th\u00e8se est que l\u2019\u00e2me, \u00e9tant la vie elle-m\u00eame, remplit et impr\u00e8gne tout le corps qu\u2019elle occupe dans une incarnation donn\u00e9e. De cette affirmation on pourrait conclure que le jiva a la capacit\u00e9 d&rsquo;augmenter et de diminuer lors du passage d&rsquo;un corps \u00e0 un autre, voire de dispara\u00eetre compl\u00e8tement, ce qui contredit les enseignements m\u00eames de Mahavira. Les auteurs ja\u00efns illustrent cet attribut de l&rsquo;\u00e2me avec l&rsquo;exemple d&rsquo;un morceau de tissu qui reste ce qu&rsquo;il est, qu&rsquo;il soit pli\u00e9 ou d\u00e9pli\u00e9. Cette position, ainsi que l&rsquo;attribution d&rsquo;une \u00abcouleur\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, est probablement un \u00e9cho des croyances locales h\u00e9rit\u00e9es par la doctrine ja\u00efn des tribus autochtones qui habitaient l&rsquo;Inde avant l&rsquo;arriv\u00e9e des Indo-aryens.<\/p>\n<p align=\"justify\">En plus des attributs \u00e9num\u00e9r\u00e9s, le jiva poss\u00e8de divers modes, m\u00e9thodes de manifestation, qui sont d\u00e9termin\u00e9s par la capacit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me \u00e0 passer d&rsquo;un niveau d&rsquo;existence \u00e0 un autre, d&rsquo;un corps \u00e0 un autre. Jivas qui ont un sens incarn\u00e9 dans l&rsquo;eau, le feu, etc.; dot\u00e9 de deux &#8211; dans le corps d&rsquo;un ver, trois &#8211; dans le corps d&rsquo;une fourmi, quatre &#8211; dans le corps d&rsquo;une abeille. Les jivas sup\u00e9rieurs, poss\u00e9dant cinq sens, peuvent s&rsquo;incarner dans le corps d&rsquo;une personne, d&rsquo;un dieu, d&rsquo;un animal ou d&rsquo;un habitant de l&rsquo;enfer. Le destin de l&rsquo;\u00e2me est d\u00e9termin\u00e9 par le degr\u00e9 de sa d\u00e9pendance, de son lien avec la non-\u00e2me.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Non-\u00e2me.<\/strong> La non-\u00e2me (ajiva) dans la philosophie ja\u00efn comprend la mati\u00e8re (pudgala), les conditions de mouvement (dharma) et de repos (adharma), l&rsquo;espace (akasha) et le temps (kala). Les quatre substances non-\u00e2mes (\u00e0 l&rsquo;exclusion du temps) et l&rsquo;\u00e2me sont consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00absubstances \u00e9tendues\u00bb (astikaya) dans le ja\u00efnisme. La mati\u00e8re est d\u00e9finie comme une substance qui construit tout le monde visible et invisible. Pudgala se compose d&rsquo;unit\u00e9s \u00e9ternelles et indivisibles, d&rsquo;atomes primaires, dot\u00e9s d&rsquo;un go\u00fbt, d&rsquo;une couleur, d&rsquo;une odeur, de deux types de toucher, mais d\u00e9pourvus de son. En raison des propri\u00e9t\u00e9s de \u00abviscosit\u00e9\u00bb et de \u00abs\u00e9cheresse\u00bb pr\u00e9sentes dans les plus petites particules de mati\u00e8re, les atomes forment divers types de combinaisons grossi\u00e8res et subtiles, qui constituent la base des objets per\u00e7us par les sens.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une caract\u00e9ristique de la doctrine ja\u00efn est la position selon laquelle, outre la mati\u00e8re grossi\u00e8re \u00e0 partir de laquelle les objets du monde ext\u00e9rieur sont compos\u00e9s, il existe \u00e9galement un type particulier de substance mat\u00e9rielle, qui est une substance subtile non per\u00e7ue par les sens. Ce type de mati\u00e8re s\u2019appelle le karma. C\u2019est elle qui d\u00e9termine les conditions et circonstances de l\u2019incarnation de l\u2019\u00e2me. La mati\u00e8re karmique est de huit types principaux: obscurcir la connaissance, obscurcir la vision, g\u00e9n\u00e9rer des sentiments, tromper, d\u00e9terminer la dur\u00e9e de vie, fa\u00e7onner le corps, d\u00e9terminer la famille et obscurcir le pouvoir. Ces esp\u00e8ces, \u00e0 leur tour, sont divis\u00e9es en plusieurs sous-esp\u00e8ces. De plus, le karma peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme vertueux (punya), repr\u00e9sentant les bons m\u00e9rites de l&rsquo;\u00e2me, et vicieux (papa), exprim\u00e9 par de mauvaises inclinations et actions.<\/p>\n<p align=\"justify\">La cat\u00e9gorie du temps est la plus probl\u00e9matique dans la philosophie ja\u00efn (et dans le monde). Dans le ja\u00efnisme, le temps est ce qui provoque les changements dans les substances. Il est d\u00e9pourvu de tout attribut, \u00e0 l&rsquo;exception de la capacit\u00e9 de se changer et de changer d&rsquo;autres substances. La plus petite unit\u00e9 de mesure, les \u00abatomes\u00bb du temps, est un instant, \u00e0 partir duquel sont constitu\u00e9es les minutes, les heures, les ann\u00e9es, etc. Les philosophes Shvetambara, contrairement aux philosophes Digambara, ne consid\u00e8rent pas le temps comme une substance, puisque dans la tradition ja\u00efn uniquement. une essence qui a une nature immuable, alors que le temps est intrins\u00e8quement changeant. Afin de r\u00e9soudre d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre ce probl\u00e8me, les Digambaras introduisent deux types de temps: relatif et absolu. Le premier d\u00e9signe le temps de l&rsquo;existence quotidienne, la dur\u00e9e changeante (le temps au sens propre du terme), et le second d\u00e9signe le temps comme substance, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Cependant, les penseurs Digambara n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre compl\u00e8tement ce dilemme, puisque l\u2019\u00e9ternit\u00e9 n\u2019est pas le temps.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;espace est la substance qui fournit de l&rsquo;espace \u00e0 d&rsquo;autres substances. La plus petite unit\u00e9 de mesure est un point dans l&rsquo;espace. Toutes les substances (y compris l&rsquo;\u00e2me incarn\u00e9e dans le corps) occupent certains points de l&rsquo;espace, qui peuvent \u00eatre en nombre incalculable. Seul le temps occupe un point dans l&rsquo;espace, \u00e9gal \u00e0 un instant. Essentiellement, les unit\u00e9s primaires de l&rsquo;espace et du temps sont li\u00e9es les unes aux autres: un instant est l&rsquo;intervalle d&rsquo;un point de l&rsquo;espace \u00e0 un autre, c&rsquo;est-\u00e0-dire le temps qu&rsquo;il faut \u00e0 un atome de la taille d&rsquo;un point pour traverser un espace de la taille d&rsquo;un indiquer.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019existence de l\u2019espace en tant que conteneur de toutes les autres substances n\u2019explique pas \u00e0 elle seule la possibilit\u00e9 de mouvement et de repos dans le monde. Se d\u00e9placer et rester en place sont des manifestations de deux substances interd\u00e9pendantes: les conditions de mouvement et les conditions de repos. Tout comme l&rsquo;eau permet aux poissons de se d\u00e9placer dans l&rsquo;eau et la terre permet aux objets en mouvement de rester au m\u00eame endroit, de la m\u00eame mani\u00e8re les conditions de mouvement et de repos contribuent respectivement au mouvement et au repos.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cognition.<\/strong> La doctrine ja\u00efn de la connaissance comprend la doctrine des sources fiables (pramana) de la connaissance et la th\u00e9orie de la \u00abpartialit\u00e9\u00bb (anekantavada). Dans sa forme la plus g\u00e9n\u00e9rale, la connaissance est caract\u00e9ris\u00e9e par les penseurs ja\u00efns comme imm\u00e9diate, directe, c&rsquo;est-\u00e0-dire obtenue sans la m\u00e9diation des sens, et indirecte, ou indirecte. Du point de vue de la doctrine Jain, la connaissance peut \u00eatre obtenue par: 1) la perception sensorielle et l&rsquo;inf\u00e9rence logique (mati); 2) \u00e9tudier les \u00e9critures sacr\u00e9es ja\u00efns ou les paroles du professeur (shruti); 3) la clairvoyance (avadhi), c&rsquo;est-\u00e0-dire la connaissance d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements et de ph\u00e9nom\u00e8nes se produisant dans d&rsquo;autres lieux; 4) t\u00e9l\u00e9pathie (manah-paryaya), c&rsquo;est-\u00e0-dire lire les pens\u00e9es des autres \u00e0 distance; et 5) l&rsquo;omniscience (kevala jnana). Les trois premiers peuvent \u00eatre vrais ou faux; les deux derniers sont seuls vrais.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le principe fondamental de la th\u00e9orie ja\u00efn de la connaissance est l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;exprimer compl\u00e8tement et ad\u00e9quatement nos connaissances sur tout objet ou ph\u00e9nom\u00e8ne de r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure dans le cadre d&rsquo;une approche ou d&rsquo;un point de vue. En cognition, il faut se concentrer sur la multidimensionnalit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 et prendre en compte de nombreux points de vue, puisque la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame n&rsquo;est \u00abpas unilat\u00e9rale\u00bb (anekanta). Cette doctrine comprend deux sections: la doctrine des points de vue (nayavada) et la doctrine du \u00abd&rsquo;une certaine mani\u00e8re\u00bb (syadvada). Le premier enseigne la possibilit\u00e9 d\u2019envisager n\u2019importe quel sujet sous sept points de vue:<\/p>\n<p align=\"justify\">1) naigamya &#8211; est compris dans la philosophie ja\u00efn de deux mani\u00e8res: soit comme une approche \u00abt\u00e9l\u00e9ologique\u00bb orient\u00e9e vers un objectif, soit comme une approche qui prend en compte les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales et sp\u00e9cifiques de l&rsquo;objet consid\u00e9r\u00e9;<\/p>\n<p align=\"justify\">2) samgraha &#8211; g\u00e9n\u00e9ral;<\/p>\n<p align=\"justify\">3) vyavahara &#8211; ordinaire, populaire;<\/p>\n<p align=\"justify\">4) rijusutra &#8211; espace-temps;<\/p>\n<p align=\"justify\">5) shabda &#8211; contextuel;<\/p>\n<p align=\"justify\">6) samabhirudha &#8211; \u00e9tymologique et<\/p>\n<p align=\"justify\">7) evambhuta &#8211; fixe une seule valeur racine par rapport \u00e0 un objet donn\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, de nombreux penseurs ja\u00efns n&rsquo;utilisaient souvent que deux points de vue (apparemment sous l&rsquo;influence de la philosophie bouddhiste): l&rsquo;authentique, pur, r\u00e9el (nishchaya, shuddha, bhutartha naya) et l&rsquo;ordinaire, impur, irr\u00e9el (vyavahara, ashuddha, abhutartha naya).La v\u00e9ritable compr\u00e9hension consiste \u00e0 expliquer la nature de la r\u00e9alit\u00e9 dans sa puret\u00e9 absolue, sans \u00eatre affect\u00e9e par les circonstances environnantes. Le point de vue ordinaire d\u00e9crit les manifestations de la substance dans ses manifestations ext\u00e9rieures et repr\u00e9sente une pr\u00e9sentation populaire des v\u00e9rit\u00e9s ultimes pour la majorit\u00e9 des adeptes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Jain syadvada (syad &#8211; lit.: \u00abpeut-\u00eatre\u00bb, \u00abd&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre\u00bb) consiste \u00e0 d\u00e9crire n&rsquo;importe quel objet \u00e0 partir de sept positions: 1) \u00abexiste d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre\u00bb, 2) \u00abn&rsquo;existe pas d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre\u00bb, 3) \u00abexiste d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre et existe n&rsquo;existe pas\u00a0\u00bb, 4) \u00ab\u00a0d&rsquo;une certaine mani\u00e8re indescriptible\u00a0\u00bb, 5) \u00ab\u00a0existe d&rsquo;une certaine mani\u00e8re et indescriptible\u00a0\u00bb, 6) \u00ab\u00a0d&rsquo;une certaine mani\u00e8re n&rsquo;existe pas et indescriptible\u00a0\u00bb, 7) \u00ab\u00a0existe d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, n&rsquo;existe pas et indescriptible \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Chemin de lib\u00e9ration.<\/strong> La doctrine Jain enti\u00e8re, sous une forme \u00abpli\u00e9e\u00bb, est exprim\u00e9e par les \u00abtrois perles\u00bb (triratna): la connaissance juste, la vision juste et le comportement juste. Le premier est la connaissance des enseignements de Mahavira, le second est la foi et la vision du monde telles que les Tirthankaras le d\u00e9crivent, et le troisi\u00e8me est un comportement conforme aux pr\u00e9ceptes de l&rsquo;\u00e9thique Jain. Les \u00abTrois Perles\u00bb constituent le Chemin de Lib\u00e9ration dont le but principal est la lib\u00e9ration (moksha) de l&rsquo;\u00e2me du karma. Ce Chemin comprend plusieurs \u00e9tapes dont les principales sont: 1) l&rsquo;arr\u00eat (samvara) de l&rsquo;afflux de karma dans l&rsquo;\u00e2me et la destruction (nirjara) de la mati\u00e8re karmique accumul\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour arr\u00eater l&rsquo;afflux de karma, il faut accepter et pratiquer, premi\u00e8rement, les \u00abcinq grands v\u0153ux\u00bb (non-violence, non-vol, sinc\u00e9rit\u00e9, non-attachement et chastet\u00e9); deuxi\u00e8mement, la prudence en mangeant, en marchant, en parlant, en prenant des choses, etc.; troisi\u00e8mement, un triple contr\u00f4le (sur le corps, la parole et l\u2019esprit); quatri\u00e8mement, le plus haut degr\u00e9 de 10 vertus (douceur, humilit\u00e9, inflexibilit\u00e9, puret\u00e9, v\u00e9racit\u00e9, retenue, asc\u00e9tisme, renoncement au corps, d\u00e9tachement, chastet\u00e9); cinqui\u00e8mement, la r\u00e9flexion sur la fragilit\u00e9 et l&rsquo;impuret\u00e9 de ce monde, la n\u00e9cessit\u00e9 de parvenir \u00e0 la lib\u00e9ration, la diff\u00e9rence entre \u00e2me et non-\u00e2me, etc.; sixi\u00e8mement, la ma\u00eetrise de soi et, septi\u00e8mement, la solitude pour la m\u00e9ditation. La destruction du karma implique tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de, ainsi que divers types de pratiques asc\u00e9tiques (refus des gourmandises, des aliments savoureux, restrictions alimentaires, etc.). Gr\u00e2ce \u00e0 une asc\u00e9tisme s\u00e9v\u00e8re, un jiva peut devenir une \u00e2me lib\u00e9r\u00e9e, un siddha (litt\u00e9ralement: \u00abcelui qui a accompli\u00bb), et ne plus jamais s&rsquo;incarner. Dans le ja\u00efnisme, la lib\u00e9ration est consid\u00e9r\u00e9e comme l&rsquo;\u00e9tat naturel de l&rsquo;\u00e2me dans lequel le jiva manifeste pleinement sa pure conscience et demeure dans le bonheur \u00e9ternel de l&rsquo;omniscience.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Bouddhisme<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Le fondateur du bouddhisme est Siddhartha, issu de la famille Kshatriya de Gautama de la tribu Shakya et \u00e9tait connu sous le nom de \u00abBouddha\u00bb. Selon la l\u00e9gende, le p\u00e8re de Siddhartha avait pr\u00e9dit que si le b\u00e9b\u00e9 n\u00e9 vivait la vie ordinaire d&rsquo;un chef de famille, il deviendrait avec le temps un dirigeant universel et s&rsquo;il quittait la maison pour se retrouver sans abri, il atteindrait l&rsquo;illumination. Et le p\u00e8re, pour que son fils n&rsquo;ait pas l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;errer, a prot\u00e9g\u00e9 Siddhartha du malheur et de la souffrance. Mais un jour, alors qu&rsquo;il se rendait au parc, le jeune homme y rencontra un vieil homme, un malade, un toxicomane avec un cadavre et un asc\u00e8te errant. Choqu\u00e9 par ce qu&rsquo;il a vu, Siddhartha a abandonn\u00e9 la vie de chef de famille et est parti errer. Pendant plusieurs ann\u00e9es, Sramana Gautama a \u00e9tudi\u00e9 divers types de pratiques asc\u00e9tiques sous la direction d&rsquo;ermites forestiers, jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il se rende compte que de cette mani\u00e8re il n&rsquo;atteindrait pas l&rsquo;illumination souhait\u00e9e. Il s&rsquo;est rendu compte que la v\u00e9rit\u00e9 se situe entre le monde des plaisirs sensuels et l&rsquo;asc\u00e8se cruelle. Puis, non loin de la ville de Varanasi, gr\u00e2ce \u00e0 une concentration m\u00e9ditative, il atteint l&rsquo;illumination (bodhi) et devient d\u00e9sormais Bouddha (lit.: \u00ab\u00e9veill\u00e9, illumin\u00e9\u00bb). Bouddha s&rsquo;est rendu dans la ville de Varanasi, o\u00f9 il a prononc\u00e9 son premier sermon sur les 4 Nobles V\u00e9rit\u00e9s et l&rsquo;Octuple Sentier. Au fil du temps, le Bouddha a eu des disciples qui ont jet\u00e9 les bases de la communaut\u00e9 bouddhiste. Bouddha est mort \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 80 ans, entour\u00e9 de disciples.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Canon Pali.<\/strong> Dans les premiers si\u00e8cles de notre \u00e8re (selon la tradition &#8211; sous le r\u00e8gne du roi sri-lankais Vattagamani, 80 avant JC), un corpus de textes fut compil\u00e9 en langue pali de l&rsquo;Inde centrale, appel\u00e9 le \u00abTipitaka\u00bb (lit.: \u00abTrois Baskets\u00bb) en pali, ou Tripitaka en sanskrit, qui exposait les enseignements du Bouddha. Le Canon Pali se compose de trois sections: 1) le Vinaya Pitaka, un \u00abpanier\u00bb de textes disciplinaires d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;explication des r\u00e8gles de commandement des moines et des nonnes et \u00e0 l&rsquo;admission dans la communaut\u00e9 bouddhiste; 2) \u00abSutta Pitaka\u00bb &#8211; \u00abpanier de paroles\u00bb, qui est un recueil d&rsquo;enseignements attribu\u00e9s au Bouddha lui-m\u00eame; 3) \u00abAbhidhamma Pitaka\u00bb &#8211; un \u00abpanier\u00bb de textes philosophiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u00e9rudits bouddhistes modernes estiment que le Canon Pali est un ensemble de textes h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes \u00e0 la fois en termes de contenu (puisqu&rsquo;il refl\u00e9tait les id\u00e9es de diverses \u00e9coles et mouvements bouddhistes, y compris les plus r\u00e9cents) et en termes de temps de codification des \u0153uvres (puisque le processus l&rsquo;enregistrement \u00e9crit \u00e9tait long). N\u00e9anmoins, il est \u00e9vident que le Tipitaka contient \u00e9galement des id\u00e9es bouddhistes anciennes qui remontent aux id\u00e9es du Bouddha lui-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Quatre nobles v\u00e9rit\u00e9s.<\/strong> Le premier sermon de Varanasi, par lequel le Bouddha commen\u00e7a sa carri\u00e8re de pr\u00e9dicateur, contenait un expos\u00e9 des \u00abquatre nobles v\u00e9rit\u00e9s\u00bb, dont la premi\u00e8re d\u00e9clare: tout est souffrance (dukkha). La souffrance n&rsquo;est pas seulement la naissance, la mort, la maladie, le malheur, mais aussi la vie en tant que telle, puisque tous les changements et \u00e9v\u00e9nements qui s&rsquo;y d\u00e9roulent, m\u00eame s&rsquo;ils ne sont pas eux-m\u00eames directement consid\u00e9r\u00e9s comme de la souffrance, y conduisent d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre. La deuxi\u00e8me v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e8le la cause de la souffrance: c&rsquo;est la triple soif (tanha) de plaisir, de vie et de mort. La troisi\u00e8me v\u00e9rit\u00e9 affirme la possibilit\u00e9 de mettre fin \u00e0 la souffrance, et la quatri\u00e8me parle de la mani\u00e8re d\u2019y mettre fin, qui est le \u00abchemin octuple et noble\u00bb: vision, pens\u00e9e, parole, action, style de vie, effort, attention et concentration justes.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Roue de l&rsquo;existence\u00a0\u00bb<\/strong> Le monde per\u00e7u par l&rsquo;homme est une \u00abroue de l&rsquo;existence\u00bb pleine de souffrance (dukkha), non \u00e9ternelle (anicca) et d\u00e9pourvue de substance spirituelle (anatta), ou une cha\u00eene d&rsquo;apparitions d\u00e9pendantes (paticca-samuppada), compos\u00e9e de 12 maillons (nidana): ignorance, influence karmique, conscience, forme-nom, six organes de perception, contact avec le monde ext\u00e9rieur, sensation, soif, attachement, devenir, naissance, vieillesse-mort. Puisque le bouddhisme primitif nie l\u2019existence de toute substance \u00e9ternelle, l\u2019explication du cercle des naissances et des morts (samsara) est donn\u00e9e \u00e0 travers le concept de \u00abdharma\u00bb ou de \u00abparticule du dharma\u00bb. Dans toute la pens\u00e9e philosophique et religieuse indienne, le terme \u00abdharma\u00bb signifie \u00abvertu\u00bb, \u00abdevoir\u00bb, \u00abloi\u00bb, \u00abenseignement\u00bb, \u00abreligion\u00bb: l&rsquo;ensemble des significations \u00e9num\u00e9r\u00e9es de ce mot est \u00e9galement pr\u00e9sent dans la philosophie bouddhiste, mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ce \u00ab dharma \u00bb, il d\u00e9signe \u00e9galement des particules psychophysiques sp\u00e9ciales d&rsquo;existence qui composent le monde entier, y compris les humains. Les dharmas ne sont pas des atomes de mati\u00e8re, mais apparaissent plut\u00f4t sous la forme de \u00abquanta\u00bb d\u2019existence particuliers qui portent certaines informations. Ce sont les dharmas qui cr\u00e9ent tout le monde visible et invisible. Cependant, ces particules n&rsquo;existent que pendant un instant, s&rsquo;enflammant et s&rsquo;\u00e9teignant, comme des \u00e9tincelles de feu, mais comme une personne n&rsquo;est pas capable de percevoir une p\u00e9riode de temps aussi courte, tous les objets du monde lui semblent int\u00e9graux et inchang\u00e9s pour quelques temps. Par la suite, diff\u00e9rentes \u00e9coles bouddhistes ont d\u00e9nombr\u00e9 diff\u00e9rents nombres de principaux types de dharmas &#8211; 75, 80, 100, etc., jusqu&rsquo;\u00e0 plusieurs dizaines et centaines de milliers. L&rsquo;existence impropre de ces dharmas, la manifestation de leur action, est le monde ordinaire, soumis \u00e0 la loi de l&rsquo;apparition d\u00e9pendante. Le but de l\u2019existence humaine \u00e9tait d\u2019atteindre l\u2019illumination et d\u2019acc\u00e9der au nirvana (lit.: \u00abextinction, extinction\u00bb), qui \u00e9tait initialement compris uniquement comme l\u2019extinction des passions, l\u2019apaisement des dharmas et leur introduction dans leur propre existence. Celui qui atteignait cet \u00e9tat \u00e9tait appel\u00e9 un arhat (lit.: \u00abdigne [du nirvana]\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9coles au d\u00e9but du bouddhisme.<\/strong>\u00a0Par II &#8211; I si\u00e8cles. avant JC e. Dans le bouddhisme, de nombreuses \u00e9coles et sous-\u00e9coles sont apparues (selon la tradition bouddhiste &#8211; 18), qui ont \u00e9t\u00e9 fragment\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises puis fusionn\u00e9es avec des directions plus puissantes ou ont disparu. La plupart de ces \u00e9coles avaient leur propre corps de textes canoniques, qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 partiellement inclus sous une forme ou une autre (et avec les textes, les id\u00e9es et id\u00e9es correspondantes ont \u00e9galement p\u00e9n\u00e9tr\u00e9) dans le Canon Pali.<\/p>\n<p align=\"justify\">Au d\u00e9part, il y avait apparemment deux grands mouvements: sthaviravada (lit.: \u00abenseignement des anciens\u00bb) et mahasanghika (lit.: \u00abgrande communaut\u00e9\u00bb), qui comprenaient de nombreuses sectes et \u00e9coles. L&rsquo;enseignement du Sthaviravada \u00e9tait assez simple: le Bouddha \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 comme une personne r\u00e9elle, dot\u00e9e de qualit\u00e9s \u00e0 la fois ordinaires et surhumaines. Il a appel\u00e9 \u00e0 s\u2019abstenir de toute sorte de mal et \u00e0 accumuler les bons m\u00e9rites. Comprendre les \u00ab4 Nobles V\u00e9rit\u00e9s\u00bb proclam\u00e9es et la loi de l\u2019origine d\u00e9pendante peut expliquer tout ce qui se passe indirectement, \u00e0 travers l\u2019interconnexion des actions pass\u00e9es et futures, c\u2019est-\u00e0-dire les influences karmiques. Tous les objets de ce monde ne sont pas \u00e9ternels, subissent des souffrances et sont d\u00e9pourvus d&rsquo;atman.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le cadre du staviravada, existait une \u00e9cole de pudgalavada (litt\u00e9ralement: \u00abla doctrine de l&rsquo;individu\u00bb). Ayant r\u00e9alis\u00e9 la principale difficult\u00e9 th\u00e9orique &#8211; l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;expliquer l&rsquo;errance d&rsquo;une personne le long de la \u00abroue de l&rsquo;\u00eatre\u00bb sans l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un porteur d&rsquo;influences karmiques pass\u00e9es &#8211; les partisans de cette \u00e9cole ont introduit l&rsquo;id\u00e9e de pudgala, qui \u00e9tait comprise comme un ensemble de dharmas de cinq types: corpor\u00e9it\u00e9 (rupa), sensations (vedana), id\u00e9es (samjna), aspirations ou influences karmiques pass\u00e9es (sanskara) et conscience (vijnana). Cet enseignement sur le \u00abporteur\u00bb qui porte le \u00abfardeau\u00bb des dharmas se refl\u00e9tait \u00e9galement dans le Canon Pali, qui comprenait le sutra sur le \u00abporteur du fardeau\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les principales innovations de la deuxi\u00e8me direction, l\u2019\u00e9cole Mahasanghika, \u00e9taient de nature plus doctrinale que r\u00e9ellement philosophique. Les Mahasanghiks ont avanc\u00e9 5 th\u00e8ses sur l&rsquo;imperfection d&rsquo;un arhat, qui: 1) peut commettre un p\u00e9ch\u00e9 sous une tentation inconsciente; 2) peut ne pas savoir qu&rsquo;il est un ar-hat; 3) peut avoir des doutes sur des questions doctrinales; et aussi 4) il est impossible d&rsquo;atteindre l&rsquo;arhatship sans enseignant; 5) l\u2019illumination (bodhi) peut commencer par un cri de \u00abcomme c\u2019est triste! L&rsquo;une des \u00e9coles de l&rsquo;\u00e9cole Mahasanghika enseignait la nature surnaturelle et supraterrestre du Bouddha et l&rsquo;existence de \u00abterres\u00bb pures sp\u00e9ciales du Bouddha, jetant ainsi les bases de la v\u00e9n\u00e9ration du Bouddha en tant qu&rsquo;\u00eatre surnaturel.<\/p>\n<p align=\"justify\">Malgr\u00e9 le fait que toutes ces d\u00e9clarations n&rsquo;\u00e9taient pas tant li\u00e9es \u00e0 la philosophie qu&rsquo;\u00e0 la doctrine religieuse du bouddhisme, elles ont n\u00e9anmoins influenc\u00e9 de mani\u00e8re significative la formation et le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur des \u00e9coles philosophiques bouddhistes proprement dites.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mahayana et Theravada.<\/strong> Aux Ier-IVe si\u00e8cles. n. e. Le bouddhisme a subi des changements importants associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;id\u00e9es fondamentalement nouvelles. Ces innovations de nature philosophique et religieuse se refl\u00e9taient dans les sutras prajna-paramita, c&rsquo;est-\u00e0-dire les sutras dont le nom comprenait l&rsquo;expression \u00abprajna-paramita\u00bb (lit.: \u00abpassage vers la plus haute sagesse\u00bb, ou \u00abperfection [conduisant] \u00e0 la plus haute sagesse\u00a0\u00bb). La nouveaut\u00e9 des id\u00e9es contenues dans ces \u0153uvres \u00e9tait la suivante: 1) les dharmas qui composent la personnalit\u00e9 et le monde ext\u00e9rieur n&rsquo;ont pas d&rsquo;essence ind\u00e9pendante; l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de quelque chose qui existe en soi est la source de toutes les illusions et la cause du samsara; 2) la pr\u00e9sence d&rsquo;\u00eatres vivants dans le samsara est illusoire, c&rsquo;est-\u00e0-dire que tous les \u00eatres vivants sont en r\u00e9alit\u00e9 Bouddha et sont originellement au nirvana; 3) cette connaissance est comprise par un bodhisattva (lit.: \u00ab\u00eatre \u00e9veill\u00e9\u00bb ou \u00ab\u00eatre [qui s&rsquo;efforce d&rsquo;atteindre] l&rsquo;illumination\u00bb), bien que conscient du point de vue de la v\u00e9rit\u00e9 absolue qu&rsquo;il n&rsquo;y a personne \u00e0 sauver et rien de qui, n\u00e9anmoins au niveau de la v\u00e9rit\u00e9 relative sauvant les \u00eatres vivants; 4) Bouddha est compris comme synonyme de la vraie r\u00e9alit\u00e9 telle qu\u2019elle est; 5) la vraie r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est, en principe, pas accessible \u00e0 l&rsquo;expression linguistique; 6) la vraie r\u00e9alit\u00e9 est comprise par l\u2019intuition yogique, la contemplation, qui est prajna-paramita.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ces positions et l&rsquo;id\u00e9al du bodhisattva (un \u00eatre qui fait le v\u0153u de ne pas entrer dans le nirvana final tant qu&rsquo;il y a au moins un \u00eatre vivant dans le samsara) ont form\u00e9 la base de la direction qui a re\u00e7u le nom de \u00abMahayana\u00bb (litt.: \u00ab\u00a0Grande Voie\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Grand Chariot\u00a0\u00bb). Ainsi, les repr\u00e9sentants de cette branche du bouddhisme se sont distanc\u00e9s de ceux qui n&rsquo;acceptaient pas les id\u00e9es exprim\u00e9es dans les sutras Prajna-Paramitic, et que les partisans du Mahayana appelaient avec la phrase d\u00e9sobligeante &#8211; \u00abHinayanistes\u00bb, \u00abadeptes du Hinayana\u00bb (lit.: \u00abChemin bas\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0Petit chemin\u00a0\u00bb). Ces derniers se disaient repr\u00e9sentants du Theravada (sanskrit &#8211; Sthaviravada), c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00ables enseignements des anciens\u00bb, affirmant qu&rsquo;ils pr\u00e9servaient les enseignements du Bouddha et de ses plus proches disciples intacts, purs et inviolables. Des d\u00e9saccords fondamentaux concernaient la possibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre l&rsquo;illumination et le nirvana, ainsi que l&rsquo;interpr\u00e9tation de la nature de Bouddha: 1) les repr\u00e9sentants du Mahayana proclamaient la possibilit\u00e9 du salut pour tous (moines et la\u00efcs, hommes et femmes &#8211; tous les \u00eatres vivants ont potentiellement la nature de Bouddha), affirmant ainsi le \u00abGrand\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire un large chemin de salut, et leurs adversaires insistaient sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre le nirvana uniquement par les moines, r\u00e9tr\u00e9cissant le chemin pour quelques \u00e9lus; 2) Les adeptes du Mahayana consid\u00e9raient le Bouddha comme une r\u00e9alit\u00e9 supraterrestre, une divinit\u00e9 \u00e0 qui des pri\u00e8res peuvent et devraient \u00eatre offertes pour obtenir de l&rsquo;aide en mati\u00e8re de salut, tandis que les \u00abHinayanistes\u00bb consid\u00e9raient le Bouddha uniquement comme une personnalit\u00e9 historique, compl\u00e8tement humaine, d\u00e9pourvue de toute qualit\u00e9 surnaturelle. Dans le cadre des deux directions, outre les diff\u00e9rences purement doctrinales, des \u00e9coles philosophiques elles-m\u00eames ont \u00e9merg\u00e9, d\u00e9fendant des positions et des points de vue th\u00e9oriques diff\u00e9rents.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Madhyamika.<\/strong> Les sutras Prajna-Paramitic constituaient avant tout la base id\u00e9ologique de l&rsquo;\u00e9cole Mahayana de Madhyamika (lit.: \u00able milieu\u00bb), dont le fondateur l\u00e9gendaire \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme Nagarjuna et \u00e0 qui, dans le bouddhisme, on attribue non seulement la paternit\u00e9 de les sutras prajna-paramitiques, mais aussi un tr\u00e8s grand nombre d&rsquo;ouvrages tr\u00e8s divers: des trait\u00e9s purement philosophiques aux trait\u00e9s alchimiques. Les textes attribu\u00e9s \u00e0 Nagarjuna ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s aux IIe-IVe si\u00e8cles. n. e. L&rsquo;\u0153uvre philosophique principale est \u00abMula-madhyamika-kariki\u00bb (lit.: \u00abStrophes racines au milieu\u00bb). Cette \u00e9cole doit son nom \u00e0 sa tentative de d\u00e9fendre le milieu (madhyama), la \u00abvoie du milieu\u00bb au niveau des constructions philosophiques et de marcher au milieu, entre n\u00e9gation extr\u00eame et affirmation de tout ce qui existe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nagarjuna, analysant tous les concepts avec lesquels la r\u00e9alit\u00e9 est d\u00e9crite, est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu&rsquo;il est impossible de d\u00e9crire de mani\u00e8re coh\u00e9rente ni le monde ext\u00e9rieur ni les donn\u00e9es de la conscience. Le monde n\u2019est pas compl\u00e8tement r\u00e9el, car s\u2019il \u00e9tait r\u00e9el, aucun changement ne pourrait s\u2019y produire. L&rsquo;am\u00e9lioration et l&rsquo;illumination du monde ne sont possibles que si le monde lui-m\u00eame est mobile et en d\u00e9veloppement constant. Tout ce qui existe (y compris la conscience) est une cha\u00eene de dharmas interconnect\u00e9s. Rien n&rsquo;existe par lui-m\u00eame. Tout d\u00e9pend d&rsquo;autre chose. Le monde est donc un complexe de relations derri\u00e8re lesquelles il n\u2019y a aucune r\u00e9alit\u00e9 existant en soi. En d\u2019autres termes, le samsara est une existence illusoire qui n\u2019a qu\u2019une existence relative et conditionnelle. Si Nagarjuna reconna\u00eet les dharmas qui composent le monde et la conscience de l&rsquo;individu comme d\u00e9pourvus d&rsquo;existence et d&rsquo;essence ind\u00e9pendantes, alors il consid\u00e8re que la seule vraie r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est que le vide (shunya), qui dans le Madhyamika est simultan\u00e9ment synonyme de nirvana, la v\u00e9ritable existence. Mais en principe, rien ne peut \u00eatre dit sur cette r\u00e9alit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e, puisque tous les mots ne sont que des signes de l&rsquo;existence samsarique. La r\u00e9alit\u00e9 peut \u00eatre soulign\u00e9e \u00e0 travers le mot sunya, mais elle ne peut pas \u00eatre d\u00e9crite.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un tel radicalisme philosophique ne conduit pas Nagarjuna \u00e0 la destruction de la doctrine religieuse, puisque son raisonnement exprime la v\u00e9rit\u00e9 du sens le plus \u00e9lev\u00e9 (paramartha satya), tandis que d&rsquo;un point de vue ordinaire (samvritti satya) il reconna\u00eet, quoique illusoire et inauthentique, l&rsquo;existence du monde, et avec lui la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une am\u00e9lioration morale par la pratique religieuse. Si au niveau de la plus haute v\u00e9rit\u00e9 Bouddha, nirvana, shunya sont des synonymes indiquant l&rsquo;existence d&rsquo;une vraie r\u00e9alit\u00e9 contrairement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 illusoire du monde samsarique, alors dans le cadre de l&rsquo;approche quotidienne le Bouddha est un \u00eatre capable d&rsquo;avoir un corps. , et plus d&rsquo;un.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Vijnanavada.<\/strong> La deuxi\u00e8me \u00e9cole Mahayana \u00e9tait Vijnanavada (lit.: \u00abl&rsquo;\u00e9tude de la conscience\u00bb), ou Yogacara (lit.: \u00abpratique du yoga\u00bb). Le pr\u00e9nom de l\u2019\u00e9cole refl\u00e8te son postulat de base: \u00abseule la conscience (vijnana) existe r\u00e9ellement\u00bb. Si Madhyamika niait l\u2019existence r\u00e9elle \u00e0 la fois du monde ext\u00e9rieur et de la conscience, alors Vijnanavada, tout en \u00e9tant d\u2019accord avec la premi\u00e8re affirmation, ne partageait pas la seconde. Puisque la connaissance du monde s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;id\u00e9es et de concepts, il est impossible de prouver que le monde repr\u00e9sent\u00e9 par des images dans l&rsquo;esprit existe en r\u00e9alit\u00e9. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire d\u2019admettre l\u2019existence r\u00e9elle du monde: m\u00eame s\u2019il existe, son existence n\u2019ajoute rien \u00e0 notre connaissance de celui-ci. Nous tirons toutes les id\u00e9es de notre conscience, qui est une seule et r\u00e9elle. Les id\u00e9es et les images existent dans l\u2019esprit sous forme de \u00abgraines\u00bb (bija), qui \u00abm\u00fbrissent\u00bb avec le temps, donnant naissance \u00e0 des id\u00e9es. Ces id\u00e9es \u00abgermes\u00bb sont stock\u00e9es dans la conscience du tr\u00e9sor (alaya-vijnana), qui est une sorte de r\u00e9servoir d\u2019informations, un r\u00e9f\u00e9rentiel de toutes les id\u00e9es possibles. La conscience, dirig\u00e9e vers l&rsquo;ext\u00e9rieur en raison d&rsquo;une certaine pr\u00e9disposition sans commencement, projette ces id\u00e9es, donnant ainsi naissance \u00e0 diverses id\u00e9es illusoires sur l&rsquo;existence r\u00e9elle du monde et des objets. La base de cette orientation est la soif de possession. Pour parvenir \u00e0 la lib\u00e9ration, il faut \u00abtourner \u00e0 la base\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire r\u00e9orienter la conscience, passant d\u2019une orientation vers l\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 une orientation vers soi-m\u00eame. Ceci est r\u00e9alis\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des pratiques m\u00e9ditatives yogiques, et c&rsquo;est pourquoi l&rsquo;\u00e9cole a re\u00e7u son deuxi\u00e8me nom &#8211; Yogacara. L\u2019\u00e9tat le plus \u00e9lev\u00e9, qui d\u00e9passe tous les contraires, \u00e9tait appel\u00e9 \u00abtel\u00bb (tathata) par les yogacarins. Le Nirvana est la purification de l&rsquo;esprit, sa restauration \u00e0 sa transparence originelle ou rayonnante. Lorsque, gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9flexion correcte, l&rsquo;adepte est lib\u00e9r\u00e9 de tous pr\u00e9jug\u00e9s, il poss\u00e8de une connaissance lib\u00e9r\u00e9e des illusions qui prennent la forme d&rsquo;objets. C&rsquo;est une connaissance de ce genre que l&rsquo;\u00e9cole Vijnanavada appelle exaltation ou lib\u00e9ration majestueuse.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Vaibhashika<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Cette \u00e9cole Theravada est l&rsquo;h\u00e9riti\u00e8re des enseignements de la tradition Sarvastivada ant\u00e9rieure (lit.: \u00abla doctrine du \u00abtout existe\u00bb), dont la th\u00e8se de base \u00e9tait l&rsquo;affirmation que tous les dharmas existent r\u00e9ellement. En d\u2019autres termes, le monde des objets ext\u00e9rieurs existe dans la r\u00e9alit\u00e9, tout comme la conscience. Vaibhashika tire son nom du fait que les repr\u00e9sentants de cette \u00e9cole ne reconnaissaient que l&rsquo;Abhidhamma, la troisi\u00e8me partie du canon Pali, et son commentaire (Vibhasha) comme authentiques et correspondant aux enseignements du Bouddha. L&rsquo;enseignement du Vaibhashika lui-m\u00eame est expos\u00e9 dans le recueil \u00abAbhidharmakosha\u00bb (lit.: \u00abEncyclop\u00e9die de l&rsquo;Abhidharma\u00bb) de l&rsquo;auteur bouddhiste Vasubandhu (IVe-Ve si\u00e8cles apr\u00e8s JC).<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour prouver l\u2019existence du monde, les Vaibhashikas se sont tourn\u00e9s vers l\u2019exp\u00e9rience, qui g\u00e9n\u00e8re des preuves incontestables sur la nature des choses. Par exp\u00e9rience, ils comprenaient les connaissances acquises par contact direct avec un objet. Le monde est ouvert \u00e0 la perception. Il est faux de penser qu\u2019il n\u2019y a pas de perception du monde ext\u00e9rieur, car sans perception il ne peut y avoir de conclusion. Parler d\u2019une inf\u00e9rence absolument ind\u00e9pendante de tout objet per\u00e7u, c\u2019est contredire le bon sens. Par d\u00e9duction, on peut apprendre que les objets externes existent partout, mais leur existence est g\u00e9n\u00e9ralement indiqu\u00e9e par la perception. Les objets per\u00e7us existent, mais pour une dur\u00e9e tr\u00e8s courte, comme un \u00e9clair. Les atomes sont imm\u00e9diatement s\u00e9par\u00e9s et leurs agr\u00e9gats existent pendant une courte p\u00e9riode. Les Vaibhashikas croyaient que les entit\u00e9s permanentes ne sont pas des ph\u00e9nom\u00e8nes transitoires, mais les \u00e9l\u00e9ments qui les sous-tendent, c&rsquo;est-\u00e0-dire les dharmas, et ont pr\u00e9sent\u00e9 une classification d\u00e9taill\u00e9e des types de dharmas. Selon les enseignements de cette \u00e9cole, le Bouddha est une personne ordinaire qui, apr\u00e8s avoir atteint l&rsquo;illumination (bodhi) et \u00eatre pass\u00e9e au nirvana final, a cess\u00e9 d&rsquo;exister \u00e0 la suite de la mort. Le seul \u00e9l\u00e9ment divin que poss\u00e9dait le Bouddha \u00e9tait sa connaissance intuitive de la v\u00e9rit\u00e9, qu\u2019il avait obtenue sans l\u2019aide des autres.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Sudrantika<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Cette \u00e9cole est la derni\u00e8re de toutes les Sthaviravada. Ses repr\u00e9sentants ne reconnaissaient comme authentique que la deuxi\u00e8me partie du canon pali, le Sutta Pitaka, qui contient \u00e9galement l&rsquo;Abhidharma, la philosophie bouddhiste. Les textes inclus dans le \u00abpanier\u00bb du m\u00eame nom ne correspondent pas aux enseignements du Bouddha. Parmi les Sautrantikas, le plus c\u00e9l\u00e8bre est Yashomitra (8e si\u00e8cle apr\u00e8s JC), l\u2019auteur d\u2019un commentaire sur Abdhidharmakosha de Vasubandhu.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les Sautrantikas, ainsi que les Vaibhashikas, reconnaissent l&rsquo;existence r\u00e9elle du monde, mais avec un amendement: nous n&rsquo;avons pas de perception directe de ce monde. Nous avons des repr\u00e9sentations contenues dans notre esprit, \u00e0 l&rsquo;aide desquelles nous d\u00e9duisons l&rsquo;existence du monde ext\u00e9rieur. Les objets ext\u00e9rieurs doivent n\u00e9cessairement exister, car sans eux il ne peut y avoir de perception. Les arguments suivants sont avanc\u00e9s pour prouver la r\u00e9alit\u00e9 du monde ext\u00e9rieur: 1) la conscience doit avoir une sorte d&rsquo;objet, puisqu&rsquo;elle se r\u00e9v\u00e8le dans la dualit\u00e9; si un objet n\u2019\u00e9tait qu\u2019une forme de conscience, il devrait se manifester comme tel et non comme objet ext\u00e9rieur; 2) la conscience elle-m\u00eame est une, et si seulement elle existait, le monde serait un, mais on voit qu&rsquo;il est diversifi\u00e9; 3) le monde ext\u00e9rieur ne surgit pas par notre volont\u00e9, donc pour expliquer le caract\u00e8re d\u00e9pendant de la perception sensorielle, nous devons reconna\u00eetre la r\u00e9alit\u00e9 du monde, qui peut g\u00e9n\u00e9rer le son, le go\u00fbt, l&rsquo;odorat, le toucher, la couleur, le plaisir et la douleur. Ce monde est donc ext\u00e9rieur \u00e0 la conscience. Affirmant qu&rsquo;il ne peut y avoir de perception des objets ext\u00e9rieurs sans eux eux-m\u00eames, les Sautrantikas ont d\u00e9clar\u00e9 que ces objets ext\u00e9rieurs sont instantan\u00e9s. Tout est instantan\u00e9. L&rsquo;id\u00e9e de la permanence des objets na\u00eet du fait que leurs formes les unes apr\u00e8s les autres p\u00e9n\u00e8trent dans l&rsquo;esprit. L&rsquo;illusion de simultan\u00e9it\u00e9 est provoqu\u00e9e par la rapidit\u00e9 du changement des impressions, tout comme la rotation d&rsquo;un tison br\u00fblant forme un cercle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Vajrayana.<\/strong> Vers les IVe-Ve si\u00e8cles. n. e. Une direction particuli\u00e8re du bouddhisme commence \u00e0 se former, appel\u00e9e Vajrayana (lit. \u00abChariot de diamant\u00bb), ou bouddhisme tantrique. La diff\u00e9rence entre ce mouvement et le Mahayana et le Theravada ne r\u00e9side pas dans les nouvelles vues philosophiques (la th\u00e9orie est tir\u00e9e \u00e0 la fois des auteurs du Mahayana et de Vasubandhu), mais dans les m\u00e9thodes permettant d&rsquo;atteindre l&rsquo;illumination. Le principal avantage du Vajrayana du point de vue de ses enseignants \u00e9tait l&rsquo;efficacit\u00e9 de sa voie, permettant \u00e0 l&rsquo;adepte d&rsquo;atteindre l&rsquo;illumination au cours d&rsquo;une seule vie. Les principales m\u00e9thodes du Vajrayana peuvent \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 l&rsquo;accomplissement de rituels sp\u00e9ciaux ayant une signification symbolique complexe, \u00e0 la pratique de la r\u00e9citation de petites phrases \u00e0 signification symbolique &#8211; mantras, \u00e0 la technique de visualisation (reproduction mentale d&rsquo;images) de diverses divinit\u00e9s et \u00e0 la contemplation de peintures-ic\u00f4nes symboliques &#8211; mandalas. La pratique de la r\u00e9citation de mantras \u00e9tait d&rsquo;une telle importance dans le Vajrayana que souvent les adeptes eux-m\u00eames l&rsquo;appelaient Mantrayana (lit.: \u00abVoie des Mantras\u00bb), par opposition au Sutrayana bouddhiste classique (lit.: \u00abVoie des Sutras\u00bb), c&rsquo;est-\u00e0-dire Mahayana et Theravada.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Lokayata-carvaka<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Le fondateur de cette \u00e9cole peu orthodoxe de philosophie indienne \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme un sage nomm\u00e9 Brihaspati. Le mot \u00ablokayata\u00bb lui-m\u00eame signifie \u00abdistribu\u00e9 dans le monde entier\u00bb. Le deuxi\u00e8me nom (charvaka), selon un commentateur ja\u00efn, vient du verbe sanskrit \u00abcharv\u00bb &#8211; \u00abm\u00e2cher, avaler\u00bb, puisque cette \u00e9cole \u00abavalait\u00bb des concepts tels que le vice, Dieu, le dharma, etc. Aucun \u00e9crit de repr\u00e9sentants et partisans La lokayata n&rsquo;a pas atteint notre \u00e9poque, et les enseignements de l&rsquo;\u00e9cole ne sont connus que par la pr\u00e9sentation de sa doctrine dans les trait\u00e9s de penseurs d&rsquo;autres traditions. Lokayata est une version indienne du mat\u00e9rialisme et dans ses principes th\u00e9oriques est proche des enseignements de Sramana Ajit Kesakambala.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Monde.<\/strong> L&rsquo;univers entier est constitu\u00e9 de combinaisons de 4 grands \u00e9l\u00e9ments (mahabhuta): la terre, l&rsquo;air, le feu et l&rsquo;eau, qui par nature sont actifs. \u00abEt c\u2019est de ces quatre \u00e9l\u00e9ments que na\u00eet la conscience, tout comme lorsque le quinoa et d\u2019autres [substances] sont m\u00e9lang\u00e9s, na\u00eet un pouvoir enivrant\u00bb (1: 584). Cependant, les \u00e9l\u00e9ments eux-m\u00eames sont inconscients; la conscience na\u00eet seulement avec une certaine combinaison d&rsquo;entre eux. Avec la destruction du corps, la conscience dispara\u00eet \u00e9galement. Ainsi, pour les Charvakas, il est \u00e9vident qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e2me \u00e9ternelle: \u00abQuand le corps se transforme en poussi\u00e8re, comment peut-il rena\u00eetre? Si ce qui quitte le corps va dans un autre monde, pourquoi ne revient-il pas, attir\u00e9 par l\u2019amour pour ceux qu\u2019il aime? (1 590). Si l\u2019\u00e2me n\u2019existe pas, alors tous les sacrifices n\u2019ont aucun sens. Les Charvakas traitaient les pr\u00eatres brahmanes de voyous et d&rsquo;escrocs, et les Vedas \u00e9taient appel\u00e9s \u00ab bavardages stupides de trompeurs\u00bb (1: 585). Les partisans de cette \u00e9cole consid\u00e9raient la perception sensorielle comme la seule source fiable de connaissances.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9thique.<\/strong> \u00abLe Lokayata soutient qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de Dieu, pas de lib\u00e9ration, pas de dharma ou pas de dharma, et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de r\u00e9compense pour un comportement vertueux ou vicieux\u00bb (1: 569). Les Charvakas voyaient le seul sens de la vie dans le bonheur, qu&rsquo;ils consid\u00e9raient comme un plaisir. Cependant, il est prouv\u00e9 que tous les repr\u00e9sentants de cette direction n&rsquo;\u00e9taient pas partisans des plaisirs sensuels grossiers, puisque les Charvakas \u00e9taient divis\u00e9s en \u00absubtils\u00bb et \u00abgrossiers\u00bb. N\u00e9anmoins, la position \u00e9thique g\u00e9n\u00e9rale des Lokayata est le d\u00e9sir de jouir de la vie terrestre, puisqu&rsquo;aucune autre n&rsquo;est donn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;homme.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9coles orthodoxes de philosophie indienne<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Dans l\u2019histoire de la philosophie indienne, les \u00e9coles orthodoxes ou classiques \u00e9taient celles qui reconnaissaient les Vedas comme une source de connaissances fiables. Ces \u00e9coles philosophiques portaient le nom commun de \u00abdarshana\u00bb (lit.: \u00abvision\u00bb). Dans les \u00e9coles h\u00e9t\u00e9rodoxes (c&rsquo;est-\u00e0-dire le bouddhisme, le ja\u00efnisme), le terme \u00abdarshana\u00bb \u00e9tait utilis\u00e9 dans son sens fondamental: dans le ja\u00efnisme, il signifiait l&rsquo;une des \u00abtrois perles\u00bb \u2013 la vision juste, ou la foi; dans le bouddhisme, il signifiait \u00e9galement \u00abvision\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le premier \u00e0 utiliser le concept de \u00abdarshana \u00bb pour d\u00e9signer les \u00e9coles philosophiques fut le penseur m\u00e9di\u00e9val ja\u00efn Haribhadra (8e si\u00e8cle) dans le trait\u00e9 \u00abShad-darshana-samucchaya\u00bb (lit.: \u00abExposition [des enseignements] des six darshanas\u00bb).: \u00abBouddhisme, nyaya, Samkhya, ja\u00efnisme, Vaisheshika et les enseignements de Jainimi (mimamsa) &#8211; tels sont v\u00e9ritablement les noms de [ces six] philosophies\u00bb (1: 551). Cependant, par la suite, la liste classique des darshanas a chang\u00e9 et a commenc\u00e9 \u00e0 inclure uniquement les enseignements orthodoxes: Nyaya, Vaisheshika, Samkhya, yoga, Vedanta, Mimamsa. Historiquement, ces \u00e9coles philosophiques constituaient trois groupes d&rsquo;enseignements jumel\u00e9s, puisque chaque \u00e9cole du couple compl\u00e9tait la doctrine de l&rsquo;autre sous un aspect ou un autre. Le nom de l&rsquo;\u00e9cole refl\u00e8te les sp\u00e9cificit\u00e9s de ses id\u00e9es. La p\u00e9riode d&rsquo;origine et de d\u00e9veloppement structurel du darshan se situe approximativement aux IIe-Ve si\u00e8cles. n. e. Le processus de formation et de d\u00e9veloppement des vues philosophiques dans toutes les \u00e9coles \u00e9tait similaire: initialement un texte de base des sutras (ou karika) \u00e9tait form\u00e9, exprimant les id\u00e9es principales sous une forme courte et concise et portant le nom de l&rsquo;\u00e9cole elle-m\u00eame. Ensuite, un commentaire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 sur ce texte, puis un sous-commentaire (c&rsquo;est-\u00e0-dire un commentaire sur un commentaire). Par la suite, la cr\u00e9ativit\u00e9 philosophique au sein de l&rsquo;\u00e9cole s&rsquo;est poursuivie sous forme de commentaires sur divers commentaires ou sur les sutras primaires eux-m\u00eames.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Nyaya<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Les principales sources sur la philosophie des premiers Nyaya sont le texte \u00abNyaya-sutra\u00bb (III-IV si\u00e8cles), attribu\u00e9 au l\u00e9gendaire fondateur de l&rsquo;\u00e9cole Gotama, ou Akshapada, et le commentaire (bhasya) du Vatsyayana (IV-Vbb. ). Le nom de l&rsquo;\u00e9cole est traduit par \u00abm\u00e9thode\u00bb, \u00abvoie\u00bb, \u00abpreuve\u00bb, \u00ablogique\u00bb, ce qui indiquait la probl\u00e9matique principale de Nyaya. C&rsquo;est dans le cadre de cette \u00e9cole que fut formul\u00e9 le syllogisme indien classique \u00e0 cinq termes.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cognition.<\/strong> La principale intrigue philosophique qui se d\u00e9veloppe dans les Nyaya Sutras est consacr\u00e9e au th\u00e8me de la connaissance &#8211; ce qui est connu et comment. Les sutras consid\u00e8rent s\u00e9quentiellement 16 cat\u00e9gories de base du nyaya, dont les 10 premi\u00e8res cat\u00e9gories d\u00e9crivent les moyens d&rsquo;obtenir la vraie connaissance, les autres font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des astuces d&rsquo;argumentation. Les principales sources de connaissances fiables en Nyaya \u00e9taient l&rsquo;intuition-perception (pratyaksha), l&rsquo;inf\u00e9rence logique (anumana), l&rsquo;analogie (upamana) et les preuves faisant autorit\u00e9 (shabda). La premi\u00e8re source de connaissances est la plus importante. C&rsquo;est une connaissance directe. Les objets du monde ext\u00e9rieur entrent en contact avec les sens et g\u00e9n\u00e8rent des connaissances correspondantes. Les connaissances acquises gr\u00e2ce \u00e0 la perception ne sont pas toujours verbalis\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">La conclusion logique est exprim\u00e9e dans un syllogisme \u00e0 cinq termes, qui refl\u00e8te le lien d&rsquo;un signe (linga) avec un certain objet. L&rsquo;inf\u00e9rence d\u00e9montre comment cette caract\u00e9ristique, le terme moyen, relie le terme majeur (sadhya) au terme mineur (paksha). Un syllogisme consiste en: 1) th\u00e8se (pratijna) &#8211; \u00abil y a du feu sur la montagne\u00bb; 2) argument (hetu) &#8211; \u00abparce qu&rsquo;il y a de la fum\u00e9e sur la montagne\u00bb; 3) justification de l&rsquo;argument (udaharana) &#8211; \u00abl\u00e0 o\u00f9 il y a de la fum\u00e9e, il y a du feu\u00bb; 4) application \u00e0 un cas donn\u00e9 (upanaya) &#8211; \u00abet ceci est sur la montagne\u00bb; et 5) conclusion (nigam) &#8211; \u00abdonc, il y a du feu sur la montagne.\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Selon la logique de l\u2019\u00e9cole Nyaya, l\u2019inf\u00e9rence peut se faire d\u2019effet \u00e0 cause, de cause \u00e0 effet et invariablement de concomitant \u00e0 concomitant. Les philosophes Nyaya, ainsi que les penseurs des Vaisheshika apparent\u00e9s, croyaient que les effets sont distincts des causes et ne leur sont pas inh\u00e9rents. L&rsquo;effet et la cause sont des entit\u00e9s diff\u00e9rentes et ne peuvent \u00eatre li\u00e9s, car cela r\u00e9duirait une substance \u00e0 une autre. Cette interpr\u00e9tation des relations de cause \u00e0 effet est appel\u00e9e \u00abla doctrine de la non-existence d&rsquo;un effet [dans une cause]\u00bb (asatkaryavada). Les repr\u00e9sentants de ce darshana ont appel\u00e9 la comparaison un moyen par lequel la connaissance d&rsquo;une chose est acquise sur la base de sa similitude avec une chose pr\u00e9c\u00e9demment connue. Pour justifier une comparaison, il faut, d&rsquo;une part, la familiarit\u00e9 avec l&rsquo;objet de connaissance et, d&rsquo;autre part, la perception de la similitude. Ainsi, par exemple, en voyant un animal sauvage qui ressemble \u00e0 une vache domestique (gavaya), on conclut que cet animal est un gavaya, c&rsquo;est-\u00e0-dire une vache. La preuve faisant autorit\u00e9 en mati\u00e8re de connaissance est principalement le t\u00e9moignage des Vedas. Dans la cognition, beaucoup de choses ne sont pas directement observables et s\u2019apprennent des rapports des autres, de la tradition et des r\u00e9v\u00e9lations des livres sacr\u00e9s. Les V\u00e9das transmettent des connaissances fiables, car ce sont les paroles de sages et de proph\u00e8tes qui ont clairement vu et compris directement les v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles. Les penseurs de l\u2019\u00e9cole Nyaya consid\u00e9raient la r\u00e9ussite dans l\u2019action comme le crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Parmi les objets de connaissance correcte, outre le corps, les sentiments, les objets des sens, etc., les Nayaikas incluaient \u00e9galement la substance spirituelle (atman), dont ils prouvaient l&rsquo;existence \u00e0 l&rsquo;aide des arguments suivants: 1) la consistance et la continuit\u00e9 d&rsquo;un l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;individu indique la pr\u00e9sence d&rsquo;une substance \u00e9ternelle, diff\u00e9rente du corps changeant; 2) l&rsquo;\u00e9vidence des concepts de vertu (dharma) et de vice (adharma) perd son sens avec l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me et du corps p\u00e9rissable; 3) la conscience et la m\u00e9moire n\u00e9cessitent un porteur de ces qualit\u00e9s, puisqu&rsquo;elles ne se trouvent dans aucune partie du corps; 4) il est impossible d\u2019expliquer toutes ces propri\u00e9t\u00e9s par une cha\u00eene d\u2019\u00e9tats instantan\u00e9s du psychisme, comme le font les bouddhistes. De la m\u00eame mani\u00e8re, les philosophes Nyaya ont tent\u00e9 de prouver l\u2019existence de Dieu.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Lib\u00e9ration.<\/strong>\u00a0C&rsquo;est Dieu qui, en accordant sa mis\u00e9ricorde \u00e0 ceux qui croient en lui, aide une personne \u00e0 atteindre la lib\u00e9ration (moksha). Le moyen d\u2019atteindre un tel \u00e9tat est une connaissance sup\u00e9rieure, qui lib\u00e8re l\u2019\u00e2me de tout attachement au monde ext\u00e9rieur, \u00e0 sa propre enveloppe corporelle et m\u00eame \u00e0 l\u2019esprit. Dans l\u2019\u00e9tat de lib\u00e9ration, il n\u2019y a pas de souffrance, tout comme il n\u2019y a pas de bonheur. Les philosophes de cette \u00e9cole croyaient que moksha \u00e9tait un \u00e9tat inconscient.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Vaissika<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Traditionnellement, le sage Kanada, ou Uluka, \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme le fondateur de l&rsquo;\u00e9cole. La composition du Vaisheshika Sutra (I-II si\u00e8cles) lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e. L&rsquo;interpr\u00e9tation orthodoxe de ce texte \u00e9tait repr\u00e9sent\u00e9e par le commentaire de base de Prashastapada (VIe si\u00e8cle), Padartha-sangraha (lit.: \u00abCollection de cat\u00e9gories\u00bb). Le nom de ce darshana contient un concept qui est devenu une sorte de \u00abcarte de visite\u00bb de l&rsquo;\u00e9cole &#8211; vishesha (lit. \u00abparticularit\u00e9\u00bb, \u00abdiff\u00e9rence\u00bb, \u00absp\u00e9cificit\u00e9\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cat\u00e9gories.<\/strong> Six cat\u00e9gories de base (padartha) &#8211; substance (dravya), qualit\u00e9 (guna), action (karma), communaut\u00e9 (samanya), particularit\u00e9 (vishesha) et caract\u00e8re inh\u00e9rent (samavaya) &#8211; formaient le cadre conceptuel du syst\u00e8me philosophique de l&rsquo;\u00e9cole, au sein de le cadre dans lequel ses penseurs ont pr\u00e9sent\u00e9 une image d\u00e9taill\u00e9e de l&rsquo;univers et d\u00e9velopp\u00e9 une th\u00e9orie d\u00e9taill\u00e9e de l&rsquo;atomisme. Vaisheshika comprenait la substance comme un substrat, un support de diverses qualit\u00e9s, produisant ou subissant l&rsquo;une ou l&rsquo;autre action. Il y a neuf substances de ce type dans ce darshan: \u00abla terre, l&rsquo;eau, le feu, l&rsquo;air, l&rsquo;\u00e9ther, le temps, l&rsquo;espace, l&rsquo;\u00e2me, l&rsquo;esprit\u00bb (1, 565). La substance peut \u00eatre mat\u00e9rielle ou immat\u00e9rielle. Le premier comprend les cinq grands \u00e9l\u00e9ments (mahabhuta): la terre, l&rsquo;eau, le feu, l&rsquo;air et l&rsquo;\u00e9ther (akasha) &#8211; un \u00e9l\u00e9ment sp\u00e9cial qui repr\u00e9sente la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9ternelle omnipr\u00e9sente. Si l&rsquo;\u00e9ther est continu, alors les \u00e9l\u00e9ments restants sont discontinus, car ils sont constitu\u00e9s des plus petites particules suprasensibles &#8211; les atomes (anu). Les atomes de chaque \u00e9l\u00e9ment diff\u00e8rent les uns des autres par leurs qualit\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils poss\u00e8dent ce visesha tr\u00e8s notoire correspondant \u00e0 tel ou tel \u00e9l\u00e9ment. En d\u2019autres termes, les atomes de terre ont un caract\u00e8re \u00abterreux\u00bb, les atomes d\u2019eau ont un caract\u00e8re \u00abaqueux\u00bb, etc. De cette mani\u00e8re, les philosophes Vaisesika ont r\u00e9solu le probl\u00e8me de la diversit\u00e9 du monde ext\u00e9rieur. Les atomes sont soumis \u00e0 un principe mondial unique, ou loi (dharma). Les atomes \u00e9tant au-del\u00e0 des limites de la perception sensorielle, leur existence est prouv\u00e9e par l&rsquo;inf\u00e9rence logique, dont les Vaisesikas ont emprunt\u00e9 le syst\u00e8me \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Nyaya. L&rsquo;esprit (manas), comme l&rsquo;\u00e2me, est une substance immat\u00e9rielle qui poss\u00e8de les capacit\u00e9s de sentiment, de cognition et de volont\u00e9. L&rsquo;\u00e2me (atman) fait r\u00e9f\u00e9rence aux nombreuses \u00e2mes individuelles et \u00e0 l&rsquo;\u00e2me supr\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une autre approche de l&rsquo;interpr\u00e9tation de la substance chez Vaisesika distingue l&rsquo;\u00eatre (bhava) et le non-\u00eatre (abhava). Il est \u00e0 noter que les philosophes de cette \u00e9cole consid\u00e9raient la non-existence comme une substance et identifiaient plusieurs types de non-existence: relative (l&rsquo;absence d&rsquo;une chose dans une autre) et absolue (la diff\u00e9rence entre une chose et une autre). Cette derni\u00e8re peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une non-existence avant la cr\u00e9ation, une non-existence apr\u00e8s l&rsquo;annihilation et aucun lien entre deux choses.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les qualit\u00e9s sont les propri\u00e9t\u00e9s d&rsquo;une substance au repos. Il y en a 25 &#8211; le toucher, le go\u00fbt, la couleur, etc. Les substances corporelles et continues (la terre, l&rsquo;eau, le feu, l&rsquo;air et l&rsquo;esprit) ont la capacit\u00e9 d&rsquo;agir, qui est de cinq types : \u00abmonter, descendre, comprimer, dilater et mouvement g\u00e9n\u00e9ral\u00bb (1: 566). La communaut\u00e9 est une essence \u00e9ternelle r\u00e9sidant dans les choses individuelles. Une caract\u00e9ristique est quelque chose qui distingue une substance d\u2019une autre. L\u2019inh\u00e9rence est \u00abcette relation entre deux choses ins\u00e9parablement li\u00e9es qui constitue la base de la connaissance que l\u2019une est support\u00e9e et l\u2019autre support\u00e9e\u00bb (1: 566).<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u00e9coles Nyaya et Vaisheshika se compl\u00e9taient: si la premi\u00e8re d\u00e9veloppait un syst\u00e8me d\u00e9taill\u00e9 d&rsquo;argumentation et de contestation, la seconde s&rsquo;occupait de cr\u00e9er une image holistique et coh\u00e9rente de l&rsquo;ordre mondial. Par la suite, ces deux darshanas ont fusionn\u00e9 dans le syst\u00e8me syncr\u00e9tique de Nyaya-Vaisesika.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Sankhya<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Ce darshana est l\u2019une des premi\u00e8res traditions philosophiques de l\u2019Inde. Certaines de ses id\u00e9es et repr\u00e9sentations se retrouvent dans la litt\u00e9rature v\u00e9dique, \u00e9pique et juridique. Le fondateur l\u00e9gendaire de l&rsquo;\u00e9cole est consid\u00e9r\u00e9 comme Kapila, l&rsquo;auteur des Samkhya Sutras, qui n&rsquo;ont pas surv\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours. L&rsquo;enseignement classique du darshana est pr\u00e9sent\u00e9 dans l&rsquo;ouvrage \u00abSankhya-karika\u00bb d&rsquo;Ishvara Krishna (Ve si\u00e8cle), qui a servi de texte de base dans la tradition: c&rsquo;est sur ce trait\u00e9 que les penseurs ult\u00e9rieurs ont \u00e9crit leurs commentaires. L&rsquo;originalit\u00e9 de la doctrine philosophique Samkhya r\u00e9side dans le fait que ses penseurs ont tent\u00e9 de calculer toutes les cat\u00e9gories \u00e0 l&rsquo;aide desquelles il est possible de d\u00e9crire l&rsquo;univers. Cet int\u00e9r\u00eat s&rsquo;exprime dans le nom: \u00abSankhya\u00bb et signifie \u00abcompte\u00bb, \u00abtransfert\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Dualisme.<\/strong> L\u2019enseignement du Samkhya classique repr\u00e9sente le dualisme philosophique, puisque la base de toutes les constructions th\u00e9oriques est l\u2019id\u00e9e d\u2019un double commencement du monde. Le premier principe est Prakriti ou Pradhana. Il s&rsquo;agit de la mati\u00e8re premi\u00e8re \u00e9ternelle et non manifest\u00e9e, qui poss\u00e8de initialement trois qualit\u00e9s (guna): \u00absattva, rajas et tamas &#8211; vous devez donc conna\u00eetre les trois qualit\u00e9s. Ils se traduisent par les sympt\u00f4mes suivants: paix, plaisir, souffrance\u00bb (1: 561). Sattva est associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;harmonie, \u00e0 la paix et repr\u00e9sente la lumi\u00e8re, rajas d\u00e9signe la passion, le d\u00e9sir et la rage, et tamas se rapporte \u00e0 l&rsquo;ignorance, \u00e0 l&rsquo;inaction, \u00e0 l&rsquo;obscurit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;obscurit\u00e9. Prakriti est le principe actif inconscient. L&rsquo;interaction des qualit\u00e9s explique la diversit\u00e9 du monde. La mati\u00e8re primaire et ses produits ne se manifestent pas d&rsquo;eux-m\u00eames et, pour se manifester, ils ont besoin de la lumi\u00e8re d&rsquo;un autre principe: Purusha. Purusha en Samkhya est compris comme une substance spirituelle inactive, repr\u00e9sentant la conscience \u00e9ternelle. Purusha n&rsquo;a aucune qualit\u00e9. Mais il \u00abgo\u00fbte le fruit\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il jouit d&rsquo;objets qu&rsquo;il ne per\u00e7oit pas.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Manifestation du monde.<\/strong> Le processus d&rsquo;interaction entre Prakriti et Purusha conduit \u00e0 la manifestation de l&rsquo;intelligence (buddhi), \u00e9galement appel\u00e9e le Grand (mahat). La fonction de l\u2019esprit est de d\u00e9tecter, de distinguer soi-m\u00eame et les autres. L&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e8re la conscience de soi (ahamkara), qui donne le sentiment du \u00abje\u00bb et du \u00abmien\u00bb. Si la qualit\u00e9 du tamas domine dans la conscience de soi, alors de l&rsquo;ahamkara apparaissent 5 essences subtiles et non perceptibles des cinq \u00e9l\u00e9ments (tanmatra), et alors les tanmatras produisent eux-m\u00eames les \u00e9l\u00e9ments grossiers. Si sattva pr\u00e9domine dans la conscience de soi, alors ahamkara g\u00e9n\u00e8re seize cat\u00e9gories: 5 organes de perception (ou\u00efe, vision, etc.) 5 organes d&rsquo;action (\u0153il, oreille, etc.), 5 tanmatras et mental (manas). Ainsi, la grille des principales cat\u00e9gories du syst\u00e8me philosophique Samkhya se compose de 25 concepts qui d\u00e9crivent la relation entre Prakriti et Purusha tant au niveau de l&rsquo;Univers qu&rsquo;au niveau de l&rsquo;individu. Le lien entre la mati\u00e8re primordiale et l\u2019esprit est le m\u00eame qu\u2019entre l\u2019aveugle et le boiteux: Purusha, en raison de son incapacit\u00e9 d\u2019agir, est entra\u00een\u00e9 dans l\u2019activit\u00e9 de Prakriti, tout en restant totalement insensible \u00e0 celle-ci.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cognition.<\/strong> L\u2019\u00abappareil\u00bb cognitif du Samkhya se compose de la raison, de la conscience de soi, de l\u2019esprit et des sentiments. A l&rsquo;aide de ces moyens, l&rsquo;objet est per\u00e7u par le sujet connaissant. Lorsqu&rsquo;un objet affecte les sens, l&rsquo;esprit traite les impressions pour former une perception. De plus, la conscience de soi le met en corr\u00e9lation avec elle-m\u00eame et l&rsquo;esprit donne une id\u00e9e holistique de l&rsquo;objet. L&rsquo;esprit, r\u00e9pandu dans tout le corps, retient les impressions et les tendances des vies v\u00e9cues, qui se manifestent dans des conditions appropri\u00e9es. Sankhya reconna\u00eet trois sources de connaissances valides: la perception, l&rsquo;inf\u00e9rence et le t\u00e9moignage faisant autorit\u00e9. Le crit\u00e8re de v\u00e9racit\u00e9 des connaissances obtenues par ces moyens est leur applicabilit\u00e9 dans la pratique. Dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des relations de cause \u00e0 effet, les philosophes de cette \u00e9cole ont pr\u00e9conis\u00e9 la th\u00e9orie de la pr\u00e9existence de l&rsquo;effet dans la cause (satkaryavada), contrastant leurs vues avec celles de Vaisheshika et Nyaya.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Lib\u00e9ration.<\/strong>\u00a0La lib\u00e9ration (moksha) \u00e0 Samkhya, comme dans la grande majorit\u00e9 des \u00e9coles, \u00e9tait comprise comme la cessation compl\u00e8te de toute souffrance. En d\u2019autres termes, la t\u00e2che de l\u2019adepte est de lib\u00e9rer Purusha de l\u2019influence de Prakriti, et ce processus se d\u00e9roule \u00e0 la fois au niveau cosmique et personnel. La raison de la pr\u00e9sence de l&rsquo;\u00e2me dans le samsara est l&rsquo;ignorance, l&rsquo;identification de soi avec l&rsquo;enveloppe corporelle. Par cons\u00e9quent, les philosophes Samkhya consid\u00e9raient comme le principal moyen d&rsquo;atteindre moksha la vraie connaissance, qui consiste \u00e0 comprendre la diff\u00e9rence entre l&rsquo;esprit et la mati\u00e8re. Vous pouvez trouver la lib\u00e9ration de votre vivant. Le Samkhya classique \u00e9tait un syst\u00e8me non th\u00e9iste car il ne reconnaissait pas l&rsquo;id\u00e9e de Dieu. Si Samkhya d\u00e9roule un sch\u00e9ma de d\u00e9veloppement du monde, d\u00e9crivant l&rsquo;interaction de deux principes oppos\u00e9s, alors le yoga, li\u00e9 \u00e0 Samkhya, montre comment lib\u00e9rer un principe de l&rsquo;influence de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Yoga<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9mergence du yoga en tant que syst\u00e8me philosophique est associ\u00e9e au nom de Patanjali. Ce sage l\u00e9gendaire a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9dit\u00e9 de la paternit\u00e9 des Yoga Sutras (IIe si\u00e8cle), sur le texte desquels a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit le commentaire orthodoxe de Vyasa (IIIe-IVe si\u00e8cles). Litt\u00e9ralement, \u00abyoga\u00bb signifie \u00abconnexion\u00bb, \u00abconnexion\u00bb, ce qui explique le c\u00f4t\u00e9 technique du yoga, dont la t\u00e2che est de relier toutes les capacit\u00e9s humaines entre elles, de les diriger dans la bonne direction afin d&rsquo;atteindre la libert\u00e9 de l&rsquo;esprit de le corps. Ce darshana a emprunt\u00e9 l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de l&rsquo;image philosophique de l&rsquo;univers \u00e0 son Samkhya th\u00e9oriquement li\u00e9. La contribution du yoga lui-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9veloppement d\u00e9taill\u00e9 du chemin permettant de lib\u00e9rer l\u2019\u00e2me du monde mat\u00e9riel. Mais si le Samkhya \u00e9tait une doctrine non th\u00e9iste, alors le yoga \u00e9tait souvent appel\u00e9 Samkhya th\u00e9iste parce qu&rsquo;il reconnaissait Dieu (Ishvara). C&rsquo;est la proximit\u00e9 des enseignements philosophiques des deux darshanas qui a donn\u00e9 au penseur ja\u00efn Harib-khadra la raison d&rsquo;exclure le yoga de la liste des six darshanas.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Le chemin de la lib\u00e9ration.<\/strong> Le th\u00e8me central des Yoga Sutras est de d\u00e9crire comment lib\u00e9rer la conscience (chitta) de l&rsquo;influence de la mati\u00e8re avec ses qualit\u00e9s: sattva, rajas et tamas. Pour nettoyer la conscience des id\u00e9es fausses, il est n\u00e9cessaire de passer successivement par huit \u00e9tapes: premi\u00e8rement, yama &#8211; abstinence de cinq vices (violence, mensonges, vol, impudicit\u00e9 et attachement); deuxi\u00e8mement, niyama &#8211; l&rsquo;acquisition de bonnes habitudes et comp\u00e9tences du corps (syst\u00e8me de nettoyage corporel par lavage \u00e0 l&rsquo;eau) et de l&rsquo;\u00e2me (m\u00e9ditation sur Dieu, r\u00e9citation de son nom, culture des bons sentiments); troisi\u00e8mement, asana &#8211; la pratique de certaines postures pendant la m\u00e9ditation; quatri\u00e8mement, pranayama &#8211; r\u00e9gulation de la respiration; cinqui\u00e8mement, pratyahara &#8211; la capacit\u00e9 de se laisser distraire des sens et du monde ext\u00e9rieur tout entier; sixi\u00e8mement, dharana \u2013 garder l&rsquo;esprit sur un seul sujet; septi\u00e8mement, dhyana &#8211; contemplation du sujet de r\u00e9flexion choisi, m\u00e9ditation elle-m\u00eame en tant que telle; et huiti\u00e8mement, samadhi \u2013 la plus haute concentration de conscience, l\u2019\u00e9tape finale des exercices yogiques. Dieu (Ishvara) aide une personne \u00e0 atteindre un tel niveau de d\u00e9veloppement mental. Les repr\u00e9sentants de ce darshana ont not\u00e9 \u00e0 juste titre certaines difficult\u00e9s th\u00e9oriques parmi les Samkhyaikas pour expliquer pourquoi le Purusha, qui est passif par nature, est entra\u00een\u00e9 dans l&rsquo;activit\u00e9 par la mati\u00e8re primordiale. Du point de vue du yoga, une telle connexion est possible gr\u00e2ce \u00e0 Dieu. L\u2019interaction des substances corporelles et spirituelles au niveau individuel est r\u00e9gul\u00e9e par le rapport entre la vertu et le vice (adrishta) d\u2019une personne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cognition.<\/strong>\u00a0Le Yoga, \u00e0 la suite du Samkhya, a reconnu la perception, l&rsquo;inf\u00e9rence et le t\u00e9moignage faisant autorit\u00e9 comme moyens de connaissance. Cependant, ses repr\u00e9sentants pensaient que ces pramanas ne fournissaient pas des connaissances absolument fiables (comme le pr\u00e9tendaient les Samkhyaikas). Seule la pratique du yoga donne la vraie connaissance.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mimamsa<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Ce darshana, en plus du nom \u00abmimamsa\u00bb (lit.: \u00abrecherche\u00bb, \u00ab\u00e9tude\u00bb), a un autre nom clarifiant &#8211; \u00abpurva-mimamsa\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00abpremier mimansa\u00bb contrairement au suivant, ou sup\u00e9rieur (uttara), Mimamsa, qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une autre \u00e9cole orthodoxe &#8211; le Vedanta. L&rsquo;anc\u00eatre traditionnel de Mimamsa \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme le mythique Jaimini, l&rsquo;auteur des Sutras Mimamsa (IIe si\u00e8cle avant JC &#8211; IIe si\u00e8cle apr\u00e8s JC). Le commentaire classique des Jaimini Sutras \u00e9tait le texte de Shabara (IV-V si\u00e8cles). Initialement, Mimamsa a \u00e9t\u00e9 form\u00e9 comme un domaine technique plut\u00f4t \u00e9troit d&rsquo;interpr\u00e9tation des Vedas. Les probl\u00e8mes discut\u00e9s ont acquis leur propre coloration philosophique au cours du processus de confrontation entre les Mimamsakas et d&rsquo;autres \u00e9coles brahmaniques.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Monde.<\/strong> L&rsquo;image de l&rsquo;ordre mondial dans Mimamsa est similaire \u00e0 une description similaire dans l&rsquo;\u00e9cole Vaisheshika: les corps sont constitu\u00e9s d&rsquo;atomes \u00e9ternels des quatre grands \u00e9l\u00e9ments et r\u00e9sident dans le cinqui\u00e8me &#8211; l&rsquo;\u00e9ther continu, dans l&rsquo;espace et le temps. L&rsquo;univers est r\u00e9gi par la loi impersonnelle du karma. En plus des corps, il existe de nombreuses \u00e2mes \u00e9ternelles individuelles qui se r\u00e9incarnent selon leurs actes. Mais contrairement aux Vaisheshikas, les Mimansakas ne reconnaissaient pas une \u00e2me sup\u00e9rieure et, de plus, ils niaient l&rsquo;existence d&rsquo;un Dieu cr\u00e9ateur. La particularit\u00e9 de la doctrine de ce darshana \u00e9tait que, consid\u00e9rant chaque mot des Vedas comme absolument et toujours vrai, les adeptes de Jaimini ne voyaient dans les dieux v\u00e9diques qu&rsquo;un \u00abajout\u00bb au rituel.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Dharma.<\/strong> Selon Mimamsa, le but de la vie humaine est d\u2019observer la loi morale fondamentale: le dharma. Cependant, une personne ne peut pas comprendre le Dharma par ses propres efforts. Mais il existe une tradition, un t\u00e9moignage faisant autorit\u00e9 des Vedas, qui incarne une v\u00e9rit\u00e9 \u00e9ternelle et in\u00e9branlable, ind\u00e9pendante du temps et du lieu. Les Vedas eux-m\u00eames \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme \u00e9ternels par les mimansakas. Les arguments avanc\u00e9s par les philosophes de ce darshana consistaient, d&rsquo;une part, en une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la non-cr\u00e9ation des Vedas par les hommes (puisque dans la tradition les Vedas ne sont attribu\u00e9s \u00e0 personne); et deuxi\u00e8mement, sur la position concernant l\u2019\u00e9ternit\u00e9 du son. Le premier argument est compr\u00e9hensible et ne peut \u00eatre valable que dans le contexte de la culture indienne, o\u00f9 les \u00e9crits ont toujours \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9s \u00e0 un auteur (m\u00eame l\u00e9gendaire ou mythique). Le deuxi\u00e8me argument fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;enseignement des Mimamsakas eux-m\u00eames sur la relation entre un mot et l&rsquo;objet qu&rsquo;il d\u00e9signe. La position principale de cette th\u00e9orie est l&rsquo;affirmation sur le lien non al\u00e9atoire et inextricable entre le mot et l&rsquo;objet. Les gens pensent qu&rsquo;ils ont accept\u00e9 d&rsquo;appeler une vache \u00abvache\u00bb, alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 le lien entre la premi\u00e8re et la seconde ne d\u00e9pend pas de l&rsquo;esprit humain. Cette connexion existe n\u00e9cessairement. Le r\u00e9sultat de toutes ces discussions fut l&rsquo;affirmation selon laquelle les sons qui composent les Vedas sont \u00e9ternels. Ainsi, les Mimansakas tiraient le dharma des Vedas: \u00able dharma est ce qui a pour attribut la prescription des Vedas\u00bb (1: 567). Les Vedas enseignent que le dharma humain consiste \u00e0 participer \u00e0 des sacrifices et \u00e0 les accomplir. Le rituel est important en soi et le sacrifice qui y est effectu\u00e9 est pr\u00e9cieux en soi. Les sacrifices sont accomplis non pas pour obtenir la faveur des dieux, mais pour obtenir un certain \u00abfruit\u00bb. Ce \u00abfruit\u00bb est une myst\u00e9rieuse force miraculeuse appel\u00e9e \u00abapurva\u00bb (lit.: \u00abpas le premier\u00bb). Au d\u00e9but du rituel, il est absent, mais il ne vient de nulle part de l&rsquo;ext\u00e9rieur, mais \u00abgrandit\u00bb des profondeurs du sacrifice. Apurva appara\u00eet progressivement et son accumulation tout au long de la vie, consid\u00e9r\u00e9e (selon la tradition v\u00e9dique) comme un long sacrifice, constitue le principal b\u00e9n\u00e9fice (nihshreyasa) de la vie humaine. C\u2019est ce qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019atteinte du bonheur de l\u2019\u00e2me. Malgr\u00e9 le fait que des sacrifices soient faits aux dieux, le r\u00f4le de ces derniers dans les enseignements de Mimamsa est extr\u00eamement insignifiant: les dieux jouent un r\u00f4le \u00abde soutien\u00bb dans le rituel dont le but principal est l&rsquo;apparition de l&rsquo;apurva.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cognition.<\/strong> Initialement, les Mimansakas reconnaissaient trois sources de connaissances valides (pramana): la perception, l&rsquo;inf\u00e9rence et le t\u00e9moignage faisant autorit\u00e9. Ce dernier \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 par certains repr\u00e9sentants de la Mimamsa uniquement comme la parole des Vedas, par d&rsquo;autres &#8211; et comme toute preuve orale fiable. Par la suite, l&rsquo;analogie, l&rsquo;hypoth\u00e8se et l&rsquo;absence ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es aux trois pramanas, par lesquels il \u00e9tait entendu qu&rsquo;\u00abune personne n&rsquo;apprend pas par perception et inf\u00e9rence, mais \u00e0 partir du fait m\u00eame de la non-perception dans un lieu donn\u00e9\u00bb (1: 568).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>V\u00e9danta<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9cole Vedanta (lit.: \u00abach\u00e8vement des Vedas\u00bb) est le summum de la pens\u00e9e philosophique brahmanique. Dans le cadre de ce darshana, s&rsquo;est finalement form\u00e9 l&rsquo;enseignement philosophique, dont les origines \u00e9taient contenues dans les Vedas et leur partie la plus philosophique &#8211; les Upanishads (lit.: \u00abassis pr\u00e8s [des pieds du professeur]\u00bb). Puisque le Vedanta, d&rsquo;une part, a poursuivi la tradition des Vedas et, d&rsquo;autre part, a \u00e9lev\u00e9 cette tradition \u00e0 un niveau th\u00e9orique fondamentalement nouveau, une interpr\u00e9tation philosophique des cat\u00e9gories de base (atman, Brahman, etc.), cette \u00e9cole avait un autre nom &#8211; \u00ab\u00a0uttara mimansa\u00a0\u00bb ( lit.: \u00ab\u00a0mimansa le plus \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb). Le fondateur de ce darshana \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme Badarayana, l&rsquo;auteur des courts Vedanta Sutras (entre le IIe si\u00e8cle avant JC et le IIe si\u00e8cle). La tradition du commentaire du Vedanta, \u00e0 son tour, a donn\u00e9 naissance \u00e0 plusieurs \u00e9coles de philosophie dans le cadre du darshana lui-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Advaita V\u00e9danta.<\/strong> Le fondateur de l&rsquo;Advaita Vedanta (lit.: \u00abVedanta non-dual\u00bb) \u00e9tait Shankara (8e-9e si\u00e8cles), qui a \u00e9crit plusieurs commentaires sur les Upanishads, les Vedanta Sutras et d&rsquo;autres textes de la litt\u00e9rature brahmanique, ainsi qu&rsquo;un certain nombre d&rsquo;ouvrages ind\u00e9pendants. La th\u00e8se principale de Shankara \u00e9tait l&rsquo;affirmation de la non-dualit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9. Selon son enseignement, il existe une r\u00e9alit\u00e9 qui va de soi, directement per\u00e7ue et fiable &#8211; c&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9 du Soi: \u00abJe suis sans propri\u00e9t\u00e9, inactif, \u00e9ternel, in\u00e9branlable, sans tache, immuable, sans apparence ext\u00e9rieure, toujours libre, pur\u00bb (1: 579). L&rsquo;id\u00e9e du Soi pr\u00e9c\u00e8de tout, y compris le flux de conscience. Je suis une entit\u00e9 spirituelle, une \u00e2me (atman), dont la nature est la conscience. C&rsquo;est l&rsquo;atman qui \u00e9claire toutes les facult\u00e9s cognitives, tout comme une lampe \u00e9claire un r\u00e9cipient et d&rsquo;autres objets. Il s&rsquo;\u00e9claire aussi. La nature de l&rsquo;Atman est identique \u00e0 la nature du principe spirituel le plus \u00e9lev\u00e9 &#8211; Brahman. \u00ab\u00c9ternel, pur, libre, un, indivisible, bienheureux, non duel, r\u00e9el, connaissant, infini &#8211; tel est le Brahman supr\u00eame, tel je suis vraiment\u00bb (1: 579). Il s&rsquo;agit d&rsquo;une description de la r\u00e9alit\u00e9 supr\u00eame, Brahman, comme ayant des qualit\u00e9s (saguna brahman) et se manifestant comme Dieu (Ishvara). C&rsquo;est ainsi que la tradition v\u00e9dique le repr\u00e9sente. Ces derniers, \u00e9tant une manifestation de l\u2019esprit de Brahman, ont une signification \u00e9ternelle et durable. Mais les Vedas en tant qu&rsquo;ensemble de mots, de lettres, de phrases (les Vedas en tant que textes) ont commenc\u00e9 \u00e0 exister avec la cr\u00e9ation du monde par Ishvara et cesseront d&rsquo;exister avec la destruction de l&rsquo;Univers.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, la v\u00e9ritable nature de la r\u00e9alit\u00e9 ultime est indescriptible. De ce point de vue, Brahman est pr\u00e9sent\u00e9 comme d\u00e9pourvu de tous attributs et qualit\u00e9s (nirguna brahman). Tout ce que l\u2019on peut dire sur la v\u00e9ritable nature de la r\u00e9alit\u00e9 primaire n\u2019est \u00abni ceci ni cela\u00bb (neti-neti). Brahman est au-del\u00e0 de toute connaissance empirique et, par cons\u00e9quent, on ne peut en dire quelque chose qu&rsquo;en \u00e9cartant toutes ses caract\u00e9ristiques. Si Shankara interpr\u00e8te Brahman comme la seule vraie r\u00e9alit\u00e9, alors le monde dans sa doctrine par rapport \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9 agit comme une illusion (maya) de Brahman, ou son jeu (lila). Le monde est comme un r\u00eave et n\u2019existe pas ind\u00e9pendamment du r\u00eaveur. La base pour accepter le monde comme existant ind\u00e9pendamment est l\u2019ignorance (avidya), qui est \u00e9galement la raison de la fausse affirmation de l\u2019existence des \u00e2mes individuelles. Ainsi, Advaita nie toute existence ind\u00e9pendante de toute r\u00e9alit\u00e9 autre que Brahman.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Vishishta-advaita.<\/strong> Un autre philosophe du Vedanta, Ramanuja (XI-XII si\u00e8cles), a pr\u00e9sent\u00e9 une interpr\u00e9tation l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente de la relation entre le monde et Brahman, appel\u00e9e vishishta-advaita (lit.: \u00abnon-dualit\u00e9 limit\u00e9e\u00bb). Ramanuja a attir\u00e9 l&rsquo;attention sur le fait que la plus haute r\u00e9alit\u00e9 de Shankara ne peut \u00eatre comprise \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;aucun moyen de connaissance: ni perception, ni inf\u00e9rence, ni m\u00eame avec l&rsquo;aide des Vedas. L&rsquo;approche Advaita sape non seulement la compr\u00e9hension philosophique de l&rsquo;existence primaire, mais aussi la vie religieuse avec son exp\u00e9rience de perception directe et d&rsquo;adoration de Dieu. Pour Ramanuja, Brahman est avant tout l&rsquo;individualit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e, d\u00e9crite dans la tradition v\u00e9dique. l&rsquo;aide des qualit\u00e9s: l&rsquo;\u00eatre (sat), la conscience (chitta) et la f\u00e9licit\u00e9 (ananda). Les attributs les plus importants de Dieu sont la compassion, l\u2019amour, la puissance et la connaissance. La r\u00e9alit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e, Brahman, agit \u00e9galement en tant que Dieu gardien de l&rsquo;univers \u2013 Vishnu. Le monde entier et tout ce qu\u2019il contient sont originellement contenus en Dieu. Le monde et Dieu sont li\u00e9s l\u2019un \u00e0 l\u2019autre comme une partie du tout. Vishnu cr\u00e9e le monde non pas de mani\u00e8re illusoire (comme dans Shankara), mais en fait, et gouverne le monde tout comme un roi r\u00e8gne sur son royaume. Le foss\u00e9 entre le ma\u00eetre (Vishnu) et le serviteur (l&rsquo;\u00e2me individuelle) ne peut \u00eatre combl\u00e9 que par la d\u00e9votion (bhakti) de l&rsquo;\u00e2me envers Dieu et la mis\u00e9ricorde de Dieu. Ainsi, pour Ramanuja, le monde et les \u00e2mes individuelles, \u00e9tant la cr\u00e9ation de Vishnu, ont n\u00e9anmoins une r\u00e9alit\u00e9 relativement ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Dvaita Vedanta.<\/strong> Madhva (XIIIe si\u00e8cle) a formul\u00e9 la doctrine de la diff\u00e9rence compl\u00e8te entre le monde et Brahman, appel\u00e9e \u00abdvaita Vedanta\u00bb (lit.: \u00abdouble Vedanta\u00bb). Dans cette version du Vedanta, Brahman est \u00e9galement compris comme la r\u00e9alit\u00e9 supr\u00eame dont les attributs sont absolus. Mais il existe 5 diff\u00e9rences \u00e9ternelles entre: 1) Vishnu (Ishvara) et les \u00e2mes individuelles; 2) Ishvara et les objets inanim\u00e9s; 3) les \u00e2mes et les objets; 4) diverses \u00e2mes; 5) divers objets. Ces diff\u00e9rences existent r\u00e9ellement et seule la volont\u00e9 de Dieu peut les surmonter.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le cadre du Vedanta, plusieurs autres options pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me sont apparues. Ainsi, Nimbarka (XIVe si\u00e8cle) enseignait que Brahman, le monde et les \u00e2mes ne sont ni absolument diff\u00e9rents ni absolument identiques les uns aux autres. Plus tard, Vallabha (XVe si\u00e8cle) tenta de revenir aux id\u00e9es de Shankara, en pr\u00e9sentant une version de shuddha-advaita (lit.: \u00abpure non-dualit\u00e9\u00bb), arguant que le monde est r\u00e9el et repr\u00e9sente une forme subtile de Brahman, et l&rsquo;\u00e2me en fait partie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Bhagavad Gita\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;ouvrage intitul\u00e9 \u00abBhagavad Gita\u00bb (lit. \u00abChant du Bhagavat\u00bb ou \u00abChant Divin\u00bb) fait partie du sixi\u00e8me livre de l&rsquo;ancienne \u00e9pop\u00e9e indienne \u00abMahabharata\u00bb, consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;histoire de la confrontation entre deux clans li\u00e9s \u00e0 les uns les autres &#8211; les Pandavas et les Kauravas. L&rsquo;action de la Bhagavad Gita commence par une description de la fa\u00e7on dont, avant la bataille d\u00e9cisive entre les clans, le meilleur guerrier des Pandavas, Arjuna, refuse de participer \u00e0 la bataille fratricide et se tourne vers son conducteur de char Krishna pour obtenir des conseils. Dans ses instructions \u00e0 Arjuna, Krishna expose la doctrine de la nature de Brahman et les voies de la pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Karma-yoga.<\/strong> La premi\u00e8re voie de l&rsquo;\u00e2me pieuse est la voie de l&rsquo;action d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e (karma yoga), dont l&rsquo;id\u00e9e principale est d&rsquo;agir selon son devoir (dharma), sans se soucier des r\u00e9sultats (bons et mauvais) de ses actions. Une bonne conduite consiste \u00e0 observer son dharma sans aucun attachement aux fruits de l&rsquo;action. Par cons\u00e9quent, Krishna enseigne qu&rsquo;Arjuna devrait entrer dans la bataille et ne pas penser \u00e0 tuer ses cousins, les Kauravas. Premi\u00e8rement, Arjuna est un guerrier, et il est de son devoir de participer \u00e0 la bataille pour r\u00e9tablir la justice sur terre, pi\u00e9tin\u00e9e par les Kauravas. Deuxi\u00e8mement, en tuant ses ennemis et leurs partisans, Arjuna ne nuit pas r\u00e9ellement \u00e0 leur \u00e2me, car seule l&rsquo;enveloppe corporelle est d\u00e9truite et l&rsquo;atman \u00e0 na\u00eetre ne meurt jamais. Tout ce qui existe, dit Krishna, est une forme de manifestation de Brahman. Devant le regard mental d&rsquo;Arjuna, Krishna d\u00e9voile l&rsquo;image enti\u00e8re de l&rsquo;univers, dans laquelle Krishna lui-m\u00eame appara\u00eet comme l&rsquo;incarnation, ou la descente (avatar) de la plus haute r\u00e9alit\u00e9. Ainsi, Krishna, \u00e9tant Dieu, descend dans le monde humain pour restaurer le dharma universel et clarifier les enseignements des voies de la vraie pi\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Jnana Yoga.<\/strong>\u00a0En plus de la voie de l&rsquo;action juste ou d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e, il existe la voie de la connaissance (jnana yoga), qui s&rsquo;exprime dans la connaissance de la nature de la r\u00e9alit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une connaissance intellectuelle, logico-discursive, mais yogique, qui nous permet de voir \u00e0 travers toute la diversit\u00e9 du monde une essence unique et imp\u00e9rissable et de percevoir toute la multiplicit\u00e9 des \u00eatres et des objets comme diverses formes et manifestations de Dieu. Le yogi offre cette connaissance de l&rsquo;unit\u00e9 de toute existence \u00e0 Brahman en sacrifice. C&rsquo;est ce genre de sacrifice qui est authentique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Bhakti-yoga.<\/strong>\u00a0Un autre type de pi\u00e9t\u00e9 est la voie de la r\u00e9v\u00e9rence personnelle, ou de la d\u00e9votion (bhakti yoga) de l&rsquo;adepte envers son Dieu Krishna. Ayant connu Brahman, le yogi s&rsquo;abandonne compl\u00e8tement \u00e0 Dieu. Celui qui aime Krishna dans cette vie restera avec lui dans la prochaine vie. Celui qui se souvient de Dieu et chante continuellement son nom s&rsquo;unira \u00e0 Krishna apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les commentaires sur la Bhagavad Gita ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits par Shankara, Ramanudu et d&rsquo;autres penseurs du Vedanta. Cet ouvrage faisant autorit\u00e9 pour la tradition hindoue retrace les enseignements du Samkhya, le yoga sur la Prakriti et le Purusha, sur les qualit\u00e9s de la mati\u00e8re primordiale. Il ne fait aucun doute que les auteurs de cet ouvrage connaissent le bouddhisme. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un amour d\u00e9vorant pour Dieu (bhakti) a constitu\u00e9 la base de tout un mouvement religieux &#8211; le bhagavatisme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Caract\u00e9ristiques de la philosophie indienne. L&rsquo;origine et le d\u00e9veloppement d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne culturel particulier, appel\u00e9 \u00abphilosophie\u00bb dans la Gr\u00e8ce antique, en Inde, sont \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la litt\u00e9rature v\u00e9dique. Les \u00abVedas\u00bb (lit.: \u00abconnaissance\u00bb) en Inde \u00e9taient appel\u00e9s recueils de textes li\u00e9s aux sacrifices, qui avaient le statut de connaissance sacr\u00e9e et incluaient toutes les id\u00e9es des anciens Indiens sur le monde des dieux et&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/philosophie-indienne\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":725,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,179],"tags":[85],"class_list":{"0":"post-547","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-drevniivostok","9":"tag-doctrine-jain"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/547","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=547"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/547\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":914,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/547\/revisions\/914"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/725"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=547"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=547"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=547"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}