{"id":559,"date":"2024-06-08T19:55:47","date_gmt":"2024-06-08T16:55:47","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=559"},"modified":"2025-11-20T20:16:09","modified_gmt":"2025-11-20T17:16:09","slug":"platon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/platon\/","title":{"rendered":"Platon. Acad\u00e9mie, \u00e9cole philosophique"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Platon est n\u00e9 en 428\/427 avant JC. e. \u00e0 Ath\u00e8nes. Il appartenait \u00e0 une ancienne famille aristocratique, remontant au premier roi ath\u00e9nien Codrus et au grand r\u00e9formateur du VIe si\u00e8cle avant JC e. Solon. Dans sa jeunesse, Platon se consacre \u00e0 la po\u00e9sie et \u00e9crit des trag\u00e9dies. Son talent litt\u00e9raire est visible sur de nombreuses pages de ses \u0153uvres existantes. Cependant, Platon, avec ses origines aristocratiques, se sentait avant tout destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 politique. Comme beaucoup de jeunes hommes d&rsquo;Ath\u00e8nes de cette \u00e9poque, il cherchait une solution \u00e0 la question d&rsquo;une structure juste et correcte de l&rsquo;\u00c9tat et de la structure de la vie des citoyens. \u00c0 la recherche d\u2019une r\u00e9ponse, il tombe sur l\u2019\u00e9trange figure de Socrate, qui deviendra son mentor dans la vie et son professeur de philosophie. La condamnation injuste, la condamnation et l&rsquo;ex\u00e9cution du sage ath\u00e9nien d\u00e9tournent finalement Platon d&rsquo;une carri\u00e8re de politicien. Platon cesse de croire \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019instaurer la justice dans les \u00c9tats grecs de l\u2019\u00e9poque. Apr\u00e8s la mort de Socrate, il dut quitter Ath\u00e8nes pour quelque temps; la tradition ancienne fait \u00e9tat de ses nombreux voyages, mais ces r\u00e9cits ne sont pas toujours fiables. Au milieu des ann\u00e9es 90 du IVe si\u00e8cle, Platon, de retour \u00e0 Ath\u00e8nes, organisa sa propre \u00e9cole philosophique, appel\u00e9e l&rsquo;Acad\u00e9mie, puisqu&rsquo;elle \u00e9tait situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 \u00e9tait v\u00e9n\u00e9r\u00e9 le h\u00e9ros Academus.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;Acad\u00e9mie \u00e9tait une association de personnes se consacrant \u00e0 des activit\u00e9s philosophiques et scientifiques. Il traitait de probl\u00e8mes de logique et de rh\u00e9torique. L&rsquo;Acad\u00e9mie \u00e9tait le plus grand centre math\u00e9matique de l&rsquo;\u00e9poque, car dans la compr\u00e9hension de la philosophie de Platon, les math\u00e9matiques sont une condition n\u00e9cessaire \u00e0 la connaissance philosophique. D\u2019o\u00f9 la c\u00e9l\u00e8bre devise de l\u2019Acad\u00e9mie de Platon: \u00abQu\u2019aucun g\u00e9om\u00e8tre n\u2019entre\u00bb. Cependant, l\u2019Acad\u00e9mie n\u2019\u00e9tait pas seulement un centre scientifique et philosophique, mais aussi une source de personnel politique pour diverses cit\u00e9s-\u00c9tats grecques. Selon Platon, les \u00e9tudiants de l\u2019Acad\u00e9mie \u00e9taient cens\u00e9s introduire les id\u00e9aux platoniciens de la vie sociale dans la l\u00e9gislation et la pratique de la Gr\u00e8ce de l\u2019\u00e9poque. Platon lui-m\u00eame a tent\u00e9 de r\u00e9aliser son projet lors de ses trois voyages en Sicile \u00e0 Syracuse: la premi\u00e8re fois, il s&rsquo;est rendu chez le tyran Denys l&rsquo;Ancien (environ 387 avant JC), les deux autres &#8211; chez son fils Denys le Jeune (apr\u00e8s 367 avant JC). n.e.). Ces tentatives de Platon \u00e9chou\u00e8rent, mais jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, en 347, Platon continua \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un ordre social juste, possible seulement si les \u00c9tats \u00e9taient dirig\u00e9s par des philosophes.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Probl\u00e8mes d&rsquo;interpr\u00e9tation.<\/strong>\u00a0Platon est l\u2019une des figures les plus grandioses de l\u2019histoire de la philosophie et de la culture humaine en g\u00e9n\u00e9ral. Il est difficilement possible de trouver un penseur qui puisse se comparer \u00e0 lui en termes de degr\u00e9 d&rsquo;influence sur toute la pens\u00e9e philosophique, politique et religieuse ult\u00e9rieure, un penseur qui, aujourd&rsquo;hui encore, fait l&rsquo;objet de discussions anim\u00e9es sur les questions les plus urgentes de la vie sociale. L&rsquo;influence de Platon a touch\u00e9 les philosophes et les scientifiques les plus importants de l&rsquo;Antiquit\u00e9, du Moyen \u00c2ge, de la Renaissance et de l&rsquo;\u00e8re moderne. Platon \u00e9tait connu non seulement en Occident, mais aussi \u00e0 Byzance, qui nous a conserv\u00e9 le corpus de ses \u0153uvres, et dans l\u2019Orient arabe. Pourtant, malgr\u00e9 cette influence, Platon \u00e9tait et reste la grande inconnue de l\u2019histoire de l\u2019esprit humain. Malgr\u00e9 plus de deux mille ans d&rsquo;\u00e9tude, de recherche et d&rsquo;interpr\u00e9tation de Platon, il n&rsquo;existe toujours pas de vision unique de son \u0153uvre, et les interpr\u00e9tations propos\u00e9es sont parfois diam\u00e9tralement oppos\u00e9es. Mystique Platon ou rationaliste, cr\u00e9ateur de mythes ou premier logicien europ\u00e9en, id\u00e9ologue de l&rsquo;aristocratie r\u00e9actionnaire ou premier communiste, il existe de nombreuses r\u00e9ponses \u00e0 ces questions, et elles sont diff\u00e9rentes. En effet, ce grand philosophe et l\u2019un des meilleurs artistes litt\u00e9raires europ\u00e9ens est si profond et si multiforme qu\u2019une vision unique de son \u0153uvre n\u2019\u00e9mergera probablement jamais. Qu\u2019est-ce qui rend l\u2019\u0153uvre de Platon si myst\u00e9rieuse ? \u00c0 premi\u00e8re vue, il semble qu\u2019il soit possible d\u2019identifier un certain ensemble de doctrines dans les \u00e9crits de Platon, qui repr\u00e9senteront l\u2019enseignement de Platon. Par exemple, l&rsquo;enseignement sur les id\u00e9es \u00e9ternelles et immuables, sur le monde en constante \u00e9volution des choses sensorielles, dont l&rsquo;existence d\u00e9pend de ces id\u00e9es, sur l&rsquo;\u00e2me immortelle qui conna\u00eet ces id\u00e9es, sur le manque de fiabilit\u00e9 de la connaissance sensorielle, sur l&rsquo;\u00e9tat id\u00e9al, sur la cr\u00e9ation du cosmos.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, en examinant ces enseignements plus attentivement, nous d\u00e9couvrirons qu&rsquo;il est impossible d&rsquo;en trouver une formulation compl\u00e8tement pr\u00e9cise et dogmatique dans les \u00e9crits de Platon, que le tableau est toujours compliqu\u00e9 par de nombreuses digressions, discussions, consid\u00e9rations et r\u00e9visions diff\u00e9rentes, que nous sommes il s&rsquo;agit presque toujours de recherche, et non d&rsquo;exposer que la situation philosophique change souvent d&rsquo;une \u0153uvre \u00e0 l&rsquo;autre. Dans un certain nombre d&rsquo;\u0153uvres, ces points centraux de l&rsquo;enseignement de Platon sont certes absents, dans d&rsquo;autres, par exemple chez Parm\u00e9nide, la th\u00e9orie des id\u00e9es \u00e9ternelles et immuables est critiqu\u00e9e et remplac\u00e9e par le raisonnement le plus complexe sur la nature de l&rsquo;une et l&rsquo;origine de la multitude \u00e0 partir de l\u00e0, dans d&rsquo;autres (le mouvement \u00ab sophiste \u00bb) est admise dans le monde immobile des id\u00e9es, et les id\u00e9es de justice, de beaut\u00e9 et de chastet\u00e9 qui sont famili\u00e8res dans d&rsquo;autres dialogues sont remplac\u00e9es par des \u00abesp\u00e8ces d&rsquo;\u00eatres sup\u00e9rieures\u00bb. L&rsquo;\u00e2me peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e comme une simple chose indivisible (Ph\u00e9don) ou comme un tout compos\u00e9 de trois parties (Ph\u00e8dre, R\u00e9publique, Tim\u00e9e). De nombreuses \u0153uvres de Platon se terminent par une aporie, la r\u00e9ponse \u00e0 la question pos\u00e9e n&rsquo;est pas donn\u00e9e, et ces questions sont d&rsquo;une importance primordiale. Ainsi, Th\u00e9\u00e9t\u00e8te, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;analyse des connaissances, n&rsquo;apporte pas de solution d\u00e9finitive \u00e0 ce probl\u00e8me.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, il est difficile de trouver une philosophie syst\u00e9matique dans les dialogues de Platon comme une s\u00e9quence unique de propositions coh\u00e9rentes. Cela conduit \u00e0 diff\u00e9rentes strat\u00e9gies d&rsquo;interpr\u00e9tation des textes de Platon. Tout d\u2019abord, on peut consid\u00e9rer qu\u2019au cours de sa vie Platon a chang\u00e9 d\u2019avis sur les points fondamentaux de son enseignement (approche g\u00e9n\u00e9tique \u00e9volutive). Dans ce cas, l&rsquo;\u00e9tude de Platon se concentre sur l&rsquo;\u00e9lucidation de la biographie intellectuelle du grand Ath\u00e9nien. Deuxi\u00e8mement, on peut supposer qu\u2019il n\u2019existe pas et ne peut pas y avoir de syst\u00e8me platonicien existant en dehors des dialogues individuels. Il faut alors renoncer \u00e0 parler de la philosophie de Platon et se limiter \u00e0 clarifier la philosophie des dialogues individuels. Troisi\u00e8mement, nous pouvons croire que le syst\u00e8me platonicien doit \u00eatre recherch\u00e9 en dehors des dialogues, puisque dans les \u00e9crits d&rsquo;Aristote et des repr\u00e9sentants de l&rsquo;Acad\u00e9mie antique, il y a des traces d&rsquo;un certain syst\u00e8me platonicien qui n&rsquo;est pas identique \u00e0 ce que l&rsquo;on peut trouver dans les dialogues. Quatri\u00e8mement, nous pouvons reconna\u00eetre Platon non pas comme le cr\u00e9ateur d&rsquo;une th\u00e9orie stricte de l&rsquo;\u00eatre, de la connaissance, de l&rsquo;\u00c9tat et de l&rsquo;homme, mais comme un visionnaire inspir\u00e9, un artiste et un po\u00e8te qui n&rsquo;a pas conscience de ce qu&rsquo;il dit et n&rsquo;a donc pas d\u00e9velopp\u00e9 une th\u00e9orie strictement coh\u00e9rente. syst\u00e8me de philosophie. Enfin, on peut essayer de trouver une certaine position qui permettra de voir l\u2019unit\u00e9 de la pens\u00e9e de Platon dans l\u2019imbrication complexe de diverses approches, affirmations et probl\u00e8mes, lorsque des contradictions apparentes deviennent des moments d\u2019un syst\u00e8me organique complexe. Mais pour cela, nous devons essayer non pas d\u2019approcher Platon avec nos propres crit\u00e8res form\u00e9s par la philosophie scolaire, mais de comprendre la pens\u00e9e de Platon \u00e0 partir d\u2019elle elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\">Essayer de comprendre Platon, c&rsquo;est aussi se rendre compte qu&rsquo;il choisit le dialogue comme moyen d&rsquo;exprimer sa pens\u00e9e<br \/>\n<a title=\"Dans le corpus de Platon, il n'existe que deux \u0153uvres non dialogiques. Il s'agit de la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab Apologie de Socrate \u00bb, qui traduit le discours d\u00e9fensif de Socrate lors de son proc\u00e8s, m\u00eame si dans cette \u0153uvre on retrouve \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments de dialogue (conversation de Socrate avec M\u00e9l\u00e9tus), ainsi qu'un recueil de lettres platoniciennes, l'authenticit\u00e9 de qui fait encore d\u00e9bat. On peut \u00e9galement citer les \u00e9pigrammes que l'Antiquit\u00e9 attribuait \u00e0 Platon, m\u00eame si elles sont tr\u00e8s probablement falsifi\u00e9es.\"><sup>[1]<\/sup><\/a> . Cela s&rsquo;explique bien s\u00fbr par le fait que Platon a suivi d&rsquo;autres Socratiques (Antisth\u00e8ne, Eschine, Euclide, Ph\u00e9don), en choisissant le genre le plus r\u00e9pandu parmi les \u00e9l\u00e8ves de Socrate, un genre qui permettait de transmettre les traits de personnalit\u00e9 et l&rsquo;enseignement de Socrate. Cependant, m\u00eame si au d\u00e9part Platon per\u00e7oit simplement ce genre comme une donn\u00e9e, il se rend tr\u00e8s vite compte que c&rsquo;est ce genre qui lui permet de formaliser sa vision de la philosophie sous une forme litt\u00e9raire. Le fait est que pour Platon, la philosophie ne peut pas \u00eatre contenue dans le cadavre d\u2019un livre ; la v\u00e9ritable existence de la philosophie est dans l\u2019\u00e2me, qui parle soit avec elle-m\u00eame, soit avec une autre \u00e2me. Conversation anim\u00e9e destin\u00e9e \u00e0 un interlocuteur bien pr\u00e9cis, avec son caract\u00e8re et ses opinions uniques, avec son esprit fort ou faible, seulement elle peut \u00eatre, selon Platon, philosophique. Cela signifie que le mot \u00e9crit ne peut que refl\u00e9ter, ressembler \u00e0 une conversation qui a d\u00e9j\u00e0 eu lieu, il ne peut \u00eatre compris que par ceux qui ont entendu cette conversation ou r\u00e9fl\u00e9chi aux sujets de la conversation. Ces rappels des conversations que Platon et ses compagnons eurent \u00e9taient des dialogues platoniciens. Tous les dialogues de Platon ne sont pas \u00e9galement dialogiques ; beaucoup d&rsquo;entre eux ont tendance \u00e0 \u00eatre monologues (Sophiste, Parm\u00e9nide, Tim\u00e9e), d&rsquo;autres sont des discours (M\u00e9n\u00e9x\u00e8ne, Banquet). Tr\u00e8s rarement, dans les dialogues de Platon, on trouve une confrontation de positions existentielles, comme dans les dialogues des romans de Dosto\u00efevski, positions qui ne s\u2019accordent pas l\u2019une ou l\u2019autre au cours du dialogue (\u00abGorgias\u00bb). Il y a plut\u00f4t une recherche conjointe de la v\u00e9rit\u00e9 entre le leader et celui qui le suit, lorsque le premier est plus sage et plus raisonnable, et le second est suffisamment intelligent et vif d\u2019esprit pour suivre le raisonnement du leader. Et Platon a port\u00e9 sa pr\u00e9f\u00e9rence pour le dialogue jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, ne comprenant pas comment il \u00e9tait possible de transmettre une pens\u00e9e vivante et une conversation vivante, pleine de digressions, de transitions et d&rsquo;imbrications de sens sous la forme d&rsquo;un trait\u00e9 adress\u00e9 \u00e0 tous. Le choix de cette forme a rendu la philosophie de Platon tr\u00e8s riche, int\u00e9rieurement vivante, enrichissant constamment ceux qui l&rsquo;abordent avec amour et compr\u00e9hension. Et ce serait compl\u00e8tement faux de voir dans la forme du dialogue un d\u00e9faut de Platon qui complique sa pr\u00e9sentation syst\u00e9matique, quelque chose d&rsquo;ext\u00e9rieur qu&rsquo;il faut essayer de jeter par-dessus bord pour rester avec le Platon sans ambigu\u00eft\u00e9, qui nous serait transmis sans distorsion par le t\u00e9moignage d&rsquo;Aristote et de l&rsquo;Acad\u00e9mie antique. La grande r\u00e9ussite des \u00e9tudes platoniciennes du XIXe si\u00e8cle \u2013 Platon, d\u00e9barrass\u00e9 des couches de scolastique ult\u00e9rieure du platonisme \u2013 ne doit pas \u00eatre perdue pour nous. Et il ne faut jamais perdre de vue que la philosophie de Platon r\u00e9side dans ses conversations, ses pens\u00e9es refl\u00e9t\u00e9es dans des dialogues sp\u00e9cifiques, mais en m\u00eame temps, n&rsquo;oubliez pas que malgr\u00e9 toute l&rsquo;unicit\u00e9 et la dissemblance des diff\u00e9rents dialogues, ils ont tous \u00e9t\u00e9 \u00e9crits par une seule personne. et parler d&rsquo;une pens\u00e9e unique et d&rsquo;une philosophie unifi\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">La philosophie de Platon est complexe et diversifi\u00e9e, mais elle comporte plusieurs centres s\u00e9mantiques autour desquels se d\u00e9roule la riche vie int\u00e9rieure de la pens\u00e9e de Platon. Justice et ordre social \u00e9quitable, vertu sociale et individuelle, possibilit\u00e9, conditions et propri\u00e9t\u00e9s de la vraie connaissance, les \u00e9tapes de la connaissance, la possibilit\u00e9 d&rsquo;exprimer la connaissance, le sujet de la connaissance, ce qu&rsquo;il doit \u00eatre pour qu&rsquo;elle se d\u00e9roule dans sa v\u00e9rit\u00e9 , l&rsquo;\u00eatre, ses domaines, leur relation, leur lien avec la connaissance sont les th\u00e8mes principaux de la philosophie platonicienne, d\u00e9velopp\u00e9s par Platon non dans leur isolement, mais dans leur \u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Connaissance.<\/strong> On peut dire sans exag\u00e9ration que le probl\u00e8me de la connaissance devient chez Platon l\u2019un des probl\u00e8mes cl\u00e9s de la philosophie. Si des d\u00e9veloppements \u00e9pist\u00e9mologiques individuels se retrouvent dans la tradition pr\u00e9socratique, ils se pr\u00e9sentent cependant sous la forme d&rsquo;un domaine de recherche plut\u00f4t p\u00e9riph\u00e9rique. La pens\u00e9e des pr\u00e9socratiques s&rsquo;int\u00e9ressait au cosmos et \u00e0 ses lois, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 desquels l&rsquo;homme et son savoir constituaient une sorte de cas particulier. Apr\u00e8s les grands sophistes (Protagoras, Gorgias), une telle attitude \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 impensable; la critique sophistique des enseignements dogmatiques de l&rsquo;ancienne philosophie naturelle montrait la d\u00e9pendance du monde qui se pr\u00e9sente devant nous \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de nous-m\u00eames. L\u2019homme, en tant que mesure de toutes choses, prend la place d\u2019un cosmos originel et l\u00e9gitime. De plus, les sophistes, d\u00e9veloppant les fondements de la grammaire, de la rh\u00e9torique et de la stylistique, d\u00e9couvrirent le sens du langage pour la connaissance. Platon n&rsquo;a pas ignor\u00e9 ces d\u00e9couvertes ; elles ont largement d\u00e9termin\u00e9 la nature de sa philosophie. L&rsquo;\u00e9panouissement brillant des math\u00e9matiques grecques \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Platon a \u00e9galement eu une influence consid\u00e9rable sur la compr\u00e9hension de la connaissance par Platon. Platon doit la d\u00e9finition de la connaissance exacte et impr\u00e9cise, le concept d&rsquo;hypoth\u00e8se et bien plus encore aux math\u00e9matiques contemporaines.<\/p>\n<p align=\"justify\">Selon Platon, la premi\u00e8re brique du fondement de la th\u00e9orie de la connaissance est la d\u00e9finition. Avant la d\u00e9finition, nous ne pouvons rien dire d\u2019une chose, car comment pouvons-nous dire qu\u2019une chose est telle ou telle si nous ne savons pas du tout ce que c\u2019est. La d\u00e9finition doit capturer l\u2019essence d\u2019une chose, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle existe en elle-m\u00eame sans rien introduire d\u2019autre. Si, par exemple, nous d\u00e9finissons la vertu, nous ne devons pas parler de vertus diff\u00e9rentes, des vertus d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, des vertus des Ath\u00e9niens et des Spartiates, des hommes et des femmes, nous sommes oblig\u00e9s de dire ce qui, dans toutes ces vertus, nous fait parler \u00e0 leur sujet comme quelque chose&#8230; puis un. Une d\u00e9finition qui capture l\u2019essence d\u2019une chose doit \u00eatre \u00e9galement applicable dans tous les cas; si l\u2019on trouve un exemple qui contredit la d\u00e9finition, il doit \u00eatre rejet\u00e9. Par cons\u00e9quent, selon Platon, la connaissance est avant tout une connaissance logique. Aucune sensation ne nous donne l&rsquo;occasion de dire ce qu&rsquo;est une chose, puisqu&rsquo;elle n&rsquo;est associ\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 un seul objet per\u00e7u ici et maintenant, et la connaissance recherch\u00e9e par Platon doit s&rsquo;\u00e9tendre. \u00e0 tout les articles. Et ici Platon se trouve confront\u00e9 \u00e0 la difficult\u00e9 suivante. Comment est-il possible de rechercher une d\u00e9finition, cette d\u00e9marche qui doit toujours \u00eatre effectu\u00e9e pour acqu\u00e9rir des connaissances? Si vous ne savez m\u00eame pas ce qu\u2019est une chose, comment pouvez-vous commencer \u00e0 la chercher et \u00e9ventuellement la trouver? Apr\u00e8s tout, m\u00eame si nous d\u00e9couvrons quelque chose au cours de nos recherches, comment saurons-nous si c\u2019est ce que nous recherchons? Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette difficult\u00e9, Platon propose la solution suivante. En effet, si nous supposons que la connaissance s&rsquo;\u00e9puise par l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle de notre vie, nous ne pourrons jamais en donner une d\u00e9finition absolument vraie, puisque nos sensations ne re\u00e7oivent pas d&rsquo;essences en elles-m\u00eames. Dans ce cas, il sera impossible de d\u00e9finir quoi que ce soit, et sans d\u00e9finition il sera impossible de savoir absolument quoi que ce soit. Mais la connaissance vraie et absolue est possible, cela prouve, selon Platon, la pr\u00e9sence d&rsquo;une connaissance math\u00e9matique, ce qui signifie que la proc\u00e9dure de d\u00e9termination doit \u00eatre bas\u00e9e sur quelque chose qui se situe en dehors de l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle. Ainsi, nous ne pouvons d\u00e9finir quelque chose que si nous connaissons d\u00e9j\u00e0 la chose d\u00e9finie, et cette connaissance est totalement inexp\u00e9riment\u00e9e. Nous commen\u00e7ons la recherche et recherchons une d\u00e9finition uniquement parce que nous avons d\u00e9j\u00e0 une connaissance, mais une connaissance non manifest\u00e9e et implicite, notre d\u00e9finition est la mise en lumi\u00e8re de cette connaissance, son d\u00e9ploiement et sa manifestation; Chaque personne a une \u00e2me dans laquelle se trouve toute la pl\u00e9nitude de la connaissance, mais l&rsquo;\u00e2me, \u00e0 cause de son contact avec le corps, a oubli\u00e9 cette connaissance et il faut maintenant s&rsquo;en souvenir.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la connaissance commence par la d\u00e9finition de l&rsquo;essence, et pour donner une telle d\u00e9finition, il faut pr\u00e9supposer la connaissance de toutes les essences d\u00e9j\u00e0 existantes dans l&rsquo;\u00e2me, qu&rsquo;il faut ensuite \u00e9largir. La v\u00e9rit\u00e9 de cette interpr\u00e9tation de la connaissance est prouv\u00e9e, selon Platon, par le fait qu&rsquo;il est toujours possible, gr\u00e2ce \u00e0 des questions correctement pos\u00e9es, de forcer l&rsquo;interlocuteur \u00e0 donner une r\u00e9ponse sur quelque chose qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais \u00e9tudi\u00e9. Cela signifie que dans son \u00e2me se trouvent de vraies opinions qui, gr\u00e2ce au questionnement, peuvent \u00eatre transform\u00e9es en v\u00e9ritable connaissance. De plus, notre exp\u00e9rience sensorielle elle-m\u00eame t\u00e9moigne du fait que la v\u00e9ritable connaissance est de nature extrasensorielle. En effet, dans notre exp\u00e9rience, nous rencontrons des objets qui ont certaines propri\u00e9t\u00e9s, par exemple des objets ronds. Cependant, lorsque nous qualifions de ronde une chose sensoriellement perceptible, nous sommes bien conscients que sa rondeur est imparfaite, que nous pouvons toujours signaler des d\u00e9fauts qui l&#8217;emp\u00eachent d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8tement ronde. D&rsquo;o\u00f9 vient la notion de cercle parfait, demande Platon, si d\u00e8s notre naissance nous n&rsquo;avons eu affaire qu&rsquo;\u00e0 des cercles d\u00e9fectueux et incomplets? Pourquoi toutes les choses de notre exp\u00e9rience sont-elles reconnues par nous comme poss\u00e9dant imparfaitement leurs qualit\u00e9s ? Cela se produit parce que dans notre \u00e2me, avant toute exp\u00e9rience, il y a la connaissance de toutes les essences, de toutes les qualit\u00e9s parfaites par lesquelles nous mesurons les choses sensorielles et voyons leurs imperfections. Cela signifie qu&rsquo;avant toute exp\u00e9rience, notre \u00e2me, \u00e9tant immortelle, poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 la vraie connaissance, c&rsquo;est-\u00e0-dire la connaissance des essences qui pr\u00e9c\u00e8dent et d\u00e9terminent toute notre exp\u00e9rience. Ainsi, le v\u00e9ritable sujet de la connaissance est l&rsquo;\u00e2me immortelle, libre de tout contact avec le corps et ses sensations; le corps dans la doctrine de la connaissance de Platon agit comme un obstacle et un obstacle \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 cognitive de l&rsquo;\u00e2me, se d\u00e9roulant dans le domaine de la connaissance pure pens\u00e9e. La pens\u00e9e et la connaissance sont inaccessibles au corps.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon fait la principale distinction dans le domaine de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie entre la connaissance (\u03c0\u03bd\u03c3\u03c4\u03ae\u03bc\u03b7) et l&rsquo;opinion (\u03b4\u03cc\u03be\u03b1), la premi\u00e8re vise l&rsquo;\u00eatre v\u00e9ritable, la seconde &#8211; le monde du devenir. Il y a aussi l&rsquo;ignorance (ats.a61a), mais elle est dirig\u00e9e vers la non-existence. La principale diff\u00e9rence entre l\u2019opinion et la connaissance est que l\u2019opinion n\u2019est pas associ\u00e9e \u00e0 l\u2019activit\u00e9 de justification; elle est inconsciente. Une opinion peut \u00eatre vraie, mais elle ne peut pas prouver sa v\u00e9racit\u00e9. La connaissance, au contraire, peut toujours rendre compte, donner une raison <em>(<\/em> \u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u03bd \u03b4\u03b9\u03b4\u03cc\u03bd\u03b1\u03b9) selon laquelle quelque chose se passe exactement de cette mani\u00e8re et pas autrement. Platon refuse donc de r\u00e9server le nom d\u2019\u00abexpert\u00bb \u00e0 des personnalit\u00e9s telles que le sophiste, le rh\u00e9teur, le po\u00e8te et l\u2019homme politique. Ils peuvent dire que quelque chose est vrai, mais ils ne peuvent jamais vraiment prouver que c\u2019est vrai.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon divise le domaine de la connaissance et le domaine de l\u2019opinion en deux parties. Dans le domaine de l&rsquo;opinion, il existe deux types: la foi (\u03c0\u03af\u03c3\u03c4\u03b9\u03c2) et l&rsquo;assimilation (\u03b5\u03b9\u03ba\u03b1\u03c3\u03af\u03b1), dans le domaine de la connaissance &#8211; la raison math\u00e9matique (\u03b4\u03b9\u03ac\u03bd\u03bf\u03b9\u03b1) et la pens\u00e9e pure ou la capacit\u00e9 dialectique (\u03b4\u03b9\u03b1\u03bb\u03b5\u03ba\u03c4\u03b9\u03ba\u04331 \u03b4\u03cd\u03bd\u03b1\u03bc\u03b9\u03c2). La foi est la capacit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide de laquelle nous connaissons les choses du monde du d\u00e9veloppement, les choses des sens. De telles choses ne peuvent pas \u00eatre connues logiquement, elles ne peuvent pas \u00eatre prouv\u00e9es, nous les prenons sur la foi. Par assimilation, nous reconnaissons les diff\u00e9rents reflets qui se produisent dans la sph\u00e8re sensorielle, les reflets dans l&rsquo;eau et dans les miroirs. Cette capacit\u00e9 \u00e0 op\u00e9rer avec des fant\u00f4mes et <em>des similitudes<\/em>\u00a0est\u00a0<em>la capacit\u00e9 la plus faible \u00e0 notre connaissance.<\/em> La connaissance commence lorsque nous commen\u00e7ons \u00e0 conna\u00eetre les objets suprasensibles, en faisant abstraction des choses visibles et audibles. Selon Platon, le premier domaine de la connaissance suprasensible est la pens\u00e9e math\u00e9matique ou raison. Il conna\u00eet des choses qui ne nous sont pas donn\u00e9es dans les sensations, il ne peut donc plus \u00eatre une opinion. Cependant, Platon consid\u00e8re que ses connaissances ne sont pas enti\u00e8rement pures pour deux raisons. Premi\u00e8rement, bien qu&rsquo;il pense \u00e0 des choses non sensorielles, des nombres, des points, des lignes, des plans, etc., il utilise des images et des choses du monde sensoriel, divers diagrammes et dessins pour les comprendre. Un g\u00e9om\u00e8tre qui parle des triangles en g\u00e9n\u00e9ral dessine n\u00e9anmoins dans le sable un seul triangle sensoriel-perceptible et, \u00e0 partir de son exemple, d\u00e9veloppe le concept d&rsquo;un v\u00e9ritable triangle suprasensible. Par cons\u00e9quent, la pens\u00e9e math\u00e9matique n\u2019est toujours pas exempte de mat\u00e9riel sensoriel, elle n\u2019est pas une pure connaissance de toutes les choses mat\u00e9rielles. Deuxi\u00e8mement, la pens\u00e9e math\u00e9matique fonctionne avec des hypoth\u00e8ses, les prenant comme des limites \u00abon ne peut pas les d\u00e9passer\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire comme des principes pour lesquels il n\u2019y a donc aucune justification, qu\u2019il faut prendre avec foi, ce qui ne correspond pas non plus \u00e0 l\u2019id\u00e9al de Platon. de la connaissance comme un processus constant de recherche de fondements. Les math\u00e9maticiens, parlant de leurs axiomes, postulats et d\u00e9finitions, s&rsquo;arr\u00eatent trop t\u00f4t, selon Platon, sans chercher \u00e0 trouver les fondements appropri\u00e9s \u00e0 tout cela. Cela signifie que m\u00eame si la raison math\u00e9matique est d\u00e9j\u00e0 une connaissance, et non une opinion, elle n\u00e9cessite n\u00e9anmoins une connaissance sup\u00e9rieure qui la justifiera et dans laquelle il n&rsquo;y aura pas de place pour les imperfections indiqu\u00e9es. Cette connaissance est une capacit\u00e9 dialectique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon introduit le mot \u00abdialectique\u00bb (\u03b4\u03b9\u03b1\u03bb\u03b5\u03ba\u03c4\u03b9\u03ba\u03ae \u03c4\u03ad\u03c7\u03bd\u03b7) dans la terminologie philosophique, qui d\u00e9signait initialement l&rsquo;art de mener une conversation \u00e0 travers des questions et des r\u00e9ponses, puis il a commenc\u00e9 \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9 par Platon pour d\u00e9crire le processus de pens\u00e9e, puisque la pens\u00e9e est une conversation de l&rsquo;\u00e2me avec elle-m\u00eame. Ainsi, la capacit\u00e9 dialectique est totalement libre de tout m\u00e9lange de sensoriel, son mouvement se produit dans la sph\u00e8re des concepts purs ou \u00abeidos\u00bb, elle n&rsquo;a besoin d&rsquo;aucun dessin, diagramme ou dessin. Il est compl\u00e8tement abstrait, c\u2019est-\u00e0-dire abstrait des objets et des processus du monde de la formation. De plus, elle utilise les hypoth\u00e8ses diff\u00e9remment des math\u00e9maticiens, pour qui les hypoth\u00e8ses sont de solides principes de connaissance. Conform\u00e9ment au sens litt\u00e9ral du mot grec t\u03c0\u03cc\u03b8\u03b5\u03c3\u03b9\u03c2 (support), le dialecticien les utilise comme des places fortes \u00e0 partir desquelles de nouveaux mouvements sont possibles. Ce mouvement va de plus en plus haut, c&rsquo;est-\u00e0-dire s&rsquo;\u00e9loigne de plus en plus du mat\u00e9riel empirique particulier et remonte vers des principes de plus en plus g\u00e9n\u00e9raux, d&rsquo;esp\u00e8ce en genre, jusqu&rsquo;\u00e0 atteindre le point limite d&rsquo;ascension, que Platon appelle le \u00abnon- d\u00e9but de la pr\u00e9misse\u00bb(\u03c1\u03c7\u03ae \u03bd\u03c5\u03c0\u03cc\u03b8\u03b5\u03c4\u03bf\u03c2). C\u2019est la limite la plus \u00e9lev\u00e9e, la plus abstraite, la plus libre de tout commencement, la limite de la connaissance et de l\u2019\u00eatre. Quand le dialecticien y parvient, il peut d\u00e9j\u00e0 expliquer tout le reste, descendre et atteindre les tout derniers types d&rsquo;existence.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la connaissance dialectique consiste, selon Platon, dans le mouvement de la pens\u00e9e en concepts purs. La pens\u00e9e commence avec les esp\u00e8ces et passe d&rsquo;elles aux formes d&rsquo;existence les plus \u00e9lev\u00e9es, atteint le commencement sans pr\u00e9misses et de l\u00e0 redescend jusqu&rsquo;aux esp\u00e8ces. Le d\u00e9but de ce mouvement s&rsquo;enracine dans la capacit\u00e9 de voir dans la multitude des individus sensoriels l&rsquo;unit\u00e9 qui leur est inh\u00e9rente \u00e0 leur esp\u00e8ce, et de s&rsquo;\u00e9lever vers cette unit\u00e9, puis de voir un genre unique, auquel participent toutes les esp\u00e8ces, et, enfin, voir celui-l\u00e0 qui appara\u00eet dans la multitude des genres. Un dialecticien est quelqu&rsquo;un qui peut rassembler des multitudes dans une unit\u00e9 dans sa pens\u00e9e; Platon l&rsquo;appelle un \u00abpr\u00e9visionniste\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire quelqu&rsquo;un qui contemple beaucoup de choses ensemble. Mais le dialecticien doit pouvoir accomplir un autre proc\u00e9d\u00e9, la division de l&rsquo;unit\u00e9 en multitude. Platon \u00e9tait bien conscient que la ma\u00eetrise de la connaissance abstraite n&rsquo;est pas tout; la connaissance doit \u00eatre concr\u00e9tis\u00e9e, transf\u00e9r\u00e9e des abstractions les plus \u00e9lev\u00e9es \u00e0 cette couche de l&rsquo;\u00eatre qui permettra de trouver un fil conducteur dans le monde du d\u00e9veloppement. Et ce monde entre en contact le plus \u00e9troit avec des esp\u00e8ces sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est beaucoup plus facile de parvenir \u00e0 des perceptions \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce \u00abcheval\u00bb qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce \u00abongul\u00e9 doigt impair\u00bb, et \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce \u00abongul\u00e9 doigt impair\u00bb est plus facile qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce (en langage moderne \u00abclasse\u00bb) \u00abmammif\u00e8res.\u00bb Par cons\u00e9quent, la capacit\u00e9 de diviser le concept g\u00e9n\u00e9ral original, d&rsquo;y voir des ensembles logiques, est le deuxi\u00e8me aspect le plus important de l&rsquo;art dialectique. La dialectique de Platon est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la doctrine de l&rsquo;hypoth\u00e8se, d\u00e9velopp\u00e9e par Platon avec quelques modifications dans le Ph\u00e9don, la R\u00e9publique et Parm\u00e9nide. Selon Platon, la contemplation directe ne peut pas conduire \u00e0 la connaissance, il est donc n\u00e9cessaire, comme il le dit, de \u00abse heurter au raisonnement\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;\u00e9tudier logiquement la v\u00e9rit\u00e9 sur le monde. La premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 partir de la base la plus fiable du moment. La deuxi\u00e8me \u00e9tape consiste \u00e0 mettre toutes nos sensations et tous nos raisonnements en conformit\u00e9 avec ce fondement. Ce qui est en accord avec cela doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme vrai, et ce qui n&rsquo;est pas d&rsquo;accord doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme faux. Si nous devons justifier la justification elle-m\u00eame, nous devons passer du fondement originel \u00e0 un fondement plus g\u00e9n\u00e9ral ou sup\u00e9rieur, de quoi nous passons au suivant, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nous trouvions ce qui est suffisant en soi et n&rsquo;a pas besoin de la proc\u00e9dure ult\u00e9rieure d&rsquo;un motif hypoth\u00e9tique. Dans Parm\u00e9nide, la m\u00e9thode hypoth\u00e9tique est d\u00e9crite de mani\u00e8re quelque peu diff\u00e9rente. En supposant un concept, nous devons l\u2019examiner non seulement en lui-m\u00eame, mais aussi dans sa relation avec autre chose, et nous devons supposer non seulement son existence, mais aussi sa non-existence. De plus, nous devons ici examiner d\u2019autres choses exactement de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon a pr\u00e9sent\u00e9 toute sa hi\u00e9rarchie du savoir dans la c\u00e9l\u00e8bre image de la grotte au d\u00e9but du septi\u00e8me livre de la R\u00e9publique. Initialement, une personne \u00e9trang\u00e8re \u00e0 la science et \u00e0 la philosophie est comme un prisonnier dans une grotte. Il s&rsquo;assoit dans une position et regarde le mur de la grotte. Au-dessus de lui, dans la grotte, il y a un feu, et juste en dessous du feu il y a une route le long de laquelle des personnes transportent des objets dont il voit d&rsquo;abord les ombres sur le mur. Il ne conna\u00eet ni le foyer ni les choses, n&rsquo;en voyant que les ombres. Ce prisonnier r\u00e9side dans le domaine de la ressemblance; pour lui la v\u00e9rit\u00e9 est ombre et images. S\u2019il parvient \u00e0 se lib\u00e9rer de ses cha\u00eenes et \u00e0 regarder autour de lui, il comprendra que son ancienne v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est que le reflet de choses r\u00e9elles et du feu qui brille dans la grotte. Puis, des fant\u00f4mes subjectifs et des illusions, l&rsquo;homme passe \u00e0 la connaissance que les sciences lui apportent sur le monde sensoriel; il apprend \u00e0 voir les choses naturelles et le soleil, le foyer naturel de notre grotte. Mais en m\u00eame temps, selon Platon, le naturaliste ne va pas au-del\u00e0 de la grotte, au-del\u00e0 de l&rsquo;opinion et de la foi, comprendre les v\u00e9ritables raisons de ce qui se passe dans la grotte lui est \u00e9tranger. Il ne pourra y parvenir que lorsque, ayant quitt\u00e9 la grotte, il d\u00e9couvrira les choses r\u00e9elles et le vrai soleil qui les \u00e9claire. Puis il arrive \u00e0 la vraie r\u00e9alit\u00e9. Cependant, il ne peut pas imm\u00e9diatement diriger son regard vers le soleil, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour comprendre la v\u00e9ritable raison d&rsquo;\u00eatre et de la connaissance; il doit habituer ses yeux \u00e0 sa lumi\u00e8re, en regardant ses reflets dans l&rsquo;eau, les \u00e9toiles et les objets. C&rsquo;est le domaine de la raison math\u00e9matique. Platon ne voit pas dans la connaissance math\u00e9matique une valeur ind\u00e9pendante, mais seulement un outil pour habituer l&rsquo;\u00e2me \u00e0 la vraie connaissance, non plus fond\u00e9e sur des images sensorielles. Expliquant l&rsquo;importance p\u00e9dagogique des sciences math\u00e9matiques, Platon construit une s\u00e9quence de formation math\u00e9matique qui doit progressivement lib\u00e9rer l&rsquo;\u00e2me du \u00ablimon\u00bb de la sensualit\u00e9. La s\u00e9rie est class\u00e9e par ordre d\u00e9croissant des sensoriels-concrets dans la connaissance math\u00e9matique: musique, astronomie, st\u00e9r\u00e9om\u00e9trie, planim\u00e9trie, arithm\u00e9tique. Et ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s une longue habitude gr\u00e2ce \u00e0 la connaissance math\u00e9matique qu&rsquo;une personne peut diriger son regard vers le vrai soleil et comprendre le \u00abcommencement sans conditions\u00bb, \u00e9voluant dans des concepts purs.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;ascension cognitive est d\u00e9crite un peu diff\u00e9remment dans le dialogue \u00abLa F\u00eate\u00bb. Ici, cela s&rsquo;effectue gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9ros, et l&rsquo;objet le plus \u00e9lev\u00e9 de ce voyage \u00e9rotico-cognitif est le beau en soi. Le d\u00e9but ici est l&rsquo;amour passionn\u00e9 (eros) pour un seul beau corps, puis vous devez comprendre que la beaut\u00e9 des diff\u00e9rents beaux corps est une, c&rsquo;est-\u00e0-dire que, comme le dit Platon, vous devez rechercher non pas la beaut\u00e9 individuelle, mais la beaut\u00e9 sp\u00e9cifique \u00e0 l&rsquo;esp\u00e8ce. un et identique dans tous les corps. A partir de l\u00e0, il faut passer \u00e0 la beaut\u00e9 des \u00e2mes et aimer une belle \u00e2me, m\u00eame si son corps n&rsquo;est plus dans son \u00e9tat le plus \u00e9panoui. Dans l&rsquo;\u00e2me il faut aimer ce qui la rend belle, selon Platon, ce sont de belles activit\u00e9s et de belles lois. Ensuite, il faut lutter pour la beaut\u00e9, incarn\u00e9e dans une multitude de belles connaissances ou sciences, sans se contenter d\u2019aucune d\u2019entre elles, mais en contemplant la \u00abgrande mer de beaut\u00e9\u00bb. Apr\u00e8s cela, une certaine science ou connaissance unifi\u00e9e (etp.sttgsht|) du beau appara\u00eetra aux yeux spirituels, dans laquelle quelque chose d&rsquo;\u00e9tonnant sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9 &#8211; beau en soi. Ce sera la fin du chemin par lequel d&rsquo;un corps nous montons \u00e0 plusieurs, des corps \u00e0 l&rsquo;\u00e2me et \u00e0 ses belles activit\u00e9s, de celle-ci aux sciences, et enfin \u00e0 la derni\u00e8re science, dans laquelle se r\u00e9v\u00e8le la beaut\u00e9 de la nature.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c2me.<\/strong> Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que la doctrine de l\u2019\u00e2me est l\u2019un des centres s\u00e9mantiques de la philosophie platonicienne. En effet, il est impossible de comprendre la philosophie de Platon ind\u00e9pendamment de la psychologie. Selon Platon, la connaissance th\u00e9orique et l\u2019activit\u00e9 pratique d\u00e9pendent de la doctrine de l\u2019\u00e2me. La th\u00e8se principale de la psychologie platonicienne est l\u2019affirmation de l\u2019immortalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me. Le fait que l\u2019\u00e2me survit au corps et puisse s\u2019incarner dans divers corps, personnes, animaux, plantes, a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 avant Platon par les Orphiques, les Pythagoriciens et Emp\u00e9docle. Cependant, le d\u00e9veloppement coh\u00e9rent de cet enseignement dans le contexte de l&rsquo;ontologie, de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie, de l&rsquo;\u00e9thique et de la philosophie politique a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par Platon. Par cons\u00e9quent, il peut \u00eatre appel\u00e9 le fondateur de la psychologie id\u00e9aliste. Pourquoi Platon a-t-il jug\u00e9 n\u00e9cessaire d\u2019introduire le concept d\u2019\u00e2me immortelle? Premi\u00e8rement, sans \u00e2me immortelle, est impensable la doctrine de la r\u00e9compense apr\u00e8s la mort, qui seule peut \u00eatre garante d\u2019une justice totale. Si l\u2019\u00e2me ne re\u00e7oit pas de r\u00e9compense pour la vertu et ne souffre pas pour ses vices, la justice n\u2019existe pas. Pour Platon, une telle situation annule toute tentative de justification de l\u2019\u00e9thique. Deuxi\u00e8mement, sans une \u00e2me immortelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire une \u00e2me ind\u00e9pendante du corps pour son existence, il ne peut y avoir de connaissance pure, car alors le corps avec ses sensations ne nous permettra pas de conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9. Et sans une v\u00e9ritable connaissance, aucune activit\u00e9 pratique n\u2019est possible, et la reconstruction de la polis grecque, dont r\u00eavait Platon, est \u00e9galement impossible. Troisi\u00e8mement, l\u2019\u00e2me immortelle est n\u00e9cessaire \u00e0 la cosmologie; c\u2019est elle qui doit mettre le cosmos en mouvement. Si elle s\u2019av\u00e8re mortelle, le cosmos devra cesser d\u2019exister \u00e0 un moment donn\u00e9. De plus, l&rsquo;\u00e2me immortelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire ne d\u00e9pendant en aucune mani\u00e8re du corps et de tout ce qui est corporel, permet d&rsquo;expliquer la rationalit\u00e9 du cosmos, agissant comme cause imm\u00e9diate de sa signification et de son opportunit\u00e9. Si une telle \u00e2me n\u2019existe pas, alors le cosmos doit \u00eatre expliqu\u00e9 exclusivement par des raisons physiques, ce qui, selon Platon, est impossible. Pour justifier un cosmos rationnel et opportun, il faut accepter une cause raisonnable et opportune, qui s\u2019av\u00e8re \u00eatre l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon n\u2019a pas seulement affirm\u00e9 l\u2019immortalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me, il a essay\u00e9 de la prouver. Des tentatives de preuve de ce type ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es par Platon dans son c\u00e9l\u00e8bre dialogue \u00abPh\u00e9don\u00bb, dans lequel Socrate, quelques heures avant sa mort, lors d&rsquo;une conversation avec ses amis les plus proches, tente de les convaincre que \u00abje ne mourrai pas tous\u00bb. Le premier argument du Ph\u00e9don se r\u00e9sume au suivant. Tout dans le monde du devenir na\u00eet de son contraire et se transforme, en \u00e9tant d\u00e9truit, en son contraire. Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;exception \u00e0 cette r\u00e8gle, car sinon tous les processus arriveraient au m\u00eame \u00e9tat, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils s&rsquo;arr\u00eateraient et que le monde entier deviendrait monotone et immobile. Pour Platon, un tel \u00e9tat est impensable, donc toute cr\u00e9ation et destruction se produisent du contraire au contraire. Cela signifie que les morts naissent des vivants, et que les vivants et les vivants naissent des morts. Selon Platon, dans ce cas, il est \u00e9vident que les \u00e2mes ne sont pas d\u00e9truites, mais restent dans l&rsquo;Had\u00e8s, et d&rsquo;elles les vivants surgissent \u00e0 nouveau. Le deuxi\u00e8me argument affirme que l\u2019\u00e2me est immortelle si la connaissance est souvenir. Ceci est d\u00e9montr\u00e9, premi\u00e8rement, par le fait que, gr\u00e2ce \u00e0 des questions suggestives, vous pouvez forcer une personne qui n&rsquo;a aucune compr\u00e9hension d&rsquo;une science \u00e0 donner la bonne solution \u00e0 n&rsquo;importe quel probl\u00e8me de cette science. Cela signifie, selon Platon, que toutes les v\u00e9rit\u00e9s r\u00e9sident dans l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;une personne avant sa naissance et son chemin terrestre, donc l&rsquo;\u00e2me est immortelle. Deuxi\u00e8mement, lorsque nous affirmons \u00e0 propos de certaines choses sensorielles qu&rsquo;elles sont, par exemple, \u00e9gales, nous savons en m\u00eame temps que leur \u00e9galit\u00e9 est diff\u00e9rente de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 compl\u00e8te, vraie et parfaite, c&rsquo;est pourquoi nous distinguons imm\u00e9diatement les choses \u00e9gales de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 en tant que telle, en voyant le mise en \u0153uvre incompl\u00e8te par des choses \u00e9gales de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 elle-m\u00eame. S&rsquo;il en est ainsi, puisque tout cela, selon Platon, se produit en nous d\u00e8s la premi\u00e8re sensation, alors la connaissance m\u00eame de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, avec laquelle nous comparons les choses \u00e9gales qui nous sont donn\u00e9es dans la sensation, doit pr\u00e9c\u00e9der la premi\u00e8re sensation, et donc restent en nous avant m\u00eame la naissance, ce qui n&rsquo;est possible que si notre \u00e2me est immortelle. Selon le troisi\u00e8me argument, tout ce qui existe est divis\u00e9 en deux types : identique \u00e0 soi, immuable et simple, et changeant et complexe. Puisque le corps est plus proche du changeant et du complexe, l&rsquo;\u00e2me, au contraire, ressemble le plus \u00e0 l&rsquo;immuable et au simple, qui, en raison de sa simplicit\u00e9, ne peut \u00eatre divis\u00e9 en aucune partie ni d\u00e9truit. De plus, ce qui est immuable et simple n&rsquo;est compris que par la pens\u00e9e, tandis que ce qui est complexe et an\u00e9anti est per\u00e7u par la sensation. L&rsquo;\u00e2me, qui ne peut \u00eatre ni vue ni entendue, se retrouve donc parmi les invisibles, immuables et simples. Ensuite, l&rsquo;\u00e2me, selon Platon, \u00e9prouve la plus grande joie dans la connaissance et la pens\u00e9e, mais les sensations g\u00e2tent et enivrent l&rsquo;\u00e2me, ce qui signifie que, luttant pour l&rsquo;\u00e9ternel et l&rsquo;incorporel, elle aspire \u00e0 quelque chose de semblable \u00e0 elle-m\u00eame, ce qui signifie qu&rsquo;elle-m\u00eame est \u00e9ternel et immuable. Enfin, puisque l&rsquo;\u00e2me est le dirigeant et que le corps lui est subordonn\u00e9, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e2me qui ressemble davantage au divin, qui est destin\u00e9e \u00e0 gouverner, et non \u00e0 un mortel, qui n&rsquo;est destin\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 ob\u00e9ir.Le quatri\u00e8me argument repose sur l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une th\u00e9orie de l\u2019existence elle-m\u00eame ou eidos. Si l&rsquo;on accepte la th\u00e9orie de l&rsquo;existence d&rsquo;entit\u00e9s identiques \u00e0 elles-m\u00eames, il en r\u00e9sulte que ces entit\u00e9s ne peuvent accepter en elles ce qui leur est oppos\u00e9. Le premier argument disait que des choses oppos\u00e9es naissent des choses oppos\u00e9es, mais que les oppos\u00e9s eux-m\u00eames, comme nous l&rsquo;avons dit ici, ne peuvent pas acqu\u00e9rir les propri\u00e9t\u00e9s de leurs antipodes. L\u2019\u00e9galit\u00e9 en elle-m\u00eame ne sera jamais in\u00e9gale et l\u2019\u00e9galit\u00e9 ne se transformera pas en bizarrerie. En outre, il existe certaines choses (Platon dans le Ph\u00e9don les appelle formes) qui, bien que diff\u00e9rentes de l&rsquo;eidos lui-m\u00eame, ont n\u00e9anmoins toujours ses propri\u00e9t\u00e9s et, tout comme lui, n&rsquo;acceptent pas son contraire. Par exemple, le chiffre trois ne peut jamais, tout en restant lui-m\u00eame, accepter l&rsquo;\u00e9galit\u00e9, et le chiffre quatre ne peut jamais accepter l&rsquo;impair. De m\u00eame, l&rsquo;\u00e2me, dont la propri\u00e9t\u00e9 principale, selon Platon, est la renaissance, bien que non identique \u00e0 la vie en elle-m\u00eame, n\u00e9anmoins, comme la vie elle-m\u00eame, ne peut accepter en elle la propri\u00e9t\u00e9 oppos\u00e9e \u00e0 la vie, c&rsquo;est-\u00e0-dire la mort. L\u2019\u00e2me est donc immortelle. Un autre argument prouvant l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par Platon dans le dialogue \u00abPh\u00e8dre\u00bb. Tous les corps sont mis en mouvement soit de l&rsquo;ext\u00e9rieur (inanim\u00e9s), soit de l&rsquo;int\u00e9rieur (anim\u00e9s), c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils sont soit d\u00e9plac\u00e9s par une force ext\u00e9rieure, soit se d\u00e9placent d&rsquo;eux-m\u00eames. Le d\u00e9but de ce mouvement en lui-m\u00eame doit \u00eatre reconnu comme \u00e9tant l&rsquo;\u00e2me. Tout ce qui est m\u00fb par quelque chose d&rsquo;ext\u00e9rieur peut cesser son mouvement, tandis que ce qui se meut lui-m\u00eame est pour lui-m\u00eame le commencement du mouvement. Si l&rsquo;\u00e2me est un commencement, alors elle ne peut pas provenir d&rsquo;autre chose, sinon elle ne sera pas un commencement, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle ne peut pas na\u00eetre, et ce qui ne peut pas na\u00eetre ne p\u00e9rira pas. L\u2019\u00e2me est donc immortelle.Soit ils sont d\u00e9plac\u00e9s par une force ext\u00e9rieure, soit ils se d\u00e9placent d&rsquo;eux-m\u00eames. Le d\u00e9but de ce mouvement en lui-m\u00eame doit \u00eatre reconnu comme \u00e9tant l&rsquo;\u00e2me. Tout ce qui est m\u00fb par quelque chose d&rsquo;ext\u00e9rieur peut cesser son mouvement, tandis que ce qui se meut lui-m\u00eame est pour lui-m\u00eame le commencement du mouvement. Si l&rsquo;\u00e2me est un commencement, alors elle ne peut pas provenir d&rsquo;autre chose, sinon elle ne sera pas un commencement, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle ne peut pas na\u00eetre, et ce qui ne peut pas na\u00eetre ne p\u00e9rira pas. L\u2019\u00e2me est donc immortelle. Soit ils sont d\u00e9plac\u00e9s par une force ext\u00e9rieure, soit ils se d\u00e9placent d&rsquo;eux-m\u00eames. Le d\u00e9but de ce mouvement en lui-m\u00eame doit \u00eatre reconnu comme \u00e9tant l&rsquo;\u00e2me. Tout ce qui est m\u00fb par quelque chose d&rsquo;ext\u00e9rieur peut cesser son mouvement, tandis que ce qui se meut lui-m\u00eame est pour lui-m\u00eame le commencement du mouvement. Si l&rsquo;\u00e2me est un commencement, alors elle ne peut pas provenir d&rsquo;autre chose, sinon elle ne sera pas un commencement, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle ne peut pas na\u00eetre, et ce qui ne peut pas na\u00eetre ne p\u00e9rira pas. L\u2019\u00e2me est donc immortelle.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais qu\u2019est-ce que l\u2019\u00e2me, est-ce quelque chose de simple ou de complexe? Platon r\u00e9pond \u00e0 cette question dans le quatri\u00e8me livre de la R\u00e9publique. L&rsquo;\u00e2me, comme une soci\u00e9t\u00e9 id\u00e9ale, doit \u00eatre compos\u00e9e de trois parties: d&rsquo;un principe rationnel ou calculateur (\u03bb\u03bf\u03b3\u03b9\u03c3\u03c4\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd), d&rsquo;un principe violent ou col\u00e9rique (\u03b8\u03c5\u03bc\u03cc\u03c2, \u03b8\u03c5\u03bc\u03bf\u03b5\u03b9\u03b4\u03ad\u03c2) et d&rsquo;un principe d\u00e9raisonnable et lubrique (\u03ac\u03bb\u03cc\u03b3\u03b9\u03c3\u03c4\u03cc\u03bd \u03c4\u03b5 rai \u03ad \u03c0\u03b9). \u03b8\u03c5\u03bc\u03b7\u03c4\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd). L\u2019\u00e2me enti\u00e8re agit-elle dans des actes de connaissance, de col\u00e8re ou de luxure, ou chaque partie remplit-elle ses fonctions distinctes? Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, Platon, pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire de la pens\u00e9e, formule la loi de la contradiction: pas une seule chose ne peut simultan\u00e9ment accomplir ou subir des actions oppos\u00e9es. Et certaines parties de l\u2019\u00e2me, selon Platon, agissent souvent exactement dans la direction oppos\u00e9e. La consid\u00e9ration raisonnable du bien et du b\u00e9n\u00e9fice se heurte \u00e0 l&rsquo;opposition des sensations; de la m\u00eame mani\u00e8re, ils ne peuvent pas obtenir ce qu&rsquo;ils veulent en raison de l&rsquo;opposition du principe rationnel. Ainsi, selon Platon, il est \u00e9vident que nous avons affaire \u00e0 deux parties diff\u00e9rentes de l\u2019\u00e2me. Des arguments peuvent \u00e9galement \u00eatre avanc\u00e9s pour d\u00e9montrer la diff\u00e9rence entre le d\u00e9but furieux et les deux parties pr\u00e9c\u00e9dentes. Par exemple, les enfants peuvent d\u00e9j\u00e0 \u00eatre en col\u00e8re et furieux, mais en m\u00eame temps ils ne comprennent pas, etc.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un point int\u00e9ressant dans la psychologie platonicienne concerne les consid\u00e9rations sur la diff\u00e9rence entre les parties de l\u2019\u00e2me en termes de volume. La plus grande partie est la partie irrationnelle et vigoureuse, les deux autres lui sont nettement inf\u00e9rieures, et il semble que la partie rationnelle \u00e9tait la plus petite pour Platon. En m\u00eame temps, un \u00e9tat sain de l&rsquo;\u00e2me enti\u00e8re n&rsquo;est possible que lorsque la partie rationnelle domine, que la partie furieuse ex\u00e9cute les ordres de la partie raisonnable et que la partie lubrique ob\u00e9it docilement, n&rsquo;osant pas r\u00eaver de sa propre part de pouvoir.\u00a0 Dans ce cas, selon Platon, la justice se r\u00e9alise dans l&rsquo;\u00e2me, puisque chacune des parties fait ce qui lui est \u00e9tabli par la nature. Dans le Ph\u00e8dre, Platon donne une merveilleuse illustration mythologique de cette doctrine des parties de l&rsquo;\u00e2me. Il compare l&rsquo;\u00e2me \u00e0 un char conduit par un conducteur de char (la partie rationnelle). Il est attel\u00e9 \u00e0 deux chevaux: l&rsquo;un beau et parfait, blanc (la partie furieuse), et l&rsquo;autre capricieux et m\u00e9chant, noir (la partie lubrique). Le cocher r\u00e8gne, le bon cheval ob\u00e9it au cocher et le cheval noir tire sur le c\u00f4t\u00e9. Les chars de diff\u00e9rentes \u00e2mes suivent les chars des dieux et tentent de voir le lieu c\u00e9leste o\u00f9 r\u00e9side ce qui existe r\u00e9ellement. Mais cela n\u2019est pas possible pour tout le monde. Contrairement aux dieux, qui contemplent calmement cet endroit, sans subir aucune interf\u00e9rence de la part de leurs chevaux, les \u00e2mes de toutes les autres cr\u00e9atures ne peuvent pas contempler pleinement la v\u00e9rit\u00e9, car le mauvais cheval interf\u00e8re constamment avec le conducteur du char et le noble cheval blanc. Par cons\u00e9quent, seules les meilleures \u00e2mes peuvent voir l\u00e9g\u00e8rement quelque chose de la v\u00e9rit\u00e9, tandis que d\u2019autres se heurtent et tombent, perdant leur plumage. Les \u00e2mes qui contemplent constamment la v\u00e9rit\u00e9 sont rapidement lib\u00e9r\u00e9es du monde. Ceux qui y parviennent moins sont contraints, par la loi immuable d&rsquo;Adrastea, de rena\u00eetre dans des corps humains et animaux. Et ces \u00e2mes qui n&rsquo;ont jamais rien vu dans le monde existant r\u00e9ellement ne peuvent pas du tout recevoir de corps humain et ne peuvent s&rsquo;incarner que dans des animaux. \u00catre humain, selon Platon, signifie conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9. Chaque \u00e2me humaine conna\u00eet la v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;ayant vue dans la r\u00e9gion c\u00e9leste, mais en m\u00eame temps, chaque \u00e2me humaine a besoin de retrouver son plumage pour pouvoir s&rsquo;\u00e9lever au-del\u00e0 des limites c\u00e9lestes, car le destin de l&rsquo;homme r\u00e9side dans le fait que l&rsquo;\u00e2me soit il s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve sur la montagne et voit l&rsquo;existence m\u00eame, puis il tombe et doit essayer encore et encore de s&rsquo;\u00e9lever vers les dieux et le divin. Platon trace une \u00e9chelle de renaissances humaines, lorsque l&rsquo;\u00e2me qui a le plus vu habite le corps d&rsquo;un philosophe, et la position la plus basse est occup\u00e9e par l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;un tyran. En m\u00eame temps, gr\u00e2ce \u00e0 une vie juste, il est toujours possible de s\u2019\u00e9lever lors de la prochaine renaissance jusqu\u2019au prochain niveau de perfection.<\/p>\n<p align=\"justify\">La psychologie du Tim\u00e9e de Platon sera abord\u00e9e dans le chapitre sur la cosmologie. Nous rappellerons ici les points principaux de la doctrine de l\u2019\u00e2me dans le dernier ouvrage de Platon, les \u00abLois\u00bb. Le probl\u00e8me de l\u2019\u00e2me dans cette plus grande \u0153uvre platonicienne est envisag\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de la n\u00e9cessit\u00e9 de prouver l\u2019existence des dieux. Platon r\u00e9duit cette question au probl\u00e8me de la relation entre la nature et l&rsquo;art: lequel d&rsquo;entre eux est apparu en premier et lequel en second lieu. Les opposants \u00e0 l&rsquo;existence des dieux d\u00e9fendent la primaut\u00e9 et la primaut\u00e9 de l&rsquo;\u00e9mergence des \u00e9l\u00e9ments naturels, alors que l&rsquo;art dans le cosmos n&rsquo;appara\u00eet qu&rsquo;apr\u00e8s la nature, en d\u00e9pend et l&rsquo;imite. La nature elle-m\u00eame, selon leur enseignement, est totalement d\u00e9pourvue de raison, qui n&rsquo;est qu&rsquo;une formation secondaire et artificielle, une sorte de convention. De la m\u00eame mani\u00e8re, la l\u00e9gislation n\u2019existe pas par nature, mais est une construction arbitraire, diff\u00e9rente selon les \u00e9poques et selon les peuples. La t\u00e2che de Platon \u00e9tait de montrer que le contraire \u00e9tait vrai. L&rsquo;art est primordial et les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels ne font que le suivre. Dans ce cas, le concept m\u00eame de nature doit \u00eatre compl\u00e8tement chang\u00e9; la raison et l\u2019art se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre nature et primaires. Et la l\u00e9gislation est transform\u00e9e d\u2019une question d\u2019arbitraire humain en une cr\u00e9ation belle, divine et primaire. Pour ce faire, il faut justement prouver la primaut\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, principal agent de la raison dans le monde, par rapport aux \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels primaires, secs et humides, chauds et froids, etc. La preuve est construite de mani\u00e8re similaire \u00e0 la preuve dans le Ph\u00e8dre. Il y a des choses en mouvement et au repos dans le monde. Qu\u2019est-ce qui a mis les premiers en mouvement? Un tel facteur peut \u00eatre quelque chose qui a re\u00e7u un mouvement provenant d&rsquo;autre chose, mais cet autre objet doit avoir re\u00e7u un mouvement provenant d&rsquo;autre chose. Mais dans ce cas, nous devons supposer qu&rsquo;il existe une sorte de mouvement qui se met en mouvement lui-m\u00eame et les autres, sinon nous ne pourrions pas trouver la source et le d\u00e9but du mouvement, allant constamment vers l&rsquo;infini. Ce soi et cet autre en mouvement, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e2me, et donc il existe avant les corps qui se meuvent gr\u00e2ce \u00e0 elle. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;\u00e2me et toutes ses propri\u00e9t\u00e9s (esprit, m\u00e9moire, morale, soin, etc.) existent avant le corps et tout ce qui est corporel, c&rsquo;est-\u00e0-dire avant les \u00e9l\u00e9ments mat\u00e9riels du cosmos. Dans les Lois, Platon enseigne, contrairement \u00e0 la R\u00e9publique et \u00e0 Ph\u00e8dre, non pas trois, mais seulement deux types d&rsquo;\u00e2mes, bonnes et mauvaises. Lorsqu&rsquo;une \u00e2me bonne, c&rsquo;est-\u00e0-dire raisonnable, r\u00e8gne dans l&rsquo;espace, le cosmos se d\u00e9place de mani\u00e8re mesur\u00e9e et ordonn\u00e9e, mais lorsque des \u00e9carts par rapport \u00e0 un tel mouvement sont observ\u00e9s dans l&rsquo;espace, lorsque la fr\u00e9n\u00e9sie et le chaos y apparaissent, cela signifie que le pouvoir est pass\u00e9 au second. , une \u00e2me mauvaise et d\u00e9raisonnable.<\/p>\n<p align=\"justify\">Que sont les dieux dont Platon a prouv\u00e9 l\u2019existence \u00e0 travers le concept de l\u2019\u00e2me? Les dieux ne sont rien d&rsquo;autre que les \u00e2mes des corps c\u00e9lestes, du Soleil, de la Lune et des \u00e9toiles. Comment ils se rapportent \u00e0 leur corps, Platon ne le dit pas, invoquant la difficult\u00e9 de la question. En g\u00e9n\u00e9ral, la doctrine de l\u2019\u00e2me est l\u2019une des plus complexes de la philosophie platonicienne. Platon lui-m\u00eame a bien vu toutes les difficult\u00e9s auxquelles est confront\u00e9e une personne qui affirme la sup\u00e9riorit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me sur le corps et son immortalit\u00e9. Pour lui, cela indiquait que notre connaissance, encore tr\u00e8s \u00e9troitement li\u00e9e au sensoriel-perceptible, peut avec beaucoup de difficult\u00e9 comprendre et exprimer par d\u00e9finition ce qui existe en premier lieu, avant le corps et sa perception sensorielle. Par cons\u00e9quent, Platon dans sa psychologie est loin d&rsquo;\u00eatre cat\u00e9gorique; il propose certaines tentatives pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes psychologiques, mais il est toujours pr\u00eat \u00e0 repenser et \u00e0 reformuler ses dispositions. Mais en m\u00eame temps, il ne peut se passer de la doctrine de l&rsquo;\u00e2me immortelle et incorporelle, puisqu&rsquo;elle est associ\u00e9e \u00e0 la conviction platonicienne la plus importante de la primaut\u00e9 du rationnel sur le d\u00e9raisonnable, du logique sur le mat\u00e9riel, de l&rsquo;art sur la nature.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00catre.<\/strong> La doctrine de l\u2019\u00eatre est sans aucun doute le centre m\u00eame de la philosophie de Platon; c\u2019est ici que s\u2019enracine le fondement de ce courant philosophique, dont le repr\u00e9sentant le plus \u00e9minent \u00e9tait Platon, l\u2019id\u00e9alisme. En fait, l&rsquo;enseignement de Platon est souvent simplement appel\u00e9 \u00abth\u00e9orie des id\u00e9es\u00bb; il est bas\u00e9 sur la croyance de Platon en l&rsquo;existence d&rsquo;un monde de v\u00e9ritable existence, qui est la v\u00e9ritable cause de ce qui se passe dans le monde per\u00e7u par nos sens. D\u2019o\u00f9 vient cette croyance platonicienne? Aristote a un jour tent\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 cette question. Selon Aristote, la th\u00e9orie des id\u00e9es est une combinaison de deux enseignements ant\u00e9rieurs. La doctrine socratique des d\u00e9finitions g\u00e9n\u00e9rales et la doctrine h\u00e9raclit\u00e9enne de la variabilit\u00e9 et de l&rsquo;impermanence de tout ce qui est sensoriellement perceptible. Platon, selon Aristote, a simplement dot\u00e9 les concepts g\u00e9n\u00e9raux de Socrate d&rsquo;une existence ind\u00e9pendante (comme disent les philosophes, les \u00aba hypostasi\u00e9s\u00bb) et les a oppos\u00e9s au monde sensoriel toujours fluide et changeant. Il a donc deux mondes. D&rsquo;autres parlent de l&rsquo;influence sur Platon principalement de Parm\u00e9nide avec sa doctrine de l&rsquo;\u00eatre \u00e9ternel et immuable. De telles influences auraient bien s\u00fbr pu avoir lieu, mais, \u00e0 notre avis, il est bien plus int\u00e9ressant de voir s\u2019il est possible de trouver dans les \u00e9crits de Platon eux-m\u00eames la r\u00e9ponse \u00e0 la question de l\u2019origine de la th\u00e9orie des id\u00e9es de Platon.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que dans de nombreux dialogues de d\u00e9finition (Laches, Euthyphro, Charmides, Meno), le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 est appliqu\u00e9. Le Socrate de Platon demande de d\u00e9finir une chose, son interlocuteur donne g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;abord un exemple d&rsquo;une telle chose, puis Socrate dit qu&rsquo;il ne cherche pas tel ou tel cas de cette chose, mais pour elle-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qui est \u00e9galement pr\u00e9sent. en toutes choses, appel\u00e9s par ce nom, mais en m\u00eame temps ne peut s&rsquo;y r\u00e9duire. Platon suppose que, dans notre exp\u00e9rience, nous traitons de beaucoup de choses. Certains de ces ensembles sont accompagn\u00e9s de noms communs \u00e0 tous leurs \u00e9l\u00e9ments. Chaque \u00e9l\u00e9ment de l&rsquo;ensemble peut changer, diminuer ou augmenter, devenir rouge ou blanc, ou \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9truit, mais le nom commun \u00e0 lui et aux autres membres de cet ensemble n&rsquo;absorbera rien de tout cela, il restera \u00e9gal \u00e0 lui-m\u00eame. Ce qui est d\u00e9sign\u00e9 par ce nom peut soit exister objectivement, soit \u00eatre notre propre cr\u00e9ation. Dans le second cas, seules les choses changeantes resteront dans la nature des choses, et nous n\u2019aurons aucune possibilit\u00e9 de connaissance. Et nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que Platon part du fait que la v\u00e9ritable incarnation de la connaissance existe d\u00e9j\u00e0, c&rsquo;est la connaissance math\u00e9matique. Par cons\u00e9quent, la premi\u00e8re option demeure: les d\u00e9notations des noms communs existent r\u00e9ellement, ce sont elles qui garantissent la possibilit\u00e9 de la connaissance, et pas seulement les sensations. Naturellement, ces d\u00e9notations doivent avoir des propri\u00e9t\u00e9s compl\u00e8tement diff\u00e9rentes de celles que l&rsquo;on retrouve dans les objets du monde sensoriel. Ils doivent \u00eatre, premi\u00e8rement, \u00e9ternels et immuables, et deuxi\u00e8mement, l&rsquo;unit\u00e9 s&rsquo;exprime en eux bien plus que la multitude, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils sont les limites originelles de ces propri\u00e9t\u00e9s dispers\u00e9es dans le monde sensoriel. Ainsi, les points principaux de l\u2019ontologie de Platon sont les dispositions sur l\u2019existence du monde \u00e9ternel et immuable de la v\u00e9ritable existence et du monde oppos\u00e9 de l\u2019origine et de la destruction, du changement et de la multitude. Le monde de la v\u00e9rit\u00e9 est compris par l&rsquo;esprit, le monde du changement ou du devenir par les sens.<\/p>\n<p align=\"justify\">Examinons de plus pr\u00e8s ces dispositions. Quelles d\u00e9finitions Platon caract\u00e9rise-t-il le monde r\u00e9ellement existant ? Toute chose sensorielle peut \u00eatre appel\u00e9e par de nombreux noms, d\u00e9finie par de nombreux pr\u00e9dicats, et \u00eatre porteuse de nombreuses propri\u00e9t\u00e9s. Disons que nous avons affaire \u00e0 une table. En plus d&rsquo;\u00eatre une table, elle peut \u00eatre carr\u00e9e, rectangulaire, ronde, elle peut \u00eatre en ch\u00eane, fr\u00eane, agglom\u00e9r\u00e9 ou en plastique, \u00eatre un bureau, un ordinateur, une cuisine, une salle \u00e0 manger, un travail ou m\u00eame une table de conf\u00e9rence, sans oublier une table. \u00ab\u00a0Su\u00e9dois.\u00a0\u00bb Il peut avoir cinq, dix ou cinquante parties, mais comme tout cela est une table, cela signifie, selon Platon, qu&rsquo;il doit y avoir une chose commune qui est partag\u00e9e par toutes ces tables. Cette chose g\u00e9n\u00e9rale est la \u00abtable en soi\u00bb, qui pr\u00e9sente certaines caract\u00e9ristiques. Premi\u00e8rement, si toutes les tables visibles ont, en plus de leur caract\u00e8re de table, d&rsquo;autres propri\u00e9t\u00e9s, alors la \u00abtable en elle-m\u00eame\u00bb n&rsquo;a pas d&rsquo;autres propri\u00e9t\u00e9s, elle n&rsquo;est d\u00e9finie que par elle-m\u00eame, elle n&rsquo;a que ses propres propri\u00e9t\u00e9s et rien d&rsquo;autre. Platon caract\u00e9rise cette propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;existant v\u00e9ritable par les termes \u00aben soi\u00bb et \u00abuniforme\u00bb (\u03bc\u03bf\u03bd\u03bf\u03b5\u03b9\u03b4\u03ad\u03c2). Deuxi\u00e8mement, s&rsquo;il n&rsquo;y a rien en lui sauf lui-m\u00eame, alors il doit \u00eatre \u00e9ternel et immuable, car il n&rsquo;y a rien en lui qui puisse passer en autre chose, c&rsquo;est-\u00e0-dire en changement. Troisi\u00e8mement, s\u2019il n\u2019est que lui-m\u00eame, alors il doit \u00eatre quelque chose de tout \u00e0 fait simple, dans lequel il n\u2019y a pas et ne peut pas y avoir de parties. Quatri\u00e8mement, puisqu&rsquo;il est \u00e9ternel, aucune d\u00e9finition du temps ne lui est applicable, il n&rsquo;\u00e9tait pas et ne sera pas, il est simplement. Cinqui\u00e8mement, puisque les objets simples, \u00e9ternels et immuables qui se trouvent en dehors du temps ne sont pas donn\u00e9s \u00e0 nos sens, la table elle-m\u00eame ne peut \u00eatre comprise qu&rsquo;en pensant pure de toutes les choses sensuelles; elle est intelligible et non sensuellement per\u00e7ue.<\/p>\n<p align=\"justify\">En cons\u00e9quence, toute chose du monde sensoriel a de nombreuses propri\u00e9t\u00e9s; elle peut aussi avoir des propri\u00e9t\u00e9s oppos\u00e9es sous le m\u00eame rapport et au m\u00eame moment dans le temps. D\u00e8s lors, dans le domaine du sensoriel, s&rsquo;av\u00e8re inapplicable la logique dont le v\u00e9ritable objet reste seulement le monde des essences \u00e9ternelles et immuables. Les choses sensibles changent constamment, des choses oppos\u00e9es \u00e9mergent constamment de choses oppos\u00e9es. Toute chose est complexe et comporte de nombreuses parties. Il existe dans le temps et est connu par les sens. Enfin, le point le plus important dans la description platonicienne du monde sensoriel est la doctrine de la causalit\u00e9, qui nous permet de comprendre la relation entre le monde platonicien de l\u2019existence v\u00e9ritable et le monde sensoriel. Selon Platon, dans le cadre du monde sensoriel, aucune explication rationnelle de la causalit\u00e9 n&rsquo;est possible. Pourquoi une personne grandit-elle et grandit-elle, pourquoi et comment une personne est-elle plus grande qu&rsquo;une autre? Pour r\u00e9pondre \u00e0 ces questions, Platon les r\u00e9duit \u00e0 la formulation math\u00e9matique suivante. Comment appara\u00eet le chiffre \u00abdeux\u00bb? Deux peuvent appara\u00eetre soit en ajoutant une unit\u00e9 \u00e0 une autre, soit en divisant une unit\u00e9 en deux parties. Dans les deux cas, le r\u00e9sultat est le m\u00eame, mais pour Platon, c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment la preuve de l&rsquo;erreur de telles proc\u00e9dures, car \u00e0 la suite d&rsquo;actions directement oppos\u00e9es, nous obtenons la m\u00eame r\u00e9ponse. De plus, dans le cas de l\u2019addition, il est impossible d\u2019expliquer rationnellement ce qui devient plus grand, ce qui est ajout\u00e9 ou ce \u00e0 quoi on s\u2019ajoute. De plus, si nous comparons deux personnes et disons que l&rsquo;une est plus grande que l&rsquo;autre d&rsquo;une t\u00eate, c&rsquo;est-\u00e0-dire que la t\u00eate est ce qui rend une personne plus grande que l&rsquo;autre, alors dans un autre cas, la personne auparavant plus grande est d&rsquo;une t\u00eate par rapport \u00e0 quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre sera la m\u00eame t\u00eate plus petite. Par cons\u00e9quent, il sera de plus en plus petit pour la m\u00eame raison, ce qui est impossible du point de vue de la logique platonicienne. Ainsi, en restant dans les limites du monde sensoriel uniquement, nous ne pouvons pas expliquer les raisons pour lesquelles une chose se produit de cette fa\u00e7on et une autre d&rsquo;une autre. Pour une telle explication, il faut supposer une causalit\u00e9 diff\u00e9rente. Pourquoi une chose est-elle plus grande qu\u2019une autre? La bonne r\u00e9ponse, selon Platon, est la suivante. Une grande chose participe au grand en soi ou \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du grand, une plus petite chose au petit en soi ou \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de petitesse. Si une seule et m\u00eame chose sensible est plus grande qu&rsquo;une autre chose, mais inf\u00e9rieure \u00e0 un tiers, alors elle participe simultan\u00e9ment aux id\u00e9es du grand et du petit. Si quelque chose augmente, alors la raison en sera que cette chose croissante s&rsquo;est impliqu\u00e9e dans l&rsquo;id\u00e9e de grandeur; si elle diminue, cela signifie qu&rsquo;elle s&rsquo;est impliqu\u00e9e dans l&rsquo;id\u00e9e de petitesse, etc. bien que, comme Platon lui-m\u00eame l&rsquo;admet, soit simple, cela nous permet n\u00e9anmoins d&rsquo;expliquer rationnellement ce qui se passe dans le monde du devenir. Ainsi, les v\u00e9ritables causes des choses sont les id\u00e9es ou les choses r\u00e9ellement existantes, celles qui existent en elles-m\u00eames. La causalit\u00e9 dont parle Platon est purement logique. La causalit\u00e9 physique n&rsquo;est pas justifi\u00e9e rationnellement, la seule raison pour laquelle les choses sont appel\u00e9es ainsi et pas autrement est celle-ci: et non d&rsquo;autres propri\u00e9t\u00e9s, c&rsquo;est leur implication (\u03bc\u03ad\u03b8\u03b5\u03be\u03b9\u03c2) avec les id\u00e9es ou esp\u00e8ces correspondantes, qui repr\u00e9sentent l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Si une chose est incluse dans une certaine esp\u00e8ce, cela signifie, selon Platon, qu&rsquo;elle participe \u00e0 cette esp\u00e8ce, qui existe de mani\u00e8re totalement ind\u00e9pendante des individus qui y sont inclus. En plus de la participation, Platon tente de d\u00e9crire le rapport entre les id\u00e9es et les choses, en appelant les premiers \u00abexemples\u00bb ou \u00ab\u00e9chantillons\u00bb (\u03c0\u03b1\u03c1\u03b1\u03b4\u03b5\u03af\u03b3\u03bc\u03b1\u03c4\u03b1), selon lesquels les choses sensibles sont fabriqu\u00e9es, et en appelant ce rapport des choses aux id\u00e9es assimilation. (\u03cc\u03bc\u03bf\u03af\u03c9\u03c3\u03b9\u03c2).<\/p>\n<p align=\"justify\">Parmi les id\u00e9es du monde des choses r\u00e9ellement existantes, ainsi que parmi les choses sensorielles, il existe une certaine sorte de hi\u00e9rarchie. \u00c0 la t\u00eate de toutes choses, \u00e0 son apog\u00e9e, selon Platon, se trouve l&rsquo;id\u00e9e du bien. Pourquoi Platon pr\u00e9f\u00e8re-t-il cette id\u00e9e particuli\u00e8re? L\u2019argument de Platon est tout \u00e0 fait rationnel. Dans chacune de nos actions et connaissances, la chose la plus importante est la raison pour laquelle nous le faisons ou l\u2019apprenons. Si nous ne connaissons pas le b\u00e9n\u00e9fice ou le bien qui r\u00e9sulte de notre connaissance ou de notre action, cela ne sert \u00e0 rien. Par cons\u00e9quent, aucune action ni aucune id\u00e9e ne peut se passer de la connaissance du bien, et il s&rsquo;av\u00e8re que c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e la plus fondamentale qui doit \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de tout le reste. La question de l&rsquo;essence du bien, dit Platon, est l&rsquo;une des plus difficiles, c&rsquo;est pourquoi sa compr\u00e9hension doit \u00eatre abord\u00e9e \u00e0 travers l&rsquo;image et la comparaison. Platon utilise l&rsquo;image du soleil pour illustrer l&rsquo;essence du bien. Pour notre exp\u00e9rience visuelle, selon Platon, trois choses sont n\u00e9cessaires: la capacit\u00e9 de vision et son organe, la couleur de l&rsquo;objet que nous voyons et, enfin, la chose la plus importante &#8211; la lumi\u00e8re, qui permet \u00e0 notre vision de voir la couleur de l&rsquo;objet; sans cette lumi\u00e8re du soleil, aucune vision ne pourrait survenir. Ce qui est vrai dans l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle peut \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 par analogie au monde des choses r\u00e9ellement existantes, au monde intelligible. Ensuite, il s&rsquo;av\u00e8re qu&rsquo;en plus de l&rsquo;esprit, qui conna\u00eet les essences, et des essences, connaissables par l&rsquo;esprit, il faut supposer la pr\u00e9sence d&rsquo;une source de lumi\u00e8re intelligible, l&rsquo;id\u00e9e du bien. De plus, de m\u00eame que le soleil donne aux choses sensibles non seulement la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre connues, mais aussi l&rsquo;existence elle-m\u00eame, de m\u00eame l&rsquo;id\u00e9e du bien conf\u00e8re \u00e0 l&rsquo;intelligible non seulement la connaissabilit\u00e9, mais aussi l&rsquo;existence. Elle, dit Platon, donne aux choses science et v\u00e9rit\u00e9. De m\u00eame que le soleil surpasse toutes les choses auxquelles il donne connaissance et existence, de la m\u00eame mani\u00e8re l&rsquo;id\u00e9e du bien d\u00e9passe le monde intelligible, \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9e que le monde des choses r\u00e9ellement existantes et le surpassant en dignit\u00e9 et en puissance. Cependant, l&rsquo;id\u00e9e du bien n&rsquo;est pas compl\u00e8tement inconnaissable, ni un objet d&rsquo;extase, comme la comprendraient les n\u00e9oplatoniciens ; elle est l&rsquo;objet de la plus grande science (\u03bc\u03ad\u03b3\u03bd\u03c3\u03c4\u03bf\u03bd \u03bc\u03ac\u03b8\u03b7\u03bc\u03b1), qui ne peut \u00eatre regard\u00e9e qu&rsquo;apr\u00e8s de longues r\u00e9flexions philosophiques. pr\u00e9paration. De m\u00eame que le soleil, bien que non sans difficult\u00e9, peut \u00eatre vu avec nos yeux, de m\u00eame l&rsquo;id\u00e9e du bien est comprise par notre esprit si nous avons consacr\u00e9 toute notre vie \u00e0 la philosophie et \u00e0 la recherche proc\u00e9dant de concepts purs.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, au sommet du monde intelligible se trouve l&rsquo;id\u00e9e du bien. Le monde intelligible lui-m\u00eame est divis\u00e9 en deux sections. Imm\u00e9diatement apr\u00e8s l&rsquo;id\u00e9e du bien vient le monde des entit\u00e9s comprises par la pens\u00e9e pure. C&rsquo;est la v\u00e9rit\u00e9 elle-m\u00eame, la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame, \u00e9tant en tant que telle. Il est suivi par le monde des entit\u00e9s math\u00e9matiques, qui ne sont rien de plus que des images (\u03b5\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd\u03b5\u03c2) du monde r\u00e9ellement existant. C&rsquo;est aussi une r\u00e9alit\u00e9 tout \u00e0 fait intelligible, mais des images sensorielles sont utilis\u00e9es pour la percevoir. Selon Platon, tous les objets de l&rsquo;arithm\u00e9tique et de la g\u00e9om\u00e9trie contiennent des essences d&rsquo;un ordre sup\u00e9rieur auxquelles ils peuvent \u00eatre r\u00e9duits. Vient ensuite le monde sensoriel-perceptuel, lui aussi divis\u00e9 en deux sections. Le premier concerne les objets que nous voyons eux-m\u00eames, le second concerne leurs ombres et leurs reflets. Sur tout ce monde sensoriel domine le soleil, le plus haut des dieux visibles pour nous, prog\u00e9niture et image de la plus haute id\u00e9e du bien.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous avons d\u00e9crit l&rsquo;ontologie que Platon a construite, principalement dans des dialogues tels que Lach\u00e8s, Euthyphron, Charmide, M\u00e9non, Ph\u00e9don, Ph\u00e8dre, Banquet et R\u00e9publique. Beaucoup de ces dialogues ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crits principalement pour familiariser le public ath\u00e9nien instruit avec les principales id\u00e9es platoniciennes. Ils pr\u00e9sentaient donc de nombreux probl\u00e8mes et concepts d&rsquo;une mani\u00e8re extr\u00eamement simple et populaire. Une telle pr\u00e9sentation a donn\u00e9 au critique pointilleux l\u2019occasion de souligner certaines contradictions dans la conception platonicienne de l\u2019\u00eatre, principalement la relation floue entre les id\u00e9es et les choses, ainsi que les difficult\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la d\u00e9finition de l\u2019id\u00e9e elle-m\u00eame. Les principaux probl\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9sum\u00e9s par Platon dans la premi\u00e8re partie du dialogue Parm\u00e9nide. Si nous supposons qu\u2019il existe des id\u00e9es, des genres et des esp\u00e8ces en dehors des choses, comment peuvent-ils interagir avec les choses? Si, par exemple, des choses \u00e9gales participent \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 en soi, elles y participent soit dans leur ensemble, soit certaines choses participent \u00e0 une partie, d\u2019autres \u00e0 une autre. Cependant, cela est impossible. Si une chose \u00e9gale participe \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce enti\u00e8re, alors, \u00e9videmment, une autre chose \u00e9gale ne peut pas y participer. Si toutes les choses \u00e9gales participent \u00e0 des parties de la m\u00eame esp\u00e8ce, elles n\u2019y participeront pas dans leur ensemble. Ensuite, nous arrivons \u00e0 la vue, voyant les propri\u00e9t\u00e9s g\u00e9n\u00e9rales de nombreuses choses. En voyant les choses \u00e9gales, nous postulons l\u2019existence d\u2019une sorte d\u2019\u00ab\u00e9galit\u00e9 en soi\u00bb. Cependant, si nous regardons maintenant les choses \u00e9gales et l\u2019\u00e9galit\u00e9 en soi, nous voyons le point commun entre elles, ce qui signifie que nous devons postuler l\u2019existence d\u2019une autre \u00e9galit\u00e9 en soi. Enfin, si nous disons que les esp\u00e8ces existent compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9ment des choses qui y participent, comment pouvons-nous conna\u00eetre ces esp\u00e8ces distinctes? En fait, si nous supposons la s\u00e9paration des esp\u00e8ces des choses, alors ni les esp\u00e8ces n&rsquo;influencent les choses, ni les choses ne peuvent en aucune fa\u00e7on percevoir les esp\u00e8ces, ce qui signifie que nous ne pouvons jamais conna\u00eetre les esp\u00e8ces, donc aucune possibilit\u00e9 de connaissance v\u00e9ritable, pour laquelle la th\u00e9orie de Platon de des id\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es. Nous voyons que le principal probl\u00e8me auquel Platon s\u2019est heurt\u00e9 \u00e9tait la d\u00e9finition des esp\u00e8ces comme existant en soi, d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulait d\u00e9j\u00e0 la caract\u00e9ristique de la \u00abs\u00e9paration\u00bb des esp\u00e8ces des choses. Cela signifie qu&rsquo;il faut montrer en quel sens une esp\u00e8ce existe en elle-m\u00eame, et dans quel cas une telle d\u00e9finition ne doit pas lui \u00eatre appliqu\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon commence \u00e0 r\u00e9soudre ce probl\u00e8me dans la deuxi\u00e8me partie de Parm\u00e9nide. Dans la premi\u00e8re hypoth\u00e8se de la deuxi\u00e8me partie, il montre que si l&rsquo;on suppose une certaine esp\u00e8ce &#8211; chez Parm\u00e9nide une telle esp\u00e8ce est l&rsquo;unit\u00e9 en soi &#8211; dont le contenu n&rsquo;est \u00e9puis\u00e9 que par sa caract\u00e9ristique principale, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;unit\u00e9, nous sommes oblig\u00e9s de nier toute autre propri\u00e9t\u00e9. Nous sommes oblig\u00e9s de nier sa formalit\u00e9, sa d\u00e9nomination, sa connaissabilit\u00e9, alors nous devrons m\u00eame nier son existence, car la caract\u00e9ristique de l&rsquo;existence cr\u00e9era une nature binaire dans une pure unit\u00e9, et l&rsquo;esp\u00e8ce perdra sa d\u00e9finition. Enfin, une esp\u00e8ce qui se limite \u00e0 sa propre d\u00e9finition et n&rsquo;accepte rien d&rsquo;autre en elle-m\u00eame ne sera pas en mesure de satisfaire m\u00eame cette caract\u00e9ristique d&rsquo;elle-m\u00eame, car sans l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;existence, la proposition \u00abun est un\u00bb s&rsquo;av\u00e8re fausse c&rsquo;est-\u00e0-dire que dans ce cas, il ne peut m\u00eame pas poss\u00e9der son propre contenu. Ce type est donc impossible. Dans la deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se, Platon propose une alternative \u00e0 cette compr\u00e9hension des esp\u00e8ces. Pour surmonter l\u2019aporie de la premi\u00e8re hypoth\u00e8se, il est n\u00e9cessaire d\u2019assumer une forme dans laquelle non seulement son propre contenu, mais aussi quelque chose d\u2019autre, l\u2019existence, sera pr\u00e9sent d\u00e8s le d\u00e9but. Dans ce cas, il contiendra initialement deux types combin\u00e9s. Elle ne repr\u00e9sentera plus une monade indivisible, mais un organisme logique, un tout dans lequel certaines parties sont initialement pr\u00e9sentes. Alors il aura une forme, un nom, il est possible d&rsquo;en porter un jugement, il est soumis \u00e0 la connaissance. Ce n\u2019est que si l\u2019on suppose un deuxi\u00e8me type d\u2019existence diff\u00e9rent qu\u2019il peut non seulement exister, mais aussi correspondre \u00e0 sa d\u00e9finition, c\u2019est-\u00e0-dire, dans le cas de Parm\u00e9nide, \u00eatre un. Ainsi, dans Parm\u00e9nide, Platon formule plus pr\u00e9cis\u00e9ment sa th\u00e9orie des id\u00e9es. Si auparavant Platon mettait davantage l&rsquo;accent sur l&rsquo;existence ind\u00e9pendante et s\u00e9par\u00e9e des id\u00e9es concernant les choses visibles, soulignant l&rsquo;autosuffisance de l&rsquo;id\u00e9e, Platon montre maintenant que cette autosuffisance est relative. Bien que les id\u00e9es surpassent les choses par leur unit\u00e9 et leur ind\u00e9pendance, n\u00e9anmoins ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre ne peuvent \u00eatre absolutis\u00e9es. Si auparavant seulement dans une chose sensorielle plusieurs propri\u00e9t\u00e9s diff\u00e9rentes pouvaient \u00eatre pr\u00e9sentes, en raison de l&rsquo;implication de la chose dans plusieurs types, maintenant dans les id\u00e9es elles-m\u00eames, il peut y avoir des d\u00e9finitions diff\u00e9rentes et m\u00eame contradictoires, gr\u00e2ce auxquelles les id\u00e9es ne peuvent plus \u00eatre ferm\u00e9es en elles-m\u00eames, mais repr\u00e9sentent des parties d\u2019un tout parfait plus grand. Ainsi, pour tenter d&rsquo;\u00e9viter les difficult\u00e9s d\u00e9crites, Platon dans Parm\u00e9nide \u00e9limine le foss\u00e9 fondamental entre les id\u00e9es et les choses, les rapproche et les rend en quelque sorte homog\u00e8nes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon tente \u00e9galement d&rsquo;\u00e9liminer le foss\u00e9 entre les id\u00e9es et les choses dans le dialogue \u00abLe Sophiste\u00bb, o\u00f9 les id\u00e9es et les choses se r\u00e9v\u00e8lent subordonn\u00e9es \u00e0 une cat\u00e9gorie plus g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;existence. La d\u00e9finition principale de l&rsquo;existence chez le Sophiste est la capacit\u00e9 (\u03b4\u03cd\u03bd\u03b1\u03bc\u03b9\u03c2) d&rsquo;agir ou de subir. Dans le Sophiste, Platon critique les amis des esp\u00e8ces ou des id\u00e9es (\u03b5\u03af\u03b4\u03ce\u03bd), qui parlent d&rsquo;une essence \u00e9ternelle et immuable, identique \u00e0 elle-m\u00eame, en l&rsquo;opposant \u00e0 un devenir en constante \u00e9volution. Ils pr\u00e9tendent que la v\u00e9ritable essence ne peut supporter aucune sorte de souffrance. Cependant, ils reconnaissent en m\u00eame temps que la partie rationnelle de l\u2019\u00e2me conna\u00eet cette essence. S\u2019il en est ainsi, alors, selon Platon, ils doivent admettre que cette essence subit la connaissance. S&rsquo;il est connu et subit quelque chose, cela signifie qu&rsquo;il y a un certain mouvement en lui. Par cons\u00e9quent, le monde r\u00e9ellement existant ne peut pas \u00eatre d\u00e9crit comme compl\u00e8tement statique et immobile; il contient du mouvement, de la vie, de l&rsquo;\u00e2me et de l&rsquo;esprit. En m\u00eame temps, il y a aussi la paix, sans laquelle aucune connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 ne serait possible. Nous voyons qu&rsquo;ici, chez Platon, le monde de l&rsquo;existence v\u00e9ritable est dot\u00e9 de d\u00e9finitions contradictoires qui n&rsquo;\u00e9taient auparavant caract\u00e9ristiques que du monde du devenir. Chez le Sophiste, le r\u00e9sultat des r\u00e9flexions de Platon sur le monde de l\u2019existant v\u00e9ritable est l\u2019interaction des cinq types d\u2019\u00eatre les plus \u00e9lev\u00e9s: l\u2019\u00eatre, le repos, le mouvement, l\u2019identit\u00e9 et la diff\u00e9rence. Par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, les quatre autres esp\u00e8ces jouent le r\u00f4le de non-existence, et l&rsquo;\u00eatre leur donne la possibilit\u00e9 d&rsquo;exister. Ainsi, dans le Sophiste, Platon poursuit la clarification de la th\u00e9orie des id\u00e9es commenc\u00e9e chez Parm\u00e9nide. Platon tire des cons\u00e9quences ontologiques du fait que les id\u00e9es sont connaissables par notre raison, montrant que cela non seulement les s\u00e9pare de notre exp\u00e9rience sensorielle, mais, dans un certain sens, les rapproche d&rsquo;elle. Le concept d&rsquo;\u00eatre \u00aben soi\u00bb est clarifi\u00e9, il est montr\u00e9 qu&rsquo;il est impensable sans une certaine interaction tant avec notre cognition qu&rsquo;avec d&rsquo;autres id\u00e9es. Enfin, le concept d&rsquo;existence, tel que formul\u00e9 chez le Sophiste, permet d&rsquo;unir les id\u00e9es et les choses en un seul monde, de surmonter le foss\u00e9 ontologique entre le monde sensoriel et intelligible et de justifier la possibilit\u00e9 ontologique que les id\u00e9es soient \u00e0 l&rsquo;origine des choses. L&rsquo;ontologie de Platon, telle que formul\u00e9e dans Parm\u00e9nide et le Sophiste, a ouvert de nouvelles voies \u00e0 la pens\u00e9e philosophique grecque, et le grand \u00e9l\u00e8ve de Platon, Aristote, n&rsquo;a pas tard\u00e9 \u00e0 suivre la voie trac\u00e9e par Platon.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cosmologie.<\/strong> L\u2019une des contributions les plus importantes de Platon au tr\u00e9sor de la pens\u00e9e humaine est sans aucun doute sa cosmologie. Son influence dans l&rsquo;histoire de la philosophie et des sciences est v\u00e9ritablement colossale ; les concepts cosmologiques du Moyen \u00c2ge, de la Renaissance et du Nouvel \u00c2ge sont impensables sans le fondement de Platon, et m\u00eame \u00e0 notre \u00e9poque, les physiciens trouvent la confirmation de leurs doctrines dans les intuitions cosmologiques de Platon. La cosmologie de Platon est esquiss\u00e9e par lui dans l&rsquo;un des dialogues les plus profonds et les plus complexes, \u00abTim\u00e9e\u00bb, dans lequel un certain Tim\u00e9e de la Locris italienne parle du cosmos et de son origine. L&rsquo;approche de Platon pour construire la cosmologie diff\u00e8re consid\u00e9rablement de beaucoup d&rsquo;autres. Selon Platon, nous ne pouvons pas avoir une connaissance exacte du cosmos. La connaissance exacte, comme nous le savons d\u00e9j\u00e0, s&rsquo;\u00e9tend au domaine de l&rsquo;incorporel, et les sciences les plus exactes sont le mouvement dialectique des concepts purs et le raisonnement math\u00e9matique. La cosmologie, par d\u00e9finition, doit parler de l&rsquo;espace, c&rsquo;est-\u00e0-dire du monde d&rsquo;origine et de destruction, et donc la connaissance de ce monde peut \u00eatre appropri\u00e9e, seulement conjecturale, mais non fiable. De cette mani\u00e8re, la vision du cosmos de Platon diff\u00e8re des concepts ant\u00e9rieurs de cosmologie parmi les premiers physiologistes et est pol\u00e9miquement dirig\u00e9e contre eux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la base de l\u2019enseignement de Platon sur le cosmos est la diff\u00e9rence entre deux sph\u00e8res d\u2019existence, celle qui existe \u00e9ternellement, immuable et identique \u00e0 elle-m\u00eame, d\u2019une part, et celle qui est temporaire, qui surgit et se d\u00e9truit. Le premier est connu par la pens\u00e9e, r\u00e9alis\u00e9e dans le raisonnement, l&rsquo;autre &#8211; par la sensation irrationnelle, s&rsquo;exprimant dans l&rsquo;opinion. Le Cosmos appartient \u00e0 la deuxi\u00e8me sph\u00e8re, il ne peut donc pas exister de mani\u00e8re \u00e9ternelle et immuable, mais il est apparu et, par cons\u00e9quent, il doit avoir eu une cause, car tout ce qui est apparu a une cause. Il est tr\u00e8s difficile de conna\u00eetre cette cause, c&rsquo;est pourquoi Platon se limite \u00e0 l&rsquo;appeler \u00ab ma\u00eetre \u00bb, \u00ab artisan \u00bb et n&rsquo;explore pas sa nature dans Tim\u00e9e. Comment ce ma\u00eetre fait-il le monde ? Platon enseigne que pour cr\u00e9er un cosmos magnifique, le cr\u00e9ateur doit \u00eatre bon, ne pas envier sa cr\u00e9ation, et \u00e9galement se tourner vers un mod\u00e8le identique et immuable, un \u00ab paradigme \u00bb. Si vous regardez une chose qui est n\u00e9e par hasard et qui est modifiable, rien de beau, selon Platon, ne peut en sortir. Nous voyons que, selon Platon, pour cr\u00e9er quelque chose, il faut deux conditions : une cause cr\u00e9atrice et un mod\u00e8le. , en regardant ce que cette cause cr\u00e9e. Dans le cas du cosmos, Platon indique sp\u00e9cifiquement les d\u00e9finitions de ces conditions : la cause cr\u00e9atrice est bonne et g\u00e9n\u00e9ralement la meilleure, et le mod\u00e8le est \u00e9ternel et immuable. La bont\u00e9 du ma\u00eetre conduit au fait qu&rsquo;il veut que tout ce qui est cr\u00e9\u00e9 soit comme lui, c&rsquo;est-\u00e0-dire aussi bon, bon et sain que possible (\u03b1\u03b3\u03b1\u03b8\u03cc\u03bd). Pour ce faire, le ma\u00eetre met de l&rsquo;ordre dans le d\u00e9sordre tout ce qui est visible. Le d\u00e9miurge de Platon, comme l&rsquo;artisan grec, ne cr\u00e9e pas sa cr\u00e9ation \u00e0 partir de rien ; il met en ordre le mat\u00e9riel d\u00e9j\u00e0 disponible. Comme nous l\u2019avons vu \u00e0 plusieurs reprises, la pens\u00e9e de Platon, m\u00eame lorsqu\u2019elle aborde les sujets les plus complexes et les plus \u00e9lev\u00e9s, ne perd pas son lien avec la terre, en l\u2019occurrence avec la conscience qu\u2019a Platon du travail quotidien de l\u2019artisan grec. Pour qu\u2019une cr\u00e9ation soit extr\u00eamement bonne, elle doit, selon Platon, \u00eatre rationnelle, car le rationnel vaut toujours mieux que le d\u00e9raisonnable. Puisque la raison, selon Platon, ne peut exister que dans l\u2019\u00e2me, le ma\u00eetre universel attacha une \u00e2me au corps du cosmos, en faisant ainsi un \u00eatre vivant anim\u00e9 dot\u00e9 de raison. Le cosmos en tant qu&rsquo;\u00eatre vivant est fait selon le mod\u00e8le d&rsquo;un \u00eatre vivant intelligible, qui inclut tous les \u00eatres vivants intelligibles, donc un tel mod\u00e8le ne peut \u00eatre qu&rsquo;au singulier. Sur cette base, Platon rejette l\u2019hypoth\u00e8se atomiste de l\u2019existence de mondes innombrables. Un mod\u00e8le intelligible complet implique une et une seule copie. L&rsquo;espace est corporel, visible et tangible. Selon Platon, cela implique la pr\u00e9sence de deux \u00e9l\u00e9ments corporels formant le cosmos, le feu, condition de visibilit\u00e9, et la terre, cause de tangibilit\u00e9. Pour former une relation, deux \u00e9l\u00e9ments, \u00e0 leur tour, pr\u00e9supposent la pr\u00e9sence d&rsquo;un troisi\u00e8me, et forment avec lui une proportion g\u00e9om\u00e9trique (2 : 4 = 4 :8). Cependant, trois \u00e9l\u00e9ments ne peuvent former qu&rsquo;un plan ; pour obtenir un corps volum\u00e9trique, il faut \u00e9galement un quatri\u00e8me \u00e9l\u00e9ment, combin\u00e9 aux trois pr\u00e9c\u00e9dents selon les m\u00eames lois de proportion (1:2 = 2:4 = 4:8). Cela signifie que Dieu a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 d&rsquo;ajouter aux \u00e9l\u00e9ments originels du feu et de la terre deux m\u00e9diums de connexion, l&rsquo;eau et l&rsquo;air (le feu se rapporte \u00e0 l&rsquo;air de la m\u00eame mani\u00e8re que l&rsquo;air se rapporte \u00e0 l&rsquo;eau, et l&rsquo;air se rapporte \u00e0 l&rsquo;eau de la m\u00eame mani\u00e8re que l&rsquo;eau se rapporte \u00e0 l&rsquo;eau). \u00e0 la terre), r\u00e9sultant en une unit\u00e9 connect\u00e9e au cosmos (\u03c6\u03b9\u03bb\u03af\u03b1) et indestructible. Il n&rsquo;y a et ne peut rien y avoir en dehors de l&rsquo;univers unique, car dans ce cas il ne serait pas parfait et unifi\u00e9 et souffrirait en outre de maladies et de vieillesse, qui sont toujours caus\u00e9es par un afflux venant de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Puisque le cosmos est parfait et englobant tout, il ne peut avoir qu\u2019une forme sph\u00e9rique. Cette boule est d\u00e9pourvue de tout organe, car un organe n&rsquo;est n\u00e9cessaire que pour interagir avec l&rsquo;environnement ext\u00e9rieur, et il n&rsquo;y a rien de corporel en dehors de l&rsquo;espace. Le cosmos se suffit \u00e0 lui-m\u00eame, et parmi les diff\u00e9rents types de mouvements, un seul peut en \u00eatre caract\u00e9ristique, toujours la m\u00eame rotation en cercle en lui-m\u00eame. On a d\u00e9j\u00e0 dit que l\u2019espace avait une \u00e2me. Quelle est cette \u00e2me ? Selon Platon, l&rsquo;\u00e2me, cr\u00e9\u00e9e avant le cosmos corporel, est form\u00e9e de deux essences principales : de l&rsquo;essence corporelle \u00e9ternelle, identique \u00e0 elle-m\u00eame, indivisible et divisible. Pour une plus grande ressemblance avec un \u00eatre vivant intelligible qui existe \u00e9ternellement, le ma\u00eetre universel cr\u00e9e une \u00ab image mouvante de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 \u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire le temps, dans son mouvement constant et num\u00e9riquement mesur\u00e9, recr\u00e9ant, autant que possible, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, qui r\u00e9side dans un certain \u00ab moment \u00bb unique. La proportionnalit\u00e9 num\u00e9rique du mouvement, l&rsquo;exactitude et la coh\u00e9rence du changement des jours, des mois, des ann\u00e9es t\u00e9moignent de la constance du transitoire et refl\u00e8tent donc cette constance, dans la mesure du possible pour ceux qui sont impliqu\u00e9s dans la variabilit\u00e9 et la fluidit\u00e9. Le temps, selon Platon, est cr\u00e9\u00e9 uniquement avec le cosmos ; il n&rsquo;existe pas ind\u00e9pendamment. Il est donc impossible de dire que le cosmos est apparu dans le temps, ni de se demander ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 avant l&rsquo;\u00e9mergence du cosmos. Le cosmos est apparu avec le temps et il est impossible de les s\u00e9parer les uns des autres. Avant le cosmos, seule l\u2019\u00e9ternit\u00e9 \u00ab \u00e9tait \u00bb, bien qu\u2019il soit impossible de dire \u00ab \u00e9tait \u00bb \u00e0 propos de l\u2019\u00e9ternit\u00e9, car elle n\u2019est caract\u00e9ris\u00e9e que par l\u2019\u00ab est \u00bb \u00e9ternel et immuable.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les instruments du temps, c&rsquo;est-\u00e0-dire celui qui introduit la mesure et le nombre dans la variabilit\u00e9 temporelle, sont le soleil, la lune et les cinq plan\u00e8tes, dont les corps tournent avec le cercle de l&rsquo;autre. Au centre se trouvent la Terre, puis la Lune, le Soleil, V\u00e9nus, Mercure, Mars, Jupiter et Saturne. Puisque l&rsquo;\u00eatre vivant intelligible inclut tous les genres du vivant, pour une parfaite assimilation il faut que tous ces genres soient dans le cosmos. Il en existe quatre sortes : les dieux c\u00e9lestes, les cr\u00e9atures a\u00e9ronautiques, aquatiques et terrestres. La race divine est avant tout cr\u00e9\u00e9e \u00e0 partir de feu, \u00e9toiles fixes compl\u00e8tement sph\u00e9riques, qui, \u00e9tant dans une position strictement fixe les unes par rapport aux autres, se d\u00e9placent dans un cercle de la m\u00eame. C&rsquo;est le type d&rsquo;\u00eatres vivants le plus parfait, car ils sont permanents et immuables au maximum. La croyance en la perfection supr\u00eame des \u00e9toiles fixes devient \u00e0 partir de ce moment l\u2019une des composantes les plus importantes des cosmologies antiques et m\u00e9di\u00e9vales. Les plan\u00e8tes cr\u00e9\u00e9es apr\u00e8s les \u00e9toiles appartiennent \u00e9galement \u00e0 cette esp\u00e8ce divine. Enfin, Platon parle des dieux de la mythologie, en se r\u00e9f\u00e9rant uniquement au fait que la loi ordonne de reconna\u00eetre ces dieux et qu&rsquo;il faut ob\u00e9ir \u00e0 la loi. Tout ce qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par le d\u00e9miurge lui-m\u00eame, m\u00eame s&rsquo;il a eu une naissance, restera pour toujours. Pour que des \u00eatres vivants mortels apparaissent, le d\u00e9miurge doit transf\u00e9rer leur cr\u00e9ation entre les mains des dieux qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9s, car ce que le Ma\u00eetre lui-m\u00eame cr\u00e9e est vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Le D\u00e9miurge cr\u00e9e la partie immortelle des autres \u00eatres vivants, leurs \u00e2mes, dont la composition est cependant moins parfaite que celle de l&rsquo;\u00e2me du monde &#8211; elle contient davantage d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de variabilit\u00e9. Le nombre d&rsquo;\u00e2mes est \u00e9gal au nombre d&rsquo;\u00e9toiles, et chaque \u00e2me est initialement plac\u00e9e sur sa propre \u00e9toile, o\u00f9 elle apprend du d\u00e9miurge la nature de l&rsquo;Univers et la loi morale qui y op\u00e8re. Ensuite, les \u00e2mes doivent recevoir des corps mortels sur diverses plan\u00e8tes d&rsquo;autres dieux. Ces corps, pour ainsi dire, sont de seconde classe par rapport aux corps c\u00e9lestes, car ils sont sujets \u00e0 la destruction. Une fois dans les corps, les \u00e2mes se retrouvent soumises \u00e0 des influences ext\u00e9rieures qui interf\u00e8rent avec le bon d\u00e9roulement des cercles du m\u00eame et de l&rsquo;autre. Et leur t\u00e2che est de surmonter cette influence ext\u00e9rieure du physique, de surmonter les interf\u00e9rences de la vie mentale, manifest\u00e9es dans les passions et les sensations. S\u2019ils y sont parvenus, ils retourneront vers leur \u00e9toile, sinon, ils rena\u00eetront en \u00eatres inf\u00e9rieurs (femme, animal).<\/p>\n<p align=\"justify\">Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, nous avons principalement parl\u00e9 de ce qui est cr\u00e9\u00e9 dans l&rsquo;espace par l&rsquo;esprit, car l&rsquo;\u00e2me du monde, les dieux et les \u00e2mes individuelles sont produits par le d\u00e9miurge, qui repr\u00e9sente la raison et l&rsquo;art chez Platon. Cependant, outre l\u2019esprit, la n\u00e9cessit\u00e9 participe \u00e9galement \u00e0 la production de l\u2019espace, car l\u2019espace est constitu\u00e9 de quatre \u00e9l\u00e9ments. Cependant, contrairement \u00e0 Emp\u00e9docle, les \u00e9l\u00e9ments de Platon ne constituent pas le niveau le plus primordial du corporel. Cela d\u00e9coule du fait qu\u2019il n\u2019existe pas d\u2019\u00e9l\u00e9ments r\u00e9els en tant que tels. Il y a un processus constant de transformation d\u2019un \u00e9l\u00e9ment en un autre, celui-ci en un troisi\u00e8me, et ainsi de suite. Cela signifie pour Platon que derri\u00e8re les \u00e9l\u00e9ments il y a une r\u00e9alit\u00e9 plus primordiale, que les \u00e9l\u00e9ments ne sont que les formes que prend cette r\u00e9alit\u00e9. Il est tr\u00e8s difficile de le d\u00e9finir, car il est d\u00e9pourvu de toute forme, ce qui signifie qu\u2019il ne peut \u00eatre ni nomm\u00e9 ni connu. Nous ne comprenons ce \u00ab receveur de toute naissance \u00bb, qui semble nourrir tout ce qui est corporellement form\u00e9, que par une sorte de \u00ab raisonnement ill\u00e9gal \u00bb, concluant de la transformation mutuelle des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 leur nature commune. Ce \u00ab r\u00e9cepteur \u00bb platonicien se transformera ensuite en \u00ab mati\u00e8re \u00bb chez Aristote et deviendra une cat\u00e9gorie cl\u00e9 dans le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de la philosophie. Ainsi, le cosmos de Platon est l&rsquo;interaction de l&rsquo;esprit et de la n\u00e9cessit\u00e9, dans laquelle le r\u00f4le principal appartient \u00e0 l&rsquo;esprit. Pour la formation du cosmos, un monde intelligible (\u00ab paradigme \u00bb) et un \u00ab r\u00e9cepteur \u00bb ou \u00ab conteneur \u00bb de chaque naissance sont n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie politique.<\/strong>\u00a0La vie politique et sa compr\u00e9hension ont toujours \u00e9t\u00e9 au centre de la philosophie de Platon. Des \u00ab Apologies \u00bb aux \u00ab Lois \u00bb, les probl\u00e8mes d\u2019organisation de la polis, de la cit\u00e9-\u00c9tat, sont au premier plan pour Platon. Et ce n\u2019est pas un hasard si les deux plus grandes \u0153uvres de Platon, les dialogues \u00ab La R\u00e9publique \u00bb et \u00ab Les Lois \u00bb, sont consacr\u00e9es \u00e0 ces probl\u00e8mes. Dans le m\u00eame temps, d\u2019autres dialogues sont presque toujours satur\u00e9s de pens\u00e9e politique. M\u00eame dans les ouvrages consacr\u00e9s aux sujets les plus abstraits, Platon ne perd pas de vue la polis et son agencement. La doctrine platonicienne de l\u2019\u00eatre et celle de la connaissance ont toutes deux \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es pour r\u00e9pondre \u00e0 la question la plus br\u00fblante de l\u2019\u00e9poque de Platon : ce que devrait \u00eatre une v\u00e9ritable polis. La philosophie politique de Platon est difficile \u00e0 analyser principalement parce que dans son cadre sont d\u00e9velopp\u00e9s ces probl\u00e8mes qui prendront plus tard leur place particuli\u00e8re dans la philosophie. Si l\u2019on prend \u00ab L\u2019\u00c9tat \u00bb, on y trouvera l\u2019\u00e9thique, l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie, l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie, la psychologie, l\u2019ontologie, l\u2019esth\u00e9tique et enfin l\u2019eschatologie. Tout cela est fusionn\u00e9 par Platon en un tout unique, sans lequel les parties ne peuvent exister. Pour Platon, le comportement d&rsquo;un individu, ses id\u00e9aux, ses connaissances, ses propri\u00e9t\u00e9s psychologiques ne peuvent \u00eatre compris qu&rsquo;au sein de la polis. Dans La R\u00e9publique, Platon refuse de d\u00e9finir ce qu\u2019est la justice pour l\u2019individu et envisage ensuite la justice dans la polis. La d\u00e9finition de cette derni\u00e8re permettra, selon Platon, de comprendre \u00e0 terme la vertu individuelle de la justice, et donc de d\u00e9terminer comment il faut vivre pour bien vivre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Platon voit la raison de l\u2019\u00e9mergence de l\u2019\u00c9tat dans le facteur \u00e9conomico-mat\u00e9rialiste. Un individu ne peut pas se procurer les choses n\u00e9cessaires, il est donc oblig\u00e9 de s&rsquo;unir aux autres pour satisfaire ses besoins par le travail collectif. Platon consid\u00e8re que la nourriture, le logement et l&rsquo;habillement sont les besoins premiers et les plus importants, de sorte que la politique initiale devrait \u00eatre compos\u00e9e d&rsquo;artisans appropri\u00e9s (laboureur, constructeur, tailleur, cordonnier). Puisque, selon Platon, chaque personne est par nature pr\u00e9destin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 correspondante et ne doit pas en exercer une autre, ces artisans ne devraient faire que leur propre affaire, et de nouveaux types d&rsquo;artisans (charpentier, forgeron) devraient appara\u00eetre pour produire les moyens de production. . Pour \u00e9changer les produits de l&rsquo;activit\u00e9 entre les diff\u00e9rents artisans, il faut un march\u00e9, une pi\u00e8ce de monnaie, que Platon d\u00e9finit comme un \u00ab symbole d&rsquo;\u00e9change \u00bb, et un nouveau type d&rsquo;artisans (d\u00e9taillants, commer\u00e7ants). Puisqu&rsquo;une politique ne peut pas non plus se procurer tout ce dont elle a besoin, elle est oblig\u00e9e de s&rsquo;engager dans le commerce ext\u00e9rieur, d&rsquo;\u00e9changer avec une autre politique. Cela implique \u00e0 la fois l&rsquo;\u00e9mergence de plusieurs sp\u00e9cialisations suppl\u00e9mentaires (marchands, timoniers, marins, constructeurs navals), et une augmentation des volumes de production dans la politique, une augmentation du nombre d&rsquo;artisans travaillant non seulement pour le march\u00e9 int\u00e9rieur. Enfin, une politique achev\u00e9e n\u00e9cessite \u00e9galement des ouvriers qui ne ma\u00eetrisent aucun art, mais vendent leur force physique. La politique, dans laquelle tout cela est pr\u00e9sent, satisfait tous les besoins n\u00e9cessaires de ses habitants, sa vie est simple et parfaite et n&rsquo;a besoin ni de justice ni d&rsquo;injustice.<\/p>\n<p align=\"justify\">C&rsquo;est l&rsquo;image que Platon donne de la polis originelle, vivant selon la nature et ses besoins naturels. Platon l\u2019appelle \u00ab vrai \u00bb ou \u00ab sain \u00bb. Cependant, il peut se transformer sous une forme diff\u00e9rente si une envie de luxe appara\u00eet en lui. Dans ce cas, un mode de vie sain et simple est remplac\u00e9 par la recherche de plaisirs rares et raffin\u00e9s. Assaisonnements, encens, bijoux en or et en ivoire, po\u00e8tes, artistes, acteurs, sp\u00e9cialistes des cosm\u00e9tiques f\u00e9minins, tout cela inonde une telle ville. Le nombre d&rsquo;artisans correspondants qui ont besoin d&rsquo;\u00eatre nourris augmente, les terres avec lesquelles se d\u00e9brouillait la \u00ab vraie politique \u00bb cessent de suffire et, par cons\u00e9quent, les guerres commencent avec les politiques territoriales voisines. Mener de telles guerres n\u00e9cessite l\u2019apparition d\u2019un autre type de sp\u00e9cialistes qui n\u2019est pas pr\u00e9sent dans une v\u00e9ritable polis : les gardes ou les guerriers. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une milice populaire est rejet\u00e9e par Platon en raison du principe de sp\u00e9cialisation. Le gardien doit \u00eatre fort de corps et avoir de bonnes perceptions. Son \u00e2me doit contenir \u00e0 la fois de la rage et de la douceur, la premi\u00e8re envers ses ennemis, la seconde envers les siens. Le gardien doit suivre une \u00e9ducation appropri\u00e9e, dont les principaux types sont l&rsquo;art de la musique, qui cultive l&rsquo;\u00e2me, et l&rsquo;art de la gymnastique, qui am\u00e9liore le corps.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;art musical, qui comprend \u00e0 la fois la po\u00e9sie et la musique, doit subir une transformation radicale. Il ne doit pas aller l\u00e0 o\u00f9 m\u00e8nent l&rsquo;esprit libre et l&rsquo;imagination de l&rsquo;\u00e9crivain, mais \u00eatre bas\u00e9 sur la vertu, puisque son objectif, selon Platon, n&rsquo;est pas la libre cr\u00e9ativit\u00e9, mais l&rsquo;introduction de concepts moraux dans la jeune \u00e2me. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;art de la musique doit \u00eatre purifi\u00e9 de tout ce qui peut semer le doute sur la justice et la vertu chez une jeune \u00e2me. Cela concerne principalement les repr\u00e9sentations po\u00e9tiques des dieux, lorsqu&rsquo;ils sont repr\u00e9sent\u00e9s comme \u00e9tant en guerre les uns contre les autres, se vengeant les uns des autres, etc. Puisque les dieux, les d\u00e9mons et les h\u00e9ros, sup\u00e9rieurs aux gens ordinaires, sont une sorte de mod\u00e8les de comportement des gardiens. , les mythes qui en parlent doivent \u00eatre purifi\u00e9s de tout ce qui porte la corruption morale. Toute po\u00e9sie parlant des dieux doit \u00eatre bas\u00e9e sur les principes suivants. Premi\u00e8rement, Dieu est toujours bon, il n\u2019est cause que du bien et n\u2019est ni la cause de tout, ni m\u00eame la cause du mal. Si une divinit\u00e9 fait tomber le malheur sur la t\u00eate de quelqu\u2019un, elle n\u2019agit pas mal, mais en punissant, elle corrige la personne et l\u2019oriente vers le bien et la justice. Deuxi\u00e8mement, Dieu est un \u00eatre tout \u00e0 fait simple et immuable qui ne prend aucune autre forme que la sienne, il est donc impossible de dire dans la polis que les dieux changent d&rsquo;apparence et prennent autre chose, et les mythes correspondants doivent \u00eatre interdits. . De plus, Dieu ne nous trompe jamais ni ne nous ensorcelle, nous apparaissant sous diverses formes, car le mensonge est \u00e9galement \u00e9tranger \u00e0 sa nature. En outre, les mythes terribles sur l\u2019au-del\u00e0 doivent \u00eatre \u00e9limin\u00e9s, car ils font craindre la mort. Et selon Platon, la peur de la mort est \u00e0 la base de toute autre peur. Il est \u00e9galement impossible de reproduire des plaintes et des g\u00e9missements dans la po\u00e9sie, car cela chouchoute l&rsquo;\u00e2me des guerriers. L\u2019image d\u2019un rire violent doit \u00e9galement \u00eatre exclue. La po\u00e9sie doit aussi \u00eatre v\u00e9ridique, car dans la polis de Platon, seuls les dirigeants ont le droit de mentir ; les autres ne doivent pas entendre de mensonges, de peur d\u2019apprendre \u00e0 mentir eux-m\u00eames. Pour un jeune garde, mentir \u00e0 son sup\u00e9rieur est le pire des crimes. Les contes po\u00e9tiques doivent enseigner la prudence, la chastet\u00e9 et la retenue (\u03c3\u03c9\u03c6\u03c1\u03bf\u03c3\u03cd\u03bd\u03b7), et ne pas glorifier les beuveries, les f\u00eates et les sc\u00e8nes d&rsquo;amour. En outre, le po\u00e8te ne devrait pas dire, comme cela est souvent arriv\u00e9, que les injustes sont bienheureux, tandis que les justes restent malheureux \u00e0 cause de leur injustice.<\/p>\n<p align=\"justify\">La po\u00e9sie est divis\u00e9e par Platon en deux types : narrative et imitative. Platon donne la pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la premi\u00e8re, puisque la po\u00e9sie imitative, en imitant beaucoup de choses, donne l&rsquo;impression que le po\u00e8te les conna\u00eet toutes. Et cela contredit le principe fondamental de la construction de l\u2019\u00c9tat platonicien, le principe de sp\u00e9cialisation. La po\u00e9sie imitative n&rsquo;est autoris\u00e9e que dans le cas de l&rsquo;imitation d&rsquo;un mari parfait dans ses actes les plus parfaits. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ainsi que Platon semble consid\u00e9rer ses propres dialogues, imitant les actions de Socrate. En g\u00e9n\u00e9ral, la po\u00e9sie ne peut \u00eatre admise dans l\u2019\u00e9tat de Platon que si elle apporte non pas du plaisir, mais un b\u00e9n\u00e9fice dans l\u2019\u00e9ducation des gardes. Elle, comme le dit Platon, doit \u00ab sculpter l&rsquo;\u00e2me \u00bb, mais les plaisirs et le charme po\u00e9tique g\u00e2chent et d\u00e9truisent cette \u00e2me.<\/p>\n<p align=\"justify\">Outre les mots, le texte et le contenu, l\u2019art musical comprend \u00e9galement l\u2019harmonie et le rythme. Selon Platon, ils doivent, premi\u00e8rement, \u00eatre subordonn\u00e9s au mot et au sens, et deuxi\u00e8mement, r\u00e9gler l&rsquo;\u00e2me de mani\u00e8re courageuse, tant en temps de guerre qu&rsquo;en temps de paix. Le mot doit imiter l&rsquo;\u00e9tat merveilleux de l&rsquo;\u00e2me, et l&rsquo;harmonie et le rythme doivent imiter le mot. En g\u00e9n\u00e9ral, seuls de tels ma\u00eetres sont admis dans la polis de Platon, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de po\u00e8tes ou de charpentiers, qui peuvent, apr\u00e8s avoir vu des traces de beaut\u00e9 dans le monde qui les entoure, en cr\u00e9er les m\u00eames belles imitations, de sorte que les \u00e2mes de ceux qui sont instruits, m\u00eame dans pendant la p\u00e9riode muette de leur d\u00e9veloppement, acceptez les exemples du beau et du bien. Un tuteur qui a suivi une v\u00e9ritable \u00e9ducation musicale sera impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019eros vrai, beau et chaste. Platon souligne l&rsquo;importance de l&rsquo;\u00e9ducation musicale, citant les paroles du musicien Damon : \u00ab Il n&rsquo;y a pas de changement dans la musique qui n&rsquo;entra\u00eenerait un changement dans les fondements les plus importants de la vie politique. \u00bb L\u2019\u00e9ducation gymnique, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019\u00e9ducation du corps, occupe naturellement chez Platon une place subordonn\u00e9e. Un bon corps n&rsquo;est possible que si l&rsquo;on a une bonne \u00e2me, et les exercices de gymnastique et l&rsquo;alimentation doivent \u00eatre soumis aux m\u00eames conditions que l&rsquo;art de la musique : \u00eatre simple et \u00e9viter la diversit\u00e9 et la vari\u00e9t\u00e9, en s&rsquo;effor\u00e7ant de d\u00e9velopper non pas la force, mais le courage. Un mode de vie sain, r\u00e9sultant d&rsquo;une bonne gymnastique, devrait rendre presque inutile l&rsquo;art de gu\u00e9rir, qui dans les \u00c9tats corrompus prosp\u00e8re gr\u00e2ce \u00e0 la pr\u00e9sence de riches oisifs. Un vrai m\u00e9decin, selon Platon, ne devrait soigner que ceux qui peuvent gu\u00e9rir ; ceux qui sont incurables ont la possibilit\u00e9 de mourir le plus rapidement possible, car une telle personne n&rsquo;est n\u00e9cessaire ni \u00e0 elle-m\u00eame ni \u00e0 la polis.<\/p>\n<p align=\"justify\">Puisque les arts musicaux et gymnastiques d\u00e9veloppent diff\u00e9rentes facettes de l&rsquo;\u00e2me, la douceur et le courage, ils doivent se compl\u00e9ter, et pratiquer l&rsquo;un sans l&rsquo;autre d\u00e9tend ou endurcit l&rsquo;\u00e2me. Celui qui sait fusionner ces deux arts, les \u00e9quilibrer et les harmoniser, et trouver la juste mesure de leur correspondance, devrait se tenir \u00e0 la t\u00eate de la polis. La qualit\u00e9 la plus importante du chef de l&rsquo;\u00c9tat doit \u00eatre la capacit\u00e9 de faire ce qui est le plus utile \u00e0 la polis, sans l&rsquo;oublier ni dans le chagrin ni dans la joie. Pour tester ces qualit\u00e9s, Platon propose d&rsquo;organiser, d\u00e8s l&rsquo;enfance, de nombreux tests qui devraient montrer qui poss\u00e8de cette qualit\u00e9 et qui ne l&rsquo;a pas. Les tuteurs ne peuvent poss\u00e9der aucune propri\u00e9t\u00e9, ils ne peuvent pas avoir leur propre logement, mais doivent vivre ensemble. Ils ne peuvent poss\u00e9der ni or ni argent, ils ne peuvent avoir d&rsquo;argent et ne re\u00e7oivent de leurs concitoyens que la nourriture n\u00e9cessaire. Sinon, ils se transformeront de gardes et de guerriers en artisans et paysans, s&rsquo;occupant de leurs propres affaires, et commenceront alors \u00e0 s&rsquo;efforcer non pas de prot\u00e9ger leurs concitoyens, mais de prendre le pouvoir sur eux. Selon Platon, la cr\u00e9ation d&rsquo;une polis ne vise pas le bonheur d&rsquo;un groupe particulier de citoyens, mais le bonheur de la polis tout enti\u00e8re, de la polis dans son ensemble, ce qui est possible si chaque classe est engag\u00e9e uniquement dans ses propres affaires. . Cette pr\u00e9f\u00e9rence du tout \u00e0 ses parties, la position pr\u00e9f\u00e9rentielle de la polis sur l&rsquo;individu, permettra \u00e0 certains philosophes du XXe si\u00e8cle de parler de totalitarisme platonicien. Dans l\u2019\u00c9tat de Platon, il ne peut y avoir de place pour la richesse et la pauvret\u00e9, car elles emp\u00eachent \u00e9galement le perfectionnement de chacun dans son art et, en outre, elles transforment toute polis en deux villes en guerre : les riches et les pauvres. La polis de Platon ne doit pas s&rsquo;efforcer d&rsquo;\u00e9tendre son territoire ; elle se limite \u00e0 un territoire suffisant pour maintenir son unit\u00e9. La principale pr\u00e9occupation de la politique n&rsquo;est pas l&rsquo;expansion territoriale, mais la pr\u00e9servation du syst\u00e8me \u00e9ducatif, qui cr\u00e9e des hommes capables de g\u00e9rer la ville sans r\u00e9glementation d\u00e9taill\u00e9e de toutes les sph\u00e8res de la vie. Selon Platon, si les fondements de la v\u00e9ritable vie politique, de la sp\u00e9cialisation et d\u2019une \u00e9ducation ad\u00e9quate sont cr\u00e9\u00e9s, tous les autres d\u00e9tails de la vie civile d\u00e9couleront naturellement de ces fondements.<\/p>\n<p align=\"justify\">Qu\u2019est-ce qu\u2019une politique parfaite ? Platon r\u00e9pond \u00e0 cette question en enseignant quatre vertus fondamentales qui doivent \u00eatre pr\u00e9sentes dans un tel \u00e9tat : la sagesse, le courage, la prudence et la justice. La sagesse par laquelle la polis est correctement gouvern\u00e9e est la connaissance ou la science de ce qui est bon pour la polis tout enti\u00e8re, pour la polis dans son ensemble. Les porteurs de sagesse sont les gardes sup\u00e9rieurs ; malgr\u00e9 leur petit nombre, ils jettent les bases de la vie de la polis. Le courage est d\u00e9fini par Platon comme le maintien d&rsquo;une opinion correcte, c&rsquo;est-\u00e0-dire qui correspond aux principes fondamentaux de la l\u00e9gislation, sur ce qu&rsquo;il faut et ce dont il ne faut pas avoir peur. Il est utilis\u00e9 par les jeunes gardes, ou assistants. La prudence diff\u00e8re des deux premi\u00e8res vertus en ce qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 tous les groupes de la polis de Platon et n&rsquo;a pas de place particuli\u00e8re dans aucun groupe particulier. Elle se d\u00e9finit comme l\u2019accord et l\u2019unanimit\u00e9 entre sup\u00e9rieurs et subordonn\u00e9s, lorsque les meilleurs, les sup\u00e9rieurs, dominent les pires, les subordonn\u00e9s. La derni\u00e8re et la plus importante vertu est la justice ; sans elle, d\u2019autres types de vertu sont impossibles. La justice, selon Platon, r\u00e9side dans le fait que chacun fait son propre travail, travail auquel chacun est d\u00e9termin\u00e9 par la nature. Au contraire, l\u2019injustice est confusion et d\u00e9sordre lorsqu\u2019un individu ou un groupe s\u2019engage dans quelque chose pour lequel il n\u2019a pas de talent naturel. C\u2019est la critique de Platon \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la d\u00e9mocratie, qui pr\u00e9suppose la possibilit\u00e9 pour chacun, quelle que soit sa profession sp\u00e9cifique, d\u2019occuper des postes de direction dans l\u2019\u00c9tat. Platon, qui a tent\u00e9 de comprendre l&rsquo;essor et la chute de la d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne au Ve si\u00e8cle, voyait son principal d\u00e9faut dans le manque de professionnalisme, dans le manque de compr\u00e9hension du fait que gouverner est un art et un savoir que seuls quelques-uns peuvent ma\u00eetriser. Par cons\u00e9quent, la polis id\u00e9ale de Platon ne peut pas \u00eatre d\u00e9mocratique, elle est le r\u00e8gne de ceux qui savent, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une seule personne (monarchie) ou de quelques-uns (aristocratie). Un trait essentiel de la th\u00e9orie platonicienne de la polis est la doctrine de la communaut\u00e9 des \u00e9pouses et des enfants. Selon Platon, malgr\u00e9 toutes leurs diff\u00e9rences, les femmes et les hommes repr\u00e9sentent la m\u00eame nature, m\u00eame si les femmes sont g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieures aux hommes en g\u00e9n\u00e9ral. Par cons\u00e9quent, les femmes devraient \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9es pour prot\u00e9ger la politique et recevoir une \u00e9ducation sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec les hommes, en pratiquant la gymnastique et la musique. Les gardiennes doivent vivre avec les gardiens masculins, manger ensemble et faire de la gymnastique ensemble. Les dirigeants de la politique doivent s\u00e9lectionner les meilleurs repr\u00e9sentants des deux sexes pour le mariage afin d&rsquo;obtenir la meilleure prog\u00e9niture possible. Platon ne s&rsquo;int\u00e9resse pas aux relations personnelles entre hommes et femmes, il s&rsquo;int\u00e9resse au choix des producteurs, d\u00e9terminant l&rsquo;\u00e2ge optimal pour la procr\u00e9ation (pour les hommes c&rsquo;est l&rsquo;\u00e2ge de 25 \u00e0 55 ans, pour les femmes &#8211; de 20 \u00e0 40 ans<br \/>\n<a title=\"Les personnes \u00e2g\u00e9es peuvent avoir des relations sexuelles, mais leur prog\u00e9niture doit \u00eatre \u00e9cart\u00e9e.\"><sup>[2]<\/sup><\/a>), sur le mod\u00e8le de l&rsquo;\u00e9levage de chiens de sang ou de chevaux. La prog\u00e9niture issue de mauvais p\u00e8res ne doit pas \u00eatre nourrie. \u00c9tant donn\u00e9 que les enfants ne sont pas produits pour le plaisir de leurs parents \u00e2g\u00e9s, mais au profit de la politique, les enfants sont retir\u00e9s \u00e0 leur m\u00e8re d\u00e8s la naissance et transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la \u00ab cr\u00e8che \u00bb de l&rsquo;\u00c9tat, o\u00f9 ils sont nourris \u00e0 la fois par leur m\u00e8re et sp\u00e9cialement par leur m\u00e8re. infirmi\u00e8res assign\u00e9es. En cons\u00e9quence, les enfants n&rsquo;ont ni m\u00e8re ni p\u00e8re, mais ils appellent p\u00e8res tous les hommes en \u00e2ge d&rsquo;\u00eatre leurs parents, toutes les femmes m\u00e8res, tous leurs pairs fr\u00e8res et s\u0153urs et tous les gardes \u00e2g\u00e9s grands-p\u00e8res et grand-m\u00e8res. Selon Platon, cette approche de l&rsquo;\u00e9ducation de la prog\u00e9niture devrait assurer une unit\u00e9 maximale de l&rsquo;\u00c9tat. Dans une telle politique, les mots \u00ab \u00e0 moi \u00bb et \u00ab pas \u00e0 moi \u00bb ne devraient pas \u00eatre entendus ; les gardiens ne peuvent avoir aucune propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, ni maison, ni \u00e9pouse, ni enfant, pas m\u00eame leur propre douleur et leur propre joie, tout cela devrait \u00eatre commun.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00c9tat doit \u00eatre gouvern\u00e9 par des philosophes ayant suivi une longue formation scientifique et philosophique, \u00e0 l&rsquo;issue de laquelle ils apprennent \u00e0 contempler l&rsquo;id\u00e9e du bien et, par cons\u00e9quent, du bien et du mal dans les affaires sp\u00e9cifiques de la polis. Ces philosophes sont les meilleurs, et leur gouvernement est l&rsquo;aristocratie, la meilleure forme de gouvernement, selon Platon. Il est important de noter qu&rsquo;en cr\u00e9ant une typologie des gouvernements et des formes de vie \u00e9tatique, Platon part de la doctrine de l&rsquo;\u00e2me. Ainsi, l&rsquo;aristocratie est un gouvernement dans lequel le principe rationnel pr\u00e9domine et les autres lui sont subordonn\u00e9s. L&rsquo;aristocratie se transforme en timocratie, le r\u00e8gne des gens ambitieux, dans lequel le r\u00f4le principal est jou\u00e9 par le principe volitionnel, auquel sont subordonn\u00e9s le rationnel et l&rsquo;app\u00e9titif. La timocratie se transforme en oligarchie, le r\u00e8gne d\u2019une poign\u00e9e de riches en qu\u00eate de plus en plus de richesse. De l\u2019oligarchie, le chemin m\u00e8ne \u00e0 un syst\u00e8me de gouvernement encore pire, \u00e0 la d\u00e9mocratie, dans laquelle tous les citoyens occupent une position \u00e9gale, quelles que soient leurs capacit\u00e9s et leur \u00e9ducation. Platon consid\u00e8re la d\u00e9mocratie comme l&rsquo;avant-derni\u00e8re forme de gouvernement en termes de corruption. Le plus grand mal est la tyrannie, le r\u00e8gne d\u2019un seul homme corrompu. La pr\u00e9sentation platonicienne d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 juste se termine par le mythe du ch\u00e2timent apr\u00e8s la mort, qui remettra chacun \u00e0 sa place en fonction de la vertu et de la d\u00e9pravation. C\u2019est la derni\u00e8re raison pour laquelle la justice vaut mieux que l\u2019injustice.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.<\/em>\u00a0Op\u00e9ra de Platon. Vol. IV. \u00c9d. J. Burnet. Oxonii, 1900-1907.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.<\/em>\u00a0Les \u0153uvres de Platon. T.I-II. M., 1899-1903.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3.Platon.<\/em>\u00a0\u0152uvres rassembl\u00e9es. T.I-IV. M, 1990-1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4.Diog\u00e8ne La\u00ebrce.<\/em>\u00a0Sur la vie, les enseignements et les paroles de philosophes c\u00e9l\u00e8bres. M, 1979.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5. Vasilyeva T. V.<\/em>\u00a0\u00c9cole de philosophie d&rsquo;Ath\u00e8nes. M., 1985.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Vasilyeva T. V.<\/em>\u00a0Le chemin vers Platon. M., 1998.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Asmus V. F.<\/em>\u00a0Platon. M., 1969.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.Natorp P.<\/em>\u00a0Piatos Ideenlehre. Leipzig, 1903.<\/p>\n<p align=\"justify\">9.Wilamowitz von Moellendorff U. Platon. Bd. I-II. Berlin, 1919-1920.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Platon est n\u00e9 en 428\/427 avant JC. e. \u00e0 Ath\u00e8nes. Il appartenait \u00e0 une ancienne famille aristocratique, remontant au premier roi ath\u00e9nien Codrus et au grand r\u00e9formateur du VIe si\u00e8cle avant JC e. Solon. Dans sa jeunesse, Platon se consacre \u00e0 la po\u00e9sie et \u00e9crit des trag\u00e9dies. Son talent litt\u00e9raire est visible sur de nombreuses pages de ses \u0153uvres existantes. 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