{"id":561,"date":"2024-06-08T20:03:21","date_gmt":"2024-06-08T17:03:21","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=561"},"modified":"2025-11-20T20:16:04","modified_gmt":"2025-11-20T17:16:04","slug":"aristote","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/aristote\/","title":{"rendered":"Aristote. Division des Sciences, Logique et Doctrine de la Connaissance"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Aristote est n\u00e9 en 384\/383 av. e. dans la ville de Stagire en Thrace dans la famille du m\u00e9decin de la cour du roi mac\u00e9donien Aminta I. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du futur philosophe \u00e9tait sans aucun doute influenc\u00e9 par les traditions de sa famille, la famille des m\u00e9decins h\u00e9r\u00e9ditaires. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u sa formation initiale, Aristote arrive \u00e0 Ath\u00e8nes en 367 et devient membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie de Platon. Aristote est rest\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Platon en 347. Probablement, d\u00e9j\u00e0 pendant la vie de Platon, des d\u00e9saccords entre le grand \u00e9tudiant et son professeur ont \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9s, n\u00e9anmoins, le temp\u00e9rament platonicien d&rsquo;Aristote restera avec Aristote pour le reste de sa vie, et dans ses \u00e9crits ult\u00e9rieurs. Aristote \u00e9crivait parfois \u00abnous, platoniciens\u00bb. Apr\u00e8s la mort de Platon, apparemment \u00e0 la suite d&rsquo;un conflit avec le nouveau savant de l&rsquo;Acad\u00e9mie Speusippus, Aristote quitte Ath\u00e8nes et se dirige vers Asc, une ville sur la c\u00f4te de l&rsquo;Asie Mineure, o\u00f9 il s&rsquo;adonne, selon toute vraisemblance, \u00e0 des \u00e9tudes biologiques, \u00e9tudiant la riche faune de la c\u00f4te d&rsquo;Asie Mineure. C\u2019est ici que fut pos\u00e9 le d\u00e9but de cette collection de mat\u00e9riaux scientifiques naturels, qui serviront plus tard \u00e0 Aristote dans le d\u00e9veloppement de la biologie. Trois ans plus tard, Aristote part pour Mytil\u00e8ne, ville de l&rsquo;\u00eele de Lesbos, d&rsquo;o\u00f9 il se rend en Mac\u00e9doine en 343, o\u00f9 il devient le mentor du jeune Alexandre, fils de Philippe, destin\u00e9 \u00e0 entrer dans l&rsquo;histoire sous le r\u00e8gne de nom d&rsquo;Alexandre le Grand. La formation du jeune prince se poursuivit jusqu&rsquo;en 336, date \u00e0 laquelle Alexandre rempla\u00e7a son p\u00e8re assassin\u00e9 sur le tr\u00f4ne royal. Aristote a sans aucun doute eu une influence \u00e9norme sur la personnalit\u00e9 de son \u00e9l\u00e8ve royal. Cependant, \u00e0 bien des \u00e9gards, l&rsquo;orientation politique et culturelle du grand monarque \u00e9tait en contradiction avec les id\u00e9aux qu&rsquo;Aristote essayait de lui inculquer. Ainsi, la diff\u00e9rence entre les Grecs et les barbares, du point de vue d\u2019Aristote, existait par nature, tandis qu\u2019Alexandre tentera plus tard d\u2019\u00e9liminer cette diff\u00e9rence. En 335, Aristote revient \u00e0 Ath\u00e8nes et y fonde son \u00e9cole, qui sera appel\u00e9e p\u00e9ripat\u00e9tique du mot \u00abp\u00e9ripate\u00bb, \u00abun lieu de promenade\u00bb. Cette \u00e9cole \u00e9tait situ\u00e9e au lieu-dit Lyceum, son deuxi\u00e8me nom devient donc \u00abLiceum\u00bb, d&rsquo;o\u00f9 notre \u00ablyc\u00e9e\u00bb. Pendant 12 ans, Aristote a dirig\u00e9 son \u00e9cole, donn\u00e9 des cours aux membres de l&rsquo;\u00e9cole et au grand public et encourag\u00e9 ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 s&rsquo;engager dans des recherches scientifiques sp\u00e9cifiques. L&rsquo;\u00e9cole collecte une \u00e9norme quantit\u00e9 de documents sur l&rsquo;histoire de la philosophie, de la biologie, de l&rsquo;histoire et de la politique. Apr\u00e8s la mort d&rsquo;Alexandre, le sentiment anti-mac\u00e9donien s&rsquo;est intensifi\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes, ce qui ne pouvait qu&rsquo;affecter l&rsquo;ancien professeur d&rsquo;Alexandre. Aristote, comme Socrate et Anaxagore avant lui, est accus\u00e9 d&rsquo;impi\u00e9t\u00e9 et il est contraint de fuir Ath\u00e8nes pour Chalkis, o\u00f9 il meurt en 322.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-ii-philosophie-de-lantiquite-classiques-philosophiques-anciens-chapitre-5-aristote\/aristotel230624\/\" rel=\"attachment wp-att-744\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-744\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/aristotel230624-300x279.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"279\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/aristotel230624-300x279.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/aristotel230624.jpg 560w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;h\u00e9ritage d&rsquo;Aristote est tr\u00e8s vaste; il se divise en \u0153uvres destin\u00e9es \u00e0 un large \u00e9ventail de personnes (\u00abexot\u00e9riques\u00bb), \u00e9crites principalement pendant les ann\u00e9es de sa communication avec Platon, et en \u0153uvres pour son \u00e9cole (\u00abacroamatique\u00bb). Les \u00e9crits exot\u00e9riques sont pour la plupart des dialogues dans lesquels Aristote imite sensiblement Platon. Ces \u0153uvres sont \u00e9crites dans un langage vif et clair, qui a donn\u00e9 lieu, par exemple \u00e0 Cic\u00e9ron, \u00e0 parler de la source dor\u00e9e de l&rsquo;\u00e9loquence aristot\u00e9licienne. Malheureusement, les dialogues d&rsquo;Aristote nous sont parvenus par petits fragments, alors que les anciens les connaissaient bien mieux que les principaux trait\u00e9s th\u00e9oriques d&rsquo;Aristote. Les \u0153uvres acroamatiques sont les notes d&rsquo;Aristote, qu&rsquo;il utilisait dans ses activit\u00e9s p\u00e9dagogiques. D&rsquo;o\u00f9 la bri\u00e8vet\u00e9 de la pr\u00e9sentation, les nombreuses r\u00e9p\u00e9titions, l&rsquo;obscurit\u00e9 de nombreux arguments, un langage tr\u00e8s riche, mais d\u00e9pourvu de beaut\u00e9 figurative, qui a permis \u00e0 un vieux philologue (Wilamowitz von Moellendorff) de dire qu&rsquo;Aristote n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 embrass\u00e9 par la Muse. Ce sont ces ouvrages, qui contiennent en r\u00e9alit\u00e9 la philosophie aristot\u00e9licienne, qui nous sont parvenus. Ils appartiennent aux groupes suivants. 1. \u0152uvres logiques (\u00abOrganon\u00bb); 2. Travaux sur la \u00abphilosophie premi\u00e8re\u00bb (\u00abM\u00e9taphysique\u00bb); 3. Ouvrages sur la philosophie de la nature, sur les sciences naturelles, dont la psychologie (\u00abPhysique\u00bb, \u00abSur le ciel\u00bb, \u00abM\u00e9t\u00e9orologie\u00bb, \u00abSur l&rsquo;\u00e9mergence et la destruction\u00bb, \u00abHistoire des animaux\u00bb, \u00abSur l&rsquo;\u00e2me\u00bb , etc.); 4. Ouvrages sur l&rsquo;\u00e9thique, la politique, la rh\u00e9torique et l&rsquo;\u00e9conomie (\u00ab\u00c9thique \u00e0 Nicomaque\u00bb, \u00ab\u00c9thique eud\u00e9mique\u00bb, \u00abPolitique\u00bb, etc.) ; 5. Ouvrages sur l&rsquo;histoire et la th\u00e9orie de l&rsquo;art (\u00abPo\u00e9tique\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Division des sciences.<\/strong> Toute pens\u00e9e peut \u00eatre orient\u00e9e, selon Aristote, soit vers l&rsquo;activit\u00e9, soit vers la cr\u00e9ativit\u00e9, ou \u00eatre de nature th\u00e9orique. Les sciences li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9, pratiques, \u00e9tudient les domaines dans lesquels le choix conscient est pr\u00e9sent. Cela inclut l\u2019\u00e9thique, la politique et l\u2019\u00e9conomie. Les sciences cr\u00e9atives ou constructives parlent de la fa\u00e7on dont un produit fini est obtenu \u00e0 partir d&rsquo;un certain mat\u00e9riau gr\u00e2ce \u00e0 une certaine activit\u00e9. Aristote n&rsquo;a d\u00e9velopp\u00e9 dans ces sciences que la connaissance de la mani\u00e8re dont une \u0153uvre d&rsquo;art est produite (\u00ab po\u00e9tique \u00bb). Finalement, les sciences contemplatives ne produisent rien, ne mettent rien en \u0153uvre, mais contemplent et \u00e9tudient seulement l&rsquo;existence pour elle-m\u00eame. Il existe trois types de sciences th\u00e9oriques. Premi\u00e8rement, la physique, qui \u00e9tudie les choses qui bougent et existent s\u00e9par\u00e9ment. Deuxi\u00e8mement, les math\u00e9matiques, dont certaines branches traitent d&rsquo;objets immobiles, mais qui n&rsquo;existent pas s\u00e9par\u00e9ment, mais sont donn\u00e9s dans la mati\u00e8re. Enfin, la science th\u00e9orique la plus \u00e9lev\u00e9e, la premi\u00e8re philosophie, qui consid\u00e8re les objets isol\u00e9s de la mati\u00e8re et immobiles. Si une essence immobile et divine n\u2019existait pas, alors la premi\u00e8re science, selon Aristote, serait la physique. Mais puisqu\u2019une telle essence existe, la premi\u00e8re science est la premi\u00e8re philosophie ou science du divin (\u00abth\u00e9ologie\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Logique et doctrine de la connaissance.<\/strong> Dans la division aristot\u00e9licienne de la connaissance, la logique n&rsquo;est pas mentionn\u00e9e puisque, selon Aristote, elle n&rsquo;est incluse dans aucune partie significative de la connaissance, mais en est l&rsquo;outil ou \u00abl&rsquo;organon\u00bb<br \/>\n<a title=\"C'est de l\u00e0 que viendra plus tard le nom de l'ensemble des \u0153uvres logiques d'Aristote, l'Organon.\"><sup>[3]<\/sup><\/a> . Cet outil doit \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 avant toute autre partie de la connaissance, car il est impossible, dit Aristote, de conna\u00eetre quelque chose et de conna\u00eetre en m\u00eame temps la connaissance elle-m\u00eame. Aristote lui-m\u00eame a appel\u00e9 cette pr\u00e9paration \u00abanalyse des connaissances\u00bb, ce qui signifie que ces connaissances analysent, c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9composent la pens\u00e9e elle-m\u00eame en ses \u00e9l\u00e9ments constitutifs. Le but principal de cette d\u00e9composition \u00e9tait de d\u00e9velopper une doctrine d\u2019inf\u00e9rence et de preuve. Le syst\u00e8me de doctrine logique aristot\u00e9licienne embrasse la doctrine des termes les plus g\u00e9n\u00e9raux dans lesquels les choses sont exprim\u00e9es, puis de l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9 compos\u00e9 de tels termes, du syllogisme comme syst\u00e8me d&rsquo;\u00e9nonc\u00e9s et, enfin, de la preuve comme syst\u00e8me de syllogismes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Aristote appelle les mots les plus g\u00e9n\u00e9raux de notre discours des cat\u00e9gories. Il existe dix cat\u00e9gories de ce type : essence, quantit\u00e9, qualit\u00e9, relation, lieu, temps, position, possession, action, souffrance. Toute la diversit\u00e9 de notre langage et de notre pens\u00e9e se r\u00e9duit \u00e0 elles; nous n\u2019exprimons ni ne pensons rien qui ne puisse se r\u00e9duire \u00e0 ces cat\u00e9gories. Il est important de noter que pour Aristote, ces formes de parole et de pens\u00e9e sont aussi des formes d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame. En analysant la pens\u00e9e, Aristote n&rsquo;oublie pas l&rsquo;existence elle-m\u00eame, la r\u00e9alit\u00e9 objective. Par cons\u00e9quent, les cat\u00e9gories dont parle la logique sont identiques aux cat\u00e9gories de la premi\u00e8re philosophie, ou \u00e0 la doctrine de l\u2019existence en tant que telle. Un jugement na\u00eet d&rsquo;une combinaison de cat\u00e9gories, et les cat\u00e9gories elles-m\u00eames ne peuvent \u00eatre ni vraies ni fausses, mais un jugement ou une d\u00e9claration est vrai ou faux. Aristote appelle le jugement \u00abr\u00e9v\u00e9lation\u00bb (\u03ac\u03c0\u03cc\u03c6\u03b1\u03bd\u03c3\u03b9\u03c2): le jugement affirmatif (\u03ba\u03b1\u03c4\u03ac\u03c6\u03b1\u03c3\u03b9\u03c2) et n\u00e9gatif (\u03b1\u03c0\u03cc\u03c6\u03b1\u03c3\u03b9\u03c2); A propos du jugement, Aristote formule des lois: 1). contradictions et 2). tiers exclu. 1. De deux affirmations, quand l\u2019une affirme la m\u00eame chose que l\u2019autre nie, une seule peut \u00eatre vraie. 2. Il n\u2019y a rien entre les deux termes de la contradiction. La loi logique de contradiction est conditionn\u00e9e par la loi ontologique: la m\u00eame chose ne peut pas, dans le m\u00eame sens, appartenir et ne pas appartenir \u00e0 quelque chose. Cette loi ontologique ne peut plus \u00eatre justifi\u00e9e d&rsquo;aucune mani\u00e8re : elle est elle-m\u00eame la proposition la plus \u00e9vidente \u00e0 l&rsquo;aide de laquelle toutes les autres sont prouv\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">La doctrine de l&rsquo;encha\u00eenement des jugements, qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat embryonnaire chez Platon, est d\u00e9velopp\u00e9e par Aristote de mani\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9e. La d\u00e9finition d&rsquo;Aristote d&rsquo;un syllogisme est la suivante : \u00ab\u00a0Un syllogisme est un \u00e9nonc\u00e9 dans lequel, \u00e9tant donn\u00e9 certains \u00e9nonc\u00e9s, quelque chose d&rsquo;autre que ces \u00e9nonc\u00e9s suit au moyen de ces \u00e9nonc\u00e9s.\u00a0\u00bb Conform\u00e9ment \u00e0 la fiabilit\u00e9 des pr\u00e9misses, la conclusion est divis\u00e9e en apodictique et dialectique. Une conclusion apodictique est une conclusion \u00e0 partir de pr\u00e9misses vraies, une conclusion dialectique \u00e0 partir de pr\u00e9misses plausibles. Aristote parle aussi d&rsquo;un syllogisme \u00e9ristique, r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir de pr\u00e9misses qui semblent seulement plausibles. En plus du syllogisme, Aristote est responsable du d\u00e9veloppement de la doctrine de l&rsquo;induction. Sa d\u00e9finition g\u00e9n\u00e9rale est la suivante: \u00abl\u2019induction est le chemin qui m\u00e8ne de l\u2019individu au g\u00e9n\u00e9ral\u00bb. Selon Aristote, seule l&rsquo;induction compl\u00e8te a une signification scientifique ; incompl\u00e8te, c&rsquo;est-\u00e0-dire ne prenant pas en compte tous les cas individuels, ne concerne pas la science, mais l&rsquo;oratoire. Le syllogisme est sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;induction, il est plus proche de la nature et plus d\u00e9monstratif qu&rsquo;elle, mais l&rsquo;induction est plus proche de nous, de notre exp\u00e9rience sensorielle. La connaissance la plus fiable, selon Aristote, devrait proc\u00e9der du g\u00e9n\u00e9ral, en allant vers le particulier, c&rsquo;est-\u00e0-dire en suivant la voie d\u00e9ductive, mais pour beaucoup, il est plus courant d&rsquo;aller du particulier au g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire en suivant la voie inductive. Le plus g\u00e9n\u00e9ral ne peut pas \u00eatre prouv\u00e9, puisque dans la preuve le particulier est prouv\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral, et dans le cas du plus g\u00e9n\u00e9ral il ne peut y avoir d&rsquo;autres principes. Par cons\u00e9quent, selon Aristote, les principes les plus g\u00e9n\u00e9raux sont connus directement, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils sont connus par l&rsquo;esprit (\u03bd\u03bf\u03c5\u03c2). Ce qui est d\u00e9duit de ces principes de mani\u00e8re universelle et n\u00e9cessaire est connaissable par la connaissance scientifique (\u03b5\u03c0\u03b9\u03c3\u03c4\u03ae\u03bc\u03b7). Ce qui peut \u00eatre \u00e0 la fois ceci et cela est connu par une opinion peu fiable (\u03b4\u03cc\u03be\u03b1). Il est \u00e9vident que la doctrine aristot\u00e9licienne de la connaissance est une continuation et un d\u00e9veloppement du concept platonicien de la connaissance. Aristote l&rsquo;enrichit et le pr\u00e9cise consid\u00e9rablement, le modifie en fonction des besoins de sa propre vision du monde, mais reste fid\u00e8le au sch\u00e9ma platonicien fondamental.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La physique.<\/strong> La consid\u00e9ration d&rsquo;Aristote sur la nature commence par la clarification de la question de ses principes et de ses \u00e9l\u00e9ments, car toute connaissance scientifique consiste \u00e0 d\u00e9composer le complexe en simple, \u00e0 r\u00e9duire une chose aux principes qui la forment. Aristote appelle ce mouvement \u00able chemin naturel de ce qui est plus \u00e9vident et compr\u00e9hensible pour nous vers ce qui est plus \u00e9vident et compr\u00e9hensible par nature\u00bb, car pour nous, la chose qui appara\u00eet \u00e0 nos sensations est initialement plus \u00e9vidente, et non ses \u00e9l\u00e9ments. Combien de commencements les choses naturelles peuvent-elles avoir? En tout cas, il y en a plusieurs, car la reconnaissance d&rsquo;un seul principe conduit \u00e0 la notion d&rsquo;un \u00eatre unique et immuable, ce qui, selon Aristote, est totalement inadapt\u00e9 \u00e0 la description de la nature. La nature, ce sont avant tout des choses naturelles qui ont de la mobilit\u00e9. Ceux qui assumaient l&rsquo;unit\u00e9 et l&rsquo;immuabilit\u00e9 de l&rsquo;existence (\u00c9l\u00e9atique) niaient, du point de vue d&rsquo;Aristote, la possibilit\u00e9 m\u00eame de conna\u00eetre la nature.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le nombre de d\u00e9buts doit donc \u00eatre sup\u00e9rieur \u00e0 un. Mais combien y en a-t-il? Les principes ne peuvent pas \u00eatre en nombre infini, car dans ce cas ils seront incompr\u00e9hensibles, les choses naturelles ne pourront pas y \u00eatre r\u00e9duites, et donc il ne peut y avoir de science de la nature. Leur nombre devrait donc \u00eatre limit\u00e9. Pour d\u00e9terminer cette quantit\u00e9, Aristote attire l\u2019attention sur le fait que dans la physiologie grecque ant\u00e9rieure, les principes \u00e9taient compris comme oppos\u00e9s. Cela est tout \u00e0 fait raisonnable, puisque la propri\u00e9t\u00e9 des principes est qu&rsquo;ils ne d\u00e9rivent de rien, et que les contraires ont justement cette propri\u00e9t\u00e9. Ils ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9duits d&rsquo;autre chose, parce qu&rsquo;ils sont, par hypoth\u00e8se, des principes; ils ne peuvent pas non plus \u00eatre d\u00e9duits les uns des autres, puisqu&rsquo;une telle d\u00e9ductibilit\u00e9 n&rsquo;est pas caract\u00e9ristique des contraires. Ainsi, selon Aristote, les principes doivent \u00eatre oppos\u00e9s. Cependant, en plus des contraires, il faut aussi admettre quelque chose de tiers, qui sera influenc\u00e9 par ces contraires. Ainsi, il faut reconna\u00eetre qu\u2019il y en a troi : une paire d\u2019oppos\u00e9s et ce qu\u2019ils influencent. \u00c0 l&rsquo;aide de ces principes, Aristote explique le processus le plus important dans les choses naturelles: le processus d&rsquo;\u00e9mergence et de changement. Par exemple, si une personne devient instruite, quels principes sont \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans ce processus ? Premi\u00e8rement, une paire d&rsquo;oppos\u00e9s \u00ab\u00e9duqu\u00e9s\u00bb et \u00abnon \u00e9duqu\u00e9s\u00bb, deuxi\u00e8mement, la chose qui prend l&rsquo;un de ces oppos\u00e9s, dans notre cas, c&rsquo;est une personne. Ce qui accepte les contraires est appel\u00e9 par Aristote le terme \u00absujet\u00bb (\u03b0\u03c0\u03bf\u03ba\u03b5\u03af\u03bc\u03b5\u03bd\u03bf\u03bd), c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00abse trouvant sous quelque chose\u00bb, sous les oppos\u00e9s. L&rsquo;un des contraires est une d\u00e9finition positive d&rsquo;une chose, Aristote l&rsquo;appelle \u00abforme\u00bb (\u03bc\u03bf\u03c1\u03c6\u03ae), l&rsquo;autre oppos\u00e9 est la n\u00e9gation de cette d\u00e9finition positive, Aristote l&rsquo;appelle \u00abprivation\u00bb (\u03c3\u03c4\u03ad\u03c1\u03b5\u03c3\u03b9\u03c2). La formation d&rsquo;une personne instruite est donc la perte par le sujet, la personne, du contraire \u00abnon instruit\u00bb et l&rsquo;acceptation du contraire \u00abinstruit\u00bb. La nature du sujet peut poser certaines difficult\u00e9s, car il ne peut en soi \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9 d\u2019aucune mani\u00e8re. Selon Aristote, il n\u2019est possible de comprendre de quoi il s\u2019agit que par analogie: \u00ab comme le cuivre se rapporte \u00e0 une statue, comme le bois se rapporte \u00e0 un lit, et comme la mati\u00e8re et l\u2019informe, avant m\u00eame de prendre une forme, se rapportent \u00e0 tout ce qui a une forme, donc la nature sous-jacente se rapporte \u00e0 l\u2019essence, \u00e0 quelque chose et \u00e0 un \u00eatre d\u00e9finis.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, les d\u00e9buts des choses naturelles ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis. Mais qu\u2019est-ce que la nature elle-m\u00eame? Selon Aristote, la nature est un certain principe de mouvement et de repos, et les choses naturelles sont celles qui ont en elles-m\u00eames un principe de mouvement et de repos, que ce soit par rapport au lieu, \u00e0 l&rsquo;augmentation et \u00e0 la diminution, ou au changement qualitatif. Les choses naturelles s&rsquo;opposent aux choses cr\u00e9\u00e9es par l&rsquo;homme, puisque ces derni\u00e8res ont le d\u00e9but de leur mouvement et ne reposent pas en elles-m\u00eames, mais dans autre chose. Mais qu\u2019est-ce que ce commencement de mouvement et de repos, c\u2019est-\u00e0-dire la nature? Aristote dit que selon certains, \u00abla nature est la mati\u00e8re sous-jacente \u00e0 toute chose, qui a en elle le principe du mouvement et du repos, la mati\u00e8re premi\u00e8re\u00bb. Par exemple, la nature du lit dans ce cas sera en bois, la nature de la statue sera en cuivre ou en marbre. Cependant, selon Aristote, la compr\u00e9hension de la nature est davantage li\u00e9e aux concepts de forme et d&rsquo;aspect (\u03b5\u03af\u03b4\u03bf\u03c2), obtenus dans la d\u00e9finition. Autrement dit, si nous voulons d\u00e9terminer la nature de la viande ou des os, nous devons dire de quoi il s&rsquo;agit et non indiquer d&rsquo;o\u00f9 proviennent la viande et les os. Selon Aristote, l&rsquo;os vient de la terre, mais on ne conna\u00eetra pas la nature de l&rsquo;os si l&rsquo;on dit que c&rsquo;est de la terre. La terre peut ou non devenir un os, mais la nature est quelque chose qui existe non pas en possibilit\u00e9, mais en r\u00e9alit\u00e9. Cependant, il est impossible d&rsquo;\u00e9tudier la nature sans tenir compte de sa mati\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la composition d&rsquo;une chose, car dans les choses naturelles, leurs d\u00e9finitions et leurs formes n&rsquo;existent qu&rsquo;avec la mati\u00e8re. Nous pouvons th\u00e9oriquement supprimer sa d\u00e9finition de l\u2019os, mais nous ne pouvons pas r\u00e9ellement la supprimer. Ainsi, le concept de nature contient de la mati\u00e8re, mais il est impossible d\u2019\u00e9tudier la nature uniquement \u00e0 partir de la mati\u00e8re. Un \u00e9tudiant de la nature est comme un m\u00e9decin, qui doit savoir ce qu&rsquo;est la sant\u00e9 (forme et apparence), et ce qu&rsquo;est la bile (mati\u00e8re), et un architecte, qui doit conna\u00eetre les propri\u00e9t\u00e9s de la pierre (mati\u00e8re) et avoir sous les yeux l&rsquo;apparence. d&rsquo;une maison (forme).<\/p>\n<p align=\"justify\">La caract\u00e9ristique la plus importante de la philosophie naturelle aristot\u00e9licienne est qu\u2019elle est impr\u00e9gn\u00e9e d\u2019une vision t\u00e9l\u00e9ologique du monde. Toutes les choses naturelles tendent vers un but ou, comme le dit Aristote, vers la meilleure limite. Ceux. la nature dans les choses naturelles, outre la forme et la mati\u00e8re, a aussi un but, ou plut\u00f4t le but lui-m\u00eame est la v\u00e9ritable forme d&rsquo;une chose. Par exemple, la forme et le but d&rsquo;un \u0153uf sont ceux d&rsquo;un oiseau adulte, et l&rsquo;\u0153uf lui-m\u00eame est la mati\u00e8re dans laquelle cette forme est contenue. Apr\u00e8s tout, pour d\u00e9terminer ce qu&rsquo;est un \u0153uf, nous devons avoir le concept d&rsquo;oiseau, c&rsquo;est-\u00e0-dire la d\u00e9finition d&rsquo;un oiseau adulte.<\/p>\n<p align=\"justify\">Quelles sont les causes \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les choses naturelles ? Selon Aristote, il en existe quatre types. D\u2019abord ce dont est issue la chose, ou la cause mat\u00e9rielle. Par exemple, une telle raison pour un bol serait l&rsquo;argent ou le cuivre, son mat\u00e9riau, et pour une maison, des pierres ou du bois. Deuxi\u00e8mement, c&rsquo;est la forme et le mod\u00e8le, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qui permet de d\u00e9finir une chose, ou une raison formelle. Par exemple, pour une octave, ce sera le rapport de deux pour un, pour une maison, son apparence. Troisi\u00e8mement, d&rsquo;o\u00f9 vient le premier principe du changement et du repos, ou la cause efficiente. Par exemple, pour un enfant, une telle raison sera le p\u00e8re, pour une maison, le constructeur. Quatri\u00e8mement, pour quoi faire, ou la raison cible. Par exemple, \u00e0 la maison la raison cible sera \u00abde servir d&rsquo;abri\u00bb pour marcher et suivre un r\u00e9gime, la raison cible sera la sant\u00e9. Ainsi, une chose naturelle peut avoir simultan\u00e9ment plusieurs causes. Dans ce cas, souvent la cause formelle, motrice et cible peut co\u00efncider, par exemple, lorsqu&rsquo;une personne donne naissance \u00e0 une personne, la cause motrice est une personne, la cause formelle de la naissance de la personne sera la d\u00e9finition sp\u00e9cifique d&rsquo;une personne, et \u00abce pour quoi\u00bb sera \u00e0 nouveau une personne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le point le plus important de la doctrine d&rsquo;Aristote sur la causalit\u00e9 dans la nature est son \u00e9valuation du hasard (\u03c4\u03cd\u03c7\u03b7) et de ce qui se produit de lui-m\u00eame comme causes possibles des choses naturelles. Premi\u00e8rement, ces deux facteurs interviennent dans des ph\u00e9nom\u00e8nes qui ne se produisent pas toujours et ne se produisent pas pour la plupart. Deuxi\u00e8mement, ils ne peuvent \u00eatre que des causes d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui pourraient survenir pour quelque chose. Par exemple, si une personne se rend au march\u00e9 pour acheter de la nourriture, mais qu&rsquo;elle y rencontre son d\u00e9biteur et recouvre une dette aupr\u00e8s de lui, le recouvrement de la dette sera alors accidentel. Si une personne se rendait toujours ou la plupart du temps au march\u00e9 pour recouvrer les dettes de ses d\u00e9biteurs, le recouvrement des dettes ne serait pas accidentel. Le hasard, selon Aristote, n\u2019est possible que dans l\u2019activit\u00e9 pratique de l\u2019homme. Dans le domaine de la nature, il ne peut y avoir que \u00abce qui arrive de lui-m\u00eame\u00bb, \u00abalors que dans les choses qui surviennent g\u00e9n\u00e9ralement pour quelque chose, quelque chose n\u2019arrive pas \u00e0 cause de ce qui s\u2019est produit, mais que la raison en est ext\u00e9rieure\u00bb. Par exemple, une brique est tomb\u00e9e du toit d\u2019une maison sur la t\u00eate d\u2019un homme et l\u2019a tu\u00e9, nous avons ici \u00abce qui s\u2019est pass\u00e9 tout seul\u00bb, puisque la m\u00eame brique aurait pu \u00eatre jet\u00e9e par la main de quelqu\u2019un d\u2019autre dans le but de le tuer. La brique, selon Aristote, a une tendance naturelle vers le bas, c&rsquo;est son but et \u00abpour quoi\u00bb, cependant, dans notre cas, elle a r\u00e9alis\u00e9 une action (un meurtre) qui n&rsquo;\u00e9tait pas son but, mais aurait pu \u00eatre un but pour quelque chose ou quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Ainsi, m\u00eame le concept de spontan\u00e9it\u00e9 s\u2019av\u00e8re t\u00e9l\u00e9ologiquement charg\u00e9 chez Aristote. Aristote, donnant une telle d\u00e9finition du hasard et de la spontan\u00e9it\u00e9, critique vivement les repr\u00e9sentants de l&rsquo;atomisme grec, selon lesquels l&rsquo;\u00e9mergence de notre monde est spontan\u00e9e. Aristote estime que, puisque dans la nature vivante, la cat\u00e9gorie de finalit\u00e9 est l&rsquo;une des plus importantes, cela devrait s&rsquo;appliquer dans une mesure encore plus grande \u00e0 la nature du cosmos tout entier. Le hasard et la spontan\u00e9it\u00e9, selon Aristote, jouent un r\u00f4le bien moindre dans notre monde que la nature et la raison. Il s\u2019agit d\u2019une sorte d\u2019effets secondaires qui surviennent \u00e0 l\u2019intersection de nombreuses s\u00e9ries d\u2019\u00e9v\u00e9nements t\u00e9l\u00e9ologiquement d\u00e9termin\u00e9s. La nature arrive toujours ou en grande partie aux m\u00eames r\u00e9sultats, et cela, selon Aristote, n&rsquo;est possible que lorsqu&rsquo;il est d\u00e9termin\u00e9 par un but. Le fait que la nature soit avant tout un but et \u00abpour le bien de quoi\u00bb est \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9 par l&rsquo;activit\u00e9 intentionnelle observ\u00e9e dans le monde naturel: une araign\u00e9e tissant sa toile, une hirondelle construisant un nid, etc. subordonn\u00e9 au but, bien que cela emp\u00eache beaucoup de reconna\u00eetre la finalit\u00e9 de la nature &#8211; cela se produit sans r\u00e9flexion pr\u00e9alable, ce qui est caract\u00e9ristique de l&rsquo;homme et de ses arts. Les cas de laideur, selon Aristote, ne doivent pas conduire \u00e0 nier le caract\u00e8re intentionnel de la nature: dans ce cas, comme dans les \u0153uvres d&rsquo;art, le but n&rsquo;est tout simplement pas atteint, bien qu&rsquo;il se produise. Ainsi, selon Aristote, le but d&rsquo;un physicien est de conna\u00eetre la cause cible et seulement secondairement &#8211; la cause mat\u00e9rielle, car la cause cible d\u00e9termine la cause mat\u00e9rielle, et non l&rsquo;inverse.<\/p>\n<p align=\"justify\">Conform\u00e9ment \u00e0 cette compr\u00e9hension de la nature, Aristote explique le ph\u00e9nom\u00e8ne le plus important du monde naturel: le mouvement. Pour le d\u00e9crire, il utilise les concepts d&rsquo;\u00ab\u00eatre en r\u00e9alit\u00e9\u00bb, d&rsquo;\u00ab\u00eatre en possibilit\u00e9\u00bb (\u03b4\u03c5\u03bd\u03ac\u03bc\u03b5\u03b9) et de \u00abr\u00e9alisation\u00bb (\u03b5\u03bd\u03c4\u03b5\u03bb\u03ad\u03c7\u03b5\u03b9\u03b1). Le mouvement est avant tout une transition du possible \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, la r\u00e9alisation du possible. \u00ab\u00a0La r\u00e9alisation des \u00eatres en possibilit\u00e9 en tant qu&rsquo;\u00eatres en possibilit\u00e9 est pr\u00e9cis\u00e9ment le mouvement.\u00a0\u00bb Prenons par exemple le cuivre, qui est potentiellement une statue. Le cuivre en tant que tel ne contient pas la d\u00e9finition d&rsquo;une statue, donc la mise en \u0153uvre du simple cuivre est du cuivre. Mais comme nous le prenons pr\u00e9cis\u00e9ment comme du cuivre, renfermant en lui la puissance de la statue, nous parlons de son mouvement comme de la r\u00e9alisation de la statue. Il est \u00e9vident qu&rsquo;un mouvement aussi d\u00e9fini est compl\u00e8tement subordonn\u00e9 \u00e0 la vision t\u00e9l\u00e9ologique du monde, puisque le mouvement est la r\u00e9alisation d&rsquo;un but, une transition de la possibilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, qui est le but. En mouvement, il y a g\u00e9n\u00e9ralement deux choses li\u00e9es: le mouvement et le d\u00e9plac\u00e9. Selon Aristote, le moteur, \u00e9tant le d\u00e9but du mouvement, apporte toujours une forme au mobile, et le d\u00e9but du mouvement sera pr\u00e9cis\u00e9ment cette forme. Ainsi, analysant le mouvement, Aristote parle de trois facteurs n\u00e9cessaires \u00e0 sa compr\u00e9hension, \u00e0 savoir 1) le mobile, qui est dans un \u00e9tat de possibilit\u00e9, 2) le moteur, qui est toujours actuel, et 3) le mouvement lui-m\u00eame, qui est la mise en \u0153uvre. de ce qui est dans le potentiel sous l&rsquo;influence de ce qui est dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">En relation avec l&rsquo;analyse du mouvement, Aristote est confront\u00e9 au probl\u00e8me de l&rsquo;infini ou de l&rsquo;infini, de ce que c&rsquo;est et s&rsquo;il existe. La croyance en l\u2019existence de l\u2019infini na\u00eet, selon Aristote, des consid\u00e9rations suivantes. D\u2019abord, depuis l\u2019infinit\u00e9 des temps; deuxi\u00e8mement, de la divisibilit\u00e9 des quantit\u00e9s math\u00e9matiques; troisi\u00e8mement, de la conviction que seule l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019infini peut expliquer la continuit\u00e9 du processus d\u2019origine et de destruction; quatri\u00e8mement, du point de vue qu&rsquo;il ne devrait y avoir aucune limite, puisqu&rsquo;une chose confine toujours \u00e0 une autre; enfin, cinqui\u00e8mement, du fait que la pens\u00e9e ne s&rsquo;arr\u00eate jamais. Tout cela nous oblige \u00e0 comprendre la notion d\u2019infini. Aristote souligne la difficult\u00e9 d\u2019analyser l\u2019infini, car sa reconnaissance comme sa n\u00e9gation conduisent \u00e0 de nombreuses contradictions. Aristote v\u00e9rifie l&rsquo;infini avec son syst\u00e8me de cat\u00e9gories et d\u00e9couvre que par lui-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire en tant qu&rsquo;essence, l&rsquo;infini ne peut exister. Apr\u00e8s tout, si l\u2019infini est une essence, on ne pourra lui appliquer de cat\u00e9gories quantitatives, et il sera indivisible. De plus, il est \u00e9vident que l&rsquo;infini appartient \u00e0 la m\u00eame cat\u00e9gorie qu&rsquo;un nombre de grandeur et, selon Aristote, ils ne peuvent pas exister en tant qu&rsquo;entit\u00e9s distinctes, mais repr\u00e9sentent \u00abune propri\u00e9t\u00e9 accidentelle d&rsquo;une entit\u00e9\u00bb (\u03c4\u03bf \u03c3\u03c5\u03bc\u03b2\u03b5\u03b2\u03b7\u03ba\u03cc\u03c2). La m\u00eame propri\u00e9t\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 une autre chose est l\u2019infini. Aristote ne reconna\u00eet pas l&rsquo;existence d&rsquo;un corps infini, puisqu&rsquo;un corps, de par son concept m\u00eame, suppose qu&rsquo;il est limit\u00e9 par un plan, et que l&rsquo;infini ne peut \u00eatre limit\u00e9 par quoi que ce soit. Ainsi, selon Aristote, il ne peut y avoir d\u2019infinit\u00e9 r\u00e9elle. L&rsquo;infini ne peut \u00eatre qu&rsquo;une possibilit\u00e9, un potentiel. Cela signifie que, par exemple, lorsque nous continuons \u00e0 diviser un nombre, nous obtenons \u00e0 chaque fois un r\u00e9sultat diff\u00e9rent et diff\u00e9rent. Comme le dit Aristote, \u00abl\u2019infini existe de telle mani\u00e8re que quelque chose d\u2019autre et un autre sont toujours pris, et ce qui est pris est toujours fini, mais toujours diff\u00e9rent et diff\u00e9rent\u00bb. Dans les concepts aristot\u00e9liciens, l&rsquo;infini est la mati\u00e8re d&rsquo;une quantit\u00e9 achev\u00e9e, non pas un tout, mais une partie, quelque chose d&rsquo;auxiliaire d&rsquo;une chose achev\u00e9e et parfaite. Cependant, m\u00eame si l\u2019infini est potentiel, cela ne signifie pas qu\u2019il pourra un jour \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 et devenir r\u00e9el.<\/p>\n<p align=\"justify\">La prochaine question qui doit \u00eatre trait\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9tude de la nature est la question du lieu ou de l&rsquo;espace\u00a0<em>(<\/em>\u00a0\u03c4\u03cc\u03c0\u03bf\u00a0<em>\u03c2),<\/em> s&rsquo;il existe, quelles propri\u00e9t\u00e9s il a et ce qu&rsquo;il est. Le lieu existe, et il a aussi un certain pouvoir. Selon Aristote, les directions (haut, bas, droite, gauche), qui sont des types de lieux, existent non seulement par rapport \u00e0 nous, mais aussi par elles-m\u00eames, par nature. Le haut, par exemple, est l&rsquo;endroit o\u00f9 le feu s&rsquo;engouffre, et le bas, l&rsquo;endroit o\u00f9 se pr\u00e9cipitent les corps lourds et terreux. Aristote d\u00e9finit le lieu comme la limite d&rsquo;un corps englobant. Par cons\u00e9quent, pour que quelque chose se trouve \u00e0 un certain endroit, il doit y avoir un autre corps qui l\u2019entoure \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Par cons\u00e9quent, selon Aristote, la terre est dans l&rsquo;eau, l&rsquo;eau est dans l&rsquo;air, l&rsquo;air est dans l&rsquo;\u00e9ther, l&rsquo;\u00e9ther est dans le ciel, mais le ciel lui-m\u00eame n&rsquo;est situ\u00e9 nulle part, car il n&rsquo;y a aucun corps enveloppant \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur il. Le point le plus important de la doctrine du lieu est que tout corps en mouvement a sa place naturelle ou naturelle o\u00f9 ce corps se d\u00e9placera s&rsquo;il n&rsquo;y a aucun obstacle \u00e0 ce mouvement. Notre monde est un syst\u00e8me de lieux h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes qui ne peut \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 un seul d\u00e9nominateur spatial. Des corps de natures diff\u00e9rentes se d\u00e9placent vers des endroits diff\u00e9rents. Les corps l\u00e9gers se pr\u00e9cipitent vers le sommet de l&rsquo;Univers, les corps lourds vers le bas. En relation avec la doctrine du lieu, Aristote examine \u00e9galement la question de la nature du vide, qui a \u00e9t\u00e9 assum\u00e9e par certains des premiers philosophes naturels grecs, principalement des atomistes. Aristote r\u00e9fute leur th\u00e8se selon laquelle sans la reconnaissance du vide, le mouvement est impossible, car avec la pl\u00e9nitude universelle, aucun corps ne pourrait trouver une br\u00e8che pour son mouvement. Selon Aristote, cela est inexact, car le mouvement dans un milieu continu est possible, par exemple lors du mouvement de liquides, lorsque l&rsquo;un prend successivement la place de l&rsquo;autre. De plus, la reconnaissance du vide conduit au contraire \u00e0 nier la possibilit\u00e9 du mouvement, pour quelle raison le mouvement surgirait-il dans le vide, puisque c&rsquo;est la m\u00eame chose ici et l\u00e0. Le mouvement, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 vu, pr\u00e9suppose chez Aristote la pr\u00e9sence de lieux naturels h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes; leur absence conduirait \u00e0 l&rsquo;immobilit\u00e9. Enfin, si l\u2019on suppose le vide, alors aucun corps, une fois en mouvement, ne pourrait s\u2019arr\u00eater, car un corps s\u2019arr\u00eate, selon Aristote, \u00e0 sa place naturelle, mais ici une telle place n\u2019existe pas. Le vide en soi n\u2019existe donc pas.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un physicien ne peut se passer de consid\u00e9rer le temps et ce qu\u2019il est, car le temps est lourd de nombreuses complexit\u00e9s r\u00e9v\u00e9l\u00e9es par l\u2019analyse magistrale d\u2019Aristote. Nous parlons constamment du temps, nous vivons dans le temps, mais l\u2019essence du temps ne nous est pas claire. Si le temps est un tout, compos\u00e9 du pass\u00e9, du futur et du pr\u00e9sent comme parties, alors que serait un tel tout dans lequel certaines parties n&rsquo;existent plus, d&rsquo;autres n&rsquo;existent pas encore. Il ne peut pas \u00eatre compos\u00e9 de plusieurs \u00abmaintenant\u00bb, puisque le temps n\u2019est pas seulement le pr\u00e9sent. Et lorsque nous ne percevons que le moment \u00abmaintenant\u00bb, il nous semble qu\u2019il n\u2019y a pas de temps. Par cons\u00e9quent, le temps est associ\u00e9 au mouvement et au changement, m\u00eame s\u2019il ne peut lui \u00eatre identique. Le temps appara\u00eet lorsque nous diff\u00e9rencions le pr\u00e9c\u00e9dent et le suivant en mouvement, \u00abet alors nous disons que le temps est pass\u00e9 lorsque nous recevons une perception sensorielle du pr\u00e9c\u00e9dent et du suivant en mouvement\u00bb. Ainsi, le temps n\u2019est pas un mouvement, mais \u00able nombre de mouvements par rapport aux pr\u00e9c\u00e9dents et aux suivants\u00bb, nombre gr\u00e2ce auquel on peut parler de plus ou moins de mouvement. Puisque, de plus, le mouvement suit la grandeur et que la grandeur est continue, le temps lui-m\u00eame se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre continu. La relation entre le temps et le mouvement est r\u00e9ciproque: tout comme le temps mesure le mouvement, le temps lui-m\u00eame est mesur\u00e9 par le mouvement. Enfin, selon Aristote, le temps n\u2019est pas seulement une mesure du mouvement, mais aussi une mesure du repos. Le temps n&#8217;embrasse pas tout ce qui existe ; Aristote parle de l&rsquo;existence de choses \u00e9ternelles qui ne sont pas soumises au temps.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Cosmologie.<\/strong> La source de tout mouvement, selon Aristote, est le moteur premier immuable, la divinit\u00e9, qui est pure activit\u00e9 et pense \u00e0 elle-m\u00eame. Elle sera abord\u00e9e plus en d\u00e9tail dans la section consacr\u00e9e \u00e0 la \u00abphilosophie premi\u00e8re\u00bb. Ce premier moteur met en mouvement la sph\u00e8re des \u00e9toiles fixes, qui, se d\u00e9pla\u00e7ant selon un mouvement circulaire r\u00e9gulier, est la cause du mouvement du reste du cosmos. Le monde est divis\u00e9 par Aristote en deux parties : supralunaire et sublunaire. La partie supralunaire est remplie d&rsquo;\u00e9ther, qui se d\u00e9place selon un mouvement circulaire r\u00e9gulier. Les \u00e9l\u00e9ments restants qui se trouvent dans le monde sublunaire sont caract\u00e9ris\u00e9s par un mouvement ascendant et descendant. Le mouvement ascendant est un mouvement vers les limites de la sph\u00e8re adjacente \u00e0 la sph\u00e8re des \u00e9toiles fixes, le mouvement descendant est un mouvement vers le centre du monde. Au centre du monde il y a la terre, qui est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus lourd, aux fronti\u00e8res du monde il y a le feu comme \u00e9l\u00e9ment le plus l\u00e9ger, il borde la sph\u00e8re de l&rsquo;\u00e9ther. Entre le feu et la terre, il y a d&rsquo;autres \u00e9l\u00e9ments. Le feu est chaud et sec, l\u2019air est chaud et humide, l\u2019eau est humide et froide, la terre est s\u00e8che et froide. L&rsquo;\u00e9ther est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus parfait, la substance des corps c\u00e9lestes. Aristote introduit cette essence particuli\u00e8re pour expliquer le mouvement r\u00e9gulier qui se produit dans le ciel. Parce qu\u2019il ajouta de l\u2019\u00e9ther aux quatre \u00e9l\u00e9ments d\u00e9j\u00e0 connus, l\u2019\u00e9ther fut appel\u00e9 la \u00abcinqui\u00e8me essence\u00bb (quinta essentia) ou \u00abquintessence\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Psychologie.<\/strong> Aristote a d\u00e9velopp\u00e9 la psychologie en lien avec la physique, puisque l&rsquo;\u00e2me repr\u00e9sente le principe du mouvement des \u00eatres anim\u00e9s. La psychologie en tant que doctrine de l&rsquo;\u00e2me et de la relation entre l&rsquo;\u00e2me et le corps suit la physique et pr\u00e9c\u00e8de la biologie en tant que doctrine des formes sp\u00e9cifiques des \u00eatres vivants. L&rsquo;\u00e2me est pens\u00e9e par Aristote dans son rapport avec le corps. La d\u00e9finition de base de l\u2019\u00e2me dit que \u00abl\u2019\u00e2me est la premi\u00e8re r\u00e9alisation du corps naturel, dot\u00e9e d\u2019organes et ayant la vie en puissance\u00bb. Puisque l\u2019\u00e2me est un accomplissement, le corps est une possibilit\u00e9 de l\u2019\u00e2me. De m\u00eame, l\u2019\u00e2me est la forme et l\u2019essence du corps, et le corps est la mati\u00e8re de l\u2019\u00e2me. Le corps est quelque chose qui se d\u00e9veloppe et change, l&rsquo;\u00e2me est le d\u00e9but et le but de ce changement. Chaque organe corporel existe pour une certaine activit\u00e9, et le corps tout entier existe pour le bien de l&rsquo;\u00e2me. Aristote parle d&rsquo;une certaine hi\u00e9rarchie des \u00e2mes. Au-dessous de tout se trouve l&rsquo;\u00e2me v\u00e9g\u00e9tale, qui se caract\u00e9rise uniquement par la nutrition et la reproduction. L&rsquo;animal d\u00e9veloppe \u00e9galement la sensation, le d\u00e9sir et le mouvement dans l&rsquo;espace. Les animaux, contrairement aux plantes, ont aussi un certain centre de toutes leurs capacit\u00e9s mentales ; Aristote consid\u00e9rait ce centre comme le c\u0153ur, le centre des sensations. La sensation, selon Aristote, est autre chose que l\u2019actualisation de propri\u00e9t\u00e9s et de qualit\u00e9s potentiellement trouv\u00e9es dans les objets. \u00c0 la sensation succ\u00e8de l\u2019imagination, qui est une sorte de sensation faible qui peut \u00eatre vraie ou fausse. Vient ensuite la m\u00e9moire, d\u00e9finie comme un certain arr\u00eat de ce qui est per\u00e7u par les sens, et la rem\u00e9moration, diff\u00e9rente de la m\u00e9moire par le facteur de l&rsquo;effort conscient. L&rsquo;\u00e2me humaine contient tout ce qui est caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e2me v\u00e9g\u00e9tale et animale. Cependant, il existe \u00e9galement une partie rationnelle, qui est divis\u00e9e en esprit contemplatif et esprit calculateur. La premi\u00e8re partie vise exclusivement la v\u00e9rit\u00e9, la seconde &#8211; la v\u00e9rit\u00e9 en relation avec des questions pratiques. Toutes les parties de l\u2019\u00e2me humaine, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019esprit, sont connect\u00e9es au corps et p\u00e9rissent donc. Et l\u2019esprit, qui existe avant et apr\u00e8s l\u2019\u00e2me humaine, ne p\u00e9rit pas. En g\u00e9n\u00e9ral, sa connexion avec l\u2019\u00e2me est probl\u00e9matique, car il est quelque chose d\u2019ext\u00e9rieur \u00e0 elle. En tout cas, elle appara\u00eet dans l\u2019\u00e2me \u00abdu dehors\u00bb (\u03b8\u03cd\u03c1\u03b1\u03b8\u03b5\u03bd) et n\u2019est que divine. Dans le m\u00eame temps, Aristote fait la distinction entre l\u2019esprit actif et l\u2019esprit passif et percevant. L&rsquo;immortalit\u00e9 et l&rsquo;existence ind\u00e9pendante ne sont inh\u00e9rentes qu&rsquo;au premier. Ainsi, nous obtenons une situation plut\u00f4t paradoxale. La partie la plus \u00e9lev\u00e9e d&rsquo;une personne n&rsquo;est plus une personne, mais quelque chose de divin qui lui vient de l&rsquo;ext\u00e9rieur, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;une personne est en r\u00e9alit\u00e9 une personne parce qu&rsquo;elle n&rsquo;est plus une personne. Aristote reste \u00e9galement peu clair sur la relation entre l&rsquo;esprit actif et passif et leur nature, qui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du Moyen \u00c2ge arabe et latin, est devenue le sujet d&rsquo;une discussion active parmi les philosophes.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Premi\u00e8re philosophie.<\/strong> Aristote appelle la partie la plus importante de la connaissance th\u00e9orique \u00ab philosophie premi\u00e8re \u00bb, la connaissance de l\u2019existence en tant que telle. Certaines sciences th\u00e9oriques parlent de choses mobiles et changeantes (physique), d&rsquo;autres parlent de choses immobiles et abstraites de ce qui est per\u00e7u par les sens (math\u00e9matiques), c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elles ne parlent que de parties des choses, sans explorer l&rsquo;existence en tant que telle. . Puisqu\u2019ils \u00e9tudient des types particuliers d\u2019existence, ils ne se soucient pas des d\u00e9finitions les plus g\u00e9n\u00e9rales, qui ne sont pas applicables dans l\u2019un ou l\u2019autre domaine de l\u2019existence, mais pour toute existence en g\u00e9n\u00e9ral. Cette science, qu\u2019Aristote appelle \u00abphilosophie premi\u00e8re\u00bb, s\u2019appelait alors m\u00e9taphysique, puisque les \u00e9diteurs grecs des textes d\u2019Aristote estimaient que les travaux qui traitent de cette science devaient suivre la \u00abPhysique\u00bb d\u2019Aristote (en grec m\u00e9ta \u2013 apr\u00e8s, apr\u00e8s). C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;est n\u00e9 le nom \u00abm\u00e9taphysique\u00bb, et apr\u00e8s un certain temps, on a cru qu&rsquo;il d\u00e9signait une connaissance qui parle d&rsquo;objets sup\u00e9rieurs au physique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous avons d\u00e9j\u00e0 dit que toute connaissance, selon Aristote, est une connaissance analytique, obtenue \u00e0 la suite de la d\u00e9composition d&rsquo;une chose complexe en ses \u00e9l\u00e9ments. Ces \u00e9l\u00e9ments sont \u00abpremiers par nature\u00bb, tandis que la perception d\u2019une chose complexe est \u00abpremi\u00e8re pour nous\u00bb. Notre connaissance commence par la sensation, puis certains \u00eatres vivants ont une m\u00e9moire, de nombreux souvenirs combin\u00e9s en un seul donnent une exp\u00e9rience, et enfin, seuls les humains poss\u00e8dent l&rsquo;art et la science. L&rsquo;exp\u00e9rience diff\u00e8re d&rsquo;eux en ce sens que gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, nous savons que quelque chose est ainsi, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;art et \u00e0 la science, nous pouvons dire pourquoi il en est ainsi et nous pouvons l&rsquo;enseigner aux autres. L&rsquo;exp\u00e9rience concerne le particulier et l&rsquo;individuel, l&rsquo;art et la science concernent le g\u00e9n\u00e9ral. Puisque la science conna\u00eet le g\u00e9n\u00e9ral et poss\u00e8de un concept, puisque, contrairement \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, elle d\u00e9passe les limites des sens, elle est, selon Aristote, plus \u00e9lev\u00e9e et plus divine que l&rsquo;exp\u00e9rience. Ainsi, en science, les causes sont connues, et dans la science la plus g\u00e9n\u00e9rale, les causes premi\u00e8res sont connues. Aristote appelle une telle science sagesse, car une science qui conna\u00eet le g\u00e9n\u00e9ral, en un sens, sait tout, et cela est caract\u00e9ristique de la sagesse. Elle sait tout parce qu&rsquo;elle explore les tout premiers principes \u00e0 partir desquels tout le reste est compos\u00e9, ce qui signifie qu&rsquo;elle peut conna\u00eetre tout ce qui est issu de ces d\u00e9buts. Ensuite, cette science traite des questions les plus difficiles, car la plus \u00e9loign\u00e9e de la perception sensorielle. C&rsquo;est la plus pr\u00e9cise parce qu&rsquo;elle provient du moins de principes, et cette connaissance est la plus pr\u00e9cise. Enfin, c\u2019est une connaissance acquise non pour autre chose, mais seulement pour elle-m\u00eame. Et cela nous permet de l\u2019appeler une science qui n\u2019est pas forc\u00e9e et servile, mais dominante et libre, car une personne libre, au sens d\u2019Aristote, existe pour elle-m\u00eame, tandis qu\u2019un esclave vit pour une autre. Il ne satisfait aucun besoin pratique; au contraire, il faut le satisfaire avant de commencer \u00e0 l&rsquo;\u00e9tudier. \u00ab\u00a0Toutes les sciences sont plus n\u00e9cessaires que cela, mais aucune n&rsquo;est meilleure.\u00a0\u00bb Le d\u00e9but de cette science d&rsquo;un point de vue psychologique est la surprise, et la fin est de se d\u00e9barrasser de cette surprise initiale, en comprenant qu&rsquo;il ne peut en \u00eatre autrement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comme premi\u00e8res causes, Aristote identifie quatre types principaux, d\u00e9j\u00e0 connus gr\u00e2ce \u00e0 la doctrine aristot\u00e9licienne de la nature. Premi\u00e8rement, l&rsquo;essence et l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre, c&rsquo;est-\u00e0-dire en vertu de laquelle une chose est telle et non une autre. Deuxi\u00e8mement, la mati\u00e8re et le substrat sous-jacent. Troisi\u00e8mement, o\u00f9 le mouvement a commenc\u00e9. Quatri\u00e8mement, ce pour quoi et le bien. Le dernier type de cause est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du troisi\u00e8me, puisque le troisi\u00e8me parle du d\u00e9but du mouvement, et le quatri\u00e8me de sa fin et de son ach\u00e8vement. La cause mat\u00e9rielle est celle d&rsquo;o\u00f9 une chose provient et dans laquelle elle est d\u00e9truite. Le concept aristot\u00e9licien de mati\u00e8re n&rsquo;implique pas la mat\u00e9rialit\u00e9 ; sa d\u00e9finition principale est qu&rsquo;elle est la base sur laquelle se produisent certains changements, c&rsquo;est pourquoi il parle souvent de la mati\u00e8re comme d&rsquo;un substrat ou d&rsquo;un sujet, c&rsquo;est-\u00e0-dire soumis \u00e0 divers changements d&rsquo;une chose. C\u2019\u00e9tait la cause mat\u00e9rielle qui pr\u00e9occupait le plus les premiers explorateurs grecs de la nature. Cependant, selon Aristote, la cause mat\u00e9rielle, ou le substrat sous-jacent, ne pouvait pas expliquer pourquoi des choses diff\u00e9rentes naissent de la m\u00eame chose, ni pourquoi divers changements se produisent dans ce substrat en g\u00e9n\u00e9ral. Pourquoi le cuivre devient-il une statue et une arme, et le bois un lit et une trir\u00e8me? La mati\u00e8re elle-m\u00eame ne peut pas expliquer ces faits. C\u2019est pourquoi, selon Aristote, certains penseurs grecs (Anaxagore, Emp\u00e9docle) sont arriv\u00e9s \u00e0 la cause motrice, qui dit \u00abd\u2019o\u00f9 le mouvement a commenc\u00e9\u00bb. Aristote associe aux Pythagoriciens, et surtout \u00e0 Platon, la d\u00e9couverte de la cause de l\u2019essence de l\u2019\u00eatre, car les id\u00e9es de Platon sur les choses ne sont pas la mati\u00e8re ni la cause du mouvement, mais l\u2019essence de leur \u00eatre, leur essence. C&rsquo;est une cause connue par d\u00e9finition. Enfin, la cause cible est celle pour laquelle l\u2019une des choses existe et surgit. Selon Aristote, aucun des premiers philosophes n\u2019a suffisamment parl\u00e9 de cette raison.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour \u00e9tayer sa th\u00e9orie des principes et des causes, Aristote critique s\u00e9rieusement la th\u00e9orie des id\u00e9es de Platon, selon laquelle les principes et les causes (les id\u00e9es) existent dans un monde particulier, s\u00e9par\u00e9 des choses de notre exp\u00e9rience. Bien qu\u2019Aristote reste \u00e0 bien des \u00e9gards un \u00e9tudiant de Platon, il refuse d\u2019accepter la th\u00e9orie des id\u00e9es. Il consid\u00e8re comme faible l&rsquo;argumentation avec laquelle Platon et ses \u00e9tudiants ont prouv\u00e9 l&rsquo;existence des id\u00e9es. Par exemple, les platoniciens croyaient que tout ce qui est objet de connaissance scientifique avait sa propre id\u00e9e. Cependant, dans ce cas, il est n\u00e9cessaire de reconna\u00eetre les id\u00e9es de choses artificiellement produites, ce que les platoniciens ne reconnaissaient pas. Un autre argument disait: \u00e9tant donn\u00e9 un ensemble de choses avec une propri\u00e9t\u00e9 commune, il est n\u00e9cessaire de reconna\u00eetre une seule id\u00e9e de cette propri\u00e9t\u00e9. Mais alors, dit Aristote, il faudra reconna\u00eetre l\u2019id\u00e9e de n\u00e9gation, pourtant ni\u00e9e par les platoniciens. Sa principale objection est que la reconnaissance des id\u00e9es ne donne rien ni \u00e0 la connaissance des choses ni \u00e0 leur existence. Ils sont inutiles \u00e0 la connaissance, car \u00e9tant en dehors des choses sensorielles, ils ne peuvent agir comme leur essence. Pour l\u2019\u00eatre, car s\u2019ils sont ext\u00e9rieurs aux choses, ils ne peuvent en aucune mani\u00e8re les influencer. De plus, croire que les id\u00e9es sont des exemples de choses, et que les choses sont impliqu\u00e9es dans les id\u00e9es, revient \u00e0 parler vide de sens et \u00e0 utiliser des m\u00e9taphores po\u00e9tiques. Il n\u2019est pas du tout n\u00e9cessaire, dit Aristote, qu\u2019une chose semblable soit une copie de ce \u00e0 quoi elle ressemble. Que ce soit Socrate ou non, une personne comme Socrate sera toujours possible. De plus, si l\u2019esp\u00e8ce par rapport \u00e0 une chose sensible est un mod\u00e8le, alors par rapport au genre, elle se r\u00e9v\u00e9lera \u00eatre une copie, ce qui, du point de vue d\u2019Aristote, est impossible. De plus, comment, demande Aristote, l\u2019essence d\u2019une chose et la chose peuvent-elles exister s\u00e9par\u00e9ment? Enfin, les id\u00e9es ne peuvent pas \u00eatre causes de l&rsquo;\u00e9mergence des choses, car m\u00eame s&rsquo;il y a une id\u00e9e d&rsquo;arbre, de ce fait l&rsquo;arbre n&rsquo;existera pas, car l&rsquo;existence de ce qui fera exister cet arbre est n\u00e9cessaire. Ainsi, la premi\u00e8re philosophie traite des premi\u00e8res causes et principes de l\u2019existence. Mais que faut-il entendre exactement par \u00eatre? Apr\u00e8s tout, c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment sur ce qu\u2019est l\u2019\u00eatre que les philosophes qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Aristote d\u00e9battaient et \u00e9taient en d\u00e9saccord. Le mot m\u00eame \u00ab\u00eatre\u00bb ou \u00abexister\u00bb peut \u00eatre compris de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Aristote indique les significations possibles suivantes de ce mot: 1) l&rsquo;existence comme donn\u00e9e accidentellement; 2) l&rsquo;existence comme v\u00e9rit\u00e9 et comme fausse; 3) l&rsquo;existence comme sujet d&rsquo;un \u00e9nonc\u00e9 cat\u00e9gorique (essence, qualit\u00e9, quantit\u00e9, lieu); 4) existant en potentiel et existant en r\u00e9alit\u00e9. Lequel de ces sujets fait l\u2019objet de la premi\u00e8re philosophie? Exister comme une chose donn\u00e9e au hasard, c&rsquo;est-\u00e0-dire n&rsquo;exister pas toujours et pas dans la plupart des cas, ne peut pas \u00eatre tel, car un existant al\u00e9atoire ne peut faire l&rsquo;objet d&rsquo;aucune science: ni th\u00e9orique, ni pratique, ni cr\u00e9atrice. Si nous analysons maintenant la v\u00e9rit\u00e9 et le mensonge, nous verrons qu\u2019ils d\u00e9pendent de notre pens\u00e9e. Si dans notre affirmation nous connectons des choses qui sont en r\u00e9alit\u00e9 unies, ou si dans notre n\u00e9gation nous s\u00e9parons des choses en r\u00e9alit\u00e9 qui sont s\u00e9par\u00e9es, nous pensons la v\u00e9rit\u00e9. Si au contraire,mensonge. Ainsi, selon Aristote, nous ne pouvons pas parler, comme le faisait Platon, de la v\u00e9ritable existence, car la v\u00e9rit\u00e9 et le mensonge ne peuvent appara\u00eetre que dans notre pens\u00e9e et ne peuvent \u00eatre dans les choses elles-m\u00eames. Ainsi, en laissant de c\u00f4t\u00e9 les \u00eatres contingents, la v\u00e9rit\u00e9 et le mensonge, nous devons passer \u00e0 ces \u00eatres qui s&rsquo;expriment dans des jugements cat\u00e9goriques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les choses existantes sont exprim\u00e9es dans des jugements cat\u00e9goriques comme essence, qualit\u00e9, quantit\u00e9, lieu, etc. Cependant, bien que la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 existent, elles n&rsquo;existent pas ind\u00e9pendamment et s\u00e9par\u00e9ment. Ils ne peuvent exister sans l\u2019essence dont ils parlent, et l\u2019essence est quelque chose qui existe de mani\u00e8re primaire, ind\u00e9pendamment et s\u00e9par\u00e9ment. Elle est premi\u00e8re en concept, en connaissance et dans le temps. En fait, tout concept inclut n\u00e9cessairement le concept d\u2019essence. La connaissance la plus compl\u00e8te d&rsquo;une chose est celle o\u00f9 nous savons quelle est l&rsquo;essence de cette chose, et non ce qu&rsquo;elle est en quantit\u00e9 ou en qualit\u00e9. Ainsi, la question de savoir ce qu\u2019est une entit\u00e9 est en fait la question de ce qu\u2019est une essence. Pour le r\u00f4le de l&rsquo;essence, dit Aristote, les corps et leurs \u00e9l\u00e9ments sont g\u00e9n\u00e9ralement propos\u00e9s, mais les pythagoriciens disent que les nombres sont des essences dans une plus grande mesure que les corps, et selon Platon, les id\u00e9es sont des essences. Par cons\u00e9quent, il est n\u00e9cessaire de d\u00e9terminer ce qu\u2019est l\u2019essence et s\u2019il existe des essences autres que sensorielles, c\u2019est-\u00e0-dire des essences \u00e9ternelles et immuables. Puisque l&rsquo;essence, selon Aristote, est \u00e9voqu\u00e9e dans quatre sens &#8211; l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre, le g\u00e9n\u00e9ral, le genre et le substrat (sujet) &#8211; il est n\u00e9cessaire d&rsquo;analyser ces sens. Le substrat est compris comme quelque chose \u00e0 propos duquel tout le reste est attribu\u00e9, alors qu&rsquo;il n&rsquo;est lui-m\u00eame plus attribu\u00e9 \u00e0 rien d&rsquo;autre. Le substrat est g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9 soit comme une mati\u00e8re ou une forme, soit comme un composite de mati\u00e8re et de forme. Puisqu\u2019un tout compos\u00e9 est quelque chose de secondaire, puisqu\u2019il est la somme de deux composants ant\u00e9rieurs, il est n\u00e9cessaire d\u2019examiner la mati\u00e8re et la forme, si elles peuvent \u00eatre des essences. La mati\u00e8re, selon Aristote, est ce qui reste d&rsquo;une chose si l&rsquo;on enl\u00e8ve syst\u00e9matiquement toutes ses d\u00e9finitions: quantitatives, qualitatives, etc. Ainsi, la mati\u00e8re est sous-jacente \u00e0 toutes les d\u00e9finitions d&rsquo;une chose, elle en est une sorte de fondement, mais elle est caract\u00e9ristique de la mati\u00e8re est une incertitude totale, elle est en soi inconnaissable et incapable d&rsquo;une existence s\u00e9par\u00e9e. C\u2019est donc plut\u00f4t la forme et l\u2019ensemble compos\u00e9 de mati\u00e8re et de forme qui peuvent \u00eatre appel\u00e9s essences. L&rsquo;universel ne peut pas \u00eatre une essence, car chaque chose a sa propre essence, elle n&rsquo;est pas inh\u00e9rente \u00e0 une autre, mais l&rsquo;universel est inh\u00e9rent \u00e0 beaucoup de choses. Si l\u2019universel \u00e9tait une essence, alors une chose serait identique \u00e0 toutes les autres, mais cela est impossible. Il n\u2019y a donc aucun animal, par exemple, en dehors des animaux individuels. Pour les m\u00eames raisons, le genre ne peut pas \u00eatre une essence. Reste \u00e0 explorer l&rsquo;essence de l&rsquo;existence. D&rsquo;un point de vue logique, l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre pour chaque chose est ce par quoi cette chose est d\u00e9sign\u00e9e en elle-m\u00eame. Une personne peut \u00eatre, par exemple, instruite, mais l&rsquo;\u00e9ducation n&rsquo;est pas ce qui la caract\u00e9rise sp\u00e9cifiquement, donc une telle propri\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est pas l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre. L&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre ne peut exister que dans une essence, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans une chose existant s\u00e9par\u00e9ment<br \/>\n<a title=\"Aristote parle ici de l'essence telle qu'elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie dans ses Cat\u00e9gories, c'est-\u00e0-dire comme une chose existant s\u00e9par\u00e9ment et perceptible.\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, pour tout le reste, l\u2019essence de l\u2019\u00eatre existe de mani\u00e8re secondaire. L&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre est exprim\u00e9e par une d\u00e9finition logique, seules les essences peuvent donc avoir des d\u00e9finitions au sens plein du terme. D\u2019ailleurs l\u2019essence de l\u2019\u00eatre ne se trouvera que dans les esp\u00e8ces du genre. Est-ce qu&rsquo;une seule chose et son essence d&rsquo;existence co\u00efncident ? En un sens, ils co\u00efncident, car sans cela, il ne serait pas possible de conna\u00eetre une chose, puisque conna\u00eetre une chose, c&rsquo;est conna\u00eetre son essence d&rsquo;\u00eatre. Cependant, les choses ont encore un certain r\u00e9sidu qui \u00e9chappe \u00e0 notre d\u00e9finition de leur essence. Par exemple, l\u2019essence d\u2019\u00eatre un livre blanc est l\u2019essence d\u2019\u00eatre un livre ; pour d\u00e9finir un livre blanc, on ne peut pas invoquer directement la d\u00e9finition du blanc, car \u00eatre blanc et \u00eatre un livre sont des choses diff\u00e9rentes. Puisqu&rsquo;une chose individuelle est, selon Aristote, un tout compos\u00e9 de forme et de mati\u00e8re, et que la mati\u00e8re, comme ce en vertu duquel une chose peut \u00eatre l&rsquo;une ou l&rsquo;autre, ne peut \u00eatre d\u00e9fini logiquement, l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre d&rsquo;une chose ne peut pas \u00eatre d\u00e9finie logiquement co\u00efncide compl\u00e8tement avec la chose. Seules certaines choses, qui seront discut\u00e9es ci-dessous, peuvent avoir la m\u00eame essence d&rsquo;\u00eatre et sa m\u00eame existence. On voit que pour Aristote l\u2019essence de l\u2019\u00eatre est la forme. La forme ne surgit pas et n&rsquo;est pas d\u00e9truite, elle est introduite dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre substrat. Par exemple, la forme d&rsquo;un cercle est introduite dans le cuivre et une boule de cuivre est obtenue. Cependant, contrairement \u00e0 Platon, cette forme n\u2019existe pas s\u00e9par\u00e9ment de la chose, elle existe seulement dans le tout, qui est la chose individuelle. Ainsi, \u00ab&#8230; l\u2019essence est une forme situ\u00e9e dans une autre, de sorte que l\u2019essence compos\u00e9e est obtenue \u00e0 partir de cette forme et de cette mati\u00e8re.\u00bb Cela conduit \u00e0 des conclusions importantes pour notre connaissance. L&rsquo;objet de la connaissance ne peut pas \u00eatre des choses individuelles, puisqu&rsquo;elles contiennent de la mati\u00e8re ; la connaissance, la d\u00e9finition et la preuve ne concernent que les choses n\u00e9cessaires. Mais en r\u00e9alit\u00e9, il y a avant tout des choses individuelles qu\u2019il faut expliquer et d\u00e9finir. Pour ce faire, il nous faut voir dans ces choses leur forme s\u00e9par\u00e9ment de la mati\u00e8re ; notre connaissance doit toujours accomplir cette op\u00e9ration de s\u00e9paration mentale de ce qui en r\u00e9alit\u00e9 ne peut exister s\u00e9par\u00e9ment. Aristote marche ici sur le fil du rasoir : son r\u00e9alisme, sa conviction qu&rsquo;il existe avant tout des choses individuelles sensibles, se heurte \u00e0 sa conviction platonicienne selon laquelle la connaissance de l&rsquo;individu n&rsquo;existe pas. Il tente de r\u00e9soudre ce dilemme par la doctrine de la forme, qui est essence dans un sens, un tout composite, qui est essence dans un autre sens, et mati\u00e8re, par laquelle la forme cr\u00e9e le tout composite. Dans le domaine de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie, l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre, qui s&rsquo;exprime dans une d\u00e9finition logique, a une priorit\u00e9 inconditionnelle, mais dans le domaine de notre exp\u00e9rience, la premi\u00e8re place appartient \u00e0 l&rsquo;ensemble compos\u00e9. En m\u00eame temps, Aristote voit clairement que m\u00eame pour d\u00e9finir une chose sensorielle, il est parfois impossible de se passer de son c\u00f4t\u00e9 mat\u00e9riel. Ainsi, un physicien, par exemple, conna\u00eet une chose avant tout selon son essence, mais il doit aussi tenir compte de la mati\u00e8re de la chose. La doctrine de l&rsquo;essence d&rsquo;Aristote est au centre de sa premi\u00e8re philosophie,mais c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ici qu&rsquo;Aristote h\u00e9site, voyant la complexit\u00e9 du probl\u00e8me du rapport entre l&rsquo;\u00eatre et la connaissance, le g\u00e9n\u00e9ral et l&rsquo;individuel. Son esprit perspicace comprend parfaitement les apories qui surgissent ici, et il propose une direction de recherche sp\u00e9cifique plut\u00f4t qu&rsquo;une r\u00e9ponse toute faite et compl\u00e8te.<\/p>\n<p align=\"justify\">Puisque l&rsquo;on parle aussi des \u00eatres comme d&rsquo;\u00eatres en possibilit\u00e9 et en r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;analyse de ces concepts suit l&rsquo;analyse de l&rsquo;essence. Sans exag\u00e9ration, ces concepts peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme centraux non seulement pour la premi\u00e8re philosophie, mais aussi pour d\u2019autres sciences. Toute existence est con\u00e7ue par Aristote comme un processus de transition de la possibilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alisation de cette possibilit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Dans la philosophie pr\u00e9c\u00e9dant Aristote, il y a eu des tentatives pour nier la possibilit\u00e9, pour croire que la possibilit\u00e9 n&rsquo;existe que lorsqu&rsquo;il y a r\u00e9alit\u00e9 (\u00e9cole m\u00e9garienne). Aristote insiste sur la distinction entre possibilit\u00e9 et r\u00e9alit\u00e9, puisque ce qui peut exister n&rsquo;existe pas n\u00e9cessairement en fait, et ce qui peut ne pas exister n&rsquo;existe pas n\u00e9cessairement. La possibilit\u00e9 pour Aristote n\u2019est pas la possibilit\u00e9 de faire quelque chose, \u00abune chose qui a une possibilit\u00e9 l\u2019a pour quelque chose, \u00e0 un certain moment et sous une certaine forme\u00bb. L&rsquo;opportunit\u00e9 est donc une possibilit\u00e9 certaine. Quand quelque chose qui peut construire construit r\u00e9ellement, nous appelons cela la r\u00e9alit\u00e9 (\u03b5\u03bd\u03ad\u03c1\u03b3\u03b5\u03b9\u03b1). Dans ce cas, il faut distinguer le mouvement de la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame. Si, par exemple, je pars en visite, cela ne veut pas dire que je suis venu rendre visite et que j&rsquo;\u00e9tais un visiteur. De telles actions, qui ont une fin et un ach\u00e8vement, mais pas dans l&rsquo;action elle-m\u00eame, Aristote appelle mouvement. Si je vois, alors j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 vu, c&rsquo;est-\u00e0-dire que l&rsquo;action de voir a une fin en soi. Aristote appelle de telles actions des activit\u00e9s. Le point le plus important de l\u2019enseignement d\u2019Aristote est la th\u00e8se selon laquelle la r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9c\u00e8de la possibilit\u00e9. La r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9c\u00e8de la possibilit\u00e9 \u00e0 la fois dans la d\u00e9finition logique et du point de vue de l&rsquo;essence, seulement par rapport au temps, dans un sens, la r\u00e9alit\u00e9 est avant la possibilit\u00e9, dans un autre sens, la possibilit\u00e9 est avant la r\u00e9alit\u00e9. En effet, pour comprendre comment on peut construire, il faut d\u00e9finir ce que signifie r\u00e9ellement construire. Dans le temps, la r\u00e9alit\u00e9 est ant\u00e9rieure \u00e0 la possibilit\u00e9 parce que la graine (la personne dans la possibilit\u00e9) est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e par une personne qui existe d\u00e9j\u00e0 dans la r\u00e9alit\u00e9, puisqu&rsquo;il ne peut y avoir de graine sans personne. Aristote d\u00e9crit cette situation de la mani\u00e8re suivante: \u00abtoujours d\u2019une chose qui existe en puissance, une chose qui existe en r\u00e9alit\u00e9 na\u00eet par l\u2019action d\u2019une autre chose qui existe aussi en r\u00e9alit\u00e9\u00bb. Du point de vue de l&rsquo;essence, la r\u00e9alit\u00e9 est \u00e9galement en avance sur la capacit\u00e9, puisque pour les \u00eatres actuels la forme a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e, mais pour les existants potentiels, elle n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e. Ainsi, un homme adulte, c\u2019est-\u00e0-dire un \u00eatre r\u00e9el, est d\u00e9j\u00e0 une forme r\u00e9alis\u00e9e, mais un enfant ne l\u2019est pas encore. Cela signifie que dans les concepts de possibilit\u00e9 et de r\u00e9alit\u00e9, la forme est la r\u00e9alit\u00e9 et la mati\u00e8re est la possibilit\u00e9. Lorsque nous consid\u00e9rons l\u2019activit\u00e9 en termes d\u2019atteinte d\u2019un objectif, nous parlons d\u2019accomplissement ou d\u2019\u00abent\u00e9l\u00e9chie\u00bb. La fin elle-m\u00eame est la r\u00e9alit\u00e9 pour laquelle quelque chose passe du possible. Ce passage de la possibilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est caract\u00e9ristique que des choses temporaires, \u00e9mergentes et changeantes. Si nous avons affaire \u00e0 quelque chose d\u2019\u00e9ternel, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019imp\u00e9rissable, ce n\u2019est qu\u2019une r\u00e9alit\u00e9 et non une possibilit\u00e9. En ce qui concerne le bien, la r\u00e9alit\u00e9 vaut mieux que la possibilit\u00e9, puisque la possibilit\u00e9 de quelque chose est en m\u00eame temps la possibilit\u00e9 du contraire, la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre en bonne sant\u00e9 est la m\u00eame possibilit\u00e9 que d&rsquo;\u00eatre malade. En r\u00e9alit\u00e9, ce n\u2019est pas le cas, c\u2019est pourquoi c\u2019est mieux. En g\u00e9n\u00e9ral, dans le domaine du possible, il existe des d\u00e9finitions oppos\u00e9es; la loi de contradiction, \u00e0 laquelle est soumise la r\u00e9alit\u00e9, ne s&rsquo;applique pas. En utilisant le concept de possibilit\u00e9, Aristote r\u00e9sout un probl\u00e8me auquel \u00e9tait confront\u00e9e la premi\u00e8re pens\u00e9e grecque, le probl\u00e8me de l\u2019\u00e9mergence. Ce probl\u00e8me peut se formuler ainsi: s&rsquo;il y a \u00e9mergence d&rsquo;un \u00eatre, alors il doit venir du non-\u00eatre, l&rsquo;\u00eatre du non-\u00eatre. Ainsi, certains (\u00c9l\u00e9ens), qui niaient l&rsquo;existence de la non-existence, commenc\u00e8rent \u00e0 nier l&rsquo;\u00e9mergence et tout changement, d&rsquo;autres (les atomistes) furent contraints d&rsquo;admettre l&rsquo;existence de la non-existence (le vide chez D\u00e9mocrite) pour expliquer la possibilit\u00e9 de mouvement et changement. Selon Aristote, ils partaient d&rsquo;une mauvaise formulation de la question: il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9mergence de la non-existence \u00e0 l&rsquo;\u00eatre, mais il y a une transition de ce qui existe en potentiel \u00e0 ce qui existe en r\u00e9alit\u00e9. Cela signifie qu\u2019il n\u2019est plus n\u00e9cessaire de nier l\u2019\u00e9mergence, destructrice pour notre connaissance du monde en mutation, ni de reconna\u00eetre l\u2019inexistence existante, ce qui est impossible d\u2019un point de vue logique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le summum de la premi\u00e8re philosophie d\u2019Aristote est sa th\u00e9orie du Premier Moteur \u00e9ternel et immobile. Comment Aristote parvient-il \u00e0 le reconna\u00eetre? Tout le monde s&rsquo;accorde, dit Aristote, qu&rsquo;il existe deux sortes d&rsquo;entit\u00e9s per\u00e7ues par les sens: \u00e9ternelles (plan\u00e8tes et \u00e9toiles) et changeantes. Ils sont en mouvement, le mouvement ne peut pas appara\u00eetre un jour, il existe toujours, puisqu&rsquo;il est impossible de dire que le mouvement n&rsquo;a pas exist\u00e9 autrefois, car le temps lui-m\u00eame est une propri\u00e9t\u00e9 du mouvement. S\u2019il y avait toujours du mouvement, il aurait d\u00fb \u00eatre circulaire. S\u2019il y a mouvement, alors, selon Aristote, c\u2019est un passage de la possibilit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 existante. Ainsi, s\u2019il existe un mouvement circulaire \u00e9ternel \u2013 Aristote parle du mouvement des sph\u00e8res c\u00e9lestes \u2013 il doit n\u00e9cessairement y avoir une r\u00e9alit\u00e9 ou une activit\u00e9 \u00e9ternelle qui soit la cause de ce mouvement. S&rsquo;il est \u00e9ternel, il n&rsquo;aura aucune mati\u00e8re, il n&rsquo;y aura aucun changement, puisque seules les choses mat\u00e9rielles en ont. Cette activit\u00e9 \u00e9ternelle elle-m\u00eame ne peut pas \u00eatre en mouvement, car si elle bouge elle-m\u00eame, cela signifie qu&rsquo;il y a une autre cause \u00e0 ce mouvement, et il faut aller \u00e0 l&rsquo;infini \u00e0 la recherche des causes. Il ne peut pas \u00eatre \u00e0 la fois en mouvement et en mouvement, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00eatre pour lui-m\u00eame la cause du mouvement, puisque dans ce cas il faut y distinguer la cause du mouvement et ce qui est caus\u00e9, et en parler d&rsquo;une partie. Donc cette cause du mouvement circulaire, \u00e9tant une activit\u00e9 \u00e9ternelle, est elle-m\u00eame immobile. Et se mettre en mouvement tout en restant immobile est le propre de l&rsquo;objet de la pens\u00e9e et du d\u00e9sir, qui bouge sans \u00eatre en mouvement. Le plus haut niveau de la hi\u00e9rarchie aristot\u00e9licienne de la connaissance est l&rsquo;esprit; c&rsquo;est avec l&rsquo;esprit que l&rsquo;essence la plus simple, donn\u00e9e dans l&rsquo;activit\u00e9 r\u00e9elle, est connue. Puisqu\u2019elle est la premi\u00e8re, elle est \u00e0 la fois la plus belle et la meilleure. Cette essence immobile se meut comme un objet de d\u00e9sir \u00e9rotique, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme une perfection vers laquelle aspire l&rsquo;inf\u00e9rieur. Ainsi, l\u2019activit\u00e9 \u00e9ternelle du principe immobile est le niveau le plus \u00e9lev\u00e9 de l\u2019existence aristot\u00e9licienne. Quelle est cette activit\u00e9? La meilleure activit\u00e9, selon Aristote, ne peut \u00eatre que la pens\u00e9e, car la pens\u00e9e parfaite n\u2019a besoin d\u2019autre chose que d\u2019elle-m\u00eame. Et l\u2019activit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e, qui met en mouvement le cosmos tout entier, est l\u2019activit\u00e9 de la pens\u00e9e. Puisque la meilleure pens\u00e9e doit aussi avoir le meilleur objet, cette pens\u00e9e ne peut penser qu\u2019\u00e0 elle-m\u00eame. Cette pens\u00e9e est la vie du commencement; nous parvenons parfois \u00e0 nous \u00e9lever \u00e0 une telle activit\u00e9, mais elle lui est inh\u00e9rente par nature, elle se produit de mani\u00e8re n\u00e9cessaire et toujours. La doctrine de l\u2019esprit pensant sur lui-m\u00eame couronne la premi\u00e8re philosophie, montrant qu\u2019il serait totalement erron\u00e9 de consid\u00e9rer Aristote comme une personne totalement affranchie de l\u2019influence de Platon. Bien s\u00fbr, Aristote critique la th\u00e9orie des id\u00e9es de Platon, mais sa doctrine de la forme comme essence d&rsquo;une chose, de la cause finale se dressant au-dessus de la mati\u00e8re, sa doctrine de la mati\u00e8re, transformant celle-ci en pure possibilit\u00e9 de changement, enfin,son enseignement sur l&rsquo;esprit comme la meilleure essence, compl\u00e8tement d\u00e9pourvue de mati\u00e8re et existant \u00e9ternellement, t\u00e9moigne du fait que, malgr\u00e9 toutes les critiques de Platon, Aristote reste platonicien, que les enseignements des fondateurs de l&rsquo;Acad\u00e9mie et du Lyc\u00e9e repr\u00e9sentent des parties de un tout unique, l&rsquo;id\u00e9alisme grec classique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9thique.<\/strong> L&rsquo;\u00e9thique est class\u00e9e par Aristote comme une science pratique ; son objectif n&rsquo;est pas la connaissance th\u00e9orique abstraite, mais l&rsquo;accomplissement d&rsquo;actions. L&rsquo;\u00e9thique ne concerne donc pas la connaissance exacte ; ses sujets sont assez flous et pleins d&rsquo;incertitudes, et sont donc compris de mani\u00e8re plut\u00f4t approximative. On ne peut pas exiger, dit Aristote, la m\u00eame rigueur dans la preuve d&rsquo;un g\u00e9om\u00e8tre et d&rsquo;un rh\u00e9teur. Le sujet de l\u2019\u00e9thique est le bien, ce vers quoi tend chaque action et chaque choix (\u03c0\u03c1\u03bf\u03b1\u03af\u03c1\u03b5\u03c3\u03b9\u03c2). Tous les arts sont orient\u00e9s vers leur but et leur bien, il existe donc de nombreux objectifs de ce type, mais en m\u00eame temps, certains arts sont subordonn\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il existe une certaine hi\u00e9rarchie des arts et, par cons\u00e9quent, leurs objectifs ou leurs avantages. Nous d\u00e9sirons un bien en soi, et nous choisirons tous les autres uniquement pour le poss\u00e9der. Ce bien sera le plus \u00e9lev\u00e9. Puisque pour Aristote l&rsquo;art le plus \u00e9lev\u00e9, auquel les autres sont subordonn\u00e9s, est l&rsquo;art politique, alors le bien qu&rsquo;il poursuit, le bien de l&rsquo;\u00c9tat ou du peuple, s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le bien pratique le plus \u00e9lev\u00e9, \u00e0 la r\u00e9alisation duquel tous les autres sont subordonn\u00e9. Comme Platon, Aristote estime que le bien de la cit\u00e9 d\u00e9passe le bien de l\u2019individu, car le tout ne doit pas exister pour le bien de la partie, mais la partie pour le bien du tout. \u00abLe bien d\u2019une personne est certes d\u00e9sirable, mais le bien des peuples et des \u00c9tats est plus beau et plus divin.\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Concernant le but, la bont\u00e9 et le bonheur, il existe trois modes de vie principaux. Les gens les plus grossiers et les plus vulgaires aspirent au plaisir, comme le b\u00e9tail. D\u2019autres, dignes et actifs, aspirent \u00e0 l\u2019honneur (\u03c4\u03b9\u03bc\u03ae) comme au bien. C&rsquo;est un objectif plus \u00e9lev\u00e9 que le plaisir, mais on ne peut pas le qualifier de compl\u00e8tement parfait. En effet, une personne ambitieuse d\u00e9pend de la reconnaissance des autres, et la bont\u00e9 reste quelque chose d\u2019inh\u00e9rent et d\u2019inali\u00e9nable. Enfin, le dernier mode de vie est la vie contemplative. Aristote mentionne \u00e9galement la vie d&rsquo;un escroc, mais la richesse ne peut pas \u00eatre un objectif autosuffisant, car elle existe toujours pour autre chose. Parlant de bien et de b\u00e9n\u00e9dictions, Aristote ne pouvait se passer d&rsquo;une analyse critique de la doctrine de Platon. l&rsquo;id\u00e9e du bien. L&rsquo;id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du bien ne peut pas exister, puisque le bien est d\u00e9fini dans diverses cat\u00e9gories (essence, qualit\u00e9 et relation), et pour elles il n&rsquo;y a pas d&rsquo;id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. De plus, s&rsquo;il y avait une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du bien, alors il y aurait une science sur cette id\u00e9e. Mais, selon Aristote, il existe de nombreuses sciences qui parlent du bien, puisque l&rsquo;art militaire peut d\u00e9terminer ce qui est opportun et ce qui ne l&rsquo;est pas (bon selon la cat\u00e9gorie du temps), pour la bataille, et l&rsquo;art du m\u00e9decin pour la maladie. De plus, l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 du bien platonicien n&rsquo;y ajoute rien de significatif par rapport aux autres biens, car, dit Aristote, un objet blanc \u00e9ternel n&rsquo;est pas plus blanc qu&rsquo;un objet temporaire. M\u00eame si nous supposons l\u2019existence d\u2019un tel bien, il sera toujours impossible \u00e0 quiconque de le r\u00e9aliser dans ses activit\u00e9s pratiques. Enfin, m\u00eame si un tel avantage existe, il ne contribuera en aucun cas \u00e0 atteindre des objectifs et des avantages sp\u00e9cifiques dans divers arts et m\u00e9tiers. A quoi sert un m\u00e9decin ou un charpentier s&rsquo;il conna\u00eet l&rsquo;id\u00e9e platonicienne du bien en g\u00e9n\u00e9ral?<\/p>\n<p align=\"justify\">Qu&rsquo;est-ce qui est bon pour une personne? Elle r\u00e9side dans une certaine activit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 l&rsquo;homme en tant que tel. Tout comme un menuisier est destin\u00e9 \u00e0 une certaine activit\u00e9 et au r\u00e9sultat de cette activit\u00e9, une personne l\u2019est aussi. Cette activit\u00e9 ne peut pas \u00eatre une activit\u00e9 de nutrition et de croissance, de sensations, car ce n&rsquo;est pas ce qui distingue une personne des autres \u00eatres vivants. Une telle activit\u00e9 sera \u00ab la vie active d\u2019un \u00eatre dot\u00e9 de jugement \u00bb et bien men\u00e9e. La d\u00e9finition principale du bonheur, qui est donn\u00e9e par Aristote, est la suivante : c&rsquo;est l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me conform\u00e9ment \u00e0 la vertu, et s&rsquo;il y a plusieurs vertus, alors selon la plus parfaite d&rsquo;entre elles, et pour toute la vie humaine. . Par cons\u00e9quent, ni un animal ni un enfant ne peuvent \u00eatre heureux, puisqu\u2019ils n\u2019ont pas de jugement et ne peuvent pas, guid\u00e9s par celui-ci, accomplir des actions vertueuses. Cette d\u00e9finition est coh\u00e9rente, selon Aristote, avec la division grecque traditionnelle des biens en biens ext\u00e9rieurs, ceux li\u00e9s au corps et ceux li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, puisque ce sont les biens mentaux qui sont des biens au sens propre. La compr\u00e9hension d&rsquo;Aristote du bonheur est dynamique ; il souligne que le bonheur est une certaine activit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me. On ne peut pas \u00eatre heureux sans effectuer des activit\u00e9s appropri\u00e9es au repos ou pendant le sommeil. L&rsquo;activit\u00e9 selon la vertu ne s&rsquo;oppose qu&rsquo;aux plaisirs grossiers et ext\u00e9rieurs, mais non au plaisir en tant que tel. Il porte en lui du plaisir et il est naturel, et non artificiel ou contre nature. Bien que le bonheur soit une activit\u00e9 de l\u2019\u00e2me, il requiert n\u00e9anmoins des bienfaits ext\u00e9rieurs et des circonstances favorables, car il est impossible d\u2019accomplir des actions merveilleuses sans disposer de moyens. \u00ab Car celui qui est laid en apparence, de mauvaise naissance, seul et sans enfant, n\u2019est gu\u00e8re heureux \u00bb, dit Aristote. Un tel bonheur peut-il \u00eatre d\u00e9truit par toutes sortes de vicissitudes du destin? Aristote r\u00e9pond \u00e0 cette question conform\u00e9ment au bon sens. Bien entendu, les malheurs particuli\u00e8rement graves qui arrivent \u00e0 une personne ne permettront pas de la qualifier de bienheureuse. Mais comme rien ne peut le contraindre \u00e0 commettre des actes odieux, il ne deviendra pas compl\u00e8tement malheureux. Une personne ne peut pas \u00eatre priv\u00e9e de bonheur par les malheurs qui arrivent \u00e0 ses proches.<\/p>\n<p align=\"justify\">Puisque la d\u00e9finition du bonheur est li\u00e9e au concept de vertu, Aristote passe ensuite \u00e0 la consid\u00e9ration des vertus. Pour comprendre la nature des vertus, il faut savoir que l\u2019\u00e2me est divis\u00e9e en trois parties. La partie la plus basse est la partie v\u00e9g\u00e9tale; elle agit principalement pendant le sommeil, lorsqu&rsquo;une personne ne peut accomplir aucune action vertueuse. Cette partie n\u2019a donc rien \u00e0 voir avec la vertu. Dans l&rsquo;\u00e2me restante, deux autres parties sont visibles : la partie qui a le jugement et la partie concupiscible, qui peut agir contrairement \u00e0 la partie rationnelle, mais peut aussi ob\u00e9ir et \u00eatre d&rsquo;accord avec la partie rationnelle. Ce sont les deux derni\u00e8res parties qui sont responsables d\u2019une vie vertueuse. Les vertus sont divis\u00e9es conform\u00e9ment \u00e0 ces parties en vertus mentales (\u03b4\u03b9\u03b1\u03bd\u03bf\u03b7\u03c4\u03b9\u03ba\u03bf\u03cd) et vertus de caract\u00e8re et de caract\u00e8re (\u03ae\u03b8\u03b9\u03ba\u03b1\u03af). Les mentaux incluent la sagesse, l&rsquo;intelligence et la prudence, les moraux incluent la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et la prudence. Les vertus mentales s&rsquo;acqui\u00e8rent par l&rsquo;entra\u00eenement, les vertus morales par l&rsquo;habitude. Les vertus n&rsquo;existent pas en nous par nature, mais non malgr\u00e9 la nature; l&rsquo;habitude m\u00eame de la vertu, selon Aristote, est naturelle. Il est impossible de devenir vertueux sans commettre aucune action; nous acqu\u00e9rons le caract\u00e8re moral appropri\u00e9 uniquement en accomplissant ou en n\u2019accomplissant pas d\u2019actes moraux. Dans l\u2019esprit du sens grec des proportions, Aristote d\u00e9finit la nature des vertus du caract\u00e8re. Pour de telles vertus, l\u2019exc\u00e8s et le manque sont destructeurs, et la possession de la moyenne est b\u00e9n\u00e9fique. Ni un l\u00e2che qui a peur de tout, ni un casse-cou t\u00e9m\u00e9raire qui prend des risques ne peuvent \u00eatre vertueux. Tout comme en mati\u00e8re de nutrition, trop ou pas assez manger sont destructeurs, de m\u00eame dans la vie morale les extr\u00eames sont destructeurs, et le juste milieu est bon. Cependant, nous ne parlons pas d\u2019un milieu abstrait, d\u2019un milieu en g\u00e9n\u00e9ral. Aristote souligne que ce qui est important pour la vertu, c&rsquo;est la moyenne sp\u00e9cifique, qui est la moyenne dans ce cas particulier. Atteindre ce milieu est une chose tr\u00e8s difficile, rater la cible est facile, mais atteindre la cible, c&rsquo;est-\u00e0-dire le milieu, n&rsquo;est pas facile. \u00ab\u00a0&#8230; Et il est possible pour n&rsquo;importe qui d&rsquo;\u00eatre en col\u00e8re, aussi facilement que de donner et de gaspiller de l&rsquo;argent, mais tout le monde n&rsquo;est pas capable de d\u00e9penser pour ce qui est n\u00e9cessaire, autant qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire, quand, pour le plaisir et pour le plaisir, correctement, et ce n\u2019est pas facile. Par cons\u00e9quent, en ce qui concerne l\u2019exc\u00e8s et le manque, la vertu est le milieu (\u03bc\u03b5\u03c3\u03cc\u03c4\u03b7\u03c2), et en ce qui concerne la bont\u00e9, la vertu est le sommet (\u03ac\u03ba\u03c1\u03cc\u03c4\u03b7\u03c2). Cependant, toutes les actions et toutes les passions ne peuvent pas avoir un juste milieu entre l\u2019exc\u00e8s et le manque. Il ne peut y avoir de juste milieu dans la fornication, le vol et le meurtre; ces actions sont mauvaises en tant que telles. Ainsi, les coordonn\u00e9es de la vertu morale peuvent \u00eatre appel\u00e9es exc\u00e8s, manque et milieu, les extr\u00eames \u00e9tant oppos\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames et au milieu. Par nature, nous sommes pr\u00e9dispos\u00e9s \u00e0 l\u2019un des extr\u00eames, donc pour atteindre le milieu, nous devons nous tirer dans la direction oppos\u00e9e. Donc, si quelqu&rsquo;un est naturellement l\u00e2che, alors pour atteindre le milieu,il devrait devenir quelque peu imprudent et audacieux. Il atteindra alors le courage, la perfection et le juste milieu entre ces deux extr\u00eames.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les vertus morales concernent principalement les plaisirs et les douleurs, donc la d\u00e9finition de base d&rsquo;une telle vertu sera la suivante: la vertu est la capacit\u00e9 de faire de son mieux dans tout ce qui concerne les plaisirs et les douleurs, et la d\u00e9pravation est son contraire. De plus, tous les actes qui semblent moraux \u00e0 premi\u00e8re vue ne le sont pas en r\u00e9alit\u00e9. Pour un tel acte, il faut que sa commission remplisse les conditions suivantes : il doit \u00eatre conscient, il doit \u00eatre choisi d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment et pour le bien de l&rsquo;acte lui-m\u00eame, il doit \u00eatre confiant et stable. Aristote d\u00e9finit la vertu comme le fondement moral (disposition) de l&rsquo;\u00e2me, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme celui en vertu duquel nous avons un bon ou un mauvais contr\u00f4le sur nos passions. La question \u00e9thique la plus importante est la question du volontaire (\u03ba\u03bf\u03cd\u03c3\u03b9\u03bf\u03bd) et de l&rsquo;involontaire (\u03ac\u03ba\u03bf\u03cd\u03c3\u03b9\u03bf\u03bd). ), sur le choix <em>(<\/em>\u00a0\u03c0\u03c1\u03bf\u03b1\u03af\u03c1\u03b5\u03c3\u03b9\u03c2\u00a0<em>)<\/em> et la volont\u00e9 (\u03b2\u03bf\u03c5\u03bb\u03ae), discut\u00e9s dans le troisi\u00e8me livre de l&rsquo;\u00c9thique \u00e0 Nicomaque. \u00abForc\u00e9\u00bb ou \u00abviolent\u00bb (puis puxiov), ainsi que involontaire, \u00abne se produisant pas selon le libre arbitre de quelqu&rsquo;un\u00bb (\u03ac\u03ba\u03bf\u03cd\u03c3\u03b9\u03bf\u03bd) est un acte dont la source est ext\u00e9rieure \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cutant de l&rsquo;action, tandis que le L&rsquo;acteur lui-m\u00eame n&rsquo;y contribue en aucune fa\u00e7on. Il existe \u00e9galement des actions mixtes lorsqu&rsquo;une personne commet un certain acte sous la pression des circonstances. Sans ces circonstances, il ne l&rsquo;aurait jamais commis, cet acte ne peut donc pas \u00eatre qualifi\u00e9 d&rsquo;arbitraire, se produisant \u00e0 sa guise. Mais comme il y avait encore ici un certain choix, un tel acte ne peut pas \u00eatre qualifi\u00e9 \u00e0 la fois d&rsquo;involontaire et de violent. Une autre d\u00e9finition importante du terme involontaire est que cela se produit par ignorance. L&rsquo;ignorance devient d\u00e9cisive lorsqu&rsquo;elle concerne la condition et le but d&rsquo;un acte donn\u00e9. Ainsi, en cas de m\u00e9connaissance du but de l&rsquo;action, cette action s&rsquo;av\u00e9rera involontaire, car en faisant quelque chose, la personne ne savait pas \u00e0 quel r\u00e9sultat son action conduirait. Dans le domaine du volontaire, Aristote distingue la sph\u00e8re du choix conscient <em>(<\/em>\u00a0\u03c0\u03c1\u03bf\u03b1\u03af\u03c1\u03b5\u03c3\u03b9\u03c2\u00a0<em>).<\/em>En effet, le choix volontaire est plus large que le choix conscient, car, selon Aristote, les enfants et les animaux agissent volontairement, mais sans choisir consciemment. Le choix conscient se caract\u00e9rise par les caract\u00e9ristiques suivantes. Cela n\u2019est inh\u00e9rent qu\u2019aux \u00eatres qui poss\u00e8dent un raisonnement. Cela n\u2019est jamais associ\u00e9 \u00e0 l\u2019impossible. M\u00eame si l\u2019impossible peut \u00eatre d\u00e9sir\u00e9, comme l\u2019immortalit\u00e9, il ne peut \u00eatre choisi. Par cons\u00e9quent, seules les choses qui sont consid\u00e9r\u00e9es comme d\u00e9pendant du choix sont soumises \u00e0 un choix conscient. Le choix conscient, contrairement au d\u00e9sir, ne porte pas sur un objectif, mais sur les moyens d\u2019atteindre cet objectif. On ne peut pas dire que \u00abje choisis la sant\u00e9 ou le bonheur\u00bb, mais \u00abje d\u00e9sire la sant\u00e9 ou le bonheur et je choisis tel ou tel moyen pour atteindre cet objectif\u00bb. Le choix conscient est \u00e9galement diff\u00e9rent de l&rsquo;opinion, puisque l&rsquo;opinion peut porter sur l&rsquo;\u00e9ternel et l&rsquo;impossible, mais le choix ne peut pas, de plus, le choix est d\u00e9fini en termes de vertueux et de vicieux, et non de vrai et de faux, comme l&rsquo;opinion. Dans ce cas, on peut se faire une v\u00e9ritable opinion sur ce qui est bien, mais choisir non pas cela, mais exactement le contraire \u00e0 cause de la d\u00e9pravation. Ainsi, le choix \u00e9thique, d\u00e9j\u00e0 dans le cadre de l&rsquo;arbitraire, est une d\u00e9cision pr\u00e9liminaire (c&rsquo;est-\u00e0-dire \u03c0\u03c1\u03bf\u03b2\u03b5\u03b2\u03bf\u03c5\u03bb\u03b5\u03c5\u03bc\u03ad\u03bd\u03bf\u03bd), puisqu&rsquo;elle est associ\u00e9e au raisonnement et \u00e0 la r\u00e9flexion. Si le choix \u00e9thique se d\u00e9finit \u00e0 travers la notion de d\u00e9cision, il devient n\u00e9cessaire de comprendre cette derni\u00e8re. Tout d\u2019abord, \u00abla d\u00e9cision est prise sur ce qui d\u00e9pend de nous et se traduit par des actions\u00bb. On ne peut pas prendre de d\u00e9cision sur l&rsquo;espace, ni sur la commensurabilit\u00e9 d&rsquo;une diagonale, ni sur la d\u00e9couverte d&rsquo;un tr\u00e9sor, etc. Nous prenons des d\u00e9cisions sur ce qui d\u00e9pend de nous et ne se produit pas toujours de la m\u00eame mani\u00e8re. En outre, \u00ables d\u00e9cisions portent sur ce qui se passe, g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une certaine mani\u00e8re, mais dont l\u2019issue n\u2019est pas claire et o\u00f9 r\u00e9side l\u2019incertitude\u00bb. La d\u00e9cision, comme le choix, ne concerne pas les objectifs, mais les moyens d&rsquo;atteindre le but, mais la d\u00e9cision pr\u00e9c\u00e8de le choix conscient. \u00ab\u00a0Le sujet de la d\u00e9cision et le sujet du choix ne font qu&rsquo;un, seul le sujet du choix est d\u00e9j\u00e0 strictement d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avance, car ils choisissent consciemment ce qui est approuv\u00e9 lors de la prise de d\u00e9cision.\u00a0\u00bb Ainsi, \u00able sujet d&rsquo;un choix conscient est le sujet d&rsquo;une d\u00e9cision orient\u00e9e vers ce qui d\u00e9pend de nous; en fait, apr\u00e8s avoir pris une d\u00e9cision, nous portons notre jugement et alignons ensuite nos aspirations sur la d\u00e9cision. S\u2019il en est ainsi, et que les actions des vertus sont li\u00e9es aux moyens, alors la vertu et le vice d\u00e9pendent de nous, et on ne peut \u00eatre bon ou mauvais contre sa volont\u00e9. Si une personne ne peut commettre que des actes vicieux et ne peut pas agir vertueusement, cela signifie qu&rsquo;\u00e0 partir de la r\u00e9p\u00e9tition constante d&rsquo;actes vicieux, elle a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9velopp\u00e9 une disposition ou un mode de vie vicieux qui l&rsquo;oblige \u00e0 agir en cons\u00e9quence. Mais le fait qu&rsquo;une personne ait d\u00e9velopp\u00e9 un tel caract\u00e8re est sa propre faute, ses actions arbitraires, qui, s&rsquo;accumulant, ont conduit pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ce caract\u00e8re. Pour devenir vertueux \u00e0 partir d&rsquo;une personne vicieuse, dans la mesure du possible, le d\u00e9sir seul ne suffit pas; il est n\u00e9cessaire d&rsquo;accomplir des actions vertueuses, qui peuvent conduire \u00e0 la formation d&rsquo;un mode de vie vertueux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Outre les vertus de caract\u00e8re ou de caract\u00e8re, caract\u00e9ristiques de la partie irrationnelle de l&rsquo;\u00e2me, Aristote analyse \u00e9galement les vertus mentales qui appartiennent \u00e0 la partie de l&rsquo;\u00e2me qui a la raison. Dans cette partie, il y a \u00e9galement une division en deux types: scientifique ou cognitif (\u03ad\u03c0\u03b9\u03c3\u03c4\u03b7\u03bc\u03bf\u03bd\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd) et raisonnement ou calcul (\u03bb\u03bf\u03b3\u03b9\u03c3\u03c4\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd). Le premier vise les choses \u00e9ternelles, immuables et n\u00e9cessairement existantes, le second &#8211; ce qui peut changer. Les deux parties aspirent \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, mais la partie scientifique vise la v\u00e9rit\u00e9 en tant que telle, la partie raisonn\u00e9e vise la v\u00e9rit\u00e9 qui pr\u00e9suppose des actions et est conforme \u00e0 l&rsquo;aspiration juste. L&rsquo;\u00e2me atteint la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 travers cinq choses : l&rsquo;art, la science, la prudence, la sagesse et l&rsquo;intelligence. Ce sont eux qui d\u00e9terminent les vertus mentales. Aristote consid\u00e8re que le trait distinctif de la science est sa focalisation sur l&rsquo;\u00e9ternel et le n\u00e9cessaire, et sa m\u00e9thode est la preuve. L\u2019art, en tant que type de cr\u00e9ativit\u00e9, vise ce qui peut \u00eatre diff\u00e9rent, dans le but de comprendre \u00abcomment quelque chose na\u00eet de choses qui peuvent exister ou non et dont le commencement se trouve chez le cr\u00e9ateur\u00bb. Ainsi, l\u2019art participe d\u2019un v\u00e9ritable jugement visant la cr\u00e9ativit\u00e9. La discr\u00e9tion n&rsquo;est ni une science ni un art. Ce n&rsquo;est pas une science, puisque ses principes peuvent \u00eatre d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils ne se pr\u00eatent pas \u00e0 la preuve; ce n&rsquo;est pas un art, puisque la prudence ne vise pas la cr\u00e9ation cr\u00e9atrice, mais les actions. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une v\u00e9ritable disposition ou propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me impliqu\u00e9e dans le jugement, visant \u00e0 accomplir des actions bonnes ou mauvaises pour une personne. La prudence, bien entendu, est sous le contr\u00f4le de cette partie de l\u2019\u00e2me qui poss\u00e8de le jugement, qui vise ce qui peut se passer autrement, car les actions humaines ne se rapportent pas \u00e0 ce qui est n\u00e9cessaire. L&rsquo;esprit est une facult\u00e9 qui ne prouve rien, mais conna\u00eet les tout d\u00e9buts de ce qui est \u00e9ternel et n\u00e9cessaire. La sagesse peut \u00e0 la fois prouver et conna\u00eetre des principes, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle est \u00e0 la fois intelligence et science. C&rsquo;est, selon Aristote, la science principale. La sagesse dont parle Aristote n\u2019est pas la sagesse du monde ; la prudence est bien plus proche de cette derni\u00e8re. Vous pouvez \u00eatre sage, c\u2019est-\u00e0-dire un expert des choses les plus pr\u00e9cieuses et les plus divines, mais manquer d\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 pratique. Ainsi, l\u2019art et la prudence appartiennent \u00e0 la partie inf\u00e9rieure, et la connaissance, la sagesse et l\u2019intelligence appartiennent \u00e0 la partie sup\u00e9rieure de l\u2019\u00e2me, qui poss\u00e8de le jugement.<\/p>\n<p align=\"justify\">En s\u2019appuyant sur la doctrine des vertus, Aristote aborde la partie la plus importante de l\u2019\u00e9thique, la doctrine du bonheur. Le bonheur n&rsquo;est pas quelque chose de donn\u00e9, ni une disposition de l&rsquo;\u00e2me, mais une activit\u00e9 qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre choisie en soi, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;on recherche pour elle-m\u00eame. Le bonheur ne peut pas \u00eatre un divertissement, car le divertissement est le repos et l&rsquo;oisivet\u00e9, et le bonheur est une activit\u00e9, et une activit\u00e9 conforme \u00e0 la plus haute vertu, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la vertu de la partie la plus \u00e9lev\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me. Puisque la partie la plus \u00e9lev\u00e9e de l\u2019\u00e2me est l\u2019esprit, le bonheur est une contemplation mentale. L&rsquo;activit\u00e9 contemplative, contrairement \u00e0 nos actions, ne peut \u00eatre interrompue par rien, elle procure le plus grand plaisir, elle se suffit \u00e0 elle-m\u00eame, car un sage, pourvu de tout le n\u00e9cessaire, n&rsquo;a besoin de personne pour sa contemplation. Elle seule est aim\u00e9e pour elle-m\u00eame, car m\u00eame les actions vertueuses peuvent apporter des b\u00e9n\u00e9fices au-del\u00e0 d&rsquo;elles-m\u00eames. La contemplation est sup\u00e9rieure aux vertus \u00e9tatiques et militaires, car elle ne prive pas une personne de loisirs et n&rsquo;est pas choisie pour autre chose. Cette activit\u00e9 de contemplation en nous devrait plut\u00f4t \u00eatre qualifi\u00e9e non pas d\u2019humaine, mais de divine. L\u2019homme vivra dans la contemplation, non pas parce qu\u2019il est humain, mais parce qu\u2019il y a quelque chose de divin en lui. De plus, cette partie m\u00eame est la personne elle-m\u00eame, donc on ne peut pas se limiter aux affaires mortelles et humaines, politiques, militaires et \u00e9conomiques, pour atteindre le bonheur, il faut lutter pour le divin et \u00abs&rsquo;\u00e9lever vers l&rsquo;immortalit\u00e9\u00bb. Le deuxi\u00e8me type de vie heureuse, inf\u00e9rieur, est une vie selon la prudence et les vertus morales. Elle est aussi belle, mais inf\u00e9rieure \u00e0 la premi\u00e8re. Le contemplatif et le sage, puisqu&rsquo;il est humain et vit avec les autres, doit \u00e9galement agir conform\u00e9ment \u00e0 la vertu morale et avoir besoin des choses n\u00e9cessaires, mais sa vie est n\u00e9anmoins de loin sup\u00e9rieure \u00e0 la vie d&rsquo;une personne qui exerce la vertu morale sans contemplation.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.Aristote.<\/em>\u00a0Collection cit. : En 4 vol. M., 1976-1983.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.Aristote.<\/em>\u00a0M\u00e9taphysique. M., 1934.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Zoubov V.P.<\/em>\u00a0Aristote. M., 2000.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4.Akhmanov A.S.<\/em>\u00a0L\u2019enseignement logique d\u2019Aristote. M., 1960.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5. Chanyshev A.N.<\/em>\u00a0Aristote. M., 1987.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Jaeger W.<\/em>\u00a0Aristote. Berlin, 1923.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7.Ross WD<\/em>\u00a0Aristote. Londres, 1964.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.D\u00fcring I.<\/em>\u00a0Aristote. Heidelberg, 1966.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aristote est n\u00e9 en 384\/383 av. e. dans la ville de Stagire en Thrace dans la famille du m\u00e9decin de la cour du roi mac\u00e9donien Aminta I. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit du futur philosophe \u00e9tait sans aucun doute influenc\u00e9 par les traditions de sa famille, la famille des m\u00e9decins h\u00e9r\u00e9ditaires. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u sa formation initiale, Aristote arrive \u00e0 Ath\u00e8nes en 367 et devient membre&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/aristote\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":744,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,180],"tags":[101,103,102],"class_list":{"0":"post-561","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofiaantichnosti","9":"tag-activite","10":"tag-caractere-theorique","11":"tag-creativite"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/561","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=561"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/561\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":921,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/561\/revisions\/921"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/744"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=561"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=561"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=561"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}