{"id":568,"date":"2024-06-08T20:27:04","date_gmt":"2024-06-08T17:27:04","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=568"},"modified":"2025-11-20T20:15:49","modified_gmt":"2025-11-20T17:15:49","slug":"philosophie-de-stoa","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/08\/philosophie-de-stoa\/","title":{"rendered":"Philosophie de Stoa. Z\u00e9non, Chrysippe, Pan\u00e9tius, Posidonius, S\u00e9n\u00e8que, Musonia Rufus, Epict\u00e8te, Marc Aur\u00e8le"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9cole sto\u00efcienne a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e \u00e0 la fin du IVe si\u00e8cle avant JC e. <strong>Zeno,<\/strong> originaire de la ville chypriote de Kitia, qui poss\u00e9dait une colonie ph\u00e9nicienne. Certains \u00e9rudits consid\u00e8rent Z\u00e9non comme \u00e9tant d&rsquo;origine ph\u00e9nicienne. A la fin des dixi\u00e8mes ann\u00e9es du IVe si\u00e8cle, il vient \u00e0 Ath\u00e8nes et se tourne vers la philosophie. Inspir\u00e9 par l&rsquo;image de Socrate dans les M\u00e9moires de X\u00e9nophon, il devient l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve des Cyniques Caisses et gr\u00e2ce \u00e0 cela, l&rsquo;influence des Cyniques colore assez fortement l&rsquo;enseignement \u00e9thique des Sto\u00efciens. Il a \u00e9galement \u00e9cout\u00e9 les conf\u00e9rences de Pol\u00e9mon et Diodore Kronos. Apr\u00e8s cela, il fonda sa propre \u00e9cole, situ\u00e9e dans le c\u00e9l\u00e8bre \u00abPortique h\u00e9t\u00e9roclite\u00bb <em>(tod<\/em>\u00a0\u03c0\u03bf\u03b9\u03ba\u03af\u03bb\u03b7\u00a0<em>),<\/em> peint de fresques par Polygnote. C&rsquo;est de l\u00e0 que l&rsquo;\u00e9cole tire son nom. Z\u00e9non \u00e9tait tr\u00e8s v\u00e9n\u00e9r\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes pour sa pr\u00e9dication de la vertu; apr\u00e8s sa mort, il re\u00e7ut de hautes r\u00e9compenses de la part des citoyens ath\u00e9niens. Les \u00e9tudiants les plus importants de Zeno \u00e9taient Ariston de Chios et Cheryl. Chez Ariston, le courant cynique s&rsquo;est manifest\u00e9 de toutes ses forces. Il a compl\u00e8tement rejet\u00e9 la logique et la physique, appelant \u00e0 s&rsquo;occuper exclusivement de la vertu et du vice. Un autre \u00e9l\u00e8ve c\u00e9l\u00e8bre de Z\u00e9non \u00e9tait Cl\u00e9anthe d&rsquo;Assus, un ancien combattant devenu un fid\u00e8le disciple de Z\u00e9non. Un r\u00f4le particulier dans le d\u00e9veloppement de l&rsquo;\u00e9cole sto\u00efcienne a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 par l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de Cl\u00e9anthe\u00a0<strong>Chrysippe<\/strong>\u00a0de Sol (? 281 &#8211; 208 av. J.-C.), dont le talent global lui a permis de devenir, pour ainsi dire, le deuxi\u00e8me fondateur de la Stoa. C&rsquo;\u00e9tait un \u00e9crivain tr\u00e8s prolifique, cr\u00e9ant 500 lignes chaque jour. Il a d\u00e9velopp\u00e9 un syst\u00e8me complexe de logique sto\u00efcienne et a apport\u00e9 de nombreux changements en \u00e9thique et en physique. Les disciples de Chrysippe \u00e9taient Diog\u00e8ne de S\u00e9leucie et Antipater de Tarse.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\">La p\u00e9riode suivante du d\u00e9veloppement de l&rsquo;enseignement sto\u00efcien (II &#8211; I si\u00e8cles avant JC) est appel\u00e9e le Stoa moyen, contrairement \u00e0 la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente de l&rsquo;Ancien Stoa. Il est repr\u00e9sent\u00e9 par deux personnages principaux, <strong>Panetius<\/strong>\u00a0(? 185\u00a0<strong>&#8211;<\/strong>\u00a0108 avant JC) et\u00a0<strong>Posidonius<\/strong>\u00a0(? 135 &#8211; 51 avant JC). Cette p\u00e9riode a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par un \u00e9cart par rapport \u00e0 certaines dispositions de l&rsquo;ancien dogme sto\u00efcien, l&rsquo;\u00e9clectisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire une combinaison de doctrines sto\u00efciennes avec des \u00e9l\u00e9ments individuels des enseignements de Platon et d&rsquo;Aristote, et une orientation vers Rome en tant que nouveau centre de civilisation.<\/p>\n<p align=\"justify\">Enfin, la derni\u00e8re \u00e9tape importante fut ce qu&rsquo;on appelle le \u00absto\u00efcisme romain\u00bb (Ier-IIe si\u00e8cles apr\u00e8s J.-C.), repr\u00e9sent\u00e9 par les noms de <strong>S\u00e9n\u00e8que, Musonius Rufus, Epict\u00e8te<\/strong>\u00a0et l&#8217;empereur\u00a0<strong>Marc Aur\u00e8le.<\/strong> Les aspects logiques et physiques de l&rsquo;enseignement sto\u00efcien n&rsquo;ont pratiquement pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9s durant cette p\u00e9riode. L&rsquo;\u00e9thique du sto\u00efcisme vient au premier plan, comprise avant tout comme un art pratique visant \u00e0 parvenir \u00e0 une vie heureuse. Il n&rsquo;y a pratiquement eu aucun changement conceptuel au cours de cette p\u00e9riode, mais les \u0153uvres riches en pens\u00e9es et en \u00e9crits des sto\u00efciens romains sont depuis devenues une partie importante du patrimoine culturel europ\u00e9en. Alors que l&rsquo;on peut juger de la Stoa antique et moyenne uniquement par des fragments et des citations d&rsquo;autres auteurs, les \u0153uvres des sto\u00efciens romains, presque enti\u00e8rement conserv\u00e9es, font partie du fonds d&rsquo;or de la litt\u00e9rature europ\u00e9enne et mondiale. Ils influencent les \u00e9crivains de l&rsquo;Antiquit\u00e9 tardive, les moralistes du Moyen \u00c2ge et de la Renaissance, et continuent de servir de lignes directrices en mati\u00e8re de moralit\u00e9 et de bon style pour de nombreux penseurs et \u00e9crivains du Nouvel \u00c2ge. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 eux que le mot \u00absto\u00efcien\u00bb avec sa signification unique est entr\u00e9 dans toutes les nouvelles langues.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Division de philosophie.<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La sagesse<\/strong> (\u03c3\u03bf\u03c6\u03af\u03b1) est d\u00e9finie par les sto\u00efciens comme la science (\u03b5\u03c0\u03b9\u03c3\u03c4\u03ae\u03bc\u03b7) des choses divines et humaines. La philosophie est un exercice d&rsquo;un art n\u00e9cessaire; une chose n\u00e9cessaire, selon les sto\u00efciens, est la vertu, qui se divise en trois parties: physique, \u00e9thique et logique. Ainsi, la philosophie est divis\u00e9e en trois parties. Cette division tripartite a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par X\u00e9nocrate, \u00e9tudiant de Platon, suivi en cela par les sto\u00efciens. Ils ont illustr\u00e9 cette division par des comparaisons. Si nous comparons la philosophie \u00e0 un \u00eatre vivant, alors la logique sera des os et des tendons, l\u2019\u00e9thique sera de la chair et l\u2019\u00e2me sera de la physique. Si l\u2019on compare la philosophie \u00e0 un \u0153uf, alors la logique sera la coquille, l\u2019\u00e9thique le blanc et la physique le jaune. Si nous le comparons \u00e0 un domaine fructueux, alors la logique est la cl\u00f4ture, le fruit est l&rsquo;\u00e9thique et la terre et les arbres sont la physique. Cependant, les correspondances changeaient parfois. Par exemple, le sto\u00efcien Posidonius appelait l&rsquo;\u00e9thique l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;un \u00eatre vivant et le jaune d&rsquo;un \u0153uf, et la physique la chair et le blanc. Ces parties ne sont pas s\u00e9par\u00e9es les unes des autres, mais sont interconnect\u00e9es. Une division plus d\u00e9taill\u00e9e de la philosophie a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e par Cl\u00e9anthe. Il divise la philosophie en six parties : dialectique, rh\u00e9torique, \u00e9thique, politique, physique et th\u00e9ologie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Logiques.<\/strong> Puisque le mot grec \u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u03c2 signifiait \u00e0 la fois \u00abparole\u00bb et \u00abraison\u00bb, les sto\u00efciens, lors de la cr\u00e9ation de leur logique, accordaient une grande attention \u00e0 la fois \u00e0 la pens\u00e9e et au langage. La logique \u00e9tait divis\u00e9e en deux parties, la rh\u00e9torique et la dialectique, qui ne s&rsquo;opposaient pas, comme c&rsquo;\u00e9tait le cas par exemple chez Platon. Les rh\u00e9teurs disent plus en d\u00e9tail ce que la dialectique exprime de mani\u00e8re plus concise. Z\u00e9non comparait donc la dialectique \u00e0 un poing et la rh\u00e9torique \u00e0 une paume. Certains sto\u00efciens, outre la dialectique et la rh\u00e9torique, incluaient dans la logique la doctrine de la d\u00e9finition et la doctrine des canons et des crit\u00e8res. La rh\u00e9torique \u00e9tait divis\u00e9e en trois parties: d\u00e9lib\u00e9rative, judiciaire et \u00e9logieuse. La dialectique \u00e9tait divis\u00e9e en l&rsquo;\u00e9tude du son (grammaire) et de sa signification. En grammaire, les sto\u00efciens r\u00e9sument et g\u00e9n\u00e9ralisent les r\u00e9sultats obtenus par les philosophes pr\u00e9c\u00e9dents, notamment Aristote. Les sto\u00efciens ont d\u00e9velopp\u00e9 une doctrine g\u00e9n\u00e9rale du langage, la th\u00e9orie des cas<br \/>\n<a title=\"C'est \u00e0 eux que l'on doit les noms de cas utilis\u00e9s dans toutes les langues europ\u00e9ennes (nominatif, g\u00e9nitif, datif, accusatif).\"><sup>[7]<\/sup><\/a>\u00a0, la th\u00e9orie des parties du discours<br \/>\n<a title=\"Les sto\u00efciens distinguaient le nom, le pr\u00e9dicat, le verbe, le connecteur et l'article.\"><sup>[8]<\/sup><\/a>\u00a0, la th\u00e9orie des temps verbaux et les fondements de la th\u00e9orie de la stylistique. Leur compr\u00e9hension du langage reposait sur la doctrine de son caract\u00e8re naturel, puisque les premiers mots naissaient, selon les sto\u00efciens, de l&rsquo;imitation des choses. \u00c0 cet \u00e9gard, les sto\u00efciens se sont \u00e9galement engag\u00e9s dans des \u00e9tudes \u00e9tymologiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9, selon les sto\u00efciens, \u00e9tait ce qu&rsquo;on appelle le \u00abfantasme cataleptique\u00bb (\u03c6\u03b1\u03bd\u03c4\u03b1\u03c3\u03af\u03b1 \u03ba\u03b1\u03c4\u03b1\u03bb\u03b7\u03c0\u03c4\u03b9\u03ba\u03ae) ou simplement la \u00abperception\u00bb (\u03ba\u03b1\u03c4\u03ac\u03bb\u03b7\u03c8\u03b9\u03c2). Ce que c&rsquo;est? Selon Zeno, le processus de cognition commence lorsque nous recevons une certaine impulsion ou pouss\u00e9e de l&rsquo;ext\u00e9rieur. Cette impulsion agit sur notre \u00e2me, s&rsquo;imprimant en elle. Cette empreinte \u00e9tait appel\u00e9e fantaisie par les sto\u00efciens. Il convient de noter que devant cette influence ext\u00e9rieure, notre \u00e2me est vide, comme une feuille de papier blanche avant d&rsquo;\u00e9crire ou comme de la cire avant qu&rsquo;un sceau y soit grav\u00e9. Apr\u00e8s que l&#8217;empreinte a eu lieu, il s&rsquo;ensuit un accord (\u03c3\u03c5\u03b3\u03ba\u03b1\u03c4\u03ac\u03b8\u03b5\u03c3\u03b9\u03c2) ou un d\u00e9saccord avec elle, qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la connaissance de notre esprit. Nous pouvons \u00eatre d\u2019accord ou non, nous sommes libres d\u2019accepter ou de rejeter l\u2019image que nous recevons de l\u2019ext\u00e9rieur. Si cette image a en elle-m\u00eame la preuve de la chose dont elle est issue, c&rsquo;est-\u00e0-dire si elle est claire et distincte, ne soul\u00e8ve aucun doute, alors en cas de consentement, en cas d&rsquo;acceptation, de perception ou de \u00abcatalepsie\u00bb surgit (\u03ba\u03b1\u03c4\u03ac\u03bb\u03b7\u03c8\u03b9\u03c2 ). Cette perception est similaire \u00e0 celle que nous \u00e9prouvons lorsque nous saisissons quelque chose avec notre main, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle nous procure un contact direct et imm\u00e9diat avec la chose. Finalement, apr\u00e8s avoir re\u00e7u une telle perception, nous la v\u00e9rifions mentalement. Si elle n\u2019est pas r\u00e9fut\u00e9e par la raison, la connaissance na\u00eetra. S\u2019il est r\u00e9fut\u00e9, l\u2019ignorance surgit. Z\u00e9non a d\u00e9montr\u00e9 la relation entre ces \u00e9tapes de notre connaissance \u00e0 travers la main. Ainsi, une paume ouverte symbolise l\u2019image originale imprim\u00e9e en nous. Quand on plie un peu les doigts, cela signifie qu&rsquo;on est d&rsquo;accord avec cette image. Lorsque nous serrant le poing, cela signifie perception. Enfin, lorsque nous serrant ce poing avec la paume de notre main gauche, nous obtenons l&rsquo;image d&rsquo;un savoir scientifique, un savoir que seul un sage peut poss\u00e9der. Ainsi, le d\u00e9but de notre connaissance est une action ext\u00e9rieure, dans laquelle nous ne sommes pas libres. Mais nous pouvons accepter ou rejeter l\u2019image qui appara\u00eet en nous. C&rsquo;est l\u00e0 que notre libert\u00e9 se manifeste. Si nous consid\u00e9rons cette image comme une indication claire de la chose dont elle est issue et si nous y donnons notre accord, nous avons re\u00e7u une perception qui doit alors passer l&rsquo;\u00e9preuve de la raison. Le crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 dans ce sch\u00e9ma est la perception, c&rsquo;est-\u00e0-dire cette image qui communique clairement la chose qui lui a donn\u00e9 naissance et qui a re\u00e7u l&rsquo;approbation.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce sch\u00e9ma de connaissance est pr\u00e9sent\u00e9 de mani\u00e8re quelque peu diff\u00e9rente chez Chrysippe. Selon Chrysippe, le crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas la perception, compos\u00e9e du fantasme cataleptique et de l\u2019approbation, mais le fantasme cataleptique lui-m\u00eame. Le fait est que cette derni\u00e8re, selon Chrysippe, nous oblige n\u00e9cessairement \u00e0 \u00eatre d&rsquo;accord. Si nous percevons quelque chose de mani\u00e8re cataleptique, alors l\u2019accord s\u2019ensuit automatiquement. Par cons\u00e9quent, cela n\u2019a aucun sens de parler du crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 comme d\u2019une combinaison de fantasme cataleptique et d\u2019approbation. Cependant, il a \u00e9galement reconnu la possibilit\u00e9 de cas o\u00f9 certaines circonstances suppl\u00e9mentaires nous obligent \u00e0 rejeter le fantasme cataleptique. Ainsi, lorsque dans la trag\u00e9die \u00abAlceste\u00bb d&rsquo;Euripide, Hercule ram\u00e8ne Alceste d&rsquo;Had\u00e8s et l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 Adm\u00e8te, son mari, celui-ci, malgr\u00e9 la clart\u00e9 et la certitude de l&rsquo;image d&rsquo;Alceste, n&rsquo;accepte pas que ce soit sa femme devant lui, puisqu&rsquo;il savait qu&rsquo;elle \u00e9tait dans l&rsquo;Had\u00e8s, d&rsquo;o\u00f9 ils ne reviennent pas. Cela signifie que dans certaines circonstances, la fantaisie cataleptique ne peut toujours pas \u00eatre approuv\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, m\u00eame si notre connaissance commence par les sensations, elle ne s\u2019arr\u00eate pas aux sensations. Il serait erron\u00e9 de consid\u00e9rer l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie sto\u00efcienne comme sensualiste. Les sensations peuvent avoir diff\u00e9rents degr\u00e9s de clart\u00e9, tandis que la v\u00e9rit\u00e9 doit \u00eatre claire et \u00e9vidente. En plus des sensations involontaires, nous avons le droit d\u2019\u00eatre d\u2019accord ou en d\u00e9saccord avec elles. Cela signifie que dans l&rsquo;activit\u00e9 cognitive, une personne n&rsquo;est pas enti\u00e8rement li\u00e9e aux ph\u00e9nom\u00e8nes agissant sur ses sens. Une personne est libre de connaissance, puisque le dernier mot lui appartient et son consentement.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lorsqu&rsquo;un objet a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 per\u00e7u, le souvenir en reste en nous. L&rsquo;exp\u00e9rience est form\u00e9e de nombreux souvenirs, c&rsquo;est-\u00e0-dire de nombreux id\u00e9es homog\u00e8nes. Les concepts (\u03b5\u03bd\u03bd\u03bf\u03b9\u03bf\u03b1) se forment progressivement \u00e0 partir de nos perceptions, et certains d&rsquo;entre eux se forment d&rsquo;eux-m\u00eames, tandis que d&rsquo;autres sont le r\u00e9sultat de l&rsquo;activit\u00e9 consciente de notre pens\u00e9e. Dans le premier cas, nous formons des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, dans le second, des concepts form\u00e9s artificiellement. La raison\u00a0<em>(<\/em>\u00a0\u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u00a0<em>\u03c2)<\/em>\u00a0se forme progressivement dans l&rsquo;\u00e2me humaine \u00e0 partir de perceptions et d&rsquo;id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales. Sa formation se termine \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de quatorze ans. C&rsquo;est l&rsquo;esprit qui nous ouvre la possibilit\u00e9 de conna\u00eetre non seulement des choses individuelles, mais aussi le monde dans son ensemble.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les concepts les plus \u00e9lev\u00e9s \u00e9taient, selon les sto\u00efciens, les suivants : 1) sujet, 2) qualit\u00e9 ou sujet dot\u00e9 de qualit\u00e9, 3) \u00eatre dans un certain \u00e9tat (\u03c4\u03bf \u03c0\u03ce\u03c2 \u03ad\u03c7\u03bf\u03bd) ou \u00eatre dans un certain \u00e9tat dot\u00e9 de qualit\u00e9 sujet, 4 ) se rapportant \u00e0 quelque chose ou se rapportant \u00e0 quelque chose, \u00e9tant dans un certain \u00e9tat, dot\u00e9 de qualit\u00e9, sujet.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La physique.<\/strong>\u00a0L&rsquo;enseignement physique joue un r\u00f4le essentiel dans le sto\u00efcisme. Nous avons vu que dans les comparaisons faites par les sto\u00efciens, elle jouait le r\u00f4le principal. Cela \u00e9tait d\u00fb au fait qu\u2019aux yeux des sto\u00efciens, il s\u2019agissait d\u2019une doctrine de divinit\u00e9. De plus, une grande partie de la doctrine physique du sto\u00efcisme est tir\u00e9e de la tradition ant\u00e9rieure, principalement d&rsquo;H\u00e9raclite et en partie d&rsquo;Aristote.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les principes de tout ce qui existe, selon les sto\u00efciens, sont l&rsquo;actif et le subissant, ou Dieu et la mati\u00e8re. La mati\u00e8re est ce qui est d\u00e9pourvu de toute qualit\u00e9, compl\u00e8tement passive, pr\u00eate \u00e0 prendre n&rsquo;importe quelle forme, ne se mettant en mouvement que sous l&rsquo;influence d&rsquo;un autre. La mati\u00e8re ne peut pas devenir plus grande ou plus petite ; elle est d\u00e9pourvue de tout changement. Seules ses parties peuvent changer, mais pas lui-m\u00eame. Le principe actif est appel\u00e9 raison\u00a0<em>(<\/em>\u00a0\u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u00a0<em>\u03c2),<\/em>\u00a0situ\u00e9e dans la mati\u00e8re, et Dieu, qui impr\u00e8gne la mati\u00e8re et, la fa\u00e7onnant, cr\u00e9e toutes choses \u00e0 partir d&rsquo;elle. Dieu et la mati\u00e8re sont \u00e9ternels et indestructibles. Si les sto\u00efciens les distinguent, ils ne les s\u00e9parent pas pour autant. L\u2019esprit et la mati\u00e8re sont deux aspects d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le principe le plus important de la physique sto\u00efcienne est l\u2019affirmation selon laquelle tout principe actif ne peut \u00eatre qu\u2019un corps. \u00abTout ce qui agit est un corps\u00bb (Diog\u00e8ne La\u00ebrce, VII, 56). Ainsi, les sto\u00efciens, comme les \u00e9picuriens, s&rsquo;opposent \u00e0 Platon et \u00e0 Aristote, qui reconnaissaient des causes efficientes immat\u00e9rielles. Par cons\u00e9quent, Dieu, agissant comme principe actif, est un corps. Il n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le feu et le souffle. Il ne s\u2019agit pas d\u2019un feu destructeur et d\u00e9vorant, mais d\u2019un feu cr\u00e9ateur, engendrant le monde entier, contenant en lui des \u00ablogoi-semences\u00bb (\u03c3\u03c0\u03b5\u03c1\u03bc\u03b1\u03c4\u03b9\u03ba\u03bf\u03af \u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u03b9), c\u2019est-\u00e0-dire les fondements rationnels de tout ph\u00e9nom\u00e8ne, qui d\u00e9terminent n\u00e9cessairement tout ce qui existe. Ces logoi-graines, puisqu&rsquo;ils sont \u00e9ternels et immuables, ressemblent aux formes aristot\u00e9liciennes et aux id\u00e9es platoniciennes. Mais, \u00e9tant mat\u00e9riels et immanents, ils diff\u00e8rent \u00e0 la fois des formes et des id\u00e9es. Ainsi, tout dans le monde, et le monde lui-m\u00eame dans son ensemble, a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par une cause intelligente, le feu cr\u00e9ateur. Les sto\u00efciens s&rsquo;opposent \u00e0 la th\u00e8se \u00e9picurienne sur l&rsquo;origine al\u00e9atoire du monde. Tout comme un artiste cr\u00e9e habilement son \u0153uvre, y imprimant son talent et son esprit, le feu cr\u00e9ateur cr\u00e9e tout intelligemment et habilement et impr\u00e8gne tout. En m\u00eame temps, le feu cr\u00e9ateur n\u2019est pas en dehors du monde, comme le d\u00e9miurge de Platon. Non, il est lui-m\u00eame en lui, il y a sa partie directrice, directrice et cr\u00e9atrice, la nature et l&rsquo;\u00e2me du cosmos. Les sto\u00efciens l&rsquo;appellent Zeus.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lorsqu&rsquo;il cr\u00e9e le monde, il rend d&rsquo;abord la mati\u00e8re propice \u00e0 la cr\u00e9ation, puis cr\u00e9e les quatre \u00e9l\u00e9ments, le feu, l&rsquo;eau, l&rsquo;air et la terre. Le cosmos na\u00eet lorsque, \u00e0 partir du feu initial, tout se transforme en humidit\u00e9 \u00e0 travers l&rsquo;\u00e9tage interm\u00e9diaire de l&rsquo;air, certaines parties de l&rsquo;eau se condensent jusqu&rsquo;au sol, d&rsquo;autres reviennent \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;air. De ces quatre \u00e9l\u00e9ments naissent toutes les plantes et tous les animaux.<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s un certain temps, le cosmos revient \u00e0 un \u00e9tat de feu, et ce que les sto\u00efciens appelaient un \u00ab feu mondial \u00bb se produit. Tout redevient feu, dans lequel r\u00e9sident les germes de tout ce qui existe, pour ensuite tout recommencer. Encore une fois, tout passera de l&rsquo;\u00e9tat a\u00e9rien \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat humide, c&rsquo;est pourquoi S\u00e9n\u00e8que appelle le feu la fin du monde et l&rsquo;humidit\u00e9 son commencement. Ainsi, la naissance et la mort du cosmos se r\u00e9p\u00e8tent p\u00e9riodiquement et rien de nouveau n\u2019appara\u00eet. Puisque Dieu contient le m\u00eame logoi germe, tous les \u00e9v\u00e9nements du monde se d\u00e9roulent exactement de la m\u00eame mani\u00e8re \u00e0 chaque fois, et ce que Nietzsche dira plus tard est \u00ab l\u2019\u00e9ternel retour du m\u00eame \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le cosmos, cr\u00e9\u00e9 et guid\u00e9 par Dieu et la raison, est lui-m\u00eame un \u00eatre vivant, intelligent et anim\u00e9. Les sto\u00efciens ont prouv\u00e9 ce point de cette fa\u00e7on. Les intelligents, les anim\u00e9s et les vivants valent mieux que les d\u00e9raisonnables, les inanim\u00e9s et les morts. L&rsquo;espace est le meilleur. Le cosmos est donc intelligent, anim\u00e9 et vivant. Un autre argument \u00e9tait le suivant. Ce qui donne naissance aux \u00eatres intelligents est lui-m\u00eame intelligent. L&rsquo;espace donne naissance aux \u00eatres vivants. Cela signifie que l&rsquo;espace est intelligent. L\u2019esprit divin impr\u00e8gne cependant le cosmos tout entier, mais pas dans une mesure \u00e9gale. Dans certaines choses, sa pr\u00e9sence n&rsquo;est perceptible que dans la conception rationnelle qui leur est inh\u00e9rente, tandis que dans d&rsquo;autres, elle se manifeste directement comme un principe directeur. Les sto\u00efciens appelaient le principe directeur du monde entier l\u2019\u00e9ther, le ciel ou m\u00eame le soleil.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le cosmos, selon les sto\u00efciens, est un et unique, limit\u00e9 et sph\u00e9rique. Au-del\u00e0, il y a un vide sans limites, d\u00e9pourvu de corpor\u00e9it\u00e9. Dans le cosmos lui-m\u00eame, il n&rsquo;y a pas de vide; le cosmos est dans une unit\u00e9 compl\u00e8te, conditionn\u00e9 par l&rsquo;accord et la conjugaison du c\u00e9leste et du terrestre.<\/p>\n<p align=\"justify\">La raison divine \u00e9tait identifi\u00e9e par les sto\u00efciens avec le destin (\u03b9): \u00able destin est la raison, selon laquelle le pass\u00e9 \u00e9tait, le pr\u00e9sent est et l&rsquo;avenir sera\u00bb, disait Chrysippe (SVF II 913). La d\u00e9finition classique du destin, appartenant au m\u00eame Chrysippe, \u00e9tait la suivante: \u00abLe destin est une certaine articulation naturelle (\u03c3\u03cd\u03bd\u03c4\u03b1\u03be\u03b9\u03c2) de toute chose, lorsqu&rsquo;une chose suit toujours l&rsquo;autre, et la connexion de cette succession est irr\u00e9sistible\u00bb (Aul Helius, \u039d.A. VII 2). S\u00e9n\u00e8que \u00e9crit: \u00abC&rsquo;est une grande consolation d&rsquo;\u00eatre prisonnier avec le monde entier. Apr\u00e8s tout, ce qui nous ordonnait de vivre et de mourir de cette fa\u00e7on imposait aux dieux la m\u00eame n\u00e9cessit\u00e9. Le cours de tout ce qui est humain et divin \u00e9volue inexorablement. Et le cr\u00e9ateur de tout et le dirigeant lui-m\u00eame, apr\u00e8s avoir esquiss\u00e9 les lois du destin, les suit. Apr\u00e8s avoir command\u00e9 une fois, il ob\u00e9it toujours\u00bb (De prov. 5, 8). Ailleurs, S\u00e9n\u00e8que dit: \u00abSi vous l&rsquo;appelez (Dieu &#8211; D.B. <em>)<\/em> destin (fatum), vous ne vous tromperez pas. Apr\u00e8s tout, le destin n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une s\u00e9rie de causes qui s\u2019encha\u00eenent, mais Dieu est la cause premi\u00e8re de tout, de qui d\u00e9pend tout le reste\u00bb (De benef. IV 7).<\/p>\n<p align=\"justify\">Le point le plus important de la doctrine sto\u00efcienne est la doctrine de la providence (\u03c0\u03c1\u03cc\u03bd\u03bf\u03b9\u03b1). Selon Z\u00e9non, le destin et la providence sont identiques<br \/>\n<a title=\"Comme le dit Th\u00e9odoret (Graec. aff. cur. VI 14, p. 153 Raeder), \u00ab Z\u00e9non de Citium appelait le destin la force motrice de la mati\u00e8re. Il l\u2019appelait la providence et la nature.\"><sup>[9]<\/sup><\/a> . Cela signifie que tout ce qui se passe dans le monde, selon la loi de la n\u00e9cessit\u00e9, est en m\u00eame temps le meilleur, que la divinit\u00e9, qui arrange n\u00e9cessairement le monde, le dirige vers le meilleur et le parfait. Ainsi, tout \u00e9v\u00e9nement d\u00e9coule simultan\u00e9ment et n\u00e9cessairement d\u2019une s\u00e9rie de causes ant\u00e9rieures, en commen\u00e7ant par la premi\u00e8re, et est le meilleur. Dans ce cas, il n\u2019y a et ne peut pas y avoir de mal dans le monde. Tous les sto\u00efciens n&rsquo;\u00e9taient pas d&rsquo;accord avec Z\u00e9non; son \u00e9l\u00e8ve le plus proche Cl\u00e9anthe a limit\u00e9 le principe de la providence. Comme le t\u00e9moigne Chalcidius: \u00abCe qui arrive par le pouvoir de la providence arrive aussi n\u00e9cessairement, mais tout ce qui arrive par n\u00e9cessit\u00e9 n&rsquo;arrive pas par la volont\u00e9 de la providence\u00bb, a soutenu Cl\u00e9anthe (In Tim. p. 144 (SVF I 551)).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, tout dans le monde est arrang\u00e9 de mani\u00e8re opportune. L\u2019inf\u00e9rieur existe pour le sup\u00e9rieur, le pire pour le meilleur. L&rsquo;inanim\u00e9 existe pour l&rsquo;anim\u00e9, l&rsquo;anim\u00e9 pour le rationnel. Ainsi, selon Chrysippe, nous avons \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par les dieux pour eux et pour nous-m\u00eames, les animaux ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s pour nous: des chevaux pour nos guerres et nos batailles, des chiens pour la chasse, et des l\u00e9opards, des ours et des lions pour exercer notre courage. M\u00eame les animaux nuisibles sont cr\u00e9\u00e9s pour notre b\u00e9n\u00e9fice. D&rsquo;apr\u00e8s Plutarque (Sto\u00efc. repugn. 21, p. 1044 d.), Chrysippe disait que les punaises de lit sont utiles pour nous tenir \u00e9veill\u00e9s pendant longtemps, et que les souris nous obligent \u00e0 ne pas tout jeter en d\u00e9sordre. Cependant, certains \u00eatres vivants sont apparus non pas \u00e0 des fins utilitaires, mais pour la beaut\u00e9. Ainsi, selon Chrysippe, le paon est n\u00e9 pour la beaut\u00e9 de sa queue.<\/p>\n<p align=\"justify\">Si tout dans le monde est arrang\u00e9 de mani\u00e8re opportune, d&rsquo;o\u00f9 viennent les troubles et les malheurs, d&rsquo;o\u00f9 vient le mal ? Premi\u00e8rement, disaient les sto\u00efciens, toutes sortes de malheurs peuvent \u00eatre envoy\u00e9s par Dieu aux m\u00e9chants afin d&rsquo;\u00e9clairer les autres par leur exemple. Cependant, une telle solution ne r\u00e9pond pas \u00e0 la question de savoir pourquoi les probl\u00e8mes et les malheurs arrivent aux personnes vertueuses et justes. La deuxi\u00e8me solution propos\u00e9e par les sto\u00efciens \u00e9tait que dans une grande \u00e9conomie mondiale, bien organis\u00e9e, toutes sortes de petits troubles peuvent n\u00e9anmoins survenir. La nature divine donne naissance \u00e0 tout magnifiquement et pour le bien, mais en m\u00eame temps, tout en r\u00e9alisant le bien principal, elle donne simultan\u00e9ment naissance \u00e0 certains d\u00e9fauts. Chrysippe a donn\u00e9 cet exemple. Lors de la cr\u00e9ation de la t\u00eate humaine, la nature l&rsquo;a cr\u00e9\u00e9e intelligemment et soigneusement \u00e0 partir des os les plus fins et les plus petits. Cependant, malgr\u00e9 ce grand art, la t\u00eate s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e en m\u00eame temps fragile et cassante. Ainsi, dans le monde, le mal surgit par hasard, lorsque la nature, tout en cr\u00e9ant ses belles cr\u00e9ations, cr\u00e9e simultan\u00e9ment toutes sortes de difformit\u00e9s et cause des souffrances imm\u00e9rit\u00e9es aux bonnes personnes. Ce qui joue un r\u00f4le dans tout cela, comme le dit S\u00e9n\u00e8que, c&rsquo;est que la mati\u00e8re a ses propres causes. Quoi qu\u2019il en soit, selon les sto\u00efciens, il ne faut pas pr\u00eater attention aux \u00e9checs particuliers de l\u2019esprit divin, mais \u00e0 son succ\u00e8s, pour ainsi dire, strat\u00e9gique. Les sto\u00efciens reconnaissaient le caract\u00e8re probl\u00e9matique de cette solution, mais ils n\u2019avaient pas d\u2019autre choix. Soit, malgr\u00e9 tous les d\u00e9fauts, le monde est toujours structur\u00e9 \u00e0 dessein, soit les atomes et le vide demeurent, le hasard et la n\u00e9cessit\u00e9 m\u00e9canique des \u00e9picuriens. Enfin, selon Chrysippe, il doit y avoir du mal, car sans lui nous ne pourrions pas comprendre et appr\u00e9cier le bien.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le syst\u00e8me du fatalisme sto\u00efcien, une personne n&rsquo;a que la libert\u00e9 d&rsquo;ob\u00e9ir aux lois du monde dans son ensemble et \u00e0 son mouvement. Les sto\u00efciens ont illustr\u00e9 leur compr\u00e9hension de la libert\u00e9 avec l&rsquo;exemple d&rsquo;un chien attach\u00e9 \u00e0 un char. Si un chien court apr\u00e8s un char, il le fait de son plein gr\u00e9, comme s&rsquo;il se rendait compte qu&rsquo;il n&rsquo;a nulle part o\u00f9 aller, et en m\u00eame temps il ob\u00e9it \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de conduire. Si elle refuse et ne veut pas courir, le char la tra\u00eene quand m\u00eame. Ainsi, la libert\u00e9 humaine est une adh\u00e9sion consciente et raisonnable \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9. Comme il est dit dans les versets de pri\u00e8re du sto\u00efcien Cl\u00e9anthe:<\/p>\n<p align=\"justify\">Conduis-moi, Zeus, et toi qui tisse le destin, L\u00e0 o\u00f9 tu es pr\u00e9destin\u00e9 de toute \u00e9ternit\u00e9, Puiss\u00e9-je y aller sans me plaindre. Et si je ne monte pas, \u00e9tant devenu sans valeur, j\u2019y irai quand m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\">(\u00c9pict\u00e8te, Encheiridion, 53).<\/p>\n<p align=\"justify\">Partant du fait que tout ce qui existe est une connexion n\u00e9cessaire de causes et d&rsquo;effets, les sto\u00efciens ont soutenu la possibilit\u00e9 d&rsquo;un manteau et de pr\u00e9dictions de l&rsquo;avenir. Ils ont tent\u00e9 de cr\u00e9er une base scientifique pour la pratique de la pr\u00e9diction, r\u00e9pandue tant en Gr\u00e8ce qu&rsquo;\u00e0 Rome. En g\u00e9n\u00e9ral, leur attitude envers la religion diff\u00e9rait nettement du rejet constant des \u00e9picuriens. Les sto\u00efciens tentent d&rsquo;assimiler la religion ancienne dans leur vision du monde ; ils reconnaissent Dieu, les dieux et les d\u00e9mons. Ils tentent de r\u00e9pondre aux critiques de la religion en all\u00e9gorisant les principales figures du panth\u00e9on et les principaux mythes. Les textes hom\u00e9riques sont sujets \u00e0 une interpr\u00e9tation all\u00e9gorique. Cette assimilation de la religion s&rsquo;effectue sous le signe du panth\u00e9isme. Les nombreux dieux et h\u00e9ros de la Gr\u00e8ce \u00e9taient bien adapt\u00e9s \u00e0 une vision du monde proclamant que tout \u00e9tait divin.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les sto\u00efciens d\u00e9finissaient l&rsquo;\u00e2me humaine comme \u00abl&rsquo;air qui nous est inh\u00e9rent\u00bb (SVF II 774), \u00abl&rsquo;air qui nous est inh\u00e9rent et continu, impr\u00e9gnant tout notre corps\u00bb (SVF II 885). L&rsquo;air m\u00eame de notre \u00e2me \u00e9tait d\u00e9fini comme \u00abchaleur pensante\u00bb (SVF II 779) ou comme feu. L&rsquo;\u00e2me \u00e9tait divis\u00e9e par les sto\u00efciens en huit parties: le principe directeur et directeur, les cinq sensations, la capacit\u00e9 de parler (\u03c6\u03c9\u03bd\u03b7\u03c4\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd) et la capacit\u00e9 de se reproduire (\u03c3\u03c0\u03b5\u03c1\u03bc\u03b1\u03c4\u03b9\u03ba\u03cc\u03bd). Le principe directeur n\u2019est pas dans la t\u00eate, mais dans la poitrine, puisque la voix vient de la poitrine. L&rsquo;\u00e2me, selon les sto\u00efciens, ne peut avoir d&rsquo;incorporalit\u00e9, puisqu&rsquo;elle est air ou feu, et ne peut pas avoir d&rsquo;existence \u00e9ternelle. Lors d&rsquo;un incendie mondial, toutes les \u00e2mes individuelles retournent \u00e0 la nature ardente unique dont elles s&rsquo;\u00e9taient autrefois s\u00e9par\u00e9es<br \/>\n<a title=\"Comme le dit S\u00e9n\u00e8que (Epistulae, 66), \u00ab l\u2019esprit n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une partie de l\u2019esprit divin immerg\u00e9 dans le corps humain \u00bb.\"><sup>[10]<\/sup><\/a>\u00a0. Quant au temps pr\u00e9c\u00e9dant le feu du monde, alors, selon Cl\u00e9anthe, toutes les \u00e2mes existent avant lui, et, selon Chrysippe, seules les \u00e2mes des sages.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9chelle des \u00eatres, selon les sto\u00efciens, ressemble \u00e0 ceci. Le niveau le plus bas, inanim\u00e9, n&rsquo;a qu&rsquo;une propri\u00e9t\u00e9 ou une structure; chez les plantes, la nature (\u03c6\u03cd\u03c3\u03b9\u03c2) s&rsquo;y ajoute comme la capacit\u00e9 de se d\u00e9placer. L&rsquo;\u00e2me appara\u00eet d&rsquo;abord chez les animaux; elle se distingue par sa capacit\u00e9 de repr\u00e9sentation et d&rsquo;attraction. Chez l&rsquo;humain, la raison <em>(<\/em>\u00a0\u03bb\u03cc\u03b3\u03bf\u00a0<em>\u03c2)<\/em>\u00a0s&rsquo;ajoute \u00e0 tout cela .<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9thique.<\/strong> Contrairement \u00e0 \u00c9picure, le premier d\u00e9sir de tout \u00eatre vivant n\u2019est pas le plaisir, mais l\u2019auto-pr\u00e9servation. Ce qui se rapproche le plus de tout \u00eatre vivant est sa propre structure et sa propre conscience. Aucun \u00eatre vivant ne peut se consid\u00e9rer comme un \u00e9tranger; d\u00e8s sa naissance, il repousse tout ce qui est destructeur et nuisible, mais assimile tout ce qui lui est li\u00e9 et proche. Et cela n&rsquo;aurait pas pu se produire si nous n&rsquo;avions pas imm\u00e9diatement un sens et une conscience (sensus) (Cic\u00e9ron, De finibus III 5) de nous-m\u00eames et de notre structure. Le plaisir n\u2019est qu\u2019un effet secondaire (\u03ad\u03c0\u03b9\u03b3\u03ad\u03bd\u03bd\u03b7\u03bc\u03b1) de ce d\u00e9sir originel de conservation. Selon Chrysippe, ce sentiment inn\u00e9 de proximit\u00e9 avec nous-m\u00eames s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 la fois \u00e0 nos parties et \u00e0 notre prog\u00e9niture (Cf. SVF III 179). L&rsquo;amour de sa prog\u00e9niture constitue le fondement de la socialit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;homme est un \u00eatre rationnel, donc il est proche de lui-m\u00eame non seulement en tant qu&rsquo;\u00eatre vivant, mais en tant qu&rsquo;\u00eatre rationnel, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 l&rsquo;homme en lui-m\u00eame, avant tout, sa partie rationnelle est ch\u00e8re. La d\u00e9finition principale d&rsquo;une vie heureuse \u00e9tait la formule \u00abvie selon la nature\u00bb, qui \u00e9tait comprise comme \u00abvie selon la raison\u00bb et \u00abvie selon la vertu\u00bb. Le fondateur du sto\u00efcisme, Z\u00e9non, parlait simplement d&rsquo;une vie harmonieuse, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;absence de d\u00e9saccords dans l&rsquo;\u00e2me d&rsquo;une personne vertueuse, son accord avec lui-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec son esprit. Cl\u00e9anthe, l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve de Z\u00e9non, ajouta \u00e0 la \u00abvie harmonieuse\u00bb les mots \u00abavec la nature\u00bb (tr \u03c6\u03cd\u03c3\u03b5\u03b9), signifiant une vie conforme \u00e0 la loi g\u00e9n\u00e9rale r\u00e9gissant l&rsquo;Univers. Chrysippe a concili\u00e9 ces deux approches, comprenant la \u00abnature\u00bb \u00e0 la fois comme une loi g\u00e9n\u00e9rale et comme la nature de chaque personne. Puisque la nature de chacun de nous fait partie de la nature du monde, il n\u2019y a aucune contradiction entre ces significations. Conform\u00e9ment \u00e0 cette doctrine du but de la vie, les sto\u00efciens d\u00e9finissaient la vertu comme \u00abun \u00e9tat de l&rsquo;\u00e2me en accord avec elle-m\u00eame\u00bb (Diog\u00e8ne Laertius, VII 89), comme \u00abun \u00e9tat de l&rsquo;\u00e2me, gr\u00e2ce \u00e0 la raison, conforme au respect\u00bb \u00e0 toute vie (Cl\u00e9ment d&rsquo;Alexandrie, Paedagogus I 13), ou comme \u00abl&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e2me \u00e9tant en accord avec elle-m\u00eame concernant toute vie\u00bb (Stobeus, II p. 60, 7-8 W). Ainsi, la vie parfaite consiste dans l\u2019accord avec soi-m\u00eame et avec la loi g\u00e9n\u00e9rale qui impr\u00e8gne tout, dans l\u2019accord de notre partie rationnelle et de l\u2019esprit du monde. Ce sera la vertu de l&rsquo;heureux \u00e9lu et le bon d\u00e9roulement de sa vie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les sto\u00efciens consid\u00e9raient la vertu comme \u00e9tant exclusivement le bien. Z\u00e9non le dit ainsi. \u00abTout ce qui existe est bon, mauvais ou indiff\u00e9rent.\u00a0 Sont bons: la compr\u00e9hension, la chastet\u00e9, la justice, le courage et tout ce qui est vertu ou qui participe \u00e0 la vertu. Mauvais &#8211; d\u00e9raison, d\u00e9brid\u00e9, injustice, l\u00e2chet\u00e9 et tout ce qui est vice ou impliqu\u00e9 dans le vice. Sont indiff\u00e9rents: la vie et la mort, la gloire et la disgr\u00e2ce, la souffrance et le plaisir, la richesse et la pauvret\u00e9, la maladie et la sant\u00e9, et tout le reste\u00bb (Stobeus, Ecl. II p. 57, 18 W). S\u00e9n\u00e8que \u00e9crit: \u00abLe plus grand bien est le moralement beau (honestum). Et j&rsquo;ajouterai, pour que vous soyez encore plus surpris: le moralement beau est le seul bien\u00bb (Epistulae 71, 4). Ainsi, tout ce qui est n\u00e9cessaire pour une vie heureuse est contenu uniquement dans la vertu; la vertu suffit enti\u00e8rement au bonheur et se suffit \u00e0 elle-m\u00eame. La base de toute vertu est la raison. Il n\u2019y a pas de diff\u00e9rence entre les diff\u00e9rents biens, c\u2019est-\u00e0-dire entre les vertus, aucun d\u2019eux n\u2019est meilleur ou pire que l\u2019autre. De la m\u00eame mani\u00e8re, tous les vices sont pareils, parmi eux il n\u2019y a ni meilleur ni pire. Contrairement aux autres arts, la sagesse, c\u2019est-\u00e0-dire une vie vertueuse, a son but en elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\">La zone d&rsquo;indiff\u00e9rence \u00e9tait divis\u00e9e par les sto\u00efciens en deux types: pr\u00e9f\u00e9rable (\u03c0\u03c1\u03bf\u03b7\u03b3\u03bc\u03ad\u03bd\u03b1) et non pr\u00e9f\u00e9rentiel (\u03ac\u03c0\u03c1\u03bf\u03b7\u03b3\u03bc\u03ad\u03bd\u03b1). Bien que pour une vie heureuse, l&rsquo;indiff\u00e9rent ne puisse apporter aucun b\u00e9n\u00e9fice, pour la vie ordinaire, le choix de l&rsquo;indiff\u00e9rent semblait important aux sto\u00efciens et n\u00e9cessitait une justification. Ainsi, la vie, la sant\u00e9, la force, la richesse, la renomm\u00e9e, la bonne naissance \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme pr\u00e9f\u00e9rables, et leurs oppos\u00e9s \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme d\u00e9pr\u00e9ciables. Pour une vie vertueuse, tout cela \u00e9tait indiff\u00e9rent aux sto\u00efciens. Certains sto\u00efciens (Ariston de Chios) sont all\u00e9s encore plus loin et ont compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9 toute distinction entre le pr\u00e9f\u00e9rable et le non pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, poussant la vision sto\u00efcienne du bien \u00e0 sa conclusion logique.<\/p>\n<p align=\"justify\">La vertu \u00e9tait d\u00e9finie par les sto\u00efciens comme \u00abune certaine perfection de tout \u00eatre\u00bb (Diog\u00e8ne La\u00ebrce, VII 90) et comme \u00abune certaine disposition et force du principe directeur de l&rsquo;\u00e2me d\u00e9coulant de la raison\u00bb (Plutarque, De virt. mor. 3 ). Chaque personne a par nature une pr\u00e9disposition \u00e0 la vertu ou, comme le dit Cic\u00e9ron, \u00abdes germes inn\u00e9s de vertus\u00bb (Cic\u00e9ron, Tusc. disp. III 1,2). Ainsi, la vertu nous est inn\u00e9e et existe de la nature, tandis que le vice et le mal ne peuvent venir que de l\u2019ext\u00e9rieur et repr\u00e9senter une perversion (\u03b4\u03b9\u03b1\u03c3\u03c4\u03c1\u03bf\u03c6\u03ae, perversio) de la nature.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les principales vertus, comme d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es, \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es par les sto\u00efciens comme \u00e9tant la compr\u00e9hension, la justice, la prudence et le courage. Dans un certain sens, la justice, la prudence et le courage \u00e9taient des vari\u00e9t\u00e9s de compr\u00e9hension. Ainsi, Z\u00e9non a d\u00e9fini la justice comme la compr\u00e9hension en mati\u00e8re de distribution, la prudence comme la compr\u00e9hension des objets de choix, le courage comme la compr\u00e9hension de ce qui doit \u00eatre endur\u00e9. Mais il ne croyait toujours pas que la compr\u00e9hension \u00e9tait la seule vertu et qu&rsquo;il ne fallait pas parler des autres, comme le penserait Ariston de Chios. Les vertus ne sont pas s\u00e9parables les unes des autres, et celui qui poss\u00e8de au moins une vertu les aura toutes. La vertu ne peut pas \u00eatre perdue dans un \u00e9tat d\u2019esprit normal, mais dans les troubles mentaux graves, la vertu se perd avec la raison.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;action morale \u00e9tait \u00e9valu\u00e9e par les sto\u00efciens non pas par son r\u00e9sultat, mais par l&rsquo;humeur int\u00e9rieure de celui qui l&rsquo;accomplit. Un acte qui peut para\u00eetre terrible et impossible de l\u2019ext\u00e9rieur peut, du point de vue de l\u2019intention, \u00eatre vertueux et raisonnable.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les r\u00e9alisations importantes de la doctrine \u00e9thique du sto\u00efcisme incluent le d\u00e9veloppement par les sto\u00efciens de la doctrine des passions (\u03c0\u03ac\u03b8\u03b7). La passion a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie par Z\u00e9non comme \u00abun mouvement d\u00e9raisonnable et contre nature de l&rsquo;\u00e2me, ou une attraction qui d\u00e9passe toute mesure\u00bb (Diog\u00e8ne Laertius, VII 110). Cependant, un autre sto\u00efcien \u00e9minent, Chrysippe, a d\u00e9fini les passions comme de faux jugements sur notre partie rationnelle. Selon les sto\u00efciens, il existe quatre grands types de passions : la tristesse, la peur, la luxure et le plaisir. \u00abLe chagrin est une contraction d\u00e9raisonnable, ou une opinion r\u00e9cente de la pr\u00e9sence du mal, \u00e0 cause de laquelle la contraction semble se produire. La peur est un \u00e9vitement ou une fuite irrationnelle de ce qui semble terrible. La luxure est un d\u00e9sir d\u00e9raisonnable ou la poursuite d\u2019un bien apparent. Le plaisir est un essor d\u00e9raisonnable (\u03b5\u03c0\u03b1\u03c1\u03c3\u03b9\u03c2), ou une opinion r\u00e9cente sur la pr\u00e9sence d&rsquo;un bien, en raison de laquelle l&rsquo;essor semble se produire\u00bb (Andronicus, \u03a0\u03b5\u03c1\u03af \u03c0\u03b1\u03b8\u03ce\u03bd \u0399 (SVF III 391)). De ces d\u00e9finitions, il ressort clairement que la passion, d&rsquo;une part, est d\u00e9raisonnable, contraire \u00e0 la raison, et d&rsquo;autre part, les passions sont associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;apparent et non au r\u00e9el. Selon les sto\u00efciens, les passions ne peuvent \u00eatre mod\u00e9r\u00e9es; elles doivent \u00eatre compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9es. C&rsquo;est la diff\u00e9rence entre les sto\u00efciens et Aristote. La destruction des passions est une question de philosophie. Cic\u00e9ron l\u2019exprime ainsi: \u00abC\u2019est ce que fait la philosophie. Elle gu\u00e9rit les \u00e2mes, \u00e9limine les soucis vides, les lib\u00e8re des convoitises, chasse les peurs\u00bb (Cic\u00e9ron, Tusc. disp. II 4, 11). Les sto\u00efciens opposaient les passions \u00e0 la \u00abbonne souffrance\u00bb (\u03b5\u03cd\u03c0\u03ac\u03b8\u03b5\u03b9\u03b1\u03b9), \u00e0 la joie, \u00e0 la prudence et \u00e0 la \u00abbonne volont\u00e9\u00bb (\u03b2\u03bf\u03cd\u03bb\u03b7\u03c3\u03b9\u03c2), qui diff\u00e8rent des passions en ce qu&rsquo;elles ne contredisent pas la raison, mais sont d&rsquo;accord avec elle (\u03b5\u03b0\u03bb\u03bf\u03b3\u03b1\u03bd). La compassion et le repentir ne faisaient pas partie, selon les sto\u00efciens, des \u00abbonnes souffrances\u00bb et auraient d\u00fb \u00eatre rejet\u00e9s. Puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a rien d&rsquo;interm\u00e9diaire entre la raison et la d\u00e9raison, entre la vertu et le vice, alors tous les hommes sont strictement divis\u00e9s en deux types: les sages et les insens\u00e9s. M\u00eame ceux qui s\u2019efforcent de s\u2019am\u00e9liorer moralement, mais n\u2019y sont pas parvenus (\u03bf\u03af \u03c0\u03c1\u03bf\u03ba\u03cd\u03c0\u03c4\u03bf\u03bd\u03c4\u03b5\u03c2), devraient \u00eatre class\u00e9s comme d\u00e9raisonnables et mauvais. Un sage a toutes les vertus, ne fait que les bonnes choses et ne commet jamais d\u2019erreurs. L&rsquo;opinion lui est \u00e9trang\u00e8re, puisque sa connaissance est approfondie et ferme, tout comme l&rsquo;ignorance. Le sage n\u2019est pas insensible, mais impartial. Il peut ressentir de la douleur et de la peur, mais il ne les acceptera pas dans son \u00e2me. Un sage peut tout faire, car il fera tout parfaitement et conform\u00e9ment \u00e0 la nature. Il peut vivre en soci\u00e9t\u00e9, se marier, donner naissance \u00e0 des enfants, car tout cela ne peut en aucun cas porter atteinte \u00e0 sa libert\u00e9. Il est si libre qu\u2019il peut m\u00eame manger de la chair humaine si la raison le justifie. Seul un homme sage est un vrai roi, car un roi doit savoir ce qui est bien et ce qui est mal. Seul un sage est un v\u00e9ritable juge ou orateur. Le sage sto\u00efcien ne plaint personne et ne pardonne \u00e0 personne, car cela contredit sa compr\u00e9hension du devoir. Seul le sage est riche, beau et heureux. Le sage a droit \u00e0 sa propre vie, qu&rsquo;il peut laisser soit \u00e0 la patrie, soit \u00e0 des amis,ou en raison d&rsquo;une maladie grave et incurable. Un sage est un ph\u00e9nom\u00e8ne extr\u00eamement rare, mais pas impossible, sur terre. Selon S\u00e9n\u00e8que, il na\u00eet une fois tous les cinq cents ans.<\/p>\n<p align=\"justify\">La base de l&rsquo;enseignement sto\u00efcien sur la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait l&rsquo;affirmation selon laquelle chaque personne s&rsquo;efforce par nature de se pr\u00e9server, prend soin de elle-m\u00eame et de ce qui lui est proche. De cet amour de soi na\u00eet l\u2019amour des siens et, finalement, de l\u2019humanit\u00e9 dans son ensemble. Puisque notre v\u00e9ritable \u00abje\u00bb est l\u2019esprit, que chaque personne poss\u00e8de \u00e9galement, alors notre amour pour nous-m\u00eames est, en fait, l\u2019amour pour une personne en tant que telle. De l\u00e0 na\u00eet le d\u00e9passement, dans le cadre du sto\u00efcisme, de la division entre amis et ennemis, entre Grecs et barbares.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.<\/em>\u00a0Stoicorum veterum fragmenta, coll. J.Arnim. Vol. I\u2014III. Lipsiae, 1903-1905.<\/p>\n<p align=\"justify\">2. Fragments des premiers sto\u00efciens. T. I-II (deuxi\u00e8me volume en deux parties) \/ Trans. et comm. A.A. Stolyarova. M., 1998 &#8211; 2002.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Lucius Aney S\u00e9n\u00e8que.<\/em>\u00a0Lettres morales \u00e0 Lucilius. M, 1977.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Marc Aur\u00e8le Antonin.<\/em>\u00a0R\u00e9flexions. L., 1985.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Diog\u00e8ne La\u00ebrce.<\/em>\u00a0Sur la vie, les enseignements et les paroles de philosophes c\u00e9l\u00e8bres. M., 1979.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Stolyarov A. A.<\/em>\u00a0Debout et sto\u00efcisme. M., 1995.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Pohlenz M.<\/em>\u00a0Die Stoa. Bd.I &#8211; IL G\u00f6ttingen, 1948 &#8211; 1949.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9cole sto\u00efcienne a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e \u00e0 la fin du IVe si\u00e8cle avant JC e. Zeno, originaire de la ville chypriote de Kitia, qui poss\u00e9dait une colonie ph\u00e9nicienne. Certains \u00e9rudits consid\u00e8rent Z\u00e9non comme \u00e9tant d&rsquo;origine ph\u00e9nicienne. A la fin des dixi\u00e8mes ann\u00e9es du IVe si\u00e8cle, il vient \u00e0 Ath\u00e8nes et se tourne vers la philosophie. 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