{"id":573,"date":"2024-06-11T20:27:13","date_gmt":"2024-06-11T17:27:13","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=573"},"modified":"2025-11-20T20:15:39","modified_gmt":"2025-11-20T17:15:39","slug":"philosophie-de-lere-de-lempire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/11\/philosophie-de-lere-de-lempire\/","title":{"rendered":"Philosophie de l&rsquo;\u00e8re de l&#8217;empire. N\u00e9opythagorisme, Platonisme moyen, Eudore et Plutarque, N\u00e9oplatonisme, Plotin"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Au premier si\u00e8cle avant JC. e. La R\u00e9publique romaine ach\u00e8ve sa conqu\u00eate de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne et du Moyen-Orient. Les Diadoques furent remplac\u00e9es par la domination romaine, et d\u00e9sormais l&rsquo;Occident et l&rsquo;Orient furent soud\u00e9s par la puissance des l\u00e9gions romaines. Une nouvelle \u00e8re de l\u2019histoire mondiale commence. Cependant, c&rsquo;est la r\u00e9publique qui a conquis le monde entier au premier si\u00e8cle avant JC. e. elle-m\u00eame est secou\u00e9e par des soul\u00e8vements sanglants d\u2019esclaves et des guerres civiles. L&rsquo;aristocratie s\u00e9natoriale de la r\u00e9publique est impuissante \u00e0 conserver le pouvoir entre ses mains; des pr\u00e9tendants au pouvoir unique apparaissent constamment, auxquels la r\u00e9publique mourante ne peut presque rien faire pour s&rsquo;opposer. La mort de milliers de citoyens, l\u2019effondrement de l\u2019\u00e9conomie et la perte de foi dans les id\u00e9aux originellement romains modifient la psychologie du citoyen romain. Il tente d&rsquo;\u00e9chapper au cauchemar sanglant et se dirige vers la vie priv\u00e9e, cherche \u00e0 remplacer les dieux mourants de ses anc\u00eatres par de nouvelles divinit\u00e9s que l&rsquo;Orient lui fournit \u00e0 partir d&rsquo;un certain temps. L&rsquo;intensit\u00e9 de la vie religieuse, que le formalisme romain maintenait pour l&rsquo;instant dans le cadre strict du service des int\u00e9r\u00eats de l&rsquo;\u00c9tat, s&rsquo;accro\u00eet. Dans cette soci\u00e9t\u00e9 en \u00e9volution, il existe une demande pour une nouvelle philosophie, qui aurait pourtant d\u00fb appara\u00eetre comme une vieille philosophie bien oubli\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/11\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-ii-philosophie-de-lantiquite-chapitre-9-philosophie-de-lere-de-lempire\/imperii230624\/\" rel=\"attachment wp-att-759\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-759\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/imperii230624-300x184.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"184\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/imperii230624-300x184.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/imperii230624-768x471.jpg 768w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/imperii230624.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>N\u00e9opythagorisme<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Au 1er si\u00e8cle avant JC e. \u00e9teint au IVe si\u00e8cle est ressuscit\u00e9 avant JC e. Le pythagorisme. Cependant, cela peut \u00eatre qualifi\u00e9 de mani\u00e8re tr\u00e8s relative de renouveau. Le nouveau pythagorisme, premi\u00e8rement, comportait de nombreux \u00e9l\u00e9ments appartenant aux \u00e9coles platonicienne, p\u00e9ripat\u00e9ticienne et sto\u00efcienne. Deuxi\u00e8mement, il s\u2019agissait d\u2019un enseignement beaucoup moins scientifique et beaucoup plus religieux, voire mystique, que l\u2019ancien pythagorisme. Voulant se pr\u00e9senter comme les h\u00e9ritiers des anciens Pythagoriciens et prouver ainsi l&rsquo;antiquit\u00e9 de leurs enseignements, les Pythagoriciens de cette \u00e9poque font passer leurs propres \u0153uvres pour les \u0153uvres de Pythagore et de ses \u00e9l\u00e8ves directs. Combinant les doctrines platonicienne et sto\u00efcienne, les N\u00e9opythagoriciens enseignaient la monade originelle (une) comme principe actif et la dyade (deux) comme mati\u00e8re passive. La monade donne naissance \u00e0 tous les uns, la dyade &#8211; tous les deux. Les nombres form\u00e9s de un et de deux donnent naissance \u00e0 des avions, des avions &#8211; des corps volum\u00e9triques, \u00e0 partir de corps volum\u00e9triques, on obtient des corps dot\u00e9s de poids, c&rsquo;est-\u00e0-dire le monde physique. Dans le cadre du n\u00e9o-pythagorisme, une philosophie religieuse et symbolique se d\u00e9veloppe. Ainsi, selon Moderatus d&rsquo;Had\u00e8s, les anciens Pythagoriciens, ne voulant pas r\u00e9v\u00e9ler leurs secrets \u00e0 la foule, les codaient avec des symboles sp\u00e9ciaux qu&rsquo;il fallait d\u00e9m\u00ealer. Ces symboles sont des nombres, et les math\u00e9matiques ne sont rien d\u2019autre qu\u2019une th\u00e9ologie et une philosophie cach\u00e9es. Pour lui, un d\u00e9signe un symbole d&rsquo;unit\u00e9 et d&rsquo;identit\u00e9, cause de l&rsquo;harmonie et de la constance des choses, tandis que deux est un symbole d&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 et de dissemblance, cause du changement. Selon un autre n\u00e9o-pythagoricien, Nicomaque de G\u00e9rase, qui a \u00e9crit Introduction \u00e0 l&rsquo;arithm\u00e9tique, les nombres existaient comme mod\u00e8les de choses dans l&rsquo;esprit de Dieu avant toute cr\u00e9ation du monde. Son enseignement m\u00eale clairement des \u00e9l\u00e9ments pythagoriciens et la cosmologie du Tim\u00e9e de Platon. Un repr\u00e9sentant remarquable du n\u00e9o-pythagorisme \u00e9tait le c\u00e9l\u00e8bre Apollonius de Tyane, qui v\u00e9cut \u00e0 la fin du premier si\u00e8cle apr\u00e8s JC. e., qui cherchait \u00e0 incarner dans sa vie l&rsquo;id\u00e9al de la moralit\u00e9 pythagoricienne. Pour le paganisme de l&rsquo;Antiquit\u00e9 tardive, cette figure \u00e9tait si importante qu&rsquo;au IIIe si\u00e8cle, sur ordre de l&rsquo;imp\u00e9ratrice Julia Domna, \u00e9pouse de Septime S\u00e9v\u00e8re, fut \u00e9crite sa biographie, dont l&rsquo;image du personnage principal \u00e9tait cens\u00e9e rivaliser avec l&rsquo;image de le J\u00e9sus du Nouveau Testament. Apollonius \u00e9tait d\u00e9peint comme un homme d&rsquo;une \u00e9ducation extraordinaire, \u00e0 la vie morale la plus pure, dot\u00e9 de pouvoirs magiques, qui unissait la religiosit\u00e9 pa\u00efenne de l&rsquo;Orient et de l&rsquo;Occident. Pour autant qu&rsquo;on puisse en juger, Apollonius de Tyane professait un Dieu unique, oppos\u00e9 aux nombreux dieux de la religion populaire. Ce dieu supr\u00eame n&rsquo;avait besoin d&rsquo;aucun sacrifice, il \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 de tout et ne pouvait \u00eatre appel\u00e9 par aucun nom terrestre.<\/p>\n<p align=\"justify\">La figure la plus importante du n\u00e9o-pythagoricisme est sans aucun doute\u00a0<strong>Num\u00e9nius<\/strong> d&rsquo;Apam\u00e9e, un penseur original qui v\u00e9cut dans la seconde moiti\u00e9 du IIe si\u00e8cle apr\u00e8s JC. e. et a eu une \u00e9norme influence sur la philosophie n\u00e9oplatonicienne et en partie sur les \u00abP\u00e8res de l\u2019\u00c9glise\u00bb. Les principales autorit\u00e9s de Num\u00e9nius parmi les philosophes grecs \u00e9taient Pythagore, Socrate et Platon, et Num\u00e9nius consid\u00e9rait les deux derniers Pythagoriciens. Cependant, Pythagore, selon Num\u00e9nius, devait sa sagesse aux \u00abpeuples glorieux\u00bb d\u2019Orient, et Platon \u00e9tait pour lui \u00ab Mo\u00efse parlant le grenier \u00bb. En s&rsquo;appuyant sur Platon, Num\u00e9nius construit sa th\u00e9osophie des trois dieux. Il parle du premier dieu, repr\u00e9sentant le bien pur, l&rsquo;esprit, le commencement de toute essence, le roi qui ne produit rien. Le deuxi\u00e8me dieu est le cr\u00e9ateur du monde, il participe au premier dieu. Le deuxi\u00e8me dieu regarde les prototypes des choses, agit sur la mati\u00e8re et cr\u00e9e le monde visible. Le troisi\u00e8me dieu est la cr\u00e9ation du deuxi\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire le monde. Le premier dieu Num\u00e9nius combine \u00abl\u2019id\u00e9e du bien\u00bb de Platon et \u00abl\u2019Esprit\u00bb d\u2019Aristote; le deuxi\u00e8me dieu est, bien entendu, le d\u00e9miurge du Tim\u00e9e de Platon. Num\u00e9nius opposait strictement le corporel et l&rsquo;incorporel. Dans le domaine de la psychologie, Numenius a enseign\u00e9 l&rsquo;existence de deux \u00e2mes, rationnelle et irrationnelle, pr\u00e9sentes en chaque personne. Il a \u00e9galement enseign\u00e9 l&rsquo;existence de deux \u00e2mes dans le monde, la bonne et la mauvaise. La descente de l&rsquo;\u00e2me dans le corps est pour Num\u00e9nius un mal inconditionnel. Le contraste saisissant entre le corporel et l&rsquo;incorporel, le premier dieu et le deuxi\u00e8me dieu, l&rsquo;\u00e2me bonne et mauvaise a donn\u00e9 lieu \u00e0 parler du dualisme de Num\u00e9nius, et aussi \u00e0 voir dans ce dualisme non pas des influences grecques, mais orientales. Gr\u00e2ce \u00e0 sa doctrine de la transcendance, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00abl&rsquo;au-del\u00e0\u00bb du premier dieu, la doctrine de la divinit\u00e9 m\u00e9diatrice qui cr\u00e9e le monde, la diff\u00e9rence entre les \u00e2mes bonnes et les mauvaises, la synth\u00e8se des doctrines platonicienne et pythagoricienne, la place particuli\u00e8re accord\u00e9e \u00e0 Sagesse orientale, Num\u00e9nius devient l&rsquo;une des figures \u00abcultes\u00bb de la philosophie de l&rsquo;Antiquit\u00e9 tardive.<\/p>\n<p align=\"justify\">La \u00ablitt\u00e9rature herm\u00e9tique\u00bb et les \u00aboracles chald\u00e9ens\u00bb sont adjacents au n\u00e9o-pythagorisme, mais ne se confondent pas avec lui. La litt\u00e9rature herm\u00e9tique est la r\u00e9v\u00e9lation du dieu Herm\u00e8s, par lequel \u00e0 cette \u00e9poque on entend non pas le dieu rural de l&rsquo;ancienne Arcadie, ni m\u00eame la divinit\u00e9 du panth\u00e9on olympique, mais le dieu \u00e9gyptien Thot, qui dans la traduction grecque est devenu \u00abTrois fois le plus grand\u00bb. Herm\u00e8s.\u00a0 Le th\u00e8me principal de la litt\u00e9rature herm\u00e9tique \u00e9tait le salut de l\u2019\u00e2me par la connaissance de sa propre nature divine. Cette connaissance nous fut donn\u00e9e par la r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;Herm\u00e8s, le trois fois plus grand.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u00abOracles chald\u00e9ens\u00bb \u00e9taient des \u0153uvres po\u00e9tiques \u00e9crites \u00e0 la fin du IIe si\u00e8cle par un p\u00e8re et un fils qui portaient le nom commun de Julien. Monstrueux dans leur forme et leur contenu, les hexam\u00e8tres grecs r\u00e9v\u00e9laient la doctrine de la divinit\u00e9 et du salut de l&rsquo;\u00e2me. Les \u00abOracles chald\u00e9en\u00bb, \u00e0 commencer par Porphyre, jouissent d&rsquo;une \u00e9norme autorit\u00e9 parmi les philosophes n\u00e9oplatoniciens, qui voient en eux les sommets d&rsquo;une ascension mystique vers la divinit\u00e9 la plus \u00e9lev\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Platonisme moyen<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Le Moyen Platonisme fait classiquement r\u00e9f\u00e9rence aux enseignements d&rsquo;un groupe de penseurs des Ier-IIe si\u00e8cles. n. BC, qui cherchait \u00e0 d\u00e9velopper la philosophie platonicienne avec l&rsquo;implication et l&rsquo;adaptation des doctrines d&rsquo;autres \u00e9coles. Ce platonisme est dit moyen car il se situe \u00e0 mi-chemin entre les enseignements de l\u2019Acad\u00e9mie de Platon et la philosophie n\u00e9oplatonicienne, apparue au IIIe si\u00e8cle apr\u00e8s JC. e. Les platoniciens moyens ont essay\u00e9 de faire de la philosophie platonicienne une doctrine susceptible d&rsquo;\u00eatre expos\u00e9e et enseign\u00e9e de mani\u00e8re syst\u00e9matique. La ligne directrice pour de nombreux platoniciens moyens \u00e9tait le mod\u00e8le aristot\u00e9licien de philosophie, avec un syst\u00e8me de pr\u00e9sentation d\u00e9velopp\u00e9, avec une coordination relativement stricte des parties de la doctrine. Les platoniciens ne pouvaient pas non plus ignorer le fait que, gr\u00e2ce au d\u00e9veloppement aristot\u00e9licien et sto\u00efcien, la logique avait d\u00e9pass\u00e9 de loin l\u2019\u00e9tat indiff\u00e9renci\u00e9 dans lequel elle se trouvait dans les dialogues de Platon. Pour participer \u00e0 la vie philosophique g\u00e9n\u00e9rale, les platoniciens moyens devaient accepter dans leur enseignement les d\u00e9veloppements logiques, ainsi que physiques et \u00e9thiques, des sto\u00efciens, des sceptiques et des itin\u00e9rants. Cependant, dans le m\u00eame platonisme moyen, il y avait une opposition \u00e0 un tel \u00e9clectisme, un d\u00e9sir de revenir aux sources simples de la cr\u00e9ativit\u00e9 de Platon. D\u2019o\u00f9 le d\u00e9veloppement rapide \u00e0 cette \u00e9poque de la litt\u00e9rature de commentaires sur les dialogues de Platon, qui a eu une \u00e9norme influence sur les commentaires n\u00e9oplatoniciens et, \u00e0 travers eux, sur les \u00e9tudes platoniciennes du Nouvel \u00c2ge. Il est difficilement possible de parler d\u2019un seul syst\u00e8me philosophique platonicien moyen. Un tel syst\u00e8me n&rsquo;existait pas; chez chaque repr\u00e9sentant individuel du platonisme moyen, de l&rsquo;orthodoxie et de l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rodoxie, les philosophes purement platoniciens et les emprunts \u00e0 d&rsquo;autres \u00e9coles \u00e9taient entrelac\u00e9s \u00e0 des degr\u00e9s divers. La propri\u00e9t\u00e9 commune peut \u00eatre appel\u00e9e des points tels que la d\u00e9finition du but de la philosophie comme\u00a0 se comparer \u00e0 la divinit\u00e9\u00a0 du \u00abTh\u00e9\u00e9t\u00e8te\u00bb de Platon (176 b), la doctrine de l&rsquo;esprit comme premier principe de toutes choses, la doctrine de l&rsquo;id\u00e9al les id\u00e9es que l&rsquo;esprit regarde.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Eudore<\/strong>\u00a0d&rsquo;Alexandrie, qui v\u00e9cut \u00e0 la fin du premier si\u00e8cle avant JC,\u00a0peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le fondateur du moyen platonisme .\u00a0e. Il a proclam\u00e9 la \u00abressemblance \u00e0 la divinit\u00e9\u00bb de Platon comme le but de la vie humaine. Dans le domaine de l&rsquo;ontologie, Eudore est un moniste qui a enseign\u00e9 l&rsquo;unit\u00e9 supr\u00eame, d&rsquo;o\u00f9 naissent la monade, principe d&rsquo;ordre et d&rsquo;harmonie, et le deux ind\u00e9fini, d\u00e9but du d\u00e9sordre et de la fragmentation. Dans l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;Eudore, les influences sto\u00efques et p\u00e9ripat\u00e9tiques sont clairement visibles, subordonn\u00e9es, bien entendu, au platonisme pythagoricien. Une figure tr\u00e8s importante du platonisme moyen \u00e9tait le c\u00e9l\u00e8bre <strong>Plutarque<\/strong> de Ch\u00e9ron\u00e9e, qui v\u00e9cut dans la seconde moiti\u00e9 du Ier si\u00e8cle apr\u00e8s JC. e. Remarquable \u00e9crivain historique et moraliste qui a s\u00e9rieusement influenc\u00e9 la culture europ\u00e9enne depuis la Renaissance, Plutarque \u00e9tait aussi un philosophe platonicien qui a laiss\u00e9 un riche h\u00e9ritage philosophique. La belle langue grecque, la douceur de la nature, l&rsquo;amour de la vertu et de la culture, d\u00e9pourvus de rigorisme, ont fait de Plutarque le mentor de nombreuses g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;Europ\u00e9ens instruits. Dans sa philosophie, Plutarque \u00e9tait \u00e9clectique; des \u00e9l\u00e9ments sto\u00efciens et pythagoriciens \u00e9taient m\u00e9lang\u00e9s au platonisme qui pr\u00e9valait dans sa vision du monde. Le mysticisme dont \u00e9taient impr\u00e9gn\u00e9es certaines de ses \u0153uvres ne lui \u00e9tait pas non plus \u00e9tranger. Il commenta Platon, \u00e9crivit des ouvrages critiques contre les sto\u00efciens et les \u00e9picuriens et interpr\u00e9ta les cultes religieux grecs et \u00e9gyptiens. Du pythagorisme vivait en lui un amour pour les math\u00e9matiques interpr\u00e9t\u00e9es de mani\u00e8re mystique. En ontologie, Plutarque repr\u00e9sente un dualiste. Il ne pouvait pas accepter, comme Platon, que la divinit\u00e9 soit la cause de tout, et enseignait qu&rsquo;elle n&rsquo;\u00e9tait responsable que du bien pr\u00e9sent dans notre monde. Pour expliquer le mal existant dans le cosmos, il a fait appel \u00e0 une seconde cause qui existe ind\u00e9pendamment du bien, la cause mat\u00e9rielle. Puisque la bonne divinit\u00e9 est s\u00e9par\u00e9e du monde, Plutarque tente de relier Dieu et le monde \u00e0 travers l\u2019enseignement du Tim\u00e9e de Platon sur l\u2019\u00e2me du monde et sur les d\u00e9mons entre les dieux et les hommes. L&rsquo;\u00e2me du monde, si elle est impliqu\u00e9e dans la raison, est bonne, mais elle contient aussi quelque chose qui s&rsquo;oppose au bien. La pr\u00e9sence de d\u00e9mons permet \u00e0 Plutarque d&rsquo;expliquer l&rsquo;interaction des dieux et des hommes, de justifier la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;actions cultuelles, dont Plutarque \u00e9tait un ardent d\u00e9fenseur. Plutarque \u00e9tait un partisan non seulement de la religion grecque, mais aussi de toute autre religion, puisque, selon ses convictions, la m\u00eame raison et la m\u00eame providence op\u00e8rent dans toutes les religions, se r\u00e9v\u00e9lant aux diff\u00e9rents peuples sous diff\u00e9rents signes et symboles. Plutarque n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation naturelle de la religion, lorsque les divinit\u00e9s sont consid\u00e9r\u00e9es comme des symboles d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments naturels. Il pouvait \u00e9galement interpr\u00e9ter les mythes de mani\u00e8re all\u00e9gorique, voyant dans les dieux des symboles de concepts philosophiques, comme c&rsquo;est le cas dans son trait\u00e9 \u00ab Sur Isis et Osiris \u00bb, o\u00f9 Osiris est un symbole du bien et Typhon est un symbole du mal.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le domaine de la psychologie, Plutarque combine des \u00e9l\u00e9ments platoniciens et aristot\u00e9liciens. La division de l&rsquo;\u00e2me peut \u00eatre en trois parties (parties convoitises, volontaires et rationnelles) ou en cinq parties (parties nourrissantes, sensibles, lubriques, volontaires et rationnelles). L&rsquo;esprit est nettement s\u00e9par\u00e9 par Plutarque du reste de l&rsquo;\u00e2me, dans laquelle il suit la psychologie aristot\u00e9licienne, parfois il est identifi\u00e9 au d\u00e9mon inh\u00e9rent \u00e0 toute \u00e2me humaine. En \u00e9thique, Plutarque d\u00e9pend aussi d&rsquo;Aristote. Il consid\u00e8re que la principale vertu \u00e9thique, diff\u00e9rente d&rsquo;une vertu purement th\u00e9orique, est la compr\u00e9hension (\u03c6\u03c1\u03cc\u03bd\u03b7\u03c3\u03b9\u03c2), qui vise le bien et le mal, le d\u00e9sir et l&rsquo;\u00e9vitement, le plaisir et le chagrin. La capacit\u00e9 de trouver la bonne mesure entre exc\u00e8s et carence est une compr\u00e9hension pratique. La sagesse vise ce qui existe ind\u00e9pendamment de l&rsquo;homme, ce qui n&rsquo;est pas compris par la raison pratique, mais par la raison th\u00e9orique et scientifique. Plutarque, contrairement aux sto\u00efciens et selon Aristote, estime que les passions ne peuvent \u00eatre compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une source importante pour notre connaissance du platonisme moyen est l\u2019ouvrage \u00ab Didaskalik \u00bb, dont l\u2019auteur est appel\u00e9 par diff\u00e9rents \u00e9rudits Albinus ou Alcinous. Le Didaskalik est un expos\u00e9 syst\u00e9matique des doctrines platoniciennes, auquel se m\u00eale un grand nombre d&rsquo;enseignements aristot\u00e9liciens et sto\u00efciens. La philosophie est ici divis\u00e9e en parties logiques, th\u00e9oriques et pratiques. La logique est divis\u00e9e en doctrine de la division, doctrine de d\u00e9finition, doctrine d&rsquo;induction et doctrine du syllogisme. La partie th\u00e9orique est divis\u00e9e, comme Aristote, en th\u00e9ologie, physique et math\u00e9matiques. La pratique est divis\u00e9e en \u00e9thique, \u00e9conomie et politique. En th\u00e9ologie, l&rsquo;auteur du Didaskalik distingue trois principes: la mati\u00e8re, les id\u00e9es et le dieu premier. Le premier dieu fa\u00e7onne la mati\u00e8re selon le mod\u00e8le des id\u00e9es qu&rsquo;il regarde. Cependant, les id\u00e9es dans cette \u0153uvre ne sont plus un principe ind\u00e9pendant, mais des pens\u00e9es existant dans l&rsquo;esprit de Dieu. Plotin adh\u00e9rera alors \u00e0 cette th\u00e8se. Lorsque la mati\u00e8re est transform\u00e9e et fa\u00e7onn\u00e9e par Dieu, des formes (\u03b5\u03ca\u03b4\u03b7) apparaissent en elle, reflet d&rsquo;id\u00e9es primordiales. Il y a ici un d\u00e9sir notable de concilier la doctrine platonicienne des id\u00e9es qui existent absolument ind\u00e9pendamment du monde des choses sensorielles, et la doctrine aristot\u00e9licienne de la connexion inextricable des formes ou eidos avec la mati\u00e8re. Apr\u00e8s le premier dieu vient l\u2019esprit, et apr\u00e8s l\u2019esprit vient l\u2019\u00e2me. Ainsi, ici est pr\u00e9par\u00e9e la doctrine des n\u00e9oplatoniciens sur les trois principes fondamentaux de l&rsquo;\u00eatre. En physique, \u00ab Didaskalik \u00bb parle de l\u2019existence \u00e9ternelle du monde. La th\u00e8se du Tim\u00e9e de Platon sur la cr\u00e9ation du monde par le d\u00e9miurge est comprise comme une affirmation de la d\u00e9pendance du monde changeant et en devenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la cause premi\u00e8re et immat\u00e9rielle. Le probl\u00e8me sto\u00efcien de la relation entre le libre arbitre et la n\u00e9cessit\u00e9 mondiale est r\u00e9solu dans le Didaskalik en distinguant nos actions et les r\u00e9sultats de ces actions. Nos actions sont libres et d\u00e9pendent uniquement de notre volont\u00e9, tandis que leurs r\u00e9sultats sont d\u00e9termin\u00e9s par la n\u00e9cessit\u00e9 mondiale. Contrairement aux sto\u00efciens, le d\u00e9sir premier et inh\u00e9rent de l&rsquo;homme est la connaissance et la contemplation du premier bien, et le but de la vie humaine est de devenir semblable \u00e0 une divinit\u00e9. L&rsquo;\u00e9thique est divis\u00e9e en parties th\u00e9oriques et pratiques, qui sont subordonn\u00e9es \u00e0 la seule t\u00e2che d&rsquo;assimiler une divinit\u00e9. Les vertus sont interpr\u00e9t\u00e9es, comme par les sto\u00efciens, comme \u00e9tant interd\u00e9pendantes: si une vertu est pr\u00e9sente, alors toutes les autres le sont \u00e9galement. L&rsquo;auteur de \u00abDidaskalika\u00bb s&rsquo;oppose \u00e9galement \u00e0 \u00abl&rsquo;apathie\u00bb sto\u00efcienne, la doctrine de la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9limination compl\u00e8te des passions, lui pr\u00e9f\u00e9rant la doctrine aristot\u00e9licienne de la mod\u00e9ration des passions (\u00abm\u00e9triopathie\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\">Un repr\u00e9sentant \u00e9minent du platonisme orthodoxe \u00e9tait\u00a0<strong>Atticus,<\/strong> un philosophe de la fin du IIe si\u00e8cle apr\u00e8s JC. e. Atticus a tent\u00e9 de nettoyer le platonisme de cette \u00e9poque de l&rsquo;\u00e9clectisme, c&rsquo;est-\u00e0-dire des \u00e9l\u00e9ments \u00e9trangers \u00e0 la philosophie platonicienne, principalement des emprunts \u00e0 Aristote. Atticus s&rsquo;est fermement oppos\u00e9 \u00e0 voir dans les enseignements d&rsquo;Aristote l&rsquo;ach\u00e8vement et l&rsquo;ach\u00e8vement de la philosophie de Platon. Il s\u2019est oppos\u00e9 \u00e0 la doctrine aristot\u00e9licienne de la divinit\u00e9, dans laquelle il n\u2019y a pas de doctrine de la providence, en l\u2019opposant \u00e0 la th\u00e9ologie des \u00abLois\u00bb de Platon, \u00e0 la doctrine d\u2019Aristote sur l\u2019\u00e9ternit\u00e9 et l\u2019inexistence du monde, qui contredit l\u2019interpr\u00e9tation litt\u00e9rale du \u00abTim\u00e9e\u00bb de Platon. Atticus s&rsquo;est \u00e9galement oppos\u00e9 \u00e0 la doctrine aristot\u00e9licienne de l&rsquo;\u00e2me, qui rendait l&rsquo;\u00e2me mortelle et d\u00e9pendante du corps. Atticus croyait \u00e0 juste titre que la doctrine de l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me constitue le centre principal de la philosophie platonicienne, dont d\u00e9pendent \u00e0 la fois la cosmologie et l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie. La doctrine d&rsquo;Aristote sur l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;esprit contredit \u00e0 elle seule la position de Platon selon laquelle l&rsquo;esprit ne peut na\u00eetre que dans l&rsquo;\u00e2me. Les id\u00e9es, selon Atticus, existent dans l\u2019esprit de Dieu, ce sont des entit\u00e9s \u00e9ternelles, et la critique d\u2019Aristote \u00e0 leur \u00e9gard lui semble infond\u00e9e. Atticus identifiait l&rsquo;id\u00e9e du bien dans la R\u00e9publique de Platon avec le d\u00e9miurge du Tim\u00e9e et consid\u00e9rait l&rsquo;\u00e2me mauvaise ou mal\u00e9fique comme le d\u00e9but de la mati\u00e8re. Cependant, purgeant compl\u00e8tement le p\u00e9ripat\u00e9tisme du platonisme, Atticus pencha imperceptiblement vers le sto\u00efcisme, d&rsquo;o\u00f9, par exemple, de telles d\u00e9clarations: \u00abune certaine force anim\u00e9e impr\u00e9gnant l&rsquo;Univers, reliant et unissant tout\u00bb (Eus\u00e8be de C\u00e9sar\u00e9e, Pr. ev. XV, 12, 3 ). Ainsi, le platonisme de cette \u00e9poque, m\u00eame lorsqu\u2019il cherchait \u00e0 s\u2019affranchir des influences et des emprunts d\u2019autres \u00e9coles, fut contraint par la n\u00e9cessit\u00e9 historique de combiner des \u00e9l\u00e9ments et des doctrines h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. La faiblesse de la philosophie platonicienne moyenne ne r\u00e9sidait pas dans son exhaustivit\u00e9, mais dans le fait qu\u2019elle \u00e9tait incapable d\u2019unir ces \u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes et de les subordonner \u00e0 un principe unique. Cette t\u00e2che a \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape suivante du d\u00e9veloppement du platonisme, dans la philosophie n\u00e9oplatonicienne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>N\u00e9oplatonisme<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Le n\u00e9oplatonisme est la derni\u00e8re grande r\u00e9alisation de la pens\u00e9e grecque. Du IIIe au VIIe si\u00e8cle. n. e. Les n\u00e9oplatoniciens ont r\u00e9sum\u00e9 le d\u00e9veloppement de la pens\u00e9e ancienne, assimil\u00e9 les enseignements de presque toutes les \u00e9coles et cr\u00e9\u00e9 un vaste corpus de litt\u00e9rature philosophique et de commentaires. Le n\u00e9oplatonisme poursuit le mouvement amorc\u00e9 au Moyen Platonisme vers l&rsquo;unification de la pens\u00e9e platonicienne, p\u00e9ripat\u00e9ticienne et sto\u00efcienne, construite selon un principe unique. Ce principe est devenu la doctrine de l\u2019origine s\u00e9quentielle de tout ce qui existe \u00e0 partir d\u2019une source sup\u00e9rieure. Le monisme des n\u00e9oplatoniciens implique \u00e0 la fois l&rsquo;origine de toute chose \u00e0 partir d&rsquo;un commencement unique, la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de ce commencement, et la s\u00e9quence d&rsquo;\u00e9tapes en lesquelles l&rsquo;existence est divis\u00e9e \u00e0 son origine. Les principales \u00e9tapes du n\u00e9oplatonisme \u00e9taient celle, l&rsquo;esprit et l&rsquo;\u00e2me (\u03c8\u03c5\u03c7\u03ae), qui donne naissance au reste du monde physique. La doctrine de l\u2019Un \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en pr\u00e9paration dans le n\u00e9o-pythagorisme ; les n\u00e9oplatoniciens \u00e9taient \u00e9galement fortement influenc\u00e9s par une interpr\u00e9tation particuli\u00e8re de la deuxi\u00e8me partie du Parm\u00e9nide de Platon, qui traite de l\u2019Un, auquel l\u2019\u00eatre et la connaissance sont \u00e9trangers. N&rsquo;acceptant pas le mat\u00e9rialisme des sto\u00efciens, les n\u00e9oplatoniciens en ont adopt\u00e9 la doctrine du panth\u00e9isme dynamique, selon laquelle le monde entier est reli\u00e9 par une sympathie unique, vivante et divine. Le monisme et la th\u00e9orie des \u00e9tapes ont donn\u00e9 aux n\u00e9oplatoniciens la possibilit\u00e9 d&rsquo;expliquer n&rsquo;importe quelle chose en la pla\u00e7ant sur l&rsquo;une des \u00e9tapes de l&rsquo;origine de l&rsquo;existence. D&rsquo;o\u00f9 le caract\u00e8re syst\u00e9matique du n\u00e9oplatonisme, qui le distingue des \u00e9coles grecques pr\u00e9c\u00e9dentes et devient une anticipation des syst\u00e8mes grandioses de l&rsquo;id\u00e9alisme allemand du XIXe si\u00e8cle. Tout ce qui existe est syst\u00e9matis\u00e9 et, dans le n\u00e9oplatonisme ult\u00e9rieur, class\u00e9 de mani\u00e8re p\u00e9dante. Le n\u00e9oplatonisme, construisant sa synth\u00e8se philosophique et religieuse, s&rsquo;est impos\u00e9 \u00e0 partir de la fin du IVe si\u00e8cle. l&rsquo;arme avec laquelle les derniers repr\u00e9sentants de la culture antique ont tent\u00e9 d&rsquo;arr\u00eater l&rsquo;attaque destructrice du christianisme. Ils n&rsquo;y sont pas parvenus, cependant, ironiquement, une grande partie de la position de la philosophie n\u00e9oplatonicienne, le style de r\u00e9flexion sur les probl\u00e8mes philosophiques et th\u00e9ologiques sont depuis devenus une propri\u00e9t\u00e9 int\u00e9grante du dogme chr\u00e9tien et ont eu une \u00e9norme influence sur le d\u00e9veloppement de la philosophie et th\u00e9ologie dans l\u2019Occident m\u00e9di\u00e9val, l\u2019Orient musulman et l\u2019Empire byzantin. Depuis que le n\u00e9oplatonisme a proclam\u00e9 l&rsquo;incompr\u00e9hensibilit\u00e9 et le caract\u00e8re super-raisonnable du premier principe, le n\u00e9oplatonisme \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9 d&rsquo;un type particulier de mysticisme, le d\u00e9sir de connaissance directe de la divinit\u00e9 sans l&rsquo;aide de la raison et de la raison. La diff\u00e9rence avec de nombreuses autres formes de mysticisme \u00e9tait que. car les n\u00e9oplatoniciens parvenir \u00e0 une union mystique avec l\u2019Un \u00e9tait impensable sans une formation morale et intellectuelle pr\u00e9alable accessible \u00e0 quelques-uns. Contrairement \u00e0 de nombreuses autres \u00e9coles de la fin de l&rsquo;Antiquit\u00e9, la philosophie n\u00e9oplatonicienne \u00e9tait une philosophie aristocratique, ses adeptes \u00e9taient recrut\u00e9s parmi les classes les plus riches et les plus instruites de la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque. En effet, pour se consacrer aux subtilit\u00e9s philosophiques,Seuls ceux pour qui il n&rsquo;y avait pas de besoin particulier de leur pain quotidien pouvaient s&rsquo;abandonner \u00e0 une contemplation d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e du perfectionnement divin et intellectuel. Les n\u00e9oplatoniciens se consid\u00e9raient comme les v\u00e9ritables fils de la Gr\u00e8ce et les derniers gardiens de la grande richesse culturelle de l\u2019Antiquit\u00e9, d\u2019o\u00f9 leur haine du christianisme qui \u00e9tait pour eux des contes de f\u00e9es barbares et stupides pour une foule inculte. Le n\u00e9oplatonisme, malgr\u00e9 son pathos ouvertement antichr\u00e9tien, \u00e9tait destin\u00e9 \u00e0 avoir une tr\u00e8s longue vie. Les textes n\u00e9oplatoniciens ont \u00e9t\u00e9 lus tout au long de l&rsquo;histoire de Byzance, dans certaines traductions arabes, ils ont beaucoup d\u00e9termin\u00e9 la philosophie de l&rsquo;Occident m\u00e9di\u00e9val, ils ont joui d&rsquo;une \u00e9norme popularit\u00e9 \u00e0 la Renaissance, \u00e9clipsant parfois par leur enseignement la v\u00e9ritable pens\u00e9e de Platon et d&rsquo;Aristote, et ont continu\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer de nombreux traits de la science et de la philosophie des temps modernes. La fin de cette \u00e9norme influence du n\u00e9oplatonisme vient en partie avec la destruction de la derni\u00e8re grande synth\u00e8se id\u00e9aliste des temps modernes, la philosophie de Hegel. Cependant, m\u00eame apr\u00e8s cela, l&rsquo;ombre du n\u00e9oplatonisme recouvre parfois l&rsquo;une ou l&rsquo;autre philosophie id\u00e9aliste. Ainsi, le p\u00e8re du n\u00e9oplatonisme, Plotin, a s\u00e9rieusement influenc\u00e9 la philosophie de vie d&rsquo;Henri Bergson.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Plotin<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Plotin a v\u00e9cu dans le turbulent IIIe si\u00e8cle. n. e. (204 &#8211; 270), alors que le syst\u00e8me politique du principat se fissure sous toutes ses coutures, les empereurs sont remplac\u00e9s, parfois sans m\u00eame avoir eu le temps de s&rsquo;asseoir sur le tr\u00f4ne pendant un mois. Les raids d\u00e9vastateurs des barbares, les \u00e9meutes et la famine, la magnifique floraison des superstitions orientales dirig\u00e9es par le christianisme &#8211; tout cela a accompagn\u00e9 la vie de l&rsquo;une des derni\u00e8res grandes figures de la culture antique. Plotin \u00e9tait originaire d&rsquo;\u00c9gypte, a re\u00e7u une bonne \u00e9ducation et s&rsquo;est tourn\u00e9 vers la philosophie \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 28 ans. La philosophie de l\u2019\u00e9poque, remplie d\u2019une combinaison \u00e9clectique d\u2019incompatible et d\u2019un penchant pour la rh\u00e9torique, ne pouvait pas le satisfaire. Il rendit visite \u00e0 de nombreux professeurs philosophes \u00e0 Alexandrie jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il rencontre un philosophe dont nous ne savons presque rien de fiable. C&rsquo;\u00e9tait un certain Ammonius, qui seul plaisait \u00e0 Plotin. C&rsquo;\u00e9tait un platonicien pythagoricien, qui combinait l&rsquo;esprit pythagoricien d&rsquo;asc\u00e9tisme chaste et une approche non dogmatique mais investigatrice de l&rsquo;\u00e9tude de la philosophie. Apr\u00e8s \u00eatre rest\u00e9 onze ans avec Ammonius, Plotin se rendit en Orient avec l&rsquo;arm\u00e9e romaine, voulant, comme l&rsquo;\u00e9crit son \u00e9l\u00e8ve Porphyre, mieux conna\u00eetre les enseignements des Hindous et des Perses. Il n&rsquo;y parvient pas et il vient \u00e0 Rome, o\u00f9 se forme progressivement autour de lui un cercle d&rsquo;\u00e9tudiants, fid\u00e8les \u00e0 la personnalit\u00e9 du professeur et \u00e0 ses enseignements. Plotin n&rsquo;\u00e9crit rien depuis longtemps, se limitant \u00e0 l&rsquo;enseignement oral, mais \u00e0 la demande de ses \u00e9l\u00e8ves il commence \u00e0 \u00e9crire \u00e0 cinquante ans. Les \u0153uvres de Plotin comptent parmi les plus complexes de la litt\u00e9rature philosophique grecque. L\u2019extr\u00eame richesse de la pens\u00e9e, son caract\u00e8re abstrait et l\u2019extraordinaire style lapidaire rendent les textes de Plotin difficiles \u00e0 comprendre. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa vie, Plotin a \u00e9crit de nombreuses \u0153uvres destin\u00e9es non pas \u00e0 tout le monde, mais \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves les plus proches. L&rsquo;un d&rsquo;eux, le Ph\u00e9nicien Porphyre, trente ans apr\u00e8s la mort de son ma\u00eetre, les publierait en les divisant en neuf (\u00abenn\u00e9ades\u00bb) et en les munissant en introduction de la biographie de son ma\u00eetre, qui est pour nous presque la seule. source de connaissances sur la vie de Plotin.<\/p>\n<p align=\"justify\">La biographie de Porfiry nous fait prendre conscience des caract\u00e9ristiques de l\u2019apparence spirituelle de Plotin. On nous pr\u00e9sente un homme accabl\u00e9 de nombreuses maladies, menant une vie asc\u00e9tique dont le seul but est la connaissance philosophique. Il mange peu, dort peu et lit peu \u00e0 cause de sa mauvaise vue. Sa vie se d\u00e9roule en conversations philosophiques avec ses amis, avec lesquels il s&rsquo;adonne \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude des questions philosophiques les plus complexes. Son principal professeur est Platon, dans la philosophie duquel Plotin voit l&rsquo;incarnation de la rationalit\u00e9 et de l&rsquo;\u00e9vidence les plus \u00e9lev\u00e9es. Il \u00e9crit dans un grec pas tout \u00e0 fait correct, m\u00e9prisant les conventions de la rh\u00e9torique et du stylistique de l&rsquo;\u00e9poque. L&rsquo;essentiel dans l&rsquo;\u00e9criture pour lui \u00e9tait l&rsquo;expression du sens philosophique, et non la beaut\u00e9 du style. Pour Plotin, le summum de l\u2019activit\u00e9 intellectuelle \u00e9tait l\u2019extase mystique, l\u2019union avec le commencement unique de toutes choses. Plotin a v\u00e9cu cette exp\u00e9rience d&rsquo;union quatre fois dans sa vie. Pour sa vie pure et son intelligence pratique, qu&rsquo;il poss\u00e9dait \u00e9galement, Plotin \u00e9tait respect\u00e9 parmi l&rsquo;aristocratie romaine de l&rsquo;\u00e9poque, dont beaucoup de repr\u00e9sentants \u00e9taient ses \u00e9tudiants. Il \u00e9tait ami avec l&#8217;empereur Galien et son \u00e9pouse Salonine.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans sa philosophie, Plotin, comme c&rsquo;\u00e9tait typique de son \u00e9poque archa\u00efsante, voulait agir uniquement comme un interpr\u00e8te de Platon, d&rsquo;o\u00f9 la principale division op\u00e9r\u00e9e dans la philosophie plotinienne entre le monde sensoriel et intelligible. Mais contrairement \u00e0 Platon, Plotin enseigne une s\u00e9quence d&rsquo;\u00e9tapes allant du tout premier d\u00e9but (unique) au dernier niveau de l&rsquo;\u00eatre, d\u00e9pourvu de toute qualit\u00e9 de mati\u00e8re. Les trois premiers stades divins sont l&rsquo;un ou le bien, l&rsquo;esprit ou le monde de l&rsquo;intelligible et l&rsquo;\u00e2me. Ils sont suivis par le monde physique, constitu\u00e9 d&rsquo;une \u00e2me mondiale et d&rsquo;un corps mondial; dans ce monde vit une personne, constitu\u00e9e d&rsquo;une seule \u00e2me et d&rsquo;un seul corps, ainsi que d&rsquo;autres \u00eatres vivants. Tout finit, comme on l&rsquo;a d\u00e9j\u00e0 dit, avec la mati\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">Chaque niveau inf\u00e9rieur d\u2019\u00eatre est une manifestation et une activit\u00e9 d\u2019un niveau sup\u00e9rieur. Chaque niveau d&rsquo;\u00eatre d\u00e9pend du niveau sup\u00e9rieur et en est le reflet ou la mise en \u0153uvre. Chaque niveau d&rsquo;\u00eatre donne naissance ou cr\u00e9e, mais cette cr\u00e9ation et cette cr\u00e9ation ne peuvent \u00eatre comprises m\u00e9caniquement. Le processus de cr\u00e9ation est, selon Plotin, la contemplation (\u03b8\u03b5\u03c9\u03c1\u03af\u03b1), tout comme un g\u00e9om\u00e8tre cr\u00e9e des lignes et des figures dans le processus de contemplation et de r\u00e9flexion. Un niveau d&rsquo;\u00eatre inf\u00e9rieur est le reflet, le reflet ou la similitude d&rsquo;un niveau sup\u00e9rieur, tout en lui \u00e9tant inf\u00e9rieur dans son \u00eatre et sa valeur. Plotin illustre le processus de cr\u00e9ation et de cr\u00e9ation par l&rsquo;image d&rsquo;un \u00e9coulement (en latin emanatio), mais dans cet \u00e9coulement sa source ne diminue pas. Ainsi, l\u2019Un cr\u00e9e tout sans subir le moindre changement ni affaiblissement. Une autre image est l\u2019image du soleil \u00e9mettant des rayons de lumi\u00e8re. Dans cette image, Plotin illustre g\u00e9n\u00e9ralement la nature involontaire de la cr\u00e9ation, lorsque la source de la cr\u00e9ation cr\u00e9e tout non pas par une volont\u00e9 consciente, mais par un exc\u00e8s de puissance cr\u00e9atrice, qui ne peut s&#8217;emp\u00eacher de cr\u00e9er. Une autre image est l&rsquo;image du reflet, utilis\u00e9e par Plotin pour souligner le fait que l&rsquo;objet r\u00e9fl\u00e9chi n&rsquo;est en aucun cas affect\u00e9 en lui-m\u00eame par le fait de son reflet dans un autre. Il convient de noter que le processus de cr\u00e9ation est soumis \u00e0 des n\u00e9cessit\u00e9s \u00e0 tous les niveaux. Tout \u00eatre, selon Plotin, est impr\u00e9gn\u00e9 d\u2019un rapport de participation. Chaque niveau est impliqu\u00e9 dans un niveau sup\u00e9rieur et en d\u00e9pend comme cause. Le processus de cr\u00e9ation et de cr\u00e9ation ne se produit pas dans le temps, il est \u00e9ternel. Lorsque la philosophie plotinienne parle de cr\u00e9ation et de cr\u00e9ation, aucun processus temporel n&rsquo;est impliqu\u00e9, mais la d\u00e9pendance d&rsquo;une chose particuli\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de causes sup\u00e9rieures est indiqu\u00e9e. Le commencement de toute chose, selon Plotin, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 dit, est l&rsquo;un ou le bien. Il cr\u00e9e tout le reste sans avoir besoin de cette cr\u00e9ation ni de quoi que ce soit d&rsquo;autre. C&rsquo;est le d\u00e9but de tout, mais ce n&rsquo;est pas tout. Ce n\u2019est pas un existant, mais il est compl\u00e8tement transcendantal, \u00e9tant, selon les mots de Platon, \u00abau-del\u00e0 de l\u2019essence\u00bb. Par cons\u00e9quent, toutes nos d\u00e9finitions et descriptions de l\u2019Un sont conditionnelles, et nous n\u2019avons pas la possibilit\u00e9 de comprendre sa vraie nature dans la pens\u00e9e, les concepts et les d\u00e9finitions, comme c\u2019est le cas pour nous-m\u00eames. Cependant, on peut en dire beaucoup par n\u00e9gation, quand on nie les diff\u00e9rentes d\u00e9finitions appartenant aux niveaux inf\u00e9rieurs. Ainsi, l\u2019Un n\u2019est pas un \u00eatre, ce n\u2019est pas l\u2019esprit et l\u2019\u00e2me. Il est d\u00e9pourvu de toute complexit\u00e9 et composition, il n\u2019y a ni structure, ni pi\u00e8ces, donc c\u2019est extr\u00eamement simple. Il est d\u00e9pourvu de toute forme, certitude quantitative et qualitative, repos et mouvement, ne se situe en aucun lieu, \u00e0 aucun moment, mais il est avant le temps, avant le mouvement, avant le repos. Puisqu&rsquo;il est au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de tout \u00eatre, les lois de la logique ne lui sont pas applicables, par exemple la loi du tiers exclu (il, comme d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, ne bouge ni n&rsquo;est au repos). On peut m\u00eame l&rsquo;appeler uni dans un tout autre sens,que lorsque nous parlons d&rsquo;un ou d&rsquo;un dans le monde sensible ou intelligible. Ce qui ne lui est pas inh\u00e9rent est aussi l&rsquo;\u00eatre, puisqu&rsquo;il est la cause de l&rsquo;\u00eatre, existant avant l&rsquo;\u00eatre. De m\u00eame, le bien ne peut pas lui \u00eatre attribu\u00e9 en tant que qualit\u00e9 ou d\u00e9finition; c&rsquo;est un super-bien, c&rsquo;est-\u00e0-dire, comme l&rsquo;explique Plotin, qu&rsquo;il est bon pour tout le reste, mais pas pour lui-m\u00eame. Nous l\u2019appelons bon uniquement parce que nous ne pouvons le d\u00e9signer autrement. Elle est au-dessus de la beaut\u00e9, elle n\u2019a besoin d\u2019aucune beaut\u00e9, mais la beaut\u00e9 en a besoin. Il est cause de lui-m\u00eame et \u00abn&rsquo;existe\u00bb que gr\u00e2ce \u00e0 lui-m\u00eame; son \u00ab\u00eatre\u00bb co\u00efncide avec ce qu&rsquo;il devrait \u00eatre. En cons\u00e9quence, c\u2019est totalement gratuit. Ce n&rsquo;est pas non plus un genre sup\u00e9rieur, puisque tout genre parle d&rsquo;autre chose, mais celui-ci ne doit parler que de lui-m\u00eame. \u00c9tant le parent et le roi de tout, l&rsquo;Un \u00e9claire et illumine tout, il rend connaissable et compr\u00e9hensible ce qui est dans l&rsquo;esprit. C&rsquo;est le but vers lequel s&rsquo;efforcent toujours l&rsquo;esprit et l&rsquo;\u00e2me, et aussi tout ce qu&rsquo;il produit d&rsquo;autre veut y revenir. Elle ne se soucie pas du tout du monde qu\u2019elle a produit ; toute providence lui est \u00e9trang\u00e8re. Il est aussi en dehors de la pens\u00e9e, il ne pense \u00e0 rien, pas m\u00eame \u00e0 lui-m\u00eame, puisque dans la pens\u00e9e il y a toujours du pensant et du pensable, c&rsquo;est-\u00e0-dire une scission, que par nature on ne peut pas avoir. Toute activit\u00e9 est \u00e9trang\u00e8re \u00e0 l&rsquo;Un. Parce qu\u2019il transcende tout, il est dot\u00e9 d\u2019une puissance infinie qui surpasse tout ce qui est produit. Puisqu&rsquo;il ne peut \u00eatre connu par la connaissance scientifique rationnelle, la seule fa\u00e7on de le conna\u00eetre est le rapprochement, la contemplation directe, un \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me \u00e9rotique particulier.sup\u00e9rieur \u00e0 tout ce qui est produit. Puisqu&rsquo;il ne peut \u00eatre connu par la connaissance scientifique rationnelle, la seule fa\u00e7on de le conna\u00eetre est le rapprochement, la contemplation directe, un \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me \u00e9rotique particulier sup\u00e9rieur \u00e0 tout ce qui est produit. Puisqu&rsquo;il ne peut \u00eatre connu par la connaissance scientifique rationnelle, la seule fa\u00e7on de le conna\u00eetre est le rapprochement, la contemplation directe, un \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me \u00e9rotique particulier.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comment tout le reste d\u00e9coule-t-il de cette question la plus simple ? Puisque l&rsquo;Un est tout parfait et que celui qui a atteint la perfection ne peut s&#8217;emp\u00eacher de cr\u00e9er, alors simplement en vertu de sa perfection, l&rsquo;Un cr\u00e9e tout. Avec cette cr\u00e9ation, il n\u2019atteint aucun objectif, ne r\u00e9sout aucun probl\u00e8me, mais cr\u00e9e simplement par exc\u00e8s cr\u00e9atif.<\/p>\n<p align=\"justify\">La premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration du bien et son image imm\u00e9diate est l&rsquo;esprit. Plotin, \u00e0 ce niveau, ne parle pas de l&rsquo;esprit humain, mais d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 objective ind\u00e9pendante de l&rsquo;homme, d&rsquo;un second dieu, comme le dit Plotin, qui d\u00e9pend du premier, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;un. Si l\u2019un est la simplicit\u00e9 ultime, l\u2019esprit est les deux premiers, les premiers multiples. C&rsquo;est sa diff\u00e9rence avec l&rsquo;Un, dont l&rsquo;esprit est l&rsquo;image et vers lequel il s&rsquo;efforce. L&rsquo;esprit \u00e9mane constamment de l&rsquo;un, tout comme la lumi\u00e8re \u00e9mane du soleil. L&rsquo;esprit est l\u00e9ger. La dualit\u00e9 de l&rsquo;esprit est qu&rsquo;il est la pens\u00e9e et la pens\u00e9e. Cependant, contrairement \u00e0 notre pens\u00e9e discursive, dans laquelle le sujet et l\u2019objet de la pens\u00e9e s\u2019affrontent comme des r\u00e9alit\u00e9s distinctes, dans l\u2019esprit divin il n\u2019y a pas de pensable qui ne pense, et il n\u2019y a pas de penseur qui ne soit lui-m\u00eame pens\u00e9. Ainsi, l&rsquo;objet et le sujet co\u00efncident ici, il n&rsquo;y a pas de diff\u00e9rence entre eux, ils forment une unit\u00e9, l&rsquo;esprit lui-m\u00eame est un ensemble unique dans lequel l&rsquo;un n&rsquo;existe pas sans l&rsquo;autre. Ainsi, selon Plotin, le principe parm\u00e9nidien de l&rsquo;identit\u00e9 de l&rsquo;\u00eatre et de la pens\u00e9e trouve sa r\u00e9alisation. L&rsquo;esprit est le mod\u00e8le de tout ce que nous voyons dans notre monde. Il contient toutes les id\u00e9es, et non seulement les id\u00e9es en tant que genres et esp\u00e8ces, mais aussi les id\u00e9es des choses individuelles. Puisque les id\u00e9es existent r\u00e9ellement, l\u2019esprit plotinien est la pl\u00e9nitude de la v\u00e9rit\u00e9 et de l\u2019\u00eatre, r\u00e9ellement existant, tandis que l\u2019un est au-del\u00e0 \u00e0 la fois de la v\u00e9rit\u00e9 et de l\u2019essence. Puisque l\u2019esprit contient tout et que tout est dans l\u2019unit\u00e9, lorsqu\u2019une partie est inconcevable sans aucune autre, il s\u2019agit d\u2019une unit\u00e9 totale, d\u2019un organisme vivant englobant tout. Les id\u00e9es sont dans l\u2019esprit lui-m\u00eame, et non \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, comme le pr\u00e9tendait parfois la tradition platonicienne. Si les id\u00e9es \u00e9taient ext\u00e9rieures \u00e0 l\u2019esprit, alors, selon Plotin, l\u2019esprit ne poss\u00e9derait pas la v\u00e9rit\u00e9, mais seulement son reflet. L&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;esprit ne consiste pas dans la recherche, ni dans la recherche, ni dans le passage d&rsquo;un objet concevable \u00e0 un autre, mais dans la contemplation \u00e9ternelle de soi-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire de la pl\u00e9nitude de la v\u00e9rit\u00e9, du monde intelligible tout entier. Il est l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9, il n&rsquo;y a ni pass\u00e9 ni futur en lui, seulement le pr\u00e9sent. Le temps avec sa variabilit\u00e9 n&rsquo;appara\u00eet qu&rsquo;au niveau de l&rsquo;\u00e2me. Il n\u2019y a donc aucun changement dans le monde intelligible ; il reste toujours et en tout identique \u00e0 lui-m\u00eame. En plus de penser \u00e0 lui-m\u00eame, l\u2019esprit a \u00e9galement la capacit\u00e9 de penser \u00e0 ce dont il est issu, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 l\u2019Un.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le dernier maillon du monde divin et intelligible est l&rsquo;\u00e2me. Elle vient directement du mental, de lui naissent l&rsquo;\u00e2me du monde et les \u00e2mes individuelles, qui dans leurs parties sup\u00e9rieures sont ins\u00e9parables de l&rsquo;\u00e2me universelle. Tout comme l\u2019esprit est l\u2019expression et la r\u00e9alisation de l\u2019\u00eatre, l\u2019\u00e2me est l\u2019expression et la r\u00e9alisation de l\u2019esprit. L&rsquo;\u00e2me, par rapport \u00e0 l&rsquo;esprit, est mati\u00e8re, tandis que l&rsquo;esprit est la forme qui donne forme \u00e0 la mati\u00e8re. La partie de l&rsquo;\u00e2me universelle, devenue l&rsquo;\u00e2me du monde, est le principe organisateur de l&rsquo;Univers sensoriel ; elle unit des choses qui autrement seraient divis\u00e9es en qualit\u00e9s, tailles, couleurs distinctes, etc. Comme principe de l&rsquo;unit\u00e9 du monde. , l&rsquo;\u00e2me est une, bien que cette unit\u00e9 soit l&rsquo;unit\u00e9-plusieurs. Du fait qu&rsquo;elle est produite par l&rsquo;esprit, l&rsquo;\u00e2me est rationnelle, bien que sa rationalit\u00e9, s&rsquo;\u00e9coulant dans le temps et passant d&rsquo;un objet \u00e0 un autre, ne soit pas identique \u00e0 la vie rationnelle de l&rsquo;esprit. En plus de l&rsquo;intelligence, l&rsquo;\u00e2me du monde contient des parties sensibles et productrices, qui sont ce qu&rsquo;on appelle habituellement la nature et la nature. Ainsi, selon Plotin, l&rsquo;\u00e2me occupe une place m\u00e9diane, \u00e9tant entre l&rsquo;esprit, vers lequel elle s&rsquo;efforce, et le monde, qu&rsquo;elle anime et relie. En remplissant cette derni\u00e8re fonction, l&rsquo;\u00e2me du monde ne se plonge cependant pas enti\u00e8rement. le cosmos sensoriel et s&rsquo;unir \u00e0 lui. Sa partie la plus \u00e9lev\u00e9e continue de r\u00e9sider dans l&rsquo;intelligible. Ainsi, l\u2019\u00e2me est au dernier niveau de l\u2019intelligible et au plus haut niveau du sensible. L&rsquo;\u00e2me du monde r\u00e9alise \u00e9galement la providence dans l&rsquo;espace. Elle, \u00e9tant partout, sanctifie l&rsquo;espace et le cr\u00e9e. Dans l\u2019\u00e2me se trouvent des logoi, ou des raisons rationnelles expliquant ce qui se passe dans le monde sensoriel. En tant que messagers de l&rsquo;esprit, ils rendent l&rsquo;\u00e2me intelligente, et les choses cr\u00e9\u00e9es par l&rsquo;\u00e2me sont belles et fa\u00e7onn\u00e9es. Contrairement au concept sto\u00efcien de logoi s\u00e9minal, c&rsquo;est-\u00e0-dire mat\u00e9riel, les logoi dont parle Plotin sont incorporels.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le monde est cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;\u00e2me, est une ressemblance et un reflet des principes et principes d&rsquo;existence les plus \u00e9lev\u00e9s, de sorte que le cosmos sensoriel est la plus belle cr\u00e9ation des natures divines, une cr\u00e9ation \u00e9ternelle et unie. D&rsquo;o\u00f9 le rejet par Plotin du m\u00e9pris gnostique du monde. Bien que dans le domaine de l&rsquo;\u00e9thique Plotin insiste sur la s\u00e9paration de l&rsquo;\u00e2me du corps, qui est le tombeau de l&rsquo;\u00e2me, en cosmologie, au contraire, il met l&rsquo;accent sur le lien de l&rsquo;\u00e2me universelle avec le corps universel et sur la bont\u00e9 de celui-ci. une connexion. Le monde est divis\u00e9 en deux r\u00e9gions : dans la r\u00e9gion la plus \u00e9lev\u00e9e, qui commence apr\u00e8s la lune (le monde supralunaire), les corps ont une immortalit\u00e9 individuelle ; dans la r\u00e9gion inf\u00e9rieure, seuls les \u00e9l\u00e9ments sont immortels et ne p\u00e9rissent pas. Le monde bouge gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e2me, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e2me le monde a aussi le temps, qui est la vie de l&rsquo;\u00e2me. L&rsquo;\u00e2me fait du monde un tout organique dans lequel toutes les parties sont interconnect\u00e9es et impr\u00e9gn\u00e9 de sympathie ou de sympathie des parties. La Providence y op\u00e8re, ce qui n&rsquo;est cependant pas la pr\u00e9occupation consciente du Supr\u00eame pour un individu quelconque, mais une loi op\u00e9rant en interne qui met tout dans un ordre coordonn\u00e9. Tout comme Platon, Plotin reconnaissait l\u2019existence de dieux et de d\u00e9mons c\u00e9lestes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le monde cr\u00e9\u00e9 par les principes divins est limit\u00e9 par la mati\u00e8re, ce qui constitue une privation totale de contenu positif. La mati\u00e8re impr\u00e8gne tout le monde sensoriel, mais ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 son tout dernier niveau qu&rsquo;elle appara\u00eet sous sa vraie forme, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme non porteuse et d\u00e9nu\u00e9e de toute qualit\u00e9. La mati\u00e8re est le mal premier, la cause premi\u00e8re de toutes les imperfections du monde que nous voyons. En m\u00eame temps, nous ne pouvons pas parler du dualisme de Plotin: la mati\u00e8re ne repr\u00e9sente pas un principe existant de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, elle est cr\u00e9\u00e9e par l\u2019\u00e2me et constitue la derni\u00e8re \u00e9tape du processus de cr\u00e9ation de tout \u00e0 partir d\u2019un seul bien.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;homme agit \u00e9galement dans le monde sensoriel. Selon Plotin, lors de l\u2019analyse d\u2019une personne, il faut faire la distinction entre une personne r\u00e9elle et un \u00abtout compos\u00e9\u00bb. Un v\u00e9ritable homme, selon Plotin, est la partie la plus \u00e9lev\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me, qui ne descend pas dans le monde sensoriel, mais reste absolument pure et libre dans le monde divin. Cette \u00e2me sup\u00e9rieure donne naissance \u00e0 son reflet, l&rsquo;\u00e2me inf\u00e9rieure, qui forme avec le corps un \u00eatre vivant, qui est un tout complexe \u00e0 l&rsquo;image de l&rsquo;\u00e2me et du corps mat\u00e9riel. La t\u00e2che d&rsquo;une personne est de se lib\u00e9rer compl\u00e8tement de la composante mat\u00e9rielle et de retourner chez elle dans le monde de la v\u00e9ritable existence. Pour atteindre cet objectif, il faut d\u2019abord acqu\u00e9rir des vertus politiques : courage, compr\u00e9hension, chastet\u00e9 et justice. Ces vertus deviennent des mesures dans l\u2019\u00e2me humaine, restreignant mais n\u2019\u00e9liminant pas compl\u00e8tement les choses mat\u00e9rielles. Ensuite, une purification de la mati\u00e8re est n\u00e9cessaire et, enfin, une transition vers les prototypes de vertus qui existent dans l&rsquo;esprit. La connaissance pure, qui se produit dans l&rsquo;esprit par la science dialectique et la perception directe des id\u00e9es de l&rsquo;esprit divin, nous \u00e9l\u00e8ve \u00e0 l&rsquo;avant-derni\u00e8re \u00e9tape de l&rsquo;assimilation \u00e0 la divinit\u00e9, qui joue le r\u00f4le de but dans l&rsquo;\u00e9thique de Plotin. Notre \u00e2me n&rsquo;atteint le but final que lorsque, ayant quitt\u00e9 le niveau de pens\u00e9e le plus \u00e9lev\u00e9, cessant d&rsquo;\u00eatre duelle, elle s&rsquo;unit dans une unit\u00e9 ineffable avec l&rsquo;un elle-m\u00eame, comme si elle combinait son centre avec le \u00abpoint\u00bb central de toute existence. Ainsi, l&rsquo;\u00e2me, surmontant progressivement la complexit\u00e9 qui surgit dans le processus de cr\u00e9ation, se d\u00e9barrassant de toutes les couvertures et v\u00eatements inutiles, devenant de plus en plus comme le d\u00e9but de tout, atteint l&rsquo;Un, que Plotin appelle son dieu p\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;influence de la philosophie de Plotin \u00e0 la fin de l&rsquo;Empire romain fut \u00e9norme, mais un certain nombre de changements significatifs se produisirent dans la philosophie de ses disciples, qui rest\u00e8rent fid\u00e8les au sch\u00e9ma fondamental de Plotin. Premi\u00e8rement, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment religieux s&rsquo;intensifie, qui chez Plotin jouait un r\u00f4le moins important que la recherche et la recherche intellectuelles. Au lieu du mysticisme personnel et intellectuel qui distinguait Plotin, les n\u00e9oplatoniciens ult\u00e9rieurs plac\u00e8rent souvent la magie philosophiquement \u00e9labor\u00e9e, ce qu&rsquo;on appelle. \u00ab th\u00e9urgie \u00bb. Il existe une reconnaissance des textes sacr\u00e9s, faisant autorit\u00e9 pour la philosophie, qui racontent la plus haute r\u00e9alit\u00e9, par exemple les oracles chald\u00e9ens et les textes orphiques. Comme le christianisme, le n\u00e9oplatonisme tente de proclamer ses \u00e9critures sacr\u00e9es. De plus, une soif d&rsquo;analyticisme et de scolastique appara\u00eet lorsque les \u00e9tudiants et les disciples de Plotin commencent \u00e0 r\u00e9aliser de la mani\u00e8re la plus d\u00e9taill\u00e9e la division des principaux niveaux de l&rsquo;\u00eatre d\u00e9crit par Plotin. Des triades infinies apparaissent, elles-m\u00eames divis\u00e9es en triades. Enfin, dans le n\u00e9oplatonisme tardif, le travail philosophique ind\u00e9pendant et la pr\u00e9sentation ind\u00e9pendante des r\u00e9sultats sont souvent remplac\u00e9s par une activit\u00e9 de commentaire. Les n\u00e9oplatoniciens, \u00e0 commencer par Iamblique, \u00e9tablissent le nombre de dialogues platoniciens qui devraient \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s dans les \u00e9coles philosophiques, d\u00e9veloppent la m\u00e9thodologie de base pour les \u00e9tudier et cr\u00e9ent d&rsquo;\u00e9normes commentaires sur eux, dans lesquels chaque mot de Platon donne tr\u00e8s souvent lieu \u00e0 de longs, parfois int\u00e9ressants. en eux-m\u00eames, mais des raisonnements qui \u00e9clairent rarement la propre pens\u00e9e de Platon.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les disciples les plus importants de Plotin \u00e9taient ses \u00e9tudiants Am\u00e9lius et Porphyr<\/p>\n<p align=\"justify\">Porfiry, comme nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, a publi\u00e9 les \u0153uvres de Plotin et a \u00e9galement \u00e9crit sur elles une sorte de commentaire, ses \u00abPoints de d\u00e9part dans le mouvement vers l&rsquo;intelligible\u00bb. Porphyre fut le premier \u00e0 entreprendre la division des natures fondamentales du monde divin de Plotin en parties suppl\u00e9mentaires. Son principal domaine d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9tait l\u2019\u00e9thique avec une touche religieuse. Porfiry \u00e9tait un farouche opposant au christianisme, qui a \u00e9crit le c\u00e9l\u00e8bre ouvrage \u00abContre les chr\u00e9tiens\u00bb, dans lequel il tentait de s&rsquo;opposer aux Saintes \u00c9critures des chr\u00e9tiens en utilisant des m\u00e9thodes philologiques. L\u2019\u00e9l\u00e8ve de Porphyre \u00e9tait le c\u00e9l\u00e8bre n\u00e9oplatonicien <strong>Jamblique,<\/strong>\u00a0qui renfor\u00e7a l\u2019\u00e9l\u00e9ment religieux et magique du n\u00e9oplatonisme et devint le p\u00e8re spirituel de l\u2019\u00e9chec de la restauration antichr\u00e9tienne de Julien l\u2019Apostat.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La c\u00e9l\u00e8bre \u00e9cole ath\u00e9nienne du n\u00e9oplatonisme, repr\u00e9sent\u00e9e par Plutarque d&rsquo;Ath\u00e8nes, Syrien et Proclus,<\/strong>\u00a0remonte \u00e0 Jamblique ,\u00a0dans l&rsquo;\u0153uvre duquel le n\u00e9oplatonisme est devenu une philosophie compl\u00e8tement syst\u00e9matique et globale. Homme d&rsquo;une grande efficacit\u00e9, d&rsquo;un grand talent dialectique, excellent p\u00e9dagogue, Proclus a r\u00e9sum\u00e9 le d\u00e9veloppement de trois si\u00e8cles de philosophie n\u00e9oplatonicienne, en la transformant en un syst\u00e8me de pens\u00e9e strict et ferm\u00e9. Un disciple important de Proclus \u00e9tait\u00a0<strong>Damas,<\/strong> le dernier philosophe n\u00e9oplatonicien, qui poss\u00e9dait un grand don sp\u00e9culatif. Damas, contrairement \u00e0 Proclus, n&rsquo;\u00e9tait pas un syst\u00e9matisateur, mais un penseur capable de voir les probl\u00e8mes et les difficult\u00e9s de la philosophie n\u00e9oplatonicienne, un homme qui montra la n\u00e9cessit\u00e9 pour la philosophie n\u00e9oplatonicienne de se d\u00e9passer. L&rsquo;activit\u00e9 de \u00abl&rsquo;\u00e9cole alexandrine\u00bb du n\u00e9oplatonisme \u00e9tait beaucoup moins sp\u00e9culative; elle visait principalement \u00e0 cr\u00e9er des commentaires sur les textes de Platon et d&rsquo;Aristote, de sorte que les \u00abAlexandrins\u00bb ont pu survivre \u00e0 la d\u00e9faite de la philosophie antique, passant progressivement \u00e0 la position du christianisme. Cette d\u00e9faite survient en 529, lorsque l&rsquo;\u00e9dit de l&#8217;empereur Justinien ferme toutes les \u00e9coles philosophiques comme terrain fertile pour les h\u00e9r\u00e9sies. L&rsquo;Empire, enfin devenu chr\u00e9tien, ne pouvait tol\u00e9rer les derniers \u00e9l\u00e9ments de paganisme dans son corps social et culturel.<\/p>\n<p align=\"justify\">Philosophie ancienne, apparue au d\u00e9but du VIe si\u00e8cle. avant JC e. en Ionie, au cours du mill\u00e9naire qui lui est imparti par le destin, elle a parcouru un grand chemin de d\u00e9veloppement. Les philosophes antiques ont pu cr\u00e9er un type compl\u00e8tement nouveau de vision du monde, dans lequel une personne s&rsquo;appuie principalement sur sa propre raison, ind\u00e9pendamment des autorit\u00e9s religieuses ou sociales. L&rsquo;extraordinaire libert\u00e9 philosophique de cette \u00e9poque antique a \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9e d&rsquo;une riche r\u00e9colte. Les Grecs ont cr\u00e9\u00e9 les principales disciplines philosophiques, leur ont attribu\u00e9 leurs noms, et le d\u00e9veloppement des probl\u00e8mes logiques et ontologiques par les grands philosophes grecs est rest\u00e9 \u00e0 bien des \u00e9gards in\u00e9gal\u00e9 \u00e0 ce jour. Dans leur philosophie, les Grecs ont jet\u00e9 les bases du d\u00e9veloppement des connaissances scientifiques; les math\u00e9matiques et la physique, la linguistique et la biologie et de nombreuses autres sciences ont \u00e9t\u00e9 initialement cr\u00e9\u00e9es dans le cadre des \u00e9coles philosophiques. Les philosophes grecs ont \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 aborder l&rsquo;analyse des probl\u00e8mes d\u00e9coulant du fait de la coexistence humaine, \u00e0 l&rsquo;analyse des probl\u00e8mes sociaux et politiques. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, les enseignements sur la soci\u00e9t\u00e9 de Platon, d&rsquo;Aristote ou d&rsquo;\u00c9picure sont capables de susciter de vives controverses. Mais la philosophie grecque, comme toute autre, avait des limites et on ne peut les d\u00e9passer. La principale caract\u00e9ristique des enseignements philosophiques grecs, une foi presque illimit\u00e9e dans la raison et ses capacit\u00e9s, l&rsquo;amour de la sp\u00e9culation abstraite, la pr\u00e9f\u00e9rence du g\u00e9n\u00e9ral sur le particulier, ont tr\u00e8s souvent incit\u00e9 les philosophes \u00e0 ignorer l&rsquo;exp\u00e9rience, \u00e0 la r\u00e9futer avec des arguments logiques et \u00e0 d\u00e9fendre son manque de fiabilit\u00e9. L&rsquo;amour pour un concept ou une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale a fait oublier l&rsquo;individu m\u00eame aux philosophes qui ont essay\u00e9 de comprendre cet individu. Enfin, nous ne devons pas oublier que la philosophie grecque est un ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019enfance de la race humaine, et que l\u2019enfance est caract\u00e9ris\u00e9e par de nombreuses choses qu\u2019un adulte ne r\u00e9alisera pas. Cependant, comme l\u2019a dit un jour Karl Marx, les Grecs \u00e9taient des enfants normaux, contrairement \u00e0 beaucoup d\u2019autres peuples de l\u2019Antiquit\u00e9, et faire appel \u00e0 eux est un appel \u00e0 l\u2019enfance normale et tr\u00e8s f\u00e9conde de la race humaine.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Barrage.<\/em>\u00a0Essais. Saint-P\u00e9tersbourg, 1995.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.<\/em>\u00a0Op\u00e9ra Plotini. Vol. I\u2014III. \u00c9d. Paul Henry et Hans-Rudolf Schwyzer. Oxonii, 1964-1982.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Dillon J.<\/em>\u00a0Platoniciens moyens. Saint-P\u00e9tersbourg, 2002.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4.Dodds E.R.<\/em>\u00a0Pagan et Christian en des temps troubl\u00e9s. Saint-P\u00e9tersbourg, 2003<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Ago P.<\/em>\u00a0Plotinus ou la simplicit\u00e9 de vue. M., 1991.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Blonsky P. P.<\/em>\u00a0Philosophie de Plotin. P\u00e9trograd, 1918.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7.Praechter S.<\/em>\u00a0Richtungen et Schulen im Neuplatonismus in Genethliacon f\u00fcr Carl Robert. Berlin, 1905.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.Wallis R.<\/em>\u00a0N\u00e9oplatonisme. Londres, 1972.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au premier si\u00e8cle avant JC. e. La R\u00e9publique romaine ach\u00e8ve sa conqu\u00eate de la r\u00e9gion m\u00e9diterran\u00e9enne et du Moyen-Orient. Les Diadoques furent remplac\u00e9es par la domination romaine, et d\u00e9sormais l&rsquo;Occident et l&rsquo;Orient furent soud\u00e9s par la puissance des l\u00e9gions romaines. Une nouvelle \u00e8re de l\u2019histoire mondiale commence. 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