{"id":586,"date":"2024-06-12T19:05:31","date_gmt":"2024-06-12T16:05:31","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=586"},"modified":"2025-11-20T20:14:37","modified_gmt":"2025-11-20T17:14:37","slug":"bacon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/bacon\/","title":{"rendered":"Francis Bacon. L\u2019esprit laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame a peu de pouvoir"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">La philosophie du Nouvel \u00c2ge est l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;esprit, de sa lib\u00e9ration des autorit\u00e9s du pass\u00e9. Cette lib\u00e9ration \u00e9tait en grande partie due \u00e0 la scission du christianisme d\u2019Europe occidentale au XVIe si\u00e8cle, qui a cr\u00e9\u00e9 un territoire \u00abneutre\u00bb de pure rationalit\u00e9, que les meilleurs esprits ont commenc\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser. Le d\u00e9sir d\u2019ind\u00e9pendance \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sent \u00e0 la Renaissance, mais les philosophes de cette \u00e9poque se tournaient encore vers des sources anciennes. Les nouveaux penseurs europ\u00e9ens s\u2019appuient sur leur propre pens\u00e9e, renforc\u00e9e par une connaissance empirique de la nature. Mais l\u2019esprit lib\u00e9r\u00e9 avait besoin d\u2019une discipline int\u00e9rieure. Autrement, il ne pourrait pas devenir un outil efficace pour obtenir des v\u00e9rit\u00e9s qui transforment l\u2019environnement de l\u2019existence humaine et transforment le monde en un habitat confortable pour les \u00eatres intelligents. Ce n\u2019est pas un hasard si le probl\u00e8me de la m\u00e9thode est devenu au premier plan de la recherche philosophique des temps modernes. Mais il est vite apparu qu\u2019il ne serait pas possible d\u2019\u00e9laborer des recettes m\u00e9thodologiques sans ambigu\u00eft\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-v-philosophie-des-temps-nouveaux-chapitre-1-bacon\/bekon230624\/\" rel=\"attachment wp-att-775\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-775\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bekon230624.jpg\" alt=\"\" width=\"571\" height=\"419\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bekon230624.jpg 571w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/bekon230624-300x220.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 571px) 100vw, 571px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Certains philosophes croyaient que l&rsquo;esprit pouvait d\u00e9couvrir de nouvelles choses sans la participation de l&rsquo;exp\u00e9rience, d&rsquo;autres pensaient que seul, sans l&rsquo;aide des sens, il ne pouvait pas faire face \u00e0 cette t\u00e2che. Les d\u00e9saccords sur cette question ont conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de lignes rationalistes et empiristes. Le premier vient de Descartes, le second de Bacon. Mais ces penseurs sont unis par la volont\u00e9 de faire de l\u2019homme le centre et le but ultime de leurs recherches. La nouvelle philosophie europ\u00e9enne \u00e9tait la philosophie du sujet. Le culte de la subjectivit\u00e9 humaine est progressivement devenu un bien commun, et le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res a l\u00e9gitim\u00e9 cette tendance dans l\u2019espace culturel europ\u00e9en. Le point culminant de l\u2019anthropologie moderne \u00e9tait le syst\u00e8me de Kant, qui d\u00e9clarait que l\u2019homme avait une \u00abvaleur absolue\u00bb. Kant, cependant, a \u00e9vit\u00e9 la d\u00e9ification du Soi humain et a insist\u00e9 sur l\u2019imperfection de la connaissance et de la volont\u00e9 humaines. Ses disciples, Fichte et Schelling, franchirent cette fronti\u00e8re et proclam\u00e8rent l&rsquo;enracinement de la conscience humaine dans l&rsquo;Absolu. Hegel a renforc\u00e9 cette tendance et interpr\u00e9t\u00e9 la philosophie de mani\u00e8re th\u00e9ologique. Le th\u00e9ocentrisme de Hegel et de ses \u00e9tudiants a r\u00e9veill\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la philosophie antique et m\u00e9di\u00e9vale, caract\u00e9ris\u00e9e par des lignes directrices similaires. Tout cela est devenu la propri\u00e9t\u00e9 de la pens\u00e9e moderne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Francis Bacon est n\u00e9 en 1561 \u00e0 Londres dans la famille du Lord Privy Seal. Il a \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 Cambridge pendant trois ans, mais apparemment, l&rsquo;atmosph\u00e8re scolaire de l&rsquo;universit\u00e9 ne convenait pas \u00e0 son caract\u00e8re et il a quitt\u00e9 l&rsquo;universit\u00e9 sans obtenir de dipl\u00f4me pour le service diplomatique ni voyager en Europe. Apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re, la majeure partie de l&rsquo;h\u00e9ritage revint \u00e0 son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 et Francis fut contraint de retourner en Angleterre et d&rsquo;exercer le droit professionnellement. La nature cr\u00e9ative polyvalente de Bacon s&rsquo;est manifest\u00e9e dans des exp\u00e9riences scientifiques, des \u0153uvres litt\u00e9raires et scientifiques, dont il n&rsquo;a pas achev\u00e9 la plupart, dans la politique et la diplomatie de cour. Ses projets politiques en tant que membre de la Chambre des communes n&rsquo;ont pas trouv\u00e9 de compr\u00e9hension \u00e0 la cour, de sorte que la croissance r\u00e9ussie de la carri\u00e8re de Bacon n&rsquo;est devenue possible que sous le nouveau roi, James I Stuart. Bacon devient garde des Sceaux, comme son p\u00e8re, Lord Chancelier (ministre de la Justice), baron de Verulam et vicomte de Saint-Alban, un mariage avantageux et l&rsquo;h\u00e9ritage de son fr\u00e8re lui apportent la richesse. Cette brillante carri\u00e8re connut une fin inattendue lorsqu&rsquo;en 1621 Bacon fut accus\u00e9 de corruption et d\u00e9mis de toutes ses fonctions. \u00c0 la retraite, Bacon poursuit ses \u00e9tudes litt\u00e9raires et scientifiques actives. Afin de se r\u00e9habiliter aux yeux du roi, il \u00e9crit \u00abL&rsquo;Histoire d&rsquo;Henri VII\u00bb (1621). L&rsquo;une des exp\u00e9riences de cong\u00e9lation de corps organiques s&rsquo;est termin\u00e9e par un grave rhume pour Bacon, dont il est mort en 1626.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u0153uvre principale de Bacon dans le domaine de la philosophie et de la m\u00e9thodologie scientifique est \u00abLa Grande Restauration des Sciences\u00bb, qui comprenait six parties comme pr\u00e9vu, mais Bacon n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 mettre pleinement en \u0153uvre ce vaste plan. Il a \u00e9crit plusieurs ouvrages repr\u00e9sentant des parties de ce travail. Il n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 les terminer tous, mais il a n\u00e9anmoins publi\u00e9 la premi\u00e8re partie &#8211; \u00abSur la dignit\u00e9 et l&rsquo;augmentation des sciences\u00bb (1623), consacr\u00e9e principalement \u00e0 la classification des sciences, et la deuxi\u00e8me partie &#8211; \u00abNouvel Organon, ou vrai instructions pour l&rsquo;interpr\u00e9tation de la nature\u00a0\u00bb (1620). La partie inachev\u00e9e, intitul\u00e9e \u00abHistoire naturelle\u00bb, fut publi\u00e9e \u00e0 titre posthume en 1627.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>M\u00e9thodologie empirique.<\/strong>\u00a0Bacon consid\u00e9rait que sa t\u00e2che dans le domaine scientifique consistait \u00e0 transformer le processus de connaissance scientifique en une activit\u00e9 pratique, r\u00e9alis\u00e9e en s&rsquo;appuyant sur les capacit\u00e9s humaines : la raison, l&rsquo;imagination et les sentiments. Pour ce faire, de son point de vue, il faut tout d&rsquo;abord \u00e9tablir la relation et la connexion correctes entre les capacit\u00e9s humaines et doter chacune d&rsquo;elles de techniques et de m\u00e9thodes d&rsquo;action appropri\u00e9es. Seul l&rsquo;homme lui-m\u00eame peut et doit transformer son esprit et ses capacit\u00e9s cognitives en un outil efficace, les orienter vers le but \u00e9lev\u00e9 de la connaissance de la nature.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, avant d\u2019avancer en science, il faut travailler sur les outils m\u00eames de la cognition. Le cours de la connaissance humaine doit \u00eatre modifi\u00e9 et am\u00e9lior\u00e9, et pour cela, nous devons apprendre \u00e0 contr\u00f4ler l&rsquo;esprit d&rsquo;une nouvelle mani\u00e8re. L\u2019id\u00e9e de Bacon est que \u00abtout le travail de l\u2019esprit doit \u00eatre recommenc\u00e9, et que l\u2019esprit ne doit en aucun cas \u00eatre laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame d\u00e8s le d\u00e9but, mais qu\u2019il doit \u00eatre constamment contr\u00f4l\u00e9 et le travail effectu\u00e9 comme s\u2019il \u00e9tait m\u00e9canique\u00bb (1 : 2, 8). Le succ\u00e8s en mati\u00e8re de connaissance ne d\u00e9pend pas du talent naturel ou de l\u2019esprit du scientifique, car comme le souligne Bacon, l\u2019action \u00e0 l\u2019aide d\u2019un instrument d\u00e9pend davantage de l\u2019instrument lui-m\u00eame que de l\u2019habilet\u00e9 de la main; \u00abNi une main nue ni un esprit livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame n&rsquo;ont beaucoup de pouvoir\u00bb (1:2, 12). Cela devrait \u00eatre l&rsquo;avantage de la nouvelle philosophie sur les anciens, qui utilisaient uniquement le pouvoir de la raison et l&rsquo;appliquaient sous sa forme naturelle, sans la soumettre \u00e0 des am\u00e9liorations ni \u00e0 des critiques. En mati\u00e8re de science, ce qui importe n&rsquo;est pas quand et par qui telle ou telle v\u00e9rit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte; l&rsquo;autorit\u00e9 de l&rsquo;Antiquit\u00e9 ne doit pas entraver le d\u00e9veloppement progressif de la science, qui avance donc au fil du temps, p\u00e9n\u00e9trant de plus en plus profond\u00e9ment dans le monde. secrets de la nature. \u00abLa v\u00e9rit\u00e9 ne doit pas \u00eatre recherch\u00e9e dans la chance du temps, qui est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, mais \u00e0 la lumi\u00e8re de l&rsquo;exp\u00e9rience de la nature, qui est \u00e9ternelle\u00bb (1:2, 25).<\/p>\n<p align=\"justify\">La m\u00e9thodologie de Bacon pr\u00e9suppose une partie critique consacr\u00e9e \u00e0 la purification ou \u00e0 la lib\u00e9ration de la connaissance humaine de tout ce qui se produit spontan\u00e9ment, qui \u00e9loigne l&rsquo;esprit du vrai chemin et d\u00e9forme le travail des sentiments humains. Du c\u00f4t\u00e9 positif, l\u2019essence de l\u2019empirisme baconien est que le travail de l\u2019esprit doit \u00eatre bas\u00e9 sur du mat\u00e9riel sensoriel, l\u2019esprit doit suivre la nature des choses elles-m\u00eames et ne pas essayer d\u2019agir de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, isol\u00e9ment d\u2019elles. Pour que la raison fonctionne correctement, une nouvelle logique est n\u00e9cessaire, une logique qui se concentrerait sur l\u2019application de la raison aux cr\u00e9ations de la nature. Contrairement \u00e0 la logique formelle, qui traite des abstractions et tente ainsi de p\u00e9n\u00e9trer dans l&rsquo;essence des choses, \u00abcette science proc\u00e8de non seulement de la nature de l&rsquo;esprit, mais aussi de la nature des choses\u00bb et, par cons\u00e9quent, elle sera n\u00e9cessairement \u00abpartout, \u00eatre accompagn\u00e9 et \u00e9clair\u00e9 par des observations de la nature et des exp\u00e9riences\u00bb (1:2, 220). C&rsquo;est l&rsquo;objectif principal du \u00abnouvel organon\u00bb de Bacon \u2013 une science qui ouvre la voie \u00e0 la raison dans les profondeurs de la nature, lui permettant d&rsquo;agir de telle mani\u00e8re qu&rsquo;elle \u00abdiss\u00e9querait r\u00e9ellement la nature et d\u00e9couvrirait les propri\u00e9t\u00e9s et les actions des corps et des corps leurs lois \u00e9taient d\u00e9termin\u00e9es dans la mati\u00e8re\u00bb (1:2, 220).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La doctrine des idoles.<\/strong> Outre les outils naturels de connaissance &#8211; la raison et les sentiments, il existe \u00e9galement des difficult\u00e9s naturelles qui emp\u00eachent une personne de s&rsquo;engager sur la voie d&rsquo;une connaissance scientifique stricte. Ces forces hostiles \u00e0 la science, ou idoles, comme les appelle Bacon, sont pour la plupart des caract\u00e9ristiques inn\u00e9es de la nature humaine, et il est impossible de s&rsquo;en d\u00e9barrasser compl\u00e8tement, mais tout scientifique doit les combattre. Au total, Bacon distingue quatre types d&rsquo;idoles: les idoles du clan, les idoles de la grotte, les idoles du march\u00e9 et les idoles du th\u00e9\u00e2tre. L&rsquo;\u00abidole de la race\u00bb est particuli\u00e8rement dangereuse, car elle pousse une personne \u00e0 identifier sa propre nature avec la nature des choses; dans la science moderne, cela s&rsquo;appelle l&rsquo;anthropomorphisme. Chaque personne a tendance \u00e0 se fier d\u2019abord \u00e0 ses propres sentiments et \u00e0 penser: \u00abC\u2019est vrai parce que mes yeux le disent.\u00bb Du point de vue d&rsquo;un scientifique, ce pr\u00e9jug\u00e9 cache les limites naturelles de nos sentiments: \u00abOn affirme \u00e0 tort que le sentiment humain est la mesure des choses; au contraire, toutes les id\u00e9es, tant celles des sens que de la raison, sont des analogies avec l\u2019homme et non avec l\u2019Univers. L\u2019esprit humain (comme un miroir in\u00e9gal) m\u00eale sa propre nature \u00e0 la nature des choses, la d\u00e9formant et la d\u00e9figurant\u00bb (1:2, 53). N\u00e9anmoins, nos sentiments, m\u00eame s&rsquo;ils sont souvent erron\u00e9s, peuvent, comme Bacon en est s\u00fbr, en s&rsquo;entraidant et en utilisant des dispositifs et des outils, fournir des connaissances fiables. Soulignant la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une activit\u00e9 de la part du scientifique, Bacon identifie et critique simultan\u00e9ment diverses manifestations de l&rsquo;anthropomorphisme que la science doit \u00e9radiquer. Il est dans la nature humaine de prendre en compte la confirmation de son point de vue plus que les arguments oppos\u00e9s; une personne suit souvent l&rsquo;exemple de son imagination; l&rsquo;insuffisance de ces sens le porte \u00e0 privil\u00e9gier le visible sur l&rsquo;invisible, qui reste en dehors de la recherche. Une autre manifestation de l&rsquo;idole du genre est la tendance aux explications t\u00e9l\u00e9ologiques et opportunes dans la nature: \u00abL&rsquo;esprit humain, en raison de son inclination, assume facilement plus d&rsquo;ordre et d&rsquo;uniformit\u00e9 dans les choses qu&rsquo;il n&rsquo;en trouve. Et tandis que beaucoup de choses dans la nature sont singuli\u00e8res et totalement sans similitude, il invente des parall\u00e8les, des correspondances et des relations qui n&rsquo;existent pas\u00bb (1, 2, 20).<\/p>\n<p align=\"justify\">Empruntant une image \u00e0 Platon, Bacon expose \u00e9galement le danger pour la science de l&rsquo;idole de la grotte, derri\u00e8re laquelle se cachent les inclinations et les pr\u00e9f\u00e9rences individuelles d&rsquo;une personne, refl\u00e9tant son exp\u00e9rience de vie unique: tr\u00e8s souvent, une personne est encline \u00e0 penser d&rsquo;une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre en raison des circonstances personnelles de la vie, des caract\u00e9ristiques de l&rsquo;\u00e9ducation, des habitudes \u00e9tablies, qui &#8211; des attachements personnels al\u00e9atoires non li\u00e9s \u00e0 la science, ou sous l&rsquo;influence de la mobilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et de la variabilit\u00e9 du caract\u00e8re personnel. \u00abL&rsquo;esprit humain n&rsquo;est pas une lumi\u00e8re s\u00e8che, il est parsem\u00e9 de volont\u00e9 et de passions, et cela donne naissance \u00e0 ce que chacun d\u00e9sire en science\u00bb (1:2, 22). Contrairement \u00e0 l&rsquo;idole du clan, l&rsquo;idole de la grotte se manifeste chez chaque personne individuellement, et c&rsquo;est l\u00e0 toute la difficult\u00e9 de la combattre.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le principe du nominalisme a toujours pouss\u00e9 les partisans de la m\u00e9thodologie empirique \u00e0 une attitude extr\u00eamement critique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des mots, car en science, les mots remplacent tr\u00e8s souvent l&rsquo;essence de la question. Dans ce domaine, le principal adversaire est l&rsquo;idole du march\u00e9 ou de la place, qui pr\u00e9tend: \u00abCeci est vrai parce que tout le monde le dit\u00bb &#8211; une telle attitude conduit \u00e0 l&rsquo;utilisation non critique d&rsquo;id\u00e9es ordinaires, \u00e0 l&rsquo;inclusion d&rsquo;usages de mots ordinaires dans la science. Les idoles du march\u00e9 utilisent des mots de deux sortes: premi\u00e8rement, ce sont des noms de choses inexistantes, et il est assez facile de les combattre (Bacon consid\u00e8re des mots tels que \u00abdestin\u00bb, \u00abmoteur principal\u00bb, \u00abcercles de plan\u00e8tes\u00bb, \u00abfeu\u00bb \u00e9l\u00e9ment), et le deuxi\u00e8me type &#8211; des noms de choses existantes, mais peu clairs, mal d\u00e9finis et abstraits de mani\u00e8re irr\u00e9fl\u00e9chie et biais\u00e9e des choses. De tels mots sont plus ou moins adapt\u00e9s \u00e0 un usage scientifique : par exemple, selon Bacon, les concepts \u00abcraie\u00bb et \u00abargile\u00bb sont bons, mais \u00abterre\u00bb ne l&rsquo;est pas en raison de son incertitude. Cela inclut \u00e9galement la critique de Bacon de la logique formelle et, tout d&rsquo;abord, de la th\u00e9orie du syllogisme, qui fonctionne avec des mots: malgr\u00e9 la fiabilit\u00e9 \u00e9vidente d&rsquo;une telle preuve, il existe \u00abla possibilit\u00e9 d&rsquo;erreur selon laquelle un syllogisme consiste en des phrases, des phrases de mots, et les mots sont des symboles et des signes de concepts. Par cons\u00e9quent, si les concepts de la raison&#8230; sont mal et imprudemment abstraits des choses, vagues et insuffisamment d\u00e9finis et esquiss\u00e9s&#8230; alors tout s&rsquo;effondre\u00bb (1:2, 71). Dans tous les cas, les mots ne sont rien d&rsquo;autre que des \u00abimages de choses\u00bb (1:1, 105), et ils r\u00e9sultent d&rsquo;un accord tacite entre des personnes, il y a donc ici un grand risque d&rsquo;erreur.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le prochain obstacle qui accompagne la connaissance scientifique est l\u2019autorit\u00e9 des th\u00e9ories h\u00e9rit\u00e9es du pass\u00e9 et reconnues par la majorit\u00e9. C&rsquo;est l&rsquo;idole du th\u00e9\u00e2tre, comme l&rsquo;appelle Bacon, puisque les th\u00e9ories philosophiques ou les axiomes et dogmes accept\u00e9s sans critique cr\u00e9ent leur propre monde fictif, comme une repr\u00e9sentation sur sc\u00e8ne, et les scientifiques sont capables de mettre en sc\u00e8ne de nombreuses repr\u00e9sentations de ce type. S&rsquo;opposant aux philosophes rationalistes qui donnent la priorit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;esprit et se limitent \u00e0 quelques exp\u00e9riences triviales, Bacon n&rsquo;approuve pas non plus ces philosophes qui se confinent au cercle de l&rsquo;\u00e9tude minutieuse des exp\u00e9riences individuelles et ignorent en m\u00eame temps tout le reste, et plus encore il n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec ceux qui se m\u00e9langent \u00e0 la philosophie, \u00e0 la th\u00e9ologie ou aux traditions anciennes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s avoir critiqu\u00e9 les m\u00e9thodes de cognition que la science a h\u00e9rit\u00e9es des si\u00e8cles pass\u00e9s, dans la partie positive de sa doctrine de la cognition, Bacon s&rsquo;est concentr\u00e9 sur deux t\u00e2ches principales: premi\u00e8rement, donner un programme d\u00e9taill\u00e9 pour le d\u00e9veloppement des connaissances scientifiques par la classification des sciences, et cr\u00e9er un \u00abnouvel organon\u00bb, une nouvelle logique, centr\u00e9e sur le travail de l&rsquo;esprit non pas avec des mots, mais avec des donn\u00e9es d&rsquo;observation et des exp\u00e9riences artificiellement mises en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La classification des sciences,<\/strong> selon Bacon, devrait contenir non seulement les sciences d\u00e9j\u00e0 connues, mais aussi celles qui restent \u00e0 cr\u00e9er. Bacon consid\u00e9rait qu&rsquo;il \u00e9tait plus correct de diviser les sciences en fonction des capacit\u00e9s de l&rsquo;\u00e2me rationnelle de l&rsquo;homme. Ainsi, la m\u00e9moire nous offre la possibilit\u00e9 de nous engager dans l\u2019histoire. L&rsquo;histoire doit \u00eatre divis\u00e9e en histoire naturelle et histoire civile. La premi\u00e8re doit examiner les manifestations de la nature dans trois directions: la nature dans son cours naturel, les diverses d\u00e9viations par rapport au cours naturel de la nature et, enfin, la nature transform\u00e9e par l&rsquo;influence humaine. L&rsquo;histoire civile, l&rsquo;histoire des peuples, devrait inclure, outre l&rsquo;histoire eccl\u00e9siale et politique, l&rsquo;histoire de l&rsquo;industrie, de la litt\u00e9rature et de l&rsquo;art.<\/p>\n<p align=\"justify\">La po\u00e9sie est le r\u00e9sultat de la manifestation de l&rsquo;imagination humaine \u00e0 la fois dans les images verbales de l&rsquo;art et dans la connaissance en g\u00e9n\u00e9ral. Bacon est convaincu que les images de la mythologie antique, pr\u00e9sent\u00e9es dans un langage po\u00e9tique, avec une interpr\u00e9tation appropri\u00e9e, peuvent r\u00e9v\u00e9ler beaucoup de choses pour la science moderne. Bacon lui-m\u00eame recourt \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 des interpr\u00e9tations similaires dans ses \u00e9crits.<\/p>\n<p align=\"justify\">La science est cr\u00e9\u00e9e par les efforts de la raison, elle est divis\u00e9e selon la source de la connaissance en th\u00e9ologie et philosophie inspir\u00e9es, ou en Livre des Saintes \u00c9critures et livre de la Nature. Bacon inclut la connaissance de Dieu, des anges, des d\u00e9mons et des esprits, ainsi que de l&rsquo;\u00e2me humaine depuis son c\u00f4t\u00e9 invisible et purement spirituel, jusqu&rsquo;au domaine de la th\u00e9ologie naturelle ou de la philosophie divine, mais il pr\u00e9cise qu&rsquo;on a suffisamment \u00e9crit \u00e0 ce sujet et ce qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e9crit contient beaucoup de choses douteuses, et donc des \u00e9claircissements et des critiques sur ce qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9crit. \u00abApr\u00e8s tout, Dieu n\u2019a jamais accompli de miracle pour convertir un ath\u00e9e, car il peut parvenir \u00e0 la connaissance de Dieu avec l\u2019aide de la lumi\u00e8re m\u00eame de la nature; des miracles existent pour la conversion des idol\u00e2tres et des superstitieux qui ont d\u00e9j\u00e0 connu la divinit\u00e9, mais ne l&rsquo;ont pas trouv\u00e9e digne de v\u00e9n\u00e9ration\u00bb (1:1, 204). L&rsquo;ath\u00e9isme, estime Bacon, vaut mieux que la superstition, car il laisse la raison, la science et la philosophie \u00e0 l&rsquo;homme, tandis que la superstition leur pr\u00e9f\u00e8re le fanatisme de la foule. Par cons\u00e9quent, la science et la religion peuvent tr\u00e8s bien coexister si elles adh\u00e8rent au principe de non-ing\u00e9rence et de consentement mutuels.<\/p>\n<p align=\"justify\">La science est divis\u00e9e en trois parties, traitant de la connaissance de Dieu, de la nature et de l&rsquo;homme. Bacon accorde une attention particuli\u00e8re \u00e0 la nature et \u00e0 l&rsquo;homme dans leur relation, qui se manifeste clairement dans la pratique. La chose la plus importante pour comprendre la science naturelle de la nature et son lien avec l&rsquo;activit\u00e9 pratique est la conviction de Bacon selon laquelle \u00abl&rsquo;artificiel ne diff\u00e8re pas du naturel par la forme ou l&rsquo;essence, mais seulement par la cause efficiente\u00bb (1:1, 151), donc il faut mettre en \u00e9vidence dans une doctrine unique de la nature deux directions: l&rsquo;\u00e9tude des causes et l&rsquo;obtention des r\u00e9sultats et la diviser en parties th\u00e9oriques et pratiques. Le premier d\u2019entre eux est divis\u00e9 en physique et m\u00e9taphysique, et le second en m\u00e9canique et ce qu\u2019on appelle la \u00abmagie naturelle\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La m\u00e9taphysique comme doctrine des formes de la nature.<\/strong> Bacon estime n\u00e9cessaire de clarifier la compr\u00e9hension de la relation entre m\u00e9taphysique et philosophie premi\u00e8re. La premi\u00e8re philosophie, qui \u00e9tudie l&rsquo;\u00eatre, les cat\u00e9gories de base, les principes logiques et math\u00e9matiques, est critiqu\u00e9e comme utilisant des concepts vaguement d\u00e9finis d&rsquo;\u00ab\u00eatre\u00bb, de \u00absubstance\u00bb, de \u00abqualit\u00e9\u00bb, d&rsquo;\u00abaction et souffrance\u00bb, mais elle est pr\u00e9serv\u00e9e par h\u00e9ritage de la scolastique et Aristote comme base unique de la connaissance scientifique. Bacon distingue la m\u00e9taphysique de la premi\u00e8re philosophie comme la \u00abm\u00e8re commune de toutes les sciences\u00bb, qui, selon lui, devrait \u00eatre la doctrine des formes de la nature. Ainsi, la m\u00e9taphysique, contrairement \u00e0 la premi\u00e8re philosophie, se voit attribuer un domaine particulier qui n&rsquo;est pas ext\u00e9rieur \u00e0 la nature, mais qui constitue, de l&rsquo;avis du penseur, la partie la plus importante de la nature elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\">D&rsquo;accord en g\u00e9n\u00e9ral avec la doctrine aristot\u00e9licienne des quatre types de causes et l&rsquo;id\u00e9e de la connaissance comme connaissance des causes, Bacon pr\u00e9cise que les causes cibles sont plus susceptibles de nuire \u00e0 une consid\u00e9ration impartiale des choses, mat\u00e9rielles et mouvantes, comme externes aux processus. se produisant dans la forme elle-m\u00eame, ont une importance secondaire pour la science.<\/p>\n<p align=\"justify\">La principale correction apport\u00e9e par Bacon \u00e0 cet enseignement est le rejet de la croyance selon laquelle \u00abdonne la primaut\u00e9 de l&rsquo;essence aux formes\u00bb (1:2, 75) d\u00e9sormais chez Bacon, la forme est comprise non pas comme une essence particuli\u00e8re, mais comme une loi; auxquelles sont soumises les qualit\u00e9s des corps et les transformations mutuelles des uns et des autres. Les formes sont d\u00e9finies par Bacon comme des lois \u00abqui cr\u00e9ent toute nature simple, telle que la chaleur, la lumi\u00e8re, le poids, dans toutes sortes de mati\u00e8res et d&rsquo;objets qui les per\u00e7oivent. La forme de la chaleur ou la forme de la lumi\u00e8re et la loi de la chaleur ou la loi de la lumi\u00e8re sont une seule et m\u00eame chose\u00bb (1:2, 114).<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le domaine des sciences pratiques, la physique et la m\u00e9taphysique correspondent \u00e0 la m\u00e9canique et \u00e0 la magie dite naturelle, con\u00e7ues pour servir les d\u00e9sirs tr\u00e8s pratiques de l&rsquo;homme. A l&rsquo;aide de la connaissance des formes de la nature, Bacon consid\u00e8re qu&rsquo;il est possible d&rsquo;aller au-del\u00e0 de l&rsquo;ordre \u00e9tabli de la nature, de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes de prolongation de la vie, de rajeunissement, de transformation de certains corps en d&rsquo;autres, par exemple, obtenir de l&rsquo;or \u00e0 partir d&rsquo;autres m\u00e9taux. Cependant, la science doit d\u2019abord d\u00e9velopper une m\u00e9thodologie pr\u00e9cise qui am\u00e8ne l\u2019esprit \u00e0 d\u00e9couvrir les formes de la nature exclusivement dans la nature elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Nouvelle logique et induction.<\/strong> Le chemin du raisonnement de l\u2019esprit doit partir de faits naturels pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9tablis. Par cons\u00e9quent, la connaissance doit commencer par l&rsquo;histoire naturelle et exp\u00e9rimentale, en collectant du mat\u00e9riel provenant d&rsquo;exp\u00e9riences et d&rsquo;observations, en l&rsquo;organisant sous la forme de tableaux et de listes sp\u00e9ciaux, puis en appliquant une induction v\u00e9ritable et l\u00e9gale. Bacon oppose la d\u00e9duction comme m\u00e9thode principale de la logique aristot\u00e9licienne \u00e0 l&rsquo;induction, mais pas simple, par \u00e9num\u00e9ration, mais scientifique. \u00abL&rsquo;induction, qui sera utile \u00e0 la d\u00e9couverte et \u00e0 la d\u00e9monstration des sciences et des arts, doit diviser la nature au moyen de distinctions et d&rsquo;exceptions appropri\u00e9es. Et puis, apr\u00e8s un nombre suffisant de jugements n\u00e9gatifs, elle doit conclure sur le positif\u00bb (1:2, 64). Le passage des faits individuels aux axiomes g\u00e9n\u00e9raux doit s&rsquo;accomplir progressivement et de mani\u00e8re coh\u00e9rente en remontant des exp\u00e9riences vers des axiomes de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 croissante et inversement &#8211; d&rsquo;exp\u00e9riences \u00ablumineuses\u00bb qui donnent une connaissance g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 des exp\u00e9riences \u00abfructueuses\u00bb qui donnent des r\u00e9sultats pratiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">La m\u00e9thode des tableaux dans lesquels sont organis\u00e9es diverses descriptions de la nature est utilis\u00e9e par Bacon de la mani\u00e8re suivante: plusieurs types de tableaux sont compil\u00e9s. Les tableaux de pr\u00e9sence contiennent une liste de substances diverses et dissemblables dans lesquelles est pr\u00e9sente la propri\u00e9t\u00e9 commune qui nous int\u00e9resse, par exemple la chaleur: ce sont les rayons du soleil, les flammes, les liquides chauds, les animaux, etc. De plus, le lien n\u00e9cessaire entre la forme et l&rsquo;apparence de la propri\u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;exp\u00e9rience est affirm\u00e9e: la forme ne peut pas \u00eatre l\u00e0 o\u00f9 il n&rsquo;y a pas de propri\u00e9t\u00e9 naturelle. Le tableau des absences r\u00e9pertorie des exemples de telles substances proches des cas de pr\u00e9sence, mais d\u00e9pourvues de cette propri\u00e9t\u00e9. Par exemple, les rayons de L\u00e9na sont froids, les liquides dans la nature restent g\u00e9n\u00e9ralement froids, chez les plantes et les insectes, contrairement \u00e0 tous les animaux, on ne d\u00e9tecte pas de chaleur. Ces exemples n\u00e9gatifs, ou instances, selon Bacon, sont extr\u00eamement pr\u00e9cieux dans les inf\u00e9rences inductives, car ils limitent strictement l&rsquo;\u00e9ventail des conclusions possibles. Des tableaux de degr\u00e9s sont \u00e9galement \u00e9tablis, d\u00e9montrant divers degr\u00e9s d&rsquo;augmentation ou de diminution des propri\u00e9t\u00e9s de diverses substances: chez les m\u00eames animaux, les liquides. En g\u00e9n\u00e9ral, l&rsquo;op\u00e9ration de l&rsquo;esprit dans le raisonnement au moyen de tables est de rejeter de telles natures \u00abqui n&rsquo;apparaissent dans aucun cas o\u00f9 la nature donn\u00e9e est pr\u00e9sente, ou qui se produisent dans tout cas o\u00f9 la nature donn\u00e9e est absente, ou qui se trouvent en croissance dans certains exemples, o\u00f9 une nature donn\u00e9e diminue, ou diminue quand une nature donn\u00e9e grandit\u00bb (1:2, 113). Ainsi, dans un cas, apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 les proc\u00e9dures appropri\u00e9es avec les tableaux, Bacon arrive \u00e0 la conclusion que la cause de la chaleur r\u00e9side dans le mouvement des particules de mati\u00e8re, et nous pouvons consid\u00e9rer la chaleur comme un cas particulier de mouvement. Cependant, Bacon distingue le chaud et le froid comme deux natures diff\u00e9rentes. Dans ce cas comme dans bien d\u2019autres, Bacon suit, malgr\u00e9 toutes ses innovations, la science de la Renaissance. Il est \u00e9galement un adversaire de la th\u00e9orie copernicienne et place la Terre au repos au centre de l&rsquo;univers, consid\u00e8re l&rsquo;origine possible de la vie \u00e0 partir de produits de d\u00e9composition et utilise la doctrine des esprits, des morts et des vivants. La mati\u00e8re est comprise par lui avant tout comme diverses choses qualitativement d\u00e9finies; le philosophe postule seulement que \u00abl&rsquo;\u00e9tude de la nature se produit mieux lorsque la physique est compl\u00e9t\u00e9e par les math\u00e9matiques\u00bb (1:1, 89). En ce sens, sa propre m\u00e9thodologie n\u2019\u00e9tait qu\u2019un projet de Bacon lui-m\u00eame. En pleine conformit\u00e9 avec les exigences du nouvel organon, l&rsquo;activit\u00e9 scientifique ne s&rsquo;exerce que dans un \u00e9tat scientifique id\u00e9al, d\u00e9crit par Bacon dans le trait\u00e9 \u00abNouvelle Atlantide\u00bb (1627), d\u00e9crivant l&rsquo;\u00eele de Bensalem, o\u00f9 toute vie est construite sur le principe de fusion des activit\u00e9s sociales avec les activit\u00e9s scientifiques, afin que le pays tout entier se transforme en un seul laboratoire scientifique g\u00e9ant, qui apporte le pouvoir \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat et le bien-\u00eatre et la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e0 ses citoyens.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.Bacon<\/em>\u00a0\u03a6. Essais. T.1-2. M., 1977-1978.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.Bacon F.<\/em>\u00a0Histoire du r\u00e8gne du roi Henri VII. M., 1990.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3.<\/em>\u00a0Les \u0153uvres de Francis Bacon. \u00c9d. par I. Spedding et al. V. 1 &#8211; 14. L., 1857-74.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Russell B.<\/em>\u00a0Histoire de la philosophie occidentale. Rostov n\/d., 1998. pp. 614-619.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5. Sokolov V.V.<\/em>\u00a0Philosophie de l&rsquo;Europe occidentale des XVe-XVIIe si\u00e8cles. M., 1984. S. 201-227.<\/p>\n<p align=\"justify\">6. Philosophie de l&rsquo;\u00e8re des premi\u00e8res r\u00e9volutions bourgeoises. M., 1983.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Fisher K.<\/em>\u00a0La vraie philosophie et son si\u00e8cle. Francis Bacon de Verulam. Saint-P\u00e9tersbourg, 1870.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8. Farrington V.<\/em>\u00a0Francis Bacon : philosophe des sciences industrielles. New York, 1949.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9.Quinton A.<\/em>\u00a0Francis Bacon. Oxford, 1980.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La philosophie du Nouvel \u00c2ge est l&rsquo;\u00e8re de l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;esprit, de sa lib\u00e9ration des autorit\u00e9s du pass\u00e9. Cette lib\u00e9ration \u00e9tait en grande partie due \u00e0 la scission du christianisme d\u2019Europe occidentale au XVIe si\u00e8cle, qui a cr\u00e9\u00e9 un territoire \u00abneutre\u00bb de pure rationalit\u00e9, que les meilleurs esprits ont commenc\u00e9 \u00e0 ma\u00eetriser. Le d\u00e9sir d\u2019ind\u00e9pendance \u00e9tait \u00e9galement pr\u00e9sent \u00e0 la Renaissance, mais les&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/bacon\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":775,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,182],"tags":[117,118],"class_list":{"0":"post-586","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofianovogovremeni","9":"tag-induction-veritable","10":"tag-legale"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/586","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=586"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/586\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":931,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/586\/revisions\/931"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/775"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=586"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=586"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=586"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}