{"id":588,"date":"2024-06-12T19:30:52","date_gmt":"2024-06-12T16:30:52","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=588"},"modified":"2025-11-20T20:14:32","modified_gmt":"2025-11-20T17:14:32","slug":"descartes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/descartes\/","title":{"rendered":"Ren\u00e9 Descartes. Fondateur du rationalisme en philosophie. Toutes les sciences sont interconnect\u00e9es"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Ren\u00e9 Descartes est le fondateur du rationalisme en tant que direction particuli\u00e8re de la philosophie du Nouvel \u00c2ge, l&rsquo;un des plus grands math\u00e9maticiens et physiciens de son \u00e9poque. Il est n\u00e9 en 1596 \u00e0 La\u00e9 (province de Touraine) dans une famille noble. Il \u00e9tudie au Coll\u00e8ge des J\u00e9suites de La Fl\u00e8che, puis \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Poitiers. L&rsquo;enseignement scolastique ne satisfaisait pas le jeune Descartes: les connaissances qu&rsquo;il recevait lui paraissaient insuffisantes, et en grande partie discutables. \u00abC&rsquo;est pourquoi, d\u00e8s que l&rsquo;\u00e2ge m&rsquo;a permis de sortir de la subordination de mes mentors, j&rsquo;ai compl\u00e8tement abandonn\u00e9 les \u00e9tudes de livres et j&rsquo;ai d\u00e9cid\u00e9 de rechercher uniquement la science que je pouvais trouver en moi-m\u00eame ou dans le grand livre du monde\u00bb (1.1, 255). Il se rend en Hollande et y entre au service militaire.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-v-philosophie-des-temps-nouveaux-chapitre-2-descartes\/dekart230624\/\" rel=\"attachment wp-att-778\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-778\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/dekart230624-1024x578.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"452\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/dekart230624-1024x578.jpg 1024w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/dekart230624-300x169.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/dekart230624-768x434.jpg 768w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/dekart230624.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Il se rend ensuite en Allemagne et s&rsquo;engage dans l&rsquo;arm\u00e9e bavaroise. Durant plusieurs ann\u00e9es, il se retrouve \u00e0 participer aux \u00e9v\u00e9nements li\u00e9s au d\u00e9roulement de la c\u00e9l\u00e8bre guerre de Trente Ans. Mais finalement, le d\u00e9sir de poursuivre des \u00e9tudes scientifiques pousse Descartes \u00e0 quitter le service militaire. Il fit un long voyage en Italie, puis passa plusieurs ann\u00e9es en France et s&rsquo;installa finalement en Hollande, estimant qu&rsquo;une vie solitaire dans ce pays lui offrirait les conditions les plus favorables pour am\u00e9liorer ses connaissances scientifiques. Il passa vingt ans en Hollande et \u00e9crivit ses ouvrages les plus importants: \u00abDiscours sur la m\u00e9thode\u00bb (1637), \u00abR\u00e9flexions sur la premi\u00e8re philosophie\u00bb (1641), \u00abPrincipes de philosophie\u00bb (1644). Descartes a pass\u00e9 les derniers mois de sa vie \u00e0 Stockholm, o\u00f9 il est arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;invitation de la reine Christine \u00e0 participer \u00e0 l&rsquo;organisation de l&rsquo;Acad\u00e9mie su\u00e9doise des sciences. Descartes est mort en 1650.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Enseignement de la m\u00e9thode.<\/strong> Descartes \u00e9tait convaincu de l&rsquo;unit\u00e9 de la connaissance scientifique. \u00abToutes les sciences sont tellement interconnect\u00e9es qu&rsquo;il est beaucoup plus facile de les \u00e9tudier toutes en m\u00eame temps que de s\u00e9parer les unes des autres&#8230; apr\u00e8s tout, elles sont toutes interconnect\u00e9es et d\u00e9pendent les unes des autres\u00bb (1:1, 79). Tout comme en g\u00e9om\u00e9trie de longues cha\u00eenes de preuves et de conclusions sont interconnect\u00e9es, de la m\u00eame mani\u00e8re toutes les connaissances scientifiques en g\u00e9n\u00e9ral que l&rsquo;esprit humain est capable de trouver pourraient tr\u00e8s bien \u00eatre construites sous la forme d&rsquo;une vaste s\u00e9rie de conclusions n\u00e9cessaires. Les objets de connaissance peuvent \u00eatre dispos\u00e9s dans un certain ordre correspondant \u00e0 l&rsquo;ordre de leur \u00e9tude correcte. Les math\u00e9matiques servent de mod\u00e8le \u00e0 Descartes que d\u2019autres disciplines devraient suivre. Il dit qu&rsquo;il devrait y avoir des \u00abmath\u00e9matiques universelles\u00bb, qui incluent non seulement l&rsquo;arithm\u00e9tique et la g\u00e9om\u00e9trie, mais aussi toutes les branches de la connaissance dans lesquelles \u00abl&rsquo;ordre ou la mesure\u00bb sont \u00e9tudi\u00e9s. Les objets soumis \u00e0 \u00abl&rsquo;ordre et \u00e0 la mesure\u00bb peuvent \u00eatre tr\u00e8s divers, mais la m\u00e9thode pour les \u00e9tudier est assez universelle. Descartes insiste sur le fait que \u00abpour d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 des choses, il faut une m\u00e9thode\u00bb (1:1, 85). Il condamne les \u00abpoursuites d\u00e9sordonn\u00e9es\u00bb de ces scientifiques qui esp\u00e8rent r\u00e9ussir sans \u00eatre guid\u00e9s par aucun syst\u00e8me fiable. Bien s\u00fbr, ces personnes peuvent faire des d\u00e9couvertes al\u00e9atoires, mais la plupart d\u2019entre elles sont occup\u00e9es \u00e0 des errances \u00abimprudentes\u00bb et \u00e0 des \u00abpens\u00e9es vagues\u00bb. Selon Descartes, le monde est enti\u00e8rement connaissable, \u00abp\u00e9n\u00e9trable\u00bb pour l\u2019esprit humain \u2013 \u00e0 condition bien s\u00fbr que les gens utilisent la bonne m\u00e9thode de recherche. \u00abIl ne peut y avoir de v\u00e9rit\u00e9s si lointaines qu\u2019elles soient inaccessibles, ni si cach\u00e9es qu\u2019elles ne puissent \u00eatre r\u00e9v\u00e9l\u00e9es\u00bb (1:1, 261). En comprenant l&rsquo;essence des choses, une personne peut exprimer sa connaissance \u00e0 leur sujet sous une forme compl\u00e8te et d\u00e9finitive: \u00abil n&rsquo;y a qu&rsquo;une seule v\u00e9rit\u00e9 concernant chaque chose, et celui qui la trouve sait tout ce qu&rsquo;on peut en savoir\u00bb (1:1, 262).<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c9tant donn\u00e9 que toutes les v\u00e9rit\u00e9s scientifiques sont interconnect\u00e9es, une importance particuli\u00e8re appartient aux \u00abpremiers principes\u00bb de la connaissance humaine, qui font l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;une discipline distincte &#8211; la m\u00e9taphysique (\u00abpremi\u00e8re philosophie\u00bb). La vieille m\u00e9taphysique, selon Descartes, n\u2019\u00e9tait pas une v\u00e9ritable science. Selon lui, les d\u00e9bats interminables entre philosophes en sont la preuve. Toutes les dispositions de la m\u00e9taphysique existante sont douteuses, car elles n&rsquo;ont pas la fiabilit\u00e9 qui convaincrait tous les philosophes. Diff\u00e9rents jugements de penseurs sur les m\u00eames sujets indiquent que la majorit\u00e9, voire la totalit\u00e9, des parties en conflit avaient tort (apr\u00e8s tout, il ne peut y avoir qu&rsquo;une seule opinion vraie). \u00c0 cet \u00e9gard, il compare les philosophes du pass\u00e9 aux voyageurs qui quittaient la route principale pour s\u2019engager dans des sentiers \u00e9troits et s\u2019y perdaient \u00abparmi les \u00e9pines et les falaises\u00bb. Descartes associe l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;ancienne m\u00e9taphysique au fait que les philosophes n&rsquo;ont pas utilis\u00e9 la v\u00e9ritable m\u00e9thode d&rsquo;\u00e9tude des choses. Le penseur fran\u00e7ais critique particuli\u00e8rement vivement la \u00abphilosophie scolaire\u00bb dominante &#8211; l&rsquo;aristot\u00e9lisme scolastique. \u00c0 son avis, la fausset\u00e9 de la philosophie d&rsquo;Aristote d\u00e9coule du fait que pendant de nombreux si\u00e8cles de son enseignement, elle a stagn\u00e9, sans faire progresser la connaissance humaine. Les disciples d\u2019Aristote ont toujours eu recours \u00e0 de vagues \u00abdistinctions et principes\u00bb, pr\u00e9tendant de mani\u00e8re d\u00e9raisonnable tout savoir.<\/p>\n<p align=\"justify\">La nouvelle philosophie, selon Descartes, devrait amener l&rsquo;homme au pouvoir sur la nature (sur cette question il est tout \u00e0 fait d&rsquo;accord avec F. Bacon). \u00abAu lieu de la philosophie sp\u00e9culative enseign\u00e9e dans les \u00e9coles, il est possible d&rsquo;en cr\u00e9er une philosophie pratique, \u00e0 l&rsquo;aide de laquelle, connaissant le pouvoir et l&rsquo;action du feu, de l&rsquo;eau, de l&rsquo;air, des \u00e9toiles, du ciel et de tous les autres corps qui nous entourent&#8230; nous pourraient&#8230; devenir ainsi comme s&rsquo;ils \u00e9taient les ma\u00eetres et les dirigeants de la nature\u00bb (1:1, 286).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la vraie m\u00e9thode vous permettra de bien comprendre la nature, ainsi que d&rsquo;acqu\u00e9rir du pouvoir sur elle. La m\u00e9thode de Descartes est rationaliste. L\u2019essence des choses peut \u00eatre comprise par l\u2019esprit, mais pas par les sens. Pour \u00e9tayer cette th\u00e8se, Descartes donne un exemple avec de la cire. La cire fait partie de ces objets mat\u00e9riels qui, nous semble-t-il, sont assez clairement per\u00e7us par les sens. Lorsqu\u2019il est extrait d\u2019un nid d\u2019abeilles, un morceau de cire appara\u00eet froid, blanc, a un contour clair et sent le miel. Cependant, il suffit de mettre cette cire au feu et toutes les propri\u00e9t\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es disparaissent &#8211; elle devient liquide, chaude, perd sa couleur et son odeur de miel et perd sa forme ant\u00e9rieure. Bien entendu, chauffer ne d\u00e9truit pas l\u2019essence d\u2019une chose: la cire reste de la cire. Mais si toutes ses qualit\u00e9s sensuellement per\u00e7ues ont chang\u00e9, cela signifie que son essence n&rsquo;y est pas li\u00e9e et, par cons\u00e9quent, elle est inaccessible aux sentiments humains. L&rsquo;essence de la cire, comme tout objet mat\u00e9riel, r\u00e9side dans l&rsquo;\u00e9tendue, et seul notre esprit en parle. Une connaissance claire de l&rsquo;esprit fournit toujours des informations plus fiables que les sens ; par exemple, les gens voient bien le soleil, mais ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 la raison qu&rsquo;ils savent que ses dimensions sont beaucoup plus grandes que celles sugg\u00e9r\u00e9es par la perception sensorielle. Rejetant le c\u00e9l\u00e8bre principe des partisans de l&#8217;empirisme \u00abil n&rsquo;y a rien dans l&rsquo;esprit qui n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 auparavant dans les sens\u00bb, Descartes fait r\u00e9f\u00e9rence au fait que les id\u00e9es de Dieu et de l&rsquo;\u00e2me ne pouvaient \u00eatre tir\u00e9es de l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle.<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes identifie deux \u00abactions de l&rsquo;esprit\u00bb \u00e0 l&rsquo;aide desquelles s&rsquo;acquiert la v\u00e9ritable connaissance des choses. Ces actions sont l&rsquo;intuition et la d\u00e9duction. \u00abPar intuition, je n\u2019entends pas l\u2019\u00e9vidence incertaine des sens, ni le jugement trompeur d\u2019une imagination mal form\u00e9e, mais la compr\u00e9hension d\u2019un esprit clair et attentif, si facile et si distincte qu\u2019il ne reste absolument aucun doute sur ce que l\u2019on comprend\u00bb (1:1, 84). Nous parlons donc d&rsquo;intuition intellectuelle, caract\u00e9ris\u00e9e par la simplicit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9vidence. La d\u00e9duction consiste en \u00abla d\u00e9rivation habile de connaissances\u00bb. La d\u00e9duction, selon Descartes, diff\u00e8re de l&rsquo;intuition \u00e0 deux \u00e9gards. Premi\u00e8rement, la d\u00e9duction suppose un certain encha\u00eenement, un mouvement de concepts, qui n&rsquo;est jamais caract\u00e9ristique de l&rsquo;intuition. Deuxi\u00e8mement, la d\u00e9duction ne n\u00e9cessite pas de preuves imm\u00e9diates, sans lesquelles l&rsquo;intuition est impossible. Une cha\u00eene de raisonnement d\u00e9ductif peut \u00abemprunter\u00bb \u00e0 la m\u00e9moire des preuves qui peuvent facilement confirmer la fiabilit\u00e9 des r\u00e9sultats par rapport \u00e0 chaque maillon individuel de cette cha\u00eene. Une d\u00e9duction correctement construite ne produit jamais de conclusions erron\u00e9es. De plus, lors de la r\u00e9solution d\u2019un probl\u00e8me scientifique, il n\u2019existe toujours qu\u2019un seul moyen le plus court et le plus efficace de construire une d\u00e9duction. Les principes initiaux de la connaissance humaine peuvent \u00eatre compris par l&rsquo;intuition, leurs cons\u00e9quences les plus lointaines uniquement par la d\u00e9duction. En g\u00e9n\u00e9ral, l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me de connaissances scientifiques repr\u00e9sente une certaine s\u00e9quence d&rsquo;intuitions et de d\u00e9ductions. La vraie connaissance doit \u00eatre clairement discern\u00e9e ou d\u00e9duite de mani\u00e8re fiable.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le penseur fran\u00e7ais a d\u00e9clar\u00e9 que les m\u00e9taphysiciens pr\u00e9c\u00e9dents utilisaient souvent les r\u00e8gles de la logique formelle comme m\u00e9thode de recherche. \u00c0 son avis, une telle voie ne pourrait pas mener au succ\u00e8s &#8211; les r\u00e8gles de la logique conviennent principalement au transfert de connaissances d\u00e9j\u00e0 connues \u00e0 d&rsquo;autres personnes. De plus, ces r\u00e8gles se sont souvent r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00eatre entre les mains des pseudo-scientifiques un moyen pr\u00e9cieux de \u00abraisonner b\u00eatement\u00bb sur des choses qu&rsquo;ils ne comprenaient pas du tout. En g\u00e9n\u00e9ral, \u00abbien que la logique contienne en r\u00e9alit\u00e9 de nombreuses r\u00e8gles tr\u00e8s vraies et bonnes, il y en a tellement de nuisibles et d\u2019inutiles qui s\u2019y m\u00ealent que les s\u00e9parer de ces derni\u00e8res est presque aussi difficile que d\u2019extraire Diane ou Minerve d\u2019un morceau de marbre non taill\u00e9\u00bb (1:1, 260). Au lieu de nombreuses r\u00e8gles de logique scolastique, il propose d&rsquo;\u00e9tablir un petit nombre de principes de m\u00e9thode v\u00e9ritables et r\u00e9ellement utiles. D\u00e9finissant une m\u00e9thode comme un ensemble de r\u00e8gles fiables permettant d&rsquo;\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9largir les connaissances scientifiques, Descartes propose quatre r\u00e8gles de m\u00e9thode:<\/p>\n<p align=\"justify\">1) consid\u00e9rer comme vrai seulement ce qui est \u00e9vident, c&rsquo;est-\u00e0-dire ce qui est clairement et distinctement per\u00e7u par l&rsquo;esprit humain;<\/p>\n<p align=\"justify\">2) diviser un probl\u00e8me th\u00e9orique posant des difficult\u00e9s en autant de parties que n\u00e9cessaire pour le r\u00e9soudre;<\/p>\n<p align=\"justify\">3) adh\u00e9rer \u00e0 un ordre strict de recherche, passant des objets simples \u00e0 la connaissance des objets complexes;<\/p>\n<p align=\"justify\">4) compiler des revues g\u00e9n\u00e9rales et des listes compl\u00e8tes &#8211; pour \u00e9liminer les omissions lors de l&rsquo;\u00e9tude d&rsquo;une question particuli\u00e8re (ainsi que pour donner l&rsquo;exhaustivit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ensemble de la science).<\/p>\n<p align=\"justify\">Selon Descartes, la vraie m\u00e9thode explique comment utiliser correctement l&rsquo;intuition de l&rsquo;esprit, sans commettre d&rsquo;erreurs (la premi\u00e8re r\u00e8gle), ainsi que comment construire correctement des conclusions d\u00e9ductives. Puisque l\u2019intuition et la d\u00e9duction sont les moyens les plus fiables pour d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9, la m\u00e9thode formul\u00e9e doit \u00eatre \u00abla plus parfaite\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c9tablissant la premi\u00e8re r\u00e8gle comme crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 est la clart\u00e9 et la distinction des id\u00e9es, Descartes explique: \u00abJ&rsquo;appelle perception claire ce qui se r\u00e9v\u00e8le clairement \u00e0 l&rsquo;esprit attentif&#8230; Distincte j&rsquo;appelle cette perception qui, \u00e9tant claire, est si claire. clairement s\u00e9par\u00e9 de toutes les autres perceptions et qui ne contient absolument aucun m\u00e9lange de flou\u00bb (1:1, 332). Selon lui, la perception de l\u2019esprit peut \u00eatre claire sans \u00eatre distincte, mais pas l\u2019inverse.<\/p>\n<p align=\"justify\">La m\u00e9thode de Descartes exigeait l&rsquo;exclusion de la science de toutes les connaissances probables et \u00abplausibles\u00bb. Selon lui, la vraie science ne devrait \u00eatre compos\u00e9e que de propositions fiables et incontestables, sinon il est facile de tomber dans l&rsquo;erreur.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le penseur fran\u00e7ais d\u00e9finit le sujet de la philosophie de mani\u00e8re assez large: \u00abtoute philosophie est comme un arbre dont les racines sont la m\u00e9taphysique, le tronc est la physique, et les branches \u00e9manant de ce tronc sont toutes les autres sciences, r\u00e9duites \u00e0 trois principales: la m\u00e9decine, m\u00e9canique et \u00e9thique\u00bb (1:1, 309). La m\u00e9taphysique est le fondement de tout le syst\u00e8me de connaissance humaine: le fait qu\u2019elle n\u2019ait pas pu pendant longtemps devenir une science a entrav\u00e9 le d\u00e9veloppement fructueux d\u2019autres disciplines. Descartes croyait que cette situation pouvait \u00eatre corrig\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;une v\u00e9ritable m\u00e9thode, qui permettrait enfin de construire une m\u00e9taphysique scientifique. Puisque la connaissance scientifique repr\u00e9sente un certain syst\u00e8me de dispositions interd\u00e9pendantes, la m\u00e9taphysique doit \u00eatre construite sur la base de principes initiaux dont les crit\u00e8res sont : a) la clart\u00e9 et l&rsquo;\u00e9vidence, b) la d\u00e9pendance de toutes les autres connaissances \u00e0 leur \u00e9gard.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est important de noter que Descartes n&rsquo;a pas du tout ni\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;utiliser l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle dans le processus de connaissance scientifique. Bien s\u00fbr, de son point de vue, l&rsquo;essence des choses ne se r\u00e9v\u00e8le qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;esprit, mais l&rsquo;exp\u00e9rience est \u00e9galement d&rsquo;une grande importance pour la philosophie. \u00abQuant aux exp\u00e9riences, j&rsquo;ai remarqu\u00e9 qu&rsquo;elles sont d&rsquo;autant plus n\u00e9cessaires que l&rsquo;on avance dans la connaissance\u00bb (1:1, 287). Lorsqu\u2019on construit la m\u00e9taphysique, il faut s\u2019appuyer sur les moyens dont dispose l\u2019esprit. Les donn\u00e9es m\u00e9taphysiques nous permettent de tirer des conclusions fondamentales concernant la structure du monde physique. En outre, plus une discipline scientifique particuli\u00e8re devient priv\u00e9e, plus l\u2019exp\u00e9rience ext\u00e9rieure y joue un r\u00f4le important. L\u2019exp\u00e9rience est n\u00e9cessaire pour distinguer les \u00abformes et types de corps\u00bb qui existent r\u00e9ellement sur Terre de ceux qui pourraient seulement s\u2019y trouver. Avec l\u2019aide de la d\u00e9duction, on peut obtenir une vari\u00e9t\u00e9 excessive de cons\u00e9quences particuli\u00e8res, et pour identifier celles qui sont pertinentes pour notre monde terrestre, il faut recourir \u00e0 \u00abde nombreuses exp\u00e9riences\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>M\u00e9taphysique.<\/strong> Sa t\u00e2che est d&rsquo;\u00e9tablir les \u00abprincipes fondamentaux\u00bb de la connaissance humaine. En fait, la m\u00e9taphysique de Descartes inclut la prise en compte des probl\u00e8mes d&rsquo;ontologie et d&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes commence la construction de la m\u00e9taphysique en utilisant la proc\u00e9dure du doute. \u00abCelui qui \u00e9tudie la v\u00e9rit\u00e9 doit douter de toutes choses au moins une fois dans sa vie\u00bb (1:1, 314). Il identifie plusieurs raisons pour ce doute. Tout d\u2019abord, il note que dans l\u2019enfance, les gens acqui\u00e8rent des jugements sur les choses avant d\u2019atteindre la \u00abpleine possession\u00bb de la raison. C\u2019est de l\u00e0 que naissent divers pr\u00e9jug\u00e9s et opinions fausses. De plus, nous pouvons douter de l&rsquo;existence des choses sensorielles, puisque nous sommes bien conscients que les sens nous trompent parfois (par exemple, les tours de loin semblent rondes, mais de pr\u00e8s elles se r\u00e9v\u00e8lent souvent carr\u00e9es, etc.). Bien s\u00fbr, il serait trop imprudent de faire confiance \u00e0 quelque chose qui nous a au moins une fois induit en erreur. De plus, dans un r\u00eave, les gens semblent percevoir diverses choses, mais lorsqu&rsquo;ils se r\u00e9veillent, ils se rendent compte que de tels objets n&rsquo;existaient pas vraiment. Pour une personne qui, sur cette base, a des doutes sur les choses sensorielles, il pourrait bien sembler qu&rsquo;\u00abaucun signe n&rsquo;est donn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide duquel elle pourrait distinguer de mani\u00e8re fiable l&rsquo;\u00e9tat de sommeil de l&rsquo;\u00e9tat de veille\u00bb (1:1, 315). Enfin, m\u00eame les preuves math\u00e9matiques, qui semblent toujours \u00eatre la connaissance la plus fiable dont dispose une personne, peuvent \u00e9galement \u00eatre remises en question. Apr\u00e8s tout, il y a des gens qui font des erreurs lorsqu&rsquo;ils r\u00e9solvent des probl\u00e8mes dans le domaine de l&rsquo;arithm\u00e9tique et de la g\u00e9om\u00e9trie. Ce qui est encore plus important dans ce cas, c\u2019est que nous avons entendu parler de l\u2019existence d\u2019un Dieu tout-puissant. Il est tout \u00e0 fait acceptable de supposer que Dieu a pu cr\u00e9er des hommes constamment et dans l\u2019erreur en toutes choses. Il est vrai que beaucoup croient que Dieu est un \u00eatre bon et que, par cons\u00e9quent, la cr\u00e9ation de personnes \u00e9ternellement erron\u00e9es entrerait en conflit avec sa bonne nature. Mais o\u00f9 est la garantie que Dieu ne fait pas intentionnellement, au moins parfois, des erreurs aux gens? De plus, m\u00eame si nous reconnaissons le Dieu sage comme la source de la v\u00e9rit\u00e9, il se peut qu&rsquo;il existe un autre g\u00e9nie tr\u00e8s puissant et en m\u00eame temps \u00abmal\u00e9fique\u00bb qui induit constamment les gens en erreur. Ce sont ces raisons qui donnent lieu \u00e0 remettre en question les connaissances acquises par une personne. Descartes souligne que ce doute ne devrait s&rsquo;\u00e9tendre qu&rsquo;au domaine de la connaissance th\u00e9orique, mais pas au domaine du comportement humain pratique. La proc\u00e9dure du doute a une application limit\u00e9e ; son objectif est de faciliter la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 scientifique. Le doute n\u2019est pas important en soi, il ne conduit pas au scepticisme absolu, son but est \u00abd\u2019atteindre la certitude et, en jetant les sables mouvants et le sable, de trouver un terrain solide\u00bb (1:1, 266).<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes surmonte le doute en soulignant qu&rsquo;il serait absurde de consid\u00e9rer comme inexistant quelque chose qui pense au moment m\u00eame o\u00f9 il pense. Par cons\u00e9quent, la base de la connaissance humaine est la proposition \u00abpremi\u00e8re et la plus fiable\u00bb: \u00abJe pense, donc j\u2019existe\u00bb. De l\u00e0, Descartes tire la conclusion sur l\u2019existence de l\u2019\u00e2me. L&rsquo;absence de toute propri\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est caract\u00e9ristique que de la non-existence; la pens\u00e9e est une propri\u00e9t\u00e9, et si elle existe d\u00e9j\u00e0 (et cela est prouv\u00e9 m\u00eame par des doutes), alors il doit aussi y avoir un porteur de cette propri\u00e9t\u00e9, une certaine chose, un objet ontologique r\u00e9el. Ce porteur de pens\u00e9e est l&rsquo;\u00e2me ; Le Soi humain est une \u00abchose pensante\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">La pens\u00e9e n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;une des caract\u00e9ristiques de l&rsquo;\u00e2me, c&rsquo;est sa propri\u00e9t\u00e9 essentielle: \u00abJe suis, j&rsquo;existe, c&rsquo;est une \u00e9vidence. Mais depuis combien de temps suis-je l\u00e0? Autant que je le pense\u00bb (1:2, 23). L\u2019\u00e2me pense constamment, m\u00eame si cette pens\u00e9e n\u2019est pas toujours claire. Descartes interpr\u00e8te la pens\u00e9e de mani\u00e8re assez large: \u00abPar le mot\u00a0 penser\u00bb, j&rsquo;entends tout ce qui se passe en nous consciemment, dans la mesure o\u00f9 nous le comprenons. Ainsi, non seulement comprendre, vouloir, imaginer, mais aussi ressentir, c\u2019est la m\u00eame chose que penser\u00bb (1:1, 316). Il identifie deux modes principaux de pens\u00e9e: la perception de l&rsquo;esprit et l&rsquo;action de la volont\u00e9. Les autres manifestations de la pens\u00e9e se r\u00e9sument \u00e0 ces deux manifestations : l&rsquo;imagination, le sentiment, le raisonnement sont des vari\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;action de l&rsquo;esprit, et le d\u00e9sir, le doute, l&rsquo;affirmation et le d\u00e9ni sont des vari\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;action de la volont\u00e9. (Ainsi, les sentiments et la raison, oppos\u00e9s l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre dans le cadre de la doctrine de la m\u00e9thode, s&rsquo;av\u00e8rent \u00eatre diff\u00e9rents niveaux d&rsquo;activit\u00e9 mentale. Dans les \u00abPrincipes de philosophie\u00bb, ces deux niveaux &#8211; \u00absentiment\u00bb et \u00abraisonnement\u00bb &#8211; sont couverts par l\u2019appellation large de \u00abperception de la raison\u00bb.)<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s avoir abord\u00e9 la question de l&rsquo;existence de l&rsquo;\u00e2me, le penseur fran\u00e7ais aborde le probl\u00e8me de l&rsquo;existence de Dieu. Selon lui, avant de parler du monde, il faut \u00e9tablir si Dieu existe et s&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9 les hommes de telle mani\u00e8re qu&rsquo;ils commettent toujours des erreurs. En ce sens, la connaissance des choses ext\u00e9rieures d\u00e9pend de la connaissance de Dieu. Descartes d\u00e9fend la preuve ontologique de l&rsquo;existence de Dieu. L&rsquo;existence de Dieu d\u00e9coule de l&rsquo;id\u00e9e de lui pr\u00e9sente dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;homme. Il ne peut y avoir d\u2019id\u00e9es dans l\u2019esprit humain qui n\u2019aient pas leur propre prototype \u2013 externe ou interne. Mais l&rsquo;id\u00e9e de Dieu, ou d&rsquo;un \u00eatre tout parfait, ne peut avoir aucun prototype chez l&rsquo;homme. L\u2019homme est un \u00eatre tr\u00e8s imparfait, ne poss\u00e9dant pas du tout les caract\u00e9ristiques associ\u00e9es \u00e0 l\u2019id\u00e9e de Dieu. Cela signifie que l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00eatre tout parfait n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 form\u00e9e par nous-m\u00eames (apr\u00e8s tout, un \u00eatre plus parfait n&rsquo;est pas la cons\u00e9quence d&rsquo;un \u00eatre moins parfait). Il doit donc y avoir un prototype de l\u2019id\u00e9e de Dieu ext\u00e9rieur \u00e0 l\u2019homme, qui poss\u00e9derait toutes les perfections associ\u00e9es \u00e0 ladite id\u00e9e. Ce type externe est Dieu. A une \u00e9ventuelle objection: il n&rsquo;existe pas un seul prototype de l&rsquo;id\u00e9e de Dieu, mais il y a beaucoup de choses gr\u00e2ce auxquelles on apprend les perfections, que l&rsquo;on combine ensuite dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00eatre tout-puissant, Descartes a r\u00e9pondu que les signes de la perfection sont l&rsquo;uniformit\u00e9 et la simplicit\u00e9, donc l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00eatre tout-puissant a un prototype il ne peut y avoir qu&rsquo;un seul objet. Il formule l&rsquo;argument ontologique d&rsquo;une autre mani\u00e8re: l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00eatre tout parfait contient la \u00abperception de la n\u00e9cessit\u00e9\u00bb de l&rsquo;existence de Dieu. Il est absurde de penser qu\u2019un \u00eatre parfait est d\u00e9pourvu d\u2019existence (l\u2019une des perfections). Tout comme l\u2019id\u00e9e d\u2019une montagne ne peut se former qu\u2019avec l\u2019id\u00e9e d\u2019une vall\u00e9e, de la m\u00eame mani\u00e8re, Dieu ne peut \u00eatre pens\u00e9 que comme existant. \u00abDu fait que nous ne pouvons concevoir Dieu sans l\u2019existence, il s\u2019ensuit que l\u2019existence est ins\u00e9parable de lui, et donc il existe r\u00e9ellement\u00bb (1:2, 54). Selon Descartes, la preuve ontologique de l\u2019existence de Dieu est aussi certaine que les v\u00e9rit\u00e9s g\u00e9om\u00e9triques. En se tournant vers l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00eatre tout parfait, une personne peut, selon le penseur fran\u00e7ais, conna\u00eetre les attributs divins. Dieu est un \u00eatre pensant infini, omniscient, omnipotent et \u00e9ternel, \u00abil est la source de toute v\u00e9rit\u00e9 et justice, le cr\u00e9ateur de toutes choses\u00bb (1:1, 323). Dieu est une entit\u00e9 spirituelle (la mat\u00e9rialit\u00e9 est associ\u00e9e \u00e0 la divisibilit\u00e9, qui est l&rsquo;imperfection). De plus, Dieu n&rsquo;est pas comme une personne: il n&rsquo;a aucun sentiment (apr\u00e8s tout, la sensation est une sorte de \u00abendurer\u00bb, un signe de d\u00e9pendance). Puisque Dieu est la source de la v\u00e9rit\u00e9, il ne peut pas d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment induire les gens en erreur, ni \u00eatre un \u00abtrompeur\u00bb. Dieu a dot\u00e9 l\u2019homme de la capacit\u00e9 de connaissance, de la \u00ablumi\u00e8re naturelle\u00bb de l\u2019esprit, afin que tout ce qui est per\u00e7u clairement et distinctement par l\u2019esprit soit toujours vrai. Ainsi, les id\u00e9es claires et distinctes sont vraies pr\u00e9cis\u00e9ment en raison de l&rsquo;existence de Dieu (en la mati\u00e8re, la m\u00e9thodologie de Descartes est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 sa m\u00e9taphysique).<\/p>\n<p align=\"justify\">Les connaissances acquises sur l&rsquo;existence et les propri\u00e9t\u00e9s de Dieu devraient \u00eatre utilis\u00e9es, selon Descartes, pour prouver l&rsquo;existence du monde mat\u00e9riel ext\u00e9rieur. Le point de d\u00e9part de cette preuve est un appel aux donn\u00e9es de la conscience. Dans son esprit, une personne d\u00e9couvre de nombreuses perceptions, ind\u00e9pendamment de sa volont\u00e9; ils sont \u00abforc\u00e9s\u00bb, il n&rsquo;est pas en son pouvoir de les \u00e9viter, ils proviennent donc d&rsquo;une cause ext\u00e9rieure \u00e0 la conscience. Nous percevons cette cause ext\u00e9rieure influen\u00e7ant nos sens comme une mati\u00e8re \u00e9tendue dont les parties ont des mouvements et des formes vari\u00e9s. Bien s\u00fbr, on pourrait supposer que la v\u00e9ritable cause de ces perceptions forc\u00e9es n\u2019est pas du tout la mati\u00e8re, mais, par exemple, Dieu ou une autre entit\u00e9 ext\u00e9rieure qui nous est inconnue. Mais une telle hypoth\u00e8se contredit le principe pr\u00e9c\u00e9demment \u00e9tabli: Dieu ne peut pas \u00eatre trompeur. Il ne fait aucun doute que \u00abnous percevons cette mati\u00e8re comme une chose diff\u00e9rente \u00e0 la fois de Dieu et de notre pens\u00e9e, et il nous semble que l&rsquo;id\u00e9e que nous nous en faisons se forme en nous par rapport aux choses du monde ext\u00e9rieur, pour auquel il est tout \u00e0 fait semblable\u00bb (1:1, 349). Si Dieu n&rsquo;est pas un trompeur, alors ni lui-m\u00eame ni aucune autre cause ext\u00e9rieure, \u00e0 l&rsquo;exception de la mati\u00e8re, ne peut provoquer les perceptions mentionn\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, dans le monde il existe trois types d&rsquo;objets ontologiques: la mati\u00e8re, Dieu, les \u00e2mes. Descartes d\u00e9finit la substance comme \u00abune chose qui existe sans avoir besoin d\u2019une autre chose pour exister\u00bb (1:1, 334). Toute substance poss\u00e8de un attribut sp\u00e9cifique (un attribut est la propri\u00e9t\u00e9 principale qui constitue l&rsquo;essence de la substance). L&rsquo;attribut d&rsquo;une substance spirituelle est la pens\u00e9e, tandis que celui d&rsquo;une substance mat\u00e9rielle est l&rsquo;extension en longueur, en largeur et en profondeur. Selon Descartes, une personne peut facilement former deux id\u00e9es claires et distinctes &#8211; la pens\u00e9e cr\u00e9\u00e9e et les substances \u00e9tendues cr\u00e9\u00e9es (\u00e0 ce propos, les chercheurs qualifient souvent sa m\u00e9taphysique de dualiste). Dans le m\u00eame temps, nous ne devons pas oublier qu&rsquo;en plus du cr\u00e9\u00e9, il existe \u00e9galement une substance pensante incr\u00e9\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire Dieu. De plus, comme l\u2019explique Descartes, le concept de substance est appliqu\u00e9 \u00abde mani\u00e8re ambigu\u00eb\u00bb \u00e0 Dieu et \u00e0 ses cr\u00e9ations. Au sens plein du terme, seul Dieu n\u2019a besoin de rien d\u2019autre pour son existence. Les substances cr\u00e9\u00e9es (esprit et mati\u00e8re) n\u2019ont besoin d\u2019aucune autre chose cr\u00e9\u00e9e pour leur existence, mais elles d\u00e9pendent toujours de Dieu.<\/p>\n<p align=\"justify\">Consid\u00e9rant les probl\u00e8mes d&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie dans le cadre de sa m\u00e9taphysique, Descartes accorde une attention consid\u00e9rable \u00e0 la question de l&rsquo;origine des erreurs. Selon lui, \u00able mensonge en tant que tel&#8230; peut \u00eatre trouv\u00e9 uniquement dans les jugements\u00bb (1:2,37). De plus, une erreur est un manque de connaissance, son caract\u00e8re incomplet. La cause commune de l\u2019erreur humaine est le libre arbitre. Selon le philosophe fran\u00e7ais, tout jugement combine les actions de la raison et de la volont\u00e9. L&rsquo;esprit per\u00e7oit telle ou telle chose, tandis que la volont\u00e9 exprime une affirmation ou un d\u00e9ni par rapport \u00e0 ce qui est per\u00e7u. La volont\u00e9, ou libert\u00e9 de choix, \u00ab consiste seulement en ceci&#8230; que nous traitons les choses qui nous sont pr\u00e9sent\u00e9es par l&rsquo;intellect pour que nous puissions les affirmer ou les nier, les r\u00e9aliser ou les \u00e9viter, de telle mani\u00e8re que nous ne ressentons aucune contrainte ext\u00e9rieure de les faire ces actions\u00bb (1:2, 47). Les erreurs surviennent du fait que la volont\u00e9 est \u00abplus \u00e9tendue\u00bb que l\u2019esprit: en \u00e9tendant sa volont\u00e9 \u00e0 des choses qui ne sont pas clairement et distinctement per\u00e7ues, une personne tombe facilement dans l\u2019erreur. Ainsi, les erreurs sont le r\u00e9sultat d\u2019une mauvaise utilisation par une personne de sa libert\u00e9 de choix.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le penseur fran\u00e7ais a identifi\u00e9 trois types d&rsquo;id\u00e9es qu&rsquo;une personne rencontre au cours du processus cognitif&#8230; \u00abParmi ces id\u00e9es, certaines me semblent inn\u00e9es, d&rsquo;autres &#8211; acquises, d&rsquo;autres &#8211; form\u00e9es par moi-m\u00eame; apr\u00e8s tout, ma compr\u00e9hension de ce qu\u2019est une chose, de ce qu\u2019est la v\u00e9rit\u00e9 et de ce qu\u2019est la pens\u00e9e, vient apparemment exclusivement de ma nature m\u00eame; mais le fait que j&rsquo;entende du bruit ou que je vois le soleil, que je ressens du feu, cela, comme je l&rsquo;ai jug\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, vient de certaines choses qui sont ext\u00e9rieures \u00e0 moi; Enfin, j&rsquo;invente moi-m\u00eame des sir\u00e8nes, des hippogriffes, etc.\u00bb (1:2, 31). Il convient de noter que les id\u00e9es inn\u00e9es, selon Descartes, ne sont pas du tout pr\u00e9sentes sous une forme compl\u00e8te et claire d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;esprit d&rsquo;un enfant; au d\u00e9part, elles sont plut\u00f4t des \u00abgermes de v\u00e9rit\u00e9s\u00bb, certaines puissances qui peuvent se manifester clairement sous certaines conditions. conditions.<\/p>\n<p align=\"justify\">Analysant le probl\u00e8me des universaux, Descartes affirme que les concepts universels sont des cr\u00e9ations de l&rsquo;esprit; ils ne sont pas pr\u00e9sents dans les choses elles-m\u00eames. Les universaux sont form\u00e9s par l\u2019esprit sur la base de la similitude des choses individuelles.<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes a insist\u00e9 sur la subjectivit\u00e9 des qualit\u00e9s sensorielles &#8211; couleurs, go\u00fbts, odeurs, etc. (poursuivant en la mati\u00e8re le raisonnement de D\u00e9mocrite et Galil\u00e9e, anticipant la formulation par Locke du probl\u00e8me des qualit\u00e9s primaires et secondaires). La taille, la silhouette, le mouvement, le nombre sont des qualit\u00e9s qui existent r\u00e9ellement dans les objets et que nous pouvons comprendre de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Les couleurs, les go\u00fbts, les odeurs sont subjectifs, il n&rsquo;y a aucune raison de consid\u00e9rer ces qualit\u00e9s comme \u00e9tant dans les objets eux-m\u00eames, elles caract\u00e9risent la mani\u00e8re de percevoir par l&rsquo;homme des objets mat\u00e9riels.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La physique.<\/strong>\u00a0C&rsquo;est la science des choses mat\u00e9rielles (ou de la nature). Les dispositions les plus importantes de la physique sont d\u00e9termin\u00e9es par la m\u00e9taphysique, \u00e0 savoir la doctrine selon laquelle l&rsquo;essence de la substance mat\u00e9rielle est l&rsquo;\u00e9tendue. La principale caract\u00e9ristique de la physique de Descartes est son m\u00e9canisme. Il r\u00e9duit tous les changements du monde naturel au mouvement spatial des particules mat\u00e9rielles. Etant \u00e9tendue, la mati\u00e8re est divisible, d&rsquo;o\u00f9 la capacit\u00e9 de prendre divers \u00e9tats du fait du mouvement de ses parties.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;univers mat\u00e9riel est infini (ind\u00e9finiment grand), car, m\u00eame si nous supposons ses limites, nous devons admettre que derri\u00e8re elles il y aura une sorte d&rsquo;espace, c&rsquo;est-\u00e0-dire une sorte d&rsquo;extension, en d&rsquo;autres termes, de la mati\u00e8re. Descartes affirmait qu&rsquo;il n&rsquo;y avait qu&rsquo;un seul monde. Il ne peut y avoir plusieurs mondes, car, m\u00eame en supposant le contraire, nous devons convenir que chacun de ces mondes serait constitu\u00e9 de mati\u00e8re. Puisque l\u2019essence de la mati\u00e8re est toujours la m\u00eame (extension), alors tous ces mondes imaginaires seraient recouverts par la m\u00eame mati\u00e8re, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils appartiendraient au m\u00eame univers.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le penseur fran\u00e7ais a ni\u00e9 l&rsquo;existence du vide: en admettant l&rsquo;espace vide, il faut accepter une certaine extension comme caract\u00e9ristique de cet espace, et l\u00e0 o\u00f9 il y a extension, la substance mat\u00e9rielle est toujours pr\u00e9sente (c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de vide). Il rejetait \u00e9galement l&rsquo;existence des atomes (corps indivisibles): chaque partie de la mati\u00e8re a une certaine \u00e9tendue, elle est donc divisible; il ne peut pas y avoir d\u2019\u00e9l\u00e9ments indivisibles. Niant la th\u00e9orie atomique, Descartes accepta la th\u00e9orie corpusculaire. Selon lui, les corps que nous voyons sont compos\u00e9s de particules inaccessibles \u00e0 la perception sensorielle. Ces particules sont des corpuscules divisibles \u00e0 l\u2019infini (c\u2019est l\u00e0 que se manifeste leur diff\u00e9rence avec les atomes). Appuyant la th\u00e8se sur l&rsquo;existence des plus petits corpuscules, il examine le processus de croissance des arbres. Il est impossible de comprendre comment un arbre pousse \u00e0 moins de supposer qu\u2019il grandit en ajoutant quelques particules. Comme nous n\u2019observons pas directement ces particules, nous ne pouvons que conclure que leurs tailles sont extr\u00eamement petites. Les corpuscules ont des propri\u00e9t\u00e9s m\u00e9caniques et g\u00e9om\u00e9triques: formes, tailles, mouvements.<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes avance une hypoth\u00e8se cosmogonique unique: ayant cr\u00e9\u00e9 le monde, Dieu ne lui a pas donn\u00e9 une forme compl\u00e8te et harmonieuse. La mati\u00e8re cr\u00e9\u00e9e \u00e9tait \u00e0 l\u2019origine dans un \u00e9tat chaotique. Dieu a donn\u00e9 \u00e0 cette mati\u00e8re cr\u00e9\u00e9e des lois de mouvement immuables, et alors la nature, ob\u00e9issant \u00e0 ces lois, sans aucun miracle, parvient \u00e0 un \u00e9tat ordonn\u00e9. En raison du mouvement des particules mat\u00e9rielles, le chaos \u00abconfus et inimaginable\u00bb est progressivement remplac\u00e9 par un \u00abbel\u00bb ordre. L&rsquo;Univers prend une forme famili\u00e8re et \u00abparfaite\u00bb: la mati\u00e8re y est distribu\u00e9e, formant des syst\u00e8mes stellaires qui incluent des plan\u00e8tes. Chaque \u00e9toile s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le centre d&rsquo;une sorte de vortex de particules se d\u00e9pla\u00e7ant autour d&rsquo;elle; il existe de nombreux vortex de ce type dans l\u2019univers. Il convient de noter que c\u2019est l\u2019hypoth\u00e8se cosmogonique de Descartes qui a pouss\u00e9 de nombreux chercheurs \u00e0 classer ce penseur fran\u00e7ais parmi les repr\u00e9sentants du d\u00e9isme.<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes r\u00e9duit les lois du mouvement m\u00e9canique communiqu\u00e9es par Dieu au monde \u00e0 trois lois fondamentales. La premi\u00e8re loi dit que tout corps conservera son \u00e9tat inh\u00e9rent jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il change sous une influence ext\u00e9rieure. En l&rsquo;absence d&rsquo;influence de forces ext\u00e9rieures, la particule ne diminuera jamais, ne changera pas de forme et restera immobile si elle est au repos. La deuxi\u00e8me loi est que tout objet en mouvement a tendance \u00e0 se d\u00e9placer en ligne droite. Le mouvement d&rsquo;un grand nombre de corps le long d&rsquo;une ligne courbe que nous voyons s&rsquo;explique par le fait que ces corps sont influenc\u00e9s par d&rsquo;autres objets mat\u00e9riels. Cette deuxi\u00e8me loi, selon le penseur fran\u00e7ais, se confirme par exemple lorsqu&rsquo;on observe une roue en rotation: si l&rsquo;une de ses parties se d\u00e9tache, elle se d\u00e9placera en ligne droite, et non en cercle. Enfin, la troisi\u00e8me loi stipule que \u00absi un corps en mouvement rencontre un autre corps plus fort, il ne perd rien dans son mouvement; s&rsquo;il en rencontre un plus faible qu&rsquo;il peut d\u00e9placer, alors il perd autant de mouvements qu&rsquo;il en communique\u00bb (1:1, 371). Cette loi, selon Descartes, est confirm\u00e9e par toutes les exp\u00e9riences dans lesquelles on observe l&rsquo;arr\u00eat et le mouvement de corps provoqu\u00e9s par des collisions avec d&rsquo;autres corps. Le philosophe fran\u00e7ais a identifi\u00e9 trois formes principales de mati\u00e8re, trois \u00ab\u00e9l\u00e9ments du monde visible\u00bb. Les corps visibles sont constitu\u00e9s de particules de feu, d&rsquo;air et de terre. Les particules de feu sont les plus petites et les plus rapides, les particules d&rsquo;air sont plus grosses et plus lentes, les particules terrestres sont les moins mobiles et les plus massives. Le soleil et les \u00e9toiles sont compos\u00e9s de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment feu, le \u00abciel\u00bb &#8211; de l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment air, la Terre, les plan\u00e8tes et les com\u00e8tes &#8211; du troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment. Distinguant les \u00ab\u00e9l\u00e9ments du monde visible \u00bb, Descartes fait r\u00e9f\u00e9rence aux lois de propagation de la lumi\u00e8re dans l\u2019univers : les \u00e9toiles \u00e9mettent de la lumi\u00e8re, le ciel transmet\u00bb et les plan\u00e8tes r\u00e9fl\u00e9chissent. Ce sont les trois \u00abparties principales\u00bb de l\u2019Univers. Les particules des trois \u00e9l\u00e9ments se m\u00e9langent \u00e0 la surface de la Terre, mais ici le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment pr\u00e9domine toujours.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La doctrine de l&rsquo;homme.<\/strong> L&rsquo;homme est constitu\u00e9 de deux principes: l&rsquo;\u00e2me et le corps. Le corps humain, consid\u00e9r\u00e9 isol\u00e9ment, ind\u00e9pendamment de sa connexion avec l\u2019\u00e2me, est un m\u00e9canisme dans lequel, au lieu de roues et de fils \u00e0 plomb, fonctionnent des os, des nerfs et des muscles. Les actions du corps non guid\u00e9es par l\u2019\u00e2me sont aussi n\u00e9cessaires que le mouvement de l\u2019aiguille d\u2019une horloge provoqu\u00e9 par des poids et des roues. La pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e2me rationnelle, selon Descartes, est ce qui distingue l&rsquo;homme des animaux. Les animaux sont des machines constitu\u00e9es d\u2019art\u00e8res, de veines, d\u2019os, etc. La preuve en est, selon le philosophe fran\u00e7ais, leur manque de parole. Apr\u00e8s tout, la parole est un \u00absigne fiable\u00bb de la pens\u00e9e, donc l&rsquo;absence de parole indique l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e2me rationnelle.<\/p>\n<p align=\"justify\">Consid\u00e9rant le probl\u00e8me de l&rsquo;union de l&rsquo;\u00e2me et du corps chez l&rsquo;homme, Descartes affirme que le fait de l&rsquo;interaction de ces deux principes disparates est pleinement prouv\u00e9 par notre exp\u00e9rience fiable. Pour expliquer le m\u00e9canisme de cette interaction, il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la glande pin\u00e9ale et aux \u00abesprits animaux\u00bb. Bien que l&rsquo;\u00e2me soit en quelque sorte \u00abconnect\u00e9e au corps entier\u00bb, son activit\u00e9 s&rsquo;effectue directement et surtout en un seul endroit: dans la partie du cerveau o\u00f9 se trouve la glande pin\u00e9ale. Le reste du cerveau, comme le c\u0153ur, ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le lieu privil\u00e9gi\u00e9 o\u00f9 l\u2019activit\u00e9 de l\u2019\u00e2me est la plus prononc\u00e9e. Pour \u00e9tayer la th\u00e8se sur la relation particuli\u00e8re entre la glande pin\u00e9ale et l\u2019\u00e2me, Descartes fait r\u00e9f\u00e9rence au fait que toutes les autres parties du cerveau, ainsi que les organes des sens, \u00absont appari\u00e9es\u00bb. Pour cette raison, de tout objet, nous devrions recevoir une double image, mais si l&rsquo;\u00e2me n&rsquo;a pas deux pens\u00e9es sur un objet, mais une seule, cela signifie qu&rsquo;il existe un organe o\u00f9 deux impressions semblent se combiner en une seule. Mais il est impossible d\u2019imaginer un autre endroit similaire dans le corps humain, outre la glande pin\u00e9ale. Les \u00abesprits animaux\u00bb sont de minuscules particules de sang qui circulent du c\u0153ur au cerveau puis \u00e0 travers les nerfs jusqu&rsquo;aux muscles. En traversant le cerveau, les \u00abesprits animaux\u00bb produisent de multiples vibrations dans la glande pin\u00e9ale, influen\u00e7ant ainsi l\u2019\u00e2me. De plus, l\u2019\u00e2me elle-m\u00eame peut provoquer des vibrations particuli\u00e8res dans la glande pin\u00e9ale. Dans ce cas, elle d\u00e9termine la direction du mouvement des \u00ab esprits animaux \u00bb, ils provoquent des contractions de certains muscles, et ainsi l&rsquo;\u00e2me influence les actions du corps. La solution propos\u00e9e par Descartes au probl\u00e8me de l&rsquo;interaction entre le spirituel et le physique a suscit\u00e9 de nombreuses controverses et r\u00e9futations. En effet, cette solution semble totalement insatisfaisante, compte tenu de l&rsquo;enseignement de Descartes sur la diff\u00e9rence qualitative entre les substances spirituelles et corporelles. La mani\u00e8re dont la glande mat\u00e9rielle pourrait \u00eatre connect\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2me non spatiale reste floue et douteuse.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c9tablissant la \u00abdiff\u00e9rence absolue\u00bb entre l&rsquo;\u00e2me et le corps, Descartes dit que cette diff\u00e9rence conduit \u00e0 la conclusion sur l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me. Le corps est divisible, l&rsquo;\u00e2me est indivisible. Le corps ne pense pas, l\u2019\u00e2me n\u2019a pas d\u2019extension. Si le corps et l&rsquo;\u00e2me sont de nature oppos\u00e9e, alors la mort du corps ne devrait pas du tout conduire \u00e0 la destruction de l&rsquo;\u00e2me. Selon le penseur fran\u00e7ais, il est impossible de d\u00e9couvrir les causes naturelles qui pourraient provoquer la destruction de l&rsquo;\u00e2me apr\u00e8s la mort du corps. (C&rsquo;est vrai, il affirme que pour Dieu, bien s\u00fbr, tout est possible, y compris l&rsquo;interruption de l&rsquo;existence de l&rsquo;\u00e2me, donc la \u00abraison naturelle\u00bb ne peut pas fournir une preuve absolument compl\u00e8te de son immortalit\u00e9. Cependant, dans le cadre de la \u00abphilosophie naturelle\u00bb, elle le fera. (il serait encore plus correct de s&rsquo;en tenir \u00e0 la conclusion sur son immortalit\u00e9) En g\u00e9n\u00e9ral, \u00abl&rsquo;esprit ne repr\u00e9sente pas une sorte de combinaison d&rsquo;accidents, mais est une pure substance&#8230; et quant au corps humain, il change, ne serait-ce que parce que le la forme de certaines de ses parties est susceptible de changer. Il s\u2019ensuit que le corps p\u00e9rit tr\u00e8s facilement, mais que l\u2019esprit, de par sa nature m\u00eame, est immortel\u00bb (1:2, 13).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>R\u00e8gles de moralit\u00e9.<\/strong> Dans son \u00abDiscours sur la m\u00e9thode\u00bb, le philosophe fran\u00e7ais dit qu&rsquo;il s&rsquo;est fix\u00e9 des r\u00e8gles morales qu&rsquo;il s&rsquo;est efforc\u00e9 de suivre dans la pratique. Dans \u00abLes principes de la philosophie\u00bb, il appelle \u00e0 se laisser guider par ces r\u00e8gles d\u2019\u00e9thique, \u00abjusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils en connaissent une meilleure\u00bb. Ces r\u00e8gles sont les suivantes: \u00abPremi\u00e8rement, ob\u00e9ir aux lois et aux coutumes de mon pays, en adh\u00e9rant strictement \u00e0 la religion dans laquelle, par la gr\u00e2ce de Dieu, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 d\u00e8s mon enfance\u00bb(1: 1, 263). Dans ce cas, vous devez vous appuyer sur les opinions populaires les plus \u00abmod\u00e9r\u00e9es\u00bb &#8211; elles sont les plus utiles dans la pratique. Deuxi\u00e8mement, Descartes appelle \u00e0 \u00eatre constant dans nos actions, \u00e0 \u00eatre syst\u00e9matiquement guid\u00e9 par les opinions que nous acceptons comme vraies. \u00abMa troisi\u00e8me r\u00e8gle \u00e9tait de toujours m&rsquo;efforcer de me vaincre moi-m\u00eame plut\u00f4t que le destin, de changer mes d\u00e9sirs plut\u00f4t que l&rsquo;ordre du monde\u00bb (1: 1, 264). Les anciens sages voyaient que le seul pouvoir qu&rsquo;une personne poss\u00e8de r\u00e9side dans ses pens\u00e9es, qu&rsquo;il est inutile de s&rsquo;efforcer de d\u00e9passer les limites \u00abprescrites par la nature\u00bb et que les v\u00e9ritables b\u00e9n\u00e9dictions sont dans l&rsquo;\u00e2me; c\u2019est ainsi qu\u2019ils ont atteint le bonheur. Enfin, le penseur fran\u00e7ais parle de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;am\u00e9liorer l&rsquo;esprit, ce qui passe par la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9. Les vertus sont associ\u00e9es \u00e0 la vraie connaissance : les jugements corrects donnent lieu \u00e0 des actions correctes. Compte tenu des r\u00e8gles ci-dessus, il devient tout \u00e0 fait compr\u00e9hensible qu\u2019il n\u2019y ait pas de th\u00e9orie politique dans le syst\u00e8me de Descartes: selon lui, le cours imparfait des affaires sociales est bien \u00abplus facile \u00e0 supporter que leurs changements\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;enseignement de Descartes a eu un impact significatif sur le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de la philosophie et de la science. Ses id\u00e9es ont influenc\u00e9 la formation de la vision du monde de Spinoza. Les cart\u00e9siens (disciples de Descartes) \u00e9taient Deroy, Reneri, Fontenelle, Clauberg, Becker, Regis, Rogo, Tschirnhausen, Borelli, Stenon, Laforge, Cordemoy, Arnaud, Nicole, Geulinx, Malebranche. La physique de Descartes est l&rsquo;une des sources th\u00e9oriques de la philosophie des Lumi\u00e8res. L&rsquo;influence de diverses id\u00e9es de Descartes, sous une forme ou une autre, peut \u00eatre retrac\u00e9e dans presque tous les grands syst\u00e8mes de philosophie rationaliste de l&rsquo;\u00e8re moderne.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Descartes R.<\/em>\u00a0Travaux. T.1-2. M., 1989-1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.Descartes R.<\/em>\u00a0\u0152uvres. T.I-XI. P., 1969-1974.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Asmus V.F.<\/em>\u00a0Descartes. M., 1956.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Sokolov V.V.<\/em>\u00a0Philosophie de l&rsquo;esprit et de la mati\u00e8re de Ren\u00e9 Descartes \/\/ He. Introduction \u00e0 la philosophie classique. M., 1999.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5. Fisher K.<\/em>\u00a0Descartes, sa vie, ses \u00e9crits et ses enseignements. Saint-P\u00e9tersbourg, 1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6.Adam S.<\/em>\u00a0Descartes, sa vie et son \u0153uvre. P., 1937.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7.Baillet A.<\/em>\u00a0Vie de monsieur Descartes. P., 1946.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.Couhier H.<\/em>\u00a0La pens\u00e9e m\u00e9taphysique de Descartes. P., 1962.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9.Gueroult M.<\/em>\u00a0Descartes selon l&rsquo;ordre des raisons. T.1-2. P., 1953.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10. Gilson E.<\/em>\u00a0Etudes sur le r\u00f4le de la pens\u00e9e m\u00e9di\u00e9vale dans la formation du syst\u00e8me cart\u00e9sien. P., 1951.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11.Koyr\u00e9 A.<\/em>\u00a0Descartes et la Scolastique. Bonn, 1923.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12.Natorp P.<\/em>\u00a0Descartes Erkenntnistheorie, eine Studie zur Vorgeschichte des Kritizismus. Marbourg, 1882.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>13.Rodis-Lewis G.<\/em>\u00a0Descartes. P., 1995.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>14.Smith N.<\/em>\u00a0Nouvelles \u00e9tudes sur la philosophie de Descartes. L., 1952.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ren\u00e9 Descartes est le fondateur du rationalisme en tant que direction particuli\u00e8re de la philosophie du Nouvel \u00c2ge, l&rsquo;un des plus grands math\u00e9maticiens et physiciens de son \u00e9poque. Il est n\u00e9 en 1596 \u00e0 La\u00e9 (province de Touraine) dans une famille noble. Il \u00e9tudie au Coll\u00e8ge des J\u00e9suites de La Fl\u00e8che, puis \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Poitiers. L&rsquo;enseignement scolastique ne satisfaisait pas le jeune&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/descartes\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":778,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,182],"tags":[119,120],"class_list":{"0":"post-588","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofianovogovremeni","9":"tag-la-vraie-methode","10":"tag-par-lintuition-de-lesprit"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/588","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=588"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/588\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":932,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/588\/revisions\/932"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/778"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=588"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=588"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=588"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}