{"id":592,"date":"2024-06-12T20:36:23","date_gmt":"2024-06-12T17:36:23","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=592"},"modified":"2025-11-20T20:14:22","modified_gmt":"2025-11-20T17:14:22","slug":"pascal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/pascal\/","title":{"rendered":"Blaise Pascal. La loi de Pascal. L&rsquo;exp\u00e9rience du grand \u00e9quilibre des fluides"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Blaise Pascal est n\u00e9 en 1623 \u00e0 Clermont-Ferrand dans la famille du conseiller royal de la circonscription financi\u00e8re et fiscale d&rsquo;Auvergne, Etienne Pascal, et de la fille d&rsquo;un juge local, Antoinette Begon, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e alors que son fils n&rsquo;avait que deux ans et demi \u00e2g\u00e9 d&rsquo;un an et demi. La famille de Pascal appartenait \u00e0 la \u00abnoblesse de robe\u00bb judiciaire. Le p\u00e8re de Pascal, intellectuel de grande formation, math\u00e9maticien dou\u00e9 et \u00e9ducateur talentueux (dans l&rsquo;esprit de la p\u00e9dagogie humaniste de Montaigne), apr\u00e8s la mort de sa femme, a consacr\u00e9 sa vie \u00e0 ses enfants (il y avait deux autres filles dans la famille), qui a re\u00e7u une excellente \u00e9ducation \u00e0 la maison (grec ancien et latin, grammaire, math\u00e9matiques, histoire, g\u00e9ographie, etc.). \u00c0 partir de 1631, la famille vit \u00e0 Paris. Blaise a grandi comme un enfant tr\u00e8s maladif et brillamment dou\u00e9, qui a ensuite montr\u00e9 ses dons principalement en math\u00e9matiques et en physique, puis en invention, puis en \u00e9crits pol\u00e9miques, en th\u00e9ologie et enfin en philosophie. Partout, son g\u00e9nie a laiss\u00e9 une marque lumineuse et unique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-v-philosophie-des-temps-nouveaux-chapitre-4-pascal\/paskal230624\/\" rel=\"attachment wp-att-784\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-784\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/paskal230624.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/paskal230624.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/paskal230624-273x300.jpg 273w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Ma premi\u00e8re pens\u00e9e a \u00e9t\u00e9 la science. A 10 ans, il avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9\u00e9 le \u00abTrait\u00e9 des sons\u00bb; \u00e0 12 ans, en train de \u00abjouer aux math\u00e9matiques\u00bb, il red\u00e9couvre la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne, atteignant le 32e th\u00e9or\u00e8me, apr\u00e8s quoi il obtient \u00abl&rsquo;acc\u00e8s\u00bb \u00e0 les \u00abPrincipes d&rsquo;Euclide\u00bb, en les d\u00e9veloppant de mani\u00e8re cr\u00e9ative. \u00c0 l&rsquo;\u00e2ge de 13 ans, Blaise devient membre de \u00abl&rsquo;acad\u00e9mie math\u00e9matique\u00bb de la maison du savant moine M. Mersenne, \u00e0 laquelle appartenaient Descartes, Roberval, Desargues, le p\u00e8re de Pascal et d&rsquo;autres. Pascal y pose les bases de la \u00abg\u00e9om\u00e9trie projective\u00bb (par opposition \u00e0 la \u00abg\u00e9om\u00e9trie analytique\u00bb de Descartes) et \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, il \u00e9crit \u00abUne exp\u00e9rience sur les sections coniques\u00bb, qui entre dans le fonds d&rsquo;or des math\u00e9matiques. En 1640, la famille s&rsquo;installe \u00e0 Rouen, o\u00f9 le p\u00e8re est nomm\u00e9 intendant. Le poste n\u00e9cessitait des calculs math\u00e9matiques complexes, et pour aider son p\u00e8re, le fils invente la premi\u00e8re machine arithm\u00e9tique de l&rsquo;histoire. Le principe de base de son fonctionnement a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans les machines \u00e0 additionner ult\u00e9rieures. Ce m\u00e9rite de Pascal a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 par N. Wiener. En termes de philosophie, Blaise a r\u00e9alis\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de Descartes sur l&rsquo;automatisme de certaines fonctions mentales humaines.<\/p>\n<p align=\"justify\">Des ann\u00e9es de travail intense pour am\u00e9liorer la machine \u00e0 calculer ont mis \u00e0 mal la sant\u00e9 fragile de Pascal: d\u00e8s l\u2019\u00e2ge de 19 ans, il a commenc\u00e9 \u00e0 souffrir de graves maux de t\u00eate et il ne se sentait plus en bonne sant\u00e9. En 1646, \u00e0 la suite de la maladie de son p\u00e8re et de la visite de m\u00e9decins jans\u00e9nistes, Blaise fit son \u00abpremier appel\u00bb \u00e0 la religion chr\u00e9tienne, il en devint un ardent adepte et emmena toute la famille avec lui. Cependant, de nouvelles recherches scientifiques dans le domaine de l&rsquo;hydrostatique et des exp\u00e9riences complexes avec le vide \u00e9loignent Pascal de la religion. L&rsquo;opinion scolastique selon laquelle \u00abla nature a peur du vide\u00bb est r\u00e9fut\u00e9 par lui dans de brillantes exp\u00e9riences avec le \u00abvide de Torricelli\u00bb. Il d\u00e9couvre la fameuse \u00abloi de Pascal\u00bb et devient l&rsquo;un des fondateurs de l&rsquo;hydrostatique. Mais au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1647, il tomba gravement malade (paralysie de la jambe) et fut contraint de se rendre \u00e0 Paris pour se faire soigner. En septembre 1647, Pascal malade re\u00e7ut la visite de Descartes, \u00e0 qui on montra une machine \u00e0 calculer, ainsi que quelques exp\u00e9riences sur le vide. Lorsqu&rsquo;on lui a demand\u00e9 ce qu&rsquo;il y avait dans le tube au-dessus du mercure, Descartes a r\u00e9pondu: \u00abLa mati\u00e8re la plus fine\u00bb, \u00e0 laquelle Pascal n&rsquo;a jamais cru, mais n&rsquo;a pas discut\u00e9 avec le grand scientifique et philosophe. En fait, les scientifiques parlaient de diff\u00e9rentes choses: Descartes &#8211; du vide m\u00e9taphysique absolu, qu&rsquo;il rejetait et avait raison en cela (des anciens, Parm\u00e9nide, Z\u00e9non d&rsquo;Ele, Emp\u00e9docle, Aristote rejetaient le vide dans la nature), et Pascal &#8211; de le \u00abvide visible\u00bb physique, relatif, provoqu\u00e9 par la pression de l&rsquo;air, et il avait \u00e9galement raison. En octobre para\u00eet le pamphlet de Pascal \u00abNouvelles exp\u00e9riences sur le vide\u00bb, auquel Descartes, dans une lettre au p\u00e8re de Huygens, r\u00e9pond de mani\u00e8re tr\u00e8s d\u00e9sobligeante, affirmant que \u00able jeune homme a trop de vide dans la t\u00eate\u00bb. Mais lorsqu&rsquo;un an plus tard Pascal r\u00e9alisa la \u00abgrande exp\u00e9rience sur l&rsquo;\u00e9quilibre des liquides\u00bb, qui finit par enterrer le dogme \u00abde la peur du vide\u00bb, Descartes revendiqua soudain la priorit\u00e9 (il aurait donn\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e de cette exp\u00e9rience lors de leur rencontre avec ). C&rsquo;\u00e9tait une grosse nuisance pour le jeune scientifique, mais il ne s&rsquo;est pas joint au combat et l&rsquo;histoire des sciences lui a laiss\u00e9 la priorit\u00e9. En 1651, il \u00e9crivit un \u00abTrait\u00e9 du vide\u00bb r\u00e9sumant toutes ses exp\u00e9riences avec le vide, qui, pour une raison quelconque, ne fut pas publi\u00e9: peut-\u00eatre les J\u00e9suites alors tout-puissants, dirig\u00e9s par le recteur du Coll\u00e8ge de Clermont \u00e0 Paris, le P\u00e8re No\u00ebl (ancien professeur de Descartes), s&rsquo;est vivement oppos\u00e9 \u00e0 la d\u00e9couverte de Pascal, le trait\u00e9 n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9, il n&rsquo;en reste que la fameuse \u00abPr\u00e9face\u00bb, petit chef-d&rsquo;\u0153uvre \u00e9pist\u00e9mologique dans lequel le jeune auteur formait une sorte de \u00abManifeste\u00bb pour la science de les temps modernes, affirmant la libert\u00e9 de la recherche scientifique, l&rsquo;ind\u00e9pendance des autorit\u00e9s anciennes et scolastiques, fondamental le r\u00f4le des exp\u00e9riences dans les sciences naturelles, pr\u00f4nant le progr\u00e8s sans fin de la connaissance scientifique, proposant une classification originale des sciences. La science \u00e9tait le destin de Pascal. La \u00abgrande vie\u00bb recommand\u00e9e par les m\u00e9decins se transforme d&rsquo;abord en ses nouvelles recherches scientifiques et la d\u00e9couverte de la th\u00e9orie des probabilit\u00e9s (dans l&rsquo;analyse des jeux de hasard), puis se termine en novembre 1654 par un incident tragique sur le pont sur la Seine,gr\u00e2ce \u00e0 quoi il a miraculeusement surv\u00e9cu. Voyant le \u00abdoigt de Dieu\u00bb dans son salut, Pascal se rendit en janvier 1655 au monast\u00e8re de Port-Royal (sans tonsure de moine), o\u00f9 sa s\u0153ur bien-aim\u00e9e Jacqueline \u00e9tait religieuse depuis 3 ans. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;a eu lieu sa \u00abdeuxi\u00e8me conversion\u00bb \u00e0 la religion, qui s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e d\u00e9finitive, et pendant les 8 derni\u00e8res ann\u00e9es, ce n&rsquo;\u00e9tait plus la vie, mais \u00abvivre\u00bb avec un \u00e9puisement asc\u00e9tique de lui-m\u00eame par le je\u00fbne et les pri\u00e8res. Cependant, ce service s\u00e9v\u00e8re rendu \u00e0 Dieu l&rsquo;a gu\u00e9ri et fortifi\u00e9, de sorte que toutes ces ann\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 remplies d&rsquo;une cr\u00e9ativit\u00e9 persistante et vari\u00e9e. Pascal rejoint aussit\u00f4t la lutte des jans\u00e9nistes de Port-Royal, men\u00e9e par le \u00abgrand Antoine Arnault\u00bb contre les j\u00e9suites, au cours de laquelle il \u00e9crit les fameuses \u00abLettres \u00e0 un provincial\u00bb (1657), pamphlet anticl\u00e9rical, brillant, com\u00e9die satirique contre les J\u00e9suites, qui \u00e9crasait de rire l&rsquo;ordre puissant.\u00a0\u00bb Pascal a \u00e9galement \u00e9crit de nombreux ouvrages th\u00e9ologiques: \u00abUne br\u00e8ve histoire de J\u00e9sus-Christ\u00bb (1656), \u00abEssais sur la gr\u00e2ce\u00bb (1658), \u00abPri\u00e8re pour le bien des maladies\u00bb (1659), etc. pour \u00e9crire \u00abApologie de la religion chr\u00e9tienne\u00bb, sur lequel il a travaill\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses jours, mais n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 l&rsquo;achever, laissant plus de 1000 fragments sur des feuilles s\u00e9par\u00e9es, en partie s\u00e9lectionn\u00e9s th\u00e9matiquement dans des paquets s\u00e9par\u00e9s. Ils furent publi\u00e9s par Port-Royal en 1669 et 1670 intitul\u00e9 \u00abPens\u00e9es sur la religion et quelques autres sujets\u00bb, avec la main l\u00e9g\u00e8re de Voltaire &#8211; simplement \u00abPens\u00e9es\u00bb. Malgr\u00e9 leur caract\u00e8re incomplet, de nombreux fragments, dans leur richesse id\u00e9ologique et leur style brillant, repr\u00e9sentent de \u00abpetits chefs-d\u2019\u0153uvre\u00bb. La meilleure \u00e9dition non seulement des Pens\u00e9es, mais de toutes les autres \u0153uvres de Pascal, \u00abd&rsquo;apr\u00e8s le manuscrit\u00bb, est pr\u00e9sent\u00e9e par Louis Lafuma (voir 1). Dans son contenu, les \u00abPens\u00e9es\u00bb ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 une \u00abapologie de la religion\u00bb, mais repr\u00e9sentent une \u0153uvre philosophique d&rsquo;un penseur religieux, qui y soul\u00e8ve \u00e0 la fois les \u00abprobl\u00e8mes \u00e9ternels\u00bb de la philosophie et ceux pertinents \u00e0 son \u00e9poque. Pascal ne quitte pas la recherche scientifique \u00e0 Port-Royal en 1658 &#8211; 1659. Ayant \u00e9crit un certain nombre d&rsquo;ouvrages sur les math\u00e9matiques (analyse des infinit\u00e9simaux), qui constituent un volume entier, dans lesquels il se rapproche de la d\u00e9couverte de l&rsquo;analyse math\u00e9matique. Il mourut \u00ab\u00e0 39 ans de vieillesse\u00bb, selon Jean Racine, tant son corps \u00e9tait us\u00e9 par un stress constant: \u00abun martyr de la science\u00bb, diront les biographes. D\u00e9j\u00e0 de son vivant, on l&rsquo;appelait \u00abl&rsquo;Archim\u00e8de fran\u00e7ais\u00bb, \u00able Dante fran\u00e7ais\u00bb et \u00abRacine en prose\u00bb, \u00able saint de Port-Royal\u00bb. Tournons-nous vers ses vues philosophiques et th\u00e9ologiques.Pascal rejoint aussit\u00f4t la lutte des jans\u00e9nistes de Port-Royal, men\u00e9e par le \u00abgrand Antoine Arnault\u00bb contre les j\u00e9suites, au cours de laquelle il \u00e9crit les fameuses \u00abLettres \u00e0 un provincial\u00bb (1657), pamphlet anticl\u00e9rical, brillant, com\u00e9die satirique contre les J\u00e9suites, qui \u00e9crasait de rire l&rsquo;ordre puissant.\u00a0\u00bb Pascal a \u00e9galement \u00e9crit de nombreux ouvrages th\u00e9ologiques: \u00abUne br\u00e8ve histoire de J\u00e9sus-Christ \u00bb (1656), \u00abEssais sur la gr\u00e2ce\u00bb (1658), \u00abPri\u00e8re pour le bien des maladies\u00bb (1659), etc. pour \u00e9crire \u00abApologie de la religion chr\u00e9tienne \u00bb, sur lequel il a travaill\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses jours, mais n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 l&rsquo;achever, laissant plus de 1000 fragments sur des feuilles s\u00e9par\u00e9es, en partie s\u00e9lectionn\u00e9s th\u00e9matiquement dans des paquets s\u00e9par\u00e9s. Ils furent publi\u00e9s par Port-Royal en 1669 et 1670 intitul\u00e9 \u00abPens\u00e9es sur la religion et quelques autres sujets\u00bb, avec la main l\u00e9g\u00e8re de Voltaire &#8211; simplement \u00abPens\u00e9es\u00bb. Malgr\u00e9 leur caract\u00e8re incomplet, de nombreux fragments, dans leur richesse id\u00e9ologique et leur style brillant, repr\u00e9sentent de \u00abpetits chefs-d\u2019\u0153uvre\u00bb. La meilleure \u00e9dition non seulement des Pens\u00e9es, mais aussi de toutes les autres \u0153uvres de Pascal, \u00abd&rsquo;apr\u00e8s le manuscrit\u00bb, est pr\u00e9sent\u00e9e par Louis Lafuma (voir 1). Dans son contenu, les \u00abPens\u00e9es\u00bb ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 une \u00abapologie de la religion\u00bb, mais repr\u00e9sentent l&rsquo;\u0153uvre philosophique d&rsquo;un penseur religieux, qui y soul\u00e8ve \u00e0 la fois les \u00abprobl\u00e8mes \u00e9ternels\u00bb de la philosophie et ceux pertinents \u00e0 son \u00e9poque. Pascal ne quitte pas la recherche scientifique \u00e0 Port-Royal en 1658 &#8211; 1659. Ayant \u00e9crit un certain nombre d&rsquo;ouvrages sur les math\u00e9matiques (analyse des infinit\u00e9simaux), qui constituent un volume entier, dans lesquels il se rapproche de la d\u00e9couverte de l&rsquo;analyse math\u00e9matique. Il mourut \u00ab\u00e0 39 ans de vieillesse\u00bb, selon Jean Racine, tant son corps \u00e9tait us\u00e9 par un stress constant: \u00abun martyr de la science\u00bb, diront les biographes. D\u00e9j\u00e0 de son vivant, on l&rsquo;appelait \u00abl&rsquo;Archim\u00e8de fran\u00e7ais\u00bb, \u00able Dante fran\u00e7ais\u00bb et \u00abRacine en prose\u00bb, \u00able saint de Port-Royal\u00bb. Tournons-nous vers ses vues philosophiques et th\u00e9ologiques. Pascal rejoint aussit\u00f4t la lutte des jans\u00e9nistes de Port-Royal, men\u00e9e par le \u00abgrand Antoine Arnault\u00bb contre les j\u00e9suites, au cours de laquelle il \u00e9crit les fameuses \u00abLettres \u00e0 un provincial\u00bb (1657), pamphlet anticl\u00e9rical, brillant, com\u00e9die satirique contre les J\u00e9suites, qui \u00e9crasait de rire l&rsquo;ordre puissant.\u00a0\u00bb Pascal a \u00e9galement \u00e9crit de nombreux ouvrages th\u00e9ologiques: \u00abUne br\u00e8ve histoire de J\u00e9sus-Christ\u00bb (1656), \u00abEssais sur la gr\u00e2ce\u00bb (1658), \u00abPri\u00e8re pour le bien des maladies\u00bb (1659), etc. pour \u00e9crire \u00abApologie de la religion chr\u00e9tienne\u00bb, sur lequel il a travaill\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses jours, mais n&rsquo;a jamais r\u00e9ussi \u00e0 l&rsquo;achever, laissant plus de 1000 fragments sur des feuilles s\u00e9par\u00e9es, en partie s\u00e9lectionn\u00e9s th\u00e9matiquement dans des paquets s\u00e9par\u00e9s. Ils furent publi\u00e9s par Port-Royal en 1669 et 1670. intitul\u00e9 \u00abPens\u00e9es sur la religion et quelques autres sujets\u00bb, avec la main l\u00e9g\u00e8re de Voltaire &#8211; simplement \u00abPens\u00e9es\u00bb. Malgr\u00e9 leur caract\u00e8re incomplet, de nombreux fragments, dans leur richesse id\u00e9ologique et leur style brillant, repr\u00e9sentent de \u00abpetits chefs-d\u2019\u0153uvre\u00bb. La meilleure \u00e9dition non seulement des Pens\u00e9es, mais aussi de toutes les autres \u0153uvres de Pascal, \u00abd&rsquo;apr\u00e8s le manuscrit\u00bb, est pr\u00e9sent\u00e9e par Louis Lafuma (voir 1). Dans son contenu, les \u00abPens\u00e9es\u00bb ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 une \u00abapologie de la religion\u00bb, mais repr\u00e9sentent l&rsquo;\u0153uvre philosophique d&rsquo;un penseur religieux, qui y soul\u00e8ve \u00e0 la fois les \u00abprobl\u00e8mes \u00e9ternels\u00bb de la philosophie et ceux pertinents \u00e0 son \u00e9poque. Pascal ne quitte pas la recherche scientifique \u00e0 Port-Royal en 1658 &#8211; 1659. ayant \u00e9crit un certain nombre d&rsquo;ouvrages sur les math\u00e9matiques (analyse des infinit\u00e9simaux), totalisant un volume entier, dans lesquels il se rapproche de la d\u00e9couverte de l&rsquo;analyse math\u00e9matique. Il mourut \u00ab\u00e0 39 ans de vieillesse\u00bb, selon Jean Racine, tant son corps \u00e9tait us\u00e9 par un stress constant: \u00abun martyr de la science\u00bb, diront les biographes. D\u00e9j\u00e0 de son vivant, on l&rsquo;appelait \u00abl&rsquo;Archim\u00e8de fran\u00e7ais\u00bb, \u00able Dante fran\u00e7ais\u00bb et \u00abRacine en prose\u00bb, \u00able saint de Port-Royal\u00bb. Tournons-nous vers ses vues philosophiques et th\u00e9ologiques.Dans son contenu, les \u00abPens\u00e9es\u00bb ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 une \u00abapologie de la religion\u00bb, mais repr\u00e9sentent l&rsquo;\u0153uvre philosophique d&rsquo;un penseur religieux, qui y soul\u00e8ve \u00e0 la fois les \u00abprobl\u00e8mes \u00e9ternels\u00bb de la philosophie et ceux pertinents \u00e0 son \u00e9poque. Pascal ne quitte pas la recherche scientifique \u00e0 Port-Royal en 1658 &#8211; 1659. ayant \u00e9crit un certain nombre d&rsquo;ouvrages sur les math\u00e9matiques (analyse des infinit\u00e9simaux), totalisant un volume entier, dans lesquels il se rapproche de la d\u00e9couverte de l&rsquo;analyse math\u00e9matique. Il mourut \u00ab\u00e0 39 ans de vieillesse\u00bb, selon Jean Racine, tant son corps \u00e9tait us\u00e9 par un stress constant: \u00abun martyr de la science\u00bb, diront les biographes. D\u00e9j\u00e0 de son vivant, on l&rsquo;appelait \u00abl&rsquo;Archim\u00e8de fran\u00e7ais\u00bb, \u00able Dante fran\u00e7ais\u00bb et \u00abRacine en prose\u00bb, \u00able saint de Port-Royal\u00bb. Tournons-nous vers ses vues philosophiques et th\u00e9ologiques.Dans son contenu, les \u00abPens\u00e9es\u00bb ne se r\u00e9duisent pas \u00e0 une \u00abapologie de la religion\u00bb, mais repr\u00e9sentent l&rsquo;\u0153uvre philosophique d&rsquo;un penseur religieux, qui y soul\u00e8ve \u00e0 la fois les \u00abprobl\u00e8mes \u00e9ternels\u00bb de la philosophie et ceux pertinents \u00e0 son \u00e9poque. Pascal ne quitte pas la recherche scientifique \u00e0 Port-Royal en 1658 &#8211; 1659. ayant \u00e9crit un certain nombre d&rsquo;ouvrages sur les math\u00e9matiques (analyse des infinit\u00e9simaux), totalisant un volume entier, dans lesquels il se rapproche de la d\u00e9couverte de l&rsquo;analyse math\u00e9matique. Il mourut \u00ab\u00e0 39 ans de vieillesse\u00bb, selon Jean Racine, tant son corps \u00e9tait us\u00e9 par un stress constant: \u00abun martyr de la science\u00bb, diront les biographes. D\u00e9j\u00e0 de son vivant, on l&rsquo;appelait \u00abl&rsquo;Archim\u00e8de fran\u00e7ais\u00bb, \u00able Dante fran\u00e7ais\u00bb et \u00abRacine en prose\u00bb, \u00able saint de Port-Royal\u00bb. Tournons-nous vers ses vues philosophiques et th\u00e9ologiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pascal occupe une \u00abniche unique\u00bb dans la philosophie europ\u00e9enne, \u00abun philosophe hors de la philosophie\u00bb avec son credo philosophique: \u00abRire de la philosophie, c&rsquo;est vraiment philosopher\u00bb (5:576, fr. 513)<br \/>\n<a title=\"Ici et ci-dessous sont indiqu\u00e9es la page et la num\u00e9rotation des fragments des \u00ab Pens\u00e9es \u00bb de Pascal admises dans les \u00e9tudes pascales (d'apr\u00e8s L. Lafuma).\"><sup>[21]<\/sup><\/a> . Quant \u00e0 la m\u00e9taphysique traditionnelle, la philosophie \u00abne vaut pas une heure de travail\u00bb (5:510, fr. 84). Les \u00e9tudes scientifiques lui ont inculqu\u00e9 le \u00abgo\u00fbt du concret\u00bb, de la recherche exp\u00e9rimentale et lui ont inculqu\u00e9 une m\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la philosophie abstraite et de la sp\u00e9culation scolastique. En m\u00eame temps, Pascal est un \u00abphilosophe de Dieu\u00bb dot\u00e9 d&rsquo;une intuition philosophique inn\u00e9e, qui l&rsquo;a dirig\u00e9 vers les \u00abfondements ultimes\u00bb de l&rsquo;\u00eatre et de la connaissance, les \u00abprincipes supr\u00eames de la philosophie\u00bb (V. Solovyov). Au \u00absi\u00e8cle de raison\u00bb, il d\u00e9fend les \u00abpr\u00e9rogatives du c\u0153ur\u00bb et cr\u00e9e une \u00abm\u00e9taphysique du c\u0153ur\u00bb originale en plus de la \u00abm\u00e9taphysique de l&rsquo;esprit\u00bb. Si Descartes est consid\u00e9r\u00e9 comme le \u00abp\u00e8re\u00bb de la philosophie europ\u00e9enne moderne, alors Pascal devrait \u00eatre appel\u00e9 sa \u00abm\u00e8re\u00bb, avec ses propri\u00e9t\u00e9s inh\u00e9rentes de mis\u00e9ricorde, de douceur, de tol\u00e9rance et d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">La \u00abphilosophie du c\u0153ur\u00bb est un ph\u00e9nom\u00e8ne in\u00e9dit en Europe. Par cons\u00e9quent, sa \u00abvoix dans le c\u0153ur\u00bb \u00e9tait \u00abla voix de celui qui crie dans le d\u00e9sert\u00bb. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en Russie qu&rsquo;on l&rsquo;a entendu, o\u00f9 sa propre \u00abm\u00e9taphysique du c\u0153ur\u00bb s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e (I. Kireevsky, Khomyakov, Yurkevich, Florensky, Vysheslavtsev, I. Ilyin, les Roerich, D. Andreev, etc.). \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e2me de Pascal\u00a0\u00bb est proche de la \u00ab\u00a0myst\u00e9rieuse \u00e2me russe\u00a0\u00bb. Les fonctions du \u00abc\u0153ur\u00bb chez Pascal sont diverses et fondamentales: en \u00e9pist\u00e9mologie, le \u00abc\u0153ur\u00bb ressent les \u00abpremiers principes\u00bb de l&rsquo;\u00eatre et de la connaissance et est l&rsquo;organe de \u00abl&rsquo;intuition sensorielle\u00bb; en anthropologie, il est le fondement profond de l&rsquo;\u00eatre et de la connaissance; la personnalit\u00e9; en \u00e9thique, c&rsquo;est un sujet d&rsquo;ordre moral; en th\u00e9ologie, c&rsquo;est le c\u0153ur qui ressent Dieu.<\/p>\n<p align=\"justify\">Malgr\u00e9 toute l&rsquo;originalit\u00e9 de Pascal, il y a des penseurs qui l&rsquo;ont profond\u00e9ment influenc\u00e9. Il s&rsquo;agit avant tout d&rsquo;Augustin avec son interpr\u00e9tation religieuse-spiritualiste de l&rsquo;homme, la doctrine de la continuit\u00e9 du p\u00e9ch\u00e9 originel et du besoin de la gr\u00e2ce divine, et le parall\u00e9lisme psychophysique. Mais pour lui, le fanatisme religieux d\u2019Augustin, son intol\u00e9rance envers les h\u00e9r\u00e9tiques et les ath\u00e9es et sa confiance dans l\u2019autorit\u00e9 inconditionnelle de l\u2019\u00c9glise sont totalement inacceptables. Puis Montaigne avec une \u00e9valuation \u00absobre\u00bb de la raison avec sa grandeur et son insignifiance, la lutte pour une \u00abscience nouvelle exp\u00e9rimentale\u00bb contre la scolastique, le respect du peuple et la \u00absagesse populaire\u00bb, mais Pascal n&rsquo;accepte pas son \u00abpyrrhonisme insidieux\u00bb et \u00abun \u00e9picurisme moral qui prot\u00e8ge les p\u00e9cheurs.\u00bb Enfin, Descartes est son \u00ab\u00e9ternel ennemi id\u00e9ologique\u00bb, chez qui il critique le concept de \u00abmati\u00e8re subtile\u00bb, ironise sur sa physique, qu&rsquo;il consid\u00e8re \u00abcomme un roman sur la nature comme un roman sur Don Quichotte\u00bb (5:641, fr. 10008), non \u00abdig\u00e8re\u00bb son dogmatisme, son scientisme, son rationalisme et son m\u00e9canisme (les id\u00e9es de \u00abmonde-machine\u00bb et d\u2019\u00aborganisme automatique\u00bb). Mais, d&rsquo;une part, gr\u00e2ce \u00e0 Descartes, il a commenc\u00e9 \u00e0 se familiariser avec la philosophie, deuxi\u00e8mement, il a appris de lui le \u00abgrand principe de la pens\u00e9e\u00bb (V. Cousin) et l&rsquo;a d\u00e9velopp\u00e9 de mani\u00e8re cr\u00e9ative, troisi\u00e8mement, il a hautement appr\u00e9ci\u00e9 sa m\u00e9thode axiomatique-d\u00e9ductive et a donn\u00e9 son d\u00e9veloppement de la \u00abm\u00e9thode g\u00e9om\u00e9trique\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9pist\u00e9mologie et m\u00e9thodologie. <\/strong>Le credo \u00e9pist\u00e9mologique de Pascal semble tr\u00e8s \u00e9trange pour les m\u00e9taphysiciens occidentaux: \u00abNous comprenons la v\u00e9rit\u00e9 non seulement avec notre esprit, mais aussi avec notre c\u0153ur\u00bb (5:512, fr. 110), mais il est naturel pour le \u00abbon sens\u00bb d&rsquo;une personne . Le c\u0153ur comprend les \u00abpremiers principes de l&rsquo;existence\u00bb comme l&rsquo;espace, le temps, l&rsquo;infini, le mouvement, le nombre, etc. Pour Descartes, c&rsquo;est l&rsquo;apanage de \u00abl&rsquo;intuition intellectuelle\u00bb et pour Pascal, de \u00abl&rsquo;intuition sensorielle du c\u0153ur\u00bb. Ainsi, chez lui, \u00ables principes se sentent, les th\u00e9or\u00e8mes se prouvent par la raison, tous deux avec certitude, quoique de diff\u00e9rentes mani\u00e8res\u00bb (ibid.). \u00abLes sentiments en eux-m\u00eames\u00bb, dit Pascal, \u00abne trompent jamais\u00bb, et la raison est forte en d\u00e9finitions et en preuves, mais elle n&rsquo;est pas le seul crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9, le \u00abprincipe le plus \u00e9lev\u00e9\u00bb en mati\u00e8re de connaissance, car elle peut se tromper, \u00e9prouver diff\u00e9rentes influences: imagination, int\u00e9r\u00eats, passions, etc. L&rsquo;esprit est donc une \u00abgirouette dans le vent\u00bb de toutes ces influences : il est \u00e0 la fois grand et insignifiant, comme l&rsquo;homme lui-m\u00eame. Pascal d\u00e9mystifie la \u00abgrandeur absolue\u00bb de la raison et reconna\u00eet sa \u00abrelative insignifianc \u00bb, \u00abaplanie\u00bb par les sentiments, le\u00a0 c\u0153ur\u00a0 et l\u2019amour, car chez lui \u00abla v\u00e9rit\u00e9 se comprend aussi par l\u2019amour\u00bb. Il n\u2019absolutise aucune des capacit\u00e9s \u00e9pist\u00e9mologiques, mais chacune d\u00e9finit ses propres sph\u00e8res et limites d\u2019application et de fiabilit\u00e9. Ainsi, la puissance scientifique de la preuve de la raison est impuissante en anthropologie philosophique, en \u00e9thique, en psychologie et en religion, o\u00f9 la priorit\u00e9 appartient au \u00abc\u0153ur\u00bb plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 l\u2019esprit. Toutes les capacit\u00e9s sont sp\u00e9cifiques et ne se remplacent pas: de m\u00eame qu\u2019il serait ridicule d\u2019exiger du \u00abc\u0153ur\u00bb la preuve de ses \u00absentiments\u00bb, il serait tout aussi ridicule d\u2019exiger de l\u2019esprit \u00able sentiment de ses th\u00e9or\u00e8mes\u00bb. Pascal proc\u00e8de de l&rsquo;ancien id\u00e9al de v\u00e9rit\u00e9, \u00e9ternel, intemporel et indestructible, qui n&rsquo;est pas enti\u00e8rement accessible \u00e0 l&rsquo;homme. Le fait est que le cosmos et le monde tout entier qui l\u2019entoure sont infinis en largeur et en profondeur (\u00abinfini dans le grand\u00bb et \u00abinfini dans le petit\u00bb: la petite tique est \u00abinfinie dans le petit\u00bb, comme toutes choses dans le monde): \u00abL\u2019ensemble du monde visible n\u2019est qu\u2019\u00e0 peine une touche distincte dans le vaste sein de la nature\u00bb (5: 526, fr. 199). Pour comprendre cet infini, il faut avoir une capacit\u00e9 de connaissance infinie, ce que l\u2019homme ne poss\u00e8de pas. De plus, \u00abtout dans le monde est connect\u00e9 \u00e0 tout\u00bb: une partie est avec le tout et avec d&rsquo;autres parties, le tout est avec des parties, et pour comprendre le tout, il faut conna\u00eetre toutes les parties, et c&rsquo;est encore une fois impossible. L&rsquo;homme occupe une position interm\u00e9diaire dans le monde, \u00abrien compar\u00e9 \u00e0 l&rsquo;infini, tout compar\u00e9 \u00e0 la non-existence, interm\u00e9diaire entre tout et rien, infiniment \u00e9loign\u00e9 de la compr\u00e9hension des limites extr\u00eames; les fins et les commencements des choses lui sont cach\u00e9s dans un secret imp\u00e9n\u00e9trable. Il est \u00e9galement incapable de voir la non-existence dont il est extrait et l&rsquo;infini qui l&rsquo;absorbe\u00bb (ibid.). Pour renforcer l&rsquo;impression de deux limites extr\u00eames, Pascal introduit l&rsquo;image de \u00abl&rsquo;ab\u00eeme\u00bb dans ses deux \u00absommets\u00bb &#8211; \u00abl&rsquo;ab\u00eeme de l&rsquo;infini\u00bb et \u00abl&rsquo;ab\u00eeme de la non-existence\u00bb, entre lesquels l&rsquo;homme est tragiquement \u00abcrucifi\u00e9\u00bb. Ainsi, certains sp\u00e9cialistes de Pascal \u00e9valuent \u00e0 tort sa position \u00e9pist\u00e9mologique comme \u00absceptique\u00bb (Cousin, M. Filippov) ou m\u00eame comme \u00abagnostique\u00bb (dans l\u2019esprit de Kant) (A.D.Gouliaev, L. Goldman). Mais M. Legerne a plus raison, qui trouve quelque chose de commun entre Descartes et Pascal dans leur lutte contre le scepticisme. Ce n\u2019est pas pour rien que Pascal appr\u00e9ciait\u00a0 l\u2019optimisme \u00e9pist\u00e9mologique de Descartes et s\u2019opposait lui-m\u00eame au \u00abpyrrhonisme insidieux\u00bb, notant raisonnablement que si nous ne pouvons pas \u00abtout savoir\u00bb, cela ne veut pas dire que nous ne savons \u00abrien\u00bb. Il ressent subtilement la dialectique de la v\u00e9rit\u00e9 absolue et relative, reconnaissant la \u00abfiabilit\u00e9\u00bb au niveau des sentiments ext\u00e9rieurs, de la raison, des \u00abintuitions du c\u0153ur\u00bb, et en plus, en tant que cr\u00e9ateur de la th\u00e9orie des probabilit\u00e9s, il est convaincu de l&rsquo;objectivit\u00e9 et la fiabilit\u00e9 des \u00abconnaissances probabilistes\u00bb. De ce fait, disait Pascal, \u00abnous portons en nous une id\u00e9e de v\u00e9rit\u00e9 irr\u00e9sistible \u00e0 tout pyrrhonisme\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour acqu\u00e9rir des connaissances fiables, il d\u00e9veloppe une \u00abm\u00e9thode g\u00e9om\u00e9trique\u00bb axiomatique-d\u00e9ductive. \u00abLorsqu\u2019on \u00e9tudie la v\u00e9rit\u00e9, estime-t-il, trois objectifs principaux peuvent \u00eatre fix\u00e9s: d\u00e9couvrir la v\u00e9rit\u00e9 lorsqu\u2019elle est recherch\u00e9e; prouver quand il a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9; enfin, le distinguer du mensonge lorsqu&rsquo;on l&rsquo;examine\u00bb (3: 434). Puisqu\u2019il n\u2019existe pas de r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales pour l\u2019heuristique, Pascal accorde une attention particuli\u00e8re \u00e0 la m\u00e9thode de la \u00abScience de la Preuve\u00bb de la v\u00e9rit\u00e9. L&rsquo;id\u00e9e de la \u00abm\u00e9thode parfaite\u00bb est tr\u00e8s simple: d\u00e9finir tous les termes, prouver tous les points et les remettre dans le bon ordre. Mais il est impossible de d\u00e9finir et de prouver \u00abtout\u00bb (en raison de la \u00abr\u00e9gression vers l\u2019infini\u00bb), ce qui signifie que nous devons agir comme des g\u00e9om\u00e8tres qui ne d\u00e9finissent pas les \u00abtermes primaires\u00bb et ne prouvent pas les axiomes, d\u00e9finissant et prouvant \u00abtout le reste\u00bb. Et \u00abce qui d\u00e9passe la g\u00e9om\u00e9trie nous d\u00e9passe\u00bb (3: 435) &#8211; ce c\u00e9l\u00e8bre aphorisme de Pascal \u00e9tait tr\u00e8s populaire au \u00absi\u00e8cle de raison\u00bb. Pour les d\u00e9finitions, axiomes et preuves \u00abparfaites\u00bb, il a d\u00e9velopp\u00e9 ses propres r\u00e8gles.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Pour les d\u00e9finitions.<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Ne d\u00e9finissez aucun terme compl\u00e8tement connu. N&rsquo;utilisez pas de termes obscurs ou ambigus sans d\u00e9finition. Utilisez uniquement des termes connus ou d\u00e9j\u00e0 expliqu\u00e9s dans les d\u00e9finitions.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Pour les axiomes.<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">N\u2019acceptez pas sans examen les principes n\u00e9cessaires, aussi clairs soient-ils.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ne corrigez que les dispositions tout \u00e0 fait \u00e9videntes dans les axiomes.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Pour preuve.<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Ne prouvez pas des propositions qui sont \u00e9videntes en elles-m\u00eames.<\/p>\n<p align=\"justify\">D\u00e9montrez toutes les dispositions pas tout \u00e0 fait claires en utilisant uniquement des axiomes \u00e9vidents ou des dispositions d\u00e9j\u00e0 prouv\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lors de la preuve, n&rsquo;abusez pas de l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 des termes, en substituant mentalement des d\u00e9finitions \u00e0 la place des termes d\u00e9finis (voir 3:453 &#8211; 455).<\/p>\n<p align=\"justify\">Le respect des premi\u00e8res r\u00e8gles dans les trois divisions n&rsquo;est pas aussi n\u00e9cessaire (cela ne conduira pas \u00e0 des erreurs grossi\u00e8res) que toutes les autres, qui sont absolument n\u00e9cessaires pour une preuve stricte. Pascal explique qu\u2019il ne parle pas de \u00abd\u00e9finitions d\u2019essence\u00bb, mais seulement de \u00abd\u00e9finitions nominales\u00bb pour \u00abla clart\u00e9 et la bri\u00e8vet\u00e9 du discours\u00bb. Il aime anticiper les objections de ses adversaires (cette m\u00e9thode n&rsquo;est pas nouvelle, triviale et applicable uniquement en g\u00e9om\u00e9trie) et r\u00e9pond d&rsquo;avance: \u00abIl n&rsquo;y a rien de plus inconnu, de plus difficile en pratique et de plus utile et universel\u00bb (3: 357) . Oui, les scolastiques connaissaient de nombreuses r\u00e8gles, mais ils ne parvenaient pas \u00e0 identifier les principales, comme \u00ables pierres pr\u00e9cieuses parmi les pierres simples\u00bb. L&rsquo;universalit\u00e9 de la m\u00e9thode tient \u00e0 la bri\u00e8vet\u00e9 du discours math\u00e9matique, \u00e0 sa \u00abcapacit\u00e9 de contenu\u00bb, utiles \u00e0 toutes les sciences et \u00e0 la culture dans son ensemble. Pascal lui-m\u00eame s&rsquo;est rendu compte de cet avantage de la m\u00e9thode dans ses brillants aphorismes. Sa m\u00e9thode \u00e9tait pleinement incluse dans \u00abLa logique ou l\u2019art de penser\u00bb de Port-Royal.<\/p>\n<p align=\"justify\">La \u00abscience de la preuve\u00bb de la v\u00e9rit\u00e9 est compl\u00e9t\u00e9e par lui par \u00abl&rsquo;art de la persuasion\u00bb, car une personne connaissante n&rsquo;est pas une \u00ababstraction d&rsquo;un sujet \u00e9pist\u00e9mologique\u00bb, un \u00abautomate spirituel\u00bb (Spinoza), mais un \u00eatre vivant, personne concr\u00e8te, un \u00absujet existentiel\u00bb qui \u00abexp\u00e9rimente\u00bb la v\u00e9rit\u00e9, l&rsquo;aime ou la d\u00e9teste, l&rsquo;accepte avec sa volont\u00e9 et son \u00abc\u0153ur\u00bb ou la rejette, et \u00able c\u0153ur a ses propres lois, que l&rsquo;esprit ne conna\u00eet pas\u00bb ( 5: 552, fr.423). Pour \u00abatteindre le c\u0153ur\u00bb d&rsquo;une personne, il faut \u00abl&rsquo;art de persuader\u00bb ou \u00abl&rsquo;art de l&rsquo;accord\u00bb (\u00ab\u00eatre agr\u00e9able\u00bb), qui est plus difficile, plus subtil, \u00abd\u00e9licieux\u00bb que la \u00abscience de preuve.\u00a0\u00bb C&rsquo;est difficile, se plaint Pascal, car les \u00abprincipes du c\u0153ur et de la volont\u00e9\u00bb varient d&rsquo;un sujet \u00e0 l&rsquo;autre, et il n&rsquo;est pas capable de formuler des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9ralement valables. Peut-\u00eatre que quelqu\u2019un d\u2019autre, esp\u00e8re-t-il, pourra le faire. Cependant, Pascal lui-m\u00eame a utilis\u00e9, sinon des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales, du moins certaines techniques de \u00abl&rsquo;art de persuader\u00bb, qui ont donn\u00e9 \u00e0 son discours \u00e9clat, expressivit\u00e9, \u00e9motivit\u00e9, conviction passionn\u00e9e et \u00abintelligibilit\u00e9 au c\u0153ur\u00bb des lecteurs. Parmi ceux-ci, on peut noter: 1) une abondance d&rsquo;images et de peintures impressionnantes (\u00abroseau pensant\u00bb, infini-ab\u00eeme, vie face \u00e0 la mort comme \u00abcort\u00e8ge de prisonniers vers l&rsquo;ex\u00e9cution\u00bb, etc.); 2) sa sinc\u00e9rit\u00e9 en tant qu&rsquo;auteur; 3) la simplicit\u00e9 et le naturel, l&rsquo;absence de mensonge, de faux path\u00e9tique, d&rsquo;affectation: \u00ables meilleurs livres sont ceux, en lisant, dont les gens croiraient qu&rsquo;ils pourraient les \u00e9crire eux-m\u00eames\u00bb (5: 356); 4) L\u2019ouverture \u00e9motionnelle de Pascal aux gens. Non seulement il approuve ceux qui \u00abcherchent la v\u00e9rit\u00e9 avec un soupir\u00bb, mais lui-m\u00eame \u00abla cherche avec un g\u00e9missement\u00bb. L\u00e9on Tolsto\u00ef croyait que Pascal \u00e9crivait \u00abavec le sang de son c\u0153ur\u00bb, c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il soudoyait le \u00abc\u0153ur\u00bb de ses lecteurs; 5) l&rsquo;utilisation des techniques de \u00abbonne conversation orale\u00bb dans le discours \u00e9crit avec sa sinc\u00e9rit\u00e9 et sa confiance; 6) la capacit\u00e9 de voir la justesse de ses adversaires id\u00e9ologiques, la tol\u00e9rance \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la dissidence; 7) expression de la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 travers des contradictions sous forme de paradoxes qui, \u00abcomme des \u00e9clats\u00bb, restent coinc\u00e9es dans la conscience. \u00abL&rsquo;art de la persuasion\u00bb est une sorte de \u00abpsychologie cognitive\u00bb et son sujet est la personnalit\u00e9 existentielle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Anthropologie philosophique.<\/strong> L&rsquo;homme est le point de d\u00e9part et le but final des aspirations philosophiques de Pascal. Si sa \u00abpremi\u00e8re pens\u00e9e\u00bb \u00e9tait la science, alors sa \u00abdeuxi\u00e8me pens\u00e9e\u00bb \u00e9tait l\u2019homme et seule sa \u00abtroisi\u00e8me pens\u00e9e\u00bb \u00e9tait Dieu, car dans la religion il voyait la \u00abcl\u00e9 universelle\u00bb pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes humains. Ayant commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9tudier le \u00absort humain\u00bb (sous l&rsquo;influence de la lecture des Essais de Montaigne, des livres de C. Jansen, notamment \u00abDe l&rsquo;homme int\u00e9rieur\u00bb), il d\u00e9couvre l&rsquo;\u00e9tonnant sous-d\u00e9veloppement de la science de l&rsquo;homme et r\u00e9sume: \u00abLe l\u2019incapacit\u00e9 d\u2019\u00e9tudier l\u2019homme nous oblige \u00e0 \u00e9tudier tout le reste. Pendant ce temps, \u00abavec mon ignorance morale\u00bb, en est convaincu Pascal, \u00abla science des choses ext\u00e9rieures ne me consolera pas dans un moment de douleur, tandis que la science morale me consolera toujours dans mon ignorance des choses ext\u00e9rieures\u00bb (5: 503, fr.23). Ainsi, \u00abvous avez besoin de vous conna\u00eetre, si cela ne vous aide pas \u00e0 trouver la v\u00e9rit\u00e9, alors au moins cela vous aidera \u00e0 bien diriger votre vie, et c&rsquo;est l\u00e0 que r\u00e9side toute justice\u00bb (5: 508, fr. 72). Mais lorsqu&rsquo;on \u00e9tudie une personne, la \u00abm\u00e9thode g\u00e9om\u00e9trique\u00bb stricte s&rsquo;av\u00e8re impuissante, car ici il est impossible de donner des d\u00e9finitions sans ambigu\u00eft\u00e9 (les philosophes, par exemple, ont 288 opinions diff\u00e9rentes sur le Bien Supr\u00eame et la m\u00eame \u00abdiscorde\u00bb d&rsquo;opinions sur le bonheur, le bien et le mal, le sens de la vie, etc.), ni de tout ranger dans un ordre axiomatique-d\u00e9ductif. Pascal d\u00e9cida alors de partir d&rsquo;observations exp\u00e9rimentales de la vie humaine, et la premi\u00e8re chose qui le frappa fut \u00abl&rsquo;ab\u00eeme des contradictions\u00bb dans l&rsquo;homme, comme s&rsquo;il avait \u00abnon pas une \u00e2me\u00bb, mais \u00abplusieurs \u00e2mes\u00bb qui se combattaient. \u00ab\u00a0L&rsquo;homme est infiniment sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo;homme.\u00a0\u00bb Il fixe l&rsquo;antinomie principale &#8211; la \u00abgrandeur\u00bb et \u00abl&rsquo;insignifiance\u00bb de l&rsquo;homme. \u00abToute la grandeur d&rsquo;un homme est dans sa pens\u00e9e\u00bb, r\u00e9p\u00e8te \u00e0 maintes reprises Pascal dans ses Pens\u00e9es. Voici son c\u00e9l\u00e8bre fragment: \u00abL&rsquo;homme est le roseau le plus faible de la nature, mais un roseau pensant. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire que l\u2019Univers tout entier se l\u00e8ve pour l\u2019\u00e9craser: un couple, une goutte d\u2019eau suffit \u00e0 le tuer; mais si l&rsquo;Univers devait le d\u00e9truire, alors la personne est encore plus noble que ce qui la tue, car elle sait qu&rsquo;elle est en train de mourir, elle conna\u00eet aussi la sup\u00e9riorit\u00e9 qu&rsquo;elle a sur elle, mais l&rsquo;Univers n&rsquo;en sait rien. Ainsi, toute notre dignit\u00e9 r\u00e9side dans la pens\u00e9e. Seulement, c&rsquo;est lui qui nous \u00e9l\u00e8ve, et non l&rsquo;espace et le temps, que nous ne pouvons remplir. Effor\u00e7ons-nous de bien penser: telle est la base de la morale\u00bb (5: 528, fr. 200).<\/p>\n<p align=\"justify\">Et pourtant, cette \u00abnote cart\u00e9sienne\u00bb ne domine pas dans sa vision du monde, car il existe un \u00abbon c\u0153ur\u00bb qui ressent Dieu et plein d&rsquo;amour pour les gens, qui est plus haut, plus noble qu&rsquo;un esprit bien raisonn\u00e9. C&rsquo;est le \u00abc\u0153ur\u00bb qui constitue la base profonde de la personnalit\u00e9, le noyau spirituel de \u00abl&rsquo;homme int\u00e9rieur\u00bb (sinc\u00e8re, non feint, \u00abauthentique\u00bb), par opposition \u00e0 \u00abl&rsquo;homme ext\u00e9rieur\u00bb, qui est contr\u00f4l\u00e9 par la \u00abgirouette\u00bb esprit, qui ne vient pas de l\u2019amour et de la mis\u00e9ricorde, mais d\u2019arguments et de preuves \u00abfroids\u00bb. Par cons\u00e9quent, le \u00abc\u0153ur\u00bb est un \u00absujet d\u2019ordre moral\u00bb comme le plus \u00e9lev\u00e9 des trois ordres d\u2019\u00eatre, non r\u00e9ductibles les uns aux autres: tout comme de tous les corps de la nature pris ensemble, on ne peut obtenir un seul \u00abgrain d\u2019\u00eatre\u00bb esprit, donc de tous les esprits pris ensemble, pour ne pas recevoir un \u00abgrain d\u2019amour\u00bb, car c\u2019est \u00abun autre ordre\u00bb (voir 5: 540, fr. 308). L&rsquo;\u00abordre moral de l&rsquo;\u00eatre\u00bb est tellement sup\u00e9rieur \u00e0 l&rsquo; intellectuel\u00bb, et plus encore au \u00abphysique\u00bb, que Pascal le consid\u00e8re comme \u00absurnaturel\u00bb, remontant \u00e0 Dieu lui-m\u00eame. Ainsi, le Pascal m\u00fbr a surmont\u00e9 son rationalisme juv\u00e9nile et \u00aba mis la raison \u00e0 sa place\u00bb, sans l&rsquo;absolutiser, comme Descartes, mais sans la d\u00e9nigrer non plus. Oui, \u00abtoute la grandeur d&rsquo;une personne est dans la pens\u00e9e\u00bb, r\u00e9p\u00e8te Pascal en soupirant tristement: \u00abMais comme elle est b\u00eate! Parfois, il parle ironiquement de \u00abl\u2019insignifiance\u00bb de l\u2019esprit: Quel dr\u00f4le de h\u00e9ros!<\/p>\n<p align=\"justify\">Une mouche bourdonne au-dessus de son oreille et maintenant il n\u2019est plus capable de \u00abbien penser\u00bb. H\u00e9las, beaucoup de choses \u00abarrachent l&rsquo;esprit de ses gonds\u00bb: l&rsquo;imagination, la maladie, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat personnel, les passions, etc. N\u00e9anmoins, la pens\u00e9e est un attribut, une propri\u00e9t\u00e9 essentielle d&rsquo;une personne: \u00abon peut imaginer une personne sans bras, sans jambes et sans jambes m\u00eame sans t\u00eate&#8230; mais on ne peut pas imaginer une personne sans pens\u00e9es. Ce serait une pierre ou un animal\u00bb (5: 513, fr. 111). Mais le \u00abc\u0153ur\u00bb humain est \u00e9galement caract\u00e9ris\u00e9 par la \u00abgrandeur\u00bb et \u00abl&rsquo;insignifiance\u00bb, car il contient \u00e0 la fois la foi en Dieu et \u00ables ab\u00eemes de l&rsquo;amour et de la mis\u00e9ricorde envers les hommes\u00bb, ainsi que, h\u00e9las, \u00abl&rsquo;ab\u00eeme de l&rsquo;\u00e9go\u00efsme et du p\u00e9ch\u00e9\u00bb ( voir 5: 635 &#8211; 636, fr. 978). C&rsquo;est la \u00abgrandeur\u00bb et \u00abl&rsquo;insignifiance\u00bb morales de l&rsquo;homme. La \u00abgrandeur\u00bb et l&rsquo;\u00abinsignifiance\u00bb ontologiques sont clairement visibles dans le fragment sur le \u00abroseau pensant\u00bb. Elle est \u00e9galement d\u00e9montr\u00e9e par la haute dignit\u00e9 spirituelle de la vie et en m\u00eame temps par sa courte dur\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019Univers: \u00abUne ombre qui a brill\u00e9 un instant et a disparu pour toujours\u00bb. En termes d&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie, la \u00abgrandeur\u00bb r\u00e9side dans l&rsquo;amour de la v\u00e9rit\u00e9, la recherche de celle-ci et son acquisition, \u00able progr\u00e8s sans fin de la connaissance\u00bb, et \u00abl&rsquo;insignifiance\u00bb r\u00e9side dans les illusions et les erreurs, l&rsquo;incapacit\u00e9 de conna\u00eetre la pl\u00e9nitude de la v\u00e9rit\u00e9 absolue. En un mot, \u00abgrandeur\u00bb et \u00abinsignifiance\u00bb sont si \u00aborganiquement li\u00e9es\u00bb chez une personne qu&rsquo;elles repr\u00e9sentent une sorte de \u00abmyst\u00e9rieux paradoxe\u00bb de son essence m\u00eame: \u00abla grandeur d&rsquo;une personne est si \u00e9vidente qu&rsquo;elle d\u00e9coule de son insignifiance\u00bb et, inversement, \u00abtoute insignifiance, l\u2019homme lui-m\u00eame prouve sa grandeur. C&rsquo;est le n\u00e9ant du grand seigneur. L&rsquo;insignifiance d&rsquo;un roi priv\u00e9 de son tr\u00f4ne\u00bb (5: 513, fr. 117, 116). \u00abLe myst\u00e8re de l&rsquo;\u00eatre humain\u00bb n&rsquo;est soumis ni \u00e0 la science ni \u00e0 la philosophie la\u00efque: c&rsquo;est seulement dans la religion chr\u00e9tienne que Pascal a trouv\u00e9 la cl\u00e9 pour le r\u00e9soudre: le p\u00e9ch\u00e9 originel a fondamentalement endommag\u00e9 la perfection originelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire la grandeur de l&rsquo;homme donn\u00e9e par Dieu, et l&rsquo;a jet\u00e9 dans \u00abl&rsquo;ab\u00eeme de l&rsquo;insignifiance\u00bb, c&rsquo;est pourquoi les deux principes en lui sont en \u00e9ternel affrontement. Il comprend parfaitement qu&rsquo;une telle explication est un \u00abscandale pour l&rsquo;esprit\u00bb, mais sans le \u00abmyst\u00e8re du p\u00e9ch\u00e9 originel\u00bb, une personne est encore plus incompr\u00e9hensible que ce \u00abmyst\u00e8re\u00bb n&rsquo;est incompr\u00e9hensible pour une personne. \u00abLe sort humain\u00bb &#8211; vanit\u00e9, soucis, anxi\u00e9t\u00e9, impermanence, souffrance mentale et physique &#8211; donne lieu \u00e0 la \u00abdialectique tragique\u00bb de son existence, \u00e0 la fois individuelle et sociale. La soci\u00e9t\u00e9 est gouvern\u00e9e par la force, et non par la raison; les guerres (\u00able pire des maux\u00bb) et non la paix civile (\u00able plus grand des biens\u00bb) dominent. Parmi les maux et les maux sociaux, Pascal r\u00eave d&rsquo;un \u00abempire de la raison\u00bb, d&rsquo;un \u00ababsolutisme \u00e9clair\u00e9\u00bb, par opposition \u00e0 un \u00abempire du pouvoir\u00bb, de la violence et de l&rsquo;injustice. La trag\u00e9die de la vie humaine, l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;atteindre la paix et le bonheur dans ce monde l&rsquo;obligent \u00e0 rechercher le Bien le plus \u00e9lev\u00e9 non dans quelques biens terrestres transitoires, mais en Dieu, objet absolu de l&rsquo;amour, source de consolation et de salut.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Enseigner Dieu.<\/strong> Toutes les \u00abimpasses\u00bb et tous les paradoxes de la philosophie de Pascal \u00abconvergent\u00bb dans sa doctrine religieuse et y trouvent leur solution absolue. Seule la religion chr\u00e9tienne, en est-il convaincu, explique bien les contradictions, les antinomies et les myst\u00e8res de l&rsquo;\u00eatre humain, elle est donc la seule vraie religion: \u00abLa vraie nature de l&rsquo;homme, sa bont\u00e9, sa vertu, ainsi que la vraie religion, sont ins\u00e9parables. les uns des autres et ne se connaissent que dans l\u2019unit\u00e9\u00bb (5: 548, fr. 393). Il r\u00e9duit le \u00abmyst\u00e8re de l\u2019anthropologie\u00bb au \u00abmyst\u00e8re de la th\u00e9ologie\u00bb et son explication religieuse de l\u2019homme se transforme en une justification anthropologique et psychologique de la religion. Pascal, contrairement \u00e0 Descartes et \u00e0 tous les d\u00e9istes, professe non pas une \u00abreligion de l&rsquo;esprit\u00bb, mais une \u00abreligion du c\u0153ur\u00bb: \u00abLe c\u0153ur sent Dieu, pas l&rsquo;esprit. Voil\u00e0 ce qu&rsquo;est la foi\u00bb (5: 552, fr. 424), car il est \u00e9galement incompr\u00e9hensible de raisonner que Dieu existe et qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas. La raison, selon Pascal, est une \u00abautorit\u00e9 ext\u00e9rieure\u00bb chez une personne qui n\u2019affecte pas son \u00abessence profonde\u00bb. Au niveau de la raison, la foi est instable et superficielle, comme si elle \u00abglissait \u00e0 travers l\u2019\u00e2me\u00bb, la touchait \u00e0 peine, fluctuant selon la force ou la \u00ablourdeur\u00bb des arguments \u00abpour et contre\u00bb. Ainsi, des trois voies menant \u00e0 la foi &#8211; la raison, l&rsquo;habitude et \u00abl&rsquo;inspiration\u00bb &#8211; il consid\u00e8re la raison comme la plus peu fiable lorsqu&rsquo;elle d\u00e9termine la position de d\u00e9part. En attendant, elle ne peut jouer qu\u2019un \u00abr\u00f4le secondaire\u00bb lorsque la foi existe d\u00e9j\u00e0 comme un fait. La psychologie la plus subtile de la foi ne repose pas sur une clart\u00e9 rationnelle forc\u00e9e, mais sur \u00able myst\u00e8re de l\u2019\u00e9lection libre et absolue de l\u2019homme \u00e0 Dieu\u00bb. Le \u00absacrement de la foi\u00bb, comme le \u00absacrement d\u2019amour\u00bb, est un don de Dieu: dans les deux cas, \u00ables mariages ont lieu au ciel\u00bb, selon \u00abl\u2019inspiration de Dieu\u00bb. Et toute \u00abinquisition ext\u00e9rieure\u00bb est ici impuissante, y compris \u00abl\u2019inquisition de la raison\u00bb. Toute agitation pour ou contre la foi religieuse, personnelle ou sociale est totalement d\u00e9nu\u00e9e de sens et m\u00eame immorale, tout comme \u00abl\u2019agitation pour ou contre l\u2019amour\u00bb. Il existe une sorte d&rsquo;\u00abantinomie entre la foi et l&rsquo;\u00e9vidence\u00bb: plus il y a de ces derni\u00e8res, moins il y a de foi, et plus il y a de foi, moins il faut de preuves. Par la suite, G. Marcel dira que l\u2019\u00e9vidence est un \u00abscandale pour la foi\u00bb. Dans cette optique, une opinion paradoxale du croyant Pascal est compr\u00e9hensible: \u00abL&rsquo;ath\u00e9isme est un signe (marque) de la force de l&rsquo;esprit, mais seulement dans une certaine mesure\u00bb (5: 522, fr. 157). Les \u00e9diteurs de Port-Royal n&rsquo;ont pas compris \u00ableur saint\u00bb et ont corrig\u00e9 la marque \u00e0 manque, ils ont juste chang\u00e9 une lettre et ont obtenu le \u00absens qui leur plaisait\u00bb: \u00abL&rsquo;ath\u00e9isme est un manque d&rsquo;intelligence&#8230;\u00bb &#8211; mais Pascal n&rsquo;a pas dit cela, parce qu&rsquo;il croyait que tous les arguments des ath\u00e9es contre Dieu sont corrects, mais \u00ableur conclusion est incorrecte\u00bb, parce que les arguments \u00abn&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec cela\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Toutes les versions rationalistes de la religion (dans l\u2019esprit du d\u00e9isme, \u00abreligion du premier \u00e9lan\u00bb), toute la th\u00e9ologie comme th\u00e9ologie rationalis\u00e9e sont rejet\u00e9es par Pascal du point de vue de \u00abl\u2019antinomie de la foi et de la raison\u00bb. Il a vu avec perspicacit\u00e9 l&rsquo;essence antichr\u00e9tienne du d\u00e9isme, notant dans Pens\u00e9es: \u00abLe d\u00e9isme est aussi loin de la religion chr\u00e9tienne que l&rsquo;ath\u00e9isme, qui lui est compl\u00e8tement oppos\u00e9\u00bb (5: 557, fr. 449). Malgr\u00e9 toutes les \u00abr\u00e9serves les plus chr\u00e9tiennes\u00bb de Descartes, il le consid\u00e8re comme un d\u00e9iste et r\u00e9v\u00e8le les connotations antireligieuses de sa philosophie, dans laquelle le \u00abculte de la raison\u00bb r\u00e8gne sur le \u00abculte de la religion\u00bb:\u00a0 Je ne peux pas pardonner \u00e0 Descartes le d\u00e9sir de se d\u00e9barrasser de Dieu dans toute sa philosophie, mais il n&rsquo;a pas pu se passer de Lui, en recourant au premier d\u00e9clic divin pour mettre le monde en mouvement, apr\u00e8s quoi il n&rsquo;a plus besoin de Dieu\u00bb (5: 640, fr. 1001). Pascal r\u00e9sume sa compr\u00e9hension de Dieu par la fameuse \u00abdichotomie\u00bb dans le M\u00e9morial: \u00abLe Dieu d\u2019Abraham, le Dieu d\u2019Isaac, le Dieu de Jacob, et non le Dieu des philosophes et des savants, cr\u00e9ateur des v\u00e9rit\u00e9s g\u00e9om\u00e9triques\u00bb (5: 618, fr.913). Le \u00abDieu personnel\u00bb n\u2019est compris que de la mani\u00e8re indiqu\u00e9e par l\u2019\u00c9vangile. L&rsquo;id\u00e9e de Pascal d&rsquo;un \u00abDieu personnel\u00bb a plusieurs nuances s\u00e9mantiques: 1) ce n&rsquo;est pas l&rsquo;Absolu transcendantal, un \u00ab\u00eatre grand, puissant et \u00e9ternel\u00bb devant lequel on tremble et v\u00e9n\u00e8re, mais un Dieu-sauveur existentiel, c&rsquo;est-\u00e0-dire J\u00e9sus-Christ; 2) \u00abDieu personnel\u00bb &#8211; le ma\u00eetre de l&rsquo;humanit\u00e9, un id\u00e9al moral, \u00e0 la suite duquel est le devoir personnel d&rsquo;un chr\u00e9tien; 3) en communication avec Dieu, l&rsquo;homme n&rsquo;est pas une \u00abcr\u00e9ature tremblante\u00bb, mais une personne ind\u00e9pendante, dont la volont\u00e9 interagit avec la volont\u00e9 de Dieu: \u00abCelui qui nous a cr\u00e9\u00e9s sans nous ne peut nous sauver sans nous\u00bb, tel est le leitmotiv des \u00ab\u0152uvres sur la Gr\u00e2ce\u00bb; 4) un tel Dieu est compris d&rsquo;une mani\u00e8re uniquement personnelle \u00e0 travers \u00abl&rsquo;inspiration\u00bb; 5) le culte ext\u00e9rieur passe au second plan devant \u00abl\u2019affection sinc\u00e8re\u00bb pour Dieu. Dieu ne favorise pas les \u00e9glises, mais le c\u0153ur pur et doux du chr\u00e9tien. Pascal fustige la \u00abfoi ext\u00e9rieure\u00bb dans l&rsquo;esprit de la religion j\u00e9suite, qui n&rsquo;affecte pas \u00abl&rsquo;homme int\u00e9rieur\u00bb et se concentre sur les attirails rituels de la foi (voir \u00abLettres \u00e0 un provincial\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\">La perspicacit\u00e9 psychologique dans l&rsquo;interpr\u00e9tation du ph\u00e9nom\u00e8ne de la foi, l&rsquo;accent mis sur la libert\u00e9 spirituelle de l&rsquo;homme ont d\u00e9termin\u00e9 la tol\u00e9rance de Pascal, qui n&rsquo;autorisait ni la haine ni l&rsquo;hostilit\u00e9 envers les infid\u00e8les et les ath\u00e9es, et s&rsquo;opposait \u00e0 la pratique de la violence en mati\u00e8re de foi (croisades , pers\u00e9cution des dissidents, Inquisition, \u00abchasses aux sorci\u00e8res\u00bb) \u00a0\u00bb etc.). Il fait r\u00e9f\u00e9rence aux \u00c9vangiles, dans lesquels \u00abil n&rsquo;y a pas une seule parole dure contre les ennemis et les bourreaux de J\u00e9sus-Christ\u00bb (5: 603, fr. 812). Voici le credo de la position humaine de Pascal: \u00abDieu, qui gouverne tout avec douceur, attribue la religion \u00e0 la sagesse et au c\u0153ur par la Gr\u00e2ce, mais le d\u00e9sir d&rsquo;introduire la religion dans l&rsquo;esprit et le c\u0153ur par la force et les menaces signifie ne pas inculquer la religion, mais horreur. Cela ressemble plus \u00e0 de la terreur qu\u2019\u00e0 de la religion\u00bb (5: 523, fr. 172). Il identifie quatre groupes de personnes selon leur attitude envers la religion. Il inclut dans le premier groupe ceux qui ont trouv\u00e9 Dieu et le servent fid\u00e8lement; ils sont vraiment heureux; Au second, ceux qui cherchent Dieu, mais ne l&rsquo;ont pas encore trouv\u00e9, sont malheureux, mais pas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s. Le troisi\u00e8me groupe comprend les ath\u00e9es, qui ne croient fondamentalement pas en Dieu et \u00e0 l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me; ils sont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s et malheureux. Enfin, au quatri\u00e8me rang, ceux qui sont indiff\u00e9rents \u00e0 la religion et vivent \u00abau jour le jour\u00bb, ils sont \u00abfous\u00bb et aussi malheureux. Pascal plaint tous ces \u00abmalheureux\u00bb, car ils sont d\u00e9j\u00e0 punis du fait m\u00eame de leur incr\u00e9dulit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">La nature existentielle immanentiste de la religion de Pascal transforme l&rsquo;\u00abApologie&#8230;\u00bb con\u00e7ue par lui en une proc\u00e9dure contradictoire: si la foi a besoin de justification et de protection, alors elle est menac\u00e9e &#8211; le paradoxe de l&rsquo;\u00abApologie&#8230;\u00bb surgit, ce que Pascal lui-m\u00eame ressentait. Le \u00abchemin de la raison\u00bb, avec sa logique et ses arguments, ne peut pas conduire \u00e0 la vraie foi, mais peut servir un objectif auxiliaire: troubler la paix des non-croyants, \u00abameublir le sol\u00bb pour l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;un int\u00e9r\u00eat pour les questions de foi, etc. ., pour autant que la raison ne d\u00e9passe pas les limites de sa comp\u00e9tence . C\u2019est en vain que Voltaire, \u00e9ternel ennemi id\u00e9ologique de Pascal, \u00abs\u2019est moqu\u00e9\u00bb de son fameux \u00abargument du pari\u00bb, le jugeant \u00e0 la fois \u00abenfantin\u00bb et frivole, ne correspondant pas \u00e0 l\u2019importance du sujet. Cet argument, bien s\u00fbr, ne peut pas conduire \u00e0 la foi, mais il est tout \u00e0 fait capable de \u00ab\u00e9branler\u00bb la position d&rsquo;un incroyant: si une vie terrestre finie et malheureuse est \u00abhypoth\u00e9qu\u00e9e\u00bb, alors on peut \u00abgagner\u00bb l&rsquo;infinit\u00e9 d&rsquo;une vie heureuse avec Dieu, et en cas de \u00abperte\u00bb &#8211; rien \u00e0 perdre. De plus, estime Pascal, la raison sauve l\u2019homme de la \u00absuperstition\u00bb, qui oppose la foi \u00e0 la raison et pr\u00e9sente la religion sous un \u00abjour absurde et ridicule\u00bb, alors qu\u2019elle devrait \u00eatre \u00absaine et compr\u00e9hensible\u00bb. Il existe une opinion selon laquelle Pascal, en tant que scientifique, \u00aba souffert d&rsquo;un manque de preuves de foi\u00bb et a \u00e9crit les \u00abApologies\u2026\u00bb pour lui-m\u00eame (voir 7: 286). Mais il a une position tr\u00e8s r\u00e9fl\u00e9chie dans laquelle \u00abtout\u00bb a sa place. Pascal a sa propre \u00abvoie particuli\u00e8re\u00bb vers la religion, bien qu\u2019il ait formellement, par l\u2019interm\u00e9diaire de Port-Royal, appartenu au mouvement jans\u00e9niste du catholicisme, condamn\u00e9 par le Vatican comme une \u00ab h\u00e9r\u00e9sie \u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le monde de pens\u00e9e de Pascal a eu une \u00e9norme influence sur toute la culture ult\u00e9rieure. L\u00e9on Tolsto\u00ef l&rsquo;a qualifi\u00e9 de \u00abma\u00eetre d&rsquo;humanit\u00e9\u00bb et l&rsquo;a qualifi\u00e9 de \u00abphilosophe-proph\u00e8te qui voit la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 travers les t\u00eates des si\u00e8cles\u00bb. Pascal a anticip\u00e9 un certain nombre d&rsquo;id\u00e9es de Leibniz, P. Bayle, Rousseau, Helv\u00e9tius, Kant, Schopenhauer, Scheler et bien d&rsquo;autres. etc. Les existentialistes font remonter leur philosophie \u00e0 Pascal. Sa \u00abm\u00e9taphysique et sa religion du c\u0153ur\u00bb sont particuli\u00e8rement proches de la culture russe. Florensky a trouv\u00e9 chez Pascal \u00abune affinit\u00e9 particuli\u00e8re avec l\u2019Orthodoxie\u00bb.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Pascal B.<\/em>\u00a0Pens\u00e9es \/ Trans. Ginzburg Yu. A.M., 1995.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2. Pascal B.<\/em>\u00a0\u00c0 propos de l&rsquo;esprit g\u00e9om\u00e9trique et de l&rsquo;art de persuader \/\/ Streltsova G. Ya. Pascal et la culture europ\u00e9enne. Applications. M., 1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Pascal B.<\/em>\u00a0Conversation avec de Sacy \u00e0 propos d&rsquo;\u00c9pict\u00e8te et de Montaigne \/\/ Ibid.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Pascal B.<\/em>\u00a0Lettres \u00e0 un provincial. Saint-P\u00e9tersbourg, 1898.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Pascal V.<\/em>\u00a0Oeuvres compl\u00e8tes [par L. Lafuma]. P., 1963.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Streltsova G. Ya<\/em>\u00a0Pascal (Penseurs du pass\u00e9). M., 1979.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Streltsova G. Ya<\/em>\u00a0Pascal et la culture europ\u00e9enne. M., 1994.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Blaise Pascal est n\u00e9 en 1623 \u00e0 Clermont-Ferrand dans la famille du conseiller royal de la circonscription financi\u00e8re et fiscale d&rsquo;Auvergne, Etienne Pascal, et de la fille d&rsquo;un juge local, Antoinette Begon, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e alors que son fils n&rsquo;avait que deux ans et demi \u00e2g\u00e9 d&rsquo;un an et demi. La famille de Pascal appartenait \u00e0 la \u00abnoblesse de robe\u00bb judiciaire. Le p\u00e8re de Pascal,&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/12\/pascal\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":784,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,182],"tags":[96,124,125,126,123],"class_list":{"0":"post-592","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofianovogovremeni","9":"tag-espace","10":"tag-infini","11":"tag-mouvement","12":"tag-nombre","13":"tag-temps"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/592","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=592"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/592\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":934,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/592\/revisions\/934"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/784"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=592"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=592"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=592"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}