{"id":599,"date":"2024-06-21T19:18:34","date_gmt":"2024-06-21T16:18:34","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=599"},"modified":"2025-11-20T20:14:07","modified_gmt":"2025-11-20T17:14:07","slug":"locke","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/locke\/","title":{"rendered":"John Locke. Id\u00e9es et capacit\u00e9 de raisonnement"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">John Locke est n\u00e9 \u00e0 Wrington en 1632. Apr\u00e8s avoir obtenu son dipl\u00f4me d&rsquo;Oxford en 1656, il reste \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 et choisit par la suite de se sp\u00e9cialiser en m\u00e9decine. Un concours de circonstances lui permet de s&rsquo;installer \u00e0 Londres en 1667 et de devenir m\u00e9decin personnel et secr\u00e9taire du comte de Shaftesbury, membre du gouvernement, chef du parti Whig au Parlement, ce qui, \u00e0 son tour, lui ouvre un large champ pour que Locke travaille dans le domaine du service public, participe \u00e0 la politique et \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 scientifique &#8211; Locke devient un membre actif de la Royal Society, l&rsquo;Acad\u00e9mie anglaise des sciences. L&rsquo;opposition ouverte de Shaftesbury au roi et sa mort ult\u00e9rieure ont forc\u00e9 Locke \u00e0 \u00e9migrer en Hollande en 1683. En Hollande, Locke acheva son principal ouvrage philosophique, An Essay Concerning Human Understanding, et le publia en Angleterre en 1690, apr\u00e8s son retour. Parall\u00e8lement, il publie anonymement \u00abDeux trait\u00e9s sur le gouvernement\u00bb, contenant sa philosophie politique, et \u00abMessage sur la tol\u00e9rance\u00bb, sur lequel il a travaill\u00e9 les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Plus tard, les trait\u00e9s \u00abPens\u00e9es sur l&rsquo;\u00e9ducation\u00bb (1693) et \u00abLe caract\u00e8re raisonnable du christianisme\u00bb (1695) sont sortis de sa plume. Locke est mort en 1704.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-v-philosophie-des-temps-nouveaux-chapitre-7-locke\/lokk230624\/\" rel=\"attachment wp-att-793\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-793\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/lokk230624.jpg\" alt=\"\" width=\"640\" height=\"425\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/lokk230624.jpg 640w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/lokk230624-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Th\u00e9orie de la connaissance.<\/strong> Les vues philosophiques de Locke repr\u00e9sentent le d\u00e9veloppement d&rsquo;une m\u00e9thodologie empirique de la connaissance bas\u00e9e sur le nominalisme et le sensationnalisme. Le principe de l&#8217;empirisme s\u00e9pare l&rsquo;esprit humain et l&rsquo;existence en tant qu&rsquo;objet de connaissance, ce qui rend le processus de connaissance \u00e9galement d\u00e9pendant \u00e0 la fois de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;esprit et de l&rsquo;impact de la r\u00e9alit\u00e9 sur les sens humains. En r\u00e9fl\u00e9chissant sur ce principe de l&#8217;empirisme, Locke se concentre sur le contenu et l&rsquo;activit\u00e9 de notre esprit, en se tournant principalement vers les donn\u00e9es imm\u00e9diates de notre conscience. Pour lui, c\u2019est ce qu\u2019il appelle des id\u00e9es. Une id\u00e9e est \u00abtout ce qui fait l&rsquo;objet de la pens\u00e9e humaine\u00bb, tout \u00abce dont l&rsquo;\u00e2me peut s&rsquo;occuper pendant la pens\u00e9e\u00bb (1:1, 95).<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 son tour, la capacit\u00e9 de comprendre, que le philosophe anglais explore dans son ouvrage principal, s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre non seulement une caract\u00e9ristique g\u00e9n\u00e9rique d&rsquo;une personne, investie en elle par Dieu, mais est consid\u00e9r\u00e9e par Locke comme la propri\u00e9t\u00e9 de chaque personne individuellement. Cette approche non seulement renforce la limitation originelle de la cognition humaine \u00e0 la sph\u00e8re de l\u2019exp\u00e9rience, mais rend \u00e9galement le d\u00e9veloppement m\u00eame de la capacit\u00e9 de comprendre d\u00e9pendant de l\u2019exp\u00e9rience. \u00abJe ne vois donc aucune raison de croire que l&rsquo;\u00e2me pense avant que les sens ne lui fournissent des id\u00e9es pour penser\u00bb (1:1, 166). Avant cela, notre esprit est une \u00abarmoire vide\u00bb, ou une \u00abardoise vierge\u00bb, tabula rasa. Notre \u00e2me ne pense pas constamment, puisque la pens\u00e9e n&rsquo;exprime pas l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00e2me, mais seulement la mani\u00e8re dont elle agit. L&rsquo;esprit agit toujours dans le cadre de ces conditions d\u00e9termin\u00e9es par l&rsquo;exp\u00e9rience. Ce n&rsquo;est donc pas un hasard si Locke insiste sur la reconnaissance des limites de notre connaissance \u00e0 tous \u00e9gards et consid\u00e8re que sa t\u00e2che est pr\u00e9cis\u00e9ment de clarifier jusqu&rsquo;o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tendent les possibilit\u00e9s de la connaissance humaine et o\u00f9 elles finissent, afin que l&rsquo;homme ne gaspille pas son \u00e9nergie dans vain de savoir ce qui ne peut \u00eatre connu, mais se tournerait vers la recherche et l&rsquo;am\u00e9lioration des capacit\u00e9s humaines.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;avantage de cette approche est que chaque personne a la possibilit\u00e9 de g\u00e9rer de mani\u00e8re autonome le d\u00e9roulement de son activit\u00e9 cognitive et d&rsquo;en g\u00e9rer les r\u00e9sultats. La compr\u00e9hension en tant que propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un individu pr\u00e9suppose que notre esprit est ind\u00e9pendant de toute circonstance ext\u00e9rieure, \u00e0 l&rsquo;exception de notre exp\u00e9rience. Locke ne fait une exception que pour deux choses: la connaissance intuitive de notre propre existence et la compr\u00e9hension rationnelle de l&rsquo;existence de Dieu; tout le reste doit avoir sa source dans des choses ext\u00e9rieures \u00e0 l&rsquo;esprit; Tout d\u2019abord, cela concerne le contenu de notre esprit. Ce contenu est constitu\u00e9 d&rsquo;id\u00e9es individuelles, et ces id\u00e9es font partie de l&rsquo;exp\u00e9rience individuelle d&rsquo;une personne. De telles id\u00e9es, qui feraient partie int\u00e9grante de l\u2019esprit lui-m\u00eame et seraient, en ce sens, des id\u00e9es inn\u00e9es \u00e0 chaque personne, Locke les rejette cat\u00e9goriquement. Il n\u2019existe pas d\u2019id\u00e9es inn\u00e9es ni de principes moraux inn\u00e9s qui conf\u00e8rent \u00e0 tous les m\u00eames connaissances et principes moraux pr\u00e9-donn\u00e9s. Aucune des propositions qui semblent \u00e9videntes ou absolument vraies \u00e0 notre esprit, telles que \u00able tout est plus grand que la partie\u00bb, \u00abce qui est, est\u00bb, ou \u00abil est impossible que quelque chose soit et ne soit pas en m\u00eame temps\u00bb, est partag\u00e9 par tous sans exception. Ces dispositions sont inconnues des enfants, des idiots et des personnes sans instruction. On ne peut pas soutenir que tous les hommes ont la m\u00eame et claire id\u00e9e d&rsquo;identit\u00e9 ou l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;impossibilit\u00e9, qui sont incluses dans les propositions ci-dessus, et ce qui est reconnu comme inn\u00e9 ne peut pas lui-m\u00eame \u00eatre constitu\u00e9 d&rsquo;id\u00e9es non inn\u00e9es. Il n\u2019existe pas d\u2019id\u00e9e inn\u00e9e de Dieu, et m\u00eame un accord universel avec cette id\u00e9e ne prouverait pas son caract\u00e8re inn\u00e9. Le fait que l\u2019esprit arrive ult\u00e9rieurement \u00e0 ces id\u00e9es ne prouve pas leur caract\u00e8re inn\u00e9, bien au contraire, selon Locke. Ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme inn\u00e9 ne fait que r\u00e9p\u00e9ter la mani\u00e8re dont toutes les id\u00e9es nous viennent g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 l\u2019esprit, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 travers l\u2019exp\u00e9rience. Il n&rsquo;y a aucune raison de parler de leur caract\u00e8re inn\u00e9, d&rsquo;autant plus que nous n&rsquo;avons pas de crit\u00e8re qui nous permettrait de s\u00e9parer les id\u00e9es inn\u00e9es des id\u00e9es non inn\u00e9es, ce qui nous oblige soit \u00e0 reconna\u00eetre comme inn\u00e9 tout le contenu de nos connaissances, soit \u00e0 abandonner le caract\u00e8re inn\u00e9 des id\u00e9es. Il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de se tourner vers l&rsquo;exemple des aborig\u00e8nes des \u00eeles lointaines pour \u00eatre convaincu de la diff\u00e9rence frappante qui existe entre les gens dans leurs connaissances et leurs concepts et id\u00e9es sur le m\u00eame Dieu, ou la m\u00eame moralit\u00e9, ou toute autre chose. Dieu a plac\u00e9 en nous uniquement le d\u00e9sir du bonheur, mais notre d\u00e9sir du bien est notre inclination et non le r\u00e9sultat de principes moraux inn\u00e9s dans notre esprit. Autrement, aucune position th\u00e9orique ou pratique n\u2019aurait besoin d\u2019\u00eatre prouv\u00e9e, mais serait partag\u00e9e d\u2019avance par tous. L&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;inn\u00e9it\u00e9 est plut\u00f4t le r\u00e9sultat de l&rsquo;accoutumance humaine aux connaissances existantes. L&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;essence humaine ne r\u00e9side pas dans le contenu de la connaissance, mais exclusivement dans l&rsquo;esprit individuel libre,qui appartient \u00e0 une personne adulte, ind\u00e9pendante et \u00e9clair\u00e9e. \u00abLes gens doivent penser et savoir par eux-m\u00eames\u00bb (1:1, 150).<\/p>\n<p align=\"justify\">Chaque personne adulte rationnelle est dot\u00e9e par Locke de la capacit\u00e9 d&rsquo;acqu\u00e9rir de mani\u00e8re ind\u00e9pendante des id\u00e9es en tant que contenu de son propre esprit. Si ce n\u2019est l\u2019esprit lui-m\u00eame, alors le contenu de la conscience humaine devient la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e d\u2019une personne dans la mesure o\u00f9 il est acquis individuellement et strictement par l\u2019exp\u00e9rience. Avant que quoi que ce soit puisse entrer dans l\u2019esprit humain, cela doit passer par une exp\u00e9rience humaine individuelle. Il n&rsquo;y a rien dans l&rsquo;esprit qui n&rsquo;\u00e9tait auparavant dans les sentiments &#8211; c&rsquo;est le postulat g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;empirisme et de la philosophie lock\u00e9enne en particulier. La prochaine question naturelle qui se pose devant l&rsquo;esprit est de savoir comment ces id\u00e9es p\u00e9n\u00e8trent dans l&rsquo;esprit humain et quel est le r\u00f4le des sensations et des autres facult\u00e9s humaines.<\/p>\n<p align=\"justify\">Locke accepte le principe r\u00e9aliste selon lequel certaines choses existent en dehors de nous. Car \u00abil y a une diff\u00e9rence \u00e9vidente entre les id\u00e9es d\u00e9pos\u00e9es dans ma m\u00e9moire&#8230; et celles qui s&rsquo;imposent \u00e0 moi et auxquelles je ne peux \u00e9chapper. Il doit donc certainement y avoir une cause ext\u00e9rieure et une forte influence d\u2019objets ext\u00e9rieurs \u00e0 nous (\u00e0 laquelle je ne peux pas r\u00e9sister) qui am\u00e8nent ces id\u00e9es dans mon esprit, que je le veuille ou non\u00bb (1:2, 111). Seules ces derni\u00e8res id\u00e9es sont accompagn\u00e9es de sentiments de douleur ou de plaisir ; leur r\u00e9alit\u00e9 est \u00e9galement confirm\u00e9e par l&rsquo;\u00e9vidence conjointe de divers sentiments. Nos sensations sont la seule base pour tirer des conclusions sur l&rsquo;existence de choses et d&rsquo;autres \u00eatres ext\u00e9rieurs \u00e0 nous, mais cela suffit pour notre vie. \u00abNos capacit\u00e9s ne sont pas adapt\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ensemble du domaine de l&rsquo;existence et non \u00e0 une connaissance parfaite, claire et \u00e9tendue des choses, libre de tout doute et h\u00e9sitation, mais \u00e0 la pr\u00e9servation de nous, c&rsquo;est-\u00e0-dire de ceux qui les poss\u00e8dent; et ils sont adapt\u00e9s aux besoins de la vie et servent bien nos objectifs, s&rsquo;ils nous donnent seulement une connaissance fiable de ce qui nous convient ou ne nous convient pas. Celui qui voit une bougie allum\u00e9e et a exp\u00e9riment\u00e9 la puissance de sa flamme en y mettant son doigt ne doutera pas particuli\u00e8rement qu&rsquo;il existe en dehors de lui quelque chose qui lui cause du mal et une douleur intense. Et une telle confiance est suffisante lorsque, pour contr\u00f4ler ses propres actions, on n\u2019a pas besoin d\u2019une confiance plus grande que la fiabilit\u00e9 de ces actions elles-m\u00eames. Et au-del\u00e0 de cela, nous ne nous soucions ni de la connaissance ni de l&rsquo;\u00eatre. Une telle confiance dans l\u2019existence des choses ext\u00e9rieures \u00e0 nous est suffisante pour nous diriger vers le bien et \u00e9viter le mal que nous tirons des choses, et c\u2019est l\u00e0 l\u2019importance de notre connaissance des choses\u00bb (1:2, 113-114).<\/p>\n<p align=\"justify\">La s\u00e9paration de la raison de l&rsquo;existence d&rsquo;autres choses mat\u00e9rielles pr\u00e9suppose la possibilit\u00e9 de leur connexion au cours de leur communication \u00e0 travers les sens, ce qui \u00e9tablit dans la philosophie lock\u00e9enne, famili\u00e8re \u00e0 nos id\u00e9es quotidiennes, la diff\u00e9rence entre l&rsquo;exp\u00e9rience externe et interne. L&rsquo;exp\u00e9rience externe s&rsquo;acquiert par l&rsquo;influence de choses ext\u00e9rieures sur nos sens et g\u00e9n\u00e8re en nous diverses sensations (\u00ab\u00e9videmment, par pouss\u00e9e &#8211; la seule fa\u00e7on possible pour nous d&rsquo;imaginer les effets des corps\u00bb (1:1, 185)). L&rsquo;exp\u00e9rience int\u00e9rieure na\u00eet en nous \u00e0 travers la r\u00e9flexion sur l&rsquo;activit\u00e9 de notre \u00e2me. Dans les deux cas, nous acqu\u00e9rons ainsi des id\u00e9es simples, comme les appelle Locke, qui sont produites en nous par une influence imm\u00e9diate sur notre \u00e2me. Ces id\u00e9es simples constituent pour ainsi dire une mati\u00e8re premi\u00e8re pour l&rsquo;activit\u00e9 de notre \u00e2me, qui est ensuite soumise \u00e0 un traitement ult\u00e9rieur. Les id\u00e9es simples se transforment en id\u00e9es complexes en les combinant de diff\u00e9rentes mani\u00e8res sous l&rsquo;influence de l&rsquo;activit\u00e9 de notre esprit. C&rsquo;est ainsi que naissent divers types d&rsquo;id\u00e9es complexes, dont la responsabilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9mergence incombe \u00e0 notre esprit lui-m\u00eame et, par cons\u00e9quent, leur connaissance n&rsquo;est possible qu&rsquo;avec un faible degr\u00e9 de fiabilit\u00e9. Cette activit\u00e9 se d\u00e9veloppe dans trois directions. Selon Locke, nous pouvons relier diverses id\u00e9es simples entre elles, formant ainsi des id\u00e9es complexes de substances et de modes. Nous pouvons \u00e9galement \u00e9tablir certaines relations entre les id\u00e9es sans les relier en quelque chose d&rsquo;unifi\u00e9 &#8211; c&rsquo;est ainsi que naissent les id\u00e9es de relations. Enfin, nous pouvons \u00eatre distraits de certaines circonstances de lieu et de temps, faire abstraction de certaines id\u00e9es d&rsquo;autres et cr\u00e9er des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales et abstraites.<\/p>\n<p align=\"justify\">La division de Locke en exp\u00e9rience externe et interne implique \u00e9galement la division traditionnelle en qualit\u00e9s primaires et secondaires des choses. Parmi les qualit\u00e9s des choses que nous apprenons par l&rsquo;exp\u00e9rience et leur influence active sur nous, il faut distinguer celles qui sont directement responsables des sensations qu&rsquo;elles provoquent en nous, les qualit\u00e9s de similitude, comme les appelle Locke, et ces qualit\u00e9s qui prennent leur nature sp\u00e9cifique en raison de la r\u00e9fraction dans notre \u00e2me ou dans nos sensations. Locke consid\u00e8re la forme, l&rsquo;extension, le mouvement et le repos, le nombre et la densit\u00e9 comme des qualit\u00e9s primordiales. Il accorde une attention particuli\u00e8re \u00e0 la densit\u00e9, qui cr\u00e9e la force qui donne aux corps un impact sur nos organes sensoriels et, \u00e0 travers les \u00abesprits animaux\u00bb et les nerfs, apporte des sensations au cerveau. Contrairement aux qualit\u00e9s primaires, les qualit\u00e9s secondaires, telles que la couleur, le son, le go\u00fbt, sont ressenties par un seul organe sensoriel, alors que nous pouvons percevoir la forme \u00e0 la fois avec nos yeux et par notre toucher. Ils sont provoqu\u00e9s en nous par le mouvement actif des plus petites particules mat\u00e9rielles inaccessibles \u00e0 nos sens et acqui\u00e8rent donc une apparence particuli\u00e8re. Les id\u00e9es de qualit\u00e9s primaires sont semblables aux choses elles-m\u00eames, mais les id\u00e9es secondaires ne le sont pas.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les substances (par exemple, une personne, un mouton, un plomb) sont des id\u00e9es si complexes qui unissent diverses id\u00e9es simples (formes, couleurs, duret\u00e9) autour d&rsquo;une id\u00e9e de substance et dont la connaissance n\u00e9cessite le respect de leurs prototypes r\u00e9els et existants ind\u00e9pendamment donn\u00e9 dans notre exp\u00e9rience, contrairement aux id\u00e9es complexes de modes (par exemple, une douzaine est une combinaison d&rsquo;id\u00e9es simples d&rsquo;une seule, la beaut\u00e9 est une combinaison de l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;admiration avec une certaine forme et couleur), o\u00f9 seules la connexion et la correspondance d&rsquo;id\u00e9es sont n\u00e9cessaires et o\u00f9 une grande vari\u00e9t\u00e9 de combinaisons d&rsquo;id\u00e9es est possible, d\u00e9passant le cadre des donn\u00e9es exp\u00e9rimentales. Dans la connaissance des id\u00e9es de modes, nous pouvons atteindre un degr\u00e9 suffisant de clart\u00e9 et de pr\u00e9cision, car elles concernent les relations et les connexions des id\u00e9es elles-m\u00eames, comme le montre notre connaissance math\u00e9matique (nous avons des id\u00e9es claires et claires sur certains nombres, p\u00e9riodes de temps et l&rsquo;espace, nous pouvons construire l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un temps infiniment durable et d&rsquo;un espace en expansion infinie, mais nous n&rsquo;avons aucune id\u00e9e claire de l&rsquo;infini ou de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9 r\u00e9elle), et, comme le croit Locke, nous pouvons essayer d&rsquo;atteindre l&rsquo;objectif m\u00eame clart\u00e9 par rapport \u00e0 nos id\u00e9es morales. Comprendre les id\u00e9es souvent obscures sur les substances est particuli\u00e8rement difficile. Alors que dans le domaine de la connaissance de l\u2019existence des substances, la science n\u2019est gu\u00e8re possible, puisque cette connaissance repose uniquement sur l\u2019exp\u00e9rience. Cela \u00ab me fait soup\u00e7onner que la philosophie naturelle ne peut pas devenir une science \u00bb (1 : 2, 124), et ici les scientifiques sont confront\u00e9s \u00e0 un chemin long et laborieux de connaissances exp\u00e9rimentales et peu fiables, bien que Locke exprime des doutes sur la possibilit\u00e9 que nous ayons des id\u00e9es claires sur la question. substance mat\u00e9rielle ou spirituelle, n\u00e9anmoins, il n&rsquo;entend pas abandonner l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de substance. La substance est l&rsquo;id\u00e9e de la coexistence de qualit\u00e9s \u00abdans un substrat inconnu, qui a re\u00e7u de nous le nom de \u00absubstance\u00bb\u00bb (1:2, 60). De plus, il ne remet pas en question la diff\u00e9rence entre les choses mat\u00e9rielles, d&rsquo;une part, et l&rsquo;activit\u00e9 spirituelle, d&rsquo;autre part, bien qu&rsquo;il ne consid\u00e8re pas possible de tirer des conclusions d\u00e9finitives quant \u00e0 l&rsquo;existence de la mati\u00e8re pensante ou \u00e0 la capacit\u00e9 de la mati\u00e8re non pensante cr\u00e9er quelque chose en pensant. La certitude intuitive de notre propre existence spirituelle suffit \u00e0 Locke pour assurer l&rsquo;unit\u00e9 du processus de connaissance au sein de chaque individu et en m\u00eame temps pour parvenir \u00e0 une connaissance g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 travers les id\u00e9es. Au-del\u00e0 de ce cadre, Locke proclame fermement les principes du nominalisme. \u00abLa validit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale ne peut \u00eatre trouv\u00e9e que dans nos id\u00e9es. Lorsque nous la cherchons ailleurs, dans l&rsquo;exp\u00e9rience ou dans des observations ext\u00e9rieures \u00e0 nous, notre connaissance ne d\u00e9passe pas l&rsquo;individu. La seule consid\u00e9ration de nos propres id\u00e9es abstraites peut nous donner une connaissance g\u00e9n\u00e9rale\u00bb (1:2, 69).<\/p>\n<p align=\"justify\">Les noms communs sont des signes d\u2019id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, les noms simples sont des signes d\u2019id\u00e9es simples. Les mots sont arbitrairement faits signes d&rsquo;id\u00e9es: \u00abl&rsquo;usage des mots consiste en ce qu&rsquo;ils sont des signes sensoriels d&rsquo;id\u00e9es, et les id\u00e9es qu&rsquo;ils d\u00e9signent repr\u00e9sentent leur sens r\u00e9el et imm\u00e9diat. Les mots sont des signes sensoriels des id\u00e9es de celui qui les utilise\u00bb (1:1, 462). \u00ab\u00c0 cet \u00e9gard, savants et ignorants, savants et ignorants, tous utilisent leurs mots (avec un certain sens) de la m\u00eame mani\u00e8re. Dans la bouche de chaque personne, les mots d\u00e9signent les id\u00e9es qu&rsquo;il a et qu&rsquo;il aimerait exprimer avec eux. Les gens supposent que leurs mots sont des signes d&rsquo;id\u00e9es dans l&rsquo;esprit des autres personnes avec lesquelles ils communiquent, car ils parleraient en vain et ne pourraient pas \u00eatre compris si les sons qu&rsquo;ils utilisent pour une id\u00e9e \u00e9taient utilis\u00e9s par l&rsquo;auditeur pour une autre. voulez-vous parler en deux langues\u00bb (1:1, 463). \u00abDeuxi\u00e8mement, (les mots) font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des choses r\u00e9elles. D\u00e9sireux d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme parlant non seulement de quelque chose qui n\u2019est que leur imagination, mais des choses telles qu\u2019elles existent r\u00e9ellement, les gens supposent souvent que leurs mots d\u00e9signent aussi des choses r\u00e9elles\u00bb (1:1, 464).<\/p>\n<p align=\"justify\">Toutes les id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales sont form\u00e9es en excluant les propri\u00e9t\u00e9s individuelles des choses, donc \u00able g\u00e9n\u00e9ral et l&rsquo;universel ne se rapportent pas \u00e0 l&rsquo;existence r\u00e9elle des choses, mais sont invent\u00e9s et cr\u00e9\u00e9s par l&rsquo;esprit pour son propre usage et ne concernent que des signes &#8211; des mots ou des id\u00e9es\u00bb (1:1, 471). \u00abLa connaissance n&rsquo;est que la perception de la connexion et de la correspondance ou de l&rsquo;incoh\u00e9rence et de l&rsquo;incompatibilit\u00e9 de l&rsquo;une de nos id\u00e9es\u00bb (1:2,3). Locke identifie quatre types de correspondance et d&rsquo;incoh\u00e9rence: 1) l&rsquo;identit\u00e9 ou la diff\u00e9rence, 2) la relation, c&rsquo;est-\u00e0-dire la perception de la relation entre les id\u00e9es, 3) l&rsquo;existence ou la non-existence conjointe dans le m\u00eame objet, 4) l&rsquo;existence r\u00e9elle correspondant \u00e0 une id\u00e9e. En g\u00e9n\u00e9ral, nos connaissances peuvent exister sous trois types, selon Locke, ou avoir trois degr\u00e9s de fiabilit\u00e9: il s&rsquo;agit d&rsquo;une connaissance intuitive (directe, sans autres id\u00e9es) de notre propre existence, d&rsquo;une connaissance m\u00e9di\u00e9e par d&rsquo;autres id\u00e9es, utilisant des preuves rationnelles, et d&rsquo;une connaissance sensorielle. connaissance de l&rsquo;existence des choses individuelles.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la th\u00e9orie de la connaissance de Locke est une combinaison d&rsquo;un certain nombre de principes intuitifs h\u00e9rit\u00e9s par Locke de la m\u00e9taphysique pr\u00e9c\u00e9dente avec le d\u00e9sir commun des philosophes empiriques de nettoyer notre esprit des impuret\u00e9s ext\u00e9rieures et de nous renforcer sur une approche purement analytique du domaine de la connaissance. notre exp\u00e9rience donn\u00e9e et, par cons\u00e9quent, elle offre un certain nombre de distinctions sur lesquelles elle se fonde : exp\u00e9rience externe et exp\u00e9rience interne, qualit\u00e9s primaires et secondaires, substances et relations, substances et forces. Le caract\u00e8re compromis de ces vues a tr\u00e8s vite permis de les soumettre \u00e0 des critiques \u00e0 la fois du point de vue du rationalisme, ce qui a \u00e9t\u00e9 fait par Leibniz, et du point de vue d&rsquo;un empirisme plus coh\u00e9rent, comme l&rsquo;ont fait Berkeley et Hume. Cependant, de son autre c\u00f4t\u00e9, celui des opinions morales et politiques, la philosophie de Locke s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e beaucoup plus stable et a donn\u00e9 une impulsion \u00e0 un certain nombre de concepts politiques qui, sans exag\u00e9ration, ont eu une \u00e9norme influence sur le cours de l&rsquo;histoire europ\u00e9enne : Les cr\u00e9ateurs de la D\u00e9claration d\u2019ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine et de la Constitution am\u00e9ricaine citent en fait Locke, parlant de l\u2019\u00e9galit\u00e9 de tous et de la reconnaissance de leurs droits \u00e9gaux \u00e0 \u00abla vie, \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la recherche du bonheur\u00bb. Dans une certaine mesure, les id\u00e9es de Locke ont d\u00e9termin\u00e9 les principes de la d\u00e9mocratie, incarn\u00e9s plus tard lors de la Grande R\u00e9volution fran\u00e7aise du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie politique. \u00c9tat naturel.<\/strong> Dans son interpr\u00e9tation du concept d\u2019\u00ab\u00e9tat de nature\u00bb, Locke diff\u00e8re consid\u00e9rablement de Hobbes. La libert\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 compl\u00e8tes des personnes dans l&rsquo;\u00e9tat de nature dues \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 naturelle sont compl\u00e9t\u00e9es par la pr\u00e9sence du droit naturel, qui op\u00e8re et affirme les droits naturels \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9. En tant que cr\u00e9ations de Dieu, nous sommes tous cr\u00e9\u00e9s \u00e9gaux, et personne n&rsquo;a de droits politiques, ni de pouvoir sur les autres, ni le droit de se suicider ou de suicider autrui. La raison nous r\u00e9v\u00e8le cette loi naturelle de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 et du respect des droits d&rsquo;autrui. \u00abL\u2019\u00e9tat de nature a une loi de la nature qui le r\u00e9git et qui s\u2019impose \u00e0 tous; et la raison, qui est cette loi, enseigne \u00e0 tous les hommes qui la consid\u00e8rent que, comme tous les hommes sont \u00e9gaux et ind\u00e9pendants, aucun d&rsquo;eux ne doit porter atteinte \u00e0 la vie, \u00e0 la sant\u00e9, \u00e0 la libert\u00e9 ou \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;autrui ; car tous les hommes ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par un cr\u00e9ateur tout-puissant et infiniment sage\u00bb (1:3, 264-265). Puisque la rationalit\u00e9 de chaque personne n&rsquo;\u00e9tablit pas, mais lui dicte seulement une loi naturelle, cette loi n&rsquo;est pas inn\u00e9e, mais est reconnaissable, comme tout le reste, dans les impressions sensorielles. Le pouvoir d\u2019\u00e9tablir et de faire respecter la loi naturelle appartient \u00e0 toute personne dans l\u2019\u00e9tat de nature. Quiconque cherche \u00e0 soumettre compl\u00e8tement une autre personne \u00e0 son pouvoir entre en guerre avec elle et peut \u00eatre tu\u00e9, tout comme celui qui empi\u00e8te sur la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;autrui, parce qu&rsquo;il limite ainsi sa libert\u00e9. Et tout ce qui porte atteinte \u00e0 la libert\u00e9 naturelle d\u2019autrui \u00e9quivaut \u00e0 une d\u00e9claration de guerre. La propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tat de nature est d\u00e9termin\u00e9e par l\u2019application du travail humain. \u00abLa nature a correctement \u00e9tabli la mesure de la propri\u00e9t\u00e9 en fonction de l&rsquo;\u00e9tendue du travail humain et du confort de la vie\u00bb (1:3, 281), mais l&rsquo;invention de l&rsquo;argent a conduit au fait que le volume de la propri\u00e9t\u00e9 a pu augmenter sans limite.<\/p>\n<p align=\"justify\">Contrairement \u00e0 Hobbes, l&rsquo;\u00e9tat de nature n&rsquo;est pas un \u00e9tat de guerre n\u00e9cessaire et in\u00e9vitable ; la guerre est un cas distinct de recours \u00e0 la force sans loi, mais des affrontements individuels se produisent constamment et conduisent \u00e9galement \u00e0 la guerre. Cette situation, ainsi que les limites \u00e9prouv\u00e9es par les hommes \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat de nature (absence de loi \u00e9tablie, de juge commun et de force suffisante pour administrer avec succ\u00e8s la justice), exigent que la rationalit\u00e9 humaine conclue un accord et transmette au \u00e9tat social. La conscience de la lutte, d&rsquo;une part, et la conscience de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;humanit\u00e9 par l&rsquo;esprit, d&rsquo;autre part, conduisent finalement les gens au consentement et \u00e0 la formation du pouvoir d&rsquo;\u00c9tat. La soci\u00e9t\u00e9 politique na\u00eet du transfert du droit entre les mains de la soci\u00e9t\u00e9 dans tous les cas o\u00f9 cela ne porte pas atteinte \u00e0 la jouissance des droits naturels. Le pouvoir politique est une force qui prot\u00e8ge la propri\u00e9t\u00e9 de chaque citoyen et l\u2019\u00c9tat dans son ensemble contre les menaces ext\u00e9rieures, dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du bien public. Dans le m\u00eame temps, le pouvoir supr\u00eame appartient au peuple et le gouvernement agit en tant que mandataire, recevant du peuple le droit d&rsquo;exercer le pouvoir politique. Le pouvoir de l\u2019\u00c9tat existe dans les limites n\u00e9cessaires au bien commun. Cela impose un certain nombre de restrictions importantes au pouvoir de l\u2019\u00c9tat, selon Locke. Le gouvernement ne peut pas priver une personne de propri\u00e9t\u00e9, ni approuver les imp\u00f4ts sans le consentement de la majorit\u00e9 des citoyens. Le pouvoir ne peut pas contredire les lois de la nature et ne peut pas \u00eatre absolu. Cela doit \u00eatre fond\u00e9 sur la loi et le droit.<\/p>\n<p align=\"justify\">Locke s&rsquo;oppose \u00e0 l&rsquo;affirmation de Hobbes du pouvoir absolu du souverain. Son argument est que le pouvoir absolu du monarque pr\u00e9serve les relations de guerre ou l&rsquo;absence de relations conventionnelles, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9tat de nature, donc une monarchie absolue ne peut pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une soci\u00e9t\u00e9 civile. L\u2019in\u00e9galit\u00e9 d\u2019un monarque est encore pire que l\u2019\u00e9galit\u00e9 de l\u2019\u00e9tat de nature, puisque l\u00e0 au moins une punition r\u00e9ciproque est possible. Locke s\u2019oppose donc \u00e0 la monarchie absolue. Cette disposition s&rsquo;applique g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 tous les fonctionnaires de l&rsquo;\u00c9tat qui ne peuvent se placer au-dessus du peuple ou des citoyens ordinaires en raison de leur position officielle. Vous pouvez \u00e9galement r\u00e9sister aux fonctionnaires s\u2019ils agissent ill\u00e9galement et ainsi d\u00e9clarer la guerre aux autres. Pour cette raison, l&rsquo;homme \u00abne pouvait jouir ni de la s\u00e9curit\u00e9 ni de la paix, ni se consid\u00e9rer comme vivant dans la soci\u00e9t\u00e9 civile, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que le pouvoir l\u00e9gislatif soit plac\u00e9 entre les mains d&rsquo;un corps collectif, qui peut \u00eatre appel\u00e9 le S\u00e9nat, le Parlement\u00bb (1:3, 316).<\/p>\n<p align=\"justify\">La libert\u00e9 dans l\u2019\u00e9tat de nature repose sur la loi de la nature, dans l\u2019\u00c9tat social sur la loi de l\u2019\u00c9tat. Toutes les lois civiles ont leur fondement le plus solide dans la loi de la nature. L\u2019accord avec autrui est une loi de la nature, car le monde est un, comme nous le dit la raison. Nous sommes pouss\u00e9s \u00e0 cette conclusion non pas par le gain personnel, qui peut entrer en conflit avec les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;autrui, mais par la moralit\u00e9, fond\u00e9e sur la loi, et le b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une vie paisible d\u00e9coule de la moralit\u00e9, et ce n&rsquo;est pas la morale qui est fond\u00e9e sur la loi. au b\u00e9n\u00e9fice de l&rsquo;individu.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour entrer dans la soci\u00e9t\u00e9 civile, il faut le consentement de l\u2019individu, puis son consentement volontaire pour ob\u00e9ir \u00e0 la majorit\u00e9. C\u2019est seulement ainsi que na\u00eet le pouvoir l\u00e9gitime de l\u2019\u00c9tat. Locke exprime la conviction que l&rsquo;\u00e9tat de nature a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l&rsquo;existence de toutes les formations \u00e9tatiques au d\u00e9but de l&rsquo;Antiquit\u00e9 et que \u00abtoute formation pacifique d&rsquo;un \u00c9tat avait pour base le consentement du peuple\u00bb (1:3, 328).<\/p>\n<p align=\"justify\">La naissance ne fait pas d&rsquo;une personne un sujet. Cela n\u00e9cessite son consentement explicite ou tacite pour rejoindre la communaut\u00e9 civile \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte. \u00abCe consentement est donn\u00e9 s\u00e9par\u00e9ment un par un\u2026 et non tous ensemble; les gens ne s&rsquo;en aper\u00e7oivent pas et consid\u00e8rent que cela n&rsquo;arrive pas du tout ou que ce n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire, et concluent qu&rsquo;ils sont des sujets par nature, tout comme ils sont des personnes\u00bb (1:3, 330-331). Locke consid\u00e8re l&rsquo;acquisition et l&rsquo;utilisation par une personne de certains biens dans un \u00c9tat donn\u00e9 comme un consentement tacite. Il est important de noter qu&rsquo;une fois le consentement donn\u00e9, il oblige le citoyen \u00e0 \u00ab\u00eatre et rester \u00e9ternellement et invariablement sujet de cet \u00c9tat\u00bb et ainsi le sujet \u00abne pourra plus jamais jouir de la libert\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tat de nature\u00bb (1:3 , 333), sauf dans les cas o\u00f9 le gouvernement lui-m\u00eame viole les droits d&rsquo;un citoyen ou sera d\u00e9truit pour quelque raison que ce soit.<\/p>\n<p align=\"justify\">Puisque d\u00e9j\u00e0 dans l&rsquo;\u00e9tat de nature existe le pouvoir d&rsquo;\u00e9tablir et d&rsquo;appliquer la loi, le droit de sanction, qui est confi\u00e9 \u00e0 toute personne raisonnable, le pouvoir dans la soci\u00e9t\u00e9 civile doit \u00e9galement \u00eatre divis\u00e9 en pouvoir ex\u00e9cutif et l\u00e9gislatif, ainsi que f\u00e9d\u00e9ral, en charge des relations ext\u00e9rieures avec les autres \u00c9tats, des questions de guerre et de paix. Sur cette question, Locke \u00e9tait \u00e9galement en d\u00e9saccord avec Hobbes, pour qui la division du pouvoir signifiait son affaiblissement et \u00e9tait donc contraire aux objectifs de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le pouvoir supr\u00eame et la souverainet\u00e9 appartiennent toujours au peuple, car le but de tout pouvoir r\u00e9side dans le bien du peuple. Lorsqu&rsquo;un \u00c9tat viole ses obligations ou viole ses droits, les citoyens ont le droit de se rebeller contre un gouvernement ill\u00e9gal et injuste, despotique (pouvoir absolu et illimit\u00e9 d&rsquo;une personne sur une autre), usurpateur (pouvoir retir\u00e9 \u00e0 celui \u00e0 qui il appartient de droit) ou tyrannique (pouvoir qui existe en dehors de la loi). Les citoyens qui se rebellent contre les autorit\u00e9s sans avoir une telle base doivent \u00eatre reconnus comme rebelles et criminels.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Le probl\u00e8me de la tol\u00e9rance dans la religion et la morale.<\/strong>\u00a0Tout ce qui ne concerne pas les questions de bien public, \u00e0 savoir les opinions sp\u00e9culatives et la foi en Dieu (\u00e0 l&rsquo;exception des croyances des catholiques, dont la foi pr\u00e9suppose la participation des autorit\u00e9s eccl\u00e9siales aux affaires civiles), est laiss\u00e9 \u00e0 la discr\u00e9tion des citoyens eux-m\u00eames. . Il ne sert \u00e0 rien de changer par la force l\u2019opinion des citoyens, car cela ne fait que conduire \u00e0 la propagation de l\u2019hypocrisie. Il est \u00e9galement raisonnable que l&rsquo;\u00c9tat fasse preuve de tol\u00e9rance envers les vices de ses citoyens qui ne constituent pas une menace pour le bien commun et ne contredisent pas les lois naturelles fondamentales. L\u2019\u00c9tat n\u2019est pas oblig\u00e9 de punir tous les vices, car cela est inappropri\u00e9. Ainsi, dans la philosophie de Locke, la moralit\u00e9 est s\u00e9par\u00e9e de la loi et une personne b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;une plus grande libert\u00e9 dans le choix de son comportement dans sa vie personnelle.<\/p>\n<p align=\"justify\">Locke accorde une attention particuli\u00e8re aux questions de croyances religieuses, ce qui s&rsquo;explique naturellement par l&rsquo;intensit\u00e9 des conflits religieux \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la R\u00e9volution anglaise. Dans un trait\u00e9 sur le caract\u00e8re raisonnable du christianisme, il pr\u00e9conise de r\u00e9duire la foi chr\u00e9tienne anglicane \u00e0 une forme raisonnable que toutes les sectes pourraient accepter. \u00abLa foi n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un accord ferme de l&rsquo;esprit;&#8230; elle ne peut \u00eatre donn\u00e9e que sur une base rationnelle et ne peut donc pas \u00eatre oppos\u00e9e \u00e0 la raison. Celui qui croit sans avoir de raisons de croire se laisse emporter par ses propres fantaisies; mais il ne recherche pas la v\u00e9rit\u00e9, comme il y est oblig\u00e9, et ne remplit pas le devoir d&rsquo;ob\u00e9issance \u00e0 son cr\u00e9ateur, qui veut que l&rsquo;homme utilise ses facult\u00e9s de discernement\u00bb (1:2, 168). Sa position sur les questions de religion pr\u00e9suppose que la coercition de l\u2019\u00c9tat en mati\u00e8re de religion et de salut est inad\u00e9quate, ce qui rend raisonnable la s\u00e9paration de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat et la proclamation d\u2019une tol\u00e9rance religieuse maximale. \u00abLes catholiques disent qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable pour les gens&#8230; d&rsquo;avoir sur terre un juge infaillible pour les questions controvers\u00e9es, et c&rsquo;est pourquoi il y a un tel juge (c&rsquo;est-\u00e0-dire le pape. &#8211; Yu. S.). Pour ma part, sur la m\u00eame base, j&rsquo;affirme qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable pour les gens que chacun soit infaillible&#8230; Et je ne doute pas qu&rsquo;il soit possible de montrer qu&rsquo;avec le bon usage de ses capacit\u00e9s naturelles, une personne, sans tout principe inn\u00e9, peut atteindre la connaissance de Dieu et d&rsquo;autres choses importantes pour lui-m\u00eame\u00bb (1:1, 141). Ainsi, la th\u00e9orie de la connaissance de Locke, qui attribue le r\u00f4le principal \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;esprit de chaque personne individuellement, est en pleine conformit\u00e9 avec sa philosophie politique, qui accorde les droits les plus \u00e9tendus \u00e0 une personne adulte et majeure dans l&rsquo;exercice de ses droits. droits et libert\u00e9s naturels, ainsi qu&rsquo;avec ses opinions religieuses, qui autorisent des diff\u00e9rences significatives entre les personnes en mati\u00e8re de religion et exigent la tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des opinions d&rsquo;autrui qui diff\u00e8rent des n\u00f4tres.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.Locke<\/em>\u00a0J. Oeuvres : En 3 vol. M., 1985-1988.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2. Locke J.<\/em>\u00a0Ouvrages p\u00e9dagogiques. M., 1939.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3.<\/em>\u00a0Les \u0153uvres de John Locke. 10 tomes. L., 1801.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Zaichenko G.A.<\/em>\u00a0John Locke. M., 1988.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Narsky I.S.<\/em>\u00a0La philosophie de John Locke. M., 1960.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Russell B.<\/em>\u00a0Histoire de la philosophie occidentale. Rostov n\/d., 1998. P. 684 &#8211; 731.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Sokolov V.V.<\/em>\u00a0Philosophie d&rsquo;Europe occidentale des XVe-XVIIe si\u00e8cles. M., 1984. S. 402-426.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.<\/em>\u00a0Philosophie de l&rsquo;\u00e8re des premi\u00e8res r\u00e9volutions bourgeoises. M., 1983.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9.Ayers<\/em>\u00a0M. Locke : \u00c9pist\u00e9mologie et ontologie. 2 vol. L., 1991.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10.Dunn J.<\/em>\u00a0La pens\u00e9e politique de John Locke. Cambridge, 1969.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11. Jolley N.<\/em>\u00a0Locke, Sa pens\u00e9e philosophique. Oxford, 1999.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12.Mackie J.<\/em>\u00a0Probl\u00e8mes de Locke. Oxford, 1976.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>13.Yolton J.<\/em>\u00a0John Locke et La voie des id\u00e9es. Oxford, 1956.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>John Locke est n\u00e9 \u00e0 Wrington en 1632. Apr\u00e8s avoir obtenu son dipl\u00f4me d&rsquo;Oxford en 1656, il reste \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 et choisit par la suite de se sp\u00e9cialiser en m\u00e9decine. Un concours de circonstances lui permet de s&rsquo;installer \u00e0 Londres en 1667 et de devenir m\u00e9decin personnel et secr\u00e9taire du comte de Shaftesbury, membre du gouvernement, chef du parti Whig au Parlement, ce&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/locke\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":793,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,182],"tags":[131,132],"class_list":{"0":"post-599","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofianovogovremeni","9":"tag-esprit","10":"tag-sentiments"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/599","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=599"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/599\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":937,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/599\/revisions\/937"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/793"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=599"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=599"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=599"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}