{"id":601,"date":"2024-06-21T19:31:45","date_gmt":"2024-06-21T16:31:45","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=601"},"modified":"2025-11-20T20:14:02","modified_gmt":"2025-11-20T17:14:02","slug":"leibniz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/leibniz\/","title":{"rendered":"Gottfried Wilhelm Leibniz. Math\u00e9matisation des connaissances humaines, calcul philosophique"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Gottfried Wilhelm Leibniz est n\u00e9 \u00e0 Leipzig en 1646. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la science. Apr\u00e8s avoir obtenu son dipl\u00f4me, il poursuit ses \u00e9tudes \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Leipzig (1661 &#8211; 1666) et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;I\u00e9na, o\u00f9 il passe un semestre en 1663. La m\u00eame ann\u00e9e, sous la direction de J. Thomasius, Leibniz d\u00e9fend le travail scientifique \u00abSur le principe d&rsquo;individuation\u00bb (dans un esprit de nominalisme et en anticipant certaines id\u00e9es de sa philosophie mature), ce qui lui a valu un baccalaur\u00e9at. En 1666 \u00e0 Leipzig, il r\u00e9dige une th\u00e8se de philosophie \u00abSur l&rsquo;art combinatoire \u00bb, qui expose l&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er une logique math\u00e9matique, et au d\u00e9but de 1667, il devient docteur en droit, pr\u00e9sentant une th\u00e8se \u00ab Sur des affaires judiciaires alambiqu\u00e9es\u00bb \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Altdorf.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-v-philosophie-des-temps-nouveaux-chapitre-8-leibniz\/leibniz230624\/\" rel=\"attachment wp-att-796\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-796\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/leibniz230624.jpg\" alt=\"\" width=\"512\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/leibniz230624.jpg 512w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/leibniz230624-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 sa carri\u00e8re de professeur d&rsquo;universit\u00e9, Leibniz entre en 1668 au service de l&rsquo;\u00e9lecteur de Mayence. Dans ce service, il accomplit principalement des missions \u00e0 caract\u00e8re juridique, sans toutefois arr\u00eater la recherche scientifique. En 1672, Leibniz arrive \u00e0 Paris en mission diplomatique et y reste jusqu&rsquo;en 1676. Ici, il communique beaucoup avec des scientifiques et des philosophes, travaille sur des probl\u00e8mes math\u00e9matiques et con\u00e7oit un ordinateur, am\u00e9liorant ainsi la machine \u00e0 calculer de Pascal. En 1675, Leibniz cr\u00e9a le calcul diff\u00e9rentiel et int\u00e9gral, publiant les principaux r\u00e9sultats de sa d\u00e9couverte en 1684, avant I. Newton, qui encore plus t\u00f4t que Leibniz \u00e9tait arriv\u00e9 \u00e0 des r\u00e9sultats similaires, mais ne les publia pas (bien que certains d&rsquo;entre eux, apparemment, \u00e9taient connus de Leibniz en priv\u00e9). Par la suite, une longue controverse \u00e9clata \u00e0 ce sujet sur la priorit\u00e9 de la d\u00e9couverte du calcul diff\u00e9rentiel. En 1676, Leibniz, contraint de rechercher des sources de revenus permanentes, entra au service des ducs de Hanovre, ce qui dura une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es. L&rsquo;\u00e9ventail des responsabilit\u00e9s de Leibniz \u00e9tait large &#8211; depuis la pr\u00e9paration de mat\u00e9riaux dynastiques et la recherche d&rsquo;une base pour unir diff\u00e9rentes confessions chr\u00e9tiennes jusqu&rsquo;\u00e0 la conception de pompes pour pomper l&rsquo;eau des mines. La plupart de ses projets ne furent cependant pas achev\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1686, Leibniz cr\u00e9e le \u00abDiscours sur la m\u00e9taphysique\u00bb, qui devient une \u00e9tape importante de son \u0153uvre, puisque c&rsquo;est ici que pour la premi\u00e8re fois il expose de mani\u00e8re assez compl\u00e8te et syst\u00e9matique les principes de son enseignement philosophique, bien que cet ouvrage n&rsquo;ait pas encore de terminologie. l&rsquo;exhaustivit\u00e9, et il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 rendu public qu&rsquo;apr\u00e8s la mort de son auteur. Les quinze derni\u00e8res ann\u00e9es de la vie de Leibniz se r\u00e9v\u00e8lent extr\u00eamement f\u00e9condes sur le plan philosophique. En 1695, il publie un article programmatique \u00abUn nouveau syst\u00e8me de nature et de communication entre les substances, ainsi que la connexion qui existe entre l&rsquo;\u00e2me et le corps\u00bb, qui ne fut pas ignor\u00e9 par la communaut\u00e9 philosophique. En 1705, Leibniz acheva ses travaux sur les \u00abNouveaux essais sur la compr\u00e9hension humaine\u00bb (publi\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en 1765), un commentaire unique sur \u00abl&rsquo;Essai sur la compr\u00e9hension humaine\u00bb de J. Locke, et en 1710 il publia \u00abEssais sur la th\u00e9odic\u00e9e\u00bb, un r\u00e9sum\u00e9 d&rsquo;un vision du monde optimiste, \u00e9crit Monadology (1714), un court trait\u00e9 contenant un r\u00e9sum\u00e9 de sa m\u00e9taphysique. Sa correspondance avec N. Remon et le newtonien S. Clarke est \u00e9galement importante pour comprendre les id\u00e9es ult\u00e9rieures de Leibniz.<\/p>\n<p align=\"justify\">Du vivant de Leibniz, peu de ses \u0153uvres furent publi\u00e9es (il \u00e9crivait principalement en fran\u00e7ais et en latin). Il \u00e9tait n\u00e9anmoins un personnage tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre dans les milieux scientifiques et politiques. Il correspond avec des centaines de personnes diff\u00e9rentes et effectue un travail d&rsquo;organisation important, participant \u00e0 la cr\u00e9ation de plusieurs acad\u00e9mies europ\u00e9ennes des sciences. Cependant, sa mort en 1716 provoqua peu de r\u00e9actions de la part des soci\u00e9t\u00e9s scientifiques, en partie \u00e0 cause des cons\u00e9quences de son litige avec Newton.<\/p>\n<p align=\"justify\">Leibniz \u00e9tait un homme exceptionnellement \u00e9rudit en philosophie et dans de nombreux domaines scientifiques. La plus grande influence sur lui a \u00e9t\u00e9 exerc\u00e9e par les id\u00e9es philosophiques de Descartes, Hobbes, Spinoza, Malebranche, Weyl et d&rsquo;autres, en adoptant certaines id\u00e9es, Leibniz s&rsquo;est fortement dissoci\u00e9 des autres. Leibniz montra \u00e9galement un grand int\u00e9r\u00eat pour l\u2019Antiquit\u00e9 et le Moyen \u00c2ge, ce qui \u00e9tait atypique pour un philosophe moderne. Il appr\u00e9ciait particuli\u00e8rement le concept scolastique de forme substantielle, qui remonte \u00e0 la doctrine de l&rsquo;ent\u00e9l\u00e9chie d&rsquo;Aristote, avec laquelle Leibniz a fait la connaissance lorsqu&rsquo;il \u00e9tait enfant. Mais vers l\u2019\u00e2ge d\u2019une quinzaine d\u2019ann\u00e9es, sous l\u2019influence de la philosophie moderne, il se r\u00e9oriente vers les conceptions m\u00e9canistes et math\u00e9matiques \u00e0 la mode. Cependant, ayant commenc\u00e9 \u00ab\u00e0 rechercher les fondements ultimes du m\u00e9canisme et les lois du mouvement lui-m\u00eame\u00bb, il \u00abfut surpris de constater qu&rsquo;il \u00e9tait impossible de les trouver dans le domaine des math\u00e9matiques et qu&rsquo;il fallait se tourner vers la m\u00e9taphysique\u00bb (1:1, 531). Cela le ramena aux ent\u00e9l\u00e9chies aristot\u00e9liciennes et \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation dynamique de l&rsquo;existence, qui devinrent le c\u0153ur de sa m\u00e9taphysique mature.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Calcul philosophique.<\/strong> Une autre caract\u00e9ristique sp\u00e9cifique de la philosophie de Leibniz, qui s\u2019est manifest\u00e9e d\u00e8s ses d\u00e9buts, \u00e9tait la volont\u00e9 de ce penseur de math\u00e9matiser la connaissance humaine en construisant un \u00abcalcul philosophique\u00bb universel qui permet de r\u00e9soudre m\u00eame les probl\u00e8mes les plus complexes par de simples op\u00e9rations arithm\u00e9tiques. Lorsque des disputes surgissent, les philosophes \u00abn\u2019auraient qu\u2019\u00e0 prendre la plume \u00e0 la main, s\u2019asseoir devant leurs tableaux de comptage et se dire (comme dans une invitation amicale): comptons!\u00bb (1:3, 497). Le calcul philosophique devrait aider \u00e0 la fois \u00e0 la formalisation des connaissances existantes (Leibniz accordait une attention particuli\u00e8re \u00e0 la math\u00e9matisation de la syllogistique) et \u00e0 la d\u00e9couverte de nouvelles v\u00e9rit\u00e9s (faisant un parall\u00e8le avec la logique inductive de Bacon, il croyait que ce calcul pourrait devenir un \u00abNouvel Organon\u00bb), ainsi que dans la d\u00e9finition des degr\u00e9s de probabilit\u00e9 des hypoth\u00e8ses empiriques. La base du calcul philosophique est \u00abl\u2019art de caract\u00e9riser\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire trouver des symboles (Leibniz les consid\u00e9rait sous forme de nombres ou de hi\u00e9roglyphes) correspondant \u00e0 l\u2019essence des choses et les remplacer dans la connaissance.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>M\u00e9thodologie.<\/strong> Leibniz a combin\u00e9 sa recherche innovante des fondements du calcul philosophique, qui n&rsquo;a cependant pas apport\u00e9 de r\u00e9els r\u00e9sultats, avec la construction d&rsquo;une m\u00e9thodologie plus traditionnelle. Sur les questions m\u00e9thodologiques, il a cherch\u00e9 \u00e0 adopter une position \u00e9quilibr\u00e9e, en essayant de concilier des approches oppos\u00e9es. Il jugeait n\u00e9cessaire de combiner les connaissances exp\u00e9rimentales avec des arguments rationnels, l&rsquo;analyse avec la synth\u00e8se, l&rsquo;\u00e9tude des causes m\u00e9caniques avec la recherche de raisons cibles. L&rsquo;attitude de Leibniz \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la position empiriste de J. Locke selon laquelle toutes les id\u00e9es humaines proviennent de l&rsquo;exp\u00e9rience, et le fameux principe \u00abil n&rsquo;y a rien dans l&rsquo;esprit qui n&rsquo;\u00e9tait auparavant dans les sens\u00bb, est r\u00e9v\u00e9lateur. Leibniz le compl\u00e8te par une clause rationaliste: \u00absauf pour la raison elle-m\u00eame\u00bb. L&rsquo;esprit contient des v\u00e9rit\u00e9s inn\u00e9es, non pas sous une forme toute faite, mais sous la forme de certaines pr\u00e9dispositions ou dispositions, qui peuvent \u00eatre compar\u00e9es aux veines d&rsquo;un bloc de marbre le long desquelles un artiste pourrait sculpter une sculpture.<\/p>\n<p align=\"justify\">Descartes a interpr\u00e9t\u00e9 la nature des id\u00e9es inn\u00e9es dans la m\u00eame veine. Mais sa ligne rationaliste est \u00e9galement modifi\u00e9e par Leibniz. Il consid\u00e8re le concept cart\u00e9sien d&rsquo;\u00e9vidence heuristiquement inadapt\u00e9 comme crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 et propose de s&rsquo;appuyer dans la connaissance sur les principes logiques d&rsquo;identit\u00e9 (ou de contradiction) et de raison suffisante.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le principe de \u00abcontradiction ou d\u2019identit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire la proposition selon laquelle une proposition ne peut \u00eatre \u00e0 la fois vraie et fausse, et que, par cons\u00e9quent, A est A et ne peut pas \u00eatre = A\u00bb (1:1, 433) est , selon Leibniz, la formule g\u00e9n\u00e9rale des \u00abv\u00e9rit\u00e9s de la raison\u00bb, dont un exemple est la loi d&rsquo;identit\u00e9 elle-m\u00eame, les axiomes g\u00e9om\u00e9triques, etc. Les v\u00e9rit\u00e9s de la raison sont telles que leur contraire est impossible, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle contient une contradiction et ne peut \u00eatre pens\u00e9 clairement. Ils expriment une n\u00e9cessit\u00e9 \u00ababsolue\u00bb ou \u00abm\u00e9taphysique\u00bb. Les v\u00e9rit\u00e9s de fait, par exemple \u00able soleil se l\u00e8vera demain\u00bb, sont associ\u00e9es \u00e0 une n\u00e9cessit\u00e9 \u00abphysique\u00bb ou \u00abmorale\u00bb et peuvent \u00eatre expliqu\u00e9es \u00e0 partir du principe de \u00abraison suffisante\u00bb, \u00aben vertu duquel nous percevons qu&rsquo;aucun ph\u00e9nom\u00e8ne ne peut \u00eatre vraie ou vraie, aucune affirmation n\u2019est juste sans une raison suffisante pour laquelle les choses sont ainsi et pas autrement\u00bb (1:1, 418). En fait, puisque les v\u00e9rit\u00e9s d\u2019un fait ne sont pas authentiques en elles-m\u00eames et que l\u2019on peut toujours penser le contraire par rapport \u00e0 elles, leur v\u00e9rit\u00e9 doit reposer sur une base externe. Une telle base peut \u00eatre, par exemple, la contemplation de l&rsquo;\u00e9tat actuel des choses ou, si nous ne jugeons pas d&rsquo;un pr\u00e9sent, mais d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement non r\u00e9ellement observ\u00e9, la conformit\u00e9 de cet \u00e9v\u00e9nement avec certaines lois de la nature ou le principe de la le meilleur, ce qui, \u00e0 son tour, peut s&rsquo;expliquer par un fondement plus \u00e9lev\u00e9, \u00e0 savoir Dieu, l&rsquo;\u00eatre tout-parfait. L\u2019une de ses perfections est la bont\u00e9, et si Dieu cr\u00e9ait un monde qui ne r\u00e9pondait pas aux crit\u00e8res du meilleur, il le ferait contrairement \u00e0 sa bonne volont\u00e9. Cependant, il ne peut avoir aucune raison de ne pas suivre cette volont\u00e9. Par cons\u00e9quent, le monde, en tant que cr\u00e9ation d\u2019un Dieu bon, ne peut \u00eatre que le meilleur des mondes possibles.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>L&rsquo;enseignement de Leibniz selon lequel notre monde est le meilleur des mondes possibles<\/strong> a toujours suscit\u00e9 de nombreuses controverses et objections. Pour le clarifier, il est n\u00e9cessaire de clarifier plusieurs points fondamentaux. Tout d\u2019abord, par monde possible, Leibniz entend un certain ensemble de choses dont la pens\u00e9e ne contient pas de contradictions. Tout ce qui n&rsquo;est pas contradictoire est possible. Le nombre de mondes possibles est incalculable. Ces mondes peuvent diff\u00e9rer les uns des autres par deux param\u00e8tres principaux: l&rsquo;ordre et la diversit\u00e9. Ces options ne s\u2019excluent pas mutuellement. Le meilleur monde est celui dans lequel la plus grande diversit\u00e9 se conjugue avec l\u2019ordre le plus \u00e9lev\u00e9. Un tel monde contient l\u2019opportunit\u00e9 et l\u2019harmonie universelle. Ce monde a \u00e9t\u00e9 choisi pour la cr\u00e9ation par un \u00eatre tout bon, Dieu. Mais notre monde est-il vraiment la cr\u00e9ation de Dieu? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question implique la preuve de l\u2019existence de Dieu. Pour ce faire, Leibniz recourt \u00e0 nouveau au principe de raison suffisante et soutient que Dieu est la raison suffisante de notre monde. Le monde existe, mais son existence n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire, ce qui signifie qu&rsquo;il doit avoir une base ext\u00e9rieure, qui s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre Dieu. Leibniz exprime \u00e9galement sa volont\u00e9 de soutenir l\u2019argument ontologique r\u00e9vis\u00e9. Il accepte la logique de cette preuve, qui d\u00e9duit du concept de Dieu comme \u00eatre tout parfait la th\u00e8se selon laquelle un tel \u00eatre ne peut qu&rsquo;exister, car autrement il serait priv\u00e9 de toute perfection, mais note qu&rsquo;une condition n\u00e9cessaire pour que La justesse de cette conclusion est la coh\u00e9rence du concept de Dieu. Apr\u00e8s tout, si c&rsquo;est contradictoire, cela peut alors se d\u00e9pr\u00e9cier compl\u00e8tement. Leibniz ne voit cependant pas de grandes difficult\u00e9s dans cette affaire. Selon lui, la coh\u00e9rence du concept de Dieu est attest\u00e9e par le fait que ce concept n&rsquo;est constitu\u00e9 que de pr\u00e9dicats positifs. Il est curieux cependant que, tout en \u00e9tant pleinement conscient de l&rsquo;incoh\u00e9rence de concepts aussi limitatifs que \u00able plus grand nombre\u00bb ou \u00able mouvement le plus rapide\u00bb, Leibniz n&rsquo;insiste pas sur le fait que le concept d&rsquo;un \u00eatre tout parfait ne peut pas moins \u00eatre lourd de cons\u00e9quences. avec des contradictions. En fait, Nicolas de Cues a clairement montr\u00e9 que dans les contraires absolus co\u00efncident, A s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre identiquement non = A. Nicolas lui-m\u00eame n&rsquo;avait cependant pas peur de ces conclusions, qui \u00e9taient en effet plus ou moins acceptables dans le cadre de sa doctrine de \u00ab\u00a0l&rsquo;ignorance scientifique\u00a0\u00bb. Mais ils constituent une menace r\u00e9elle pour la th\u00e9ologie cataphatique et anthropomorphique de Leibniz.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, certains contemporains de Leibniz pensaient que pour saper sa doctrine de l\u2019existence de Dieu et du monde meilleur, il n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire d\u2019entrer dans de telles subtilit\u00e9s m\u00e9taphysiques. La vie elle-m\u00eame, disaient-ils, pleine de d\u00e9sastres et de souffrances, t\u00e9moigne contre Leibniz. Un monde o\u00f9 il y a tant de mal peut-il \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le meilleur? En r\u00e9ponse \u00e0 de telles objections, Leibniz avance toute une batterie d\u2019arguments. Premi\u00e8rement, notre monde est certes imparfait, mais cela ne contredit pas son optimalit\u00e9. Apr\u00e8s tout, m\u00eame un \u00eatre parfait ne peut pas cr\u00e9er un monde d\u00e9pourvu d\u2019imperfections. Un tel monde reproduirait simplement Dieu et ne serait pas sa cr\u00e9ation. Deuxi\u00e8mement, les imperfections du monde profitent en fin de compte \u00e0 toutes choses et \u00able meilleur choix n\u2019est pas toujours associ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9limination du mal, car il est possible que le mal s\u2019accompagne du plus grand bien\u00bb (1:4, 402-403). Troisi\u00e8mement, lorsqu\u2019on parle de catastrophes et de souffrances, les gens ont tendance \u00e0 se placer au centre de l\u2019univers, ce qui n\u2019est pas enti\u00e8rement justifi\u00e9. Lorsque l\u2019on regarde le monde d\u2019un point de vue plus g\u00e9n\u00e9ral, cela n\u2019a pas l\u2019air si terrible. Quatri\u00e8mement, nous ne devons pas oublier que le monde ne reste pas immobile, mais se d\u00e9veloppe et avance vers la perfection. Cinqui\u00e8mement, Dieu n\u2019est en aucun cas responsable du mal. Le mal peut \u00eatre m\u00e9taphysique, physique et moral. Le mal m\u00e9taphysique est une imperfection ontologique ; il ne peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9, m\u00eame s\u2019il peut \u00eatre minimis\u00e9, ce que fait Dieu. Le mal physique est la douleur et la souffrance. La morale est un p\u00e9ch\u00e9. Les gens les infligent souvent \u00e0 eux-m\u00eames.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, les hommes eux-m\u00eames sont en partie responsables du mal et de la souffrance; c&rsquo;est le prix de la libert\u00e9 que Dieu leur a accord\u00e9e. Leibniz est un adversaire constant du fatalisme et de la doctrine de la n\u00e9cessit\u00e9 m\u00e9taphysique dans la d\u00e9termination de la volont\u00e9 humaine. Il explique en d\u00e9tail que m\u00eame si les d\u00e9cisions volontaires d\u2019une personne ne peuvent pas \u00eatre sans fondement et soumises \u00e0 une \u00abn\u00e9cessit\u00e9 morale\u00bb, cela ne signifie pas que sa volont\u00e9 n\u2019est pas libre. Apr\u00e8s tout, la libert\u00e9 exige qu&rsquo;une personne ait la possibilit\u00e9 d&rsquo;agir diff\u00e9remment, et cette possibilit\u00e9 se pr\u00e9sente dans les actions volontaires.<\/p>\n<p align=\"justify\">En choisissant en faveur du bien, c&rsquo;est-\u00e0-dire en contribuant au maximum \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de soi et des autres, montrant ainsi son amour pour Dieu et \u00e9levant l&rsquo;humain au divin, une personne, selon Leibniz, n&rsquo;est pas laiss\u00e9e sans r\u00e9compense. Apr\u00e8s tout, dans notre monde, il existe une \u00abharmonie pr\u00e9\u00e9tablie\u00bb entre la vertu et le bonheur. Ce concept d\u2019\u00abharmonie pr\u00e9\u00e9tablie\u00bb est devenu une sorte de carte de visite de la philosophie leibnizienne. Leibniz la consid\u00e9rait comme une invention exceptionnellement r\u00e9ussie. Le principal domaine d&rsquo;application du concept d&rsquo;une telle harmonie \u00e9tait initialement un probl\u00e8me psychophysique. \u00c0 cette \u00e9poque, comme d\u2019ailleurs de nos jours, il y avait des d\u00e9bats houleux sur la mani\u00e8re dont le mental pouvait correspondre au physique. La th\u00e9orie occasionnelle de N. Malebranche \u00e9tait particuli\u00e8rement populaire, selon laquelle l&rsquo;\u00e2me et le corps ne peuvent pas interagir directement et la correspondance psychophysique est assur\u00e9e par Dieu, qui surveille les changements corporels et mentaux. Leibniz a critiqu\u00e9 ce concept, arguant que l&rsquo;intervention continue de Dieu dans la nature conduisait \u00e0 la situation absurde d&rsquo;un miracle permanent. Il propose de remplacer l&rsquo;occasionalisme par une th\u00e9orie sugg\u00e9rant que Dieu, d\u00e8s la cr\u00e9ation du monde, coordonnait les \u00e2mes et les corps pour qu&rsquo;ils correspondent naturellement les uns aux autres sans aucune intervention suppl\u00e9mentaire de sa part. Cette th\u00e9orie est appel\u00e9e doctrine de l\u2019harmonie pr\u00e9\u00e9tablie. Leibniz l\u2019oppose non seulement \u00e0 l\u2019occasionalisme, mais aussi au concept d\u2019\u00ab influence physique \u00bb, selon lequel l\u2019\u00e2me peut influencer directement le corps, et vice versa. Descartes \u00e9tait enclin \u00e0 ce point de vue, mais Leibniz affirmait que c&rsquo;\u00e9tait uniquement parce qu&rsquo;il croyait \u00e0 tort que l&rsquo;\u00e2me pouvait changer la direction du mouvement des plus petites particules du cerveau sans violer la loi de conservation des forces. En r\u00e9alit\u00e9, cela est impossible, et comprendre cette circonstance, pensait-il, conduit directement \u00e0 la th\u00e9orie de l&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tablie entre l&rsquo;\u00e2me et le corps. Cette harmonie peut m\u00eame \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme un argument en faveur de l\u2019existence de Dieu, m\u00eame si elle peut \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une cons\u00e9quence de la th\u00e8se de l\u2019existence d\u2019un Cr\u00e9ateur tout bon.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais de toute fa\u00e7on, l\u2019harmonie pr\u00e9\u00e9tablie ne concerne pas seulement les corps et les \u00e2mes. Il a un caract\u00e8re universel. Clarifiant les d\u00e9tails de cette correspondance universelle, Leibniz a d\u00e9velopp\u00e9 une th\u00e9orie ontologique originale appel\u00e9e monadologie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Monadologie.<\/strong> Bien que Leibniz soit arriv\u00e9 \u00e0 la monadologie par des voies difficiles, en g\u00e9n\u00e9ralisant des donn\u00e9es provenant de diverses sciences, de la physique \u00e0 la biologie, dans une pr\u00e9sentation syst\u00e9matique de la doctrine des monades, il prend comme point de d\u00e9part le fait incontestable de l&rsquo;existence de choses complexes. Le complexe doit \u00eatre constitu\u00e9 de simples, et les monades ne sont rien de plus que des substances simples, des unit\u00e9s d&rsquo;\u00eatre. Ils sont d\u00e9pourvus de parties, c\u2019est-\u00e0-dire immat\u00e9riels, et peuvent \u00eatre appel\u00e9s atomes spirituels. Cela signifie qu\u2019ils ne peuvent pas se d\u00e9composer et cesser d\u2019exister naturellement. Il ne s\u2019ensuit cependant pas que les monades soient immuables. L\u2019exp\u00e9rience montre que quelque chose change constamment dans le monde. Ces changements doivent \u00eatre associ\u00e9s aux monades, car en dehors d&rsquo;elles rien n&rsquo;existe au monde. Les changements dans les monades ne peuvent pas consister en des mouvements externes, puisque les monades ne sont pas situ\u00e9es dans l&rsquo;espace. Cela signifie que les changements doivent se produire au sein des monades elles-m\u00eames et \u00eatre caus\u00e9s par des raisons internes, car elles \u00abn&rsquo;ont pas de fen\u00eatres\u00bb et ne peuvent pas vraiment interagir avec d&rsquo;autres monades. Les monades ne sont donc pas du tout des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;existence sans vie, mais des sources d&rsquo;\u00e9nergie in\u00e9puisables, h\u00e9ritiers terminologiquement actualis\u00e9s des formes substantielles et des ent\u00e9l\u00e9chies aristot\u00e9liciennes. Bien qu\u2019ils n\u2019aient aucune pi\u00e8ce, ils ont une structure interne. Ils peuvent se trouver dans des \u00e9tats diff\u00e9rents et les changer sous l\u2019influence d\u2019aspirations et d\u2019\u00abapp\u00e9tits\u00bb. Les \u00e9tats, ou \u00abperceptions\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire les perceptions des monades, contrairement aux parties d\u2019une chose complexe, n\u2019existent pas par eux-m\u00eames et n\u2019annulent donc pas la simplicit\u00e9 de la substance. Ces \u00e9tats ne peuvent pas surgir de nulle part dans les monades; ils doivent plut\u00f4t \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme inh\u00e9rents \u00e0 celles-ci de temps en temps, mais pour le moment s&rsquo;effondrer. Le d\u00e9roulement des \u00e9tats des monades s&rsquo;effectue selon la loi de continuit\u00e9, sans aucun saut, selon une sorte de calendrier \u00e9tabli pour chaque monade par Dieu lors de la cr\u00e9ation du monde.<\/p>\n<p align=\"justify\">En principe, les \u00e9tats de chacune des innombrables monades pourraient \u00eatre totalement non coordonn\u00e9s les uns avec les autres. Mais un tel monde ne serait pas le meilleur; la diversit\u00e9 in\u00e9puisable n\u2019y r\u00e9v\u00e9lerait aucun signe d\u2019unit\u00e9 et d\u2019ordre. Pour r\u00e9pondre aux crit\u00e8res d&rsquo;optimalit\u00e9, Dieu devait, d&rsquo;une part, s&rsquo;assurer que chaque monade \u00e9tait unique (il ne peut y avoir deux choses identiques dans le monde &#8211; le c\u00e9l\u00e8bre principe de Leibniz de \u00abl&rsquo;identit\u00e9 des indiscernables\u00bb), et d&rsquo;autre part, programmer les monades de mani\u00e8re \u00e0 ce que leurs \u00c9tats harmonis\u00e9s les uns avec les autres pour toujours. Ainsi, dans notre monde il existe une harmonie pr\u00e9\u00e9tablie entre les perceptions des monades.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019existence de cette harmonie peut \u00eatre illustr\u00e9e (bien que non prouv\u00e9e) \u00e0 l\u2019aide d\u2019un exemple simple. Disons que deux personnes se tiennent c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te et regardent le soleil se lever. Leurs perceptions sont concordantes, mais comment expliquer cette correspondance? Les perceptions sont des \u00e9tats mentaux, des \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me. Chaque \u00e2me est une monade. Ils sont ind\u00e9pendants les uns des autres et le changement de leurs \u00e9tats est d\u00e9termin\u00e9 par une cha\u00eene de raisons suffisantes qui s&rsquo;\u00e9tend depuis la cr\u00e9ation du monde, car les \u00e2mes, comme toutes les monades, vivent \u00e9ternellement, m\u00eame si elles ne se souviennent pas du pass\u00e9. Mais comment se fait-il que des monades ind\u00e9pendantes les unes des autres per\u00e7oivent le monde comme s&rsquo;il les affectait r\u00e9ellement? On ne peut pas dire qu&rsquo;ils per\u00e7oivent le lever du soleil parce qu&rsquo;il les illumine de ses rayons &#8211; ni le soleil ni rien d&rsquo;autre ne peut r\u00e9ellement influencer les monades, et le soleil lui-m\u00eame est la perception de ces monades. Et bien que derri\u00e8re la perception du soleil puisse se cacher quelque chose de tout \u00e0 fait r\u00e9el, une sorte d&rsquo;ensemble de monades, elles ne peuvent toujours pas influencer directement les autres monades. En un mot, l&rsquo;accord des perceptions des gens &#8211; en supposant la v\u00e9racit\u00e9 de toutes les hypoth\u00e8ses \u00e9mises &#8211; ne peut s&rsquo;expliquer que par la coordination initiale de leurs vies monadiques, la synchronisation de ces \u00abautomates spirituels\u00bb, o\u00f9 Dieu agit comme un horloger du monde, remontant diff\u00e9rentes horloges pour qu&rsquo;elles affichent la m\u00eame heure. La th\u00e9orie de Leibniz a sembl\u00e9 fantastique \u00e0 beaucoup, car elle supposait que Dieu prenait initialement en compte un nombre incalculable de facteurs influen\u00e7ant le cours futur des \u00e9v\u00e9nements. Cet inconv\u00e9nient du concept d&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tablie a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9 par exemple par le c\u00e9l\u00e8bre sceptique fran\u00e7ais P. Bayle. Leibniz, cependant, a r\u00e9pondu avec humour qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de t\u00e2che r\u00e9elle qui serait trop difficile pour Dieu, et que le meilleur \u00e0 cet \u00e9gard est pr\u00e9cis\u00e9ment le concept th\u00e9ologique qui \u00e9l\u00e8ve l&rsquo;intellect divin au plus haut niveau possible.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;harmonie des perceptions des monades cr\u00e9e le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;un monde unique et fait de toutes les monades des \u00abmiroirs vivants de l&rsquo;univers\u00bb. Mais ces miroirs, bien entendu, ne sont pas les m\u00eames. L&rsquo;ascension des niveaux de perfection de la pyramide des monades correspond \u00e0 une augmentation de la clart\u00e9 et de la nettet\u00e9 de leurs perceptions. Plus les perceptions des monades sont distinctes, moins elles sont passives, plus on peut leur attribuer d&rsquo;activit\u00e9 (bien que dans un certain sens toutes les monades soient \u00e9galement actives). La fondation de cette pyramide est constitu\u00e9e d&rsquo;innombrables \u00abunit\u00e9s\u00bb, monades endormies, d\u00e9pourvues de capacit\u00e9s psychiques d\u00e9velopp\u00e9es et de perceptions claires. Au-dessus d&rsquo;eux se trouvent des \u00e2mes animales, poss\u00e9dant des sentiments, de la m\u00e9moire, de l&rsquo;imagination et un analogue de la raison, dont la nature est d&rsquo;anticiper des cas similaires. La prochaine \u00e9tape dans le monde des monades est celle des \u00e2mes humaines. En plus des capacit\u00e9s \u00e9num\u00e9r\u00e9es, une personne est \u00e9galement dot\u00e9e de conscience, ou \u00abaperception\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il ne faut cependant pas exag\u00e9rer l\u2019aspect conscient de l\u2019existence humaine. Leibniz critique Descartes qui niait l\u2019existence d\u2019\u00e9tats mentaux inconscients. En r\u00e9alit\u00e9, les perceptions conscientes se perdent dans l\u2019oc\u00e9an de l\u2019inconscient. Les \u00e9tats inconscients le sont en raison de leur \u00abpetitesse\u00bb. Une personne ne les remarque tout simplement pas. Parfois, cela les am\u00e8ne \u00e0 prendre le pouvoir sur sa volont\u00e9 \u2013 Leibniz \u00e9voque sp\u00e9cifiquement l\u2019influence de facteurs inconscients sur le comportement humain. Et pourtant, les \u00e2mes humaines se distinguent pr\u00e9cis\u00e9ment par la pr\u00e9sence de la conscience, de l&rsquo;aperception et d&rsquo;autres capacit\u00e9s sup\u00e9rieures, la raison (entendement) et la raison (raison). Ils permettent \u00e0 une personne de comprendre clairement les choses, de les juger de mani\u00e8re coh\u00e9rente et lui ouvrent la sph\u00e8re des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles, des lois morales et de Dieu lui-m\u00eame, qui est au sommet de la pyramide des monades.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;ouverture de Dieu \u00e0 l&rsquo;esprit des gens distingue leur \u00e2me des autres monades. Leibniz appelle les \u00e2mes humaines et les substances similaires des esprits. Les esprits, contrairement aux autres monades qui refl\u00e8tent le monde plut\u00f4t que Dieu, \u00abexpriment Dieu plut\u00f4t que le monde\u00bb (1:1, 162). Ils sont citoyens de la Cit\u00e9 de Dieu et peuvent esp\u00e9rer non seulement une existence \u00e9ternelle, mais aussi que Dieu pr\u00e9serve leur Soi, leur personnalit\u00e9 identique \u00e0 elle-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dieu, ce \u00abMonarque absolu\u00bb de la communaut\u00e9 spirituelle, comme toute monade cr\u00e9\u00e9e par lui, est triple. La base subjective y correspond \u00e0 la toute-puissance, dont d\u00e9pend m\u00eame la possibilit\u00e9 des choses, aux perceptions &#8211; l&rsquo;omniscience, \u00e0 l&rsquo;aspiration &#8211; \u00e0 la bonne volont\u00e9, sans lesquelles les choses ne peuvent acqu\u00e9rir une existence r\u00e9elle. Ces trois qualit\u00e9s correspondent aux trois hypostases de la Divinit\u00e9 chr\u00e9tienne, le P\u00e8re, le Fils et le Saint-Esprit. Dieu, selon Leibniz, est une monade tout \u00e0 fait unique. Premi\u00e8rement, il assiste d&rsquo;autres monades, et leur existence d\u00e9pend de Dieu, et deuxi\u00e8mement, \u00abDieu seul est compl\u00e8tement libre du corps\u00bb (1:1, 426). Cette th\u00e8se a suscit\u00e9 de nombreuses questions dans l\u2019histoire ult\u00e9rieure de la philosophie. En effet, pourquoi d\u2019autres monades devraient-elles \u00eatre associ\u00e9es aux corps? Apr\u00e8s tout, en principe, ils sont isol\u00e9s de tout sauf de Dieu, et ils peuvent repr\u00e9senter le monde m\u00eame si ce monde n\u2019existe pas du tout. Leibniz insiste n\u00e9anmoins pour son propre compte, m\u00eame si pour concilier sa position avec la th\u00e8se de l&rsquo;immortalit\u00e9 naturelle des monades, il lui faut inventer des hypoth\u00e8ses audacieuses, comme l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une certaine \u00ab coagulation \u00bb du corps apr\u00e8s la mort d&rsquo;un \u00eatre vivant \u00eatre.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La doctrine de la mati\u00e8re.<\/strong> Les concepts de corpor\u00e9it\u00e9 et de mat\u00e9rialit\u00e9 ne vont bien s\u00fbr pas de soi et Leibniz a tent\u00e9 de le clarifier. Il a ni\u00e9 l&rsquo;existence r\u00e9elle d&rsquo;une substance corporelle particuli\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire la mati\u00e8re sous la forme sous laquelle elle appara\u00eet aux sens humains dans l&rsquo;exp\u00e9rience. La mati\u00e8re n&rsquo;est qu&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00ab bien fond\u00e9 \u00bb, puisque des monades r\u00e9elles lui correspondent. Cela est \u00e9galement vrai pour le ph\u00e9nom\u00e8ne principal de chaque monade &#8211; le ph\u00e9nom\u00e8ne de son propre corps. Le corps, soutient Leibniz, est l\u2019\u00e9tat des monades, et l\u2019\u00e2me est la monade centrale dans le r\u00f4le de leur dirigeant \u00abid\u00e9al\u00bb. Les monades subordonn\u00e9es elles-m\u00eames sont des centres pour d&rsquo;autres monades, celles pour d&rsquo;autres, et ainsi de suite \u00e0 l&rsquo;infini. Ce qui semble \u00eatre une mati\u00e8re sans vie regorge en r\u00e9alit\u00e9 de vie. La sp\u00e9cificit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne de la mati\u00e8re s&rsquo;explique par l&rsquo;imperfection des monades cr\u00e9\u00e9es. La corpor\u00e9it\u00e9, la mat\u00e9rialit\u00e9 se caract\u00e9rise par l&rsquo;inertie et l&rsquo;imp\u00e9n\u00e9trabilit\u00e9, et qu&rsquo;est-ce sinon le reflet des limites des entit\u00e9s percevantes? S&rsquo;ils \u00e9taient parfaits, le monde appara\u00eetrait dans leurs perceptions sous une forme fondamentalement diff\u00e9rente: la mati\u00e8re dispara\u00eetrait et seules subsisteraient des unit\u00e9s actives, les monades.<\/p>\n<p align=\"justify\">C&rsquo;est ainsi que Dieu voit le monde. La disparition du ph\u00e9nom\u00e8ne de mati\u00e8re continue, inerte et imp\u00e9n\u00e9trable devrait s&rsquo;accompagner de la transformation de la sensibilit\u00e9 des monades en raison. Apr\u00e8s tout, les m\u00eames monades se manifestent dans les sentiments comme dans l&rsquo;intellect, mais indistinctement. Par cons\u00e9quent, dans la perception sensorielle, nous ne voyons pas de structures monadiques discr\u00e8tes de l&rsquo;\u00eatre r\u00e9el, mais contemplons un environnement continu dans lequel ces structures se fondent en de vagues images imp\u00e9n\u00e9trables. Mais m\u00eame la perception sensorielle nous permet de distinguer les choses. En d\u2019autres termes, il y a une certaine clart\u00e9. Son augmentation conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;id\u00e9es distinctes, o\u00f9 l&rsquo;on peut distinguer non seulement les contours des choses, mais aussi leur structure discr\u00e8te, ce qui permet d&rsquo;identifier les traits qui distinguent ces choses des autres. Les ph\u00e9nom\u00e8nes se transforment en noum\u00e8nes, la sensualit\u00e9 en raison. Outre les id\u00e9es distinctes, Leibniz admet \u00e9galement l\u2019existence d\u2019id\u00e9es ad\u00e9quates. Une id\u00e9e ad\u00e9quate est celle dans laquelle il n&rsquo;y a rien d&rsquo;indistinct, comme dans l&rsquo;id\u00e9e de nombre. Mais c&rsquo;est seulement dans la pens\u00e9e de Dieu qu&rsquo;il n&rsquo;y a que des id\u00e9es intuitives et ad\u00e9quates. Les autres monades sont imparfaites et ne peuvent \u00eatre compl\u00e8tement d\u00e9pourvues de sensibilit\u00e9, \u00e0 moins qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse des monades les plus primitives, existant dans l&rsquo;obscurit\u00e9 de perceptions peu claires.<\/p>\n<p align=\"justify\">On ne peut pas affirmer que Leibniz a \u00e9labor\u00e9 en d\u00e9tail cette doctrine de la sensualit\u00e9 et de la raison. Mais gr\u00e2ce \u00e0 ses partisans, il est devenu fermement associ\u00e9 \u00e0 son nom. Cela s&rsquo;est produit avec d&rsquo;autres th\u00e9ories de Leibniz. En g\u00e9n\u00e9ral, on ne peut parler du syst\u00e8me de Leibniz qu\u2019avec de grandes r\u00e9serves. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t d&rsquo;une dispersion d&rsquo;id\u00e9es, et le contraste entre l&rsquo;extravagance d&rsquo;un certain nombre de ses constructions th\u00e9oriques et la m\u00e9thodologie scientifique stricte que Leibniz a tent\u00e9 de suivre dans ses \u0153uvres attire l&rsquo;attention. Certes, le caract\u00e8re \u00abscientifique\u00bb de la m\u00e9thodologie de Leibniz ne signifie pas qu\u2019elle soit totalement irr\u00e9prochable. M\u00eame au temps de Leibniz, ses adversaires attiraient l\u2019attention sur certaines incoh\u00e9rences internes.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 premi\u00e8re vue, les outils m\u00e9thodologiques de Leibniz semblent simples et logiques. Il existe deux \u00abgrands principes\u00bb, la loi d&rsquo;identit\u00e9 et la loi de raison suffisante, qui permettent d&rsquo;expliquer tout ce qui existe et de justifier toutes les v\u00e9rit\u00e9s de raison et les v\u00e9rit\u00e9s de fait. Mais derri\u00e8re l\u2019apparence de simplicit\u00e9 se cachent des probl\u00e8mes. Le talon d&rsquo;Achille de la m\u00e9thodologie de Leibniz est peut-\u00eatre la question de savoir quel genre de v\u00e9rit\u00e9 exprime la loi de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une raison suffisante. S\u2019il s\u2019agit d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 de fait, alors il y a une part de hasard et, comme il ressort de la d\u00e9finition des v\u00e9rit\u00e9s de fait appliqu\u00e9e \u00e0 une situation donn\u00e9e, l\u2019existence de quelque chose sans raison suffisante est concevable. Pour \u00eatre convaincu de la fausset\u00e9 d&rsquo;une telle hypoth\u00e8se, sans laquelle il est impossible d&rsquo;affirmer la v\u00e9rit\u00e9 de la loi de la raison suffisante, il faut soit 1) reconna\u00eetre la possibilit\u00e9 de discerner empiriquement des raisons suffisantes pour tout ce qui existe, soit 2) dire que l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;existence de choses ou d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements sans fondement suffisant n&rsquo;a pas de fondement suffisant. Cependant, le premier est irr\u00e9el et le second pr\u00e9suppose la v\u00e9rit\u00e9 de la loi de la raison suffisante, qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;un cercle logique appara\u00eet. Si nous consid\u00e9rons la loi de la raison suffisante comme une v\u00e9rit\u00e9 de la raison, alors il s&rsquo;av\u00e8re qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un principe ind\u00e9pendant, mais d\u00e9riv\u00e9 &#8211; toutes les v\u00e9rit\u00e9s de la raison d\u00e9pendent de la loi de l&rsquo;identit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le probl\u00e8me de trouver la place \u00e9pist\u00e9mologique de la loi de la raison suffisante a incit\u00e9 Kant \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle. abandonner la dichotomie entre v\u00e9rit\u00e9s de raison et v\u00e9rit\u00e9s de fait et admettre l\u2019existence de v\u00e9rit\u00e9s particuli\u00e8res exprim\u00e9es par des \u00abjugements synth\u00e9tiques a priori\u00bb. Les adeptes orthodoxes de Leibniz, choisissant entre interpr\u00e9ter cette loi comme une v\u00e9rit\u00e9 de raison ou comme une v\u00e9rit\u00e9 de fait, penchaient n\u00e9anmoins vers la premi\u00e8re d&rsquo;entre elles, estimant qu&rsquo;il valait mieux perdre l&rsquo;ind\u00e9pendance de la loi de la raison suffisante que de saper son ind\u00e9pendance. pr\u00e9tend \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9. C&rsquo;est vrai, d\u00e9j\u00e0 au milieu du XVIIIe si\u00e8cle. Hume a directement r\u00e9fut\u00e9 la th\u00e8se selon laquelle la loi de n\u00e9cessit\u00e9 de raison suffisante peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une v\u00e9rit\u00e9 de la raison. Mais les premiers Leibniziens ne connaissaient pas encore Hume. Et en r\u00e9duisant cette loi \u00e0 la loi de l&rsquo;identit\u00e9, ils ont en quelque sorte suivi les instructions de Leibniz lui-m\u00eame, qui a pr\u00e9cis\u00e9 que pour l&rsquo;esprit humain les v\u00e9rit\u00e9s de fait, dont la loi de la raison suffisante est responsable, peuvent \u00eatre transform\u00e9es en v\u00e9rit\u00e9s de la raison dans l\u2019infini potentiel. La v\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;ensuit que dans l&rsquo;intellect divin il n&rsquo;y a aucune diff\u00e9rence entre eux, ce qui menace la th\u00e9orie du meilleur monde de Leibniz, puisqu&rsquo;elle suppose que notre monde est choisi par Dieu parmi un nombre infini de mondes possibles, et si les v\u00e9rit\u00e9s concernant notre monde sont identiques aux v\u00e9rit\u00e9s de la raison pour Dieu, alors tout autre monde dans lequel elles ne seraient pas des v\u00e9rit\u00e9s se r\u00e9v\u00e8le contradictoire, et il ne reste plus rien de la multitude des mondes possibles, et donc de la libert\u00e9 du choix divin.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il semblerait que ces probl\u00e8mes et d\u2019autres probl\u00e8mes de la m\u00e9taphysique leibnizienne ne lui promettent pas de bonnes perspectives. Pendant ce temps, Leibniz a eu une \u00e9norme influence sur la philosophie europ\u00e9enne. Cela est d\u00fb en partie au fait qu\u2019il \u00e9tait l\u2019un des rares penseurs modernes \u00e0 proposer un syst\u00e8me ontologique complet construit sur la base de principes m\u00e9thodologiques clairs. Des \u00e9chos de l&rsquo;ontologie monadique de Leibniz peuvent \u00eatre trouv\u00e9s m\u00eame au XXe si\u00e8cle. Mais le v\u00e9ritable triomphe des id\u00e9es ontologiques de Leibniz eut lieu dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVIIIe si\u00e8cle et co\u00efncida avec l\u2019apog\u00e9e de l\u2019\u00e9cole Chr. Loup en Allemagne. Wolf \u00e9tait un associ\u00e9 de Leibniz et, peu apr\u00e8s la mort du philosophe, il d\u00e9tourna son attention des math\u00e9matiques vers la m\u00e9taphysique. Il naturalise la monadologie, restreint la port\u00e9e du concept d&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tablie \u00e0 la relation entre l&rsquo;\u00e2me et le corps et place les id\u00e9es de Leibniz sur un puissant fondement probant. On note cependant l&rsquo;influence de Leibniz au XVIIIe si\u00e8cle. v\u00e9cu non seulement par les penseurs allemands, mais aussi par les penseurs fran\u00e7ais, britanniques et russes. Cela se ressent, par exemple, dans les enseignements de D. Diderot sur les mol\u00e9cules organiques, dans la th\u00e9orie de la mati\u00e8re de P. M. Maupertuis, dans l&rsquo;anthropologie de A. P. Kolyvanov (dont l&rsquo;important trait\u00e9 est une sorte de manifeste de la fin des Lumi\u00e8res &#8211; \u00abObservations sur l&rsquo;esprit humain et son attitude envers le monde\u00bb, publi\u00e9 \u00e0 Altona en 1790, n&rsquo;a en r\u00e9alit\u00e9 \u00e9t\u00e9 perdu et retrouv\u00e9 qu&rsquo;en 2002) et m\u00eame dans les constructions philosophiques de D. Hume. \u00c0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle, en raison de l&rsquo;\u00e9panouissement du kantisme, l&rsquo;influence de la monadologie de Leibniz diminue, m\u00eame si par la suite des penseurs c\u00e9l\u00e8bres s&rsquo;y tournent parfois, de I. F. Herbart \u00e0 E. Husserl. L\u2019impact sur la philosophie moderne du concept de mondes possibles de Leibniz, comme l\u2019a montr\u00e9 le XXe si\u00e8cle, a \u00e9t\u00e9 bien plus visible. S. Kripke est un outil efficace pour divers types d&rsquo;exp\u00e9riences de pens\u00e9e. Ils connaissent un succ\u00e8s particulier dans la tradition analytique anglophone, o\u00f9 aucun trait\u00e9 majeur ne peut s\u2019en passer.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019influence des id\u00e9es m\u00e9thodologiques de Leibniz fut \u00e9galement impressionnante. Son interpr\u00e9tation de la distinction entre les v\u00e9rit\u00e9s de la raison et les v\u00e9rit\u00e9s de fait est l\u2019une des r\u00e9alisations les plus incontestables de la philosophie mondiale, une composante importante de la culture philosophique moderne. Il ne faut pas non plus oublier que Leibniz est l\u2019un des proph\u00e8tes de la logique math\u00e9matique et un pionnier de la technologie informatique. Leibniz a \u00e9galement contribu\u00e9 au d\u00e9veloppement de la science historique et philosophique. Il ne consid\u00e9rait pas l&rsquo;ancienne philosophie comme un d\u00e9fil\u00e9 d&rsquo;erreurs, mais estimait que la plupart des \u00e9coles \u00abont raison dans une grande partie de leurs affirmations, mais se trompent dans ce qu&rsquo;elles nient\u00bb (1:1, 531). Leibniz a \u00e9galement introduit la c\u00e9l\u00e8bre opposition terminologique entre mat\u00e9rialisme et id\u00e9alisme. Il croyait lui-m\u00eame que son syst\u00e8me d&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tabli r\u00e9unissait tout le meilleur que l&rsquo;on trouvait dans les enseignements des mat\u00e9rialistes et des id\u00e9alistes, disciples d&rsquo;\u00c9picure et de Platon.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Leibniz G.V.<\/em>\u00a0Travaux : En 4 vol. M., 1982-1989.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.Leibniz GW<\/em>\u00a0Die philosophischen Schriften von Gottfried Wilhelm Leibniz. hrsg. v. Avec J. Gerhardt, Bd. I-VII, V., 1875-1890.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Gaidenko P. P.<\/em>\u00a0Rationalit\u00e9 scientifique et raison philosophique. M., 2003. pp. 310-322.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Zhuchkov V. A.<\/em>\u00a0Philosophie allemande du d\u00e9but des Lumi\u00e8res, M., 1989. P. 71-126.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5. Mayorov G. G.<\/em>\u00a0Philosophie th\u00e9orique de G. V. Leibniz, M., 1973.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6. Mayorov G. G.<\/em>\u00a0La philosophie comme recherche de l&rsquo;Absolu. M., 2004. S. 379 &#8211; 406.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Sokolov<\/em>\u00a0V.V. Synth\u00e8se philosophique de Gottfried Leibniz \/\/ Introduction \u00e0 la philosophie classique. M., 1999, p. 233 &#8211; 304.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8. Fisher K.<\/em>\u00a0Histoire de la nouvelle philosophie, T. 3 : Leibniz, sa vie, ses \u00e9crits et ses enseignements. Saint-P\u00e9tersbourg, 1905.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9.Aiton EJ<\/em>\u00a0Leibniz : Une biographie. Bristol, 1985.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10.Horn JC<\/em>\u00a0Die Struktur des Grundes. 2 Aufl. Wiesbaden, 1983.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11.M\u00fcller K., Kr\u00f6nert G.<\/em>\u00a0Leben et Werk von GW Leibniz. Francfort a. M., 1969.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12.Hiver EG<\/em>\u00a0Leibniz et die Aufkl\u00e4rung. V., 1968.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gottfried Wilhelm Leibniz est n\u00e9 \u00e0 Leipzig en 1646. D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, il s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la science. Apr\u00e8s avoir obtenu son dipl\u00f4me, il poursuit ses \u00e9tudes \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Leipzig (1661 &#8211; 1666) et \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;I\u00e9na, o\u00f9 il passe un semestre en 1663. La m\u00eame ann\u00e9e, sous la direction de J. Thomasius, Leibniz d\u00e9fend le travail scientifique \u00abSur le principe&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/leibniz\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":796,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,182],"tags":[135,134,133],"class_list":{"0":"post-601","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofianovogovremeni","9":"tag-dieu","10":"tag-fondation","11":"tag-monde"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=601"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":938,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/601\/revisions\/938"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/796"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}