{"id":609,"date":"2024-06-21T21:05:05","date_gmt":"2024-06-21T18:05:05","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=609"},"modified":"2025-11-20T20:13:42","modified_gmt":"2025-11-20T17:13:42","slug":"kant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/kant\/","title":{"rendered":"Emmanuel Kant. L&rsquo;esprit de r\u00e9flexion critique, le tournant transcendantal de la m\u00e9taphysique, la valeur absolue de la personne humaine"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Ce chapitre est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;un des philosophes les plus influents de l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e &#8211; Emmanuel Kant, l&rsquo;homme qui a insuffl\u00e9 l&rsquo;esprit de r\u00e9flexion critique dans la culture europ\u00e9enne, a op\u00e9r\u00e9 un tournant transcendantal dans la m\u00e9taphysique des temps modernes et a proclam\u00e9 la \u00abvaleur absolue\u00bb de la personne humaine. L&rsquo;impact des id\u00e9es de Kant est ressenti par quiconque a une id\u00e9e de philosophie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-v-philosophie-des-temps-nouveaux-chapitre-12-kant\/kant230624\/\" rel=\"attachment wp-att-808\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-808\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/kant230624.jpg\" alt=\"\" width=\"753\" height=\"502\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/kant230624.jpg 753w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/kant230624-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 753px) 100vw, 753px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Philosophie moderne de la conscience, sciences cognitives, philosophie analytique, ph\u00e9nom\u00e9nologie et existentialisme du XXe si\u00e8cle &#8211; ces tendances et d&rsquo;autres ont reconnu leur d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des id\u00e9es kantiennes. Et aujourd\u2019hui, l\u2019influence de Kant n\u2019a plus aucun lien avec les enseignements cr\u00e9\u00e9s sous l\u2019impression de son syst\u00e8me \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle. Mais lorsqu\u2019on consid\u00e8re l\u2019histoire, on ne peut ignorer la tradition form\u00e9e par Kant, que l\u2019on d\u00e9signe comme \u00abl\u2019id\u00e9alisme classique allemand\u00bb. C&rsquo;est le nom commun de l&rsquo;ensemble des enseignements philosophiques de I. Kant, I. G. Fichte, F. W. J. Schelling, G. W. F. Hegel. Ils sont unis par l\u2019attention port\u00e9e \u00e0 la nature de l\u2019esprit, interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 travers les concepts d\u2019activit\u00e9 et de libert\u00e9, y compris en termes historiques. L&rsquo;id\u00e9alisme classique allemand est parfois interpr\u00e9t\u00e9 comme l&rsquo;\u00e9quivalent intellectuel de la R\u00e9volution fran\u00e7aise. Cependant, dans une certaine mesure, il peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;ach\u00e8vement ou le d\u00e9veloppement de la philosophie des Lumi\u00e8res allemandes du XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le XVIIIe si\u00e8cle, philosophiquement, s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 tr\u00e8s favorable \u00e0 l&rsquo;Allemagne, m\u00eame si au d\u00e9but de ce si\u00e8cle elle \u00e9tait sensiblement en retard sur l&rsquo;Angleterre et la France. Presque aucune litt\u00e9rature philosophique n\u2019\u00e9tait publi\u00e9e en allemand et il n\u2019existait pas de terminologie \u00e9tablie. Un changement radical de situation est associ\u00e9 \u00e0 la figure\u00a0<strong>de Christian Wolf<\/strong>\u00a0(1679-1754). Wolf sentit les grandes possibilit\u00e9s sp\u00e9culatives de la langue allemande et entreprit une r\u00e9forme terminologique globale. Poss\u00e9dant \u00e9galement un don syst\u00e9matique extraordinaire, il adapta les id\u00e9es des grands penseurs du XVIIe si\u00e8cle, Descartes et Leibniz, aux besoins de l&rsquo;enseignement universitaire. \u00c9tudiants de Wolf &#8211; A. G. Baumgarten, F. Chr. Baumeister et d\u2019autres ont cr\u00e9\u00e9 un certain nombre de manuels classiques, \u00e0 partir desquels de nombreuses g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9tudiants ont appris les bases de la m\u00e9taphysique europ\u00e9enne moderne. Dans les ann\u00e9es 20-40. XVIIIe si\u00e8cle Le wolffianisme est devenu le mouvement philosophique le plus influent en Allemagne. Cependant, Wolf avait \u00e9galement de nombreux adversaires, parmi lesquels se distinguaient les soi-disant \u00ab\u00e9clectiques\u00bb. C\u2019est dans le choc entre Wolffiens et \u00e9clectiques que s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e la philosophie allemande des Lumi\u00e8res. \u00c9clectiques &#8211; Chronique. Thomasius, IF Budde, IG Walch, Chr. \u00ab\u00a0l&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tablie\u00a0\u00bb, dont il a h\u00e9rit\u00e9 de Leibniz.<\/p>\n<p align=\"justify\">Au d\u00e9but, les Wolffiens ont repouss\u00e9 ces attaques, mais progressivement les th\u00e9ories les plus \u00absolides\u00bb des \u00e9clectiques ont commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9valoir. Depuis les ann\u00e9es 50 L&rsquo;influence de Wolf est fortement r\u00e9duite. Une p\u00e9riode d\u2019incertitude et d\u2019\u00e9quilibre relatif des diff\u00e9rentes \u00e9coles s\u2019ouvre. Dans le m\u00eame temps, un boom de l\u2019activit\u00e9 de traduction a commenc\u00e9 en Allemagne. \u00c0 l&rsquo;instigation du roi de Prusse Fr\u00e9d\u00e9ric II, emport\u00e9 par les id\u00e9es des \u00e9claireurs parisiens &#8211; Voltaire, Rousseau, La Mettrie et autres, une mode pour le mat\u00e9rialisme et la libre pens\u00e9e est n\u00e9e. Les penseurs fran\u00e7ais, dont beaucoup ont d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Berlin et ont re\u00e7u des postes \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie royale des sciences, ont propag\u00e9 en Allemagne les th\u00e9ories des philosophes britanniques &#8211; Locke, Hutcheson, Hume et d&rsquo;autres.<\/p>\n<p align=\"justify\">R\u00e9sultat, dans les ann\u00e9es 50-60. En Allemagne, un environnement extr\u00eamement riche en id\u00e9es philosophiques s&rsquo;est form\u00e9, qui ne pouvait que devenir la base de constructions syst\u00e9miques \u00e0 grande \u00e9chelle de toutes sortes. Dans le domaine de la recherche m\u00e9thodologique, I. G. Lambert, l&rsquo;auteur du \u00abNouvel Organon\u00bb (1764), a obtenu un succ\u00e8s particulier, et Johann Nicholas Tetens (1736-1807) a cr\u00e9\u00e9 l&rsquo;un des trait\u00e9s les plus sophistiqu\u00e9s sur la philosophie de la conscience et l&rsquo;anthropologie du pays. l&rsquo;histoire de la m\u00e9taphysique europ\u00e9enne moderne &#8211; \u00abExp\u00e9riences philosophiques sur la nature humaine et son d\u00e9veloppement\u00bb (1777). Dans une veine analytique, essayant de r\u00e9soudre l&rsquo;\u00e9nigme de la conscience, Tetens est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu&rsquo;elle r\u00e9sulte de l&rsquo;activit\u00e9 spontan\u00e9e de l&rsquo;\u00e2me lors du changement d&rsquo;\u00e9tats mentaux. Cette activit\u00e9 cr\u00e9atrice est une caract\u00e9ristique exceptionnelle de l&rsquo;homme. Sa pr\u00e9sence explique l&rsquo;\u00e9mergence du sentiment, dans lequel elle est \u00e9galement pr\u00e9sente de mani\u00e8re latente, de capacit\u00e9s mentales sup\u00e9rieures, telles que la raison et le libre arbitre. Cette activit\u00e9 se manifeste \u00e9galement dans le d\u00e9sir constant de d\u00e9veloppement des gens. Une personne, selon Tetens, peut \u00eatre d\u00e9finie comme un \u00eatre capable de s&rsquo;am\u00e9liorer. L&rsquo;impact des id\u00e9es de Tetens sur la r\u00e9flexion ult\u00e9rieure ne fut cependant pas tr\u00e8s grand. La situation \u00e9tait diff\u00e9rente avec Kant, qui a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par Baumgarten, Crusius, Hume, Rousseau et d&rsquo;autres auteurs, mais a cr\u00e9\u00e9 un enseignement original dans lequel il a r\u00e9ussi \u00e0 surmonter les extr\u00eames de la m\u00e9thodologie rationaliste et empiriste et \u00e0 trouver une voie m\u00e9diane entre dogmatisme et scepticisme. Le r\u00e9sultat de ses efforts constructifs fut un syst\u00e8me philosophique majestueux qui eut un fort impact sur toute la m\u00e9taphysique europ\u00e9enne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Kant<\/strong>\u00a0est n\u00e9 en 1724 \u00e0 K\u00f6nigsberg, o\u00f9 il a v\u00e9cu toute sa vie. Il a grandi dans une famille pauvre d&rsquo;artisans et a fait ses \u00e9tudes primaires dans une \u00e9cole pi\u00e9tiste aux r\u00e8gles strictes. En 1740, Kant entre \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de l\u2019Albertina. Ici, il fait la connaissance des id\u00e9es de l&rsquo;\u00e9clectique Wolffian M. Knutzen, qui lui inculque l&rsquo;amour de la science et le rejet de l&rsquo;id\u00e9alisme spiritualiste. Apr\u00e8s avoir termin\u00e9 ses \u00e9tudes universitaires et plusieurs ann\u00e9es d\u2019enseignement \u00e0 domicile, Kant reprit le chemin acad\u00e9mique. Apr\u00e8s avoir soutenu plusieurs th\u00e8ses, il devint d&rsquo;abord privatdozent et, \u00e0 partir de 1770, professeur de m\u00e9taphysique. Bien que Kant ne recule pas devant la vie sociale et soit connu comme un homme vaillant, il se concentre au fil du temps de plus en plus sur des probl\u00e8mes purement philosophiques. Enseigner \u00e0 l\u2019universit\u00e9 lui demandait \u00e9galement beaucoup d\u2019\u00e9nergie. Kant a donn\u00e9 de nombreux cours magistraux, depuis la m\u00e9taphysique et la logique jusqu&rsquo;\u00e0 la g\u00e9ographie physique et l&rsquo;anthropologie. En 1796, Kant a arr\u00eat\u00e9 de donner des cours, mais a continu\u00e9 ses activit\u00e9s scientifiques presque jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1804.<br \/>\n<a title=\"Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, Kant a travaill\u00e9 sur un ouvrage fondamental sur le passage de la m\u00e9taphysique \u00e0 la physique, rest\u00e9 inachev\u00e9 et publi\u00e9 apr\u00e8s sa mort sous le titre Opus postumum (voir 4\u00a0: 323 - 588).\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Il y a deux p\u00e9riodes dans l&rsquo;\u0153uvre de Kant: pr\u00e9-critique (environ jusqu&rsquo;en 1770) et critique. Dans sa forme la plus g\u00e9n\u00e9rale, la p\u00e9riode pr\u00e9-critique peut \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e comme une p\u00e9riode de recherche intensive par Kant de directions prometteuses en science et en philosophie, la p\u00e9riode critique &#8211; comme une p\u00e9riode de d\u00e9couvertes r\u00e9volutionnaires et de cr\u00e9ation d&rsquo;un syst\u00e8me philosophique int\u00e9gral.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie pr\u00e9-critique.<\/strong> D\u00e9j\u00e0 dans son premier livre, \u00abR\u00e9flexions sur la v\u00e9ritable estimation des forces vivantes\u00bb (1749), Kant d\u00e9couvrait un d\u00e9sir de surmonter les extr\u00eames des \u00e9coles philosophiques en guerre, ainsi qu&rsquo;un int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;essence de la mati\u00e8re et de l&rsquo;espace. Au d\u00e9but, Kant consid\u00e9rait l&rsquo;espace comme un environnement dynamique qui na\u00eet de l&rsquo;interaction de ses substances simples constitutives, \u00e0 condition qu&rsquo;elles aient une cause commune: Dieu. Cette interpr\u00e9tation a permis de relativiser les caract\u00e9ristiques fondamentales de l&rsquo;espace, comme le nombre de ses dimensions. En modifiant les param\u00e8tres des substances en interaction, affirmait Kant, l&rsquo;espace pourrait avoir non pas trois, mais davantage de dimensions.<\/p>\n<p align=\"justify\">En plus d&rsquo;\u00e9crire des trait\u00e9s philosophiques abstraits dans la p\u00e9riode pr\u00e9-critique (ainsi que critique), Kant a \u00e9galement cr\u00e9\u00e9 des textes plus populaires. Ainsi, il publia plusieurs essais sur l&rsquo;histoire de la Terre, sur les causes des tremblements de terre, etc. Mais l&rsquo;ouvrage le plus c\u00e9l\u00e8bre du cycle philosophique naturel fut \u00abL&rsquo;Histoire g\u00e9n\u00e9rale et th\u00e9orie du ciel\u00bb, publi\u00e9 en 1755. Kant dresse ici le tableau d\u2019un Univers en \u00e9volution, form\u00e9 naturellement \u00e0 partir du chaos de la mati\u00e8re sous l\u2019influence de forces d\u2019attraction et de r\u00e9pulsion. Kant \u00e9tait s\u00fbr qu&rsquo;avec le temps, l&rsquo;ordre remplace progressivement le chaos. Dans L\u2019Histoire du Ciel, il souligne \u00e9galement que m\u00eame si le monde est r\u00e9gi par les seules lois naturelles, cela ne signifie pas que, dans son interpr\u00e9tation, le scientifique puisse se passer du concept de Dieu. Apr\u00e8s tout, les lois naturelles elles-m\u00eames, qui donnent naissance \u00e0 l\u2019harmonie cosmique, ne peuvent pas \u00eatre le r\u00e9sultat du hasard et doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme une cr\u00e9ation de l\u2019Esprit Supr\u00eame. De plus, m\u00eame les m\u00e9thodes scientifiques sophistiqu\u00e9es, pensait Kant, ne peuvent pas expliquer le ph\u00e9nom\u00e8ne de finalit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et la vie en particulier. Kant a conserv\u00e9 cette conviction pendant la p\u00e9riode critique de son \u0153uvre, niant que la finalit\u00e9 des \u00eatres vivants puisse \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e sans invoquer le concept d&rsquo;une cause intelligente de la nature &#8211; il \u00e9tait, comme on dit, un penseur de l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9-darwinienne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Malgr\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de Kant pour les sujets de philosophie naturelle et de sciences naturelles, son attention n&rsquo;\u00e9tait toujours pas concentr\u00e9e sur la physique, mais sur la m\u00e9taphysique. D\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s t\u00f4t, il s&rsquo;\u00e9loignait de la pr\u00e9sentation litt\u00e9rale des manuels wolffiens qu&rsquo;il utilisait dans ses cours et essayait de trouver sa propre voie dans cette science. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il pensait que la m\u00e9taphysique n&rsquo;\u00e9tait pas encore telle. Pour lui donner de la rigueur, il a entrepris un certain nombre de recherches m\u00e9thodologiques. Il est important que Kant ne partage pas l\u2019opinion, r\u00e9pandue \u00e0 cette \u00e9poque, selon laquelle pour devenir une science stricte, la m\u00e9taphysique doit devenir comme les math\u00e9matiques. Il a fait valoir que les m\u00e9thodes de ces sciences diff\u00e8rent. Les math\u00e9matiques sont constructives, la m\u00e9taphysique est analytique. La t\u00e2che de la m\u00e9taphysique est d&rsquo;identifier les concepts \u00e9l\u00e9mentaires de la pens\u00e9e humaine. Et d\u00e9j\u00e0 dans la p\u00e9riode pr\u00e9-critique, Kant a exprim\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;un philosophe devrait par tous les moyens \u00e9viter les fabrications arbitraires. En d\u2019autres termes, un probl\u00e8me important en philosophie \u00e9tait la question des limites de la connaissance humaine. Kant l&rsquo;affirme dans l&rsquo;un des ouvrages centraux de la p\u00e9riode pr\u00e9-critique, \u00abLes r\u00eaves d&rsquo;un voyant spirituel expliqu\u00e9s par les r\u00eaves de la m\u00e9taphysique\u00bb (1766), o\u00f9 il arrive \u00e0 la conclusion que les fronti\u00e8res de la connaissance co\u00efncident g\u00e9n\u00e9ralement avec les limites de l&rsquo;exp\u00e9rience. Cette th\u00e8se constitue la base th\u00e9orique de sa critique du mystique su\u00e9dois E. Swedishborg, \u00e0 qui d&rsquo;ailleurs est d\u00e9di\u00e9 \u00abLes R\u00eaves d&rsquo;un voyant spirituel\u00bb. Swedishborg a parl\u00e9 avec audace du monde suprasensible et a parl\u00e9 de l&rsquo;existence d&rsquo;un environnement spirituel sp\u00e9cial qui assure la communication directe des \u00e2mes. Kant a sap\u00e9 les fondements de ces fantasmes m\u00e9taphysiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">En m\u00eame temps, ce serait une erreur d\u2019interpr\u00e9ter la premi\u00e8re philosophie de Kant exclusivement sur un ton empiriste et sceptique. La \u00abm\u00e9thode sceptique\u00bb, qu&rsquo;il a emprunt\u00e9e \u00e0 Hume, n&rsquo;est qu&rsquo;un des programmes de recherche d\u00e9velopp\u00e9s par Kant dans la p\u00e9riode pr\u00e9-critique. Dans un certain nombre d&rsquo;\u0153uvres de cette p\u00e9riode, Kant appara\u00eet devant le lecteur sous une forme compl\u00e8tement diff\u00e9rente &#8211; en tant que penseur, luttant pour des hauteurs suprasensibles et confiant dans leur port\u00e9e. Nous parlons principalement de l\u2019ouvrage de 1763 \u00abLa seule base possible pour prouver l\u2019existence de Dieu\u00bb. Critiquant ici les arguments traditionnels en faveur de l&rsquo;existence d&rsquo;un \u00catre supr\u00eame, Kant avance en m\u00eame temps son propre argument \u00abontologique\u00bb, fond\u00e9 sur la reconnaissance de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une certaine forme d&rsquo;existence (si rien n&rsquo;existe, alors il y a pas de mati\u00e8re pour les choses, et elles sont impossibles; mais l&rsquo;impossible est impossible, ce qui signifie qu&rsquo;une certaine sorte d&rsquo;existence est n\u00e9cessaire) et l&rsquo;identification de cette existence premi\u00e8re avec Dieu<br \/>\n<a title=\"Au cours de la p\u00e9riode critique, Kant changea l\u2019usage des mots et commen\u00e7a \u00e0 qualifier la preuve dite \u00ab cart\u00e9sienne \u00bb ou \u00ab anselmienne \u00bb de l\u2019existence de Dieu d\u2019\u00ab argument ontologique \u00bb.\"><sup>[28]<\/sup><\/a> . Parmi les ouvrages \u00abdogmatiques\u00bb de la p\u00e9riode pr\u00e9-critique, on peut \u00e9galement citer \u00abL\u2019exp\u00e9rience de quelques observations sur l\u2019optimisme\u00bb (1759) et la th\u00e8se de 1770 \u00abSur la forme et les principes du monde raisonnablement perceptible et intelligible\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Mais si dans \u00abl&rsquo;Essai\u00bb Kant construit des sch\u00e9mas tout \u00e0 fait traditionnels dans l&rsquo;esprit de la philosophie leibniz-wolffienne, alors dans sa th\u00e8se il discute de la connaissabilit\u00e9 du monde suprasensible sous un angle diff\u00e9rent, en s&rsquo;appuyant sur la th\u00e9orie qu&rsquo;il a d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 la fin des ann\u00e9es 60. nouvelle th\u00e9orie de l&rsquo;espace et du temps. Durant cette p\u00e9riode, Kant abandonne la th\u00e9orie relativiste de l&rsquo;espace qu&rsquo;il avait pr\u00e9c\u00e9demment accept\u00e9e, puisqu&rsquo;il d\u00e9couvrit que l&rsquo;explication de l&rsquo;espace \u00e0 travers la relation des substances ne permet pas de conceptualiser une propri\u00e9t\u00e9 aussi importante de ces derni\u00e8res que la diff\u00e9rence entre droite et gauche. (par exemple, les gants droit et gauche peuvent \u00eatre compl\u00e8tement identiques en termes de relations entre leurs parties, et pourtant diff\u00e9rer l&rsquo;un de l&rsquo;autre: le gant droit ne peut pas \u00eatre mis sur la main gauche). Ce ph\u00e9nom\u00e8ne de \u00absimilitudes incongrues\u00bb, enregistr\u00e9 dans l&rsquo;ouvrage de 1768 \u00abSur le premier terrain pour distinguer les c\u00f4t\u00e9s de l&rsquo;espace\u00bb, a forc\u00e9 Kant \u00e0 accepter le concept d&rsquo;espace absolu, bien que l&rsquo;interpr\u00e9tation de Newton d&rsquo;un tel espace comme un conteneur de choses avec une r\u00e9alit\u00e9 ind\u00e9pendante cela lui a toujours paru absurde. Et d\u00e9j\u00e0 en 1769, Kant trouve le moyen de se d\u00e9barrasser de cette myst\u00e9rieuse entit\u00e9. L&rsquo;essence de la solution de Kant, expos\u00e9e dans sa th\u00e8se de 1770, est que l&rsquo;espace absolu peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 dans un sens subjectif, c&rsquo;est-\u00e0-dire comme une condition subjective de la perception humaine des influences ext\u00e9rieures, ind\u00e9pendante des choses ou a priori forme de contemplation sensorielle. Par analogie avec l&rsquo;espace, Kant a \u00e9galement repens\u00e9 le temps, qui s&rsquo;est \u00e9galement av\u00e9r\u00e9 \u00eatre pour lui une forme a priori de sensibilit\u00e9, seulement dans le cas du temps, nous ne parlons pas de sentiment externe, mais de sentiment interne. Avec cette compr\u00e9hension, les objets spatio-temporels imm\u00e9diats des sens \u00e9taient priv\u00e9s d\u2019existence ind\u00e9pendante, c\u2019est-\u00e0-dire ind\u00e9pendante du sujet qui les percevait, et \u00e9taient appel\u00e9s \u00abph\u00e9nom\u00e8nes\u00bb. Les choses, telles qu\u2019elles existent ind\u00e9pendamment de nous, \u00aben elles-m\u00eames\u00bb, ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9es par Kant \u00abnoum\u00e8nes\u00bb pour souligner leur caract\u00e8re insensible et \u00abintelligible\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce concept fut ensuite d\u00e9sign\u00e9 par Kant comme id\u00e9alisme transcendantal. L&rsquo;une de ses cons\u00e9quences est la conclusion m\u00e9thodologique sur l&rsquo;inadmissibilit\u00e9 du m\u00e9lange de concepts sensoriels et rationnels. Apr\u00e8s tout, la possibilit\u00e9 m\u00eame de penser les choses en elles-m\u00eames t\u00e9moigne que la capacit\u00e9 de penser (la raison) n&rsquo;est pas limit\u00e9e dans son application au monde des ph\u00e9nom\u00e8nes sensoriels. Les tentatives visant \u00e0 \u00e9galiser les domaines d\u2019application des concepts sensoriels et rationnels, comme cela se produit par exemple dans l\u2019affirmation \u00abtout ce qui existe existe quelque part et \u00e0 un moment donn\u00e9\u00bb<br \/>\n<a title=\"Le concept rationnel dans ce cas est le concept d\u2019existence.\"><sup>[29]<\/sup><\/a>\u00a0sont, disait Kant, la principale cause des erreurs m\u00e9taphysiques. Kant a d\u00e9fendu une th\u00e8se similaire durant la p\u00e9riode critique, mais dans un contexte diff\u00e9rent. En 1770, il croyait qu&rsquo;une personne peut non seulement penser, mais aussi conna\u00eetre les choses en elle-m\u00eame, c&rsquo;est-\u00e0-dire les penser avec la conscience de la v\u00e9rit\u00e9 objective de ces pens\u00e9es. Dix ans plus tard, lorsqu&rsquo;il publie la Critique de la raison pure (1781, deuxi\u00e8me \u00e9dition r\u00e9vis\u00e9e &#8211; 1787), sa position change radicalement. Kant soutenait que l\u2019homme n\u2019est capable de conna\u00eetre que les ph\u00e9nom\u00e8nes, mais pas les choses en elles-m\u00eames.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Transition vers la critique.<\/strong> La transformation de la position de Kant \u00e9tait associ\u00e9e \u00e0 son \u00abr\u00e9veil d&rsquo;un sommeil dogmatique\u00bb qui s&rsquo;est produit en lui en 1771 sous l&rsquo;influence du d\u00e9ni de Gam de la prouvabilit\u00e9 de la loi de causalit\u00e9 &#8211; \u00abtout changement a une cause\u00bb. Kant croyait qu&rsquo;\u00e0 partir de la th\u00e8se sur l&rsquo;ind\u00e9montrabilit\u00e9 de ce principe, Hume concluait que ce dernier avait une origine ill\u00e9gitime de l&rsquo;exp\u00e9rience et de l&rsquo;habitude (l&rsquo;exp\u00e9rience, en raison de son caract\u00e8re incomplet, ne peut l\u00e9gitimement certifier une position dans laquelle une connexion n\u00e9cessaire ou universelle est affirm\u00e9e). Une telle solution pourrait sensibiliser le concept de cause et d\u2019autres concepts rationnels, effa\u00e7ant essentiellement la fronti\u00e8re entre sensibilit\u00e9 et pens\u00e9e. Afin de pr\u00e9server la diff\u00e9rence fondamentale entre les id\u00e9es sensorielles et rationnelles, Kant, qui souscrivait \u00e0 la logique de cet argument humien, devait d\u00e9montrer que la loi de causalit\u00e9 pouvait encore \u00eatre prouv\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Face \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de prouver la th\u00e8se \u00abtout changement a une cause\u00bb, Kant a d&rsquo;abord \u00e9largi sa t\u00e2che en incluant d&rsquo;autres principes similaires, comme la loi de constance de la mati\u00e8re, parmi les principes \u00e0 prouver, puis a d\u00e9termin\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral strat\u00e9gie de ses actions dans de tels cas. Il est arriv\u00e9 \u00e0 la conclusion qu&rsquo;on ne peut \u00eatre convaincu de la v\u00e9racit\u00e9 de telles lois qu&rsquo;en d\u00e9montrant a priori qu&rsquo;elles agissent comme des principes subjectifs qui fa\u00e7onnent activement les choses. Mais ces choses ne peuvent pas \u00eatre des noum\u00e8nes, des choses en elles-m\u00eames, par leur d\u00e9finition m\u00eame ind\u00e9pendantes des capacit\u00e9s cognitives humaines. Si l\u2019esprit humain peut donner une forme \u00e0 certains objets, alors ceux-ci ne peuvent \u00eatre que des ph\u00e9nom\u00e8nes, des ph\u00e9nom\u00e8nes subjectifs. Mais la raison apporte-t-elle r\u00e9ellement ses lois dans le monde des ph\u00e9nom\u00e8nes? La confirmation de cette th\u00e8se a exig\u00e9 le plus grand effort de la part de Kant pendant la p\u00e9riode de pr\u00e9paration de la Critique de la raison pure, appel\u00e9e sa \u00ab d\u00e9cennie de silence \u00bb. Le lien d\u00e9cisif &#8211; la doctrine de l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;aperception &#8211; a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par Kant en 1775, ce qui s&rsquo;est refl\u00e9t\u00e9 dans les manuscrits d\u00e9routants des soi-disant \u00abArchives de Duisburg\u00bb (4:36 &#8211; 56). Le texte final de la Critique a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Kant dans \u00ab4-5 mois\u00bb en 1780.<\/p>\n<p align=\"justify\">La \u00abCritique de la raison pure\u00bb, l\u2019une des \u0153uvres les plus c\u00e9l\u00e8bres de l\u2019histoire de la philosophie mondiale, constitue la premi\u00e8re partie du syst\u00e8me critique de Kant, \u00e0 savoir la \u00abphilosophie th\u00e9orique\u00bb, r\u00e9pondant \u00e0 la question \u00abque puis-je savoir? La \u00abphilosophie pratique\u00bb et sa continuation, la philosophie de la religion, expos\u00e9es par Kant dans la \u00abCritique de la raison pratique\u00bb (1788) et dans d\u2019autres ouvrages, r\u00e9pondent \u00e0 deux autres questions in\u00e9vitables pour toute personne: \u00abque dois-je faire? et \u00ab\u00a0que puis-je esp\u00e9rer?\u00a0\u00bb Le r\u00f4le de lien entre la \u00abCritique de la raison pure\u00bb et la \u00abCritique de la raison pratique\u00bb est jou\u00e9 par la \u00abCritique du jugement\u00bb (1790). Dans la Critique de la raison pure, Kant construit un syst\u00e8me de principes de raison pure qui co\u00efncident avec les lois de la nature en tant que monde des ph\u00e9nom\u00e8nes. Dans la \u00abCritique de la raison pratique\u00bb, il discute des fondements de la moralit\u00e9 et de la libert\u00e9 noum\u00e9nale de la volont\u00e9 humaine en tant que condition de la conscience morale. La Critique du jugement construit des ponts entre le monde naturel et le monde de la libert\u00e9 \u00e0 travers une analyse du concept de finalit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Les trois questions fondamentales de la philosophie<\/strong> peuvent, selon Kant, \u00eatre r\u00e9duites \u00e0 un seul probl\u00e8me: \u00ab Qu\u2019est-ce que l\u2019homme? Il ne faut cependant pas oublier qu\u2019une personne, selon Kant, peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e de diff\u00e9rentes mani\u00e8res. Elle peut \u00eatre \u00e9tudi\u00e9e par des m\u00e9thodes empiriques, en observant les manifestations de la nature humaine \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques et dans diff\u00e9rentes cultures et en pr\u00eatant attention aux possibilit\u00e9s d&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;homme en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 ses diverses capacit\u00e9s en particulier. Cette technique est caract\u00e9ristique de l&rsquo;anthropologie et les r\u00e9sultats de ces recherches ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s par Kant dans Anthropologie d&rsquo;un point de vue pragmatique (1798), dont le texte est bas\u00e9 sur des notes de cours d&rsquo;anthropologie que Kant a donn\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de K\u00f6nigsberg de le d\u00e9but des ann\u00e9es 70. Une autre fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9tudier une personne ne repose pas sur l&rsquo;exp\u00e9rience, mais sur la r\u00e9flexion philosophique, et elle permet d&rsquo;identifier les formes a priori des trois capacit\u00e9s humaines fondamentales, \u00e0 savoir la capacit\u00e9 de cognition, le d\u00e9sir et la soi-disant capacit\u00e9 de plaisir. d\u00e9plaisir. Cette approche de l\u2019homme peut aussi \u00eatre appel\u00e9e anthropologie, mais ce sera une anthropologie particuli\u00e8re, \u00abtranscendantale\u00bb<br \/>\n<a title=\"Kant qualifie de transcendantal ce qui contribue \u00e0 expliquer la possibilit\u00e9 de l'a priori.\"><sup>[30]<\/sup><\/a>\u00a0. Ses th\u00e8ses sont d\u00e9velopp\u00e9es en d\u00e9tail dans les trois Critiques de Kant.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est important de noter, cependant, que le syst\u00e8me de philosophie critique de Kant ne se limite en aucune fa\u00e7on aux Critiques. Ils sont consid\u00e9r\u00e9s par Kant comme une sorte d&rsquo;\u00e9crits pr\u00e9paratoires, pr\u00e9c\u00e9dant une pr\u00e9sentation plus th\u00e9matique du mat\u00e9riel par une analyse des capacit\u00e9s humaines fondamentales. Ainsi, la critique de la capacit\u00e9 th\u00e9orique de l&rsquo;homme devrait \u00eatre poursuivie par la m\u00e9taphysique de la nature, et la critique pratique par la m\u00e9taphysique de la morale<br \/>\n<a title=\"Par m\u00e9taphysique, Kant entend un syst\u00e8me de connaissance discursive a priori sur les objets. Parfois, il interpr\u00e8te ces objets uniquement comme des objets suprasensibles (et avec cette interpr\u00e9tation il propose d'identifier la m\u00e9taphysique avec la \u00ab transphysique \u00bb). Dans d'autres cas, il les comprend plus largement, ce qui lui donne l'occasion de parler, par exemple, de la m\u00e9taphysique de la nature.\"><sup>[31]<\/sup><\/a> . Kant a en fait cr\u00e9\u00e9 non seulement les parties \u00abcritiques\u00bb, mais aussi \u00abdogmatiques\u00bb de sa philosophie, en publiant les \u00abPrincipes m\u00e9taphysiques des sciences naturelles\u00bb (1786) et la \u00abM\u00e9taphysique de la morale\u00bb (1797). Cependant, le contraste marqu\u00e9 entre les parties appliqu\u00e9es et critiques de la philosophie de Kant n\u2019a aucun sens, puisque ses trois \u00abCritiques\u00bb contiennent d\u00e9j\u00e0 les grandes lignes de ces parties appliqu\u00e9es. Quant \u00e0 la \u00abCritique de la raison pure\u00bb, elle contient les grandes lignes de tout le syst\u00e8me de la critique en g\u00e9n\u00e9ral et, en particulier, des deux autres \u00abCritiques\u00bb, ce qui s&rsquo;explique par le fait qu&rsquo;au d\u00e9but Kant avait pr\u00e9vu de se limiter \u00e0 cette critique travail.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie th\u00e9orique.<\/strong> Si l&rsquo;on consid\u00e8re la \u00abCritique de la raison pure\u00bb, analysant uniquement les \u00e9l\u00e9ments de la philosophie th\u00e9orique, alors on peut dire que ce travail combine deux projets \u00e9pist\u00e9mologiques: 1) un programme n\u00e9gatif visant \u00e0 limiter la connaissance humaine \u00e0 la sph\u00e8re de l&rsquo;exp\u00e9rience possible, des objets des sens , et 2) un programme positif pour justifier la possibilit\u00e9 d&rsquo;une connaissance synth\u00e9tique a priori dans ce domaine. Kant \u00e9tait s\u00fbr que ces parties de sa \u00abphilosophie transcendantale\u00bb \u00e9taient interconnect\u00e9es. Nous avons d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 plus haut pourquoi il avait cette opinion. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, une approche historique, ou g\u00e9n\u00e9tique, de l\u2019analyse de la \u00abCritique de la raison pure\u00bb permet de mieux comprendre la structure de cette \u0153uvre et de r\u00e9soudre nombre de ses myst\u00e8res. En effet, dans le texte de la Critique, Kant ne met pas toujours en avant les arguments qui ont conduit \u00e0 la formation de ses vues, ce qui peut parfois d\u00e9sorienter le lecteur<br \/>\n<a title=\"Par exemple, en discutant de la nature de l'espace et du temps dans la Critique, Kant ne se souvient pas de l'argument sur les \u00ab similitudes incongrues \u00bb, qui a historiquement pr\u00e9d\u00e9termin\u00e9 sa transition vers la vision de l'espace et du temps pr\u00e9sent\u00e9e dans cet ouvrage. Cet argument n'appara\u00eet \u00e0 nouveau, et de mani\u00e8re presque d\u00e9cisive, que dans les \u00ab Prol\u00e9gom\u00e8nes \u00e0 toute m\u00e9taphysique future pouvant faire office de science \u00bb (1783), qui expliquent la Critique.\"><sup>[32]<\/sup><\/a>\u00a0.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les programmes n\u00e9gatifs et positifs de la Critique de la raison pure se concentrent sur sa question principale: \u00abComment des jugements synth\u00e9tiques a priori sont-ils possibles?\u00bb (3:64). Derri\u00e8re cette formulation \u00abscolaire\u00bb (Kant appelle les jugements synth\u00e9tiques des jugements dans lesquels un pr\u00e9dicat de l&rsquo;ext\u00e9rieur est attach\u00e9 au sujet, comme dans le jugement \u00ables corps ont de la lourdeur\u00bb; ils s&rsquo;opposent aux jugements analytiques qui explicitent le contenu du sujet, comme dans le jugement \u00ables corps sont \u00e9tendus\u00bb) cache le probl\u00e8me suivant: comment peut-on, de mani\u00e8re fiable, c&rsquo;est-\u00e0-dire avec l&rsquo;universalit\u00e9 et la n\u00e9cessit\u00e9 (crit\u00e8res a priori) appropri\u00e9es, apprendre quelque chose sur des choses qui ne nous sont pas donn\u00e9es ou ne nous ont pas encore \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es dans l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle? Kant \u00e9tait s\u00fbr qu&rsquo;une telle connaissance existe. A titre d&rsquo;exemple, il cite les principes des math\u00e9matiques pures, qui correspondent \u00e9videmment \u00e0 tous les objets pouvant \u00eatre rencontr\u00e9s par les sens, ainsi que les principes des \u00absciences naturelles g\u00e9n\u00e9rales\u00bb, comme la loi de causalit\u00e9: \u00abtous les changements ont un effet\u00bb cause. Mais comment une personne peut-elle anticiper ce qui ne lui a pas encore \u00e9t\u00e9 donn\u00e9? En d\u2019autres termes, \u00abcomment les math\u00e9matiques pures sont-elles possibles?\u00bb, \u00abcomment les sciences naturelles pures sont-elles possibles?\u00bb et, enfin, \u00abcomment la m\u00e9taphysique est-elle possible en tant que science?\u00bb (3:65-66).<\/p>\n<p align=\"justify\">Kant soutenait que les sciences contenant des connaissances synth\u00e9tiques a priori, et ces connaissances elles-m\u00eames, ne sont possibles que si les capacit\u00e9s cognitives humaines d\u00e9terminent d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre les choses. Cette vision du probl\u00e8me, qui contredit \u00abl&rsquo;apparence\u00bb selon laquelle nos conceptions du monde sont au contraire form\u00e9es par des choses, Kant lui-m\u00eame a appel\u00e9 la \u00abr\u00e9volution copernicienne\u00bb en philosophie (3:35, 38). Il est cependant clair que l\u2019homme n\u2019est pas le cr\u00e9ateur des choses. Par cons\u00e9quent, s&rsquo;il peut les d\u00e9finir, alors seulement du c\u00f4t\u00e9 formel, et seuls ceux d&rsquo;entre eux qui peuvent lui \u00eatre donn\u00e9s par l&rsquo;exp\u00e9rience sont pertinents pour sa perception.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les choses, dans la mesure o\u00f9 elles se rapportent \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience humaine, Kant, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 not\u00e9, appelle des ph\u00e9nom\u00e8nes ou des apparences. Les choses en elles-m\u00eames s&rsquo;y opposent. Puisque l\u2019homme ne peut pas former les choses par lui-m\u00eame, leur connaissance a priori est impossible. Ils ne sont pas non plus donn\u00e9s par exp\u00e9rience. Kant conclut donc que de telles choses sont inconnaissables. Il admet n\u00e9anmoins leur existence, puisque quelque chose doit appara\u00eetre dans les ph\u00e9nom\u00e8nes. Les choses elles-m\u00eames \u00abaffectent\u00bb notre sensualit\u00e9 (Sinnlichkeit), \u00e9tant la source du c\u00f4t\u00e9 \u00abmat\u00e9riel\u00bb des ph\u00e9nom\u00e8nes. Les formes des ph\u00e9nom\u00e8nes sont introduites par nous-m\u00eames. Ils le sont a priori. Kant identifie deux de ces formes: l&rsquo;espace et le temps. L&rsquo;espace est une forme de \u00absentiment externe\u00bb, le temps est \u00abinterne\u00bb. Le sentiment int\u00e9rieur est li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur, croyait Kant, et est impossible sans lui. Il n&rsquo;est possible de percevoir la s\u00e9quence de nos \u00e9tats internes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de pens\u00e9es, de sensations ou de d\u00e9sirs, qu&rsquo;en les corr\u00e9lant avec un certain arri\u00e8re-plan immuable, \u00e0 savoir avec des objets dans l&rsquo;espace, la mati\u00e8re<br \/>\n<a title=\"La \u00ab r\u00e9futation de l\u2019id\u00e9alisme \u00bb de Kant est bas\u00e9e sur cette position (voir 3\u00a0:\u00a0235-238).\"><sup>[33]<\/sup><\/a>\u00a0. Mais le sens externe ne peut fonctionner sans le sens interne, puisque la constance des objets spatiaux, la coexistence de leurs parties et la s\u00e9quence de leurs changements sont incompr\u00e9hensibles en dehors des caract\u00e9ristiques temporelles.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019id\u00e9e que le temps, et surtout l\u2019espace, n\u2019existent pas ind\u00e9pendamment du sujet semble tr\u00e8s \u00e9trange. Kant insiste cependant sur le fait que si le temps et l\u2019espace n\u2019\u00e9taient pas a priori des formes de sensibilit\u00e9, l\u2019exposition apodictique de leurs propri\u00e9t\u00e9s en g\u00e9om\u00e9trie et en arithm\u00e9tique serait impossible. Elles devraient s&rsquo;av\u00e9rer \u00eatre des sciences empiriques, mais de telles disciplines ne peuvent pas contenir de connaissances synth\u00e9tiques a priori. L&rsquo;arithm\u00e9tique et la g\u00e9om\u00e9trie en contiennent en abondance.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les sciences sur les formes et les lois de la contemplation sensorielle n\u2019\u00e9puisent cependant pas tous les aspects de la connaissance humaine. La connaissance peut \u00eatre non seulement contemplative, mais aussi discursive. Et toute perception r\u00e9elle pr\u00e9suppose: 1) la donation de l&rsquo;objet dans l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle, 2) la conscience de cet objet. La conscience n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la sensualit\u00e9 et la contemplation. Les sens sont passifs et la conscience est une action spontan\u00e9e. Kant a montr\u00e9 que tout acte de conscience qui peut \u00eatre exprim\u00e9 par la formule \u00abJe pense [quelque chose]\u00bb pr\u00e9suppose une r\u00e9flexion, une conscience de soi, qui nous r\u00e9v\u00e8le un Soi unique et identique, seule constante dans le flux des id\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Kant, cependant, refuse d\u2019appeler ce je une substance. Un tel Soi serait une chose en soi, et ils sont incompr\u00e9hensibles. Je ne suis qu\u2019une forme de pens\u00e9e, une unit\u00e9 de conscience de soi ou \u00abaperception\u00bb. N\u00e9anmoins, le Soi s\u2019av\u00e8re \u00eatre pour Kant la source profonde de l\u2019activit\u00e9 spontan\u00e9e, la base des \u00abcapacit\u00e9s cognitives sup\u00e9rieures\u00bb. La principale de ces capacit\u00e9s est la raison (Verstand). Sa fonction principale est le jugement. Le jugement est impossible sans concepts. Mais tout concept, par exemple \u00abpersonne\u00bb, contient des r\u00e8gles par lesquelles on peut d\u00e9terminer si un objet particulier correspond ou non \u00e0 ce concept. Kant d\u00e9finit donc la raison comme la capacit\u00e9 de cr\u00e9er des r\u00e8gles. La raison humaine, comme la sensibilit\u00e9 avec ses formes a priori, contient des r\u00e8gles a priori, des \u00abfondamentaux\u00bb. Les principes d\u00e9coulent des concepts \u00e9l\u00e9mentaires de l&rsquo;esprit &#8211; des cat\u00e9gories qui, \u00e0 leur tour, d\u00e9coulent des fonctions logiques des jugements, telles que le connecteur \u00absi-alors\u00bb, \u00absoit-ou\u00bb, etc.<\/p>\n<p align=\"justify\">Kant syst\u00e9matise les cat\u00e9gories dans un tableau sp\u00e9cial, parall\u00e8le au tableau des jugements, qu&rsquo;il emprunte \u00e0 la logique<br \/>\n<a title=\"\u00c0 savoir de la \u00ab logique g\u00e9n\u00e9rale \u00bb, par laquelle Kant entend une science contenant \u00ab les r\u00e8gles n\u00e9cessaires de la pens\u00e9e \u00bb et faisant abstraction des diff\u00e9rences entre les objets (3\u00a0: 102). Il distingue la \u00ab logique transcendantale \u00bb de la logique g\u00e9n\u00e9rale, qui ne prend en compte que la connaissance a priori des objets et se pr\u00e9occupe de d\u00e9terminer leur \u00ab origine, leur port\u00e9e et leur signification objective \u00bb (3\u00a0: 105).\"><sup>[34]<\/sup><\/a> . Il identifie quatre groupes de cat\u00e9gories &#8211; quantit\u00e9, qualit\u00e9, relation et modalit\u00e9, dont chacune contient trois cat\u00e9gories &#8211; 1) unit\u00e9, pluralit\u00e9, compl\u00e9tude, 2) r\u00e9alit\u00e9, n\u00e9gation, limitation, 3) substance &#8211; accident, cause &#8211; action, interaction. 4) possibilit\u00e9 &#8211; impossibilit\u00e9, existence &#8211; non-existence, n\u00e9cessit\u00e9 &#8211; accident. La troisi\u00e8me cat\u00e9gorie de chaque groupe peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme une synth\u00e8se (mais pas une simple somme) des deux premi\u00e8res. Kant insistait cependant sur le fait que d\u2019autres cat\u00e9gories (principalement les cat\u00e9gories de relation) sont associ\u00e9es \u00e0 l\u2019activit\u00e9 synth\u00e9tique. C&rsquo;est \u00e0 travers les cat\u00e9gories que la diversit\u00e9 des sentiments est ramen\u00e9e sous \u00abl&rsquo;imagination productive\u00bb sous \u00abl&rsquo;unit\u00e9 transcendantale de l&rsquo;aperception\u00bb, le Soi pur, auquel toutes nos id\u00e9es sont li\u00e9es. Si les ph\u00e9nom\u00e8nes n&rsquo;\u00e9taient pas soumis \u00e0 des cat\u00e9gories, ces ph\u00e9nom\u00e8nes ne pourraient pas \u00eatre per\u00e7us par nous. Par cons\u00e9quent, si l&rsquo;espace et le temps constituent les conditions de possibilit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes en g\u00e9n\u00e9ral, alors les cat\u00e9gories contiennent les conditions de possibilit\u00e9 des ph\u00e9nom\u00e8nes per\u00e7us &#8211; les autres ph\u00e9nom\u00e8nes, soutenait Kant, ne sont rien pour nous, et puisqu&rsquo;en eux-m\u00eames ils sont d\u00e9pourvus de r\u00e9alit\u00e9 , alors les \u00abph\u00e9nom\u00e8nes imperceptibles\u00bb ne sont qu\u2019une abstraction.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les ph\u00e9nom\u00e8nes correspondent donc \u00e0 des cat\u00e9gories. Mais ici, cela ne peut se faire sans une sorte de m\u00e9diation. Apr\u00e8s tout, les cat\u00e9gories elles-m\u00eames, en tant que concepts a priori de l&rsquo;entendement, ne sont pas homog\u00e8nes aux ph\u00e9nom\u00e8nes en tant qu&rsquo;objets empiriques de l&rsquo;intuition sensorielle. Et si l\u2019on veut les appliquer aux ph\u00e9nom\u00e8nes, il faut alors les traduire dans le langage de la sensibilit\u00e9. Cette traduction s&rsquo;effectue \u00e0 l&rsquo;aide du \u00absch\u00e9matisme\u00bb des concepts purs de la raison, m\u00e9canisme dans lequel l&rsquo;imagination joue un r\u00f4le d\u00e9cisif, capacit\u00e9 qui occupe une position interm\u00e9diaire entre la raison et la sensualit\u00e9 &#8211; sensuelle de forme, elle est active, comme la raison. Kant appelle un sch\u00e9ma \u00abl&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un dispositif g\u00e9n\u00e9ral de la facult\u00e9 d&rsquo;imagination qui fournit une image \u00e0 un concept\u00bb (3:177 &#8211; 178). Contrairement \u00e0 une image, dans laquelle un seul objet est toujours repr\u00e9sent\u00e9, un diagramme contient des r\u00e8gles g\u00e9n\u00e9rales pour la synth\u00e8se du divers dans la contemplation. Elles diff\u00e8rent des r\u00e8gles purement rationnelles par leur caract\u00e8re temporel. C\u2019est \u00e0 travers les formes du temps que se produit l\u2019interpr\u00e9tation sensorielle des cat\u00e9gories. Le sch\u00e9ma des cat\u00e9gories de quantit\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le nombre comme unit\u00e9 d&rsquo;une \u00absynth\u00e8se coh\u00e9rente d&rsquo;une repr\u00e9sentation homog\u00e8ne diversifi\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral\u00bb, le sch\u00e9ma des cat\u00e9gories de qualit\u00e9 est l&rsquo;id\u00e9e du degr\u00e9 de pl\u00e9nitude du temps, le le sch\u00e9ma de substance est \u00abla constance du r\u00e9el dans le temps\u00bb, la cause est \u00able r\u00e9el, qui&#8230; est toujours suivi d&rsquo;un autre r\u00e9el\u00bb, les interactions &#8211; \u00abla coexistence des d\u00e9finitions d&rsquo;une substance avec les d\u00e9finitions d&rsquo;une autre substance selon la r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale\u00bb (3:179-180). Kant d\u00e9clare que le sch\u00e9ma de la cat\u00e9gorie de possibilit\u00e9 est \u00abl&rsquo;accord de la synth\u00e8se de diverses repr\u00e9sentations avec les conditions du temps en g\u00e9n\u00e9ral\u00bb, de la r\u00e9alit\u00e9 &#8211; \u00abl&rsquo;existence \u00e0 un certain temps\u00bb, de la n\u00e9cessit\u00e9 &#8211; \u00abl&rsquo;existence \u00e0 tous les temps\u00bb (3:180).<\/p>\n<p align=\"justify\">Les sch\u00e9mas de cat\u00e9gories donnent une \u00abr\u00e9alit\u00e9 objective\u00bb \u00e0 ces concepts rationnels et limitent en m\u00eame temps la port\u00e9e de leur signification cognitive aux ph\u00e9nom\u00e8nes. Sur la base de ces sch\u00e9mas, Kant formule les principes de la raison pure: \u00abtoutes les intuitions sont des quantit\u00e9s extensives\u00bb, \u00abdans tous les ph\u00e9nom\u00e8nes le r\u00e9el&#8230; a une valeur intensive\u00bb, \u00ab\u00e0 chaque changement de ph\u00e9nom\u00e8nes&#8230; la quantit\u00e9 de substance dans la nature n&rsquo;augmente ni ne diminue\u00bb, \u00abtous les changements se font selon la loi du lien de cause \u00e0 effet\u00bb (3:191, 195, 205, 210), etc. Ils peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des lois a priori de la nature qui forment la base de la science naturelle g\u00e9n\u00e9rale ou pure, des lois selon lesquelles la raison humaine (par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;activit\u00e9 inconsciente de l&rsquo;imagination productive transcendantale) met les ph\u00e9nom\u00e8nes au monde afin de les lire ensuite consciemment \u00e0 partir de la nature. Comprenant la nature, une personne y pr\u00e9suppose toujours ces lois. La connaissance est donc impossible sans l\u2019interaction des sentiments et de la raison. Sans raison, \u00e9crit Kant, les intuitions sensorielles sont aveugles et les concepts rationnels, d\u00e9pourvus de contenu sensoriel, sont vides. Et pourtant, selon Kant, l\u2019homme ne se contente pas du monde de l\u2019exp\u00e9rience sensorielle et veut p\u00e9n\u00e9trer jusqu\u2019aux fondements suprasensibles des ph\u00e9nom\u00e8nes, pour r\u00e9pondre aux questions sur le libre arbitre, l\u2019immortalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me et l\u2019existence de Dieu.<\/p>\n<p align=\"justify\">La raison (Vernunft) l&rsquo;entra\u00eene dans cette direction. La raison na\u00eet de la raison et est interpr\u00e9t\u00e9e par Kant comme la \u00abcapacit\u00e9 des principes\u00bb, la capacit\u00e9 de penser l\u2019inconditionnel et l\u2019ultime. Dans un certain sens, la raison qui s\u2019efforce de comprendre les principes est une capacit\u00e9 philosophique, car la philosophie, du moins la \u00abpremi\u00e8re philosophie\u00bb ou m\u00e9taphysique, s\u2019est toujours pr\u00e9occup\u00e9e des principes de l\u2019\u00eatre. Et ce n\u2019est pas un hasard si Kant a dit que tous les \u00eatres humains, en tant qu\u2019\u00eatres rationnels, ont une inclination naturelle vers la m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p align=\"justify\">La raison a une fonction logique et r\u00e9elle. Dans la fonction \u00ablogique\u00bb, c&rsquo;est la capacit\u00e9 d&rsquo;inf\u00e9rences, c&rsquo;est-\u00e0-dire de conclusions a priori \u00e0 partir de pr\u00e9misses universelles; dans la fonction r\u00e9elle, elle est utilis\u00e9e pour la cognition ou la cr\u00e9ation d&rsquo;objets; Autrement dit, la raison permet des applications th\u00e9oriques et pratiques. L\u2019application th\u00e9orique de la raison, selon Kant, est r\u00e9gulatrice et constitutive, et seule l\u2019application r\u00e9gulatrice est l\u00e9gitime quand on regarde le monde \u00abcomme si\u00bb (als ob) il correspondait \u00e0 la raison. L&rsquo;usage constitutif de la raison supposerait la possibilit\u00e9 d&rsquo;une corr\u00e9lation d\u00e9monstrative de ses concepts a priori avec les choses.<\/p>\n<p align=\"justify\">Kant appelle les concepts de raison a priori et n\u00e9cessaires, auxquels aucun objet ne peut \u00eatre donn\u00e9 dans l\u2019exp\u00e9rience, \u00abid\u00e9es de raison pure\u00bb. Des trois principaux types d&rsquo;inf\u00e9rences, cat\u00e9goriques, hypoth\u00e9tiques et disjonctives, Kant d\u00e9duit trois classes d&rsquo;id\u00e9es: l&rsquo;\u00e2me, le monde et Dieu (id\u00e9al transcendantal). Kant ne nie pas que ces id\u00e9es soient un produit naturel de la raison. Mais il ne croit pas qu\u2019elles puissent \u00eatre des sources de connaissances objectives. Ils ne font que pousser l\u2019esprit \u00e0 une p\u00e9n\u00e9tration toujours plus profonde dans la nature. La tentative de les faire correspondre avec des objets r\u00e9els \u00e9choue. Dans la section \u00abdialectique\u00bb de la \u00abCritique de la raison pure\u00bb (qui r\u00e9v\u00e8le la \u00abnature illusoire des jugements transcendantaux<br \/>\n<a title=\"Kant appelle les principes transcendantaux ceux qui \u00ab nous encouragent \u00e0 d\u00e9truire toutes les bornes fronti\u00e8res et \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer dans un sol compl\u00e8tement nouveau \u00bb \u2013 les principes suprasensibles (voir 3\u00a0:\u00a0286).\"><sup>\u00bb<\/sup><\/a> et suit \u00abl&rsquo;esth\u00e9tique transcendantale\u00bb, qui expose la doctrine de la sensibilit\u00e9, et \u00abl&rsquo;analyse transcendantale\u00bb &#8211; \u00e0 propos de raison), Kant d\u00e9truit syst\u00e9matiquement les disciplines m\u00e9taphysiques traditionnelles sur le suprasensible, correspondant exactement \u00e0 la rubrique des id\u00e9es de raison pure, \u00e0 savoir la psychologie rationnelle, la cosmologie rationnelle (la doctrine du monde dans son ensemble) et la th\u00e9ologie naturelle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Critique des sciences m\u00e9taphysiques.<\/strong>\u00a0La principale erreur de la psychologie rationnelle, qui pr\u00e9tend conna\u00eetre l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00e2me, est, selon Kant, la confusion inacceptable du Je pensant avec le Je comme chose en soi et le transfert de conclusions analytiques sur le premier (\u00e0 savoir le Je). conclusion sur la physicalit\u00e9, la simplicit\u00e9 et l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;aperception) \u00e0 la seconde. Kant appelle cette confusion le paralogisme de la raison pure. Les efforts visant \u00e0 d\u00e9montrer l\u2019existence de Dieu sont \u00e9galement d\u00e9pourvus de toute perspective th\u00e9orique, affirme Kant. L&rsquo;existence de Dieu peut \u00eatre prouv\u00e9e a priori ou a posteriori. Une preuve a posteriori peut appara\u00eetre sous la forme d\u2019un argument cosmologique et physico-th\u00e9ologique. La preuve cosmologique de l\u2019existence de Dieu part de tout fait d\u2019existence al\u00e9atoire (c\u2019est-\u00e0-dire de l\u2019existence d\u2019une chose qui peut ne pas exister) et remonte \u00e0 la cause premi\u00e8re, qui est dot\u00e9e du statut d\u2019existence n\u00e9cessaire. On conclut alors que cet \u00eatre n\u00e9cessaire est en m\u00eame temps un \u00eatre tout parfait, c&rsquo;est-\u00e0-dire Dieu. L\u2019argument physico-th\u00e9ologique ne proc\u00e8de pas de l\u2019existence en g\u00e9n\u00e9ral, mais de l\u2019existence sp\u00e9cifique, qui peut inclure un param\u00e8tre tel que l\u2019opportunit\u00e9. L&rsquo;opportunit\u00e9 de la nature nous oblige \u00e0 supposer la pr\u00e9sence d&rsquo;une cause raisonnable, d\u00e9clar\u00e9e par Dieu. Selon Kant, la preuve a posteriori de l\u2019existence de Dieu est \u00e9videmment inacceptable, car \u00e0 partir des propri\u00e9t\u00e9s des choses finies trouv\u00e9es dans le monde, on ne peut pas conclure de mani\u00e8re fiable aux attributs infinis de Dieu. En particulier, les preuves physiques et th\u00e9ologiques nous permettent, au mieux, de parler de l\u2019existence d\u2019un Architecte, mais pas d\u2019un Cr\u00e9ateur du monde infiniment parfait. En r\u00e9alit\u00e9, m\u00eame cette conclusion n\u2019est qu\u2019un jugement subjectif, conditionn\u00e9, selon Kant, par notre incapacit\u00e9 \u00e0 penser diff\u00e9remment les causes de la finalit\u00e9 naturelle. La situation est encore pire avec l\u2019argument cosmologique. Elle repose sur un abus du concept de cause, qui ne peut \u00eatre correctement appliqu\u00e9 que dans l\u2019exp\u00e9rience sensorielle. Mais surtout, selon Kant, il n&rsquo;existe pas de raisons suffisantes pour passer du concept d&rsquo;\u00eatre n\u00e9cessaire au concept d&rsquo;\u00eatre tout-parfait.<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, une preuve a priori de l\u2019existence de Dieu, ce qu\u2019on appelle \u00ab l\u2019argument ontologique \u00bb, ne peut pas apporter de succ\u00e8s. Il est bas\u00e9 sur une analyse du concept de Dieu en tant qu&rsquo;\u00eatre tout-parfait, qui, soutient-on, doit contenir le pr\u00e9dicat d&rsquo;existence extra-mentale: sinon il lui manquera l&rsquo;une des perfections. Kant affirme cependant que \u00abl\u2019\u00eatre n\u2019est pas un v\u00e9ritable pr\u00e9dicat\u00bb (3:469). En disant qu&rsquo;une chose existe, on n&rsquo;ajoute pas de nouveau contenu \u00e0 son concept, mais on affirme seulement qu&rsquo;un objet r\u00e9el correspond \u00e0 ce concept. Par cons\u00e9quent, l\u2019absence d\u2019un pr\u00e9dicat d\u2019\u00eatre dans le concept de Dieu ne serait pas une preuve de l\u2019incompl\u00e9tude du concept de l\u2019essence divine, sur l\u2019hypoth\u00e8se sur laquelle reposait pourtant toute la preuve ontologique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pas moins de probl\u00e8mes attendent l&rsquo;esprit humain lorsqu&rsquo;il tente de comprendre les principes fondamentaux du monde naturel, de comprendre s&rsquo;il a un commencement dans le temps et des limites dans l&rsquo;espace, si la mati\u00e8re est constitu\u00e9e de vrais atomes ou est divisible ind\u00e9finiment, si le cours La nature permet des \u00e9v\u00e9nements sans cause, et s&rsquo;il y a dans le monde ou \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur ses choses n\u00e9cessaires. En consid\u00e9rant toutes ces questions, l\u2019esprit s\u2019emm\u00eale dans des contradictions. Il voit des motifs \u00e9gaux pour des conclusions oppos\u00e9es, pour les conclusions selon lesquelles le monde est limit\u00e9 et qu&rsquo;il est infini, que la mati\u00e8re est divisible \u00e0 l&rsquo;infini et qu&rsquo;il y a une limite \u00e0 la division, etc. Kant appelle un tel \u00e9tat de dualit\u00e9 interne de l&rsquo;esprit \u00abantinomie\u00bb. L\u2019antinomie menace de d\u00e9truire la raison, et elle pourrait bien r\u00e9veiller le philosophe de son \u00absommeil dogmatique\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Kant r\u00e9sout l&rsquo;antinomie de la raison pure en se r\u00e9f\u00e9rant aux conclusions de l&rsquo;esth\u00e9tique transcendantale: puisque le monde naturel n&rsquo;est qu&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne, et non une chose en soi, il n&rsquo;a pas de r\u00e9alit\u00e9 ind\u00e9pendante. Par cons\u00e9quent, cela n\u2019a aucun sens de dire, par exemple, qu\u2019il est infini, ni de chercher ses limites strictement d\u00e9finies. La m\u00eame situation s&rsquo;applique \u00e0 la divisibilit\u00e9 de la mati\u00e8re. Comprendre la bifurcation de l\u2019existence en choses en elles-m\u00eames et ph\u00e9nom\u00e8nes dans les deux autres cas permet de r\u00e9partir les th\u00e8ses et antith\u00e8ses de l\u2019antinomie dans diff\u00e9rentes sph\u00e8res d\u2019existence. Par exemple, du fait que le monde des ph\u00e9nom\u00e8nes est soumis \u00e0 la loi de causalit\u00e9 naturelle, il ne r\u00e9sulte pas de l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9v\u00e9nements sans cause, c\u2019est-\u00e0-dire spontan\u00e9s ou libres. La libert\u00e9 peut exister dans le monde noum\u00e9nal, le monde des choses en elles-m\u00eames.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie pratique.<\/strong> Toutefois, la r\u00e9alit\u00e9 de la libert\u00e9 ne peut \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e par des moyens th\u00e9oriques. Cependant, Kant montre que cette hypoth\u00e8se est in\u00e9vitable en pratique. Le fait est que la libert\u00e9 est une condition n\u00e9cessaire de la \u00abloi morale\u00bb, dont l\u2019existence ne peut \u00eatre mise en doute. Kant examine ces questions en d\u00e9tail dans ses \u00abFondements de la m\u00e9taphysique de la morale\u00bb (1785), \u00abCritique de la raison pratique\u00bb, \u00abM\u00e9taphysique de la morale\u00bb et d&rsquo;autres ouvrages.<\/p>\n<p align=\"justify\">Kant associe le concept de moralit\u00e9 au devoir inconditionnel, c&rsquo;est-\u00e0-dire aux situations dans lesquelles nous sommes conscients que nous devons faire telle ou telle chose simplement parce que cela est n\u00e9cessaire, et non pour d&rsquo;autres raisons. En tant qu&rsquo;inconditionnelles, les exigences morales naissent de la raison, non pas th\u00e9orique, mais \u00abpratique\u00bb, qui d\u00e9termine la volont\u00e9. La volont\u00e9 humaine ne suit pas automatiquement les pr\u00e9ceptes moraux (elle n\u2019est pas \u00absacr\u00e9e\u00bb), tout comme les choses suivent les lois de la nature. Ces prescriptions agissent pour elle comme un \u00ab imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire une exigence inconditionnelle<br \/>\n<a title=\"Kant oppose les imp\u00e9ratifs cat\u00e9goriques aux imp\u00e9ratifs hypoth\u00e9tiques qui sont d\u00e9pourvus de contenu moral et ont la forme \u00ab vous devez faire quelque chose pour le bien de quelque chose \u00bb.\"><sup>[36]<\/sup><\/a> . L&rsquo;inconditionnalit\u00e9 de \u00abl&rsquo;imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique\u00bb, qui exprime la loi morale, d\u00e9termine le altruisme des motivations morales et leur ind\u00e9pendance par rapport aux aspirations \u00e9go\u00efstes et aux \u00abinclinations sensuelles\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;autonomie de bonne volont\u00e9 signifie \u00e9galement qu&rsquo;une personne peut toujours agir conform\u00e9ment \u00e0 son devoir. C&rsquo;est pourquoi Kant relie la loi morale et la libert\u00e9. La volont\u00e9 humaine n&rsquo;est pas soumise au m\u00e9canisme de la motivation sensorielle et peut agir \u00e0 l&rsquo;encontre de celui-ci. Cette conclusion oblige Kant \u00e0 transf\u00e9rer la source des actions morales, c\u2019est-\u00e0-dire le libre arbitre, dans le domaine de l\u2019existence noum\u00e9nale. L&rsquo;homme est libre non pas en tant qu&rsquo;\u00eatre naturel, mais en tant qu&rsquo;\u00eatre noum\u00e9nal. De nombreux auteurs estiment que cette interpr\u00e9tation, quelque peu obscurcie par la distinction kantienne entre libert\u00e9 \u00abpratique\u00bb (ou psychologique) et \u00abtranscendantale\u00bb, est tr\u00e8s probl\u00e9matique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Tout d&rsquo;abord, si les actions libres ont une base dans le monde noum\u00e9nal et qu&rsquo;elles appartiennent elles-m\u00eames au monde des ph\u00e9nom\u00e8nes, o\u00f9 tout est d\u00e9termin\u00e9 par des causes ph\u00e9nom\u00e9nales, en particulier des inclinations sensorielles, alors il n&rsquo;est pas tr\u00e8s clair comment on peut g\u00e9n\u00e9ralement parler de la r\u00e9alit\u00e9 de tels actes. Non seulement un tel acte peut s\u2019expliquer par des inclinations sensorielles et d\u2019autres causes naturelles, mais il s\u2019av\u00e8re qu\u2019il sera en r\u00e9alit\u00e9 commis sous leur influence. Apr\u00e8s tout, si la libert\u00e9 noum\u00e9nale pouvait n\u00e9anmoins p\u00e9n\u00e9trer dans le monde des ph\u00e9nom\u00e8nes, alors il y aurait une violation de la loi de la causalit\u00e9 naturelle, mais Kant prouve que cette loi est immuable. Mais il lui faudrait alors admettre le caract\u00e8re illusoire de la libert\u00e9 et de la moralit\u00e9 ou affirmer : nous r\u00e9alisons que nous devons agir selon la loi morale, mais nous ne pouvons pas le faire. Kant, cependant, est convaincu que si nous devons faire quelque chose, nous pouvons le faire. Et nous sommes confront\u00e9s \u00e0 une contradiction \u00e9vidente: nous pouvons et en m\u00eame temps nous ne pouvons pas nous comporter en \u00eatres libres. Bien entendu, Kant n\u2019\u00e9vite pas cette difficult\u00e9. Au contraire, il le souligne de toutes les mani\u00e8res possibles et tente de trouver une solution en distinguant le caract\u00e8re \u00abintelligible\u00bb et \u00abempirique\u00bb d&rsquo;une personne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le caract\u00e8re empirique est l&rsquo;ensemble des relations causales naturelles qui forment la vie ph\u00e9nom\u00e9nale d&rsquo;un individu. Le caract\u00e8re intelligible exprime le c\u00f4t\u00e9 noum\u00e9nal de la vie humaine, le r\u00e9v\u00e8le comme un \u00eatre libre. Kant soutient que la libert\u00e9 noum\u00e9nale et la n\u00e9cessit\u00e9 ph\u00e9nom\u00e9nale peuvent \u00eatre combin\u00e9es en supposant que le libre choix d&rsquo;une personne, effectu\u00e9 au niveau noum\u00e9nal, est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fa\u00e7onne son caract\u00e8re empirique. Bien que toutes les actions de cette personne soient naturellement d\u00e9termin\u00e9es, les lois m\u00eames et la nature de cette d\u00e9termination sont d\u00e9termin\u00e9es par son libre choix. Kant avait de s\u00e9rieux espoirs dans cette solution, m\u00eame s&rsquo;il reconnaissait qu&rsquo;elle ne pouvait pas satisfaire pleinement notre raison. Apr\u00e8s tout, la th\u00e8se sur la libre formation par le Soi noum\u00e9nal de sa propre vie ph\u00e9nom\u00e9nale soul\u00e8ve de nombreuses difficult\u00e9s nouvelles. En particulier, il n\u2019est pas tout \u00e0 fait clair quand se produit cette ph\u00e9nom\u00e9nologisation du noum\u00e8ne et si le caract\u00e8re empirique peut \u00eatre remodel\u00e9. Apparemment non: des causes naturelles cr\u00e9\u00e9es le d\u00e9terminent une fois pour toutes. Cela signifie qu&rsquo;une personne fait un choix initial en faveur du bien ou du mal au moment de son apparition dans le monde, et elle le fait, apparemment, sans encore avoir conscience d&rsquo;elle-m\u00eame. Certaines d\u00e9clarations de Kant indiquent qu&rsquo;il \u00e9tait enclin \u00e0 cette interpr\u00e9tation (1:3, 551). Mais il est \u00e9vident que le libre choix doit \u00eatre conscient. De plus, l&rsquo;homme en tant qu&rsquo;\u00eatre ph\u00e9nom\u00e9nal ne vit pas isol\u00e9 du monde et des autres personnes dot\u00e9es de leurs propres caract\u00e8res empiriques. Et si nous supposons qu&rsquo;il forme librement son Soi empirique, soumis \u00e0 la causalit\u00e9 naturelle et interagissant avec son environnement, alors il s&rsquo;av\u00e8re qu&rsquo;il devrait y avoir quelque chose comme une harmonie pr\u00e9\u00e9tablie entre les gens. Kant a toujours eu une attitude extr\u00eamement n\u00e9gative \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce concept, estimant qu\u2019il signifiait la fin de toute philosophie. Et pourtant, la n\u00e9cessit\u00e9 objective l&rsquo;a pouss\u00e9 \u00e0 l&rsquo;utiliser, m\u00eame si cela n&rsquo;aide finalement pas, puisque l&rsquo;harmonie pr\u00e9\u00e9tablie ne peut \u00eatre cr\u00e9\u00e9e que par Dieu, qui d\u00e9cide donc lui-m\u00eame des questions de \u00ablibre choix\u00bb &#8211; il est clair que dans dans ce cas, il n\u2019y a plus de libre choix. Il semble donc qu\u2019il n\u2019existe tout simplement aucune issue coh\u00e9rente \u00e0 la situation en discussion. Et parfois Kant lui-m\u00eame s\u2019est exprim\u00e9 en affirmant que les difficult\u00e9s \u00e9voqu\u00e9es \u00e9taient \u00abinsolubles\u00bb (4:93). Mais l&rsquo;incoh\u00e9rence du concept kantien dans ce cas pourrait plut\u00f4t plaider en faveur de Kant. Apr\u00e8s tout, une contradiction est mauvaise parce que \u00abtout ce que vous voulez\u00bb en d\u00e9coule. Mais cette formule exprime l\u2019essence m\u00eame de la libert\u00e9. Et m\u00eame si cela ne signifie pas du tout que le concept de libert\u00e9 soit n\u00e9cessairement contradictoire, du moins sa nature contradictoire ne semble pas contre nature. Par cons\u00e9quent, la meilleure th\u00e9orie de la libert\u00e9 serait celle qui montrerait de la mani\u00e8re la plus convaincante que ce concept est sem\u00e9 de contradictions. Pour ce faire, il faudrait d\u00e9montrer l\u2019\u00e9puisement de tous les moyens de son interpr\u00e9tation coh\u00e9rente.Et bien que Kant n&rsquo;ait pas exprim\u00e9 cette position en toute franchise, son d\u00e9sir de ne pas cacher, mais au contraire de r\u00e9v\u00e9ler autant que possible les difficult\u00e9s et les probl\u00e8mes de sa propre th\u00e9orie, signifiait qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 admettre l&rsquo;illogisme de la th\u00e9orie. notion de libert\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;enseignement de Kant sur la libert\u00e9 est, en un sens, le point culminant de la philosophie europ\u00e9enne moderne de l&rsquo;homme. S\u2019il a raison, alors l\u2019existence m\u00eame des hommes \u00e9quivaut \u00e0 un miracle. Certains philosophes ont repris cette intuition, nous invitant \u00e0 consid\u00e9rer m\u00eame notre vie quotidienne comme un ph\u00e9nom\u00e8ne v\u00e9ritablement \u00e9tonnant. Mais l\u2019enseignement de Kant peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 sous un autre angle. En fin de compte, les contradictions trouv\u00e9es dans le syst\u00e8me de ses vues sur la libert\u00e9 peuvent indiquer le dysfonctionnement de ce syst\u00e8me lui-m\u00eame, et non l&rsquo;incompr\u00e9hensibilit\u00e9 fondamentale du concept de libert\u00e9. Cependant, l\u2019\u00e9thique de Kant ne se limite bien entendu pas \u00e0 l\u2019analyse de ce concept. Apr\u00e8s tout, la libert\u00e9 n\u2019est qu\u2019une condition pr\u00e9alable \u00e0 la moralit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une personne est toujours libre, mais elle ne devient morale que si elle suit l&rsquo;imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique: Agis de telle sorte que la maxime de ta volont\u00e9 puisse \u00e0 tout moment avoir aussi la force d&rsquo;un principe de l\u00e9gislation universelle (1:3, 349). Le caract\u00e8re abstrait de cette c\u00e9l\u00e8bre formulation tient au fait qu\u2019aucun moment significatif et sensuel ne doit \u00eatre m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 la loi morale en tant que produit de la pure raison pratique. Il n\u2019est cependant pas difficile de l\u2019appliquer \u00e0 des cas pr\u00e9cis. Pour ce faire, il suffit d&rsquo;imaginer si l&rsquo;action envisag\u00e9e peut \u00eatre une loi universelle du comportement humain, sans se nier. Par exemple, le non-remboursement universel de la dette \u00e9liminera le concept m\u00eame de pr\u00eat d\u2019argent. Une telle action est donc immorale. Certes, Kant a soulign\u00e9 que m\u00eame si une action en tant que principe universel ne se nie pas, cela ne veut pas dire qu&rsquo;elle est morale. Par exemple, si une personne ne d\u00e9veloppe pas ses capacit\u00e9s, mais d\u00e9cide \u00abd&rsquo;utiliser sa vie uniquement pour le divertissement, l&rsquo;oisivet\u00e9, la reproduction\u00bb, alors bien qu&rsquo;une telle ligne de conduite, selon Kant, soit immorale, \u00abla nature pourrait toujours exister selon une telle loi universelle\u00bb (1:3, 149). Une question suppl\u00e9mentaire et clarificatrice s\u2019impose donc ici: est-ce que je souhaite que l\u2019acte ou la maxime dont il d\u00e9coule devienne un principe ou une forme de l\u00e9gislation universelle? Cette clarification rapproche la formulation kantienne de la loi morale de la \u00abr\u00e8gle d&rsquo;or de la moralit\u00e9\u00bb: faites aux autres ce que vous voudriez qu&rsquo;ils vous fassent (ou, sous la forme n\u00e9gative, \u00abce que vous ne voulez pas pour vous-m\u00eame, ne le faites pas\u00bb aux autres). Notons cependant que Kant ne les a pas identifi\u00e9s et a dit que cette r\u00e8gle n&rsquo;est qu&rsquo;une cons\u00e9quence de la loi morale, obtenue sous certaines restrictions. En effet, la loi morale de Kant permet la reformulation suivante: agissez comme vous voudriez que les gens agissent les uns envers les autres. Dans cette version, il n&rsquo;y a pas de nuances \u00ab\u00e9go\u00efstes\u00bb inacceptables pour Kant, \u00e9videntes dans la \u00abr\u00e8gle d&rsquo;or\u00bb<br \/>\n<a title=\"Kant \u00e9crit que dans sa forme pure, la \u00ab r\u00e8gle d'or \u00bb de la moralit\u00e9 ne peut servir de base \u00e0 aucune obligation morale, pas envers soi-m\u00eame, puisque \u00ab certains accepteraient volontiers que les autres ne devraient pas leur profiter, si seulement ils pouvaient eux-m\u00eames se d\u00e9barrasser de de fournir des avantages \u00bb, ni par rapport aux autres, car \u00ab le criminel, s'appuyant sur cette disposition, argumenterait contre les juges qui le puniraient, etc. \u00bb (1:3, 173).\"><sup>[37]<\/sup><\/a> , et le d\u00e9sir dans ce cas d\u00e9coule de la nature de l&rsquo;homme en tant qu&rsquo;\u00eatre rationnel en g\u00e9n\u00e9ral (voir 1:3, 151 ).<\/p>\n<p align=\"justify\">Cependant, les directives morales directes sont donn\u00e9es \u00e0 une personne non pas par la raison en tant que telle, mais par le sentiment moral, le seul sentiment que, comme le dit Kant, nous connaissons compl\u00e8tement a priori. Ce sentiment appara\u00eet lorsque l&rsquo;esprit pratique supprime les inclinations sensuelles et semble d&rsquo;abord n\u00e9gative, mais prend ensuite un caract\u00e8re positif. Cependant, le pur plaisir d\u2019accomplir son devoir n\u2019est pas la motivation pour accomplir de bonnes actions. S&rsquo;il en \u00e9tait ainsi, ils perdraient leur altruisme et ne seraient pas diff\u00e9rents d&rsquo;actions \u00abl\u00e9gales\u00bb apparemment similaires qui ne co\u00efncident pas avec elles en raison d&rsquo;une motivation \u00e9go\u00efste.<\/p>\n<p align=\"justify\">D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, l\u2019\u00e9thique kantienne est loin de l\u2019abstraction qu\u2019on lui reprochait parfois. Kant n\u2019est pas partisan d\u2019une morale asc\u00e9tique. Au contraire, cela confirme le droit de l\u2019homme \u00e0 satisfaire ses inclinations sensuelles, c\u2019est-\u00e0-dire au bonheur. Mais une personne doit \u00eatre digne du bonheur, et la dignit\u00e9 consiste uniquement dans une mani\u00e8re de penser morale. Le \u00abbien supr\u00eame\u00bb s\u2019av\u00e8re donc \u00eatre l\u2019unit\u00e9 de la vertu et du bonheur, l\u2019attitude et le comportement moral prenant le pas sur le d\u00e9sir de bonheur, qui devrait \u00eatre la r\u00e9compense de la vertu. Cependant, dans notre monde, il n\u2019existe aucun lien direct ou naturel entre la vertu et le bonheur. Par cons\u00e9quent, nous devons admettre l\u2019existence de Dieu qui, dans notre au-del\u00e0, harmonise les uns avec les autres.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9thicoth\u00e9ologie.<\/strong> Ainsi, Kant reconna\u00eet la possibilit\u00e9 de construire une \u00e9thicoth\u00e9ologie qui remplace la \u00abth\u00e9ologie naturelle\u00bb traditionnelle. Il faut cependant garder \u00e0 l\u2019esprit que l\u2019\u00e9thicoth\u00e9ologie ne prouve pas l\u2019existence de Dieu, mais la n\u00e9cessit\u00e9 de la foi en Dieu pour maintenir une mani\u00e8re de penser morale. Dans La religion au sein de la raison seule (1793), Kant soutenait que seule une telle \u00abfoi morale\u00bb pouvait constituer la base de la \u00abvraie religion\u00bb. Id\u00e9alement, cette religion de la raison, \u00e0 laquelle, comme le croyait Kant, le christianisme correspond le plus, devrait supplanter toutes les formes de vie religieuse \u00abstatutaires\u00bb, \u00abdivinement r\u00e9v\u00e9l\u00e9es\u00bb. Cependant, cette derni\u00e8re peut coexister pacifiquement avec la foi morale et m\u00eame la renforcer \u2013 mais ne doit pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme la base du culte de Dieu. Ce dernier objectif n\u2019est atteint qu\u2019avec de bonnes intentions. Les rituels ext\u00e9rieurs, la pri\u00e8re et autres actions similaires n&rsquo;ont aucune signification ind\u00e9pendante et ne peuvent \u00eatre utiles que comme moyen de revitaliser la pens\u00e9e morale.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le besoin d&rsquo;incitations externes pour l&rsquo;accomplissement du devoir moral, croyait Kant, est associ\u00e9 \u00e0 la corruption de la volont\u00e9 humaine, au d\u00e9sir originel d&rsquo;\u00e9chapper au bien. Vaincre cette derni\u00e8re est impensable sans la gr\u00e2ce divine, qui reste cependant un myst\u00e8re insoluble pour l\u2019esprit humain, car elle contredit la conscience de l\u2019homme de la n\u00e9cessit\u00e9 de faire un choix ind\u00e9pendant en faveur du respect du devoir.<\/p>\n<p align=\"justify\">L\u2019hypoth\u00e8se de la possibilit\u00e9 de faire un choix de mani\u00e8re ind\u00e9pendante, c\u2019est-\u00e0-dire le libre arbitre absolu, est, selon Kant, le premier postulat de la raison pratique. Il reconna\u00eet les deux autres postulats comme les th\u00e8ses sur l&rsquo;existence de Dieu et l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me (croyance qui d\u00e9coule du besoin d&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e2me, qui peut se poursuivre ind\u00e9finiment). Le mot \u00abpostulat\u00bb devrait souligner que ces hypoth\u00e8ses ne constituent pas une certitude th\u00e9orique totale pour Kant. Et Kant soutient que le manque de connaissance de l&rsquo;existence de Dieu et de l&rsquo;immortalit\u00e9, en \u00e9change de laquelle une personne n&rsquo;a que la foi ou l&rsquo;espoir, permet de pr\u00e9server l&rsquo;altruisme du devoir et la libert\u00e9 personnelle. Une connaissance compl\u00e8te obligerait les gens \u00e0 se comporter d\u2019une certaine mani\u00e8re, \u00ableur comportement deviendrait simplement un m\u00e9canisme o\u00f9, comme dans un spectacle de marionnettes, chacun fait de bons gestes, mais il n\u2019y a pas de vie dans les personnages\u00bb. Dans ce cas, \u00abcesserait d&rsquo;exister la valeur morale des actions, \u00e0 laquelle seule peut \u00eatre r\u00e9duite toute la valeur de l&rsquo;individu et m\u00eame la valeur du monde aux yeux de la plus haute sagesse\u00bb (1:3, 693).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la libert\u00e9 ne peut se manifester que dans un \u00e9tat d&rsquo;incertitude cognitive, et la condition de l&rsquo;existence d&rsquo;une personnalit\u00e9 morale s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre les limites de la cognition humaine. La personnalit\u00e9 morale d&rsquo;une personne est d\u00e9clar\u00e9e par Kant comme la valeur la plus \u00e9lev\u00e9e de l&rsquo;existence, puisque ce n&rsquo;est que gr\u00e2ce \u00e0 elle, dans ce monde d&rsquo;essences finies, que quelque chose d&rsquo;inconditionnel ou d&rsquo;absolu est d\u00e9couvert, quelque chose qui ne peut plus \u00eatre un moyen pour autre chose, mais peut ne soit qu&rsquo;un objectif. C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;homme, en tant que but en soi<br \/>\n<a title=\"L'une des formulations kantiennes de l'imp\u00e9ratif cat\u00e9gorique souligne la valeur absolue de l'homme : \u00ab Agissez de telle mani\u00e8re que vous ne traitiez jamais l'humanit\u00e9, ni en vous-m\u00eame, ni en la personne d'autrui, uniquement comme un moyen, mais toujours en m\u00eame temps que une fin. \u00bb (1:3, 169).\"><sup>[38]<\/sup><\/a>\u00a0, est le th\u00e8me principal de la philosophie, r\u00e9v\u00e9lant divers types d&rsquo;activit\u00e9 \u00e9ro-spontan\u00e9e. Outre la spontan\u00e9it\u00e9 de la raison pure comme fondement de l&rsquo;activit\u00e9 cognitive et la libert\u00e9 comme fondement de la moralit\u00e9, Kant explore \u00e9galement la cr\u00e9ativit\u00e9 au sens \u00e9troit du terme.<\/p>\n<p align=\"justify\">La r\u00e9flexion\u00a0<strong>sur la cr\u00e9ativit\u00e9 artistique<\/strong> est r\u00e9alis\u00e9e par Kant dans la \u00abCritique du jugement\u00bb. Cependant, ces travaux ont des implications plus larges. Il est consacr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de diverses formes d&rsquo;opportunit\u00e9, un concept qui relie la nature et la libert\u00e9. Se rapportant \u00e0 la nature du c\u00f4t\u00e9 de son sujet, le concept d&rsquo;opportunit\u00e9 pointe en m\u00eame temps la source rationnelle du contenu de ce sujet, et donc la libert\u00e9. L&rsquo;opportunit\u00e9 objective est illustr\u00e9e par Kant avec les organismes biologiques, tandis que l&rsquo;opportunit\u00e9 subjective se manifeste dans l&rsquo;interaction harmonieuse des forces cognitives de l&rsquo;\u00e2me qui surgit dans la perception de la beaut\u00e9. Ainsi, Kant relie le concept de finalit\u00e9 subjective au fonctionnement de la facult\u00e9 de plaisir et de d\u00e9plaisir, qu&rsquo;il d\u00e9clare \u00eatre l&rsquo;un des trois pouvoirs fondamentaux de l&rsquo;\u00e2me. Les plaisirs esth\u00e9tiques, en tant qu&rsquo;une des manifestations de cette capacit\u00e9, sont \u00e9galement corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 l&rsquo;action de la capacit\u00e9 \u00abr\u00e9flexive\u00bb de jugement. Contrairement \u00e0 la capacit\u00e9 de \u00abd\u00e9finition\u00bb du jugement, qui permet de subsumer des faits particuliers sous des principes g\u00e9n\u00e9raux (cela ne peut pas \u00eatre appris, et dans un \u00e9tat d\u00e9velopp\u00e9, on l&rsquo;appelle l&rsquo;esprit), la capacit\u00e9 r\u00e9flexive du jugement vise \u00e0 trouver des concepts conceptuels universels. structures cach\u00e9es derri\u00e8re les donn\u00e9es individuelles du monde sensoriel. Si ce processus est initi\u00e9 par des \u0153uvres d&rsquo;art dans lesquelles une certaine conception est suppos\u00e9e, mais d&rsquo;un type tel qu&rsquo;elle ne peut \u00eatre prouv\u00e9e avec une rigueur math\u00e9matique (ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;opportunit\u00e9 sans but), un libre jeu de l&rsquo;imagination et de la raison commence dans le \u00e2me, donnant naissance \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de la beaut\u00e9, et les jugements deviennent des \u00abjugements de go\u00fbt\u00bb. Des jugements similaires peuvent \u00eatre port\u00e9s concernant les produits utiles de la nature, dont le but nous est encore plus cach\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les jugements de go\u00fbt sont isomorphes aux jugements moraux: ils sont aussi d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s, n\u00e9cessaires et universels (bien que subjectifs). Ainsi, pour Kant, le beau agit comme un symbole du bien. Le beau ne peut \u00eatre confondu avec l\u2019agr\u00e9able, qui est enti\u00e8rement subjectif et al\u00e9atoire. Kant distingue \u00e9galement du sentiment de beaut\u00e9 le sentiment du sublime, qui na\u00eet de la conscience de l&rsquo;insignifiance des personnes en tant qu&rsquo;\u00eatres physiques face \u00e0 l&rsquo;\u00e9normit\u00e9 du monde ou \u00e0 la puissance de ses \u00e9l\u00e9ments, qui souligne cependant le grandeur morale de l&rsquo;homme, dont l&rsquo;exp\u00e9rience est transf\u00e9r\u00e9e aux objets. La c\u00e9l\u00e8bre phrase de Kant sur l&rsquo;admiration pour le ciel \u00e9toil\u00e9 au-dessus de moi et la loi morale en moi n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;une illustration de l&rsquo;origine de ce sentiment.<\/p>\n<p align=\"justify\">La notion de g\u00e9nie joue \u00e9galement un r\u00f4le important dans l\u2019esth\u00e9tique kantienne. Sa premi\u00e8re propri\u00e9t\u00e9, soutient Kant, \u00abdoit \u00eatre l\u2019originalit\u00e9\u00bb (1:4, 411). Le g\u00e9nie est la capacit\u00e9 de cr\u00e9er de nouvelles r\u00e8gles, r\u00e9v\u00e9l\u00e9es dans l&rsquo;unit\u00e9 de ses activit\u00e9s conscientes et inconscientes. Dans le processus cr\u00e9atif, l&rsquo;artiste semble s&rsquo;abandonner au pouvoir des forces naturelles et d\u00e9passer ses plans rationnels, toujours in\u00e9vitablement limit\u00e9s. Dans des images sensuelles, il incarne des \u00abid\u00e9es esth\u00e9tiques\u00bb qui ne peuvent \u00eatre \u00e9puis\u00e9es par aucun concept et qui fournissent des raisons infinies pour l&rsquo;interaction harmonieuse de la raison et de l&rsquo;imagination.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie sociale.<\/strong> La cr\u00e9ativit\u00e9 d\u2019une personne se r\u00e9v\u00e8le non seulement au niveau individuel, mais aussi au niveau social. L&rsquo;homme, selon Kant, s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le cr\u00e9ateur de tout un monde artificiel, le monde de la culture. Dans ses \u00e9crits ult\u00e9rieurs, Kant aborde souvent le th\u00e8me du progr\u00e8s social. Il croyait que la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble, comme les individus, visait \u00e0 s\u2019am\u00e9liorer. Cependant, si les motivations morales jouent un r\u00f4le d\u00e9cisif dans l&rsquo;am\u00e9lioration des individus, alors la soci\u00e9t\u00e9 se d\u00e9veloppe naturellement. Selon Kant, les gens se caract\u00e9risent naturellement par ce qu&rsquo;on appelle une \u00absociabilit\u00e9 non communicative\u00bb (ungesellige Geselligkeit), c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;ils ont d&rsquo;une part une tendance inh\u00e9rente \u00e0 communiquer, d&rsquo;autre part \u00abune forte tendance \u00e0 communiquer\u00bb. retirez (isolez)&#8230; le d\u00e9sir de tout conformer uniquement \u00e0 votre entendement\u00bb (1:1, 91). Ces qualit\u00e9s donnent lieu \u00e0 des antagonismes et \u00e0 des comp\u00e9titions entre les personnes, au cours desquels se d\u00e9veloppent leurs inclinations naturelles, dont les principales sont leur raison et leur intelligence. Peu \u00e0 peu, ces capacit\u00e9s se d\u00e9veloppent dans la masse \u00e0 tel point que les gens trouvent le courage de refuser l&rsquo;orientation ext\u00e9rieure des mentors religieux et autres et d\u00e9cident d&rsquo;utiliser la raison de mani\u00e8re ind\u00e9pendante &#8211; commence le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, dont la devise principale est pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;appel \u00e0 pens\u00e9e ind\u00e9pendante. Une condition n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019\u00e9tat \u00e9clair\u00e9 de l\u2019humanit\u00e9 est la reconnaissance de la valeur universelle de la libert\u00e9 d\u2019expression et des autres droits individuels. Ces droits ne peuvent \u00eatre pleinement r\u00e9alis\u00e9s que dans une \u00absoci\u00e9t\u00e9 civile juridique universelle\u00bb. Dans une telle soci\u00e9t\u00e9, les conditions les plus favorables ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour que l&rsquo;individu puisse r\u00e9v\u00e9ler ses penchants naturels. La libert\u00e9 de certains membres de la soci\u00e9t\u00e9 ne peut ici \u00eatre limit\u00e9e que par la libert\u00e9 des autres. Les obstacles \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 civile juridique universelle sont les guerres et les conflits internationaux. Kant anticipe cependant l\u2019instauration d\u2019une \u00abpaix \u00e9ternelle\u00bb, dont la garantie fiable peut \u00eatre la cr\u00e9ation d\u2019un \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral mondial.<\/p>\n<p align=\"justify\">La philosophie critique de Kant a suscit\u00e9 de nombreuses r\u00e9ponses. Au d\u00e9but, beaucoup se plaignaient de la noirceur du langage de Kant et du caract\u00e8re scolastique de sa terminologie. Puis vint le temps des objections plus substantielles. Le c\u00e9l\u00e8bre Wolffian I. A. Eberhard a insist\u00e9 sur le fait que Kant, dans l&rsquo;ensemble, ne dit rien de nouveau par rapport \u00e0 Leibniz et Wolf, I. G. G. Feder a vu la proximit\u00e9 de Kant et Berkeley, et A. Weishaupt a g\u00e9n\u00e9ralement reproch\u00e9 \u00e0 Kant un subjectivisme extr\u00eame. Mais les attaques les plus dangereuses contre Kant furent lanc\u00e9es par F. G. Jacobi. Il a attir\u00e9 l&rsquo;attention sur l&rsquo;ambigu\u00eft\u00e9 de la position de Kant dans l&rsquo;interpr\u00e9tation du concept de chose en soi. D&rsquo;une part, Kant affirmait que les choses elles-m\u00eames sont inconnaissables, d&rsquo;autre part, il s&rsquo;exprimait comme s&rsquo;il voulait dire que ces choses affectent les sentiments, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il exprimait n\u00e9anmoins des jugements significatifs sur l&rsquo;inconnaissable.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les remarques de Jacobi, faites en 1787, eurent une grande influence sur le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de la philosophie allemande. Il a sembl\u00e9 \u00e0 beaucoup que Jacobi d\u00e9montrait aux philosophes l&rsquo;in\u00e9vitabilit\u00e9 d&rsquo;une alternative simple: soit il faut reconna\u00eetre la capacit\u00e9 de l&rsquo;esprit humain \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer le monde suprasensible par une sorte de perspicacit\u00e9, soit rejeter le concept d&rsquo;une chose en soi et tout d\u00e9duire de la notion de sujet. La premi\u00e8re voie signifie un rejet d\u00e9cisif de la syst\u00e9maticit\u00e9 et de la rigueur de la pens\u00e9e, la seconde conduit in\u00e9vitablement \u00e0 l&rsquo;exag\u00e9ration des possibilit\u00e9s de la pens\u00e9e syst\u00e9matique et au remplacement progressif du sujet humain par le Soi divin.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ces deux voies ont \u00e9t\u00e9 essay\u00e9es par des philosophes allemands, bien que la signification historique de la seconde se soit r\u00e9v\u00e9l\u00e9e plus significative. Mais l\u2019affaire ne se limite pas \u00e0 l\u2019influence de Jacobi. L&rsquo;histoire de la philosophie sp\u00e9culative allemande apr\u00e8s Kant est impensable sans mentionner un autre auteur &#8211;\u00a0<strong>Karl Leonard Reinhold<\/strong> (1758 &#8211; 1823). Son \u00e9poque sonna \u00e0 la fin des ann\u00e9es 80. \u00c0 cette \u00e9poque, dans les quelques ann\u00e9es qui s\u2019\u00e9taient \u00e9coul\u00e9es depuis la publication de la Critique de la raison pure, les id\u00e9es de Kant \u00e9taient devenues assez r\u00e9pandues. Un r\u00f4le particulier dans la vulgarisation de la philosophie kantienne a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 par I. Schultz, L. G. Jacob, ainsi que K. Chr. E. Schmid, qui publiait d\u00e9j\u00e0 en 1786 un dictionnaire de termes kantiens. Tous ces processus re\u00e7urent un nouvel \u00e9lan de la part de Reingold. En 1786-1787 il publie des Lettres sur la philosophie kantienne, o\u00f9 il souligne la valeur morale des id\u00e9es de Kant. Mais Reinhold ne se contenta pas d\u2019expliquer les m\u00e9rites de Kant et commen\u00e7a bient\u00f4t l\u2019\u00e9tape \u00abinterpr\u00e9tative\u00bb du d\u00e9veloppement du kantisme. Il voulait rendre les th\u00e9ories de Kant plus compr\u00e9hensibles et tentait \u00e0 cet effet de syst\u00e9matiser ses vues sur la nature humaine, en partant de pr\u00e9misses \u00e9videntes. Reingold consid\u00e9rait que le principal \u00e9tait \u00able fait de la conscience\u00bb. Son expression est ce qu\u2019on appelle la \u00abloi de la conscience\u00bb: \u00abune repr\u00e9sentation dans la conscience se distingue par un sujet d\u2019un sujet et d\u2019un objet et est corr\u00e9l\u00e9e aux deux\u00bb. De la facult\u00e9 de repr\u00e9sentation, Reinhold voulait tirer toutes les capacit\u00e9s th\u00e9oriques et pratiques de l\u2019\u00e2me qui, selon lui, \u00e9taient expos\u00e9es de mani\u00e8re non syst\u00e9matique par Kant.<\/p>\n<p align=\"justify\">Consid\u00e9rant la capacit\u00e9 de repr\u00e9sentation, Reinhold s\u00e9pare tout d\u2019abord les conditions \u00abexternes\u00bb de repr\u00e9sentation, sujet et objet, des conditions \u00abinternes\u00bb, qui incluent ce qui correspond \u00e0 l\u2019objet et au sujet dans la repr\u00e9sentation. L&rsquo;objet y correspond au contenu de la repr\u00e9sentation, \u00abmat\u00e9riel\u00bb, au sujet &#8211; la forme introduite par elle-m\u00eame, tandis que le \u00abmat\u00e9riau objectif\u00bb est donn\u00e9 par les choses en elles-m\u00eames. Le c\u00f4t\u00e9 mat\u00e9riel de la repr\u00e9sentation correspond \u00e0 la r\u00e9ceptivit\u00e9 de cette capacit\u00e9, le c\u00f4t\u00e9 formel correspond \u00e0 son activit\u00e9 spontan\u00e9e, consistant dans la synth\u00e8se d&rsquo;une diversit\u00e9 donn\u00e9e. Selon Reingold, la conscience est la base des capacit\u00e9s th\u00e9oriques et pratiques. La capacit\u00e9 d&rsquo;imaginer s&rsquo;actualise dans la conscience. Pour cette actualisation, cette capacit\u00e9 seule ne suffit pas; il faut aussi admettre un certain pouvoir de repr\u00e9sentation, dont, comme de toute force, l\u2019\u00abaspiration\u00bb est indissociable. Cette volont\u00e9 peut ensuite \u00eatre soulign\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 mat\u00e9riel ou formel de la repr\u00e9sentation. Dans le premier cas, nous parlons de d\u00e9sir sensuel visant le plaisir, dans le second, de pure volont\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e. Gr\u00e2ce au concept d\u2019accentuation secondaire, Reinhold a d\u00e9riv\u00e9 la capacit\u00e9 cognitive du fait de la conscience. La conscience elle-m\u00eame, selon son \u00abEssai sur une nouvelle th\u00e9orie de la facult\u00e9 humaine de repr\u00e9sentation\u00bb (1789), \u00abconsiste dans la corr\u00e9lation de la repr\u00e9sentation pure avec un objet et un sujet; et elle est ins\u00e9parable de toute id\u00e9e en g\u00e9n\u00e9ral\u00bb (21:321). La cognition est une conscience centr\u00e9e sur un objet et le d\u00e9finissant avec des concepts. Reinhold relie la capacit\u00e9 de sensation et de contemplation \u00e0 la r\u00e9ceptivit\u00e9 et \u00e0 la diversit\u00e9 de la repr\u00e9sentation, la capacit\u00e9 de penser \u00e0 son c\u00f4t\u00e9 actif. La connaissance n\u00e9cessite de la contemplation et une r\u00e9flexion conceptuelle. La pens\u00e9e peut \u00eatre dirig\u00e9e vers un objet et en faire abstraction. C&rsquo;est la raison et l&rsquo;intelligence.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les efforts syst\u00e9matiques de Reinhold furent accueillis avec enthousiasme par de nombreux penseurs allemands de la fin du XVIIIe si\u00e8cle. Cependant, Reingold a commis une erreur en ne prenant pas en compte les critiques de Kant \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de Jacobi. Comme Kant, il consid\u00e9rait que le concept de chose en soi \u00e9tait l\u00e9gitime. Pour cela, il fut vaincu par G. E. Schulze. Outre les attaques contre la th\u00e9orie de la chose en elle-m\u00eame, Schulze montra en 1792 que la \u00abloi de la conscience\u00bb de Reinhold ne pouvait pas \u00eatre le principe originel, comme il le souhaitait. Apr\u00e8s tout, cela pr\u00e9suppose une loi logique d\u2019identit\u00e9 plus fondamentale. Reinhold lui-m\u00eame n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de r\u00e9pondre \u00e0 Schulze de mani\u00e8re satisfaisante. Des solutions plus productives ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9es par I. G. Fichte.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Kant I.<\/em>\u00a0Ouvrages : En 4 volumes en allemand et russe \/ Ed. N.V. Motroshilova et B. Tushlinga. T. 1,3, 4. M., 1994 &#8211; 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2. Kant I.<\/em>\u00a0Oeuvres : En 8 volumes M., 1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Kant I.<\/em>\u00a0Critique de la raison pure. M., 1998.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Kant I.<\/em>\u00a0Du patrimoine manuscrit. M., 2000.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Kant I.<\/em>\u00a0Gesammelte Schriften. Acad\u00e9mie-Ausgabe. Bd. 1 &#8211; 29. V., 1900 et suiv.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6.Asmus B. \u03a6.<\/em>\u00a0Emmanuel Kant. M., 1973.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7.Vasiliev V.V.<\/em>\u00a0Fondements de la m\u00e9taphysique kantienne (d\u00e9duction des cat\u00e9gories). M., 1998.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8. Gulyga A. V.<\/em>\u00a0Kant. M., 1981.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9.Dobrokhotov A.L.<\/em>\u00a0Cat\u00e9gorie d&rsquo;\u00eatre dans la philosophie classique d&rsquo;Europe occidentale. M., 1986. pp. 177-206.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10. Joutchkov V. A.<\/em>\u00a0Kant et le probl\u00e8me de la conscience \/\/ Philosophie de la conscience : histoire et modernit\u00e9. M., 2003. P. 52 &#8211; 74.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11.Kuznetsov V.N.<\/em>\u00a0Philosophie classique allemande. M., 2003. P. 9-115.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12. Mikhailov K. A.<\/em>\u00a0Analyse logique de la philosophie th\u00e9orique d&rsquo;Emmanuel Kant : l&rsquo;exp\u00e9rience d&rsquo;une nouvelle lecture de la \u00ab Critique de la raison pure \u00bb. M, 2003.<\/p>\n<p align=\"justify\">13.Molchanov\u00a0<em>V.I.<\/em>\u00a0Temps, libert\u00e9 et connaissance dans la \u00ab Critique de la raison pure \u00bb de I. Kant \/\/ Annuaire historique et philosophique (1987). M., 1987, p. 75 &#8211; 92.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>14. Tevzadze G. V.<\/em>\u00a0Emmanuel Kant. Probl\u00e8mes de philosophie th\u00e9orique. Tbilissi, 1979.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>15. Chernov S. A.<\/em>\u00a0Objet et contenu. Saint-P\u00e9tersbourg, 1993.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>16.Brandt R.<\/em>\u00a0Kritischer Kommentar zu Kants Anthropologie in pragmatischer Hinsicht (1798). Hambourg, 1999.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>17. Fischer P.<\/em>\u00a0Moralit\u00e4t et Sinn. Zur Systematik von Klugheit, Moral und symbolischer Erfahrung im Werk Kants. Munich, 2003.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>18.Guyer P.<\/em>\u00a0Kant et les revendications du savoir, NY, 1987.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>19.Heimsoeth H<\/em>\u00a0.Studien zur Philosophie I.Kants. Bd. 1-2. Bonn, 1956-1970.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>20.Kuehn M.<\/em>\u00a0Kant. Une biographie. Cambridge, 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>21.Reinhold CL<\/em>\u00a0Versuch einer neuen Theorie des menschlichen Vorstellungsverm\u00f6gens. Prague et I\u00e9na, 1789. S. 321.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>22.Schmitz H.<\/em>\u00a0\u00c9tait-ce Kant ? Bonn, 1989.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>23. Schwarz<\/em>\u00a0G. Est Deus in nobis. Die Identit\u00e4t von Gott und reiner praktischer Vernunft dans Immanuel Kants \u00ab\u00a0Kritik der praktischen Vernunft\u00a0\u00bb. V., 2004.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>24.Smith NK<\/em>\u00a0Un commentaire sur la critique de la raison pure de Kant, L, 1923.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>25.Strawson PF<\/em>\u00a0Les limites du sens. Essai sur la critique kantienne de la raison pure. L, 1966.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>26.<\/em>\u00a0Preuve transcendantale du r\u00e9alisme de Westphal K. Kant. Cambridge, 2004.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce chapitre est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l&rsquo;un des philosophes les plus influents de l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e &#8211; Emmanuel Kant, l&rsquo;homme qui a insuffl\u00e9 l&rsquo;esprit de r\u00e9flexion critique dans la culture europ\u00e9enne, a op\u00e9r\u00e9 un tournant transcendantal dans la m\u00e9taphysique des temps modernes et a proclam\u00e9 la \u00abvaleur absolue\u00bb de la personne humaine. L&rsquo;impact des id\u00e9es de Kant est ressenti par quiconque a une&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/21\/kant\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":808,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,182],"tags":[131,142,143,144],"class_list":{"0":"post-609","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-filosofianovogovremeni","9":"tag-esprit","10":"tag-objets","11":"tag-phenomenes","12":"tag-phenomenes-subjectifs"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/609","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=609"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/609\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":942,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/609\/revisions\/942"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/808"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=609"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=609"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=609"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}