{"id":629,"date":"2024-06-22T18:02:03","date_gmt":"2024-06-22T15:02:03","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=629"},"modified":"2025-11-20T20:12:34","modified_gmt":"2025-11-20T17:12:34","slug":"premier-positivisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/22\/premier-positivisme\/","title":{"rendered":"Premier positivisme. Auguste Comte, John Stuart Mill, Herbert Spencer. La philosophie doit contribuer au progr\u00e8s de disciplines scientifiques sp\u00e9cifiques"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Le positivisme est l\u2019un des mouvements les plus influents de la philosophie occidentale des deux derniers si\u00e8cles. Le positivisme est pass\u00e9 par trois \u00e9tapes principales dans son d\u00e9veloppement. La premi\u00e8re \u00e9tape est associ\u00e9e aux enseignements de Comte, Mill et Spencer. La deuxi\u00e8me \u00e9tape est l\u2019empirio-critique de Mach et Avenarius. Le troisi\u00e8me est le positivisme logique du \u00abCercle de Vienne\u00bb (ou le n\u00e9opositivisme de Schlick, Carnap, etc.). Les partisans du positivisme sont unis par la conviction qu\u2019il est impossible de construire une \u00abvraie\u00bb m\u00e9taphysique. Du point de vue du positivisme, les affirmations sur l&rsquo;essence substantielle des choses ne peuvent \u00eatre de nature scientifique. Rejetant l\u2019ontologie comme pseudoscience intenable, les positivistes ne proposaient nullement l\u2019abolition de la philosophie en tant que telle. Ils pensaient qu\u2019une v\u00e9ritable philosophie (\u00abpositive\u00bb) devait contribuer au progr\u00e8s de disciplines scientifiques sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><span id=\"more-2136\"><\/span>La m\u00e9thode de mise en \u0153uvre de cette t\u00e2che \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes du d\u00e9veloppement du positivisme a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9e diff\u00e9remment. La philosophie est une synth\u00e8se des connaissances scientifiques, y compris les principes et m\u00e9thodes de base des sciences sp\u00e9ciales; elle \u00e9largit les horizons du scientifique et contribue \u00e0 la r\u00e9alisation de l&rsquo;objectif principal de toute recherche scientifique: la pr\u00e9diction d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements futurs et l&rsquo;application pratique de ces connaissances (O. Comte). La t\u00e2che de la philosophie est de nettoyer le contenu de la science des probl\u00e8mes imaginaires, de fournir un \u00abr\u00e9gulateur de la pens\u00e9e scientifique naturelle\u00bb (E. Mach). La philosophie n&rsquo;est pas un syst\u00e8me de connaissances, mais un syst\u00e8me d&rsquo;actions pour clarifier le sens des phrases; \u00abavec l&rsquo;aide de la philosophie, les propositions s&rsquo;expliquent, avec l&rsquo;aide de la science elles se v\u00e9rifient\u00bb (M. Schlick).<\/p>\n<p align=\"justify\">Fondateur du Positivisme\u00a0<strong>Auguste Comte<\/strong>(1798-1857) est n\u00e9 \u00e0 Montpellier dans une famille de fonctionnaire. Il \u00e9tudie au Lyc\u00e9e, puis \u00e0 l&rsquo;Ecole Polytechnique de Paris. De 1817 \u00e0 1824, il travaille comme secr\u00e9taire \u00e0 Saint-Simon et, \u00e0 partir de 1832, il est professeur de math\u00e9matiques \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Polytechnique. L&rsquo;\u0153uvre principale de Comte est \u00ab Cours de philosophie positive \u00bb (vols. 1-6, 1830-1842). Au c\u0153ur de la philosophie de Comte se trouve la \u00abloi des trois \u00e9tapes\u00bb, qui d\u00e9crit l&rsquo;\u00e9volution intellectuelle de l&rsquo;humanit\u00e9. Selon le penseur fran\u00e7ais, l&rsquo;individu et l&rsquo;humanit\u00e9 dans son ensemble passent syst\u00e9matiquement par trois \u00e9tapes dans leur d\u00e9veloppement: 1) th\u00e9ologique, 2) m\u00e9taphysique, 3) scientifique (positive). L\u2019\u00e9tape th\u00e9ologique (ou fictive) correspond \u00e0 l\u2019\u00e9tat infantile de l\u2019esprit humain, incapable de r\u00e9soudre les probl\u00e8mes scientifiques les plus simples. Une personne, \u00e9tant au premier stade de son d\u00e9veloppement, s&rsquo;efforce d&rsquo;acqu\u00e9rir (en fait inaccessible pour elle) des connaissances sur l&rsquo;essence du monde, d&rsquo;expliquer tous les ph\u00e9nom\u00e8nes, de trouver les d\u00e9buts de toutes choses. Un tel \u00abbesoin primitif\u00bb est satisfait d&rsquo;une mani\u00e8re assez simple: les gens consid\u00e8rent les ph\u00e9nom\u00e8nes du monde ext\u00e9rieur, les expliquant par analogie avec leurs propres actions, reliant les \u00e9v\u00e9nements en cours aux activit\u00e9s d&rsquo;\u00eatres surnaturels anthropomorphes. Comte divise l&rsquo;\u00e9tape th\u00e9ologique en trois \u00e9tapes: f\u00e9tichisme, polyth\u00e9isme, monoth\u00e9isme. Le f\u00e9tichisme consiste \u00e0 attribuer la vie \u00e0 tous les corps ext\u00e9rieurs. Le polyth\u00e9isme transf\u00e8re la vie \u00e0 des \u00eatres fictifs sp\u00e9ciaux cens\u00e9s influencer activement le destin des gens. Le monoth\u00e9isme se caract\u00e9rise par la r\u00e9duction d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;\u00eatres surnaturels v\u00e9n\u00e9r\u00e9s \u00e0 un seul. L\u2019\u00e9tape m\u00e9taphysique (ou abstraite), comme l\u2019\u00e9tape th\u00e9ologique, est caract\u00e9ris\u00e9e par le d\u00e9sir de l\u2019esprit humain d\u2019atteindre la \u00abconnaissance absolue\u00bb des causes premi\u00e8res. La diff\u00e9rence entre les deux premi\u00e8res \u00e9tapes est que les principes m\u00eames d\u2019explication de l\u2019univers changent: la place des entit\u00e9s surnaturelles est d\u00e9sormais prise par des forces abstraites. Ces forces abstraites sont \u00e9tudi\u00e9es par une discipline particuli\u00e8re: l&rsquo;ontologie, qui vise \u00e0 expliquer la nature interne de toutes choses. Une caract\u00e9ristique typique de l&rsquo;\u00e9tape m\u00e9taphysique est un manque d&rsquo;attention \u00e0 l&rsquo;observation et un int\u00e9r\u00eat accru pour l&rsquo;argumentation sp\u00e9culative, mal \u00e9tay\u00e9e par des faits. L&rsquo;\u00e9tape m\u00e9taphysique, selon Comte, est de nature transitionnelle: son objectif est la destruction progressive de la pens\u00e9e th\u00e9ologique et la pr\u00e9paration du terrain pour le triomphe futur de la m\u00e9thode scientifique. L\u2019\u00e9tape positive (ou scientifique), selon Comte, est \u00abl\u2019\u00e9tat final de l\u2019esprit humain\u00bb. La principale caract\u00e9ristique de l\u2019\u00e9tape positive est \u00abla loi de la subordination constante de l\u2019imagination \u00e0 l\u2019observation\u00bb. Cela signifie qu&rsquo;\u00e0 partir de maintenant, au lieu d&rsquo;\u00e9tudier des questions sans r\u00e9ponse sur l&rsquo;essence de l&rsquo;\u00eatre, une personne oriente ses efforts vers l&rsquo;\u00e9tude des faits et l&rsquo;\u00e9tablissement de lois, c&rsquo;est-\u00e0-dire les relations qui existent entre les ph\u00e9nom\u00e8nes observ\u00e9s. \u00abLe v\u00e9ritable esprit positif consiste principalement&#8230; \u00e0 remplacer le mot \u00abpourquoi\u00bb par le mot \u00abcomment\u00bb (2: 4, 81). L&rsquo;impossibilit\u00e9 de parvenir \u00e0 la connaissance de l&rsquo;essence de l&rsquo;univers, selon Comte,est prouv\u00e9 par l&rsquo;arbitraire th\u00e9orique et l&rsquo;inutilit\u00e9 pratique des tentatives ant\u00e9rieures des th\u00e9ologiens et des m\u00e9taphysiciens. La v\u00e9rit\u00e9 de la \u00ab loi des trois \u00e9tapes \u00bb en tant que telle est prouv\u00e9e, selon lui, par l&rsquo;histoire g\u00e9n\u00e9rale des sciences. \u00abIl n\u2019existe pas une seule science qui ait atteint un \u00e9tat positif \u00e0 notre \u00e9poque, qui ne puisse \u00eatre imagin\u00e9e dans le pass\u00e9 comme \u00e9tant principalement constitu\u00e9e d\u2019abstractions m\u00e9taphysiques, et m\u00eame dans des temps plus lointains comme \u00e9tant compl\u00e8tement domin\u00e9e par des concepts th\u00e9ologiques\u00bb (1: 5). ).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie positive,<\/strong> selon Comte, est l&rsquo;une des disciplines scientifiques. Il expose dans son contenu les r\u00e9sultats les plus importants de chacune des sciences fondamentales et examine leurs m\u00e9thodes les plus g\u00e9n\u00e9rales. La philosophie positive r\u00e9alise une synth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale des connaissances scientifiques (en m\u00eame temps, elle n&rsquo;est pas du tout identique \u00e0 un simple ensemble de sciences, puisqu&rsquo;elle n&rsquo;inclut pas les innombrables d\u00e9tails entrant dans leur composition). La structure de la philosophie est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par la\u00a0 loi encyclop\u00e9dique, qui \u00e9tablit la classification des sciences. Dans le \u00abCours de philosophie positive\u00bb, la hi\u00e9rarchie des sciences, dans laquelle la \u00abloi encyclop\u00e9dique\u00bb trouve son expression, est la suivante: 1) math\u00e9matiques, 2) astronomie, 3) physique, 4) chimie, 5) physiologie (biologie). ), 6) physique sociale (sociologie). La classification ci-dessus, selon son cr\u00e9ateur, refl\u00e8te \u00e0 la fois la relation historique et logique (ou \u00abdogmatique\u00bb) entre les sciences. D&rsquo;un point de vue historique, selon Comte, la hi\u00e9rarchie qu&rsquo;il propose refl\u00e8te l&rsquo;ordre d&rsquo;\u00e9mergence s\u00e9quentielle des sciences. Ainsi, la classification est construite sur le principe du mouvement des sciences des plus anciennes vers les plus r\u00e9centes. D&rsquo;autre part, le principe dogmatique de construction d&rsquo;une classification pr\u00e9voit la prise en compte des liens mutuels entre les mati\u00e8res des sciences individuelles. Le philosophe fran\u00e7ais affirme que sa classification enregistre l&rsquo;interrelation de ph\u00e9nom\u00e8nes connaissables par diverses sciences. Bien que les sciences ne soient pas r\u00e9ductibles les unes aux autres, leur place dans la hi\u00e9rarchie pr\u00e9suppose une d\u00e9pendance certaine et par ailleurs constante: les disciplines incluses dans la classification doivent s&rsquo;appuyer sur les pr\u00e9c\u00e9dentes et pr\u00e9parer les suivantes. D&rsquo;un point de vue logique, les sciences se situent dans une hi\u00e9rarchie selon les principes de mouvement: 1) du g\u00e9n\u00e9ral au sp\u00e9cifique et 2) du simple au complexe (ces principes sont dict\u00e9s par le rapport des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9tudi\u00e9s) . En outre, la \u00abloi encyclop\u00e9dique\u00bb, comme le souligne Comte, refl\u00e8te le degr\u00e9 de perfection des principales branches de la connaissance humaine. Cette perfection est d\u00e9termin\u00e9e par le niveau de coh\u00e9rence entre eux et le degr\u00e9 d&rsquo;exactitude des connaissances que poss\u00e8de telle ou telle science (la connaissance sera d&rsquo;autant plus pr\u00e9cise que les ph\u00e9nom\u00e8nes qui font l&rsquo;objet de la recherche seront g\u00e9n\u00e9raux et simples). Il convient de noter qu&rsquo;un inconv\u00e9nient important de la classification des sciences de Comte est son orientation unilat\u00e9rale vers les sciences naturelles.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Doctrine sociopolitique.<\/strong> Comte consid\u00e9rait que sa r\u00e9alisation importante \u00e9tait la cr\u00e9ation de la physique sociale (ou de la sociologie &#8211; c&rsquo;est lui qui a introduit ce terme dans l&rsquo;usage scientifique). Il divise la physique sociale en statique sociale et dynamique sociale. La statique comprend trois \u00e9l\u00e9ments principaux. Il \u00e9tudie les conditions g\u00e9n\u00e9rales d&rsquo;existence sociale de l&rsquo;individu, de la famille et de la soci\u00e9t\u00e9. Consid\u00e9rant l&rsquo;individu, Comte identifie deux propri\u00e9t\u00e9s initiales, selon lui, de la nature humaine: la pr\u00e9dominance des capacit\u00e9s affectives sur les capacit\u00e9s intellectuelles et la pr\u00e9dominance des aspirations \u00e9go\u00efstes sur les inclinations plus nobles. Analysant \u00abla soci\u00e9t\u00e9 en tant que telle\u00bb, le penseur fran\u00e7ais parle de deux principes inextricablement li\u00e9s et n\u00e9cessaires \u00e0 son existence: la division du travail et la coop\u00e9ration. Dans sa dynamique sociale, il d\u00e9fend l&rsquo;id\u00e9e de progr\u00e8s. Selon lui, le progr\u00e8s consiste \u00e0 la fois dans l&rsquo;am\u00e9lioration constante de la vie mat\u00e9rielle des individus et (principalement) dans l&rsquo;am\u00e9lioration de leurs qualit\u00e9s intellectuelles et morales. Il consid\u00e9rait que le \u00abprincipe pr\u00e9dominant\u00bb qui d\u00e9termine en fin de compte le progr\u00e8s de la race humaine \u00e9tait \u00able d\u00e9veloppement de la raison\u00bb (l\u2019\u00e9volution intellectuelle dirige tout le cours de l\u2019histoire humaine). Comte d\u00e9clare que la \u00abgrande loi des trois \u00e9tapes\u00bb est le \u00abconcept fondamental\u00bb de la dynamique sociale. En analysant cette loi, il cherche \u00e0 justifier la relation entre le d\u00e9veloppement intellectuel et politique de l&rsquo;humanit\u00e9. L&rsquo;\u00e9tape th\u00e9ologique correspond au r\u00e9gime militaire, qui, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, re\u00e7oit l&rsquo;enti\u00e8re approbation des pr\u00eatres; dans le m\u00eame temps, la religion b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un soutien important de la part des autorit\u00e9s, qui renforcent son autorit\u00e9 par tous les moyens. L\u2019\u00e9tape m\u00e9taphysique correspond \u00e0 un syst\u00e8me militaire consid\u00e9rablement modifi\u00e9: contrairement \u00e0 celui d\u2019origine, il perd son caract\u00e8re offensif et acquiert un caract\u00e8re d\u00e9fensif. Enfin, la diffusion de la pens\u00e9e scientifique s&rsquo;accompagne de la cr\u00e9ation d&rsquo;un syst\u00e8me industriel et des relations politiques particuli\u00e8res qui lui sont associ\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Comte estime que sa soci\u00e9t\u00e9 contemporaine est dans un \u00e9tat de crise politique profonde, dont il voit la cause dans la pr\u00e9sence du pluralisme des opinions: \u00abnotre maladie la plus dangereuse consiste en un profond d\u00e9saccord des esprits sur toutes les questions fondamentales de la vie\u00bb (1: 21). Selon lui, la crise de la soci\u00e9t\u00e9 ne peut \u00eatre surmont\u00e9e qu&rsquo;avec l&rsquo;aide d&rsquo;une v\u00e9ritable doctrine philosophique: la diffusion progressive de la pens\u00e9e scientifique conduira au triomphe complet du positivisme, qui, \u00e0 son tour, pr\u00e9d\u00e9terminera les changements dans les institutions sociales. Dans la soci\u00e9t\u00e9 du futur, selon Comte, la domination du gouvernement central est in\u00e9vitable. Dans le m\u00eame temps, il d\u00e9clare cat\u00e9goriquement l&rsquo;inadmissibilit\u00e9 du pouvoir supr\u00eame du peuple. En m\u00eame temps, il ne pensait pas que les diff\u00e9rences de classe dispara\u00eetraient un jour: au contraire, selon lui, la division des personnes en entrepreneurs et producteurs est inamovible et pleinement justifi\u00e9e d&rsquo;un point de vue scientifique. Les repr\u00e9sentants du prol\u00e9tariat doivent renoncer \u00e0 leurs pr\u00e9tentions absurdes au pouvoir et \u00e0 la richesse. Les entrepreneurs sont oblig\u00e9s de sauver les prol\u00e9taires de la pauvret\u00e9 en utilisant judicieusement le capital qu\u2019ils poss\u00e8dent. Selon le philosophe fran\u00e7ais, dans la soci\u00e9t\u00e9 du futur, la politique sera d\u00e9termin\u00e9e par la morale. La base de la morale positiviste est le principe d&rsquo;altruisme (le terme a \u00e9t\u00e9 introduit par Comte). L\u2019altruisme pr\u00e9suppose l\u2019\u00e9l\u00e9vation des int\u00e9r\u00eats publics au-dessus des int\u00e9r\u00eats personnels et agit comme le \u00abprincipe de l\u2019amour universel\u00bb. La morale positiviste consid\u00e8re la valeur des individus non pas dans le fait qu\u2019ils sont des \u00eatres individuels uniques, mais dans le fait qu\u2019ils constituent diff\u00e9rentes parties d\u2019un m\u00eame organisme social. La devise de la morale positiviste est \u00abvivre pour les autres\u00bb. La moralit\u00e9 fa\u00e7onne l\u2019opinion publique, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle les citoyens n\u2019auront aucun doute sur leur comportement dans \u00abchaque cas individuel\u00bb. Le fondateur du positivisme croyait qu\u2019un \u00abordre raisonnable\u00bb dans le domaine social s\u2019\u00e9tablirait progressivement sur Terre, s\u2019\u00e9tablissant d\u2019abord en Europe (il pr\u00e9disait la formation d\u2019une R\u00e9publique occidentale avec Paris pour capitale). Il convient de noter que dans la \u00absoci\u00e9t\u00e9 du futur\u00bb de Comte, tous les aspects de l&rsquo;existence humaine sont strictement r\u00e9glement\u00e9s par le gouvernement central, une seule id\u00e9ologie r\u00e8gne inconditionnellement, excluant compl\u00e8tement le pluralisme d&rsquo;opinions, et le caract\u00e8re unique de la personnalit\u00e9 humaine n&rsquo;est pratiquement pas pris en compte. compte.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans les derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, Comte a trouv\u00e9 une justification \u00e0 la religion de l\u2019Humanit\u00e9. Il a d\u00e9clar\u00e9 que \u00abl&rsquo;humanit\u00e9 est le v\u00e9ritable Grand \u00catre\u00bb \u00abqui a remplac\u00e9 \u00e0 jamais le concept de Dieu\u00bb (2: 5, 149). Les pr\u00eatres de l&rsquo;Humanit\u00e9 sont des philosophes positivistes, et \u00abla science acquiert un caract\u00e8re v\u00e9ritablement sacr\u00e9, comme base syst\u00e9matique d&rsquo;un culte universel\u00bb (2: 5, 156). Le Culte de l\u2019Humanit\u00e9, selon Comte, n\u00e9cessite l\u2019introduction de nouvelles c\u00e9l\u00e9brations et rituels publics, la glorification des grands personnages et l\u2019introduction d\u2019un nouveau calendrier \u00abpositiviste\u00bb. La philosophie positive doit devenir la \u00abreligion ultime\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>John Stuart Mill<\/strong> (1806-1873) fut l\u2019un des principaux repr\u00e9sentants du positivisme britannique. Il fit ses \u00e9tudes \u00e0 la maison, de 1823 \u00e0 1858 il servit dans la Compagnie des Indes orientales (\u00e0 partir de 1856 il la dirigea). Pendant plusieurs ann\u00e9es, Mill fut d\u00e9put\u00e9. Depuis 1841, il correspondait avec Comte (sans toutefois rencontrer ce dernier). L&rsquo;\u0153uvre philosophique principale de Mill est \u00abSyst\u00e8me de logique\u00bb (1843). Comme Comte, Mill consid\u00e9rait qu\u2019il \u00e9tait impossible d\u2019obtenir une \u00abconnaissance absolue\u00bb de l\u2019essence des choses. Tout ce que les gens peuvent savoir sur le monde se r\u00e9sume aux sensations qu\u2019ils \u00e9prouvent. Mais ces sensations ne r\u00e9v\u00e8lent nullement la nature int\u00e9rieure des choses. Pour justifier cette position, Mill fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la diff\u00e9rence qualitative entre cause et effet: \u00abun vent d\u2019est n\u2019est pas comme la sensation de froid, une br\u00fblure n\u2019est pas comme la vapeur d\u2019eau bouillante. Pourquoi la mati\u00e8re devrait-elle ressembler \u00e0 nos sensations? (5, 53). Mill d\u00e9finit la mati\u00e8re comme \u00abla possibilit\u00e9 constante de sensation\u00bb. Il r\u00e9duit la causalit\u00e9 \u00e0 une s\u00e9quence de ph\u00e9nom\u00e8nes. Il distingue trois types d&rsquo;explication des lois de la nature: 1) d\u00e9composition d&rsquo;une loi complexe (d\u00e9crivant un \u00abeffet complexe\u00bb) en lois simples (lois des causes de cet effet), 2) \u00e9tablissement d&rsquo;un \u00ablien interm\u00e9diaire\u00bb dans la s\u00e9quence des ph\u00e9nom\u00e8nes, 3) la r\u00e9duction de lois particuli\u00e8res \u00e0 une loi plus g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p align=\"justify\">La principale m\u00e9thode de recherche scientifique, selon Mill, est l&rsquo;induction (en la mati\u00e8re, il poursuit la lign\u00e9e de F. Bacon). Selon lui, \u00abla base de toutes les sciences, m\u00eame d\u00e9ductives, est l&rsquo;induction\u00bb; \u00aben ajoutant&#8230; syllogisme sur syllogisme, nous ajoutons en r\u00e9alit\u00e9 une induction \u00e0 une autre\u00bb (5: 201, 189). Dans le cadre du mod\u00e8le inductiviste de cognition, il a d\u00e9velopp\u00e9 quatre \u00abm\u00e9thodes de recherche exp\u00e9rimentale\u00bb: 1) similitudes (\u00absi deux ou plusieurs cas d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e0 \u00e9tudier n&rsquo;ont qu&rsquo;une seule circonstance en commun, alors cette circonstance&#8230; est la cause (ou la cons\u00e9quence) de ce ph\u00e9nom\u00e8ne\u00bb, 2) les diff\u00e9rences (\u00absi le cas dans lequel le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9tudi\u00e9 se produit et le cas dans lequel il ne se produit pas sont similaires en toutes circonstances sauf une, qui ne se produit que dans le premier cas, alors cette circonstance&#8230; est une cons\u00e9quence, ou une cause, ou une partie n\u00e9cessaire de la cause du ph\u00e9nom\u00e8ne\u00bb ), 3) les r\u00e9sidus (\u00absi l&rsquo;on soustrait d&rsquo;un ph\u00e9nom\u00e8ne la partie de celui-ci qui, comme on le sait des pr\u00e9c\u00e9dents inductions, est une cons\u00e9quence de certains pr\u00e9c\u00e9dents sp\u00e9cifiques, alors le reste de ce ph\u00e9nom\u00e8ne doit \u00eatre une cons\u00e9quence des pr\u00e9c\u00e9dents restants\u00bb), 4) les changements d&rsquo;accompagnement (\u00abchaque ph\u00e9nom\u00e8ne, changeant d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, chaque fois qu&rsquo;un autre ph\u00e9nom\u00e8ne change d&rsquo;une certaine mani\u00e8re d&rsquo;une mani\u00e8re particuli\u00e8re, il est soit une cause, soit une cons\u00e9quence de ce ph\u00e9nom\u00e8ne, ou y est li\u00e9 par une sorte de lien causal\u00bb (5: 354 &#8211; 365). Il est important de noter que l&rsquo;application de l&rsquo;induction, selon Mill, pr\u00e9suppose le principe d&rsquo;uniformit\u00e9 de l&rsquo;ordre de la nature.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans son essai \u00abOn Freedom\u00bb (1859), le penseur anglais pr\u00f4ne le lib\u00e9ralisme politique. Il d\u00e9clare ce qui suit comme principe g\u00e9n\u00e9ral limitant le pouvoir de la soci\u00e9t\u00e9 par rapport \u00e0 l&rsquo;individu : une personne doit avoir droit \u00e0 tout ce qui ne nuit pas \u00e0 autrui. Mill identifie trois aspects de la libert\u00e9 politique: 1) la libert\u00e9 d&rsquo;opinion (concernant \u00abtous les sujets possibles\u00bb), 2) la libert\u00e9 de choisir des objectifs de vie (cela implique la possibilit\u00e9 de vivre conform\u00e9ment \u00e0 ses opinions), 3) la libert\u00e9 d&rsquo;association (c&rsquo;est-\u00e0-dire , rejoindre une association avec d&rsquo;autres personnes au sein d&rsquo;une organisation). Justifiant la n\u00e9cessit\u00e9 de la libert\u00e9 d&rsquo;opinion, il affirme que: a) une opinion interdite peut tr\u00e8s bien s&rsquo;av\u00e9rer vraie, b) m\u00eame si l&rsquo;opinion interdite est fausse, sa connaissance servira \u00e0 mieux comprendre la v\u00e9rit\u00e9, c) une opinion interdite une opinion peut \u00eatre partiellement vraie et seulement partiellement fausse (et par cons\u00e9quent, tenter de l\u2019\u00e9carter compl\u00e8tement retarderait le progr\u00e8s de la connaissance scientifique). En affirmant le droit de l&rsquo;individu d&rsquo;organiser sa vie \u00e0 sa guise, Mill fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la diversit\u00e9 des caract\u00e8res humains. Cette diversit\u00e9, selon lui, n\u00e9cessite des modes de vie diff\u00e9rents. Diff\u00e9rentes personnes ne peuvent pas se sentir \u00e9galement \u00e0 l\u2019aise dans les m\u00eames conditions. Seule la personne qui organise sa vie conform\u00e9ment \u00e0 ses propres croyances d\u00e9velopp\u00e9es de mani\u00e8re ind\u00e9pendante sera capable de v\u00e9ritablement d\u00e9velopper toutes ses capacit\u00e9s. Mill fut l\u2019un des premiers \u00e0 d\u00e9clarer le danger de l\u2019\u00e9mergence d\u2019une \u00absoci\u00e9t\u00e9 de masse\u00bb. Il a vu une tendance extr\u00eamement n\u00e9gative dans la propagation d&rsquo;un type particulier de \u00abpersonne moyenne\u00bb qui n&rsquo;a pas d&rsquo;inclinations et d&rsquo;id\u00e9es autres que celles \u00abg\u00e9n\u00e9ralement accept\u00e9es\u00bb. Il pensait que le triomphe de l\u2019homme \u00abde masse\u00bb pourrait stopper le d\u00e9veloppement progressif de la soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne. Le philosophe anglais a donc parl\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9fendre les droits individuels de toutes les mani\u00e8res possibles. La libert\u00e9 d&rsquo;association, selon Mill, d\u00e9coule directement du droit des personnes de choisir leurs objectifs de vie. Il \u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 une centralisation excessive du pouvoir et estimait qu&rsquo;un nombre important de questions de la vie publique devraient \u00eatre r\u00e9solues au niveau du gouvernement local. Selon Mill, une forte augmentation du pouvoir du gouvernement est toujours pr\u00e9judiciable \u00e0 la vie de la soci\u00e9t\u00e9; il consid\u00e9rait la presse comme un moyen important contre les abus des responsables gouvernementaux. Le penseur anglais a critiqu\u00e9 la philosophie politique de Comte car, selon lui, elle conduit \u00e0 l&rsquo;instauration du \u00abdespotisme\u00bb et \u00e0 la destruction de la libert\u00e9 individuelle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Herbert Spencer<\/strong>(1820-1903) &#8211; un repr\u00e9sentant tr\u00e8s influent du positivisme britannique. Il a re\u00e7u une formation technique et a travaill\u00e9 comme ing\u00e9nieur dans la construction de chemins de fer. Par la suite, Spencer devient employ\u00e9 du magazine Economist, puis m\u00e8ne la vie d&rsquo;un scientifique en fauteuil engag\u00e9 dans la mise en \u0153uvre du projet de construction d&rsquo;une \u00abphilosophie synth\u00e9tique\u00bb. Son principal ouvrage philosophique est \u00abLes principes fondamentaux\u00bb (1862). Cet ouvrage contient la doctrine de l&rsquo;Inconnaissable (Partie 1) et du Connaissable (Partie 2). Le connaissable est le domaine des ph\u00e9nom\u00e8nes, l&rsquo;inconnaissable est la r\u00e9alit\u00e9 absolue qui sous-tend ces ph\u00e9nom\u00e8nes. Dans la section sur l\u2019Inconnaissable, Spencer parle de la possibilit\u00e9 de concilier les conclusions de la religion et de la science. Analysant les \u00abid\u00e9es religieuses ultimes\u00bb, il d\u00e9clare qu&rsquo;aucune r\u00e9ponse satisfaisante ne peut \u00eatre trouv\u00e9e \u00e0 la question de l&rsquo;origine de l&rsquo;Univers. Soit l\u2019univers existe par lui-m\u00eame, soit il s\u2019est cr\u00e9\u00e9 lui-m\u00eame, soit il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par une force ext\u00e9rieure. Les trois hypoth\u00e8ses ne sont compr\u00e9hensibles que par des mots, elles ne peuvent pas \u00eatre pens\u00e9es de mani\u00e8re coh\u00e9rente; de plus, il n\u2019existe aucun moyen de garantir leur v\u00e9racit\u00e9. D\u2019o\u00f9 la reconnaissance du fait que la force qui sous-tend tout est totalement inconnaissable. Cette conclusion est l\u2019\u00e9l\u00e9ment vrai commun \u00e0 toutes les religions, qui contiennent en m\u00eame temps de nombreuses id\u00e9es erron\u00e9es et absurdes. Consid\u00e9rant les \u00abid\u00e9es scientifiques ultimes\u00bb, Spencer dit qu\u2019il est impossible de comprendre l\u2019espace et le temps soit comme des entit\u00e9s objectives, soit comme des qualit\u00e9s subjectives. De la m\u00eame mani\u00e8re, la mati\u00e8re ne peut \u00eatre pens\u00e9e ni comme divisible \u00e0 l\u2019infini ni comme indivisible. (Si nous supposons une divisibilit\u00e9 infinie, nous devons suivre ces divisions infinies avec nos pens\u00e9es, ce qui est impossible; si nous supposons l&rsquo;indivisibilit\u00e9, nous devons imaginer des particules qu&rsquo;aucune force imaginable ne peut diviser, ce qui est \u00e9galement impossible). Reste \u00e0 reconna\u00eetre que la mati\u00e8re, l\u2019espace et le temps correspondent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 qui ne peut \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9e. Ainsi, la science et la religion aboutissent au m\u00eame r\u00e9sultat: l\u2019acceptation de la th\u00e8se sur la pr\u00e9sence d\u2019un pouvoir illimit\u00e9 et incompr\u00e9hensible, dont la manifestation est toute chose. Au d\u00e9but de la section sur le connaissable, Spencer examine la question de la nature de la philosophie. Alors que la science est une connaissance partiellement unifi\u00e9e, la philosophie est une \u00abconnaissance pleinement unifi\u00e9e\u00bb. La t\u00e2che de la philosophie est la synth\u00e8se des connaissances scientifiques. La philosophie formule des conclusions du plus haut degr\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9. Il cherche \u00e0 englober tous les ph\u00e9nom\u00e8nes sp\u00e9cifiques sous une seule loi g\u00e9n\u00e9rale. Cette loi g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9crit le cycle de changements subis par tout objet et inclut le processus int\u00e9gral d&rsquo;\u00e9volution et de d\u00e9composition. L&rsquo;\u00e9volution, selon Spencer, est: a) l&rsquo;int\u00e9gration de la mati\u00e8re et la dispersion du mouvement, b) la transition de l&rsquo;ind\u00e9fini au d\u00e9fini, c) la transition de l&rsquo;homog\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. L&rsquo;\u00e9volution de tout agr\u00e9gat aboutit \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre (entre forces agissant de l&rsquo;ext\u00e9rieur et de l&rsquo;int\u00e9rieur). L\u2019\u00e9quilibre \u00e9tant instable (il peut \u00eatre perturb\u00e9 lorsque l\u2019\u00e9quilibre des forces ext\u00e9rieures change), l\u2019agr\u00e9gat doit in\u00e9vitablement proc\u00e9der \u00e0 sa d\u00e9composition. La d\u00e9composition est un processusconsistant en la d\u00e9sint\u00e9gration de la mati\u00e8re et l\u2019absorption du mouvement. L&rsquo;alternance d&rsquo;\u00e9volution et de d\u00e9cadence caract\u00e9rise le d\u00e9veloppement non seulement des objets individuels, mais aussi de l&rsquo;Univers dans son ensemble. Le changement p\u00e9riodique des \u00e8res d&rsquo;\u00e9volution et de d\u00e9composition s&rsquo;est produit plus d&rsquo;une fois dans l&rsquo;Univers dans le pass\u00e9 et l&rsquo;attend in\u00e9vitablement dans le futur (de plus, les processus d&rsquo;\u00e9volution sont toujours identiques en principe, mais diff\u00e9rents dans leurs r\u00e9sultats, donc une r\u00e9p\u00e9tition absolue de aucun cycle ne se produit).<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le cadre de son concept sociopolitique, Spencer consid\u00e9rait la soci\u00e9t\u00e9 comme un organisme. Selon lui, les relations entre les parties de la soci\u00e9t\u00e9 sont similaires aux relations entre les parties d\u2019un corps vivant. Comme un organisme, la soci\u00e9t\u00e9 est capable de cro\u00eetre, de complexifier sa structure ; la division du travail en elle est semblable \u00e0 la \u00abdivision physiologique du travail\u00bb. Tout organe social, comme un organe corporel, poss\u00e8de des syst\u00e8mes de nutrition, de distribution et de r\u00e9gulation. Spencer distingue deux types de soci\u00e9t\u00e9s apparues au cours de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;humanit\u00e9. Le type de soci\u00e9t\u00e9 militaire se caract\u00e9rise par la domination d&rsquo;un syst\u00e8me de r\u00e9gulation externe, qui \u00e9tablit une coop\u00e9ration forc\u00e9e des citoyens. Ce syst\u00e8me rend difficile le changement de profession, de lieu de r\u00e9sidence ou de statut social. Les tentatives de cr\u00e9ation d&rsquo;organisations non gouvernementales sont r\u00e9prim\u00e9es avec succ\u00e8s. Le pouvoir est centralis\u00e9; la structure de la soci\u00e9t\u00e9 est adapt\u00e9e \u00e0 la lutte contre les \u00c9tats ext\u00e9rieurs. Le type de soci\u00e9t\u00e9 industrielle (\u00e9mergeant bien plus tard que la soci\u00e9t\u00e9 militaire) repose sur un syst\u00e8me de coop\u00e9ration volontaire, lorsqu&rsquo;il y a un \u00e9change mutuel de services. Dans une telle soci\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;y a pas de pouvoir despotique, une masse d&rsquo;organisations priv\u00e9es appara\u00eet. Contrairement \u00e0 l&rsquo;arm\u00e9e, la soci\u00e9t\u00e9 de type industriel est soumise \u00e0 une r\u00e9gulation n\u00e9gative, mais pas positive (il existe un syst\u00e8me d&rsquo;interdictions, mais il n&rsquo;y a pas d&rsquo;instructions directes sur la mani\u00e8re dont chaque citoyen est oblig\u00e9 de vivre). En r\u00e9fl\u00e9chissant \u00e0 l&rsquo;avenir politique de l&rsquo;humanit\u00e9, Spencer a soutenu que les guerres cesseraient compl\u00e8tement et que le but principal de l&rsquo;\u00c9tat serait d&#8217;emp\u00eacher les dommages que les membres de la soci\u00e9t\u00e9 pourraient se causer les uns aux autres (l&rsquo;\u00c9tat devrait exister pour l&rsquo;individu, et non l&rsquo;inverse) dans le m\u00eame temps, une partie importante des fonctions du gouvernement sera \u00e0 l&rsquo;avenir reprise par des organismes publics.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Comte O.<\/em>\u00a0Cours de philosophie positive. T. 1, Saint-P\u00e9tersbourg, 1900.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2. Comte O.<\/em>\u00a0Aper\u00e7u g\u00e9n\u00e9ral du positivisme \/\/ Fondateurs du positivisme. Vol. 4-5. Saint-P\u00e9tersbourg, 1912-1913.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3.Kont<\/em>\u00a0O. L&rsquo;esprit de philosophie positive. Saint-P\u00e9tersbourg, 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Comte A.<\/em>\u00a0Cours de philosophie positive. T. 1 &#8211; 6. P., 1907 &#8211; 1908.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Mill D.S.<\/em>\u00a0Syst\u00e8me de logique syllogistique et inductive. M., 1914.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6.Mill D.S.<\/em>\u00a0Utilitarisme. \u00c0 propos de la libert\u00e9. Saint-P\u00e9tersbourg, 1869.<\/p>\n<p align=\"justify\">7.Les \u0153uvres rassembl\u00e9es de John Stuart Mill. 25 tomes. Toronto-L., 1963.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.Spencer G.<\/em>\u00a0Principes de base. Saint-P\u00e9tersbourg, 1899.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9.<\/em>\u00a0Philosophie synth\u00e9tique d&rsquo;Herbert Spencer. K., 1997.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10. Spencer H.<\/em>\u00a0Travaux. 18 tomes. LNI, 1910.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11. Arnaud P.<\/em>\u00a0La pens\u00e9e d&rsquo;Auguste Comte, P., 1969.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12.Elliot HSR<\/em>\u00a0Herbert Spencer. L., 1917.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>13.L\u00e9vy-Bruhl L.<\/em>\u00a0La philosophie d&rsquo;Auguste Comte. P., 1900.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>14.Packe M.<\/em>\u00a0La vie de John Stuart Mill. L., 1954.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le positivisme est l\u2019un des mouvements les plus influents de la philosophie occidentale des deux derniers si\u00e8cles. Le positivisme est pass\u00e9 par trois \u00e9tapes principales dans son d\u00e9veloppement. La premi\u00e8re \u00e9tape est associ\u00e9e aux enseignements de Comte, Mill et Spencer. La deuxi\u00e8me \u00e9tape est l\u2019empirio-critique de Mach et Avenarius. 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