{"id":639,"date":"2024-06-22T19:34:48","date_gmt":"2024-06-22T16:34:48","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=639"},"modified":"2025-11-20T20:12:09","modified_gmt":"2025-11-20T17:12:09","slug":"pragmatisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/22\/pragmatisme\/","title":{"rendered":"Pragmatisme. William James, Charles Sanders Peirce, John Dewey. Instrumentalisme. Le r\u00f4le fondamental du doute"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Le pragmatisme est la direction la plus importante de la philosophie am\u00e9ricaine. Ses principaux repr\u00e9sentants \u00e0 un stade pr\u00e9coce \u00e9taient C. S. Peirce, W. James et J. Dewey.\u00a0<strong>Charles Sanders Peirce<\/strong>\u00a0est \u00e0 juste titre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des philosophes les plus originaux et aux multiples facettes que l\u2019Am\u00e9rique ait jamais produits. En tant qu&rsquo;intellectuel novateur, il a anticip\u00e9 le d\u00e9veloppement d&rsquo;une vari\u00e9t\u00e9 de disciplines scientifiques. Ses recherches ont laiss\u00e9 une marque notable tant dans les sciences exactes et naturelles que dans les sciences humaines. Il \u00e9tait math\u00e9maticien, astronome, chimiste, g\u00e9om\u00e8tre, cartographe et ing\u00e9nieur, mais aussi psychologue, philologue et historien des sciences. Il fut l&rsquo;un des premiers aux \u00c9tats-Unis \u00e0 s&rsquo;engager dans la psychologie exp\u00e9rimentale et le premier \u00e0 utiliser la longueur d&rsquo;onde de la lumi\u00e8re comme mesure. Sa renomm\u00e9e posthume lui vient de ses travaux dans les domaines de la logique et de la s\u00e9miotique, mais il est aussi l&rsquo;auteur d&rsquo;un syst\u00e8me m\u00e9taphysique original. C. S. Peirce est entr\u00e9 dans l&rsquo;histoire de la philosophie en tant que fondateur de la philosophie du pragmatisme, une autre direction de sa cr\u00e9ativit\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/22\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-vi-philosophie-moderne-chapitre-11-pragmatisme\/heart-and-brain\/\" rel=\"attachment wp-att-847\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-thumbnail wp-image-847\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/pragmatizm230624-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Pierce est n\u00e9 en 1839 \u00e0 Cambridge, Massachusetts. Pierce est dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;Universit\u00e9 Harvard en 1859 et a obtenu en 1863 un baccalaur\u00e9at en chimie. De 1859 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de 1891, il a travaill\u00e9 &#8211; d&rsquo;abord comme assistant de laboratoire et technicien, puis comme assistant &#8211; au US Coast and Geodetic Survey, principalement engag\u00e9 dans la recherche g\u00e9od\u00e9sique. Pendant six ans, de 1869 \u00e0 1875, Pierce occupe le poste d&rsquo;assistant \u00e0 l&rsquo;Observatoire de Harvard. De 1879 \u00e0 1884, Peirce a combin\u00e9 son travail au Bureau avec l&rsquo;enseignement de la logique en tant que \u00abconf\u00e9rencier invit\u00e9\u00bb au d\u00e9partement de math\u00e9matiques de l&rsquo;Universit\u00e9 Johns Hopkins.<\/p>\n<p align=\"justify\">Malgr\u00e9 des tentatives infructueuses pour faire carri\u00e8re universitaire, C. S. Peirce cherche \u00e0 \u00eatre reconnu par la communaut\u00e9 scientifique: il est \u00e9lu membre de l&rsquo;Acad\u00e9mie am\u00e9ricaine des arts et des sciences (1867), de la National Academy of Sciences (1877), de la London Mathematical Society (1880) et un certain nombre d&rsquo;autres organisations scientifiques prestigieuses. De son vivant, ce sont principalement ses recherches astronomiques et g\u00e9od\u00e9siques qui ont \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ci\u00e9es, de sorte que la reconnaissance qu&rsquo;il a acquise n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 ni universelle ni sans ambigu\u00eft\u00e9 &#8211; les maisons d&rsquo;\u00e9dition ont continu\u00e9 \u00e0 rejeter ses articles et les universit\u00e9s ont refus\u00e9 de l&rsquo;accepter pour un travail permanent. Pierce a pass\u00e9 les 26 derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie isol\u00e9 avec sa seconde \u00e9pouse dans un petit domaine pr\u00e8s de Milford, dans le nord-ouest de la Pennsylvanie. C. S. Pierce est mort d&rsquo;un cancer en 1914.<\/p>\n<p align=\"justify\">De nombreuses difficult\u00e9s, notamment l&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re, n&rsquo;ont pu emp\u00eacher Peirce de consacrer tout son temps \u00e0 des recherches scientifiques intensives. Il a laiss\u00e9 derri\u00e8re lui un grand nombre d&rsquo;articles publi\u00e9s (environ 80 000 pages de texte imprim\u00e9), ainsi qu&rsquo;un \u00e9norme h\u00e9ritage manuscrit d&rsquo;environ 100 000 pages. La renomm\u00e9e n&rsquo;est venue \u00e0 Pierce que dans les ann\u00e9es 30, lorsque les premiers volumes des \u0152uvres Collect\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u0153uvres de Peirce, parfois appel\u00e9 \u00abl\u2019Aristote am\u00e9ricain\u00bb, ont eu une \u00e9norme influence sur la philosophie et la science modernes. Cela s&rsquo;est malheureusement produit apr\u00e8s la mort de leur auteur. Les id\u00e9es de Peirce ont \u00e9t\u00e9 directement adopt\u00e9es par W. James et J. Dewey, qui interpr\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 \u00e0 leur mani\u00e8re l&rsquo;essence et la m\u00e9thode du pragmatisme. La philosophie de Peirce a inspir\u00e9 K. Popper, W. W. O. Quine, H. Putnam et C.-O. Apel. Quant aux s\u00e9mioticiens, U. Eco peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme son disciple. Les sciences cognitives et les th\u00e9ories de l&rsquo;intelligence artificielle doivent \u00e9galement beaucoup \u00e0 Charles Peirce, qui a combin\u00e9 l&rsquo;intuition brillante d&rsquo;un scientifique avec une passion pour une analyse minutieuse et impartiale.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Le pragmatisme de Peirce: principes de base, concepts et attitudes.<\/strong> Malgr\u00e9 la polyvalence de ses talents, C. Pierce est avant tout connu comme le fondateur du pragmatisme. Il formule le programme de ce mouvement et trouve un terme pour le d\u00e9signer. Dans l\u2019article \u00abQu\u2019est-ce que le pragmatisme? (1905) Peirce a \u00e9crit que \u00abla caract\u00e9ristique la plus frappante de la nouvelle th\u00e9orie \u00e9tait peut-\u00eatre la reconnaissance d&rsquo;un lien indissociable entre la connaissance rationnelle et le but rationnel\u00bb (1: 158).<\/p>\n<p align=\"justify\">Les fondements du concept de pragmatisme ont \u00e9t\u00e9 pos\u00e9s par Peirce dans des ouvrages et des discours publi\u00e9s datant de la p\u00e9riode 1865-1878. Deux articles de Peirce, \u00abThe Fixation of Beliefs\u00bb et \u00abHow to Make Our Ideas Clear\u00bb, publi\u00e9s pour la premi\u00e8re fois dans Popular Science Monthly en novembre 1877 et janvier 1878, ont \u00e9t\u00e9 cruciaux pour le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur du pragmatisme en tant que mouvement philosophique respectivement.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00abConsolidation des croyances\u00bb.<\/strong> Dans cet article, Peirce introduit deux concepts importants: le concept de \u00abdoute\u00bb et le concept de \u00abcroyance\u00bb. Belief est un mot anglais polys\u00e9mantique qui peut \u00eatre traduit par croyance, opinion, croyance. Chez Peirce, bien s\u00fbr, nous ne parlons pas d\u2019un sens religieux, mais des \u00e9tats psychologiques de foi et de doute que chacun \u00e9prouve. Le doute et la foi ont tous deux un effet positif, chacun est donc n\u00e9cessaire \u00e0 sa mani\u00e8re. La foi ne nous oblige pas \u00e0 agir imm\u00e9diatement, mais dans certaines circonstances, elle nous oblige \u00e0 agir d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle agit comme une pr\u00e9disposition \u00e0 l&rsquo;action. Le doute nous pousse imm\u00e9diatement \u00e0 agir jusqu\u2019\u00e0 ce que nous le surmontions. Ainsi, toute activit\u00e9 humaine a la structure d\u2019un passage du doute \u00e0 la foi. Le passage m\u00eame du doute \u00e0 la foi &#8211; tous, et pas seulement ceux li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 scientifique &#8211; Peirce appelle \u00abrecherche\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans ce cas, le doute doit \u00eatre un doute \u00abvivant\u00bb, vital, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il doit \u00eatre li\u00e9 \u00e0 une situation pr\u00e9cise. Ce n\u2019est pas le doute universel de Descartes, auquel le philosophe recourt arbitrairement comme outil pour trouver la v\u00e9rit\u00e9. Le doute de Peirce surgit naturellement et est principalement associ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de circonstances qui ne correspondent pas \u00e0 l\u2019image habituelle du monde. Plus tard, John Dewey a introduit le concept de \u00absituation probl\u00e9matique\u00bb et a formul\u00e9 les principales caract\u00e9ristiques d\u2019une telle situation, mais l\u2019id\u00e9e originale appartenait, comme on le voit, \u00e0 Peirce. La croyance est interpr\u00e9t\u00e9e par le pragmatisme comme l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une habitude, d\u2019une \u00absituation probl\u00e9matique\u00bb habitude d\u2019esprit, qui d\u00e9termine nos actions futures.<\/p>\n<p align=\"justify\">Que faut-il pour garantir une croyance? Peirce \u00e9num\u00e8re quatre m\u00e9thodes ou m\u00e9thodes, d\u00e9taillant leurs avantages et inconv\u00e9nients.<\/p>\n<p align=\"justify\">La m\u00e9thode de pers\u00e9v\u00e9rance est une m\u00e9thode psychologique, issue de la psychologie instinctive d&rsquo;une personne, lorsqu&rsquo;une personne tente de surmonter le doute en d\u00e9fendant jusqu&rsquo;au bout ses croyances habituelles. La m\u00e9thode d\u2019autorit\u00e9 a une nature socio-psychologique et est un \u00abproduit naturel de la conscience sociale\u00bb. Historiquement, ses conducteurs directs \u00e9taient la machine d&rsquo;\u00c9tat ou le clerg\u00e9, et son objet \u00e9tait les sujets ou la masse des croyants, dont la conscience \u00e9tait influenc\u00e9e par la propagande, la pr\u00e9dication ainsi que par des mesures plus strictes. Par rapport \u00e0 la m\u00e9thode de pers\u00e9v\u00e9rance, la m\u00e9thode d&rsquo;autorit\u00e9, selon Peirce, a une sup\u00e9riorit\u00e9 morale et m\u00eame intellectuelle incontestable, mais lors du passage de la vie solitaire \u00e0 la vie publique, une personne est confront\u00e9e \u00e0 un nouveau danger: devenir un \u00abesclave spirituel\u00bb. La m\u00e9thode a priori est une m\u00e9thode d\u2019\u00e9tablissement d\u2019opinions utilis\u00e9e par \u00abdes individus qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent au-dessus de l\u2019\u00e9tat de choses une fois pour toutes \u00e9tabli\u00bb. Historiquement, Pierce consid\u00e8re que l&rsquo;exemple le plus r\u00e9ussi de la m\u00e9thode a priori sont les enseignements des m\u00e9taphysiciens, par exemple Descartes ou Hegel. Les inconv\u00e9nients de cette m\u00e9thode sont en revanche \u00e9vidents. Les cr\u00e9ateurs de telle ou telle th\u00e9orie en tant qu&rsquo;ensemble de croyances partent d\u00e8s le d\u00e9but de leurs \u00abpr\u00e9f\u00e9rences naturelles\u00bb, sans se soucier de les v\u00e9rifier par des faits. Dans le m\u00eame ordre d&rsquo;id\u00e9es, Peirce conclut qu&rsquo;une telle m\u00e9thode \u00abfait de la recherche quelque chose qui ressemble \u00e0 la culture du go\u00fbt\u00bb. La m\u00e9thode scientifique, selon Peirce, se distingue par le fait que les croyances qui la fondent \u00abne sont pas d\u00e9termin\u00e9es par des circonstances purement humaines, mais par une certaine constance ext\u00e9rieure \u00e0 la conscience, sur laquelle notre pens\u00e9e n&rsquo;a aucune influence\u00bb (1: 117). Passons maintenant aux avantages de la m\u00e9thode scientifique. Le premier et principal avantage est que la m\u00e9thode scientifique est la seule des quatre m\u00e9thodes qui fournit un crit\u00e8re clair permettant de distinguer les bonnes et les mauvaises m\u00e9thodes d\u2019investigation.\u00bb Le fait est que toutes les autres m\u00e9thodes contiennent en elles-m\u00eames un crit\u00e8re d&rsquo;exactitude &#8211; c&rsquo;est-\u00e0-dire que correct est ce qui est arbitrairement accept\u00e9 comme tel &#8211; ce qui signifie en fait l&rsquo;absence de crit\u00e8re. Un autre avantage important et unique de la m\u00e9thode scientifique est la coh\u00e9rence avec les faits. Ni la m\u00e9thode de la pers\u00e9v\u00e9rance, ni la m\u00e9thode de l&rsquo;autorit\u00e9, ni enfin la m\u00e9thode a priori ne sont bas\u00e9es sur des faits ou ne s&rsquo;appuient sur eux dans une mesure insignifiante, de sorte que la certification par l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle n&rsquo;a toujours qu&rsquo;un caract\u00e8re secondaire et sans principes.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Comment clarifier nos id\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/strong> Dans l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent, nous parlions du doute et de la croyance. Or, sur fond de m\u00eames concepts, Peirce construit sa doctrine de la pens\u00e9e, puisque la d\u00e9finition du processus de pens\u00e9e est une condition pr\u00e9alable et n\u00e9cessaire pour r\u00e9pondre \u00e0 la question \u00abComment clarifier nos id\u00e9es?\u00a0\u00bb Peirce est un empiriste. Les sentiments sont la base de la pens\u00e9e. Les pens\u00e9es sont des s\u00e9quences de sensations dans l&rsquo;esprit. \u00abLa pens\u00e9e\u00bb, comme la d\u00e9finit m\u00e9taphoriquement Peirce, \u00abest un fil m\u00e9lodique qui parcourt toute la s\u00e9quence de nos sensations\u00bb (1: 133). La pens\u00e9e est l&rsquo;un des syst\u00e8mes de relations entre sensations. Malgr\u00e9 le fait que l&rsquo;essence de la pens\u00e9e soit le mouvement, l&rsquo;objectif principal de toute activit\u00e9 mentale est d&rsquo;atteindre la paix, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;atteindre la croyance. L\u2019une ne contredit pas l\u2019autre, puisque \u00ab\u00e9tant le lieu o\u00f9 s\u2019arr\u00eate la pens\u00e9e, la croyance est aussi le domaine qui entra\u00eene la pens\u00e9e dans un mouvement nouveau\u00bb (1: 134). D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, la croyance elle-m\u00eame est caract\u00e9ris\u00e9e par Peirce \u00e0 travers trois propri\u00e9t\u00e9s fonctionnelles: (1) la conscience; (2) \u00e9liminer l&rsquo;irritation caus\u00e9e par le doute; (3) \u00e9tablir une habitude. Derri\u00e8re nos pens\u00e9es, m\u00eame les plus abstraites, se cache un syst\u00e8me de sensations.<\/p>\n<p align=\"justify\">La maxime pragmatiste, connue sous le nom de \u00abprincipe de Peirce\u00bb, est la suivante: \u00ab\u2026 r\u00e9fl\u00e9chissez au genre de cons\u00e9quences, qui peuvent \u00eatre d\u2019importance pratique, que nous pensons que l\u2019objet de notre concept a. Alors notre concept de ces cons\u00e9quences est le concept complet de l\u2019objet\u00bb (3: 278). Une m\u00e9thodologie bas\u00e9e sur ce principe, et lui seul, peut conduire \u00e0 des id\u00e9es claires. Non seulement nos concepts sur les choses r\u00e9elles en tant que telles (vin, fleur, etc.), mais aussi les concepts abstraits (ainsi que leurs syst\u00e8mes &#8211; th\u00e9ories et lois) doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s \u00e0 travers le prisme de ce principe. En r\u00e9v\u00e9lant tout contenu de pens\u00e9e en \u00e9num\u00e9rant toutes ses cons\u00e9quences pratiques possibles, on \u00e9limine simultan\u00e9ment les raisons qui conduisent \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence de la plupart des controverses scientifiques et philosophiques. Comme exemples illustrant l&rsquo;application de la maxime pragmatiste, Peirce cite les concepts de duret\u00e9, de gravit\u00e9, de force et de libre arbitre. Cependant, la chose la plus importante \u00e0 consid\u00e9rer est la d\u00e9finition du concept de r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers la maxime pragmatiste.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le r\u00e9el est \u00abce dont les propri\u00e9t\u00e9s sont ind\u00e9pendantes de ce qu\u2019on peut en penser\u00bb (3: 289). c&rsquo;est-\u00e0-dire quelque chose d&rsquo;ind\u00e9pendant de notre pens\u00e9e. Nous reconnaissons quelque chose comme r\u00e9el lorsqu\u2019il affecte nos sentiments. Peirce fait la distinction entre la \u00abr\u00e9alit\u00e9 externe\u00bb et la r\u00e9alit\u00e9 de notre monde int\u00e9rieur. Le r\u00eave et la loi scientifique sont r\u00e9els dans un certain sens: tout en restant un produit de la conscience humaine, ils re\u00e7oivent une existence r\u00e9elle, ind\u00e9pendante du travail ult\u00e9rieur de la conscience. Cependant, dans la d\u00e9finition ci-dessus, la maxime pragmatiste n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e, \u00e0 savoir qu\u2019elle devrait clarifier l\u2019id\u00e9e ou le concept de r\u00e9alit\u00e9. Le concept de r\u00e9alit\u00e9, selon cette r\u00e8gle, se r\u00e9duit aux \u00abeffets tangibles\u00bb que provoquent les choses r\u00e9elles. Nous devons donc d\u00e9couvrir quelles sont ces cons\u00e9quences. Le principal effet (effet per\u00e7u) des choses r\u00e9elles est la production de croyances.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce que<\/strong>\u00a0le\u00a0<strong>pragmatisme?\u00a0\u00bb<\/strong> Nous nous concentrerons sur plusieurs id\u00e9es fondamentales pour comprendre l\u2019essence du pragmatisme. Si le pragmatisme est une philosophie, alors la question de savoir ce qu\u2019il faut consid\u00e9rer comme le d\u00e9but de la philosophie se pose \u00e0 l\u2019ordre du jour. Du point de vue de Peirce, il faut commencer non pas par le doute universel, comme le faisait Descartes, ni par l&rsquo;observation des premi\u00e8res impressions du sentiment, comme le font l&#8217;empirisme ou le positivisme, mais par \u00abl&rsquo;\u00e9tat dans lequel vous \u00eates charg\u00e9 d&rsquo;une incommensurabilit\u00e9 masse de connaissances d\u00e9j\u00e0 form\u00e9es et dont on ne pourrait pas se lib\u00e9rer m\u00eame si on le voulait\u00bb (1: 164). La proc\u00e9dure de \u00abpurification\u00bb, si ch\u00e8re \u00e0 la philosophie depuis Descartes jusqu&rsquo;aux empiriocritiques et m\u00eame \u00e0 Husserl, ne peut, en fin de compte, fournir une connaissance ad\u00e9quate du sujet, en introduisant trop de soi, en conditionnant le r\u00e9sultat final sur l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment th\u00e9orique de soi production.<\/p>\n<p align=\"justify\">Et pourtant, le pragmatisme s&rsquo;engage dans la \u00abpurification\u00bb, mais il s&rsquo;agit d&rsquo;une toute autre d\u00e9marche, qui re\u00e7ut bien plus tard, de la main l\u00e9g\u00e8re de L. Wittgenstein, le nom de \u00abth\u00e9rapie\u00bb philosophique. Nous parlons de nettoyer la philosophie de la \u00abm\u00e9taphysique ontologique\u00bb, que Peirce, sans m\u00e2cher ses mots, qualifie de \u00abcharabia d\u00e9nu\u00e9 de sens\u00bb et de \u00abpure absurdit\u00e9\u00bb. Qu\u2019obtient-on en cons\u00e9quence? Comme l&rsquo;\u00e9crit Peirce, \u00abune philosophie d\u00e9barrass\u00e9e de ces d\u00e9chets ne restera qu&rsquo;un certain nombre de probl\u00e8mes tout \u00e0 fait possibles \u00e0 \u00e9tudier en utilisant les m\u00e9thodes d&rsquo;observation caract\u00e9ristiques des v\u00e9ritables sciences\u00bb (1: 169). La d\u00e9claration ci-dessus rappelle des d\u00e9clarations similaires faites par des positivistes. Mais Peirce ne s\u2019oppose pas \u00e0 un tel parall\u00e8le et qualifie m\u00eame le pragmatisme de type de \u00abprop-positivisme\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire un enseignement proche du positivisme. Ce qui distingue le pragmatisme du positivisme est ce qui suit: (1) la pr\u00e9servation d\u2019une philosophie purifi\u00e9e; (2) la pleine acceptation de l\u2019essentiel de nos croyances instinctives; (3) l\u2019adh\u00e9sion persistante \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 du r\u00e9alisme scolastique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Le concept de v\u00e9rit\u00e9 dans le pragmatisme.<\/strong> Les repr\u00e9sentants du pragmatisme en g\u00e9n\u00e9ral, et Peirce en particulier, n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 fans du concept de \u00abv\u00e9rit\u00e9\u00bb. Ce n\u2019est pas la v\u00e9rit\u00e9 qui est importante, mais une opinion ou une croyance bien arr\u00eat\u00e9e. Lorsque nous sommes parvenus \u00e0 une opinion ferme et sans ambigu\u00eft\u00e9 sur telle ou telle question, nous ne nous int\u00e9ressons plus \u00e0 sa v\u00e9rit\u00e9 ou \u00e0 sa fausset\u00e9. Nous pouvons, bien s\u00fbr, dire que nous nous effor\u00e7ons d\u2019avoir une \u00abvraie opinion\u00bb, mais ne consid\u00e9rons-nous pas chaque opinion que nous avons comme vraie? En ce sens, Peirce est un partisan de la th\u00e9orie redondante de la v\u00e9rit\u00e9. La th\u00e8se principale de cette th\u00e9orie peut \u00eatre formul\u00e9e ainsi : dire que quelque chose est vrai signifie ne rien dire, puisque la propri\u00e9t\u00e9 de v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;affecte en rien le concept de l&rsquo;objet, n&rsquo;y ajoute rien. Le concept de v\u00e9rit\u00e9 est ainsi rendu redondant ou redondant. Par rapport au pragmatisme, accepter une conception redondante de la v\u00e9rit\u00e9 signifie notamment que l\u2019affirmation \u00abCertaines croyances sont vraies\u00bb est consid\u00e9r\u00e9e comme une tautologie. Peirce a une attitude n\u00e9gative \u00e0 l\u2019\u00e9gard du concept coh\u00e9rent de v\u00e9rit\u00e9, le plus r\u00e9pandu parmi les contemporains du philosophe. Et bien s\u00fbr, Peirce est un adversaire de l\u2019absolutisation m\u00e9taphysique de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le r\u00f4le fondamental du doute dans le processus de cognition nous oblige \u00e0 repenser le concept de v\u00e9rit\u00e9. Dans ce cas, il faut distinguer deux concepts de v\u00e9rit\u00e9: (1) la croyance, conduisant \u00e0 un comportement qui satisfait le d\u00e9sir correspondant et est utile \u00e0 la survie et \u00e0 l&rsquo;adaptation d&rsquo;une personne; (2) la conviction d\u00e9finitive de la majorit\u00e9 comme r\u00e9sultat naturel et n\u00e9cessaire d&rsquo;une longue \u00e9tude men\u00e9e selon la m\u00e9thode scientifique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le concept de v\u00e9rit\u00e9 dans le premier cas est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par la d\u00e9finition suivante, que Peirce donne dans une note de 1903 \u00e0 l&rsquo;article \u00abThe Consolidation of Belief\u00bb: \u00ab\u2026 La v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est ni plus ni moins que le caract\u00e8re d&rsquo;une proposition. , qui consiste dans le fait que la croyance en cette proposition, si elle est justifi\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience et la r\u00e9flexion, elle nous conduira \u00e0 un comportement qui contribuerait \u00e0 la satisfaction des d\u00e9sirs que cette conviction d\u00e9terminera. Dire que la v\u00e9rit\u00e9 signifie quelque chose de plus, c\u2019est dire qu\u2019elle n\u2019a aucun sens\u00bb (1: 104). Mais alors, toute croyance s\u2019av\u00e8re vraie, car nous ne pouvons tout simplement pas la consid\u00e9rer comme fausse, car elle cesserait alors d\u2019\u00eatre notre croyance. Ce qu\u2019une personne consid\u00e8re comme vrai est en m\u00eame temps sa ferme croyance. Ainsi, la conscience de la v\u00e9rit\u00e9 s\u2019accompagne n\u00e9cessairement de la confiance, \u00e9tat oppos\u00e9 au doute.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le second cas, le vrai est pleinement corr\u00e9l\u00e9 au r\u00e9el. Dans l\u2019article \u00abComment rendre nos id\u00e9es claires\u00bb, Peirce donne la d\u00e9finition suivante, plus \u00e9troite que celle ci-dessus, de la v\u00e9rit\u00e9: \u00abPar opinion, qui est destin\u00e9e \u00e0 devenir l\u2019accord g\u00e9n\u00e9ral de tous les enqu\u00eateurs, nous entendons la v\u00e9rit\u00e9, et l\u2019objet repr\u00e9sent\u00e9 par une telle opinion est un objet r\u00e9el\u00bb (1: 151). La pr\u00e9f\u00e9rence accord\u00e9e au concept de v\u00e9rit\u00e9 scientifique, coupl\u00e9 au concept de r\u00e9alit\u00e9, oblige Peirce \u00e0 reconsid\u00e9rer de mani\u00e8re critique la th\u00e8se sur l&rsquo;identification de la v\u00e9rit\u00e9 et de la croyance. La conviction psychologique ne peut remplacer l\u2019objectivit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le dernier Peirce restreint encore le concept de v\u00e9rit\u00e9, le limitant \u00e0 ce qui est accept\u00e9 comme vrai en science. Le concept de v\u00e9rit\u00e9 est d\u00e9sormais caract\u00e9ris\u00e9 par le faillibilisme (de l&rsquo;anglais faillible &#8211; faillible, faillible), selon lequel l&rsquo;id\u00e9e de \u00abv\u00e9rit\u00e9 scientifique\u00bb inclut \u00e9galement la mesure dans laquelle elle est fausse. L\u2019une des cons\u00e9quences n\u00e9gatives du faillibilisme est l\u2019\u00e9limination de la science du concept de certitude absolue, fondement et moteur du progr\u00e8s scientifique. Peirce, profond\u00e9ment d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la science toute sa vie, comme nous l\u2019avons soulign\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, trouve une issue \u00e0 cette situation gr\u00e2ce au concept de \u00abcertitude pratique\u00bb. Ce qui se justifie dans la pratique est pratiquement infaillible et pratiquement fiable.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>D\u00e9duction, induction et enl\u00e8vement.<\/strong> Toute connaissance, selon Peirce, doit provenir de faits et \u00eatre confirm\u00e9e par l&rsquo;observation. Quant aux \u00abtypes de raisonnement\u00bb qui conduisent la recherche scientifique \u00e0 un r\u00e9sultat positif, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la connaissance, il y en a trois: la d\u00e9duction, l\u2019induction et l\u2019abduction (r\u00e9troduction). On s&rsquo;attend \u00e0 ce que l&rsquo;enl\u00e8vement joue un r\u00f4le central dans la recherche scientifique, m\u00eame s&rsquo;il est extr\u00eamement difficile de tracer des fronti\u00e8res fixes entre les trois m\u00e9thodes de cognition indiqu\u00e9es. Une remarque valable concernant les trois m\u00e9thodes concerne leur nature rationnelle: dans chacune d\u2019elles, le processus de connaissance reste syst\u00e9matiquement rationnel. On parle ainsi de la typologie la plus g\u00e9n\u00e9rale des m\u00e9thodes scientifiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire celles qui permettent d&rsquo;assurer l&rsquo;objectivit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9tude et la validit\u00e9 de ses r\u00e9sultats.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;innovation de Peirce, bien s\u00fbr, est l&rsquo;abduction, qui compl\u00e8te les deux m\u00e9thodes bien connues &#8211; la d\u00e9duction et l&rsquo;induction, qui, comme le croyait la philosophie pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e9puisent nos capacit\u00e9s dans le domaine de la connaissance. Le fait que certains, comme Descartes, pr\u00e9f\u00e9raient la d\u00e9duction, et d&rsquo;autres, comme Bacon, l&rsquo;induction, n&rsquo;a pas emp\u00each\u00e9 les repr\u00e9sentants des deux camps de s&rsquo;accorder sur le simple fait que la connaissance humaine peut passer soit du g\u00e9n\u00e9ral au particulier, ou, au contraire, du particulier au g\u00e9n\u00e9ral. Peirce apporte des modifications significatives \u00e0 cette affirmation \u00e9vidente.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour une hypoth\u00e8se scientifique &#8211; quelle que soit la m\u00e9thode par laquelle elle a \u00e9t\u00e9 obtenue &#8211; Peirce pose les deux exigences suivantes: (1) l&rsquo;hypoth\u00e8se doit \u00eatre formul\u00e9e sous forme interrogative et (2) doit \u00eatre soumise \u00e0 des tests exp\u00e9rimentaux. Le concept d&rsquo;hypoth\u00e8se s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre au c\u0153ur de toutes les m\u00e9thodes &#8211; pour la d\u00e9duction, puisqu&rsquo;elle teste l&rsquo;hypoth\u00e8se initiale avec des faits particuliers, pour l&rsquo;induction, puisqu&rsquo;elle conduit \u00e0 une hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9ralisatrice bas\u00e9e sur des donn\u00e9es exp\u00e9rimentales. La m\u00e9thode d\u2019enl\u00e8vement est responsable de la naissance d\u2019une hypoth\u00e8se et, en ce sens, rev\u00eat une importance primordiale. Selon Peirce, l&rsquo;enl\u00e8vement comporte deux \u00e9tapes : g\u00e9n\u00e9rer des hypoth\u00e8ses explicatives et s\u00e9lectionner parmi ces hypoth\u00e8ses l&rsquo;explication la plus prometteuse du ph\u00e9nom\u00e8ne consid\u00e9r\u00e9. Dans le m\u00eame temps, dans les travaux de Peirce, il n&rsquo;y a pas une, mais plusieurs explications souvent contradictoires sur les proc\u00e9dures exactement rationnelles qui d\u00e9terminent la recherche et le choix des explications. Une propri\u00e9t\u00e9 importante de l\u2019enl\u00e8vement est son caract\u00e8re risqu\u00e9. En effet, choisir parmi une s\u00e9rie d&rsquo;hypoth\u00e8ses, m\u00eame soumises \u00e0 des tests exp\u00e9rimentaux, est une entreprise risqu\u00e9e, car elle d\u00e9termine la suite de l&rsquo;\u00e9tude. La justification du choix ne deviendra claire qu\u2019\u00e0 la fin. \u00c0 cet \u00e9gard, Peirce parle de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un \u00absentiment\u00bb ou d\u2019un \u00abinstinct\u00bb d\u2019investigation, car \u00abune personne qui n\u2019a pas une inclination qui s\u2019accorde avec l\u2019inclination de la nature elle-m\u00eame n\u2019a pas la moindre chance de comprendre la nature\u00bb (1: 310).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>James<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">La propagation rapide et g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e du pragmatisme aux \u00c9tats-Unis a commenc\u00e9 en 1906, lorsque <strong>William James<\/strong> (1842-1910), disciple de C. Pierce, a donn\u00e9 un cours de conf\u00e9rences populaires, qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es sous le titre \u00abPragmatisme\u00bb. En 1869, James re\u00e7ut un dipl\u00f4me de m\u00e9decine de Harvard. Depuis 1873, il enseigne l&rsquo;anatomie et la physiologie \u00e0 Harvard et, en 1875, il commence \u00e0 enseigner la psychologie. James est \u00e0 l&rsquo;origine du d\u00e9veloppement de la psychologie en tant que discipline scientifique et p\u00e9dagogique. En 1890, para\u00eet son livre \u00abPrincipes de psychologie\u00bb, qui devient tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre parmi ses contemporains. Parmi les \u0153uvres majeures de James, il faut citer: The Will to Believe (1897), The Varieties of Religious Experience (1902), The Moral Equivalent of War (1904), Pragmatism (1907), The Pluralistic Universe (1909).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>James sur le pragmatisme.<\/strong> Le pragmatisme, tel que le comprend James, est \u00abune m\u00e9thode pour r\u00e9gler les diff\u00e9rends philosophiques\u00bb. La t\u00e2che de la philosophie, selon James, est de \u00abmontrer quelle certaine diff\u00e9rence ferait pour moi et pour vous \u00e0 certains moments de notre vie si telle ou telle formule du monde \u00e9tait vraie\u00bb. En d\u2019autres termes, si aucune diff\u00e9rence n\u2019est trouv\u00e9e, alors il n\u2019y a rien \u00e0 discuter, c\u2019est-\u00e0-dire que le sujet d\u2019une \u00e9ventuelle discussion dispara\u00eet. Le pragmatisme, en outre, se caract\u00e9rise comme un enseignement qui n&rsquo;a pas de postulats ni de dogmes immuables. Le pragmatisme propose plut\u00f4t une doctrine de m\u00e9thode. Ainsi, comme le croit James, le concept de pragmatisme est \u00e9puis\u00e9 par le concept de m\u00e9thode pragmatique. Dans l\u2019application de la m\u00e9thode pragmatique, ce ne sont pas des r\u00e9sultats particuliers qui sont pr\u00e9cieux, mais de nouveaux points de vue (attitudes).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Interpr\u00e9tation de la v\u00e9rit\u00e9 dans le pragmatisme de James.<\/strong> Dans l&rsquo;essai \u00abHumanisme et v\u00e9rit\u00e9\u00bb (1904), James critique la th\u00e9orie de la v\u00e9rit\u00e9 la plus courante, selon laquelle la v\u00e9rit\u00e9 est le reflet de la r\u00e9alit\u00e9. Dans le m\u00eame temps, James n&rsquo;abandonne pas l&rsquo;exigence qu&rsquo;implique cette th\u00e9orie: \u00abl&rsquo;accord avec la r\u00e9alit\u00e9\u00bb. James ne fait que repenser et donner une nouvelle interpr\u00e9tation \u00e0 cette th\u00e8se. L&rsquo;accord avec la r\u00e9alit\u00e9 signifie qu&rsquo;une id\u00e9e vraie nous aide \u00e0 mieux travailler avec cette r\u00e9alit\u00e9. Selon James, les pens\u00e9es faisant partie de notre exp\u00e9rience ne sont vraies que dans la mesure o\u00f9 elles nous aident \u00e0 \u00e9tablir une relation satisfaisante avec d&rsquo;autres parties de notre exp\u00e9rience.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9 est l\u2019utilit\u00e9. L&rsquo;utilitarisme de James ne doit pas \u00eatre restreint: le b\u00e9n\u00e9fice apport\u00e9 par une id\u00e9e particuli\u00e8re concerne non seulement la situation sp\u00e9cifique ou imm\u00e9diate, mais aussi l&rsquo;avenir. La v\u00e9rit\u00e9 appara\u00eet donc toujours comme historique : c&rsquo;est une image scientifique du monde correspondant \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e. De l\u00e0, d&rsquo;ailleurs, d\u00e9coule une autre compr\u00e9hension du pragmatisme: le pragmatisme en tant que \u00abth\u00e9orie g\u00e9n\u00e9tique de la v\u00e9rit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">La r\u00e9alit\u00e9 est repr\u00e9sent\u00e9e par des sensations, des croyances pr\u00e9existantes et des relations abstraites qui constituent le sujet des math\u00e9matiques. Que. non seulement la v\u00e9rit\u00e9, mais aussi la r\u00e9alit\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re changeante.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>L&#8217;empirisme radical de James.<\/strong> L&#8217;empirisme radical consid\u00e8re comme des \u00e9l\u00e9ments \u00e9gaux de l&rsquo;exp\u00e9rience, avec les objets (qui peuvent \u00eatre des choses, des perceptions, des id\u00e9es, etc.), toutes les relations donn\u00e9es dans l&rsquo;exp\u00e9rience. On postule que les relations reliant les \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;exp\u00e9rience doivent \u00eatre donn\u00e9es dans l&rsquo;exp\u00e9rience, et non introduites de l&rsquo;ext\u00e9rieur. James identifie deux types de relations essentielles \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience, ces relations \u00e0 travers lesquelles il est possible d&rsquo;universaliser le concept d&rsquo;\u00abexp\u00e9rience\u00bb, en consid\u00e9rant tout ce qui existe comme faisant partie de celle-ci et en croyant que rien n&rsquo;existe au-del\u00e0. Le r\u00f4le de telles relations est: (1) des relations de transition, qui refl\u00e8tent la continuit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience (une conscience) ou la discontinuit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience (entre diff\u00e9rentes consciences); (2) les relations de substitution qui d\u00e9terminent le processus de cognition et la m\u00e9thode d&rsquo;enregistrement et de stockage de ses r\u00e9sultats. Les relations de substitution sous-tendent la pens\u00e9e conceptuelle. La substitution se produit lorsque nous rempla\u00e7ons une chose par un mot ou un certain nombre de choses par un concept.<\/p>\n<p align=\"justify\">La continuit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience, sugg\u00e8re James, peut nous sauver de la m\u00e9taphysique. Ainsi, les concepts de sujet et d&rsquo;objet sont caract\u00e9ristiques, selon James, d&rsquo;une certaine m\u00e9taphysique. Ils sont oblig\u00e9s d\u2019utiliser le transcendantalisme, la th\u00e9orie de la r\u00e9flexion et les concepts du sens commun. Une fois introduits, ces concepts \u00e9tablissent un foss\u00e9 insurmontable entre celui qui conna\u00eet et celui qui conna\u00eet. Mais ces m\u00eames concepts \u2013 celui du connaissable et celui du connaisseur \u2013 deviennent redondants si nous sommes pleinement conscients de la continuit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience. Au lieu du sujet et de l\u2019objet de la cognition, nous devrions parler de la cognition elle-m\u00eame, qui peut ou non r\u00e9ussir. La cognition r\u00e9ussit si elle est confirm\u00e9e par la pratique ult\u00e9rieure. La th\u00e8se selon laquelle la conscience n\u2019existe pas signifie, du point de vue de la construction d\u2019un syst\u00e8me philosophique, que la conscience cesse d\u2019\u00eatre une \u00abn\u00e9cessit\u00e9 \u00e9pist\u00e9mologique\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">La prochaine position importante de l\u2019empirisme radical est le pluralisme. L\u2019exp\u00e9rience n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e comme un syst\u00e8me coh\u00e9rent aux liens encore inexplor\u00e9s, mais comme un chaos. Chaos de th\u00e9ories (remplacement de l&rsquo;exp\u00e9rience directe) et d&rsquo;\u00e9motions (exp\u00e9rience directe en tant que telle). Il faut donc faire la distinction entre \u00ab l\u2019exp\u00e9rience pure \u00bb et la compr\u00e9hension de l\u2019exp\u00e9rience. Tout syst\u00e8me est le r\u00e9sultat d&rsquo;une compr\u00e9hension achev\u00e9e, qui ne peut que se rapprocher (par exemple, si l&rsquo;on abandonne la m\u00e9taphysique) de ce qui nous est donn\u00e9 directement dans l&rsquo;exp\u00e9rience. D&rsquo;o\u00f9 le postulat sur l&rsquo;incertitude de la v\u00e9ritable image du monde.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le seul crit\u00e8re sans ambigu\u00eft\u00e9 de la connaissance est sa confirmation dans l&rsquo;exp\u00e9rience, mais la plupart de nos connaissances ne sont certifi\u00e9es que par la possibilit\u00e9. Ce fait est accept\u00e9 par James non pas comme une imperfection du processus cognitif, mais comme sa caract\u00e9ristique int\u00e9grale. La cognition conceptuelle ou conceptuelle, bien que s\u00e9par\u00e9e de l&rsquo;exp\u00e9rience (\u00e9tant secondaire), offre une efficacit\u00e9, une ampleur et une vitesse de cognition assez \u00e9lev\u00e9es, qui seraient infiniment moindres si nous coordonnions chaque \u00e9tape avec nos propres sensations.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Dewey<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>John Dewey<\/strong> est n\u00e9 en 1859 \u00e0 Burlington, Vermont, fils d&rsquo;un propri\u00e9taire d&rsquo;usine de tabac. En 1879, il est dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;Universit\u00e9 du Vermont dans le programme d&rsquo;arts lib\u00e9raux et entre au lyc\u00e9e. Ce n\u2019est pas un hasard si son int\u00e9r\u00eat pour la philosophie et la psychologie \u00e9tait directement li\u00e9 \u00e0 sa pratique d\u2019enseignement. Dewey est consid\u00e9r\u00e9 comme le fondateur de ce qu&rsquo;on appelle \u00abl&rsquo;\u00e9cole progressiste\u00bb. En 1884, il obtint son doctorat de l&rsquo;Universit\u00e9 Johns Hopkins. Dewey a choisi la th\u00e9orie psychologique de Kant comme sujet de sa th\u00e8se. En 1894, Dewey obtient le poste de professeur et doyen de la facult\u00e9 de philosophie, de psychologie et de p\u00e9dagogie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Chicago. De 1904 \u00e0 1930, Dewey a enseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Columbia, o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 professeur \u00e9m\u00e9rite apr\u00e8s sa d\u00e9mission. Dewey est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1952 \u00e0 New York.<\/p>\n<p align=\"justify\">Parmi les \u0153uvres principales de Dewey, nous citons les suivantes. Ouvrages consacr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation: \u00ab\u00c9ducation. \u00c9cole et soci\u00e9t\u00e9\u00bb (1899), \u00abExp\u00e9rience et \u00e9ducation\u00bb (1938), \u00abPsychologues\u00bb (1886). \u00c9tudes de philosophie: \u00abComment nous pensons\u00bb (1910), \u00abEssais sur la logique exp\u00e9rimentale\u00bb (1916), \u00abReconstruction en philosophie\u00bb (1920), \u00abNature et comportement humains\u00bb (1922), \u00abExp\u00e9rience et nature\u00bb (1925) , \u00abLa recherche de la certitude\u00bb (1929), \u00abLa logique comme th\u00e9orie de la recherche\u00bb (1938), \u00abLibert\u00e9 et culture\u00bb (1939).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Instrumentalisme par J. Dewey.<\/strong> La formation des vues philosophiques de Dewey a \u00e9t\u00e9 grandement influenc\u00e9e par W. James, mais Dewey d\u00e9veloppe sa propre version originale du pragmatisme, appel\u00e9e \u00abinstrumentalisme\u00bb. La r\u00e9flexion est de nature instrumentale et ax\u00e9e sur l\u2019\u00e9tablissement d\u2019objectifs. Les actes de cognition doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s dans le contexte de situations probl\u00e9matiques auxquelles une personne est confront\u00e9e tant dans sa vie quotidienne que dans son activit\u00e9 scientifique. L&rsquo;analyse de la situation conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;hypoth\u00e8ses qui peuvent \u00eatre correctes, c&rsquo;est-\u00e0-dire conduire \u00e0 une solution au probl\u00e8me, ou qui peuvent \u00eatre incorrectes, et de nouvelles recherches et de nouvelles hypoth\u00e8ses sont alors n\u00e9cessaires. Comme Peirce, Dewey consid\u00e8re l\u2019enqu\u00eate comme la structure de base du processus de pens\u00e9e. L&rsquo;essence de l&rsquo;\u00e9tude est le passage d&rsquo;une situation ind\u00e9terministe \u00e0 une situation qui, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;analyse d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments inconnus et de leurs relations, est per\u00e7ue comme un tout.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;esprit, selon Dewey, forme un tout avec le corps humain et ne se forme pas avant, mais au cours du processus d&rsquo;exploration exp\u00e9rimentale du monde. Ainsi, la pens\u00e9e s\u2019av\u00e8re \u00eatre une fonction de l\u2019activit\u00e9 humaine. Dewey consid\u00e9rait la m\u00e9thode scientifique comme la m\u00e9thode privil\u00e9gi\u00e9e pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes \u00e9mergents, car elle incarne une v\u00e9ritable libert\u00e9 de pens\u00e9e. En d\u2019autres termes, contrairement \u00e0 d\u2019autres domaines de la culture, li\u00e9s par la tradition et des dogmes s\u00e9culaires, la science se concentre sur la connaissance critique de donn\u00e9es donn\u00e9es, de faits en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u2019une situation probl\u00e9matique. En m\u00eame temps, la libert\u00e9 de pens\u00e9e a, comme le pensait Dewey, ses limites. Le respect de la tradition discipline la pens\u00e9e et lui donne la bonne direction, tandis que l&rsquo;anarchie spirituelle rend l&rsquo;homme esclave de ses d\u00e9sirs momentan\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le concept d\u2019\u00ab exp\u00e9rience \u00bb est \u00e9galement au c\u0153ur du concept p\u00e9dagogique de Dewey. Il d\u00e9finit l\u2019\u00e9ducation comme \u00abcette reconstruction ou r\u00e9organisation de l\u2019exp\u00e9rience qui augmente la signification de l\u2019exp\u00e9rience existante, ainsi que la capacit\u00e9 de diriger le cours de l\u2019assimilation de l\u2019exp\u00e9rience ult\u00e9rieure\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Le concept de v\u00e9rit\u00e9 dans l&rsquo;instrumentalisme de J. Dewey.<\/strong> Les opinions de Dewey sur la v\u00e9rit\u00e9 font \u00e9cho \u00e0 celles de Peirce \u00e0 bien des \u00e9gards. Dewey est d&rsquo;accord avec le faillibilisme de Peirce, mais aussi avec le fait que seul ce qui est reconnu comme vrai par la communaut\u00e9 scientifique, et non ce qui est reconnu comme tel dans la vie de tous les jours, m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre appel\u00e9 \u00abv\u00e9rit\u00e9\u00bb. Des d\u00e9clarations scientifiques particuli\u00e8res (interm\u00e9diaires) ne doivent pas non plus \u00eatre qualifi\u00e9es de \u00abvraies\u00bb ou de \u00abfausses\u00bb. N&rsquo;\u00e9tant que des outils de recherche, ils agissent comme efficaces ou inefficaces, appropri\u00e9s ou non, etc. Seul le jugement final (le r\u00e9sultat de la recherche), puisqu&rsquo;il est en accord avec la limite id\u00e9ale vers laquelle s&rsquo;efforce la science, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme vrai. Dewey combine la reconnaissance de l&rsquo;existence des v\u00e9rit\u00e9s scientifiques avec le d\u00e9ni de l&rsquo;existence des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles, puisque la v\u00e9rit\u00e9 scientifique n&rsquo;est toujours que relative et que la v\u00e9rit\u00e9 \u00e9ternelle pr\u00e9tend \u00eatre absolue. Il ne faut donc pas s\u2019\u00e9tonner que, selon Dewey, ni la philosophie, ni la moralit\u00e9, ni la religion ne puissent donner une fois pour toutes \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 des v\u00e9rit\u00e9s \u00e9tablies.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Pierce C. S.<\/em>\u00a0Les d\u00e9buts du pragmatisme. Volume 1. Saint-P\u00e9tersbourg, 2000.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2. Pierce Ch. S.<\/em>\u00a0Fondements logiques de la th\u00e9orie des signes. Volume 2. Saint-P\u00e9tersbourg, 2000.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Pierce Ch.<\/em>\u00a0\u0152uvres s\u00e9lectionn\u00e9es. M., 2000.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Pierce Ch.<\/em>\u00a0Principes de philosophie : En 2 volumes Saint-P\u00e9tersbourg, 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.Pierce Ch. S.<\/em>\u00a0Documents rassembl\u00e9s. Presse universitaire de Harvard : vol. 1-6, 1931-1935\u00a0; vol. 7-8, 1958.<\/p>\n<p align=\"justify\">6.\u00c9crits de Charles S. Pierce\u00a0: une \u00e9dition chronologique. Indiana University Press (1982, 1984, 1986, 1989, 1993, 1999) : vol. 1 1857-1866, vol. 2 1867-1871, vol. 3 1872-1878, vol. 4 1879-1884, vol. 5 1884-1886, vol. 6 1886-1890.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Melville Y. K.<\/em>\u00a0Charles Peirce et le pragmatisme. M., 1968.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8. James W.<\/em>\u00a0La volont\u00e9 de croire. M., 1997.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9. James V.<\/em>\u00a0Pragmatisme. Saint-P\u00e9tersbourg, 1910.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10. James W.<\/em>\u00a0La diversit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience religieuse. M., 1991 (SPb., 1992).<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11. Krasnenkova I. P.<\/em>\u00a0Le probl\u00e8me de l&rsquo;homme dans le pragmatisme de W. James \/\/ Probl\u00e8mes anthropologiques dans la philosophie occidentale \/ Ed. M.A. Gartseva. M. : MSU, 1991. pp. 47-55.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12. Dewey D.<\/em>\u00a0\u00c9cole et soci\u00e9t\u00e9. M., 1907.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>13. Dewey D.<\/em>\u00a0Psychologie et p\u00e9dagogie de la pens\u00e9e. M., 1915<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>14. Dewey D.<\/em>\u00a0Libert\u00e9 et culture. Londres, 1968.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>15. Crosser P.<\/em>\u00a0Nihilisme par D. Dewey. M., 1958.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le pragmatisme est la direction la plus importante de la philosophie am\u00e9ricaine. Ses principaux repr\u00e9sentants \u00e0 un stade pr\u00e9coce \u00e9taient C. S. Peirce, W. James et J. Dewey.\u00a0Charles Sanders Peirce\u00a0est \u00e0 juste titre consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des philosophes les plus originaux et aux multiples facettes que l\u2019Am\u00e9rique ait jamais produits. 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