{"id":644,"date":"2024-06-22T21:27:55","date_gmt":"2024-06-22T18:27:55","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=644"},"modified":"2025-11-20T20:11:58","modified_gmt":"2025-11-20T17:11:58","slug":"husserl","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/22\/husserl\/","title":{"rendered":"Edmond Husserl. Ph\u00e9nom\u00e9nologie. Philosophie de l&rsquo;arithm\u00e9tique"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><strong>Edmund Husserl<\/strong> est n\u00e9 en 1859 \u00e0 Prosnitz (Moravie). Au cours de ses \u00e9tudes &#8211; \u00e0 partir de 1876 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Leipzig, \u00e0 partir de 1878 \u00e0 Berlin, \u00e0 partir de 1881 \u00e0 Vienne &#8211; il s&rsquo;int\u00e9resse principalement aux math\u00e9matiques, \u00e0 la physique et \u00e0 l&rsquo;astronomie. Parmi ses mentors universitaires figuraient les c\u00e9l\u00e8bres math\u00e9maticiens Leopold Kronecker et Karl Weierstrass. En 1882, Husserl soutient sa th\u00e8se sur le th\u00e8me \u00abQuelques questions dans la th\u00e9orie du calcul des variations\u00bb. Apr\u00e8s avoir obtenu son dipl\u00f4me universitaire, il fut pendant quelque temps l&rsquo;assistant priv\u00e9 de Weierstrass.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/22\/histoire-de-la-philosophie-manuel-pour-les-universites-section-vi-philosophie-moderne-chapitre-13-husserl\/gusserl230624\/\" rel=\"attachment wp-att-852\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-852\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/gusserl230624.jpg\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"441\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/gusserl230624.jpg 840w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/gusserl230624-300x158.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/gusserl230624-768x403.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 840px) 100vw, 840px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">K. Weierstrass est un repr\u00e9sentant des math\u00e9matiques critiques, qui se caract\u00e9risent par un d\u00e9sir de d\u00e9finitions claires des concepts et une rigueur logique de la preuve. Selon Weierstrass, une pr\u00e9sentation rigoureuse du calcul diff\u00e9rentiel et int\u00e9gral devrait commencer par une explication du concept de nombre. Cette id\u00e9e constitue la base de l\u2019essai d\u2019habilitation de Husserl \u00abDu concept de nombre\u00bb.\u00a0 Analyse psychologique\u00a0\u00bb (1887).<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1882 \u00e0 Vienne, sous l&rsquo;influence de son ami Thomas Masaryk, Husserl \u00e9tudia en profondeur le Nouveau Testament, ce qui entra\u00eena de profonds changements dans sa pens\u00e9e: il transforma les math\u00e9matiques en philosophie de sorte que, comme il l&rsquo;avoua 40 ans plus tard, \u00ab\u00e0 travers une certaine science philosophique stricte pour trouver le chemin vers Dieu et la vie juste.\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1885-1886 A Vienne, Husserl a \u00e9cout\u00e9 les conf\u00e9rences philosophiques de Franz Brentano. Son ouvrage Psychologie d&rsquo;un point de vue empirique (1874) a attir\u00e9 Husserl par son utilisation habile de la m\u00e9thode de r\u00e9duction de tous les concepts philosophiques \u00e0 leurs sources primaires dans la contemplation. Brentano a utilis\u00e9 cette m\u00e9thode pour d\u00e9m\u00ealer et clarifier le probl\u00e8me de la conscience. Dans l&rsquo;ouvrage \u00abPhilosophie de l&rsquo;arithm\u00e9tique. Recherche psychologique et logique\u00a0\u00bb (1891). Husserl a utilis\u00e9 cette m\u00e9thode pour \u00e9tayer le concept de nombre dans des intuitions simples en tant qu&rsquo;actes mentaux.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1900 et 1901 2 volumes de Logical Investigations sont publi\u00e9s. Le tome 1 de Logical Investigations a fait grand bruit. De jeunes philosophes s&rsquo;unissent pour \u00e9tudier et d\u00e9velopper les id\u00e9es exprim\u00e9es dans cet ouvrage. L&rsquo;histoire du mouvement ph\u00e9nom\u00e9nologique commence. Peu \u00e0 peu, autour de Husserl, se dessine une v\u00e9ritable \u00e9cole philosophique.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1901, Husserl re\u00e7ut une chaire \u00e0 G\u00f6ttingen. Durant les ann\u00e9es de G\u00f6ttingen, Husserl publie son deuxi\u00e8me ouvrage majeur, \u00abId\u00e9es vers la ph\u00e9nom\u00e9nologie pure et la philosophie ph\u00e9nom\u00e9nologique\u00bb (1913), qui lui valut une renomm\u00e9e mondiale.<\/p>\n<p align=\"justify\">Apr\u00e8s 1907, un cercle de passionn\u00e9s se forme autour de Husserl &#8211; des chercheurs inspir\u00e9s par les \u00abRecherches logiques\u00bb, sous le nom bruyant de \u00abSoci\u00e9t\u00e9 philosophique de G\u00f6ttingen\u00bb (Hans Lipps, Alexander Koyre, Roman Ingarden, Helmut Plessner, Arnold Zweig, etc.). Une \u00e9cole philosophique s\u2019y forme, proche dans l\u2019esprit de l\u2019Acad\u00e9mie de Platon: l\u2019enseignement de la philosophie se fait moins de mani\u00e8re th\u00e9orique que pratique; l&rsquo;enseignant a d\u00e9montr\u00e9 sa m\u00e9thode en action et a \u00abform\u00e9\u00bb les \u00e9l\u00e8ves \u00e0 son application. Ici, comme \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie, la philosophie n&rsquo;\u00e9tait pas \u00abenseign\u00e9e\u00bb, elle \u00e9tait \u00abinfect\u00e9e\u00bb &#8211; comme en principe dans toute \u00e9cole scientifique. Ici, une atmosph\u00e8re intellectuelle intense et particuli\u00e8re a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, dans laquelle la pens\u00e9e s&rsquo;est aiguis\u00e9e et la vision s&rsquo;est clarifi\u00e9e (l&rsquo;inconv\u00e9nient \u00e9tait qu&rsquo;apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 cette atmosph\u00e8re, les gens perdaient souvent cette clart\u00e9).<\/p>\n<p align=\"justify\">De 1916 jusqu&rsquo;\u00e0 sa retraite en 1928, Husserl enseigne \u00e0 Fribourg. Ici, son collaborateur \u00e9tait Heidegger. Heidegger a aid\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer la publication des conf\u00e9rences de Husserl sur la ph\u00e9nom\u00e9nologie de la conscience int\u00e9rieure du temps (1928), que la collaboratrice de longue date de Husserl, Edith Stein, a compil\u00e9es en un seul texte \u00e0 partir de manuscrits de conf\u00e9rences et de recherches. Apr\u00e8s sa retraite (1928), Husserl a continu\u00e9 \u00e0 chercher des formes pour une pr\u00e9sentation plus claire de sa m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique, pour laquelle il a d\u00fb lui-m\u00eame en approfondir la compr\u00e9hension. En quelques mois, il \u00e9crivit Logique formelle et transcendantale (1929). Peu de temps apr\u00e8s, Husserl a lu des articles \u00e0 la Sorbonne \u00e0 Paris. Les deux rapports furent publi\u00e9s en fran\u00e7ais en 1931, et en allemand seulement en 1950 sous le titre \u00abR\u00e9flexions cart\u00e9siennes\u00bb. Son dernier ouvrage, \u00abLa crise des sciences europ\u00e9ennes et la ph\u00e9nom\u00e9nologie transcendantale\u00bb, a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en allemand seulement en 1954. Les id\u00e9es principales de ce livre ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es par Husserl dans le rapport \u00abLa philosophie dans la crise de l&rsquo;humanit\u00e9 europ\u00e9enne\u00bb, lu en 1935. lors d&rsquo;une r\u00e9union de l&rsquo;Union des centres culturels de Vienne et dans le rapport \u00abLa crise des sciences et de la psychologie europ\u00e9ennes\u00bb, lu en 1935 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Prague Apr\u00e8s 1935, Husserl fut priv\u00e9 de son droit d\u2019enseigner par les autorit\u00e9s nazies en raison de son origine juive et, il faut l\u2019ajouter, en raison de l\u2019incompatibilit\u00e9 de la ph\u00e9nom\u00e9nologie avec l\u2019id\u00e9ologie nazie du \u00absang et de la terre\u00bb. Husserl a \u00e9t\u00e9 pers\u00e9cut\u00e9 comme l\u2019un de ces intellectuels qui proclamaient l\u2019importance de la vraie connaissance pour tous, et donc aussi pour les \u00abnon-humains\u00bb, qu\u2019ils soient noirs ou juifs. Husserl \u00e9tait, du point de vue des nazis, cet \u00abesprit st\u00e9rile sans sang ni race\u00bb, ces \u00abintellectuels estropi\u00e9s\u00bb dont la spiritualit\u00e9 est une \u00abrichesse morbide\u00bb qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec sa \u00abfr\u00eale physicalit\u00e9\u00bb, pleine de haine pour la \u00abspiritualit\u00e9 authentique, ne faisant qu\u2019un avec le sol\u00bb. Le minist\u00e8re des Sciences, de la P\u00e9dagogie et de l&rsquo;Instruction publique du Reich contraint Husserl \u00e0 quitter l&rsquo;organisation philosophique fond\u00e9e par Arthur Liebert \u00e0 Belgrade. En 1937, on lui refuse l&rsquo;autorisation de participer au IXe Congr\u00e8s international de philosophie \u00e0 Paris. Seuls ses amis les plus proches continueront \u00e0 entretenir des relations avec Husserl jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1938.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;h\u00e9ritage philosophique de Husserl s&rsquo;\u00e9tend sur environ 40 000 pages manuscrites (la plupart en st\u00e9nographie). Leur survie est le m\u00e9rite du p\u00e8re franciscain belge Herman Leo van Breda: peu apr\u00e8s la mort de Husserl, sauvant les manuscrits de la destruction par les nationaux-socialistes, il les fit sortir secr\u00e8tement du pays. Van Breda a initi\u00e9 la fondation des Archives Husserl \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Louvain (Belgique). Les \u0153uvres compl\u00e8tes de Husserliana continuent d\u2019\u00eatre publi\u00e9es \u00e0 ce jour (le volume XXXVI a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 2003), fournissant un mat\u00e9riel toujours nouveau pour une meilleure compr\u00e9hension de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique et des projets de Husserl pour son application.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Philosophie de l&rsquo;arithm\u00e9tique\u00a0\u00bb.<\/strong> Dans son premier livre, Husserl pose le probl\u00e8me d\u2019une justification philosophique des math\u00e9matiques par la r\u00e9duction \u2013 la r\u00e9duction de toutes les op\u00e9rations math\u00e9matiques \u00e0 de simples intuitions. On peut ici tracer une parent\u00e9 avec la m\u00e9thode de \u00abr\u00e9duction des concepts \u00e0 des intuitions\u00bb d\u2019E. Mach, avec la diff\u00e9rence fondamentale que Husserl r\u00e9duit les concepts arithm\u00e9tiques \u00e0 des intuitions intellectuelles, qui ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es depuis longtemps dans la philosophie post-h\u00e9g\u00e9lienne comme un pr\u00e9jug\u00e9 m\u00e9taphysique. Nous voyons directement, estime Husserl, comment deux pommes sont \u00absemblables\u00bb \u00e0 deux maisons et en quoi elles diff\u00e8rent de trois pommes \u2013 nous sommes donc capables de contempler les nombres comme tels. Certes, cela ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux petits nombres &#8211; les concepts de grands nombres sont associ\u00e9s aux exp\u00e9riences de petits nombres \u00e0 travers des op\u00e9rations de comptage effectu\u00e9es selon les lois de l&rsquo;\u00e9conomie de la pens\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">En proposant sa version du fondement des math\u00e9matiques, Husserl est entr\u00e9 dans une vieille dispute sur les fondements des math\u00e9matiques entre transcendantalistes et empiristes, qui a commenc\u00e9 \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1830. En Angleterre. Les transcendantalistes ont d\u00e9fendu l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle les axiomes de la g\u00e9om\u00e9trie ne sont pas d\u00e9ductibles de l&rsquo;exp\u00e9rience, mais d\u00e9rivent des fondements transcendantaux de toutes les connaissances possibles. Les empiristes ont tent\u00e9 de d\u00e9duire de l&rsquo;exp\u00e9rience les principes de la g\u00e9om\u00e9trie et des math\u00e9matiques en g\u00e9n\u00e9ral (en utilisant la m\u00e9thode de l&rsquo;induction). Les opposants au transcendantalisme, par exemple, se demandaient: pourquoi sommes-nous si s\u00fbrs que des lignes droites, que nous ne pouvons imaginer se croiser deux fois, ne peuvent en r\u00e9alit\u00e9 se croiser de cette mani\u00e8re? Les transcendantalistes, citant Kant, ont soutenu qu&rsquo;il s&rsquo;agit de notre \u00abcontemplation spatiale\u00bb, qui ne d\u00e9rive pas de l&rsquo;exp\u00e9rience, mais en est la condition pr\u00e9alable et d\u00e9termine les propri\u00e9t\u00e9s spatiales fondamentales de tout ce qui est compris dans l&rsquo;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;importance de cette dispute pour la philosophie \u00e9tait importante, car elle \u00e9tait directement li\u00e9e au probl\u00e8me des fondements transcendantaux de notre connaissance: les math\u00e9matiques \u00e9taient la science dans laquelle il \u00e9tait le plus difficile de remettre en question le caract\u00e8re \u00abtranscendantal\u00bb de ses principes, donc le \u00abLes transcendantalistes\u00bb ont fait tout leur possible pour d\u00e9fendre cette science contre les tentatives de l\u2019assimiler \u00e0 la connaissance empirique. Ce d\u00e9bat s&rsquo;est poursuivi, puis s&rsquo;est \u00e9teint, puis s&rsquo;est rallum\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle et a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important pour la formation philosophique d&rsquo;E. Husserl.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bien que la position de la \u00abPhilosophie de l&rsquo;arithm\u00e9tique\u00bb de Husserl dans cette controverse ait \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme une tentative de fournir une justification psychologique aux principes des math\u00e9matiques, n\u00e9anmoins, \u00e0 la base, la position de Husserl co\u00efncidait avec le transcendantalisme, introduisant discr\u00e8tement la contemplation intellectuelle comme \u00abbase exp\u00e9rientielle\u00bb de concepts math\u00e9matiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">La \u00ablutte th\u00e9orique pour le transcendantal\u00bb avait \u00e9galement un aspect moral important. Elle consistait \u00e0 d\u00e9fendre les valeurs de la morale traditionnelle, dite \u00abuniverselle\u00bb, face aux critiques destructrices du positivisme, du volontarisme et du radicalisme de gauche. Apr\u00e8s Hegel, il est devenu courant que, tout comme il n&rsquo;y a pas de v\u00e9rit\u00e9 anhistorique et, par cons\u00e9quent, pas de connaissance pr\u00e9suppos\u00e9e, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;\u00e9thique universelle, mais il existe diverses \u00e9thiques (au pluriel), conditionn\u00e9es historiquement, socialement et naturellement. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, le concept de \u00abDieu\u00bb ne pouvait plus, comme auparavant, \u00eatre la base d\u2019un syst\u00e8me moral unifi\u00e9. Dans ces conditions, les partisans de la moralit\u00e9 universelle \u00ab\u00e9ternelle\u00bb n&rsquo;avaient d&rsquo;autre choix que de se tourner vers les principes transcendantaux intemporels de la connaissance et d&rsquo;essayer de justifier les principes de la moralit\u00e9 sur eux. De plus, le \u00absujet transcendantal\u00bb agissait comme le seul principe \u00ab\u00e9ternel\u00bb (intemporel) chez l&rsquo;homme: pour les intellectuels du XIXe si\u00e8cle. L&rsquo;id\u00e9e chr\u00e9tienne de l&rsquo;\u00e2me n&rsquo;\u00e9tait plus acceptable car fortement mythifi\u00e9e, mais sans un principe \u00e9ternel chez l&rsquo;homme, il serait inutile de parler des valeurs \u00e9ternelles de la moralit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Recherche logique\u00a0\u00bb.<\/strong> Le sujet principal du 1er volume de Logical Investigations est la critique du psychologisme en logique. Le \u00abpsychologisme\u00bb est l&rsquo;une des positions du d\u00e9veloppement qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle. un diff\u00e9rend sur la nature des lois logiques et la relation entre la logique et la psychologie. Ce probl\u00e8me remonte \u00e0 Kant. Kant croyait qu&rsquo;il existe deux logiques: formelle &#8211; la science des formes et des lois de la pens\u00e9e correcte, qui n&rsquo;acqui\u00e8rent un sens r\u00e9el qu&rsquo;en relation avec les objets de la pens\u00e9e, et transcendantale &#8211; la science des formes de pens\u00e9e universelles et n\u00e9cessaires en g\u00e9n\u00e9ral, c&rsquo;est-\u00e0-dire o des cat\u00e9gories qui ont une signification intemporelle. La logique transcendantale, selon Kant, est ind\u00e9pendante de toute application et ne peut donc \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e ou r\u00e9fut\u00e9e par l&rsquo;exp\u00e9rience.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u00abpsychologues\u00bb (John Stuart Mill, Siegwart, Wundt, Schuppe, etc.) ont ni\u00e9 la logique transcendantale et ont compris la logique formelle comme une doctrine purement technique (appliqu\u00e9e) de la pens\u00e9e. Leur raisonnement \u00e9tait apparemment impeccable: les ph\u00e9nom\u00e8nes mentaux font l&rsquo;objet de la psychologie; la pens\u00e9e est un type de ph\u00e9nom\u00e8ne mental; la pens\u00e9e est donc le sujet de la psychologie. Puisque la t\u00e2che de la science est l&rsquo;\u00e9tude des lois des ph\u00e9nom\u00e8nes inclus dans leur sujet, alors la t\u00e2che de la psychologie devrait \u00eatre l&rsquo;\u00e9tude des lois de la pens\u00e9e. En cons\u00e9quence, les lois de la logique sont par nature des lois psychologiques, et la logique elle-m\u00eame devrait devenir une branche de la psychologie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les principaux arguments des opposants au psychologisme reposaient sur deux concepts cl\u00e9s:<\/p>\n<p align=\"justify\">1) \u00abobligation pure\u00bb; les lois de la pens\u00e9e se rapportent \u00e0 la \u00abpens\u00e9e pure\u00bb et parlent de la fa\u00e7on de penser en g\u00e9n\u00e9ral, du point de vue de la V\u00e9rit\u00e9, ind\u00e9pendamment de tout objectif ou int\u00e9r\u00eat; Les psychologues, s\u2019appuyant sur l\u2019exp\u00e9rience des \u00abr\u00e9volutions scientifiques\u00bb, ont soutenu qu\u2019il n\u2019existe pas de \u00abv\u00e9rit\u00e9 \u00e9ternelle\u00bb ni de \u00abpens\u00e9e pure\u00bb. Tout devoir est hypoth\u00e9tique: si vous voulez parvenir \u00e0 tel ou tel r\u00e9sultat, faites (pensez) ceci et cela;<\/p>\n<p align=\"justify\">2) \u00ab\u00e9vidence absolue\u00bb; les lois de la logique, contrairement aux lois de la psychologie, sont comprises avec une clart\u00e9 absolue. Mais cette \u00e9vidence elle-m\u00eame, objectaient les psychologues, n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un sentiment psychologique de certitude (n\u2019\u00e9tait-il pas \u00ab\u00e9vident\u00bb pendant des si\u00e8cles que le Soleil tourne autour de la Terre et qu\u2019un corps qui n\u2019est pas pouss\u00e9 s\u2019arr\u00eate?)<\/p>\n<p align=\"justify\">Husserl, qui dans sa philosophie de l&rsquo;arithm\u00e9tique d\u00e9fendait lui-m\u00eame des positions apparemment proches du psychologisme, entre dans le d\u00e9bat dans ses Recherches logiques aux c\u00f4t\u00e9s des transcendantalistes. Ses arguments, en bref, sont les suivants:<\/p>\n<p align=\"justify\">1) la logique est la seule science qui se fixe des lois; les concepts et les lois de la logique ne pr\u00e9supposent pas les concepts et les lois de la psychologie et n&rsquo;en d\u00e9rivent pas; \u00abEn logique&#8230; les connexions id\u00e9ales qui composent son unit\u00e9 th\u00e9orique sont soumises, en tant que cas individuels, aux lois qu&rsquo;elle \u00e9tablit\u00bb (1: 300).<\/p>\n<p align=\"justify\">2) la psychologie n&rsquo;est pas seulement la science de la pens\u00e9e, mais elle est elle-m\u00eame pensante et, par cons\u00e9quent, doit ob\u00e9ir aux lois de la logique, qui doivent \u00eatre suppos\u00e9es vraies et non d\u00e9duites de l&rsquo;exp\u00e9rience;<\/p>\n<p align=\"justify\">3) l\u2019argument \u00abarithmom\u00e8tre\u00bb: le m\u00e9canisme de la machine \u00e0 additionner est construit et fonctionne selon les lois de la m\u00e9canique, mais cela ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre aussi une expression des lois de l\u2019arithm\u00e9tique. Peu importe combien nous d\u00e9montons la machine \u00e0 calculer, nous ne trouverons ni nombres ni lois arithm\u00e9tiques. De la m\u00eame mani\u00e8re, la sph\u00e8re du psychisme et la sph\u00e8re de la pens\u00e9e pure sont corr\u00e9l\u00e9es chez une personne: on peut explorer \u00e0 l&rsquo;infini le \u00abm\u00e9canisme\u00bb mental de la pens\u00e9e et ne trouver nulle part la \u00abpens\u00e9e pure\u00bb &#8211; ce qui n&#8217;emp\u00eache pas ce m\u00e9canisme dans son l\u2019action d\u2019exprimer les v\u00e9rit\u00e9s \u00e9ternelles de la pens\u00e9e pure, \u00abla v\u00e9rit\u00e9 en tant que telle\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans le deuxi\u00e8me volume des Recherches logiques, Husserl pose les bases de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique. La ph\u00e9nom\u00e9nologie est exclusivement une m\u00e9thode, non un syst\u00e8me; l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie, pas l&rsquo;ontologie. Le but de cette m\u00e9thode est le \u00abpouvoir discr\u00e9tionnaire de l\u2019essence\u00bb. Le \u00abph\u00e9nom\u00e8ne\u00bb, au sens de Husserl, n\u2019est pas un ph\u00e9nom\u00e8ne derri\u00e8re lequel il y a aussi une \u00abessence\u00bb (une chose en soi). Il n\u2019y a pas d\u2019essence \u00abau-del\u00e0\u00bb des ph\u00e9nom\u00e8nes. Un ph\u00e9nom\u00e8ne est l\u2019essence \u00abtelle qu\u2019elle se manifeste\u00bb. L\u2019essence co\u00efncide avec le ph\u00e9nom\u00e8ne pur, c\u2019est-\u00e0-dire purifi\u00e9 de toute interpr\u00e9tation d\u00e9raisonnable. La condition principale pour comprendre les ph\u00e9nom\u00e8nes purs et, par cons\u00e9quent, la principale exigence de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique est l&rsquo;absence de pr\u00e9suppos\u00e9s. Cette exigence signifie que la ph\u00e9nom\u00e9nologie ne doit pas introduire ses propres pr\u00e9misses (hypoth\u00e8ses, axiomes), donc le point de d\u00e9part de l&rsquo;application de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique ne peut \u00eatre que le ph\u00e9nom\u00e8ne \u00abnon purifi\u00e9\u00bb de \u00abl&rsquo;attitude naturelle\u00bb. Poursuivant la critique de l\u2019exp\u00e9rience commenc\u00e9e par le \u00absecond positivisme\u00bb, Husserl appelle \u00e0 d\u00e9barrasser l\u2019exp\u00e9rience non seulement des ajouts m\u00e9taphysiques, mais en g\u00e9n\u00e9ral de toutes les pr\u00e9misses d\u00e9raisonnables (\u00abpr\u00e9jug\u00e9s\u00bb au sens le plus large du terme). Le principe principal qui doit \u00eatre \u00e9limin\u00e9 est la position non critique des choses en dehors de la conscience (\u00ables choses en elles-m\u00eames\u00bb). Cette hypoth\u00e8se est la propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9terminante de \u00abl&rsquo;attitude naturelle\u00bb &#8211; l&rsquo;\u00e9tat de conscience dans lequel se trouve une personne avant le d\u00e9but d&rsquo;une r\u00e9flexion critique sur son exp\u00e9rience.<\/p>\n<p align=\"justify\">La ph\u00e9nom\u00e9nologie a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue par Husserl sur le mod\u00e8le d\u2019une \u00abscience rigoureuse\u00bb, qui se contente d\u2019\u00e9noncer sans passion les faits, mais ne les interpr\u00e8te pas. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment le sens du slogan de Husserl \u00abAux choses elles-m\u00eames! Mais d\u2019abord et avant tout, tout fait est un fait de conscience, non pas une \u00abchose en soi\u00bb, mais un sens pos\u00e9 par la conscience. M\u00eame la \u00abr\u00e9alit\u00e9\u00bb des choses n\u2019est qu\u2019une des significations que nous leur donnons; une chose en soi n\u2019a pas de sens (d\u2019existence). L\u2019essence m\u00eame de la conscience est \u00abl\u2019investissement\u00bb de sens dans des actes intentionnels: \u00ab\u00eatre conscience\u00bb signifie \u00abdonner du sens\u00bb. Par cons\u00e9quent, le mouvement \u00abvers les choses elles-m\u00eames\u00bb ne m\u00e8ne pas des concepts aux sensations, mais des significations d\u00e9riv\u00e9es et secondaires aux significations originelles et pr\u00e9-donn\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les \u00abEnqu\u00eates logiques\u00bb n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 comprises comme l\u2019auteur l\u2019esp\u00e9rait. La ph\u00e9nom\u00e9nologie descriptive expos\u00e9e ici a \u00e9t\u00e9 per\u00e7ue comme une \u00e9tape pr\u00e9paratoire \u00e0 la psychologie empirique. Cela n\u2019est pas surprenant, \u00e9tant donn\u00e9 que Husserl lui-m\u00eame n\u2019a pas imm\u00e9diatement compris toute la signification du programme ph\u00e9nom\u00e9nologique. Dans \u00abId\u00e9es pour la ph\u00e9nom\u00e9nologie pure\u00bb, il \u00e9crit: \u00ab\u2026 la ph\u00e9nom\u00e9nologie pure\u2026 cette m\u00eame ph\u00e9nom\u00e9nologie, dont la premi\u00e8re perc\u00e9e s&rsquo;est produite dans les \u00abRecherches logiques\u00bb et dont le sens m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9 de plus en plus profond\u00e9ment et richement. dans les travaux de la d\u00e9cennie qui s&rsquo;est \u00e9coul\u00e9e depuis, il n&rsquo;y a pas de psychologie\u00a0\u00bb (2: 20).<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans les Recherches Logiques, la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique est g\u00e9n\u00e9ralement descriptive: l&rsquo;\u00e9puration des ph\u00e9nom\u00e8nes s&rsquo;effectue par l&rsquo;introspection critique. Dans la ph\u00e9nom\u00e9nologie mature, comme cela appara\u00eet dans Id\u00e9es vers la ph\u00e9nom\u00e9nologie pure, Husserl d\u00e9veloppe dans le m\u00eame but une nouvelle m\u00e9thode &#8211; la m\u00e9thode de r\u00e9duction ph\u00e9nom\u00e9nologique et d&rsquo;analyse intentionnelle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Ph\u00e9nom\u00e9nologie mature.<\/strong> La t\u00e2che d&rsquo;identification des \u00absignifications originales\u00bb pos\u00e9e dans les \u00abEnqu\u00eates logiques\u00bb est d\u00e9velopp\u00e9e plus en d\u00e9tail dans \u00abId\u00e9es vers une ph\u00e9nom\u00e9nologie pure\u00bb et d&rsquo;autres ouvrages de la p\u00e9riode de maturit\u00e9. D\u00e9sormais, le contenu s\u00e9mantique de la conscience est soumis \u00e0 une critique constante, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 une purification: les significations originelles sont d\u00e9barrass\u00e9es de leurs d\u00e9riv\u00e9s et une nouvelle t\u00e2che est fix\u00e9e: identifier la source de toutes les significations et y \u00e9lever tout le contenu de la conscience (r\u00e9duction) afin de retracer ensuite le m\u00e9canisme de pose de toutes les significations \u00e0 partir de cette source (constitution). La mise en \u0153uvre de ce programme permettrait d&rsquo;\u00e9tayer le contenu de la conscience et de donner \u00e0 une personne un point d&rsquo;appui solide en elle-m\u00eame face \u00e0 un monde ext\u00e9rieur en perte de sens (et m\u00eame de \u00abcontre-sens\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9tapes de r\u00e9duction ph\u00e9nom\u00e9nologique.<\/strong>\u00a0Selon Husserl, la m\u00e9thode de r\u00e9duction devrait comporter plusieurs \u00e9tapes. Si l\u2019on ram\u00e8ne \u00e0 un seul d\u00e9nominateur les diff\u00e9rentes options de pr\u00e9sentation de la m\u00e9thode de r\u00e9duction que l\u2019on retrouve dans les \u0153uvres du philosophe, on peut parler de trois \u00e9tapes.<\/p>\n<p align=\"justify\">1. \u00c9poque. Parmi les adeptes du sceptique Pyrrhon, le terme \u00ab\u00e9poque\u00bb signifiait ici \u00abl&rsquo;abstinence de jugement\u00bb, &#8211; l&rsquo;abstention d&rsquo;attribuer l&rsquo;existence \u00e0 des objets ext\u00e9rieurs. L\u2019\u00eatre doit \u00eatre \u00abentre parenth\u00e8ses\u00bb. \u00abSortir l\u2019\u00eatre de parenth\u00e8ses\u00bb signifie, sans le nier, simplement en faire abstraction et raisonner comme si le monde n\u2019\u00e9tait que le contenu de ma conscience. Cela permettra au ph\u00e9nom\u00e9nologue, selon Husserl, de se lib\u00e9rer de tout int\u00e9r\u00eat pratique et de prendre la position d&rsquo;un observateur d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 quoi aboutit-on gr\u00e2ce \u00e0 cette \u00e9poque? Rien ne change dans le contenu de notre conscience, seule notre attitude envers ce contenu change. L&rsquo;attitude th\u00e9orique n&rsquo;est pas directement li\u00e9e \u00e0 la pratique: l&rsquo;astronome ne part de l&rsquo;attitude th\u00e9orique que dans ses \u00e9tudes scientifiques, mais lorsqu&rsquo;il marche sur la terre, il doit, comme tout le monde, s&rsquo;appuyer sur le fait que la terre est au repos sous son pieds.<\/p>\n<p align=\"justify\">Notre exp\u00e9rience enti\u00e8re appara\u00eet d\u00e9sormais comme le contenu de la conscience, c&rsquo;est-\u00e0-dire que tous les objets de notre exp\u00e9rience sont consid\u00e9r\u00e9s non pas comme des \u00abchoses en elles-m\u00eames\u00bb, mais comme des significations pour le sujet; Il n\u2019existe pas de \u00absignifications en soi\u00bb qui ne seraient des significations pour une certaine conscience. \u00ab\u2026Nous ne devons pas nous laisser induire en erreur par les arguments selon lesquels une chose est transcendantale \u00e0 la conscience ou qu&rsquo;elle est \u00abl&rsquo;\u00eatre en soi\u00bb\u00bb (2: 4-5).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, la recherche ph\u00e9nom\u00e9nologique passe des questions de l\u2019\u00eatre aux questions de sens. La \u00abr\u00e9alit\u00e9\u00bb des choses d\u2019une attitude naturelle s\u2019\u00e9loigne et n\u2019affecte pas la conscience du ph\u00e9nom\u00e9nologue. \u00abEntre la conscience et la r\u00e9alit\u00e9, il y a v\u00e9ritablement un ab\u00eeme de sens\u00bb (2: 11).<\/p>\n<p align=\"justify\">2. R\u00e9duction transcendantale. Nous consid\u00e9rons ici la vie enti\u00e8re de la conscience comme int\u00e9grale, lorsque chaque acte intentionnel entre en synth\u00e8se avec tout le contenu ant\u00e9rieur de la conscience (\u00absynth\u00e8se universelle\u00bb). Avec cette consid\u00e9ration, il s\u2019av\u00e8re possible de \u00abmettre entre parenth\u00e8ses\u00bb non seulement l\u2019existence du monde ext\u00e9rieur, mais aussi moi-m\u00eame en tant que sujet empirique.<\/p>\n<p align=\"justify\">La conscience doit maintenant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une conscience absolue &#8211; une sph\u00e8re ferm\u00e9e et autosuffisante, d\u00e9nu\u00e9e de relation avec quoi que ce soit \u00abext\u00e9rieur \u00e0 la conscience : \u00abLa conscience, si elle est consid\u00e9r\u00e9e dans sa puret\u00e9, doit \u00eatre reconnue comme une interconnexion ferm\u00e9e de l&rsquo;\u00eatre, \u00e0 savoir une interconnexion de \u00eatre absolu, tel que rien ne peut p\u00e9n\u00e9trer et duquel rien ne peut sortir\u00bb (2: 11). Lorsque la conscience du chercheur s&rsquo;est lib\u00e9r\u00e9e de la contrainte des int\u00e9r\u00eats pratiques et des pr\u00e9jug\u00e9s qu&rsquo;ils imposent, alors un vaste champ de recherche s&rsquo;ouvre: le champ de \u00abl&rsquo;exp\u00e9rience transcendantale\u00bb, r\u00e9flexion dans laquelle le sujet traite exclusivement des faits de conscience.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le sujet de l&rsquo;exp\u00e9rience transcendantale ne peut \u00eatre qu&rsquo;un sujet transcendantal &#8211; il se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la suite de tout travail ph\u00e9nom\u00e9nologique, comme le centre s\u00e9mantique g\u00e9n\u00e9ral de toute la vie de la conscience. Selon Husserl, un tel centre doit n\u00e9cessairement \u00eatre pens\u00e9 comme le \u00abp\u00f4le Je\u00bb des \u00abJe-actes\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>L\u2019intentionnalit\u00e9,<\/strong> propri\u00e9t\u00e9 caract\u00e9ristique des exp\u00e9riences \u00abd\u2019\u00eatre conscience de quelque chose\u00bb, selon Husserl, est l\u2019essence de la subjectivit\u00e9 transcendantale. Ici, la conscience n&rsquo;appara\u00eet plus simplement comme intentionnelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire dirig\u00e9e vers un objet, en corr\u00e9lation avec l&rsquo;objet, mais comme se d\u00e9ployant dans des actes intentionnels, dans lesquels elle pose activement le sens (c&rsquo;est-\u00e0-dire le contenu) de son objet. L\u2019acte intentionnel, selon Husserl, est la forme universelle de vie de la conscience.<\/p>\n<p align=\"justify\">De plus, la ph\u00e9nom\u00e9nologie se d\u00e9roule comme une analyse intentionnelle \u2013 une analyse des principes et de la structure de l\u2019activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ratrice de sens de la conscience. Les principaux concepts de l&rsquo;analyse intentionnelle sont la no\u00e8se, le no\u00e8me, l&rsquo;horizon.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La no\u00e8se<\/strong>\u00a0est une mani\u00e8re r\u00e9elle de donner un objet dans l&rsquo;acte de perception, \u00e9galement d\u00e9sign\u00e9e par Husserl sous le terme de reell<br \/>\n<a title=\"Husserl a d\u00fb introduire ce terme artificiel pour distinguer le \u00ab r\u00e9el \u00bb dans un sens particulier, ph\u00e9nom\u00e9nologique, de ce qu'on entend par \u00ab r\u00e9alit\u00e9 \u00bb dans l'attitude naturelle.\"><sup>[46]<\/sup><\/a>. Reell sont des \u00abfaits de perception\u00bb dans lesquels le sujet et l&rsquo;objet, la mati\u00e8re et la forme de pens\u00e9e ne sont pas encore mis en \u00e9vidence par la r\u00e9flexion et se fondent dans le \u00abcourant h\u00e9raclitien\u00bb de la vie mentale de la conscience. La couche no\u00e9tique de la vie de la conscience est, en principe, accessible \u00e0 l&rsquo;observation directe, et ses lois, ou plut\u00f4t ses sch\u00e9mas empiriques, devraient \u00eatre \u00e9tudi\u00e9s par la psychologie empirique. La ph\u00e9nom\u00e9nologie (ou \u00abpsychologie ph\u00e9nom\u00e9nologique\u00bb) ne prend le \u00abr\u00e9el\u00bb que comme mat\u00e9riau d&rsquo;analyse intentionnelle, r\u00e9v\u00e9lant en lui des significations objectives id\u00e9ales (no\u00e8mes).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>No\u00e8me<\/strong> est le corr\u00e9lat intentionnel des actes de conscience, leur \u00abp\u00f4le objectif\u00bb id\u00e9al, le cogitatum (pens\u00e9). Tout acte de conscience vise \u00abquelque chose\u00bb, mais ce quelque chose est pour la premi\u00e8re fois et re\u00e7oit le sens d&rsquo;un \u00abobjet\u00bb gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;acte de conscience &#8211; donc, cette \u00abobjectivit\u00e9\u00bb n&rsquo;est pas r\u00e9elle, mais id\u00e9ale.<\/p>\n<p align=\"justify\">Par exemple, nous regardons une maison d\u2019un c\u00f4t\u00e9. Selon Aristote, on pourrait dire que toutes les perceptions d&rsquo;une maison (depuis diff\u00e9rents c\u00f4t\u00e9s, de l&rsquo;int\u00e9rieur, etc.) sont li\u00e9es entre elles par la forme objective (l&rsquo;essence) de la maison, captur\u00e9e dans son concept. Mais pour Husserl, l\u2019essence \u00abau-del\u00e0\u00bb du ph\u00e9nom\u00e8ne n\u2019est plus concevable, puisqu\u2019elle serait une \u00abchose en soi\u00bb. D\u2019o\u00f9 la question: qu\u2019est-ce qui, dans ce cas, relie entre eux tous les actes de perception de la maison (D1, D2, Dn), en une image holistique de la \u00abmaison\u00bb? Il n\u2019est plus possible de dire \u00abl\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la maison en soi\u00bb, car \u00abla maison en soi\u00bb n\u2019est concevable que pour \u00abl\u2019attitude naturelle\u00bb, mais pas pour l\u2019attitude ph\u00e9nom\u00e9nologique. Dire \u00abint\u00e9r\u00eat pratique\u00bb est plus proche de la v\u00e9rit\u00e9, mais il n\u2019est pas toujours possible d\u2019expliquer l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de nos contemplations par l\u2019int\u00e9r\u00eat pratique. Ainsi, en regardant le ciel \u00e9toil\u00e9, une personne divise naturellement les \u00e9toiles en groupes de constellations, bien qu&rsquo;elle n&rsquo;y porte aucun int\u00e9r\u00eat pratique. Kant a appel\u00e9 cette capacit\u00e9 \u00e0 relier arbitrairement le mat\u00e9riau des sensations \u00able pouvoir productif de l&rsquo;imagination\u00bb, mais, selon Husserl, le travail de l&rsquo;imagination pr\u00e9suppose n\u00e9cessairement un certain centre id\u00e9al (uniquement pens\u00e9, non per\u00e7u). Husserl appelle un tel centre un no\u00e8me.<\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/artemiada.ru\/2024\/06\/05\/gusserl\/doc2fb_image_02000005\/\" rel=\"attachment wp-att-2151\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-2151\" src=\"https:\/\/artemiada.ru\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/doc2fb_image_02000005.jpg\" sizes=\"auto, (max-width: 440px) 100vw, 440px\" srcset=\"https:\/\/artemiada.ru\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/doc2fb_image_02000005.jpg 440w, https:\/\/artemiada.ru\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/doc2fb_image_02000005-295x300.jpg 295w\" alt=\"\" width=\"440\" height=\"448\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Dans la vie mentale, deux perceptions d&rsquo;une m\u00eame maison, consid\u00e9r\u00e9es dans leur r\u00e9alit\u00e9 psychophysique, n&rsquo;ont rien d&rsquo;identique: elles diff\u00e8rent soit dans l&rsquo;espace &#8211; l&rsquo;angle de vue, soit dans le temps &#8211; dans l&rsquo;\u00e9tat de conscience. \u00abDeux ph\u00e9nom\u00e8nes qui, gr\u00e2ce \u00e0 la synth\u00e8se, me sont donn\u00e9s comme ph\u00e9nom\u00e8nes de la m\u00eame chose, sont r\u00e9ellement (reell) s\u00e9par\u00e9s, et comme r\u00e9ellement s\u00e9par\u00e9s (reell), n&rsquo;ont pas de donn\u00e9es communes; ils ont (seulement) des aspects extr\u00eamement semblables et semblables. Tout ce qui unit ces actes de conscience et donne ainsi son int\u00e9grit\u00e9 \u00e0 la conscience est le centre id\u00e9al (imaginaire, concevable) auquel la conscience se met \u00e0 chaque fois en relation. Ce noyau du no\u00e8me est l\u2019ent\u00e9l\u00e9chie, qui fournit l\u2019unit\u00e9 fondamentale de l\u2019Ego transcendantal en tant que principe s\u00e9mantique fixant des objectifs. Par cons\u00e9quent, la conscience n&rsquo;acquiert l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 que dans la position d&rsquo;un objet, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;elle est de nature t\u00e9l\u00e9ologique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Horizon.<\/strong> La conscience dans sa constitution d&rsquo;objet est fondamentalement horizontale: l&rsquo;objet de conscience appara\u00eet toujours comme un certain horizon actualis\u00e9, mais toujours sur fond d&rsquo;horizon potentiel. En pr\u00e9sence d&rsquo;un d\u00e9j\u00e0 acte de conscience D1 (voir figure), l&rsquo;int\u00e9grit\u00e9 de la conscience et de son objet se posent potentiellement (hypoth\u00e9tiquement) comme un horizon C d&rsquo;actes possibles (imaginables) de perception du m\u00eame objet (no\u00e8me) par le m\u00eame conscience. Si l&rsquo;horizon, par exemple, de la perception visuelle est un ensemble de points accessibles \u00e0 la contemplation depuis un centre donn\u00e9, alors l&rsquo;horizon ph\u00e9nom\u00e9nologique est un ensemble de points de vue sur un objet donn\u00e9 qui sont possibles pour une conscience donn\u00e9e. De plus, il s\u2019agit d\u2019un ensemble de points d\u2019observation non seulement dans l\u2019espace, mais aussi dans le temps et dans d\u2019autres dimensions de la \u00abvie intentionnelle\u00bb de la conscience.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les possibilit\u00e9s, dont le cercle est d\u00e9limit\u00e9 par l&rsquo;horizon, sont la v\u00e9ritable essence. \u00abLe potentiel de la vie est aussi important que son actualit\u00e9, et ce potentiel n\u2019est pas une possibilit\u00e9 vide de sens.\u00bb Ou en d\u2019autres termes: \u00abvous \u00eates ce que vous pouvez devenir\u00bb. Il est peut-\u00eatre pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;exprimer cette id\u00e9e de Husserl dans les termes de Nicolas de Cues: la possibilit\u00e9 est une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9largie, et la r\u00e9alit\u00e9 est une possibilit\u00e9 effondr\u00e9e et concentr\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour la science de la conscience et pour la philosophie en g\u00e9n\u00e9ral, la d\u00e9couverte de l&rsquo;horizon de la conscience rev\u00eat une grande importance, qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 pleinement r\u00e9v\u00e9l\u00e9e. De nombreux probl\u00e8mes &#8211; l&rsquo;infinit\u00e9 et la finitude du monde, l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, la libert\u00e9 &#8211; peuvent recevoir une nouvelle solution \u00e0 la lumi\u00e8re de cette d\u00e9couverte.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Constitution.<\/strong>\u00a0Le caract\u00e8re actif de l&rsquo;intentionnalit\u00e9 r\u00e9side dans l&rsquo;actualisation des possibilit\u00e9s potentielles, le d\u00e9ploiement de nouveaux horizons. La conscience, \u00e0 ce stade de r\u00e9duction, n\u2019est plus consid\u00e9r\u00e9e comme une forme indiff\u00e9rente de contenu empirique, mais comme posant (constituant, construisant) activement son objet. Ce qui est constitu\u00e9 existe avant cet acte comme une possibilit\u00e9 ind\u00e9finie entrant dans l&rsquo;horizon de la conscience. La constitution donne \u00e0 cette possibilit\u00e9 un certain sens &#8211; cr\u00e9ant ainsi un objet comme objet de perception (en m\u00eame temps, de nouveaux horizons de perceptions possibles se d\u00e9ploient).<\/p>\n<p align=\"justify\">A ce stade de r\u00e9duction, le probl\u00e8me principal est celui de l&rsquo;intersubjectivit\u00e9 et de la relation du sujet transcendantal \u00e0 son \u00abmoi empirique\u00bb. Un raisonnement coh\u00e9rent a conduit Husserl \u00e0 la conclusion que la ph\u00e9nom\u00e9nologie transcendantale est un solipsisme (bien s\u00fbr, purement th\u00e9orique et non pratique): puisque je d\u00e9couvre toujours en moi une subjectivit\u00e9 transcendantale, je ne peux (avec une rigueur scientifique) comprendre le Soi transcendantal que comme mon propre Soi. \u00ab\u00a0Je peux exp\u00e9rimenter directement et directement toute ma vie de conscience dans son individu (als es selbst), mais je ne peux pas exp\u00e9rimenter la vie de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre &#8211; la sensation, la perception, la pens\u00e9e, le sentiment, la vue de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.\u00a0\u00bb Ce n&rsquo;est que par analogie avec moi-m\u00eame que je peux conclure que l&rsquo;autre est le m\u00eame Ego transcendantal que moi. Husserl reconnaissait que cet \u00e9tat du probl\u00e8me de l\u2019intersubjectivit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas satisfaisant et esp\u00e9rait qu\u2019une ph\u00e9nom\u00e9nologie plus d\u00e9velopp\u00e9e serait en mesure d\u2019y apporter une solution globale. Mais il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que ce probl\u00e8me ne peut \u00eatre r\u00e9solu par une analyse intentionnelle du \u00absentiment\u00bb. Le d\u00e9sir d\u2019\u00e9chapper au solipsisme extr\u00eame, m\u00eame s\u2019il n\u2019est que transcendantal, fut l\u2019un des motifs qui conduisirent Husserl \u00e0 une nouvelle interpr\u00e9tation de la ph\u00e9nom\u00e9nologie dans ses \u0153uvres ult\u00e9rieures.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce qu\u2019on a appel\u00e9 plus haut \u00ab\u00e9poque\u00bb et \u00abr\u00e9duction transcendantale\u00bb, Husserl le d\u00e9signe parfois<br \/>\n<a title=\"Par exemple, dans les rapports d'Amsterdam.\"><sup>[47]<\/sup><\/a> sous le nom g\u00e9n\u00e9ral de \u00abr\u00e9duction ph\u00e9nom\u00e9nologique\u00bb et le compl\u00e8te par la r\u00e9duction eid\u00e9tique, qui constitue ici la troisi\u00e8me \u00e9tape de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique de r\u00e9duction.<\/p>\n<p align=\"justify\">3. R\u00e9duction eid\u00e9tique. Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, la ph\u00e9nom\u00e9nologie est rest\u00e9e dans les limites de l&rsquo;exp\u00e9rience, m\u00eame si elle a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e diff\u00e9remment que d&rsquo;habitude: comme une exp\u00e9rience transcendantale. Mais ce n\u2019est pas encore de la science. La science \u00e9tablit des principes universels et n\u00e9cessaires sur lesquels repose l&rsquo;exp\u00e9rience &#8211; des lois ou des invariants de l&rsquo;exp\u00e9rience. La ph\u00e9nom\u00e9nologie en tant que science universelle sur les principes de toute exp\u00e9rience commence par la r\u00e9duction eid\u00e9tique.<\/p>\n<p align=\"justify\">La r\u00e9duction eid\u00e9tique ne se concentre pas sur la conscience pure elle-m\u00eame, mais sur ses structures a priori (\u00aba priori ph\u00e9nom\u00e9nologique\u00bb). \u00abLa m\u00e9thode pour parvenir \u00e0 des a priori purs est une m\u00e9thode tout \u00e0 fait sobre, connue de tous et utilis\u00e9e dans toutes les sciences, (&#8230;) consistant en un discernement apodictique pour parvenir \u00e0 des universaux purs, sans aucune postulation de faits, (&#8230;) des universaux, prescrivant apodictiquement \u00e0 ces derniers la norme de concevabilit\u00e9 en tant que faits possibles. Une fois manifest\u00e9s, ces universaux purs, bien qu&rsquo;ils soient apparus en dehors de la m\u00e9thode strictement logique, sont de pures compr\u00e9hensions de soi, par rapport auxquelles l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une absurdit\u00e9 \u00e9vidente prouve toujours l&rsquo;impossibilit\u00e9 de penser autrement. Dans le domaine de la nature, il s&rsquo;agit de comprendre que toute chose intuitivement repr\u00e9sentable comme une pure possibilit\u00e9 ou, comme nous disons, une chose concevable poss\u00e8de des propri\u00e9t\u00e9s causales spatio-temporelles de base telles que la res extensa<br \/>\n<a title=\"La chose est \u00e9tendue.\"><sup>[48]<\/sup><\/a> , la forme spatiale et temporelle, la position spatio-temporelle, etc.\u00a0\u00bb (6:76).<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour identifier les \u00abinvariants de l\u2019exp\u00e9rience transcendantale\u00bb, Husserl propose la m\u00e9thode de la variation eid\u00e9tique. \u00abLa variation eid\u00e9tique recherche les structures essentielles, en faisant abstraction des accidents et des caract\u00e9ristiques individuelles des actes de pens\u00e9e qui se produisent r\u00e9ellement. Puisque les mod\u00e8les essentiels identifi\u00e9s couvrent les structures universelles non seulement de ces actes de pens\u00e9e, mais \u00e9galement d\u2019autres actes de pens\u00e9e autoris\u00e9s li\u00e9s au m\u00eame sujet, ils peuvent revendiquer une universalit\u00e9 inconditionnelle. Chaque cas particulier est une instance de cette universalit\u00e9\u00bb (12: 44).<\/p>\n<p align=\"justify\">La m\u00e9thode de r\u00e9duction eid\u00e9tique a \u00e9t\u00e9 beaucoup moins d\u00e9velopp\u00e9e par Husserl que la m\u00e9thode descriptive-ph\u00e9nom\u00e9nologique. A ce niveau de r\u00e9duction et, par cons\u00e9quent, d&rsquo;application de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique, le probl\u00e8me principal est le rapport entre les \u00absciences des faits\u00bb et les \u00absciences eid\u00e9tiques\u00bb (sciences des entit\u00e9s id\u00e9ales). Th\u00e9oriquement, selon Husserl, toute science des faits \u2013 physique, chimie, biologie, sociologie \u2013 doit n\u00e9cessairement s&rsquo;appuyer sur sa science eid\u00e9tique correspondante. Il voyait un exemple id\u00e9al dans la relation entre la physique, qui, selon lui, r\u00e9duit tous les objets \u00e0 des formes spatiales, et la g\u00e9om\u00e9trie, \u00abla pure \u00e9tude eid\u00e9tique de l\u2019espace\u00bb. La perc\u00e9e dans la physique moderne a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9e, selon lui, par le fait que la physique a commenc\u00e9 \u00e0 utiliser largement la m\u00e9thode g\u00e9om\u00e9trique. Selon Husserl, toute r\u00e9alit\u00e9 devait \u00eatre divis\u00e9e en \u00abr\u00e9gions\u00bb (\u00eatre, espace, temps, vie, soci\u00e9t\u00e9), dont chacune devait \u00eatre trait\u00e9e par sa propre science eid\u00e9tique. Mais les tentatives visant \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles \u00absciences des entit\u00e9s\u00bb bas\u00e9es sur cette m\u00e9thode ne peuvent pas \u00eatre qualifi\u00e9es de compl\u00e8tement r\u00e9ussies. La ph\u00e9nom\u00e9nologie est rest\u00e9e la m\u00e9thode g\u00e9n\u00e9rale des \u00absciences eid\u00e9tiques\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Ph\u00e9nom\u00e9nologie tardive.<\/strong> Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, en Allemagne comme dans toute l\u2019Europe, l\u2019attitude \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la science a radicalement chang\u00e9. Si avant la guerre, les sciences positives, qui ont chang\u00e9 de mani\u00e8re si r\u00e9volutionnaire les conditions de vie de l&rsquo;humanit\u00e9, d\u00e9terminaient la vision du monde des couches instruites de la soci\u00e9t\u00e9, alors apr\u00e8s la guerre, la science a perdu cette confiance. D\u2019abord parce que les avanc\u00e9es technologiques qui ont suscit\u00e9 tant d\u2019enthousiasme au XIXe si\u00e8cle se sont transform\u00e9es en une force meurtri\u00e8re sans pr\u00e9c\u00e9dent (comme un g\u00e9nie, n\u00e9gligemment lib\u00e9r\u00e9 de la bouteille, se retournant contre son lib\u00e9rateur). Deuxi\u00e8mement, dans les conditions de l&rsquo;effondrement du mode de vie et des valeurs ant\u00e9rieures, la science s&rsquo;est retir\u00e9e et n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 en mesure de montrer aux gens le sens de la vie et un point d&rsquo;appui dans un monde en \u00e9volution rapide. \u00abLa r\u00e9volution dans l\u2019\u00e9valuation publique [de la science] est devenue particuli\u00e8rement in\u00e9vitable apr\u00e8s la guerre et a donn\u00e9 lieu, comme nous le savons, \u00e0 des attitudes carr\u00e9ment hostiles parmi la jeune g\u00e9n\u00e9ration. Cette science, nous dit-on, ne peut rien faire pour nous aider \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 nos besoins vitaux. En principe, cela exclut pr\u00e9cis\u00e9ment les questions qui sont pressantes pour une personne: les questions sur le sens et l&rsquo;absurdit\u00e9 de toute existence humaine\u00bb (8: 20).<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans les ann\u00e9es 20-30. En Allemagne, dans le contexte de la croissance du nationalisme et du renforcement du fascisme, la majorit\u00e9 des gens pensants se sentaient \u00ababandonn\u00e9s\u00bb et vides, la vie n&rsquo;ayant aucun sens. Cette crise a conduit de nombreuses personnes \u00e0 se tourner, \u00e0 la recherche du sens de l&rsquo;existence, vers les \u00abeaux sombres de l&rsquo;irrationnel\u00bb &#8211; vers le mysticisme religieux, philosophique et po\u00e9tique. Y compris Heidegger, sur lequel Husserl fondait de grands espoirs.<\/p>\n<p align=\"justify\">Husserl voyait dans tout cela les sympt\u00f4mes du processus de crise de d\u00e9composition de la rationalit\u00e9 europ\u00e9enne. \u00abLes v\u00e9ritables et seules batailles significatives de notre \u00e9poque sont les batailles entre une humanit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 bris\u00e9e et une humanit\u00e9 qui repose encore sur des bases solides et se bat pour elle ou pour en trouver une nouvelle\u00bb (8: 31). L\u2019\u00abhumanit\u00e9 d\u00e9sint\u00e9gr\u00e9e\u00bb est l\u2019humanit\u00e9 qui a perdu la foi en l\u2019unique V\u00e9rit\u00e9 pour tous, respectivement, dans les id\u00e9aux \u00abpurs\u00bb de Bont\u00e9, de Beaut\u00e9 et de justice, et a plong\u00e9 dans le \u00abscepticisme\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le \u00abscepticisme\u00bb se manifeste le plus douloureusement dans la compr\u00e9hension de l\u2019histoire. \u00ab\u00a0&#8230; L&rsquo;histoire ne peut enseigner qu&rsquo;une seule chose: que toutes les formes du monde spirituel, tous les liens de vie, les id\u00e9aux et les normes qui ont toujours constitu\u00e9 le support d&rsquo;une personne surgissent et disparaissent \u00e0 nouveau, comme des vagues d\u00e9ferlantes&#8230; que la raison reviendra. et encore une fois se transformer en absurdit\u00e9s, et en bonnes actions &#8211; en farine? Pouvons-nous l\u2019accepter, pouvons-nous vivre dans ce monde o\u00f9 les r\u00e9alisations historiques ne sont rien d\u2019autre qu\u2019une alternance continue d\u2019impulsions vaines et d\u2019am\u00e8res d\u00e9ceptions? (8h21). La crise, la \u00abmaladie\u00bb de l\u2019humanit\u00e9 europ\u00e9enne est une crise de l\u2019esprit europ\u00e9en, de cette attitude cognitive fondamentale qui constitue la base de la parent\u00e9 spirituelle de tous les peuples qui, quelle que soit leur situation g\u00e9ographique, peuvent \u00eatre class\u00e9s comme \u00abl\u2019Europe\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans sa vieillesse, Husserl a d\u00fb se fixer une t\u00e2che \u00e0 grande \u00e9chelle: d\u00e9finir les fondements et les principales caract\u00e9ristiques de la philosophie scientifique de l&rsquo;histoire, bien s\u00fbr, sur la base de la m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique.<\/p>\n<p align=\"justify\">La t\u00e2che de Husserl est ici double: premi\u00e8rement, donner une d\u00e9finition claire de \u00abl&rsquo;esprit de l&rsquo;Europe\u00bb comme un type de rationalit\u00e9, ou une certaine attitude cognitive; Cette attitude, Husserl en est convaincu, a une signification intemporelle et durable et doit \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e dans toutes les vicissitudes de la vie spirituelle et mat\u00e9rielle de l\u2019Europe. Deuxi\u00e8mement, nous devons trouver les origines de la \u00abmaladie\u00bb de la rationalit\u00e9 europ\u00e9enne \u2013 ce moment de l\u2019histoire o\u00f9 l\u2019attitude initialement pure a \u00e9t\u00e9 d\u00e9form\u00e9e, ce qui a conduit \u00e0 une telle crise dans nos \u00abtemps r\u00e9cents\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Husserl consid\u00e8re que le trait d\u00e9terminant de l&rsquo;unicit\u00e9 spirituelle de l&rsquo;Europe est le d\u00e9sir de construire la vie selon des t\u00e2ches sans fin (id\u00e9es de la raison). \u00abLe telos spirituel<br \/>\n<a title=\"&quot;Objectif&quot; (grec)\"><sup>[49]<\/sup><\/a> de l\u2019humanit\u00e9 europ\u00e9enne, dans lequel r\u00e9side le telos particulier de chaque nation et de chaque individu, r\u00e9side dans l\u2019infini, c\u2019est une id\u00e9e infinie vers laquelle, pour ainsi dire, tout d\u00e9veloppement spirituel est dirig\u00e9 en secret\u00bb (7: 104).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce sentiment et ce d\u00e9sir se r\u00e9alisent dans une attitude th\u00e9orique (\u00abcontemplative\u00bb, de theoria &#8211; \u00abcontemplation\u00bb), apparue pour la premi\u00e8re fois dans la philosophie et la science grecque antique. \u00ab\u00a0La science&#8230; n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une infinit\u00e9 de t\u00e2ches, \u00e9puisant constamment le fini et pr\u00e9servant sa signification \u00e9ternelle.\u00a0\u00bb C\u2019est la science et la \u00abphilosophie scientifique\u00bb, la Philosophia Perennis, la connaissance unifi\u00e9e de l\u2019univers, qui fondent toute l\u2019originalit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la rationalit\u00e9 europ\u00e9enne. En Orient, m\u00eame si des t\u00e2ches sans fin \u00e9taient fix\u00e9es (lib\u00e9ration, fusion avec l&rsquo;Absolu), alors l&rsquo;id\u00e9e n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9e de la mati\u00e8re, l&rsquo;attitude th\u00e9orique de la pratique : la connaissance et l&rsquo;activit\u00e9 ont toujours \u00e9t\u00e9 les deux faces d&rsquo;un m\u00eame processus d&rsquo;am\u00e9lioration.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, Husserl voit le caract\u00e8re unique de la rationalit\u00e9 europ\u00e9enne dans l\u2019\u00e9mergence d\u2019une attitude purement th\u00e9orique. La d\u00e9signation g\u00e9n\u00e9rale des attitudes non europ\u00e9ennes comme \u00abnaturelles\u00bb sugg\u00e8re que c\u2019est l\u2019attitude ph\u00e9nom\u00e9nologique qui repr\u00e9sente la rationalit\u00e9 europ\u00e9enne dans sa forme la plus pure.<\/p>\n<p align=\"justify\">O\u00f9 se situent les origines de la crise? La \u00abcrise de l\u2019Europe\u00bb, selon Husserl, est le r\u00e9sultat d\u2019un \u00e9cart par rapport \u00e0 cette image de la rationalit\u00e9. C&rsquo;est une d\u00e9viation<\/p>\n<p align=\"justify\">Husserl d\u00e9finit \u00e0 la fois le \u00abnaturalisme\u00bb et l\u2019\u00abobjectivisme\u00bb et le \u00abtechnicisme\u00bb de la science moderne qui en r\u00e9sulte. Husserl attribue le d\u00e9but de la crise \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 scientifique de Galil\u00e9e, qui, selon ses mots, a proc\u00e9d\u00e9 \u00abau remplacement du seul r\u00e9el, v\u00e9ritablement donn\u00e9 dans la perception, connu et connaissable dans l&rsquo;exp\u00e9rience du monde &#8211; notre monde de la vie quotidienne &#8211; par un monde d\u2019entit\u00e9s id\u00e9ales, justifi\u00e9 math\u00e9matiquement. Cette substitution a ensuite \u00e9t\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e par les descendants, les physiciens de tous les si\u00e8cles suivants\u00bb (8: 74). Les succ\u00e8s \u00e9tonnants des sciences naturelles math\u00e9matiques du Nouvel \u00c2ge ont conduit au fait que les scientifiques, et apr\u00e8s eux la majorit\u00e9 des Europ\u00e9ens instruits, ont oubli\u00e9 qu&rsquo;un mod\u00e8le math\u00e9matique n&rsquo;est qu&rsquo;un mod\u00e8le et qu&rsquo;il ne peut pas remplacer la nature vivante, telle que nous la percevons auparavant &#8211; exp\u00e9rience scientifique. La r\u00e9alit\u00e9 naturelle a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par la r\u00e9alit\u00e9 virtuelle des mod\u00e8les math\u00e9matiques, mais le reste innombrable et non math\u00e9matisable de la r\u00e9alit\u00e9 se venge de l&rsquo;homme &#8211; avec des guerres, des maladies, des d\u00e9pressions, des ravages. \u00c0 cette substitution est inextricablement li\u00e9e la pr\u00e9sentation de la nature uniquement comme un objet de connaissance scientifique et de transformation technique (\u00abobjectivisme\u00bb). Premi\u00e8rement, on oublie que la nature existe avant la connaissance scientifique, en tant que \u00abmonde de la vie\u00bb dans lequel les scientifiques vivent, se forment et travaillent, et deuxi\u00e8mement, la subjectivit\u00e9 m\u00eame du scientifique n&rsquo;est pas du tout prise en compte lors de l&rsquo;analyse des connaissances scientifiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">La recette propos\u00e9e par Husserl pour surmonter la crise semble contradictoire: d&rsquo;une part, \u00abce n&rsquo;est que lorsque l&rsquo;esprit, d&rsquo;un ext\u00e9rieur na\u00eff, revient \u00e0 lui-m\u00eame et reste avec lui-m\u00eame, qu&rsquo;il peut \u00eatre satisfait\u00bb &#8211; telle semble \u00eatre l&rsquo;apoth\u00e9ose de subjectivisme; Husserl d\u00e9fend ici \u00abl\u2019autonomie\u00bb de la conscience pure par rapport \u00e0 tout ce qui est naturel et la possibilit\u00e9 d\u2019une connaissance \u00absans pr\u00e9condition\u00bb par rapport \u00e0 elle-m\u00eame; d&rsquo;autre part, l&rsquo;introduction du \u00abmonde de la vie\u00bb indique la condition pr\u00e9alable fondamentale \u00e0 toute connaissance et \u00e0 l&rsquo;inclusion de la conscience pure dans le lien inextricable des ph\u00e9nom\u00e8nes naturels. La contradiction n\u2019est cependant qu\u2019apparente: premi\u00e8rement, l\u2019absence de pr\u00e9suppos\u00e9 signifie seulement l\u2019exigence de ne pas introduire ses propres conditions pr\u00e9alables \u00e0 la connaissance sous la forme d\u2019axiomes ou d\u2019hypoth\u00e8ses, mais cela signifie identifier les conditions pr\u00e9alables r\u00e9elles de la connaissance scientifique. Husserl appelle le \u00abFondement des conditions pr\u00e9alables\u00bb le monde du fini, le \u00abmonde de la vie\u00bb pr\u00e9-scientifique du scientifique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Avec sa critique de l&rsquo;objectivisme et l&rsquo;introduction du concept de monde de la vie, Husserl cherche \u00e0 sauver le principal grain positif de la rationalit\u00e9 europ\u00e9enne: le sentiment de l&rsquo;infini et le d\u00e9sir de r\u00e9soudre des probl\u00e8mes sans fin. Husserl s&rsquo;est vu reprocher \u00e0 plusieurs reprises son incoh\u00e9rence, y compris par ses partisans. Ainsi, le slogan qu&rsquo;il avance dans \u00abEnqu\u00eates logiques\u00bb est \u00abRetour aux choses! a \u00e9t\u00e9 per\u00e7u comme un appel des constructions abstraites de la philosophie aux choses de \u00abl\u2019exp\u00e9rience naturelle\u00bb dans leur caract\u00e8re concret. Par cons\u00e9quent, lorsque dans \u00abId\u00e9es\u2026\u00bb Husserl a propos\u00e9 une doctrine tr\u00e8s abstraite de synth\u00e8se objective, o\u00f9 les \u00abchoses\u00bb \u00e9taient dissoutes en tant qu\u2019aspects id\u00e9aux des actes de pens\u00e9e, cela a sembl\u00e9 \u00e0 beaucoup incoh\u00e9rent. D&rsquo;autre part, dans \u00abLa crise des sciences europ\u00e9ennes\u00bb, Husserl appelle \u00e0 s&rsquo;appuyer sur la perception pr\u00e9-scientifique du monde, qu&rsquo;il a critiqu\u00e9e dans les travaux de la \u00abph\u00e9nom\u00e9nologie mature\u00bb comme une \u00abattitude naturelle\u00bb \u00e0 partir de laquelle nous il faut commencer pour arriver \u00e0 une attitude ph\u00e9nom\u00e9nologique.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d&rsquo;incoh\u00e9rence est difficile \u00e0 nier, mais il concerne plut\u00f4t l&rsquo;interpr\u00e9tation que Husserl fait de son propre point de vue. Parlant de la ph\u00e9nom\u00e9nologie de Husserl, il faut distinguer entre l&rsquo;essentiel de sa pens\u00e9e, qui \u00e9tait pour Husserl, conform\u00e9ment au principe de sa m\u00e9thode ph\u00e9nom\u00e9nologique, une forme d&rsquo;\u00abexp\u00e9rience transcendantale\u00bb, l&rsquo;art constamment perfectionn\u00e9 de \u00abdiscerner l&rsquo;essence\u00bb et, d\u2019autre part, les conclusions et interpr\u00e9tations que Husserl lui-m\u00eame a donn\u00e9es ou a encourag\u00e9 ses disciples \u00e0 le faire. Le courant principal de la pens\u00e9e de Husserl est tout \u00e0 fait coh\u00e9rent dans l&rsquo;ensemble de son \u0153uvre, de la Philosophie de l&rsquo;Arithm\u00e9tique \u00e0<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00ab\u00a0La crise de l&rsquo;humanit\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0\u00bb.\u00a0 Ainsi, le slogan \u00abAux choses elles-m\u00eames! d\u00e8s le d\u00e9but, il ne s\u2019agissait pas d\u2019un appel aux \u00abchoses\u00bb dans leur concret sensuel, mais d\u2019une exigence de d\u00e9barrasser la contemplation de toute position non critique, et la contemplation n\u2019est pas sensuelle, mais intellectuelle. Husserl n\u2019insiste volontairement pas sur cette diff\u00e9rence, comme pour identifier tacitement contemplation sensorielle et contemplation intellectuelle, ou plut\u00f4t m\u00eame r\u00e9duire la contemplation sensorielle \u00e0 intellectuelle. C&rsquo;est le caract\u00e8re tacite de cette identification qui a provoqu\u00e9 des malentendus sur les Recherches Logiques et des accusations de psychologisme.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le retour \u00e0 \u00abl&rsquo;attitude naturelle\u00bb dans les derni\u00e8res \u0153uvres de Husserl ne contredit pas non plus le cours principal de sa pens\u00e9e: le monde de \u00abl&rsquo;attitude naturelle\u00bb, bien que critiqu\u00e9 dans les \u0153uvres ant\u00e9rieures, n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 ni\u00e9 et a toujours \u00e9t\u00e9 pris comme point de d\u00e9part. de recherche ph\u00e9nom\u00e9nologique. Mais si dans la ph\u00e9nom\u00e9nologie mature cette attitude servait \u00e0 s\u2019en \u00e9loigner, maintenant elle sert \u00e0 s\u2019appuyer sur elle.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;id\u00e9e directrice g\u00e9n\u00e9rale de la ph\u00e9nom\u00e9nologie de Husserl \u00e0 toutes ses \u00e9tapes est de trouver le chemin vers une seule vraie philosophie en tant que science stricte et universelle &#8211; la Philosophia Perennis, une science vivante et humaine qui r\u00e9pond aux besoins non seulement de la raison, mais aussi des sentiments et des sentiments. conscience.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1. Husserl E.<\/em>\u00a0Recherche logique. T. 1 \/\/ Husserl E. La philosophie comme science stricte. Novotcherkassk, 1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2. Husserl E.<\/em>\u00a0Id\u00e9es pour la ph\u00e9nom\u00e9nologie pure et la philosophie ph\u00e9nom\u00e9nologique. M., 1994.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Husserl E.<\/em>\u00a0Ph\u00e9nom\u00e9nologie. Article dans l&rsquo;Encyclopedia Britannica \/\/ Logos. M., 1991. N\u00b01.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Husserl E.<\/em>\u00a0R\u00e9flexions cart\u00e9siennes. Saint-P\u00e9tersbourg, 1998.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.<\/em>\u00a0Rapports Husserl E. Paris \/\/ Logos. M., 1991. N\u00b02.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6.<\/em>\u00a0Rapports Husserl E. Amsterdam \/\/ Logos. M., 1992. N\u00b0 3.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Husserl E.<\/em>\u00a0La crise de l&rsquo;humanit\u00e9 et de la philosophie europ\u00e9ennes \/\/ Questions de philosophie. M., 1986. N\u00b03.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8. Husserl E.<\/em>\u00a0La crise des sciences europ\u00e9ennes et la ph\u00e9nom\u00e9nologie transcendantale. Saint-P\u00e9tersbourg, 2004.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9. Gaidenko P. P.<\/em>\u00a0Rationalit\u00e9 scientifique et raison philosophique dans l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;Edmund Husserl \/\/ Questions de philosophie. M, 1992. N\u00b0 7.<\/p>\n<p align=\"justify\">10.<br \/>\n<em>Molchanov V.I.<\/em>\u00a0Temps et conscience. Critique de la philosophie ph\u00e9nom\u00e9nologique. M., 1988.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11.Molchanov V.I.<\/em>\u00a0Paradigmes de la conscience et structure de l&rsquo;exp\u00e9rience. \/\/Logos. M., 1992. N\u00b0 3.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12. Prechtl Pierre.<\/em>\u00a0Introduction \u00e0 la ph\u00e9nom\u00e9nologie de Husserl. Tomsk, 1999. 13.Husserliana. Edmond Husserl, Gesammelte Werke. Bd. I-XXXVI.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Edmund Husserl est n\u00e9 en 1859 \u00e0 Prosnitz (Moravie). Au cours de ses \u00e9tudes &#8211; \u00e0 partir de 1876 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Leipzig, \u00e0 partir de 1878 \u00e0 Berlin, \u00e0 partir de 1881 \u00e0 Vienne &#8211; il s&rsquo;int\u00e9resse principalement aux math\u00e9matiques, \u00e0 la physique et \u00e0 l&rsquo;astronomie. Parmi ses mentors universitaires figuraient les c\u00e9l\u00e8bres math\u00e9maticiens Leopold Kronecker et Karl Weierstrass. En 1882, Husserl&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/22\/husserl\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":852,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,50],"tags":[178,177],"class_list":{"0":"post-644","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-philosophie-moderne","9":"tag-faits","10":"tag-phenomenologie"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/644","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=644"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/644\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":958,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/644\/revisions\/958"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/852"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=644"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=644"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=644"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}