{"id":880,"date":"2024-06-28T21:00:16","date_gmt":"2024-06-28T18:00:16","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=880"},"modified":"2025-11-20T20:11:23","modified_gmt":"2025-11-20T17:11:23","slug":"postpositivisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/28\/postpositivisme\/","title":{"rendered":"Postpositivisme. La science est au service du pouvoir. Conventionalisme"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\">Ce terme est habituellement utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les travaux de plusieurs philosophes du milieu du XXe si\u00e8cle, se regroupant th\u00e9matiquement autour des questions de m\u00e9thodologie des sciences et repensant les concepts de rationalit\u00e9 classique. Parmi les repr\u00e9sentants les plus c\u00e9l\u00e8bres du postpositivisme: K. Popper, T. Kuhn, I. Lakatos, P. Feyerabend, M. Polanyi, K. H\u00fcbner. En fait, M. Foucault n&rsquo;est pas loin de ce mouvement de pens\u00e9e. Le postpositivisme tardif a donn\u00e9 naissance \u00e0 la sociologie des sciences.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/28\/postpositivisme\/postpozitivizm230624-2\/\" rel=\"attachment wp-att-881\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-881\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/postpozitivizm230624-1.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"162\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">En g\u00e9n\u00e9ral, le postpositivisme se caract\u00e9rise par une probl\u00e9matisation de la possibilit\u00e9 de la connaissance (non seulement scientifique, mais de toute sorte) &#8211; des doutes retenus sur le fait que les th\u00e9ories scientifiques refl\u00e8tent l&rsquo;\u00e9tat r\u00e9el des choses (Popper) jusqu&rsquo;aux d\u00e9clarations intransigeantes selon lesquelles la science est au service du pouvoir (Feyerabend ).<\/p>\n<p align=\"justify\">Le sch\u00e9ma g\u00e9n\u00e9ral de ce mouvement est le suivant. Ses origines se situent dans un domaine qui, \u00e0 premi\u00e8re vue, semble \u00e9loign\u00e9 de la philosophie: les math\u00e9matiques et la physique du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Le sujet central de compr\u00e9hension \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait le d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9e TO). Cette th\u00e9orie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e pour des conditions tr\u00e8s particuli\u00e8res, principalement pour des vitesses proches de la vitesse de la lumi\u00e8re. Cependant, dans son cadre, des r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 obtenus dont l&rsquo;interpr\u00e9tation philosophique g\u00e9n\u00e9rale a choqu\u00e9 les esprits: la relativit\u00e9 de la simultan\u00e9it\u00e9, l&rsquo;absence de temps absolu, l&rsquo;absence d&rsquo;espace absolu et immobile. Les caract\u00e9ristiques spatiales des corps, leur masse, etc. se sont \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9es relativis\u00e9es (\u00e0 un moment donn\u00e9, il semblait m\u00eame que la loi de conservation de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e9tait remise en question).<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est caract\u00e9ristique que tout cela au sens physique n&rsquo;affecte pas du tout notre monde, cependant, apr\u00e8s 100 ans, les formules m\u00e9taphysiques contenant le concept de relativisme se sont r\u00e9pandues non seulement pour d\u00e9crire notre monde, mais aussi pour formuler l&rsquo;\u00e9tat philosophique appropri\u00e9. Le relativisme \u00e0 partir d\u2019un r\u00e9sultat math\u00e9matique est devenu une prescription \u00e9thique et m\u00e9thodologique. CELA est descendu dans l\u2019esprit des masses et s\u2019est transform\u00e9 en un \u00c9tat postmoderne, perdant la qualit\u00e9 descriptive et acqu\u00e9rant la qualit\u00e9 de l\u2019id\u00e9ologie.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;ensemble de ce processus \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 la r\u00e9flexion philosophique de la science. La m\u00e9thodologie de la science et la r\u00e9flexion philosophique allaient de pair dans la m\u00eame direction.<\/p>\n<p align=\"justify\">Plusieurs r\u00e9ponses philosophiques \u00e0 la question de savoir comment se rapporter aux d\u00e9couvertes de TO ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es. N. Hartmann, par exemple, estimait que dans le cas de la th\u00e9orie technique, les math\u00e9matiques \u00e9taient mal appliqu\u00e9es \u00e0 un domaine dans lequel elles ne pouvaient pas fonctionner. Une autre r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par\u00a0<strong>Henri Poincar\u00e9<\/strong> (1854-1912): les concepts que nous utilisons sont essentiellement des accords, des conventions. Le d\u00e9veloppement de cette id\u00e9e, et elle est devenue largement connue, a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e conventionnalisme.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le conventionnel peut \u00e9galement \u00eatre appel\u00e9 l\u2019id\u00e9e selon laquelle les th\u00e9ories scientifiques r\u00e9sultent d\u2019un accord. Alors, en substance, le conventionnalisme co\u00efncide avec l\u2019instrumentalisme. Poincar\u00e9 adh\u00e8re au conventionnalisme des concepts, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il ne remet pas en question la th\u00e9orie, mais les concepts dans lesquels elle est formul\u00e9e. Sa relativisation des concepts r\u00e9v\u00e8le un d\u00e9sir de sauver la th\u00e9orie, associ\u00e9 \u00e0 son intuitionnisme \u2013 voir ci-dessous pour en savoir plus.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une autre r\u00e9ponse au d\u00e9fi de l\u2019OT a \u00e9t\u00e9 l\u2019instrumentalisme, qui a cependant une longue histoire. Ce nom a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle les th\u00e9ories elles-m\u00eames ne disent rien de la r\u00e9alit\u00e9; elles ne sont que des outils qui permettent de relier les faits observ\u00e9s, de formaliser leurs r\u00e9gularit\u00e9s observ\u00e9es et de faire des pr\u00e9dictions. Une compr\u00e9hension instrumentale de la th\u00e9orie a longtemps \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e en astronomie, \u00e0 la fois pour les th\u00e9ories qui ont ensuite \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es (la th\u00e9orie du p\u00e9ricycle) et pour celles qui ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es plus tard (la th\u00e9orie de Copernic). C&rsquo;est tout naturellement qu&rsquo;une interpr\u00e9tation instrumentaliste a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e pour TO.<\/p>\n<p align=\"justify\">Poincar\u00e9, r\u00e9fl\u00e9chissant sur sa propre cr\u00e9ativit\u00e9 math\u00e9matique, a tr\u00e8s clairement aiguis\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;intuition qui sous-tend toute th\u00e9orie. Selon lui, une th\u00e9orie n\u2019est qu\u2019une formalisation ult\u00e9rieure d\u2019une id\u00e9e intuitive initiale. Il l&rsquo;a illustr\u00e9 non seulement sur le mat\u00e9riel de TO, mais aussi sur le mat\u00e9riel de nombre de ses autres brillantes d\u00e9couvertes en math\u00e9matiques. Dans le m\u00eame temps, il faisait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019id\u00e9e alors \u00e0 la mode de l\u2019inconscient.<\/p>\n<p align=\"justify\">Plus tard, le mouvement de l\u2019intuitionnisme surgit en math\u00e9matiques et en logique, pour lequel les travaux de Poincar\u00e9 jouent le r\u00f4le de d\u00e9clencheur. L&rsquo;intuitionnisme \u00e9tait le reflet de l&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9ativit\u00e9 logique intuitive. Les intuitionnistes logiques et math\u00e9matiques exigeaient que pour qu\u2019un objet\/\u00e9nonc\u00e9 soit qualifi\u00e9 de vrai, sa construction et son origine devaient \u00eatre connues. Cette approche diff\u00e8re de la logique classique, qui fonctionne avec des \u00e9nonc\u00e9s d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un arri\u00e8re-plan contrastant avec le mouvement de pens\u00e9e d\u00e9sign\u00e9 est le positivisme logique (Cercle de Vienne. Voir chapitre pr\u00e9c\u00e9dent). Comme c\u2019est typique du positivisme en g\u00e9n\u00e9ral, le positivisme logique consid\u00e9rait les donn\u00e9es empiriques comme le mat\u00e9riau initial de la connaissance. La science, selon les positivistes logiques, devrait \u00eatre une g\u00e9n\u00e9ralisation correcte des faits. Ils ont d\u00e9clar\u00e9 que la m\u00e9taphysique n\u2019avait aucun sens. Ils consid\u00e9raient que le crit\u00e8re de l\u2019exactitude d\u2019une th\u00e9orie \u00e9tait sa correspondance avec les faits \u2013 la confirmabilit\u00e9, la v\u00e9rifiabilit\u00e9 (ce qu\u2019on appelle le justificationnisme empiriste). \u00c9tonnamment, ils n&rsquo;ont presque pas r\u00e9fl\u00e9chi au fait que leur propre positivisme logique n&rsquo;est en aucun cas une g\u00e9n\u00e9ralisation de faits, mais une prescription purement a priori, donc il ne constitue pas une science et, par cons\u00e9quent, n&rsquo;a aucun sens!<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Karl Raimund Popper<\/strong> (1902-1994) est n\u00e9 \u00e0 Vienne. Il a \u00e9tudi\u00e9 les sciences naturelles et la psychologie et se pr\u00e9pare \u00e0 devenir enseignant. Parall\u00e8lement, il \u00e9tait passionn\u00e9 de musique et souhaitait m\u00eame devenir musicien professionnel, mais il abandonna cette id\u00e9e, soup\u00e7onnant qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas assez talentueux. Il ne s&rsquo;int\u00e9ressait pas professionnellement \u00e0 la philosophie, mais gr\u00e2ce \u00e0 sa minutie inh\u00e9rente, il la ma\u00eetrisait parfaitement. Dans sa jeunesse, il a particip\u00e9 au travail social avec Adler, disciple de Freud. Gr\u00e2ce \u00e0 lui, il fait la connaissance de la psychanalyse, qui joue plus tard un r\u00f4le important dans son id\u00e9e de la falsifiabilit\u00e9 comme crit\u00e8re de scientificit\u00e9. Les vues de Popper sur l&rsquo;essence de la connaissance scientifique se sont form\u00e9es sous l&rsquo;influence des id\u00e9es de Poincar\u00e9 et dans la pol\u00e9mique avec le positivisme logique. Il emprunte \u00e0 Poincar\u00e9 l\u2019id\u00e9e selon laquelle la cr\u00e9ativit\u00e9 scientifique repose sur la perspicacit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire que l\u2019acte cognitif primaire est la formulation d\u2019une hypoth\u00e8se. Les th\u00e9ories sur lesquelles les positivistes logiques ont \u00e9crit sont des th\u00e9ories inductives du point de vue de la logique \u2013 d\u00e9rivant des \u00e9nonc\u00e9s g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 partir d&rsquo;\u00e9nonc\u00e9s individuels. Popper formule ses objections aux positivistes logiques sous la forme d&rsquo;une critique de l&rsquo;induction, soulignant que du point de vue logique, cette op\u00e9ration est ill\u00e9gale. Popper souligne une asym\u00e9trie fondamentale: un seul fait suffit \u00e0 r\u00e9futer n\u2019importe quelle th\u00e9orie (ainsi que toute affirmation g\u00e9n\u00e9rale comme \u00abTous les A sont des B\u00bb), mais aucun nombre de faits ne peut prouver une th\u00e9orie. Il est \u00e9galement ill\u00e9gal, souligne-t-il, d&rsquo;accepter une th\u00e9orie uniquement sur la base de sa v\u00e9rification (confirmation).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, selon Popper, une th\u00e9orie ne peut pas \u00eatre confirm\u00e9e de mani\u00e8re convaincante, mais elle peut \u00eatre r\u00e9fut\u00e9e. Pour qu\u2019une th\u00e9orie soit r\u00e9fut\u00e9e, une seule r\u00e9futation suffit. Popper qualifie de falsification la r\u00e9futation d&rsquo;une th\u00e9orie par un simple fait.<\/p>\n<p align=\"justify\">Popper est optimiste quant aux progr\u00e8s des connaissances. Popper voit l&rsquo;\u00e9volution des connaissances scientifiques comme suit: \u00e9mettre des hypoth\u00e8ses &#8211; leur r\u00e9futation &#8211; \u00e9mettre de nouvelles hypoth\u00e8ses, etc. Si Poincar\u00e9, en expliquant d&rsquo;o\u00f9 viennent les hypoth\u00e8ses, faisait r\u00e9f\u00e9rence au travail de l&rsquo;inconscient, Popper laisse ce probl\u00e8me sans r\u00e9ponse.<\/p>\n<p align=\"justify\">Selon Popper, il est extr\u00eamement improbable qu\u2019une hypoth\u00e8se soit exacte \u00e0 100 %. Il n&rsquo;y croit m\u00eame pas en principe; selon Popper, la connaissance humaine est vou\u00e9e \u00e0 rester imparfaite (il appelle ce postulat le faillibilisme). Popper a qualifi\u00e9 son mod\u00e8le de croissance des connaissances d&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie \u00e9volutionniste, car la formulation d&rsquo;hypoth\u00e8ses et la s\u00e9lection ult\u00e9rieure des plus \u00abadapt\u00e9es\u00bb &#8211; celles qui restent infalsifiables le plus longtemps &#8211; lui ont rappel\u00e9 l&rsquo;\u00e9volution darwinienne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Tout comme l&rsquo;\u00e9volution, selon lui, conduit \u00e0 des progr\u00e8s dans l&rsquo;organisation et le d\u00e9veloppement des organismes, de m\u00eame dans le processus d&rsquo;\u00e9volution des th\u00e9ories scientifiques, les meilleures d&rsquo;entre elles survivent, ce qui nous permet g\u00e9n\u00e9ralement de parler de croissance de la connaissance et de la compr\u00e9hension.<\/p>\n<p align=\"justify\">Popper a une attitude n\u00e9gative envers le conventionnalisme et l&rsquo;instrumentalisme. Il a d\u00e9clar\u00e9 l&rsquo;instrumentalisme incompatible avec l&rsquo;esprit de la recherche scientifique. Il est impossible d\u2019appliquer le crit\u00e8re scientifique de falsifiabilit\u00e9 \u00e0 une th\u00e9orie qui se d\u00e9clare instrument. Un outil th\u00e9orique ne peut pas \u00eatre en conflit avec les faits et peut tout simplement ne pas \u00eatre applicable dans aucun domaine. (Un bon exemple est donn\u00e9 par le commentateur national A.L. Nikiforov: si j&rsquo;ai essay\u00e9 de me raser avec une hache et que j&rsquo;ai \u00e9chou\u00e9, alors je ne d\u00e9clare pas la hache \u00abg\u00e9n\u00e9ralement falsifi\u00e9e\u00bb; elle continue de rester ad\u00e9quate dans son propre domaine: couper du bois (voir 9: 63) On peut raisonner de cette fa\u00e7on parce qu\u2019une hache n\u2019est pas une th\u00e9orie. Selon Popper, si elle \u00e9choue dans son application \u00e0 un fait, elle est falsifi\u00e9e \u00aben g\u00e9n\u00e9ral\u00bb). Pour Popper, et c\u2019est tr\u00e8s important, les th\u00e9ories ne sont pas des accords, ni des outils, mais des tentatives sinc\u00e8res pour expliquer le monde. C\u2019est seulement \u00e0 cette condition qu\u2019ils pourront constituer des \u00e9tapes sur la voie d\u2019une croissance sans fin de la connaissance humaine. Avec cette approche, il vaut mieux avoir une th\u00e9orie compl\u00e8tement fausse, mais avanc\u00e9e avec s\u00e9rieux, qu&rsquo;une th\u00e9orie qui s&rsquo;av\u00e8re correcte par hasard, bien qu&rsquo;elle soit pr\u00e9sent\u00e9e comme conventionnaliste, pour des raisons de commodit\u00e9. la d\u00e9marcation joue un r\u00f4le tr\u00e8s important dans son raisonnement. Ce probl\u00e8me a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9 par les positivistes logiques, qui ont tent\u00e9 de trouver un crit\u00e8re permettant de distinguer la \u00abvraie\u00bb science de la m\u00e9taphysique. Selon Popper, ils l\u2019ont mal r\u00e9solu. Pour eux, ce crit\u00e8re (essentiellement le crit\u00e8re de l&#8217;empirisme) \u00e9tait que la th\u00e9orie devait \u00eatre bas\u00e9e sur des faits. Cependant, quelqu\u2019un qui n\u2019accepte g\u00e9n\u00e9ralement pas la validit\u00e9 des constructions inductives ne peut adh\u00e9rer \u00e0 ce crit\u00e8re. Popper propose la falsifiabilit\u00e9 comme crit\u00e8re du caract\u00e8re empirique\/scientifique d\u2019une th\u00e9orie. La th\u00e9orie doit \u00eatre construite de mani\u00e8re \u00e0 interdire certains types d\u2019\u00e9v\u00e9nements \u2013 alors la d\u00e9couverte de tels \u00e9v\u00e9nements fausse clairement la th\u00e9orie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Popper qualifie les th\u00e9ories non falsifiables de \u00abm\u00e9taphysiques\u00bb, empruntant la terminologie au Cercle de Vienne. Contrairement aux positivistes logiques, il ne consid\u00e9rait pas comme d\u00e9nu\u00e9es de sens toute d\u00e9claration non falsifiable. De plus, selon son crit\u00e8re, m\u00eame les d\u00e9clarations factuelles ordinaires du type \u00abA existe\u00bb se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00abm\u00e9taphysiques\u00bb, car elles ne peuvent \u00eatre r\u00e9fut\u00e9es empiriquement. Il a \u00e9galement trait\u00e9 sans condamnation la m\u00e9taphysique au sens propre du terme, c\u2019est-\u00e0-dire les constructions philosophiques sp\u00e9culatives. Il a lui-m\u00eame cr\u00e9\u00e9 plusieurs th\u00e9ories m\u00e9taphysiques (voir ci-dessous).<\/p>\n<p align=\"justify\">Ce que Popper d\u00e9sapprouvait, ce sont les th\u00e9ories qui pr\u00e9tendent \u00eatre scientifiques mais ne peuvent \u00eatre falsifi\u00e9es dans la pratique. Il cite la psychanalyse comme exemple. Il \u00e9crit que quelles que soient les donn\u00e9es exp\u00e9rimentales, la psychanalyse est capable de toutes les expliquer, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il est en principe impossible de proposer une situation qui les r\u00e9futerait. La th\u00e9orie de Freud, pour ainsi dire, peut parfaitement sortir de n&rsquo;importe quelle situation.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il \u00e9crit: \u00abJe peux illustrer cela avec deux exemples de comportement humain tr\u00e8s diff\u00e9rents: le comportement d\u2019une personne poussant un enfant dans l\u2019eau avec l\u2019intention de le noyer, et le comportement d\u2019une personne sacrifiant sa vie pour tenter de sauver cet enfant. Selon Adler, la premi\u00e8re personne souffre d&rsquo;un sentiment d&rsquo;inf\u00e9riorit\u00e9 (qui l&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 se prouver qu&rsquo;elle est capable d&rsquo;oser commettre un crime), la m\u00eame chose arrive \u00e0 la seconde (qui a besoin de se prouver qu&rsquo;elle est capable d&rsquo;oser commettre un crime) il est capable de sauver un enfant).<\/p>\n<p align=\"justify\">Il interpr\u00e8te le marxisme de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il d\u00e9clare \u00e9galement que le conventionnalisme est incompatible avec son mod\u00e8le. Il lui reproche que les th\u00e9ories conventionnalistes, afin d&rsquo;\u00e9viter toute r\u00e9futation, en cas de falsification, soient prot\u00e9g\u00e9es en avan\u00e7ant des hypoth\u00e8ses ad hoc (adapt\u00e9es au cas donn\u00e9). Il n\u2019est pas tout \u00e0 fait clair si cela d\u00e9coule de l\u2019essence interne du conventionnalisme, ou si Popper l\u2019a d\u00e9duit d\u2019observations de la pratique r\u00e9elle de ceux qui soutiennent des vues conventionnalistes.<\/p>\n<p align=\"justify\">En g\u00e9n\u00e9ral, la position de Popper sur la science peut \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e comme un appel \u00e0 s&rsquo;efforcer de comprendre le monde, \u00e0 faire preuve d&rsquo;audace dans la formulation d&rsquo;hypoth\u00e8ses, sans piti\u00e9 dans leur r\u00e9futation (comme le dit Lakatos) et \u00e0 ne pas succomber aux tentations du conventionnalisme et de l&rsquo;instrumentalisme.<\/p>\n<p align=\"justify\">En plus de la philosophie des sciences, Popper est connu comme philosophe social, auteur du livre \u00abLa soci\u00e9t\u00e9 ouverte et ses ennemis\u00bb. Il explore les origines philosophiques du totalitarisme. Le livre \u00abConnaissance objective. L&rsquo;approche \u00e9volutionniste\u00a0\u00bb est pr\u00e9sent\u00e9e de mani\u00e8re originale &#8211; mais tout \u00e0 fait dans l&rsquo;esprit de la philosophie de la fin du XXe si\u00e8cle. \u2014 le concept de trois mondes autonomes: 1). le monde des objets physiques; 2). le monde des \u00e9tats de conscience; 3). monde d\u2019id\u00e9es\/th\u00e9ories. Ce concept repr\u00e9sente un pont logique entre le platonisme traditionnel et la th\u00e9orie postmoderne \u00e0 la mode de l\u2019autonomie du discours.<\/p>\n<p align=\"justify\">Avec J. Eccles, Popper a \u00e9crit le livre The Self and Its Brain, dans lequel il aborde les th\u00e8mes de l&rsquo;interaction entre l&rsquo;\u00e2me et le corps dans une perspective dualiste. Il pose la question du libre arbitre et de la compatibilit\u00e9 de cette libert\u00e9 avec l&rsquo;organisation neuronale du cerveau, niant le d\u00e9terminisme naturel dans le domaine de la volont\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">En 1962, fut publi\u00e9 le livre\u00a0<strong>de Thomas Kuhn<\/strong> (1922-1996) \u00abLa structure des r\u00e9volutions scientifiques\u00bb, qui constitue l\u2019\u00e9tape suivante vers une attitude critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019interpr\u00e9tation positiviste de la connaissance scientifique. Kuhn adopte une approche historique, en accordant une grande attention \u00e0 l\u2019histoire r\u00e9elle de la science. \u00c0 premi\u00e8re vue, son livre ne regorge pas de d\u00e9clarations philosophiques, mais le concept de \u00abparadigme scientifique\u00bb introduit par lui porte une force destructrice cach\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du progr\u00e8s de la connaissance scientifique.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;id\u00e9e de Kuhn est la suivante: le d\u00e9veloppement des connaissances scientifiques n&rsquo;est pas cumulatif. Elle est de nature non lin\u00e9aire et constitu\u00e9e d&rsquo;\u00e9tapes qui se caract\u00e9risent non seulement par un certain d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie scientifique elle-m\u00eame, mais aussi par l&rsquo;organisation de l&rsquo;activit\u00e9 scientifique propre \u00e0 chaque \u00e9tape. Il identifie une \u00e9tape \u00abpr\u00e9-paradigme\u00bb, puis une s\u00e9rie de p\u00e9riodes successives de d\u00e9veloppement normal et de crises.<\/p>\n<p align=\"justify\">0. L&rsquo;\u00e9tat \u00abpr\u00e9-paradigme\u00bb d&rsquo;un certain domaine de la connaissance se caract\u00e9rise par un manque d&rsquo;unit\u00e9 et la pr\u00e9sence de nombreuses \u00e9coles.<\/p>\n<p align=\"justify\">1. Puis le paradigme appara\u00eet. Kuhn utilise le plus souvent ce mot pour d\u00e9crire la th\u00e9orie scientifique \u00e0 laquelle adh\u00e8rent la plupart des scientifiques. Il y a deux conditions n\u00e9cessaires pour qu&rsquo;une th\u00e9orie devienne un paradigme: elle doit \u00eatre a) \u00absans pr\u00e9c\u00e9dent\u00bb afin d&rsquo;absorber des alternatives; b) suffisamment ouvert pour que les probl\u00e8mes de d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur puissent \u00eatre trouv\u00e9s dans son cadre. Kuhn qualifie la p\u00e9riode de domination du paradigme de science normale. Durant la p\u00e9riode scientifique normale, une croissance cumulative des connaissances est possible. Le paradigme est d\u00e9crit en termes g\u00e9n\u00e9raux dans les manuels.<\/p>\n<p align=\"justify\">La p\u00e9riode de la \u00abscience normale\u00bb se caract\u00e9rise principalement par le fait que les scientifiques ont une confiance totale dans le paradigme dans lequel ils travaillent, et si une \u00e9nigme ne peut \u00eatre r\u00e9solue, ils ne remettent pas en question ce paradigme. Le plus souvent, ils supposent qu\u2019ils ne disposent pas de suffisamment de donn\u00e9es ou qu\u2019ils ne sont pas suffisamment \u00e9quip\u00e9s pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me. Peut-\u00eatre proposent-ils quelques ajouts au paradigme \u2013 des \u00abhypoth\u00e8ses ad hoc\u00bb selon Popper.<\/p>\n<p align=\"justify\">2. Les \u00e9nigmes non r\u00e9solues s\u2019accumulent; le paradigme cesse d\u2019expliquer de mani\u00e8re satisfaisante les nouveaux faits. Les scientifiques cessent d\u2019attribuer les \u00e9checs \u00e0 leurs propres probl\u00e8mes et remettent en question le paradigme. Une crise survient, puis une r\u00e9volution survient ; une nouvelle th\u00e9orie appara\u00eet, est reconnue et devient un paradigme. Le signe le plus frappant en est la r\u00e9daction de nouveaux manuels.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans la deuxi\u00e8me \u00e9dition de son livre, Kuhn s&rsquo;attarde plus en d\u00e9tail sur l&rsquo;analyse de l&rsquo;essence philosophique du paradigme. Si dans la premi\u00e8re version son paradigme est une th\u00e9orie, g\u00e9n\u00e9ralement un livre classique, dont les principes n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s depuis longtemps (par exemple, \u00abPhysique\u00bb d&rsquo;Aristote, \u00abPrincipia\u00bb de Newton), alors dans la deuxi\u00e8me version le paradigme est compris de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ensemble de r\u00e8gles qui guident la communaut\u00e9 scientifique dans la fixation d&rsquo;objectifs. Un paradigme est aussi un sch\u00e9ma explicatif, des r\u00e8gles d&rsquo;interpr\u00e9tation des r\u00e9sultats. Parfois, Kuhn remplace le concept de \u00abparadigme\u00bb par d&rsquo;autres, par exemple le concept de \u00abmatrice disciplinaire\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Ainsi, le contenu philosophique de la th\u00e9orie de Kuhn est que la science n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e comme un processus d&rsquo;accumulation de connaissances, mais plut\u00f4t comme un ensemble de moyens de l&rsquo;obtenir et de l&rsquo;interpr\u00e9ter. Kuhn est plus sceptique quant au progr\u00e8s que Popper, dont la lutte concurrentielle entre th\u00e9ories a conduit \u00e0 la survie des meilleurs. Le concept de paradigme repose sur l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une absence totale de progr\u00e8s. Certes, il convient de noter que Kuhn lui-m\u00eame n\u2019a pas formul\u00e9 cette id\u00e9e (Kuhn a \u00e9vit\u00e9 les conclusions radicales et a sp\u00e9cifiquement indiqu\u00e9 qu\u2019il consid\u00e9rait le progr\u00e8s comme partie int\u00e9grante de la science). Cependant, il \u00e9crit sur l\u2019incomparabilit\u00e9 fondamentale des paradigmes, ce qui rend leur comparaison en mati\u00e8re de progressivit\u00e9 d\u00e9nu\u00e9e de sens. Cette id\u00e9e sera ensuite pouss\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa conclusion logique par Feyerabend. \u00c0 mesure que le paradigme devient la base de l\u2019interpr\u00e9tation des faits, chaque nouveau paradigme se consid\u00e8re meilleur que les pr\u00e9c\u00e9dents. Il peut sembler qu&rsquo;elle les inclut, devient leur extension, et qu&rsquo;ils en sont les \u00abcas limites\u00bb (c&rsquo;est ce qu&rsquo;on dit habituellement de la relation entre la m\u00e9canique newtonienne et la th\u00e9orie de la relativit\u00e9: la premi\u00e8re est le cas limite de la seconde). Toutefois, ce n&rsquo;est pas necessairement le cas. Les anciens paradigmes pourraient contenir des pens\u00e9es pr\u00e9cieuses que le nouveau ne contient pas, et impliquer la possibilit\u00e9 de chercher dans des directions ferm\u00e9es dans le nouveau. La th\u00e9orie de Kuhn contenait les germes de la philosophie relativiste des sciences qui a \u00e9merg\u00e9 plus tard.<\/p>\n<p align=\"justify\">Il est curieux que la th\u00e9orie de Kuhn soit devenue un paradigme typique pour ses adeptes, se confirmant ainsi en partie (montrant m\u00eame qu&rsquo;il existe des paradigmes non seulement dans la science empirique, mais aussi en philosophie, sur lesquels Kuhn n&rsquo;a pas \u00e9crit), et en partie r\u00e9futant, ou plut\u00f4t limitant (c&rsquo;est-\u00e0-dire d\u00e9montrer que la doctrine des paradigmes, \u00e9tant elle-m\u00eame un paradigme, est aussi limit\u00e9e que n&rsquo;importe quel paradigme, et implique certainement des alternatives \u00e0 elle-m\u00eame).<\/p>\n<p align=\"justify\">Le vrai nom d&rsquo;\u00a0<strong>Imre Lakatos<\/strong> (1922-1974) est Lipschitz. Il est n\u00e9 \u00e0 Budapest. Il prit le pseudonyme de Lakatos (en hongrois \u00abcharpentier\u00bb), travailla dans la fonction publique et fut r\u00e9prim\u00e9 pour des raisons politiques. Apr\u00e8s sa sortie de prison en 1956, il parvient \u00e0 \u00e9migrer en Angleterre et se retrouve avec Popper, dont il devient l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lakatos d\u00e9veloppe l&rsquo;id\u00e9e de Popper d&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie \u00e9volutionniste, selon laquelle les th\u00e9ories falsifi\u00e9es sont remplac\u00e9es par d&rsquo;autres, qui jusqu&rsquo;\u00e0 un certain point s&rsquo;av\u00e8rent non falsifi\u00e9es, puis remplac\u00e9es par la suivante, etc. Dans cette version, ce sch\u00e9ma est progressiste, et les nouvelles tendances de l\u2019\u00e9poque exigeaient un scepticisme accru \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la science. De plus, apr\u00e8s Kuhn, dont le livre \u00e9tait extr\u00eamement richement illustr\u00e9 d&rsquo;exemples tir\u00e9s de l&rsquo;histoire des sciences, la philosophie des sciences est pass\u00e9e de plus en plus de la construction d&rsquo;une m\u00e9thodologie id\u00e9ale \u00e0 l&rsquo;analyse de la pratique et de la th\u00e9orie r\u00e9elles des sciences, et cette r\u00e9alit\u00e9 ne correspond pas au sch\u00e9ma de Popper. C\u2019est pourquoi Lakatos qualifie la premi\u00e8re version de la th\u00e9orie de Popper de \u00abfalsificationnisme na\u00eff\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans une version plus sophistiqu\u00e9e, le m\u00eame sch\u00e9ma (il attribue \u00e9galement son id\u00e9e \u00e0 Popper, mais Popper ne l&rsquo;a pas d\u00e9velopp\u00e9) ressemble \u00e0 ceci. Une th\u00e9orie scientifique d\u00e9velopp\u00e9e se compose d&rsquo;un \u00abnoyau dur\u00bb et d&rsquo;une \u00abceinture de protection\u00bb. Le noyau solide d\u2019une th\u00e9orie comprend des dispositions qui lui sont fondamentales, dont la falsification n\u00e9cessite l\u2019abandon de la th\u00e9orie. La ceinture de protection est constitu\u00e9e de dispositions et d&rsquo;hypoth\u00e8ses adopt\u00e9es pour prot\u00e9ger le noyau solide ad hoc (Popper n&rsquo;a pas reconnu de telles hypoth\u00e8ses). La ceinture de protection peut ainsi changer sans changer le noyau solide; le noyau solide et la ceinture de protection sont m\u00e9thodologiquement h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le mod\u00e8le de Lakatos est plus complexe que celui de Popper. Il cesse donc de parler simplement de th\u00e9orie et introduit la notion de programme de recherche. Chaque programme contient dans son noyau solide un potentiel cr\u00e9atif &#8211; la perspective de poser des probl\u00e8mes et de nouvelles hypoth\u00e8ses originales (Lakatos l&rsquo;appelle \u00abheuristique positive\u00bb). Dans le processus de d\u00e9finition et de r\u00e9solution de ces nouveaux probl\u00e8mes, une certaine transformation du programme peut \u00eatre n\u00e9cessaire, dont la n\u00e9cessit\u00e9 est assum\u00e9e par la ceinture de protection. C&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on proc\u00e8de \u00e0 certaines modifications de l&rsquo;ensemble du programme de recherche, pour le faire avancer. Lakatos parle d\u2019un \u00abchangement positif dans les probl\u00e8mes\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire o la capacit\u00e9 d&rsquo;un programme de recherche \u00e0 produire de nouvelles connaissances empiriques. La capacit\u00e9 de faire une diff\u00e9rence positive est ce qui distingue un programme de recherche productif et qui fonctionne bien. Parall\u00e8lement, la ceinture de protection est \u00e9galement constitu\u00e9e d&rsquo;hypoth\u00e8ses introduites pour prot\u00e9ger le noyau solide des falsifications fatales; Essentiellement, de telles hypoth\u00e8ses ne sont pas cr\u00e9atives, elles constituent une sorte de lest de programme (Lakatos appelle cela \u00abl\u2019heuristique n\u00e9gative\u00bb). Lorsque la part des heuristiques n\u00e9gatives d\u00e9passe les heuristiques positives, le programme entre dans un \u00e9tat de stagnation et de crise. Un \u00abd\u00e9placement r\u00e9gressif des probl\u00e8mes\u00bb se produit.<\/p>\n<p align=\"justify\">La prochaine \u00e9tape de Lakatos vers la construction de sa philosophie des sciences consistait \u00e0 se tourner vers l&rsquo;histoire des sciences. Sa th\u00e9orie de l&rsquo;histoire des sciences est n\u00e9e d&rsquo;une pol\u00e9mique avec Kuhn, dont Lakatos consid\u00e8re les id\u00e9es trop irrationnelles. En reconstruisant l\u2019histoire des sciences, il introduit deux parties \u2013 interne et externe, comme deux parties d\u2019un programme de recherche. L\u2019histoire interne des sciences consiste en une histoire des id\u00e9es scientifiques qui peuvent \u00eatre reconstruites rationnellement sur la base d\u2019une analyse des id\u00e9es elles-m\u00eames. L&rsquo;histoire externe comprend des facteurs \u00ab\u00e9trangers\u00bb du point de vue de la logique des id\u00e9es &#8211; d&rsquo;une part, des accidents, qui sont nombreux dans toute histoire, y compris l&rsquo;histoire des sciences, et d&rsquo;autre part, des influences externes sur la science, par exemple de la culture, la politique et ainsi de suite.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lakatos consid\u00e8re quatre types de plates-formes philosophiques sur la base desquelles on peut construire \u00e0 la fois la philosophie des sciences et son histoire. En m\u00eame temps, il souligne que seule cette plate-forme est bonne pour construire une philosophie des sciences efficace pour reconstruire sa v\u00e9ritable histoire. Ces types:<\/p>\n<p align=\"justify\">1. Inductivisme (il utilise parfois le terme \u00abjustificationnisme\u00bb dans un sens similaire);<\/p>\n<p align=\"justify\">2. Conventionalisme (le plus simple est choisi parmi les th\u00e9ories appropri\u00e9es);<\/p>\n<p align=\"justify\">3. Falsificationnisme (sous une forme na\u00efve);<\/p>\n<p align=\"justify\">4. Sa propre m\u00e9thodologie pour les programmes de recherche. Il est facile de montrer, \u00e9crit Lakatos, que les trois premi\u00e8res plates-formes ne sont pas adapt\u00e9es \u00e0 la reconstruction de l&rsquo;histoire r\u00e9elle de la science, puisque la science ne s&rsquo;est jamais d\u00e9velopp\u00e9e ni selon les lois de l&rsquo;inductivisme, ni selon les lois du conventionnalisme, ni selon les lois du conventionnalisme prescriptions du falsificationnisme popp\u00e9rien. Selon Lakatos, sur la base de la m\u00e9thodologie des programmes de recherche, l\u2019histoire des sciences peut \u00eatre reconstruite. Cette m\u00e9thodologie est plus complexe et donc plus flexible; elle permet de nombreux \u00e9carts par rapport au chemin qui semble r\u00e9trospectivement optimal, mais ne d\u00e9clare pas irrationnel un mouvement non optimal. Ce qui rendait la m\u00e9thode historique de Lakatos particuli\u00e8rement flexible \u00e9tait sa distinction entre l&rsquo;histoire interne et externe de la science; bien que le concept m\u00eame de programme de recherche soit si r\u00e9aliste et flexible qu\u2019il permet d\u2019inclure dans l\u2019histoire interne ce qui, avec des m\u00e9thodologies plus rigides (notamment inductivistes), devrait in\u00e9vitablement \u00eatre attribu\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire externe. C\u2019est par exemple le cas de la contradiction entre ce que pr\u00e9dit la th\u00e9orie et ce qui est r\u00e9ellement observ\u00e9. Du point de vue des trois autres m\u00e9thodologies, le d\u00e9veloppement par les scientifiques d\u2019une th\u00e9orie autorisant de telles contradictions doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 irrationnel. Mais comme la m\u00e9thodologie des programmes de recherche distingue un noyau dur et une ceinture de protection dans une th\u00e9orie, elle peut situer la contradiction dans le domaine de la ceinture de protection et montrer \u00e0 juste titre que souvent une contradiction avec les faits stimule le d\u00e9veloppement de la th\u00e9orie et contribue \u00e0 un \u00abchangement positif\u00bb du programme. Lakatos va jusqu\u2019\u00e0 \u00e9crire: \u00abToute th\u00e9orie na\u00eet dans un oc\u00e9an de contradictions\u00bb et ne trouve pas cette position contraire \u00e0 la rationalit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Lakatos voulait cr\u00e9er une th\u00e9orie de la science qui, d\u2019une part, correspondrait aux canons de la rationalit\u00e9 au sens large du terme, c\u2019est-\u00e0-dire permettrait de consid\u00e9rer la science comme un instrument de connaissance et d\u2019approche de la v\u00e9rit\u00e9. En cela, il suit Popper. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, il cherchait \u00e0 garantir que sa th\u00e9orie des sciences, lorsqu\u2019elle \u00e9tait appliqu\u00e9e \u00e0 la reconstruction de l\u2019histoire des sciences, n\u2019allait pas \u00e0 l\u2019encontre de la r\u00e9alit\u00e9. La r\u00e9alit\u00e9 de la science n\u2019est pas simple. La solution propos\u00e9e par Lakatos \u2013 consid\u00e9rer les programmes de recherche plut\u00f4t que les th\u00e9ories scientifiques \u2013 est difficile, du moins plus difficile que les mod\u00e8les simplifi\u00e9s de nombreux autres philosophes des sciences. Mais apparemment, parmi tous les enseignements rationnels sur l\u2019essence de la science, celui-ci peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme optimal.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bien que\u00a0<strong>Paul (Paul) Feyerabend<\/strong> (1924-1994) soit un contemporain et un pair de Lakatos et de Kuhn, ses opinions sur la th\u00e9orie des sciences sont beaucoup plus proches de l\u2019id\u00e9ologie du postmodernisme, avec son scepticisme caract\u00e9ristique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9. Ils repr\u00e9sentent une tentative de mener \u00e0 leur conclusion logique les chemins de pens\u00e9e qui lui ont \u00e9t\u00e9 trac\u00e9s. Contrairement aux penseurs \u00e9voqu\u00e9s plus haut, Feyerabend est un anti-scientifique. Il ne voit aucun bien dans le progr\u00e8s scientifique et technologique et a tendance \u00e0 souligner les maux que la science et ses applications peuvent entra\u00eener, de la pollution de l&rsquo;environnement \u00e0 l&rsquo;expulsion des types de connaissances \u00abpr\u00e9-scientifiques\u00bb et \u00e0 la perte des id\u00e9es pr\u00e9cieuses qui peuvent avoir y ont \u00e9t\u00e9 contenus. C&rsquo;est un repr\u00e9sentant typique des ann\u00e9es soixante, rempli de sentiments rebelles \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de tout ce que permet une mentalit\u00e9 rebelle. Cette position concernant la valeur de la science lui donne l&rsquo;occasion de critiquer sa faiblesse dans la connaissance de la v\u00e9rit\u00e9 plus librement et plus impitoyablement que ne pouvaient le faire ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n<p align=\"justify\">Si Lakatos poursuit la lign\u00e9e de Popper, alors Feyerabend poursuit la lign\u00e9e de Kuhn. Il lui reprend le concept de paradigme &#8211; sans se lasser de critiquer ce concept, mais \u00e9carte toute r\u00e9flexion sur la possibilit\u00e9 d&rsquo;un progr\u00e8s cognitif. Il d\u00e9veloppe l&rsquo;id\u00e9e de l&rsquo;incommensurabilit\u00e9 fondamentale et de l&rsquo;incomparabilit\u00e9 des paradigmes. Feyerabend apporte de nombreux arguments en faveur de cette incomparabilit\u00e9. Par exemple, souligne-t-il, les th\u00e9ories ont toujours une influence inverse sur les faits observ\u00e9s (Popper avait aussi cette id\u00e9e); dans diff\u00e9rentes th\u00e9ories, m\u00eame les termes apparemment identiques re\u00e7oivent des d\u00e9finitions diff\u00e9rentes; les deux th\u00e9ories n\u2019ont pas de \u00absubstance\u00bb commune, pour ainsi dire, o\u00f9 elles pourraient se rencontrer pour se comparer. Ils ne peuvent pas se battre avec des arguments, car ils sont fondamentalement incapables de comprendre les arguments de chacun. Leur champ de lutte est extra-scientifique et extra-rationnel (par exemple la mode). Feyerabend \u00e9crit de mani\u00e8re perspicace sur l\u2019impossibilit\u00e9 de cr\u00e9er un langage unifi\u00e9 et clair pour la science, ce \u00e0 quoi luttaient les positivistes logiques. Il est m\u00eame possible, note-t-il, qu&rsquo;une d\u00e9finition explicite modifie le sens du mot d\u00e9fini. Les significations des mots et des phrases deviennent encore plus diff\u00e9rentes &#8211; incl. propositions d&rsquo;observation &#8211; en fonction de diff\u00e9rents contextes, charge th\u00e9orique, etc. (cette id\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 apparue dans Popper).<\/p>\n<p align=\"justify\">Comme deux principes par lesquels le d\u00e9veloppement de la science peut \u00eatre d\u00e9crit, Feyerabend propose le principe de prolif\u00e9ration (reproduction) des hypoth\u00e8ses et le principe de persistance de la th\u00e9orie. Il partage l\u2019opinion de Kuhn selon laquelle il existe des p\u00e9riodes de d\u00e9veloppement normal de la science et des p\u00e9riodes de r\u00e9volution. La persistance de la th\u00e9orie est caract\u00e9ristique des premi\u00e8res p\u00e9riodes, la prolif\u00e9ration des hypoth\u00e8ses &#8211; pour la seconde. La pers\u00e9v\u00e9rance, d\u2019une part, et la prolif\u00e9ration, d\u2019autre part, constituent g\u00e9n\u00e9ralement une sorte de dialectique. Mais Feyerabend ne fait pas d\u00e9pendre cette dialectique de l\u2019accord de la th\u00e9orie avec les faits. Il n&rsquo;\u00e9crit pas, par exemple, que la prolif\u00e9ration des hypoth\u00e8ses commence \u00e0 la suite d&rsquo;une crise de la th\u00e9orie, due au fait que la th\u00e9orie cesse d&rsquo;expliquer de nouvelles observations, etc. La lutte de la persistance contre la prolif\u00e9ration est l&rsquo;essence interne de la science. Il s&rsquo;agit pour ainsi dire d&rsquo;un jeu de passions scientifiques qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;objet de la connaissance. \u00c0 cet \u00e9gard, il semble naturel que Feyerabend se tourne vers la mise en \u0153uvre sociale de la science, vers son organisation du point de vue de la r\u00e9partition du pouvoir, des influences id\u00e9ologiques, etc. Feyerabend pose d\u2019abord la question : qu\u2019est-ce que la science en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne culturel, social et politique? Il donne lui-m\u00eame des r\u00e9ponses typiquement anti-scientifiques, par exemple, \u00e9crit-il: \u00abLib\u00e9rons la soci\u00e9t\u00e9 du pouvoir de la science, tout comme nos anc\u00eatres nous ont lib\u00e9r\u00e9s du pouvoir de la Seule Vraie Religion.\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">Une large branche de la sociologie empirique &#8211; la sociologie des sciences &#8211; s&rsquo;inscrit naturellement dans cette m\u00eame ligne, pensant la science comme un ph\u00e9nom\u00e8ne social, et non comme un organe de compr\u00e9hension de la v\u00e9rit\u00e9, dont les caract\u00e9ristiques devraient \u00eatre d\u00e9duites de son sujet. La ligne Kuhn-Feyerabend de sociologie des sciences d\u00e9rive les caract\u00e9ristiques de la science non pas des caract\u00e9ristiques du sujet scientifique, mais de ceux qui y travaillent et de leurs communaut\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les th\u00e9ories de Popper, Lakatos, Kuhn et Feyerabend ont \u00e9t\u00e9 bri\u00e8vement discut\u00e9es ci-dessus. Bien entendu, la liste des penseurs qui, au milieu et au d\u00e9but de la seconde moiti\u00e9 du XXe si\u00e8cle, ne se limite pas \u00e0 eux. repens\u00e9 la philosophie classique des sciences.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Michael Polanyi<\/strong> (1981 &#8211; 1976) a introduit le concept de \u00abconnaissance tacite\u00bb, toujours pr\u00e9sente dans le travail d&rsquo;un scientifique et pouvant guider sa pens\u00e9e de mani\u00e8re significative, mais implicite.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Kurt H\u00fcbner<\/strong>\u00a0(n\u00e9 en 1921) s&rsquo;est concentr\u00e9 sur la proximit\u00e9 de la pens\u00e9e scientifique avec la pens\u00e9e mythologique et sur le conditionnement de la science de chaque \u00e9poque par ses caract\u00e9ristiques culturelles.<\/p>\n<p align=\"justify\">M. Foucault, qui appartenait certes \u00e0 une tradition diff\u00e9rente et n&rsquo;utilisait pas les concepts du postpositivisme, mais en \u00e9tait id\u00e9ologiquement proche, a soulign\u00e9 le lien \u00e9troit entre savoir et pouvoir, la d\u00e9pendance de la science \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de son organisation sociale, etc. Foucault l&rsquo;a montr\u00e9 en prenant l&rsquo;exemple de la psychiatrie (qui, sans doute, est plus avantageuse que la physique).<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans les ann\u00e9es 80, l\u2019intensit\u00e9 critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la science a diminu\u00e9, le postpositivisme en tant que mouvement int\u00e9gral a \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<p align=\"justify\">Nous avons vu que dans le postpositivisme on peut distinguer deux lignes, l&rsquo;une qui remonte \u00e0 Popper, l&rsquo;autre \u00e0 Kuhn. La ligne de Popper se caract\u00e9rise par une attention port\u00e9e aux questions \u00e9pist\u00e9mologiques, l&rsquo;absence d&rsquo;un scepticisme extr\u00eame et une attitude g\u00e9n\u00e9ralement positive envers une entreprise de l&rsquo;esprit humain telle que la connaissance scientifique; analyse des diff\u00e9rents types de rationalit\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment en tant que rationalit\u00e9. Par cons\u00e9quent, la ligne enti\u00e8re dans son ensemble peut \u00eatre qualifi\u00e9e de rationaliste de mani\u00e8re conditionnelle. La ligne lanc\u00e9e par Kuhn a finalement conduit \u00e0 un scepticisme total \u00e0 l\u2019\u00e9gard des connaissances scientifiques. Il \u00e9tudie la science en tant qu\u2019entreprise sociale ou politique, ne pr\u00eatant pratiquement aucune attention au mouvement cognitif rationnellement reconstruit. De l\u00e0 est n\u00e9e la sociologie moderne des sciences. Certains de ses repr\u00e9sentants se caract\u00e9risent par un anti-scientisme. Tr\u00e8s grossi\u00e8rement, on peut la qualifier d&rsquo;irrationaliste, m\u00eame s&rsquo;il faut garder \u00e0 l&rsquo;esprit que dans ses m\u00e9thodes, cette philosophie elle-m\u00eame n&rsquo;est en rien irrationaliste ; ce mot signifie ici seulement qu&rsquo;elle adopte une position plus ou moins sceptique \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la rationalit\u00e9 scientifique.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.Popper K.R.<\/em>\u00a0Logic et la croissance des connaissances scientifiques. M., 1983.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.Popper K.R.<\/em>\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 ouverte et ses ennemis. T. 1 &#8211; 2. M., 1992.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3.Popper K. R., Eccles J. S.<\/em>\u00a0Le soi et son cerveau. Un argument en faveur de l&rsquo;interactionnisme. BNYL, 1977.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Lakatos I.<\/em>\u00a0Falsification et m\u00e9thodologie des programmes de recherche \/\/ T. Kuhn. La structure des r\u00e9volutions scientifiques. M., 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5. Lakatos I.<\/em>\u00a0Histoire de la science et ses reconstructions rationnelles \/\/ T. Kuhn. La structure des r\u00e9volutions scientifiques. M., 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6.Kun T.<\/em>\u00a0Structure des r\u00e9volutions scientifiques. M., 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7. Feyerabend P.<\/em>\u00a0Ouvrages choisis sur la m\u00e9thodologie de la science. M., 1986.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.Polanyi.<\/em>\u00a0Connaissance personnelle. En route vers la philosophie post-critique. M., 1985.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>9. Nikiforov A. L.<\/em>\u00a0De la logique formelle \u00e0 l&rsquo;histoire des sciences. Analyse critique de la m\u00e9thodologie bourgeoise de la science. M., 1983.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10.<\/em>\u00a0Philosophie moderne des sciences : connaissance, rationalit\u00e9 de la valeur dans les \u0153uvres<\/p>\n<p align=\"justify\">penseurs occidentaux. Lecteur \/ Sous. \u00e9d. A.A. Pechenkina. Article d&rsquo;introduction et<\/p>\n<p align=\"justify\">commentaires de A. A. Pechenkin. M. 1996.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11.<\/em>\u00a0Structure et d\u00e9veloppement de la science. M., 1978.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce terme est habituellement utilis\u00e9 pour d\u00e9signer les travaux de plusieurs philosophes du milieu du XXe si\u00e8cle, se regroupant th\u00e9matiquement autour des questions de m\u00e9thodologie des sciences et repensant les concepts de rationalit\u00e9 classique. Parmi les repr\u00e9sentants les plus c\u00e9l\u00e8bres du postpositivisme: K. Popper, T. Kuhn, I. Lakatos, P. Feyerabend, M. Polanyi, K. H\u00fcbner. En fait, M. Foucault n&rsquo;est pas loin de ce&hellip;<\/p>\n<p> <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/28\/postpositivisme\/\">Read more<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":881,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[49,50],"tags":[192,193],"class_list":{"0":"post-880","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-philosophie","8":"category-philosophie-moderne","9":"tag-ceinture-de-protection","10":"tag-hypothese"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/880","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=880"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/880\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":966,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/880\/revisions\/966"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/881"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=880"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=880"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=880"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}