{"id":909,"date":"2024-06-29T21:34:25","date_gmt":"2024-06-29T18:34:25","guid":{"rendered":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/?p=909"},"modified":"2025-11-20T20:10:25","modified_gmt":"2025-11-20T17:10:25","slug":"philosophie-russe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/29\/philosophie-russe\/","title":{"rendered":"Philosophie russe. Rus antique. Le romantisme. Slavophilisme et occidentalisme. Philosophie et pouvoir"},"content":{"rendered":"<p align=\"justify\"><strong>Rus antique et philosophie.<\/strong>\u00a0Chaque philosophie est un type particulier de rationalit\u00e9. Elle combine les fonctions de connaissance scientifique du monde et une vision du monde qui ne peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 la seule reproduction d\u2019une certaine image du monde, mais qui inclut des attitudes religieuses, axiologiques et id\u00e9ologiques dans le comportement des gens. Mais la philosophie ne peut \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 une didactique morale, dont la fonction peut \u00eatre remplie \u00e0 la fois par la religion et par la sagesse populaire. Dans la connaissance philosophique, une attitude rationnelle face \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9vaut. En plus de l&rsquo;\u00e9ventail g\u00e9n\u00e9ral des questions philosophiques &#8211; sur ce qui est et ce qui devrait \u00eatre &#8211; la philosophie doit pr\u00e9supposer l&rsquo;unit\u00e9 de m\u00e9thode et un syst\u00e8me d\u00e9velopp\u00e9 de concepts.<\/p>\n<p align=\"justify\"><!--more--><\/p>\n<p align=\"justify\"><a href=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/2024\/06\/29\/philosophie-russe\/russkaya230624\/\" rel=\"attachment wp-att-910\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-910\" src=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/russkaya230624.jpg\" alt=\"\" width=\"1100\" height=\"540\" srcset=\"https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/russkaya230624.jpg 1100w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/russkaya230624-300x147.jpg 300w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/russkaya230624-1024x503.jpg 1024w, https:\/\/planeta21vek.ru\/artemiada\/fr\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/russkaya230624-768x377.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"justify\">Dans la culture europ\u00e9enne, ces facteurs ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9s par la civilisation grecque, destin\u00e9e \u00e0 devenir le berceau de la philosophie dans sa compr\u00e9hension europ\u00e9enne. Les philosophies nationales qui ont \u00e9merg\u00e9 en Europe apr\u00e8s les Grecs sont in\u00e9vitablement en corr\u00e9lation avec le canon philosophique d\u00e9velopp\u00e9 dans les classiques antiques. Bien que la philosophie aborde les m\u00eames questions qui font l&rsquo;objet du savoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et de la tradition religieuse, elle les interpr\u00e8te sous une forme libre de dogmatisme et pr\u00e9suppose le droit du penseur \u00e0 la libre recherche et \u00e0 la recherche. L&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une philosophie nationale pr\u00e9suppose un certain degr\u00e9 de libert\u00e9 de recherche spirituelle et intellectuelle. Dans la culture traditionnelle, les fonctions explicatives du monde et axiologiques peuvent \u00eatre remplies par la religion, la mythologie, la sagesse populaire et d&rsquo;autres formes de conscience. Par cons\u00e9quent, la philosophie au sens strict du terme n\u2019est un \u00e9l\u00e9ment obligatoire d\u2019aucune culture nationale.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;\u00e9veil de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la philosophie en Russie est sans aucun doute pr\u00e9sent dans la litt\u00e9rature russe ancienne. La haute d\u00e9signation de l&rsquo;un des \u00e9claireurs des Slaves, l&rsquo;\u00e9gal des ap\u00f4tres Cyrille (Constantine) philosophe, la pr\u00e9sence dans les sources litt\u00e9raires des noms de Platon et de Pythagore, dont l&rsquo;un \u00abproclamait avec de bonnes paroles, l&rsquo;autre consid\u00e9rait il vaut mieux se taire\u00bb (\u00abDioptre\u00bb), le symbolisme num\u00e9rique pythagoricien appliqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation des propri\u00e9t\u00e9s de l&rsquo;univers cr\u00e9\u00e9 par Dieu &#8211; tout cela peut indiquer l&rsquo;\u00e9rudition philosophique originale des anciens auteurs russes. Cependant, selon V. O. Klyuchevsky, la litt\u00e9rature litt\u00e9raire russe ancienne, malgr\u00e9 toute sa richesse, ne d\u00e9passait pas les limites de la didactique morale de l&rsquo;\u00c9glise. Ayant re\u00e7u le bapt\u00eame \u00e0 Byzance, la Russie ki\u00e9vienne a en m\u00eame temps eu l&rsquo;opportunit\u00e9 de ma\u00eetriser l&rsquo;h\u00e9ritage chr\u00e9tien dans la langue nationale. \u00abNous avons \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s en grec, mais ils nous ont donn\u00e9 le bulgare\u00bb, a \u00e9crit G. G. Shpet. Des traductions de monuments grecs et byzantins arrivent en Russie des monast\u00e8res bulgares et serbes &#8211; c&rsquo;est ainsi que l&rsquo;on fait la connaissance des Ar\u00e9opagites, de la \u00abDioptre\u00bb de Philippe l&rsquo;Ermite. Au milieu du XIe si\u00e8cle. Le m\u00e9tropolite de Kiev Hilarion r\u00e9v\u00e8le une excellente connaissance des meilleurs exemples de l&rsquo;homil\u00e9tique et de la po\u00e9tique byzantine dans le \u00abSermon sur la loi et la gr\u00e2ce\u00bb. Mais au 16\u00e8me si\u00e8cle. au Kremlin de Moscou, il ne reste plus personne qui connaisse le grec, et le moine Maxime le Grec, invit\u00e9 d&rsquo;Athos, traduit les noms des livres grecs conserv\u00e9s au Kremlin de Moscou, l&rsquo;h\u00e9ritage de Byzance d\u00e9chue, en latin &#8211; de la traduction latine en slave s&rsquo;av\u00e8re possible gr\u00e2ce aux efforts d&rsquo;interpr\u00e8tes locaux. L&rsquo;\u00e9panouissement de la culture monastique en Russie, \u00e0 partir du 14\u00e8me si\u00e8cle, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de Saint-Pierre. Serge de Radonezh et le m\u00e9tropolite Alexis de Moscou stimulent l&rsquo;\u00e9panouissement de l&rsquo;architecture des temples et de la peinture d&rsquo;ic\u00f4nes, dont le prince est le prince. EH Troubetskoy l&rsquo;appellera \u00absp\u00e9culation sur les couleurs\u00bb, mais ne cr\u00e9e pas une \u00e9cole de monachisme scientifique, caract\u00e9ristique de certains ordres catholiques en Occident. A la mont\u00e9e du slavophilisme, I. V. Kireevsky caract\u00e9rise ainsi la science monastique en Russie: \u00ab\u2026 l&rsquo;illumination n&rsquo;est pas brillante, mais profonde; non pas luxueux, ni mat\u00e9riel, destin\u00e9 \u00e0 la commodit\u00e9 de la vie ext\u00e9rieure, mais interne, spirituel. L&rsquo;une des d\u00e9finitions de la philosophie de St. est la plus applicable \u00e0 ces Lumi\u00e8res. Jean de Damas: \u00abressemblance \u00e0 Dieu dans la mesure du possible \u00e0 l\u2019homme\u00bb. La d\u00e9ification, sur le chemin de laquelle s&rsquo;acquiert le salut, n&rsquo;inclut pas n\u00e9cessairement la pens\u00e9e philosophique, encore trop plong\u00e9e dans le cercle des pr\u00e9occupations mondaines. Dans la lettre de l&rsquo;a\u00een\u00e9 du monast\u00e8re El\u00e9azar de Pskov Philoth\u00e9e au greffier Misyur Munekhin, on retrouve une rh\u00e9torique tr\u00e8s r\u00e9pandue de l&rsquo;humilit\u00e9 monastique: \u00abJe suis un homme rural, j&rsquo;ai \u00e9tudi\u00e9 les lettres, mais je n&rsquo;ai pas appris les l\u00e9vriers grecs, et je Je n\u2019ai pas lu d\u2019astronomes rh\u00e9toriques, et je n\u2019ai pas non plus eu de conversation avec de sages philosophes: \u00abJ\u2019\u00e9tudie les livres de la loi de gr\u00e2ce, si seulement mon \u00e2me p\u00e9cheresse pouvait \u00eatre puissamment purifi\u00e9e du p\u00e9ch\u00e9.\u00bb \u00c0 une \u00e9poque o\u00f9 Newton et Galil\u00e9e brisaient les paradigmes \u00e9tablis dans la science europ\u00e9enne, ils \u00e9tudiaient en Russie la cosmologie chr\u00e9tienne selon Chestodnev de Vasily le Grand et la g\u00e9ographie selon la \u00abTopographie chr\u00e9tienne\u00bb de Kozma Indikoplov,Alors que Hugo Grotius dessinait les contours de l&rsquo;id\u00e9e sociale d&rsquo;un contrat social, le pr\u00eatre Sylvestre \u00e9crivait son Domostroy.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le concept de \u00abphilosophie russe ancienne\u00bb est parfois associ\u00e9 \u00e0 des exp\u00e9riences d&rsquo;analyse philosophique des monuments culturels de la Russie antique dans le contexte de la vision du monde et de l&rsquo;id\u00e9ologie de l&rsquo;\u00e9poque. Bien entendu, la \u00abd\u00e9couverte de l&rsquo;ic\u00f4ne\u00bb, survenue au tournant des XIXe et XXe si\u00e8cles, a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;assimilation de la m\u00e9thodologie philosophique et \u00e0 l&rsquo;acquisition d&rsquo;une vision philosophique particuli\u00e8re du sujet. De telles exp\u00e9riences de reconstruction id\u00e9ologique comprennent les \u00e9tudes iconologiques de P. Florensky dans son ouvrage complet r\u00e9cemment publi\u00e9 \u00abPhilosophie du culte\u00bb, les livres de G. P. Fedotov sur la po\u00e9sie spirituelle et la saintet\u00e9 russe ancienne, les \u00e9tudes sur la culture du rire populaire de D. S. Likhachev et G. Panchenko et d&rsquo;autres dans son \u00abAutobiographie\u00bb pr\u00eatre. Pavel Florensky pensait que \u00absa propre vision du monde&#8230; correspondait dans son style \u00e0 celui des XIVe et XVe si\u00e8cles. Moyen \u00c2ge russe\u00a0\u00bb. Mais outre le fait que ce ne sont pas seulement les monuments philosophiques qui peuvent \u00eatre analys\u00e9s philosophiquement, il convient de noter qu&rsquo;une telle approche p\u00e8che parfois en introduisant dans la culture d&rsquo;autres \u00e9poques des significations venues plus tard. Ainsi, discutant de l\u2019attitude de Sophia envers la nature, exprim\u00e9e dans les po\u00e8mes spirituels russes, G. P. Fedotov parle de la d\u00e9ification inh\u00e9rente de la nature \u00e0 Sophia dans la langue de Vl. Solovieva et autres. Sergius Boulgakov, qui a pour sources non seulement la v\u00e9n\u00e9ration de l&rsquo;Ancien Testament de Sophie la Sagesse de Dieu, mais aussi l&rsquo;influence du gnosticisme.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Commencer l&rsquo;\u00e9tude de la philosophie.<\/strong> \u00c0 l&rsquo;origine de l&rsquo;\u00e9tude de la philosophie en Russie se trouve l&rsquo;Acad\u00e9mie slave-grecque-latine, fond\u00e9e par les fr\u00e8res grecs Ioannikios et Sophronius Likhuds en 1687 dans l&rsquo;enceinte du monast\u00e8re Zaikonospassky \u00e0 Moscou. Ils donnaient des cours de rh\u00e9torique, de logique et de m\u00e9taphysique, structur\u00e9s dans la tradition de l&rsquo;Universit\u00e9 de Padoue en Italie, et se concentraient sur l&rsquo;interpr\u00e9tation d&rsquo;Aristote avec l&rsquo;aide de Thomas d&rsquo;Aquin et des Aristot\u00e9liciens arabes. Apr\u00e8s la r\u00e9forme de l&rsquo;acad\u00e9mie en 1701, le professeur de l&rsquo;Acad\u00e9mie th\u00e9ologique de Kiev-Mohyla, Th\u00e9ophylacte Lopatinsky, y est venu, dont les activit\u00e9s \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 l&rsquo;enseignement du premier cours de philosophie professionnel, bien qu&rsquo;en latin. De 1704 \u00e0 1706, Lopatinsky lisait la dialectique, la logique, la physique, la m\u00e9taphysique et l&rsquo;arithm\u00e9tique. Le cours de philosophie \u00e9tait con\u00e7u pour deux ans et \u00e9tait dispens\u00e9 par le pr\u00e9fet de l&rsquo;Acad\u00e9mie, tandis que le recteur enseignait un cours de th\u00e9ologie sur quatre ans. Le cours de Lopatinsky figurait sur la liste des \u00e9tudiants des acad\u00e9mies de Moscou et de Kiev. Il a \u00e9galement l&rsquo;exp\u00e9rience de la cr\u00e9ation du premier dictionnaire philosophique de Russie, dans lequel 141 termes sont expliqu\u00e9s. Cependant, ce dictionnaire, compil\u00e9 en latin, est rest\u00e9 manuscrit, donc la priorit\u00e9 dans la cr\u00e9ation du premier dictionnaire philosophique en Russie appartient \u00e0 G. N. Teplov, qui a inclus dans son ouvrage un dictionnaire philosophique de 27 termes \u00abLes connaissances relatives en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la philosophie, au profit de ceux qui ne peut pas lire de livres \u00e9trangers sur ce sujet. Les cours de philosophie \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie Kiev-Mohyla sont dispens\u00e9s par Stefan Yavorsky (1693-1694, plus tard protecteur de l&rsquo;Acad\u00e9mie slave-grec-latine) et Feofan Prokopovich (en 1707-1709), auteur des \u00abR\u00e8glements spirituels\u00bb et principal id\u00e9ologue de l&rsquo;Administration synodale de l&rsquo;\u00c9glise, la subordonnant \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p align=\"justify\">Gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;Ukraine, notamment avec l&rsquo;aide des penseurs mentionn\u00e9s ci-dessus, les id\u00e9es de la th\u00e9ologie catholique et protestante p\u00e9n\u00e8trent en Russie. Pour Stefan Jaworski, qui a fait ses \u00e9tudes dans les \u00e9coles j\u00e9suites polonaises, la philosophie se r\u00e9duit avant tout \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique, tandis que la th\u00e9ologie assume les fonctions de m\u00e9taphysique. \u00c9tudiant les pol\u00e9miques entre les deux plus grands dignitaires de l&rsquo;\u00c9glise de l&rsquo;\u00e9poque de Pierre Ier, le slavophile Yu F. Samarin a attir\u00e9 l&rsquo;attention sur le fait que les sources catholiques de la \u00abPierre de la foi\u00bb de Stefan Yavorsky entraient en conflit avec les \u00e9l\u00e9ments protestants du \u00abSyst\u00e8me th\u00e9ologique\u00bb de Prokopovitch. De l\u00e0 n\u2019a pas pu na\u00eetre la th\u00e9ologie orthodoxe originale, et encore moins la philosophie.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une nouvelle \u00e9tape dans la professionnalisation des connaissances philosophiques en Russie fut la cr\u00e9ation en 1755 par M. V. Lomonossov de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, compos\u00e9e de trois facult\u00e9s: philosophique, juridique et m\u00e9dicale. Le personnel de la Facult\u00e9 de philosophie \u00e9tait compos\u00e9 de quatre professeurs et la formation y durait trois ans. Tous les \u00e9tudiants ont suivi un cours de philosophie, apr\u00e8s quoi ils sont soit rest\u00e9s \u00e9tudier \u00e0 la Facult\u00e9 de philosophie, soit ont poursuivi leurs \u00e9tudes en droit et en m\u00e9decine pendant 4 ans suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le premier cours de philosophie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou \u00e9tait dispens\u00e9 par HH Popovsky, \u00e9tudiant de M. V. Lomonossov, transf\u00e9r\u00e9 de l&rsquo;Universit\u00e9 de l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences. En d\u00e9finissant la philosophie, Popovsky la compare \u00e0 un temple \u00abdans lequel est contenu l&rsquo;Univers entier \u00bb, dans lequel tout ce qui est sur la terre, sur la terre et sous la terre, tel que repr\u00e9sent\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre. Le cours de Popovsky \u00e9tait enseign\u00e9 en russe, mais d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e suivante, le cours de philosophie fut transf\u00e9r\u00e9 au professeur I. G. Fromman, invit\u00e9 de Stuttgart, qui continua \u00e0 enseigner le cours de philosophie en latin jusqu&rsquo;en 1765. De retour en Allemagne, Fromman re\u00e7ut la chaire de philosophie \u00e0 T\u00fcbingen, o\u00f9 a soutenu sa th\u00e8se de doctorat \u00abBref aper\u00e7u de l&rsquo;\u00e9tat des sciences et des arts dans l&rsquo;Empire russe\u00bb, consacrant trois pages \u00e0 une description de l&rsquo;enseignement de la philosophie \u00e0 Moscou. Le premier professeur parmi les anciens \u00e9tudiants de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou fut D.S. Anichkov, qui a failli \u00eatre pers\u00e9cut\u00e9 au d\u00e9but de sa carri\u00e8re d&rsquo;enseignant. Sa th\u00e8se de doctorat \u00abDiscours de th\u00e9ologie naturelle sur le commencement et l&rsquo;origine du culte naturel de Dieu\u00bb, qui contenait une critique des superstitions pa\u00efennes, a failli provoquer la condamnation de saint Paul Synode. \u00c0 partir de 1767, les cours \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, sous la direction de Catherine II, furent dispens\u00e9s en russe. Les disciplines philosophiques de l&rsquo;\u00e9poque comprenaient la m\u00e9taphysique, la physique ou la philosophie naturelle, la logique et la philosophie morale ou l&rsquo;\u00e9thique. Les cours universitaires \u00e9taient bas\u00e9s sur les trait\u00e9s de F. X. Baumeister et I. G. Winkler, bas\u00e9s sur la philosophie de H. Wolf. Pendant une courte p\u00e9riode, un originaire de Transylvanie, I. G. Schwartz, membre de la loge ma\u00e7onnique \u00abHarmonie\u00bb, a enseign\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, \u00e0 laquelle est associ\u00e9e la vigoureuse activit\u00e9 d&rsquo;\u00e9dition lanc\u00e9e par les ma\u00e7ons de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou. N. I. Novikov a lou\u00e9 l&rsquo;imprimerie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou en 1779, o\u00f9 il a publi\u00e9, avec I. V. Lopukhin et d&rsquo;autres ma\u00e7ons, 891 volumes, soit un tiers de toute la litt\u00e9rature publi\u00e9e en Russie pendant cette p\u00e9riode. Parmi les publications de Novikov figurent des traductions de la litt\u00e9rature mystique et herm\u00e9tique europ\u00e9enne &#8211; L. K. Saint-Martin, V. Weigel, I. G. Gichtel, J. Pordage (les \u0153uvres de ce dernier, jamais r\u00e9\u00e9dit\u00e9es en Russie, ont eu une influence significative sur les sophiologues russes Pavel Florensky et Sergius Boulgakov ), Ar\u00e9opagitique, \u0153uvres des P\u00e8res de l&rsquo;\u00c9glise &#8211; Macaire d&rsquo;Egypte, Gr\u00e9goire Palamas, litt\u00e9rature catholique et protestante \u00e0 caract\u00e8re mystique et pi\u00e9tiste. Pas un seul livre de J. Boehme, presque enti\u00e8rement traduit par S.I. Gamaleya, n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par Novikov, probablement en raison du fait que les \u0153uvres de Boehme avaient le sens de \u00abconnaissance secr\u00e8te\u00bb pour les loges ma\u00e7onniques de l&rsquo;\u00e9poque. Les traductions de S. I. Gamaleya sont rest\u00e9es manuscrites; la premi\u00e8re \u00e9dition de la traduction de l\u2019\u0153uvre de Boehme remonte \u00e0 1817.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les revues \u00abMorning Light\u00bb (1997-1780), \u00abMoscow Edition\u00bb (1781), \u00abEvening Dawn\u00bb (1782-1783), publi\u00e9es par N. I. Novikov, rev\u00eatirent une importance consid\u00e9rable pour la propagande de la philosophie (I. G. joua un r\u00f4le majeur dans la Schwartz), \u00abAjout \u00e0 la Gazette de Moscou\u00bb (1783-1784), \u00abLe travailleur au repos\u00bb (1784-1785). Ces magazines avaient une orientation principalement anti-Lumi\u00e8res et pol\u00e9miquent contre la philosophie du sensationnalisme et du voltairianisme. Cependant, il convient de noter que progressivement la part du mysticisme dans les magazines diminue, et que la tol\u00e9rance et m\u00eame la reconnaissance de l&rsquo;exactitude relative de la philosophie des Lumi\u00e8res prennent le dessus.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie au XVIIIe si\u00e8cle.<\/strong> En Russie en g\u00e9n\u00e9ral, il s&rsquo;agit d&rsquo;un caract\u00e8re \u00e9tudiant. Les cours de philosophie occupent le temps libre des dignitaires du gouvernement, comme A. D. Kantemir, V. N. Tatishchev et M. M. Shcherbatov, qui ont parl\u00e9 de la \u00abnature mauvaise\u00bb de l&rsquo;homme et des \u00abdommages caus\u00e9s \u00e0 la morale en Russie\u00bb, ou des officiers militaires et propri\u00e9taires fonciers \u00e0 la retraite, comme A. T. Bolotov, qui a \u00e9crit \u00abPhilosophie des enfants\u00bb (parties 1-2, 1776-1779) pour enseigner \u00e0 sa jeune \u00e9pouse et des milliers d&rsquo;articles sur divers domaines de la connaissance. Pour M.V. Lomonossov, ses \u00e9tudes scientifiques dans le domaine de l&rsquo;astronomie, de la chimie, de la min\u00e9ralogie et d&rsquo;autres \u00absciences exactes\u00bb font partie de ses connaissances philosophiques, ainsi que les r\u00e9formes qu&rsquo;il a men\u00e9es dans le domaine de la linguistique, de la litt\u00e9rature, de l&rsquo;\u00e9criture d&rsquo;odes, etc. Pour le 18\u00e8me si\u00e8cle. L&rsquo;ode s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre un genre de r\u00e9flexion philosophique plus pr\u00e9f\u00e9rable qu&rsquo;un trait\u00e9 philosophique. A. N. Radichtchev, r\u00e9sumant le si\u00e8cle qui passe, ne choisit pas par hasard le genre de l&rsquo;ode pour pr\u00e9senter ses vues historiosophiques (\u00abLe XVIIIe si\u00e8cle\u00bb). D&rsquo;autre part, la philosophie est per\u00e7ue dans le contexte des id\u00e9es politiques d&rsquo;Europe occidentale, principalement la th\u00e9orie du \u00abdroit naturel\u00bb et du \u00abdroit naturel\u00bb (G. Grotius, S. Puffendorf, T. Hobbes, J. Locke, J.- J. Rousseau, etc.). La fascination de la soci\u00e9t\u00e9 pour la philosophie des Lumi\u00e8res fran\u00e7aises am\u00e8ne les id\u00e9aux du mat\u00e9rialisme m\u00e9caniste et du d\u00e9isme sur le sol russe. \u00abLe Mandat\u00bb de Catherine II, symbole de l&rsquo;id\u00e9ologie de \u00abl&rsquo;absolutisme \u00e9clair\u00e9\u00bb, est un trait\u00e9 \u00e9crit par un \u00abphilosophe sur le tr\u00f4ne\u00bb; elle fut pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de la communication de l&rsquo;imp\u00e9ratrice avec des philosophes fran\u00e7ais &#8211; correspondance avec Voltaire, invitation de Diderot \u00e0 la cour de Saint-P\u00e9tersbourg. La r\u00e9action aux \u00e9v\u00e9nements r\u00e9volutionnaires en Europe en 1789 met fin \u00e0 ce flirt entre cour et philosophie, comme en t\u00e9moigne la dissolution de la commission cr\u00e9\u00e9e pour r\u00e9diger un nouveau code, l&rsquo;arrestation de N. I. Novikov et A. N. Radichtchev, la cessation de la activit\u00e9s des loges ma\u00e7onniques, etc.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;importance\u00a0<strong>de Radichtchev<\/strong> ne se limite pas au r\u00f4le d&rsquo;un r\u00e9v\u00e9lateur social, qui a absorb\u00e9 \u00abl&rsquo;air de la libert\u00e9\u00bb pendant ses \u00e9tudes \u00e0 Leipzig. R\u00e9solvant pour lui-m\u00eame une question importante sur la mortalit\u00e9 et l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, en particulier d&rsquo;une personne d\u00e9c\u00e9d\u00e9e volontairement, \u00abun rebelle pire que Pougatchev\u00bb, exil\u00e9 par Catherine dans la forteresse d&rsquo;Ilimsk, \u00e9crit un trait\u00e9 \u00abSur l&rsquo;homme, sa mortalit\u00e9 et son immortalit\u00e9\u00bb (1790-1792). A. S. Pouchkine n\u2019avait pas tout \u00e0 fait raison lorsqu\u2019il disait que Radichtchev \u00abest plus enclin \u00e0 pr\u00e9senter les arguments de \u00abl\u2019ath\u00e9isme\u00bb qu\u2019\u00e0 les r\u00e9futer\u00bb. Consid\u00e9rant les arguments pour et contre l&rsquo;immortalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me, Radichtchev s&rsquo;attarde sur les arguments du pr\u00e9formationnisme, qui affirment l&rsquo;am\u00e9lioration continue de l&rsquo;homme spirituel et int\u00e9rieur. Les premiers conflits entre les \u00abphilosophes\u00bb et les autorit\u00e9s lieront progressivement la philosophie dans la conscience publique \u00e0 la libre pens\u00e9e. La figure du \u00abSocrate ukrainien\u00bb <strong>G. S. Skovoroda<\/strong> se d\u00e9marque. Dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;\u00c9cole th\u00e9ologique et acad\u00e9mique de Kiev, il abandonne sa carri\u00e8re d&rsquo;enseignant et part errer dans les villes et les villages. Partageant avec les francs-ma\u00e7ons les principaux th\u00e8mes de l&rsquo;\u00e9poque &#8211; la doctrine de l&rsquo;homme int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur, les principes de l&rsquo;all\u00e9gorie dans l&rsquo;interpr\u00e9tation des Saintes \u00c9critures, Skovoroda repr\u00e9sente le type de sage populaire pour qui la philosophie n&rsquo;est avant tout pas une profession , mais la possession de la sagesse spirituelle, de la vraie vie dans l&rsquo;esprit. Une attitude essentiellement dualiste \u00e0 l\u2019\u00e9gard du monde cr\u00e9\u00e9, une sorte de d\u00e9go\u00fbt doc\u00e9tique envers la mati\u00e8re, inscrit la pens\u00e9e de Skovoroda dans la lign\u00e9e de la gnose chr\u00e9tienne. L&rsquo;\u00e9clat de ses techniques stylistiques, l&rsquo;imagerie all\u00e9gorique de ses pens\u00e9es, l&rsquo;absence de concepts clairement d\u00e9finis t\u00e9moignent de lui comme d&rsquo;un penseur qui a v\u00e9cu \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 dominait le style \u00abbaroque\u00bb, qui a eu une certaine influence non seulement sur la peinture, mais aussi sur la litt\u00e9rature et la pens\u00e9e. L&rsquo;enseignement de Skovoroda sur les \u00abtrois mondes\u00bb &#8211; le monde commun, ou macrocosme, le petit monde, ou microcosme, et le monde symbolique, ou Bible &#8211; est un symbolisme philosophique qui trouvera compr\u00e9hension et int\u00e9r\u00eat parmi les cr\u00e9ateurs de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;argent russe ( cela a \u00e9t\u00e9 grandement facilit\u00e9 par sa biographie philosophique, \u00e9crite par V. F. Ern). Relation distante hypoth\u00e9tique de Vl. Soloviev du c\u00f4t\u00e9 maternel avec Skovoroda restera dans le mythe de la philosophie russe, comme les mots \u00e9crits sur la pierre tombale du philosophe errant \u00abLe monde m&rsquo;a attrap\u00e9, mais ne m&rsquo;a pas attrap\u00e9\u00bb. Depuis Skovoroda, ils commencent \u00e0 parler de l&rsquo;originalit\u00e9 de la tradition philosophique nationale russe. L&rsquo;auteur de l&rsquo;une des \u00e9tudes les plus autoris\u00e9es sur l&rsquo;histoire de la philosophie russe, le R\u00e9v. V.V. Zenkovsky commence avec lui sa revue des id\u00e9es philosophiques en Russie. Sans parvenir \u00e0 des r\u00e9sultats s\u00e9rieux et ayant un caract\u00e8re majoritairement \u00e9tudiant, la litt\u00e9rature philosophique du XVIIIe si\u00e8cle. forme un canon historique et philosophique, une atmosph\u00e8re intellectuelle dans laquelle se d\u00e9ploie une fascination accrue pour la philosophie. Les \u00e9l\u00e9ments essentiels de ce canon sont l&rsquo;influence de la philosophie du n\u00e9oplatonisme, du christianisme et du gnosticisme pr\u00e9chalc\u00e9doniens, du mysticisme catholique et protestant, du pi\u00e9tisme et du qui\u00e9tisme, de la Kabbale chr\u00e9tienne et de la gnose europ\u00e9enne moderne. La vaste exp\u00e9rience dans la ma\u00eetrise et le d\u00e9veloppement d\u2019un langage et d\u2019une terminologie philosophiques nationales est tout aussi importante.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle.<\/strong>\u00a0D\u00e9but du 19\u00e8me si\u00e8cle &#8211; l&rsquo;\u00e9poque des semailles, r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle. commence \u00e0 porter ses premiers fruits. La victoire sur l&rsquo;arm\u00e9e de Napol\u00e9on a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e<\/p>\n<p align=\"justify\">gloire aux armes russes et a fait de l\u2019\u00c9tat russe une force politique incontournable. L&rsquo;essor romantique v\u00e9cu par la soci\u00e9t\u00e9 russe s&rsquo;exprime notamment dans l&rsquo;assimilation de l&rsquo;id\u00e9e de nation inh\u00e9rente \u00e0 la philosophie allemande, comprise comme une monade spirituelle, dont le facteur d\u00e9terminant est l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9lection culturelle et religieuse. . Schiller et Jung-Stilling, puis Fichte et Schelling ont progressivement d\u00e9tourn\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la partie instruite de la soci\u00e9t\u00e9 des Lumi\u00e8res fran\u00e7aises avec son bagage philosophique plut\u00f4t simplifi\u00e9 vers la philosophie allemande la plus r\u00e9cente. L&rsquo;\u00e8re d&rsquo;Alexandre Ier est caract\u00e9ris\u00e9e par la croissance des sentiments mystiques dans la haute soci\u00e9t\u00e9, comme en t\u00e9moigne la cr\u00e9ation en 1816 de la Soci\u00e9t\u00e9 biblique, dont de nombreux membres, dont le pr\u00e9sident Prince. A. A. Golitsyn n&rsquo;est pas \u00e9tranger \u00e0 la participation pratique aux activit\u00e9s de cercles et de sectes mystiques comme le navire Khlyst de Mme Tatarinova ou le salon de Mme Krudener. MM Speransky, disciple de J. Boehme, qui a eu une grande influence sur Schelling, est impliqu\u00e9 dans les activit\u00e9s des loges ma\u00e7onniques. Franz von Baader \u00e9crit une lettre au ministre de l&rsquo;Instruction publique, Gr. A. S. Uvarov, \u00abLa mission de l&rsquo;\u00c9glise russe face au d\u00e9clin du christianisme en Occident\u00bb, dans lequel il place des espoirs particuliers dans l&rsquo;\u00c9glise russe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Un environnement social \u00e9merge qui commence \u00e0 ressentir le besoin de philosophie dans le cadre de sa vie intellectuelle et spirituelle. L&rsquo;enseignement universitaire de la philosophie est incapable de r\u00e9pondre aux besoins philosophiques de la soci\u00e9t\u00e9. Depuis 1821, les cours de philosophie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou ont effectivement cess\u00e9 ; l&rsquo;\u00e9tude de la philosophie est rest\u00e9e le lot des \u00e9tudiants des Acad\u00e9mies th\u00e9ologiques, bien que la Facult\u00e9 de philosophie soit rest\u00e9e nominalement au sein de l&rsquo;universit\u00e9. Selon la charte de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou de 1835, elle \u00e9tait divis\u00e9e en deux d\u00e9partements: historique et philologique et physique et math\u00e9matique. Le vide est combl\u00e9 par les professeurs d&rsquo;histoire naturelle qui ont visit\u00e9 l&rsquo;Europe et sont devenus des disciples de Schelling &#8211; D. M. Vellansky, qui a \u00e9cout\u00e9 Schelling \u00e0 I\u00e9na, et M. G. Pavlov, le philologue A. I. Galich. Pavlov a accueilli un \u00e9tudiant entrant dans la salle de conf\u00e9rence de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou avec la question: \u00abVoulez-vous conna\u00eetre la nature? Mais qu&rsquo;est-ce que la nature? Et qu&rsquo;est-ce que savoir? La passion pour le Schellingisme et, en particulier, pour la philosophie de l\u2019art de Schelling, fait de l\u2019esth\u00e9tique l\u2019une des disciplines philosophiques privil\u00e9gi\u00e9es. Des cercles philosophiques et litt\u00e9raires \u00e9mergent \u00e0 Moscou &#8211; le cercle de S.E. Raja (1823) et la Soci\u00e9t\u00e9 des Philosophes (1823). Le pr\u00e9sident de ce dernier, Prince. V. F. Odoevsky, \u00e9crivain et critique musical, a \u00e9crit dans sa nouvelle \u00abNuits russes\u00bb, qui recr\u00e9e vingt ans plus tard l&rsquo;atmosph\u00e8re des r\u00eaves pr\u00e9d\u00e9cembristes: \u00abMa jeunesse s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la m\u00e9taphysique avait la m\u00eame atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale que celle des sciences politiques aujourd&rsquo;hui. . Nous croyions \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019une telle th\u00e9orie absolue, gr\u00e2ce \u00e0 laquelle il serait possible de construire tous les ph\u00e9nom\u00e8nes de la nature, tout comme nous croyons maintenant \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019une telle forme sociale qui satisferait pleinement tous les besoins humains.\u00bb<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;organe du cercle des sages, ou \u00abjeunesses des archives\u00bb, comme les surnommait A. S. Pouchkine, \u00e9tait la revue \u00abMn\u00e9mosyne\u00bb publi\u00e9e par Odoevski, dont la t\u00e2che \u00e9ditoriale \u00e9tait de \u00abmettre une limite \u00e0 notre passion pour les th\u00e9oriciens fran\u00e7ais\u00bb et de \u00abmettre un terme \u00e0 notre passion pour les th\u00e9oriciens fran\u00e7ais\u00bb diffuser plusieurs nouvelles pens\u00e9es qui ont \u00e9clat\u00e9 en Allemagne \u00ab\u00a0Il est \u00e0 noter que parmi les projets des sages figurait la publication d&rsquo;un dictionnaire philosophique, dans lequel tous les syst\u00e8mes philosophiques seraient d\u00e9riv\u00e9s du concept de l&rsquo;Absolu et rassembl\u00e9s. Apr\u00e8s l&rsquo;auto-dissolution du cercle (\u00e0 la suite du soul\u00e8vement de d\u00e9cembre 1825), ses membres ont continu\u00e9 \u00e0 collaborer avec le tr\u00e8s proche Moskovsky Vestnik, publi\u00e9 par M. P. Pogodin, et I. V. Kireevsky, apr\u00e8s avoir voyag\u00e9 en Allemagne, o\u00f9 il a vu et entendu avec son de ses propres yeux, Hegel, Schelling et Schleiermacher, s&rsquo;engage \u00e0 publier la revue \u00abEurop\u00e9enne\u00bb, qu&rsquo;il r\u00eave de transformer en \u00abl&rsquo;auditorium d&rsquo;une universit\u00e9 allemande\u00bb. Dans l&rsquo;article programmatique de la revue \u00abLe XIXe si\u00e8cle\u00bb (dont la publication n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 achev\u00e9e &#8211; la revue a \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e par le Troisi\u00e8me D\u00e9partement par crainte des id\u00e9es r\u00e9volutionnaires), le futur slavophile souligne le manque d&rsquo;\u00e9ducation classique dans la Russie moderne et appelle pour se tourner vers l\u2019Occident, qui h\u00e9rite de la Gr\u00e8ce classique, pour la reconstituer. (Il ne faut pas oublier que la m\u00e9taphysique allemande, d&rsquo;origine protestante, dans son paradigme originel remontait encore pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 la source grecque antique.) Une continuation de la Soci\u00e9t\u00e9 des Philosophes peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme les activit\u00e9s du cercle de N.V. Stankevitch, dans lequel l&rsquo;accent se d\u00e9place quelque peu de la philosophie naturelle et de la philosophie de l&rsquo;art de Schelling vers le transcendantalisme, les textes de Fichte et de Hegel sont ma\u00eetris\u00e9s. De nombreux n\u0153uds des d\u00e9cennies futures sont nou\u00e9s dans le cercle de Stankevitch. Le paradigme romantique et l&rsquo;harmonie du domaine de Pryamukhin lient le futur anarchiste et l&rsquo;un des fondateurs de l&rsquo;Internationale M. A. Bakounine, le critique litt\u00e9raire radical V. G. Belinsky, le futur principal id\u00e9ologue des contre-r\u00e9formes Alexandre III et le chef de la presse conservatrice M. N. Katkov., l&rsquo;ami de Belinsky, V. P. Botkin, un Occidental d\u00e9sillusionn\u00e9 par le radicalisme r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les membres d\u2019un autre cercle philosophique, cr\u00e9\u00e9 par A. I. Herzen et N. A. Ogarev, se sont \u00e9galement passionn\u00e9s pour le romantisme, dans lequel ont \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s non seulement les textes de Hegel, mais aussi les id\u00e9es socialistes de Fourier et de Saint-Simon. L&rsquo;influence de Hegel en Russie, comme en Allemagne, avait ses c\u00f4t\u00e9s \u00abgauche\u00bb et \u00abdroit\u00bb. Hegel \u00e9tait lu et s\u00e9rieusement fascin\u00e9 \u00e0 la fois par les futurs radicaux A. I. Herzen et M. A. Bakounine, ainsi que par les slavophiles K. S. Aksakov et I. V. Kireevsky, proches des conservateurs H. N. Strakhov. La publication dans Otechestvennye Zapiski des travaux d&rsquo;A. I. Herzen sur la philosophie des sciences, dans l&rsquo;esprit h\u00e9g\u00e9lien &#8211; \u00ab\u00a0L&rsquo;amateurisme dans la science\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Lettres sur l&rsquo;\u00e9tude de la nature\u00a0\u00bb est significative. V. P. Botkin les qualifiera de \u00absymphonie h\u00e9ro\u00efque\u00bb, et F. M. Dosto\u00efevski en parlera comme des meilleurs \u00e9crits sur la philosophie en russe. Le magazine, publi\u00e9 \u00e0 un tirage d&rsquo;au moins 10 000 exemplaires, atteint l&rsquo;arri\u00e8re-pays russe et fait de sujets philosophiques un sujet de discussion parmi les enseignants de province. La lib\u00e9ralisation de l&rsquo;admission dans les \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur, leur ouverture aux enfants n&rsquo;appartenant pas \u00e0 la noblesse, cr\u00e9e un environnement d&rsquo;intellectuels roturiers, terreau sur lequel s&rsquo;effectuera l&rsquo;assimilation d&rsquo;id\u00e9es nouvelles. Chaadaev, dont les parcours intellectuels s&rsquo;\u00e9cartaient de ceux de ses amis de jeunesse partis dans le camp slavophile, se plaignit dans une lettre \u00e0 Schelling en 1841 que c&rsquo;\u00e9tait la philosophie h\u00e9g\u00e9lienne qui \u00e9tait devenue la cause de la \u00abr\u00e9action nationale\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Occidentalisme religieux.<\/strong> Le besoin de la culture russe en mati\u00e8re de conscience philosophique est clairement d\u00e9clar\u00e9 dans les \u00abLettres philosophiques\u00bb <strong>de P.Ya Chaadaev,<\/strong> \u00e9crites en 1829-1831. Fran\u00e7ais. La publication de la premi\u00e8re lettre dans le magazine Telescope en 1836 s&rsquo;est sold\u00e9e par un scandale &#8211; son auteur a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 fou et assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence, et le r\u00e9dacteur en chef du magazine, professeur de litt\u00e9rature \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou N. I. Nadezhdin, a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 en exil. Le texte de la lettre, tout \u00e0 fait acceptable pour une lecture de salon ou priv\u00e9e (rappelons-nous la r\u00e9action \u00e9pistolaire plut\u00f4t calme de A. S. Pouchkine, qui a lu la premi\u00e8re lettre manuscrite), \u00e9tant entr\u00e9 dans le domaine de la litt\u00e9rature officielle, n&rsquo;a pas seulement choqu\u00e9 la censure politique . Des lamentations am\u00e8res selon lesquelles \u00abnous n&rsquo;avons rien donn\u00e9 au monde, rien pris au monde, nous n&rsquo;avons pas introduit une seule pens\u00e9e dans la masse des id\u00e9es humaines, nous n&rsquo;avons contribu\u00e9 en aucune mani\u00e8re au mouvement en avant de l&rsquo;esprit humain\u00bb, dans un En d\u2019autres termes, <strong>la<\/strong> Russie vit en dehors de l\u2019histoire et constitue quelque chose de tragiquement superflu dans le processus historique, cachant en elle-m\u00eame le besoin urgent de philosopher. Le paradoxe est que la moins \u00abphilosophique\u00bb de toutes les lettres a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e \u00e0 l\u2019imprimerie. Regrettant le manque de logique et de \u00abd\u00e9veloppement coh\u00e9rent de la pens\u00e9e\u00bb n\u00e9cessaire \u00e0 la formation de la conscience nationale, Chaadaev n\u2019\u00e9tait en aucun cas un adepte de la tradition scientifique-rationaliste europ\u00e9enne. Dans son panorama historique et philosophique, Socrate et Aristote sont clairement inf\u00e9rieurs au Mo\u00efse biblique et au proph\u00e8te Mahomet. Chaadaev \u00e9tait un occidental religieux, inspir\u00e9 par les id\u00e9es du traditionalisme catholique (L. G. Bonald, J. de Maistre), r\u00eavant du Royaume de Dieu sur terre et de la mission sociale du christianisme. Les id\u00e9es sur la conscience universelle d\u00e9coulant de son traditionalisme anticiperont les r\u00e9flexions sur la \u00abnature conciliaire\u00bb de la connaissance humaine dans le livre. S. N. Troubetsko\u00ef.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dipl\u00f4m\u00e9 de l&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg, le philologue classique V. S. Pecherin, apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 en Allemagne, quitte la Russie en 1836 et, suite \u00e0 la passion pour le socialisme chr\u00e9tien de l&rsquo;abb\u00e9 F. R. Lamennais, devient pr\u00eatre catholique, vivant dans l&rsquo;ordre des moines trappistes. Le nihilisme national de Pecherin devient une r\u00e9action spirituelle \u00e0 la stagnation politique de l&rsquo;\u00e8re Nicolas. Il symbolise la g\u00e9n\u00e9ration des \u00abgens superflus\u00bb, \u00e0 partir de laquelle se forme alors l\u2019intelligentsia russe.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Slavophilisme.<\/strong> Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 30. l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment social occupe une place importante dans les qu\u00eates philosophiques. Tr\u00e8s vite, cela se traduit par une certaine polarisation de la soci\u00e9t\u00e9, l&rsquo;\u00e9mergence de deux mouvements id\u00e9ologiques, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re voyant la voie \u00e0 la sortie de la stagnation pour la Russie &#8211; le slavophilisme et l&rsquo;occidentalisme. Le slavophilisme s&rsquo;exprime \u00e9galement comme la premi\u00e8re \u00ab\u00e9cole\u00bb philosophique russe (il est clair que le mot \u00ab\u00e9cole\u00bb ne peut \u00eatre utilis\u00e9 que dans un sens figur\u00e9, puisque la plupart des penseurs slavophiles n&rsquo;\u00e9taient pas engag\u00e9s dans des activit\u00e9s d&rsquo;enseignement et acad\u00e9miques). Les slavophiles se donneront pour t\u00e2che de cr\u00e9er une philosophie nationale enracin\u00e9e dans la tradition orthodoxe (l&rsquo;id\u00e9e selon laquelle la nature des Lumi\u00e8res de toute nation est enracin\u00e9e dans sa foi religieuse est l&rsquo;une des id\u00e9es cl\u00e9s du slavophilisme). Les slavophiles d\u00e9veloppent une philosophie religieuse de la culture, soulevant la question de l&rsquo;actualisation du potentiel moral, spirituel et intellectuel, enracin\u00e9 dans l&rsquo;orthodoxie et qui n&rsquo;a pas encore \u00e9t\u00e9 pleinement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et r\u00e9alis\u00e9 dans l&rsquo;histoire de la Russie. L&rsquo;un des dirigeants du camp slavophile, <strong>I.V. Kireevsky, qui<\/strong> avec son destin personnel a construit un pont entre la culture la\u00efque et spirituelle, en participant aux activit\u00e9s d&rsquo;\u00e9dition d&rsquo;Optina Pustyn, se donne pour t\u00e2che une nouvelle lecture des \u0153uvres des Saints P\u00e8res et les reliant \u00e0 la vie moderne. Optina Pustyn, un petit monast\u00e8re autrefois abandonn\u00e9 sur le sol de Kalouga, est en train de devenir non seulement un centre panrusse d&rsquo;anciens, mais aussi un lieu de dialogue productif et de coop\u00e9ration entre les intellectuels la\u00efcs et le monachisme. N.V. Gogol, S.P. Shevyrev, K.K. Zederholm (moine Cl\u00e9ment) et plus tard K.N. Leontiev ont \u00e9t\u00e9 attir\u00e9s par les murs d&rsquo;Optina, \u00e0 la recherche d&rsquo;un environnement spirituel nourrissant. \u00c0 la recherche de \u00abnouveaux d\u00e9parts pour la philosophie\u00bb et en critiquant la rationalit\u00e9 de la philosophie sp\u00e9culative occidentale d&rsquo;Aristote \u00e0 Hegel, le slavophilisme aboutit \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un esprit \u00abentier\u00bb ou \u00abcroyant\u00bb, r\u00e9alisant la connaissance \u00e0 travers des actes de \u00absciences de la vie\u00bb qui allient foi et volont\u00e9, raison, amour, sentiment esth\u00e9tique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Consid\u00e9rant dans la philosophie \u00able r\u00e9sultat g\u00e9n\u00e9ral et le fondement commun de toutes les sciences et le conducteur entre elles et la foi\u00bb, I. V. Kireevsky a propos\u00e9 \u00abla source m\u00eame de la compr\u00e9hension, la mani\u00e8re m\u00eame de penser qui doit \u00eatre \u00e9lev\u00e9e au rang d&rsquo;accord sympathique avec la foi\u00bb. Apr\u00e8s la mort pr\u00e9matur\u00e9e de Kireevsky, <strong>A. S. Khomyakov<\/strong> a tent\u00e9 de poursuivre la mise en \u0153uvre de son projet philosophique, mais n&rsquo;a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9crire que quelques petits articles sp\u00e9cifiquement consacr\u00e9s \u00e0 la philosophie. L&rsquo;h\u00e9ritage th\u00e9ologique et pol\u00e9mique de Khomyakov est plus \u00e9tendu &#8211; il d\u00e9couvre la tradition de la \u00abth\u00e9ologie la\u00efque\u00bb dans la culture russe, et l&rsquo;\u0153uvre de sa vie est un ouvrage sur la philosophie de la religion et la mythologie \u00abNotes sur l&rsquo;histoire du monde\u00bb (avec la main l\u00e9g\u00e8re de N.V. Gogol , appel\u00e9e \u00abS\u00e9miramis\u00bb).<\/p>\n<p align=\"justify\">Khomyakov consid\u00e9rait toute l&rsquo;histoire de l&rsquo;humanit\u00e9 comme la coexistence et la comp\u00e9tition de deux principes &#8211; \u00abl&rsquo;iranisme\u00bb et le \u00abkouchisme\u00bb, qui d\u00e9finissent deux types de religion, dont l&rsquo;une est bas\u00e9e sur l&rsquo;id\u00e9e de la libre cr\u00e9ation du monde, et l\u2019autre sur l\u2019id\u00e9e de\u200b\u200bla naissance n\u00e9cessaire, ou \u00e9manation, du monde \u00e0 partir d\u2019une divinit\u00e9. Khomyakov consid\u00e9rait la philosophie rationaliste comme une sorte de manifestation du koushit\u00e9isme. La tentative slavophile d&rsquo;offrir \u00e0 la culture occidentale une image alternative de la philosophie \u00e9tait enracin\u00e9e dans les origines du paradigme romantique, qui a cependant \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement compl\u00e9t\u00e9 et repens\u00e9 \u00e0 la suite de la \u00abd\u00e9couverte\u00bb de l&rsquo;h\u00e9ritage patristique de tout le continent. Des tentatives similaires ont \u00e9t\u00e9 faites dans la philosophie occidentale &#8211; par exemple dans la \u00abphilosophie du sentiment et de la foi\u00bb de F. G. Jacobi ou dans la \u00abphilosophie positive\u00bb de F. W. J. Schelling, dont la pr\u00e9sentation a \u00e9t\u00e9 suivie de pr\u00e8s par les philosophes russes. En 1841-42, lorsque Schelling donna un cours sur la \u00abPhilosophie de la R\u00e9v\u00e9lation\u00bb \u00e0 Berlin, V. F. Odoevsky et N. A. Melgunov, M. A. Bakunin et Soren Kierkegaard \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 ses conf\u00e9rences.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans les ann\u00e9es 40 du XIX\u00e8me si\u00e8cle la philosophie, tout en restant avant tout le domaine de nobles amateurs, a une influence consid\u00e9rable sur l&rsquo;atmosph\u00e8re intellectuelle g\u00e9n\u00e9rale. A l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, cours sur l&rsquo;histoire du droit par P. G. Redkin et K. D. Kavelin, sur l&rsquo;histoire de la philosophie ancienne &#8211; M. N. Katkov, sur l&rsquo;histoire g\u00e9n\u00e9rale de T.N. Granovsky, sur l&rsquo;histoire russe &#8211; S.M. Solovyov et M.P. Pogodin, selon la litt\u00e9rature de S.P. Shevyrev, ont donn\u00e9 aux \u00e9tudiants une vision philosophique et une \u00e9rudition consid\u00e9rables. Un \u00e9tudiant dans les ann\u00e9es 40, puis professeur de droit civil et philosophe B. N. Chicherin, a rappel\u00e9 ainsi les conf\u00e9rences de Granovsky: \u00abLe contenu philosophique de l&rsquo;histoire \u00e9tait pour lui un \u00e9l\u00e9ment commun, p\u00e9n\u00e9trant dans la mer toujours turbulente des \u00e9v\u00e9nements, se manifestant dans une lutte vivante de passions et d\u2019int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie dans les ann\u00e9es 1840<\/strong> se d\u00e9veloppe sous le signe des enjeux sociaux. Le conflit entre Occidentaux et slavophiles s\u2019inscrit dans le contexte de la fascination de la soci\u00e9t\u00e9 pour les concepts des socialistes utopiques &#8211; C. Fourier, A. Saint-Simon, R. Owen. Des phalanst\u00e8res bas\u00e9s sur les id\u00e9es du \u00absocialisme\u00bb sont cr\u00e9\u00e9s comme les \u00abvendredis\u00bb dans la maison de M. V. Butashevich-Petrashevsky \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, dans le cercle duquel se trouve le jeune Dosto\u00efevski. Tant dans ses formes radicales, appelant \u00e0 la r\u00e9volution sociale et \u00e0 la terreur (V.G. Belinsky, M.A. Bakounine, N.A. Speshnev), que dans des formes plus mod\u00e9r\u00e9es d&rsquo;\u00e9conomisme socialiste (V.N. Maikov, A.I. . Herzen, N.A. Ogarev), le socialisme russe est g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ath\u00e9isme et mat\u00e9rialisme de type Feuerbach. Le socialisme prend rarement la forme de trait\u00e9s philosophiques solides; son m\u00e9dia (pourtant tr\u00e8s influent et impr\u00e9gnant les couches profondes de la soci\u00e9t\u00e9) reste le journalisme de magazine. L&rsquo;un de ses th\u00e8mes principaux est la recherche des sp\u00e9cificit\u00e9s nationales de la propagation du socialisme en Russie &#8211; elle est li\u00e9e \u00e0 la question de la terre et \u00e0 la pr\u00e9servation de la communaut\u00e9 paysanne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie et pouvoir.<\/strong> Les \u00e9tudes philosophiques sont soup\u00e7onn\u00e9es par les autorit\u00e9s. Dans la capitale, A.I. Galich d\u00e9missionne de l&rsquo;universit\u00e9, \u03a6. \u03a6. Sidonsky &#8211; de l&rsquo;Acad\u00e9mie th\u00e9ologique. A. S. Khomyakov est sous la supervision sp\u00e9ciale du Troisi\u00e8me D\u00e9partement. En 1849, sur proposition du ministre de l&rsquo;Instruction publique, Prince. P. A. Shirinsky-Shikhmatov, le tsar a ordonn\u00e9 que la th\u00e9orie de la connaissance, la m\u00e9taphysique, la philosophie morale et l&rsquo;histoire de la philosophie soient retir\u00e9es de l&rsquo;enseignement de la philosophie, ne laissant dans le programme que la logique et la psychologie exp\u00e9rimentale. Parall\u00e8lement, l&rsquo;enseignement des langues anciennes dans les gymnases a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9. Les facult\u00e9s et d\u00e9partements de philosophie des universit\u00e9s russes ont \u00e9t\u00e9 liquid\u00e9s et, sur la base des facult\u00e9s de philosophie, deux facult\u00e9s ind\u00e9pendantes ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es: l&rsquo;histoire et la philologie, et la physique et les math\u00e9matiques. Cela ne pouvait qu&rsquo;affecter l&rsquo;atmosph\u00e8re intellectuelle g\u00e9n\u00e9rale &#8211; bient\u00f4t l&rsquo;id\u00e9al plat du positivisme serait \u00e9tabli pendant de nombreuses ann\u00e9es dans les sciences humaines et naturelles. La r\u00e9forme des gymnases de 1871 a rendu les langues anciennes dans les gymnases, tandis que l&rsquo;\u00e9tude de la philosophie dans les universit\u00e9s est rest\u00e9e longtemps nominale. Le professeur de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou P. D. Yurkevich, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9tabli selon la charte universitaire de 1863 \u00e0 la Facult\u00e9 d&rsquo;histoire et de philologie, a parl\u00e9 du m\u00e9pris pour la philosophie dans son discours \u00e0 l&rsquo;assembl\u00e9e \u00abLa raison selon les enseignements de Platon et l&rsquo;exp\u00e9rience selon les enseignements de Kant\u00bb le jour de Tatiana 1866 D\u00e9partement de philosophie: \u00abN&rsquo;est-ce pas, chers messieurs, que la lente transformation des universit\u00e9s en \u00e9coles polytechniques s&rsquo;op\u00e8re sous nos yeux? L&rsquo;esprit du temps ne d\u00e9truit-il pas l&rsquo;id\u00e9e profonde de la connaissance, qui exige que les apprentissages sp\u00e9cialis\u00e9s se d\u00e9veloppent et se renforcent sur la base large de l&rsquo;\u00e9ducation mentale g\u00e9n\u00e9rale ou holistique et que toute acquisition sur une base particuli\u00e8re soit en m\u00eame temps un accroissement. dans le contenu de l&rsquo;id\u00e9al de la personnalit\u00e9 humaine?<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie dans les acad\u00e9mies de th\u00e9ologie.<\/strong> La philosophie professionnelle dans les universit\u00e9s et les acad\u00e9mies th\u00e9ologiques apporte des r\u00e9sultats tangibles. C&rsquo;est dans l&rsquo;environnement spirituel et acad\u00e9mique que s&rsquo;effectue la premi\u00e8re connaissance de la culture russe avec Kant, en particulier avec sa philosophie morale, qui est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9e. Ils acceptent \u00e9galement les id\u00e9es des kantiens &#8211; V. Krug, K. L. Reingold, qui ont rapproch\u00e9 la philosophie de J. G. Fichte de la philosophie de la \u00abfoi\u00bb de Jacobi. Les id\u00e9es des repr\u00e9sentants des mouvements mystiques occidentaux &#8211; F. Baader, Saint-Martin, Schubert ne sont pas les moins significatives. Trois centres de philosophie spirituelle et acad\u00e9mique sont en cours de cr\u00e9ation: \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, Moscou et Kiev. Plus tard, Kazan les rejoint. V.I. Kutnevich, archipr\u00eatre a laiss\u00e9 sa marque sur l&rsquo;Acad\u00e9mie th\u00e9ologique de Moscou. F. A. Golubinsky, architecte. F. Bukharev, V. D. Kudryavtsev-Platonov, A. I. Vvedensky, au XXe si\u00e8cle. &#8211; pr\u00eatre P. Florensky et M. M. Tareev, \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg &#8211; \u03a6. \u03a6. Sidonsky, \u00e0 Kiev &#8211; V.N. Karpov (plus tard d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg), P.D. Yurkevich, I.M. Skvortsov, S.S. Gogotsky, \u00e0 Kazan &#8211; V.I. Pour l&rsquo;ouvrage \u00abIntroduction \u00e0 la science de la philosophie\u00bb Sidonsky a re\u00e7u le prix Demidov de l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences en 1836 (le partageant avec A.I. Galich, professeur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg), V.N. Karpov a traduit le corpus complet des dialogues de Platon (\u00e0 l&rsquo;exception des \u00abLois\u00bb), S.S. Gogotsky a compil\u00e9 quatre -volume \u00abLexique philosophique\u00a0\u00bb. Le premier essai sur l&rsquo;histoire de la philosophie russe para\u00eet dans le milieu spirituel et acad\u00e9mique, \u00e9crit par l&rsquo;archimandrite Gabriel (Voskresensky), professeur \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Kazan (il composa la 6e partie de son \u00abHistoire de la philosophie\u00bb, publi\u00e9e \u00e0 Kazan en 1839- 1840). Ce qui est caract\u00e9ristique est l&rsquo;indication de l&rsquo;inclination des penseurs grecs orientaux pour la philosophie de Platon (contrairement \u00e0 l&rsquo;Occident, qui a choisi Aristote), ainsi qu&rsquo;un certain nombre de noms &#8211; dont le premier est le m\u00e9tropolite Nikifor, et apr\u00e8s lui Vladimir Monomakh, Daniil Zatochnik, Nil Sorsky, Feofan Prokopovich et d&rsquo;autres \u00e9crivains religieux. Il n&rsquo;y a pas de barri\u00e8res rigides entre l&rsquo;universit\u00e9 et la philosophie spirituelle et acad\u00e9mique &#8211; les meilleurs professeurs des acad\u00e9mies th\u00e9ologiques sont transf\u00e9r\u00e9s dans les d\u00e9partements de philosophie universitaires (ce qui, en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, n&rsquo;arrive pas \u00e0 la fin du 19e si\u00e8cle, sans parler du 20e).<\/p>\n<p align=\"justify\">Au centre de la philosophie spirituelle et acad\u00e9mique se trouvent le probl\u00e8me de la v\u00e9rit\u00e9 spirituelle, comprise comme r\u00e9alit\u00e9 ontologique, et le probl\u00e8me de l\u2019homme, consid\u00e9r\u00e9 du point de vue de sa d\u00e9ification. Le destin tragique de A. M. Boukharev, qui a pos\u00e9 la question \u00abdu rapport de l&rsquo;Orthodoxie \u00e0 la modernit\u00e9\u00bb et a d\u00e9cid\u00e9, en quittant le monast\u00e8re et en mettant fin \u00e0 sa carri\u00e8re spirituelle, de justifier la \u00abpaix\u00bb et le chemin des la\u00efcs vers le salut, fait de lui l&rsquo;un des les principaux pr\u00e9d\u00e9cesseurs de la renaissance religieuse et philosophique russe du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle V. V. I. Nesmelov donne son exp\u00e9rience dans la construction de la th\u00e9ologie anthropologique dans sa \u00abScience de l&rsquo;homme\u00bb (1898-1903), V. D. Kudryavtsev-Platonov cr\u00e9e un syst\u00e8me original de \u00abmonisme transcendantal\u00bb et publie des ouvrages importants sur la philosophie de la religion et l&rsquo;histoire de philosophie ancienne et post-kantienne Alexey I. Vvedensky.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Mat\u00e9rialisme, utilitarisme, anarchisme.<\/strong> Les ann\u00e9es 60 furent une \u00e9poque d&rsquo;engouement pour le mat\u00e9rialisme vulgaire, dont le programme philosophique plut\u00f4t primitif fut remplac\u00e9 un peu plus tard par une philosophie positiviste anti-m\u00e9taphysique. Le concept des \u00abann\u00e9es soixante\u00bb s\u2019av\u00e8re \u00eatre un nom commun pour l\u2019histoire sociale russe. La naissance de diverses \u00abintelligentsias\u00bb lui est associ\u00e9e, dont le moindre r\u00f4le dans la formation est jou\u00e9 par ses \u00abidoles\u00bb &#8211; publicistes et philosophes du \u00abcamp de gauche\u00bb N. G. Chernyshevsky, D. I. Pisarev, P. L. Lavrov, P. N. Tkachev, les magazines \u00abOtechestvennye zapiski\u00bb et \u00abSovremennik\u00bb. Vl. Soloviev caract\u00e9rise cette \u00e9poque comme \u00abl\u2019\u00e8re du changement de deux cat\u00e9chismes\u00bb: \u00abL\u2019autorit\u00e9 obligatoire du m\u00e9tropolite Philar\u00e8te fut soudainement remplac\u00e9e par l\u2019autorit\u00e9 \u00e9galement obligatoire de Ludwig B\u00fcchner.\u00bb Les lecteurs de B\u00fcchner, K. Focht, J. Moleschott et D. F. Strauss sont qualifi\u00e9s de \u00abnihilistes\u00bb. Affirmant la grande valeur des connaissances scientifiques naturelles et de l&rsquo;activit\u00e9 sociale, ils \u00e9taient guid\u00e9s par les id\u00e9aux de l&rsquo;utilitarisme et de \u00abl&rsquo;\u00e9go\u00efsme raisonnable\u00bb (Tchernychevski) et traitaient l&rsquo;id\u00e9alisme philosophique et la \u00abpure beaut\u00e9\u00bb avec m\u00e9pris. P. L. Lavrov dans \u00abLettres historiques\u00bb appelle \u00e0 analyser les ph\u00e9nom\u00e8nes de l&rsquo;histoire et de la conscience en utilisant la \u00abm\u00e9thode subjective\u00bb, mettant en avant l&rsquo;id\u00e9al d&rsquo;une \u00abpersonnalit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;esprit critique\u00bb, qui s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre \u00e0 la fois le but et le moteur du progr\u00e8s historique. La m\u00e9thode subjective des populistes inclut une attitude \u00e9thique envers la connaissance: le but de la qu\u00eate philosophique est la v\u00e9rit\u00e9, comprise comme v\u00e9rit\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire incluant un aspect moral. N.K. Mikha\u00eflovski, dans la pr\u00e9face du 1er volume de ses \u0152uvres Recueillies, parle de l&rsquo;ins\u00e9parabilit\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9-v\u00e9rit\u00e9 de la v\u00e9rit\u00e9-justice. Par la suite, dans \u00abVekhi\u00bb N.A. Berdiaev s\u2019opposera \u00e0 une telle attitude, d\u00e9fendant le caract\u00e8re \u00e9pist\u00e9mologique de la v\u00e9rit\u00e9. Influenc\u00e9 par les pr\u00eaches populistes des ann\u00e9es 70. commence une \u00abmarche de masse vers le peuple\u00bb, qui est remplac\u00e9e \u00e0 la fin de la d\u00e9cennie par une id\u00e9ologie plus radicale de terreur r\u00e9volutionnaire. Les textes des anarchistes russes parus \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger &#8211; M. A. Bakounine, P. A. Kropotkine &#8211; portent un pathos anti-religieux et anti-m\u00e9taphysique actif, nourri par les id\u00e9aux des utopies \u00e9thiques et du socialisme europ\u00e9en.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Vl. S. Soloviev.<\/strong> L\u2019\u00e9tudiant de Yurkevich, Vl., s\u2019est rebell\u00e9 contre l\u2019\u00e9troitesse de l\u2019id\u00e9al positiviste en philosophie dans son m\u00e9moire de ma\u00eetrise \u00abLa crise de la philosophie occidentale (contre les positivistes)\u00bb. S. Soloviev. Le fils du grand historien russe Vl. Soloviev est devenu une figure embl\u00e9matique pour toute une g\u00e9n\u00e9ration de philosophes qui partageaient son orientation religieuse et m\u00e9taphysique. Devenu professeur assistant priv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 21 ans, Soloviev n&rsquo;a n\u00e9anmoins pas li\u00e9 sa vie \u00e0 l&rsquo;enseignement, pr\u00e9f\u00e9rant la carri\u00e8re de professeur universitaire au sort d&rsquo;un scientifique et publiciste libre. Selon L.M. Lopatin, Soloviev fut le premier \u00e0 commencer non seulement \u00e0 pr\u00e9senter des probl\u00e8mes philosophiques en russe, mais \u00e0 tenter de les r\u00e9soudre. S&rsquo;\u00e9tant donn\u00e9 pour t\u00e2che de construire un syst\u00e8me organique dans lequel serait r\u00e9alis\u00e9e une synth\u00e8se de la philosophie, de la science et de la religion, de la philosophie occidentale et de la sagesse orientale, Soloviev a eu l&rsquo;id\u00e9e de \u00abcritique des principes abstraits\u00bb. Selon les principes de l\u2019historicisme (emprunt\u00e9s par lui \u00e0 Hegel), chaque syst\u00e8me philosophique, dans sa v\u00e9rit\u00e9 relative, devait prendre sa place dans la compl\u00e9tude de la \u00abconnaissance globale\u00bb. La m\u00e9taphysique de l&rsquo;unit\u00e9, que Soloviev a commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper, trouvera sa continuation et son d\u00e9veloppement parmi les philosophes de la \u00abRenaissance religieuse russe\u00bb &#8211; S. N. et E. N. Trubetskoy, S. L. Frank, N. O. Lossky, L. P. Karsavin, A. F. Losev et d&rsquo;autres y actualisent. Philosophie russe la doctrine de Sophie, la Sagesse divine, qui sera \u00e9galement accept\u00e9e par plusieurs de ses h\u00e9ritiers &#8211; les pr\u00eatres P. Florensky et S. Boulgakov, les fr\u00e8res S. et E. Trubetskoy, L. P. Karsavin et deviendra l&rsquo;un des \u00e9l\u00e9ments de la philosophie russe m\u00e9taphysique religieuse.<\/p>\n<p align=\"justify\">La sophiologie de Soloviev est enracin\u00e9e non seulement dans la tradition de l&rsquo;Ancien Testament, l&rsquo;architecture des temples et la tradition de la peinture d&rsquo;ic\u00f4nes, mais aussi dans les enseignements mystiques qui trouvent leur origine dans le gnosticisme, l&rsquo;herm\u00e9tisme et d&rsquo;autres enseignements religieux du Moyen-Orient. Dans sa conf\u00e9rence \u00abAffaires historiques de la philosophie\u00bb, Soloviev a soutenu que le temps du d\u00e9veloppement purement th\u00e9orique de la philosophie est r\u00e9volu, que la philosophie a \u00e0 l&rsquo;esprit \u00abl&rsquo;int\u00e9r\u00eat vital de toute l&rsquo;humanit\u00e9\u00bb, \u00abrend l&rsquo;homme pleinement humain\u00bb, lui conf\u00e9rant des connaissance de soi. Le processus historique, selon Soloviev, est une transition de l&rsquo;humanit\u00e9 bestiale \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 divine, le processus d&rsquo;incarnation dans l&rsquo;humanit\u00e9 de l&rsquo;id\u00e9e absolue, la d\u00e9ification de l&rsquo;homme, mais cette d\u00e9ification n&rsquo;est pas comprise dans la tradition des Saints P\u00e8res. Entr\u00e9 dans la litt\u00e9rature comme h\u00e9ritier et continuateur de l&rsquo;\u0153uvre des slavophiles, au milieu. ann\u00e9es 80 Soloviev est favorable au projet d&rsquo;unification des \u00c9glises et cr\u00e9e un mod\u00e8le th\u00e9ocratique d&rsquo;\u00c9tat chr\u00e9tien, attaquant les slavophiles avec de s\u00e9v\u00e8res critiques. Soloviev fut l&rsquo;un des premiers \u00e0 attirer l&rsquo;attention sur Nietzsche dans la culture russe, voyant dans son surhomme une parodie inqui\u00e9tante et dangereuse de son projet historiosophique. L\u2019homme est obscurci par l\u2019humanit\u00e9, la libert\u00e9 humaine par la n\u00e9cessit\u00e9 divine, l\u2019action ne peut \u00eatre \u00abni ralentie ni surmont\u00e9e\u00bb. Soloviev s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre l&rsquo;auteur du premier syst\u00e8me \u00e9thique int\u00e9gral de la philosophie russe, construit dans le livre \u00abLa justification du bien\u00bb. A la fin de sa vie, il acquiert un sens aigu de la r\u00e9alit\u00e9 du mal dans le monde et \u00e9crit les dialogues \u00abTrois conversations sur la guerre, le progr\u00e8s et la fin de l&rsquo;histoire du monde\u00bb, dans lesquels il se tourne vers une interpr\u00e9tation libre du Apocalypse et dresse le tableau du d\u00e9nouement catastrophique de l&rsquo;histoire mondiale, dont le d\u00e9but approche depuis l&rsquo;Est. Le livre sera per\u00e7u comme proph\u00e9tique parmi les symbolistes du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, notamment \u00e0 la lumi\u00e8re de la d\u00e9faite de la Russie dans la guerre russo-japonaise (la venue de l&rsquo;Ant\u00e9christ, selon Soloviev, sera pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de l&rsquo;assaut des Japonais et chinois).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Pessimisme philosophique.<\/strong> Une alternative au positivisme est l&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9mergent pour la philosophie du pessimisme, les syst\u00e8mes d&rsquo;Arthur Schopenhauer et E. von Hartmann. La passion pour le pessimisme se produit sous le signe de la restauration des droits de la m\u00e9taphysique. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment la justification du \u00abbesoin m\u00e9taphysique\u00bb d\u2019une personne qui est donn\u00e9e par Vl. Soloviev a des raisons de voir dans les syst\u00e8mes philosophiques pessimistes les premiers signes d\u2019une sortie de la \u00abcrise de la philosophie occidentale\u00bb. En 1874, la \u00abPhilosophie de l&rsquo;inconscient\u00bb de Hartmann fut traduite par A. A. Kozlov; en 1881, une traduction du livre de A. Schopenhauer \u00abLe monde comme volont\u00e9 et repr\u00e9sentation\u00bb parut, r\u00e9alis\u00e9e par le po\u00e8te A. A. Fet. L&rsquo;\u00e9thique de Schopenhauer, bas\u00e9e sur l&rsquo;id\u00e9e de compassion, a une forte influence sur L. N. Tolsto\u00ef. La lecture du \u00abpenseur solitaire\u00bb Hartmann apporte ses propres notes \u00e0 l&rsquo;\u00abOptina Christianisme\u00bb de K. N. Leontiev, qui, dans sa critique du progr\u00e8s \u00e9galitaire europ\u00e9en, est devenu l&rsquo;un des repr\u00e9sentants et des id\u00e9ologues m\u00e9connus des contre-r\u00e9formes de l&rsquo;\u00e9poque d&rsquo;Alexandre III. .<\/p>\n<p align=\"justify\">La \u00abcompr\u00e9hension esth\u00e9tique de l\u2019histoire\u00bb, bas\u00e9e sur la remarque pertinente de V.V. Rozanov, la vision de l\u2019histoire de L\u00e9ontief et le rigorisme \u00e9thique de Tolsto\u00ef, qui r\u00e9duit le christianisme aux postulats de la morale universelle, peut \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9e comme deux r\u00e9ceptions unilat\u00e9rales du pessimisme de Schopenhauer. La philosophie du pessimisme suscite l\u2019int\u00e9r\u00eat du public pour le bouddhisme et la philosophie orientale. Dans ce contexte, le projet de Vl. n\u2019est en aucun cas accidentel. Soloviev \u00abcombine la compl\u00e9tude des contemplations spirituelles de l\u2019Orient avec la perfection logique de la forme occidentale\u00bb, a-t-il exprim\u00e9 \u00e0 la fin de son m\u00e9moire de ma\u00eetrise \u00abLa crise de la philosophie occidentale\u00bb.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Sciences et religions.<\/strong> Le culte de la science contenu dans l\u2019id\u00e9al positiviste a aussi une certaine influence sur les penseurs religieux. Cela s&rsquo;exprime dans la philosophie de la \u00abcause commune\u00bb du biblioth\u00e9caire du Mus\u00e9e Rumyantsev <strong>N. \u03a6. Fedorov,<\/strong> qui se donne pour mission de vaincre la mort et de \u00abressusciter les p\u00e8res\u00bb en \u00abr\u00e9gulant la nature\u00bb et en renfor\u00e7ant le pouvoir humain sur elle. L&rsquo;enseignement de Fedorov attire l&rsquo;attention d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;adeptes &#8211; Kozhevnikov, Peterson, Tsiolkovsky, Gorsky, Setnitsky, Chizhevsky, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement unis dans la direction du \u00abcosmisme\u00bb. L&rsquo;importance des id\u00e9es de Fedorov a \u00e9t\u00e9 reconnue par les figures de la \u00abrenaissance religieuse russe\u00bb S. N. Boulgakov, V. N. Ilyin, etc. Pour les penseurs qui sont pass\u00e9s par l&rsquo;\u00e9cole du marxisme, le Fedorovisme \u00e9tait une sorte d&rsquo;alternative \u00e0 la philosophie marxiste, en raison de son \u00e9thique accentu\u00e9e. et l&rsquo;exigence que la philosophie ne se limite pas \u00e0 des r\u00e9alisations purement th\u00e9oriques, mais qu&rsquo;elle soit activement mise en \u0153uvre dans la pratique sociale. (Dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du pouvoir sovi\u00e9tique, il y a m\u00eame eu des tentatives de \u00abcroiser\u00bb Fedorov avec Marx &#8211; un exemple en est les \u00abLettres de Russie\u00bb de Harbin de N. A. Setnitsky, \u00e9crites en 1928). En partie sous l\u2019influence de Fedorov, mais plus largement dans la perspective de la philosophie platonicienne d\u2019\u00c9ros, le projet th\u00e9urgique de Vl. Soloviev, qui a eu une s\u00e9rieuse influence sur les symbolistes et la philosophie religieuse du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 80. XIX\u00e8me si\u00e8cle Soloviev pr\u00e9sente un plan de travail sur la \u00abvraie science\u00bb, qu&rsquo;il con\u00e7oit comme une connaissance int\u00e9grale et un pouvoir r\u00e9el \u00e0 l&rsquo;aide desquels la transformation du monde est possible. Dans la m\u00eame d\u00e9cennie, un livre du professeur r\u00e9gional d&rsquo;histoire et de g\u00e9ographie <strong>V. V. Rozanov<\/strong> \u00abSur la compr\u00e9hension\u00bb est apparu. Exp\u00e9rience d&rsquo;exploration de la nature, des fronti\u00e8res et de la structure interne de la science en tant que connaissance int\u00e9grale\u00bb, inspir\u00e9e du m\u00eame id\u00e9al de syst\u00e9matisme, dont les racines remontent aux \u00aborganons\u00bb scientifiques d&rsquo;Aristote et de F. Bacon. Des \u0153uvres philosophiques importantes s&rsquo;av\u00e8rent parfois \u00eatre le fruit d&rsquo;activit\u00e9s amateurs ou semi-professionnelles de scientifiques ayant re\u00e7u une formation en sciences naturelles. Les questions philosophiques et psychologiques p\u00e9n\u00e8trent \u00e9galement dans les travaux des naturalistes: les biologistes I. M. Sechenov et I. I. Mechnikov, le chimiste D. I. Mendeleev, le math\u00e9maticien N. V. Bugaev.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie universitaire \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle.<\/strong> Si les ann\u00e9es 60-70. XIX\u00e8me si\u00e8cle Dans l&rsquo;enseignement universitaire de la philosophie, le positivisme pr\u00e9vaut (les d\u00e9buts d&rsquo;enseignement de Vl. Soloviev \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou sont une exception de courte dur\u00e9e; un partisan de l&#8217;empirisme anglais, M. M. Troitsky, est affect\u00e9 au d\u00e9partement), puis dans les ann\u00e9es 80. La ligne spiritualiste, marqu\u00e9e par l&rsquo;influence de G. W. Leibniz, R. G. Lotze et G. Teichm\u00fcller, s&rsquo;av\u00e8re pr\u00e9dominante. Les fr\u00e8res Sergei et Evgeniy Trubetskoy, qui aimaient lire des classiques de la philosophie d\u00e8s leurs ann\u00e9es de lyc\u00e9e, \u00e9taient v\u00e9ritablement d\u00e9prim\u00e9s par la situation de l&rsquo;enseignement de la philosophie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 au d\u00e9but des ann\u00e9es 80. XIX\u00e8me si\u00e8cle EH Troubetskoy a rappel\u00e9 plus tard: \u00abLa philosophie \u00e0 cette \u00e9poque \u00e9tait tout pour moi et mon fr\u00e8re, donc l&rsquo;universit\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral nous a imm\u00e9diatement fait une impression d\u00e9primante, voire exag\u00e9r\u00e9ement mauvaise. Nous avons imm\u00e9diatement senti qu\u2019il n\u2019y avait personne aupr\u00e8s de qui apprendre la philosophie. \u00c0 cette \u00e9poque, aucun professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Moscou ne connaissait mieux Kant, Schopenhauer et Platon que nous deux, \u00e9tudiants de premi\u00e8re ann\u00e9e.\u00bb Mais bient\u00f4t, la situation change sensiblement pour le mieux. De retour d&rsquo;Europe en 1889, Vl. Soloviev \u00e9crit dans une lettre au philosophe D. N. Tsertelev qu&rsquo;il a trouv\u00e9 \u00abtoute une plantation philosophique\u00bb \u00e0 Moscou. En 1886, N. Ya Grot fut invit\u00e9 d&rsquo;Odessa au D\u00e9partement de philosophie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, ce qui donna une puissante impulsion \u00e0 l&rsquo;existence institutionnelle de la philosophie en Russie. Depuis 1885, <strong>L. M. Lopatin donne des cours de philosophie \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 en tant que professeur assistant priv\u00e9,<\/strong> conservant le d\u00e9partement jusqu&rsquo;en 1919. Toute une g\u00e9n\u00e9ration de personnages de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;argent est pass\u00e9e par l&rsquo;\u00e9cole du philosophe spiritualiste: Lopatin a pass\u00e9 les examens de philosophie aupr\u00e8s de G. G. Shpet. , A.F. Losev, V.Ya Bryusov, etc. Lopatin se concentre sur les questions de causalit\u00e9 et de libre arbitre, qu&rsquo;il r\u00e9sout dans le cadre de la m\u00e9taphysique spiritualiste. Vl pol\u00e9mique avec la doctrine de Lopatin sur la \u00abcausalit\u00e9 cr\u00e9atrice\u00bb enracin\u00e9e dans la physicalit\u00e9 de l\u2019\u00e2me humaine. Soloviev, dont la position inclinait \u00e0 cette \u00e9poque vers une sorte de repensation du transcendantalisme kantien, une opposition \u00e0 la psychologisation de la conscience humaine (tendance similaire \u00e0 celle qui appara\u00eetrait presque au m\u00eame moment chez le fondateur de l&rsquo;\u00e9cole ph\u00e9nom\u00e9nologique, E. Husserl). En 1885, il est dipl\u00f4m\u00e9 de la Facult\u00e9 d&rsquo;histoire et de philologie et a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 de se pr\u00e9parer au poste de professeur <strong>par S.N. Trubetskoy. <\/strong>D\u00e9butant ses activit\u00e9s dans la lign\u00e9e du slavophilisme et de la sophiologie de Soloviev, guid\u00e9 par l&rsquo;id\u00e9e de cr\u00e9er une \u00abgnose orthodoxe\u00bb, il concentra bient\u00f4t son int\u00e9r\u00eat sur l&rsquo;histoire de la philosophie antique, donna des cours sur l&rsquo;Antiquit\u00e9, publia des monographies \u00abLa m\u00e9taphysique dans La Gr\u00e8ce antique\u00bb (1892) \u00abLa doctrine du Logos dans son histoire\u00bb (1900). Dans ses articles, il continue de d\u00e9velopper la m\u00e9taphysique de Soloviev sur l\u2019unit\u00e9 totale, sa doctrine de la v\u00e9rit\u00e9 en tant qu\u2019\u00eatre enti\u00e8rement unitaire. Le s\u00e9minaire universitaire historique et philosophique de S. N. Trubetskoy \u00e9tait d&rsquo;une grande importance et, en mars 1902, il est devenu la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tudiante d&rsquo;histoire et de philologie, \u00e0 laquelle les professeurs P. I. Novgorodtsev, L. M. Lopatin et d&rsquo;autres ont particip\u00e9 en tant que professeurs et \u00e9tudiants, certains d&rsquo;entre eux -. P. A. Florensky, V. F. Ern, V. P. Sventsitsky, A. V. Elchaninov &#8211; deviendront les dirigeants de l&rsquo;\u00e9cole religieuse et philosophique russe. Lors des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9volutionnaires de 1905, CH Troubetsko\u00ef devint le premier recteur \u00e9lu de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou. Pour le philosophe, l\u2019universit\u00e9 \u00e9tait l\u2019incarnation de cette \u00abnature conciliaire de la conscience humaine\u00bb, sur laquelle a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit l\u2019un de ses meilleurs articles philosophiques.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg, une marque significative dans l&rsquo;enseignement de la philosophie a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e par le psychologue et philosophe M. I. Vladislavlev, et dans les ann\u00e9es 80 et 90 par le philosophe n\u00e9o-kantien A. I. Vvedensky, qui a accord\u00e9 une grande attention \u00e0 la construction de l&rsquo;\u00e9pist\u00e9mologie sur le base de la critique kantienne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Revues et soci\u00e9t\u00e9s philosophiques.<\/strong> L&rsquo;existence institutionnelle de la philosophie s&rsquo;est consolid\u00e9e \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle en cr\u00e9ant en Russie un environnement philosophique professionnel dot\u00e9 de sa propre soci\u00e9t\u00e9 et de ses propres p\u00e9riodiques. En 1879, un certain nombre de philosophes et de publicistes, dont A. A. Kireev, T. I. Filippov, N. N. Strakhov, Vl. Solovyov, D.N. Tsertelev, M.I. Karinsky d\u00e9cident de fonder une soci\u00e9t\u00e9 philosophique \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, dont l&rsquo;une des t\u00e2ches serait de d\u00e9velopper l&rsquo;enseignement philosophique dans le pays, mais ils re\u00e7oivent un refus effectif du ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur. La premi\u00e8re tentative de cr\u00e9ation d&rsquo;une revue philosophique p\u00e9riodique a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 Kiev par A. A. Kozlov: en 1885-1887 il publie le \u00abTrimensuel philosophique\u00bb, puis, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre install\u00e9 \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, en 1888-1898. recueil philosophique \u00abTa Parole\u00bb. En 1885, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, \u00e0 l&rsquo;initiative de M. M. Troitsky, fut cr\u00e9\u00e9e la Soci\u00e9t\u00e9 psychologique de Moscou, dans laquelle les philosophes jou\u00e8rent un r\u00f4le important presque d\u00e8s sa fondation: de 1887 \u00e0 1899, la Soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait dirig\u00e9e par N. Ya. Grot, de 1899 \u00e0 1920 . L. M. Lopatin, de 1920 \u00e0 1922. I. A. Ilyin.<\/p>\n<p align=\"justify\">Sous cette soci\u00e9t\u00e9, une s\u00e9rie d&rsquo;\u00ab\u00c9ditions\u00bb et d&rsquo;\u00abActes\u00bb ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es et des traductions d&rsquo;ouvrages importants de classiques philosophiques sont apparues. Depuis 1889, avec la participation de la Soci\u00e9t\u00e9 psychologique de Moscou, est publi\u00e9e la revue \u00abQuestions de philosophie et de psychologie\u00bb (premi\u00e8re \u00e9d. &#8211; N. Ya. Grot), qui est devenue une publication p\u00e9riodique r\u00e9guli\u00e8re, r\u00e9unissant principalement des philosophes d&rsquo;orientation id\u00e9aliste direction. La revue devient une plateforme de publication des proc\u00e8s-verbaux des r\u00e9unions de la Soci\u00e9t\u00e9 de Psychologie, une place importante y est occup\u00e9e par le d\u00e9partement des revues de la derni\u00e8re litt\u00e9rature philosophique publi\u00e9e en Occident, des publications n\u00e9crologiques apparaissent, donnant une \u00e9valuation d\u00e9taill\u00e9e de la philosophie m\u00e9rites des penseurs sortants. En grande partie gr\u00e2ce au magazine, les canons de la pol\u00e9mique philosophique se forment (pol\u00e9mique de Vl. Soloviev avec B. N. Chicherin et G. F. Shershenevich sur les questions d&rsquo;\u00e9thique, provoqu\u00e9e par la publication du livre de Soloviev \u00abLa justification du bien\u00bb, pol\u00e9mique de S. N. Trubetskoy avec B. N. Chicherin sur les fondements de l&rsquo;id\u00e9alisme, etc.). En 1898, la soci\u00e9t\u00e9 philosophique de l&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg a commenc\u00e9 ses travaux avec le rapport de A. I. Vvedensky \u00abLe destin de la philosophie en Russie\u00bb. La communication philosophique se poursuit dans un environnement informel de salon, o\u00f9 se rencontrent philosophes, psychologues, avocats et repr\u00e9sentants de divers horizons culturels. Ces r\u00e9unions comprennent les \u00abmercredis\u00bb dans la maison des Lopatin, les \u00abmercredis\u00bb dans l&rsquo;appartement du professeur du lyc\u00e9e Katkovsky, philosophe et psychologue P. E. Astafiev, et les \u00abvendredis\u00bb \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg avec le po\u00e8te K. K. Sluchevsky. Des pans entiers de la culture philosophique se trouvent en dehors du champ de la philosophie universitaire.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. Il reste tr\u00e8s caract\u00e9ristique que des travaux philosophiques importants se r\u00e9v\u00e8lent \u00eatre le fruit d&rsquo;activit\u00e9s amateurs ou semi-professionnelles de scientifiques ayant re\u00e7u une formation en sciences naturelles. Ainsi, la th\u00e9orie originale des types culturels et historiques sur le sol russe a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par le biologiste N. Ya Danilevsky et le m\u00e9decin de formation K. N. Leontiev. Proche id\u00e9ologiquement de Danilevsky, HH Strakhov, critique litt\u00e9raire, auteur de l&rsquo;essai \u00abLa lutte contre l&rsquo;Occident dans notre litt\u00e9rature\u00bb, qui exprimait l&rsquo;id\u00e9ologie du \u00absolisme\u00bb, a \u00e9galement re\u00e7u une formation en sciences naturelles, est devenu un philosophe h\u00e9g\u00e9lien et a \u00e9crit un ouvrage purement philosophique, \u00abLe monde dans son ensemble\u00bb. C\u2019est en tant que philosophe sous les auspices de Strakhov que V. V. Rozanov entre dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Traductions.<\/strong> Dans la 2\u00e8me moiti\u00e9 du 19\u00e8me si\u00e8cle. un travail syst\u00e9matique commence sur la traduction des classiques philosophiques en russe: Platon est traduit par V. N. Karpov (2e \u00e9d., vol. 1-6, 1863-1879), Vl. S. et M. S. Solovyov (\u00ab\u00a0Cr\u00e9ations de Platon\u00a0\u00bb, vol. 1-2, 1899-1903), Aristote &#8211; V. Snegirev (\u00ab\u00a0Sur l&rsquo;\u00e2me\u00a0\u00bb, 1885), V. V. Rozanov et P. Pervov (1 &#8211; 5e livre de \u00ab\u00a0M\u00e9taphysique\u00a0\u00bb, 1890-1895), Plotin &#8211; M.I. Vladislavlev (1868) et G.V. Malevansky (1898-1900), F. Bacon &#8211; P.A. Bibikov (1874), Descartes (\u00ab\u00a0Discours sur la m\u00e9thode\u00a0\u00bb) &#8211; M. Skiad (1873) et N.A. Lyubimov (1886), Leibniz &#8211; K. Istomin (\u00abTh\u00e9odic\u00e9e\u00bb, 1887 &#8211; 1892), Kant &#8211; Vladislavlev (\u00abCritique de la raison pure\u00bb, 1867) et HM Sokolov (\u00abCritique de la raison pure\u00bb).Pouvoir de jugement , 1896-1898, Vl. S. Solovyov (Prol\u00e9gom\u00e8nes \u00e0 la \u00ab Critique de la raison pure\u00bb, 1874), Hegel &#8211; V. P. Chizhov (\u00abUn cours d&rsquo;esth\u00e9tique ou la science de la beaut\u00e9\u00bb, 1859-1860; \u00abEncyclop\u00e9die des sciences philosophiques\u00bb, vol. 1-3, 1861-1868). Depuis les ann\u00e9es 1860 apparaissent dans la traduction russe du volume \u00abHistoire de la nouvelle philosophie\u00bb de K. Fischer, avec lequel de nombreux intellectuels ont commenc\u00e9 leur connaissance de la philosophie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Litt\u00e9rature et philosophie russes.<\/strong> Deux g\u00e9ants litt\u00e9raires du XIXe si\u00e8cle. L. N. Tolsto\u00ef et F. M. Dosto\u00efevski ne sont plus simplement per\u00e7us comme des professeurs de soci\u00e9t\u00e9 et des \u00abth\u00e9ologiens la\u00efcs\u00bb, mais aussi comme des penseurs (par ce mot dans l&rsquo;histoire de la culture russe, ils d\u00e9signent g\u00e9n\u00e9ralement une personne dont les opinions philosophiques n&rsquo;ont pas abouti \u00e0 une formation acad\u00e9mique, construite). selon certains canons professionnels du syst\u00e8me, mais ont eu un grand impact sur leurs contemporains). Les romans de F. M. Dosto\u00efevski, dans leur influence sur la philosophie mondiale et russe, ne sont en rien inf\u00e9rieurs aux \u0153uvres des philosophes cr\u00e9ateurs de syst\u00e8mes les plus importants. Selon G. Florovsky, Dosto\u00efevski \u00aba une exp\u00e9rience m\u00e9taphysique largement \u00e9largie et approfondie\u00bb. Le fatalisme philosophique et le providentialisme, exprim\u00e9s dans les \u0153uvres romanesques de L\u00e9on Tolsto\u00ef, mais surtout dans ses \u00e9crits \u00e9thiques et ses pol\u00e9miques avec l&rsquo;\u00c9glise orthodoxe, ont eu une grande influence sur la formation de la conscience publique en Russie et au-del\u00e0 de ses fronti\u00e8res. Les probl\u00e8mes pos\u00e9s par la litt\u00e9rature russe sur le bien et le mal, la personnalit\u00e9 et la soci\u00e9t\u00e9, la relation entre le monde et l&rsquo;\u00c9glise, le sens de l&rsquo;histoire, le socialisme et les nouvelles formes d&rsquo;organisation sociale, la violence sociale et le qui\u00e9tisme, la libert\u00e9 et la responsabilit\u00e9, la foi et l&rsquo;incr\u00e9dulit\u00e9, forment progressivement la m\u00e9taphysique de la libert\u00e9 et de la personnalit\u00e9 humaine &#8211; le noyau de la philosophie religieuse russe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Pour la fin du 19\u00e8me si\u00e8cle. caract\u00e9ristique du ph\u00e9nom\u00e8ne de lecture philosophique des textes litt\u00e9raires. La tradition a \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e par V. G. Belinsky et I. V. Kireevsky dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XIXe si\u00e8cle : pour eux, la critique litt\u00e9raire est devenue un genre philosophique. La po\u00e9sie de A. S. Pouchkine, M. Yu Lermontov, F. I. Tyutchev commence \u00e0 \u00eatre comprise philosophiquement. D&rsquo;autre part, la po\u00e9sie d&rsquo;A.K. Tolsto\u00ef, A.N. Maykov, gr. A. A. Golenishchev-Kutuzov, K. K. Sluchevsky se nourrissent activement de motivations philosophiques. Les articles de V. S. Solovyov, K. K. Sluchevsky, V. V. Rozanov poursuivent le travail entrepris par les critiques des ann\u00e9es 30 et 40. une tradition selon laquelle la critique litt\u00e9raire en Russie devient un genre particulier de philosophie. Les articles de V. V. Rozanov d\u00e9crivent une pol\u00e9mique qui s&rsquo;est poursuivie dans le contexte de la \u00abnouvelle conscience religieuse\u00bb \u00e0 propos de l&rsquo;\u0153uvre de N. V. Gogol et des derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, marqu\u00e9es par la conversion religieuse. La philosophie russe devient centr\u00e9e sur la litt\u00e9rature, ce qui se refl\u00e8te non seulement dans les \u0153uvres des penseurs du XXe si\u00e8cle, mais contribue \u00e9galement &#8211; par la diffusion de la litt\u00e9rature philosophique russe dans la diaspora &#8211; \u00e0 la gloire mondiale de la litt\u00e9rature russe du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie du marxisme.<\/strong> Pens\u00e9e sociale de la fin du XIXe si\u00e8cle. dans ses orientations lib\u00e9rales et radicales se caract\u00e9rise par une croyance in\u00e9branlable dans le progr\u00e8s social. Sur la question des m\u00e9thodes de connaissance historique, au subjectivisme des populistes s\u2019oppose le d\u00e9terminisme historique des marxistes. La traduction russe du 1er volume du \u00abCapital\u00bb de K. Marx, r\u00e9alis\u00e9e par G. A. Lopatin, para\u00eet en Russie en 1872, et le marxisme se r\u00e9pand en Russie et s&rsquo;\u00e9tend depuis le milieu des ann\u00e9es 80. Les activit\u00e9s des cercles marxistes sont li\u00e9es aux activit\u00e9s litt\u00e9raires de G. V. Plekhanov et du groupe genevois \u00ab\u00c9mancipation du travail\u00bb (1883), dont les membres avaient traduit environ 30 ouvrages majeurs des fondateurs du marxisme en 1900. Initialement, le marxisme est per\u00e7u comme un \u00ab\u00e9conomisme\u00bb, comme une sorte de religion social-dogmatique qui fournit une cl\u00e9 universelle pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes sociaux. Pens\u00e9e marxiste du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. La tentative de voir dans le marxisme une \u00abreligion sans Dieu\u00bb est caract\u00e9ristique de ce qu\u2019on appelle b\u00e2tisseurs de dieux (A.V. Lunacharsky, V.A. Bazarov, P.S. Yushkevich). Dans un effort pour adapter l&#8217;empirio-critique et l&#8217;empirio-monisme d&rsquo;E. Mach et R. Avenarius aux besoins de la philosophie sociale du marxisme, A. A. Bogdanov cr\u00e9e une \u00abscience organisationnelle universelle\u00bb, la \u00abtectologie\u00bb, y voyant l&rsquo;aspect scientifique id\u00e9ologie de la soci\u00e9t\u00e9 future. V. I. Ulyanov (pseud. &#8211; V. L\u00e9nine, V. Ilyin) s&rsquo;est prononc\u00e9 contre les empiriomonistes, affirmant dans le livre \u00abMat\u00e9rialisme et empirio-critique\u00bb (1909) le mat\u00e9rialisme dialectique comme la seule philosophie du marxisme. G. V. Plekhanov a d\u00e9fendu l&rsquo;id\u00e9e de la philosophie comme m\u00e9thodologie des sciences sp\u00e9ciales qui unit la totalit\u00e9 de l&rsquo;exp\u00e9rience humaine.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00ab\u00a0Du marxisme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9alisme.\u00a0\u00bb<\/strong> Le processus de \u00abcantisation du marxisme\u00bb en cours en Europe &#8211; chez Stammler, puis dans le r\u00e9visionnisme social, par exemple chez Bernstein, visait \u00e0 r\u00e9aliser les pr\u00e9requis \u00e9pist\u00e9mologiques de la cognition et de la pratique sociales, \u00e0 distinguer entre n\u00e9cessit\u00e9 sociale et obligation \u00e9thique, ce qui a une signification. source dans la volont\u00e9 humaine et dans laquelle est pr\u00e9sente la conscience qu&rsquo;a une personne de sa propre libert\u00e9 influence \u00e9galement le d\u00e9veloppement de ce qu&rsquo;on appelle \u00abmarxisme l\u00e9gal\u00bb en Russie. L&rsquo;\u00e9thique, en tant que sujet le moins d\u00e9velopp\u00e9 du marxisme, n\u00e9cessite pour sa r\u00e9solution un appel \u00e0 l&rsquo;id\u00e9alisme philosophique &#8211; de type n\u00e9o-kantien, avec l&rsquo;id\u00e9e de normativit\u00e9 et la valeur des jugements moraux (N. A. Berdiaev), immanentiste (W. Schuppe), qui justifie les normes morales dans une substance spirituelle ( P.B. Struve), ou \u00e0 la m\u00e9taphysique religieuse dans l&rsquo;esprit de Vl. Soloviev, qui voit dans le royaume des objectifs moraux &#8211; le bien &#8211; l&rsquo;expression d&rsquo;un seul principe absolu, dont d&rsquo;autres modes sont la v\u00e9rit\u00e9 et la beaut\u00e9 (S. N. Boulgakov). Initialement, le marxisme est per\u00e7u comme un enseignement universel qui fournit la cl\u00e9 pour r\u00e9soudre tous les probl\u00e8mes sociaux. Cependant, la \u00abpauvret\u00e9 philosophique du marxisme\u00bb (expression de B.P. Vysheslavtsev) et son incoh\u00e9rence avec les besoins spirituels de l&rsquo;\u00e9poque sont cit\u00e9s par un certain nombre de soi-disant des \u00abmarxistes l\u00e9gaux\u00bb sous l&rsquo;influence de Kant et de Vl. Soloviev sur la position de l&rsquo;id\u00e9alisme philosophique. En 1902, sous le label de la Soci\u00e9t\u00e9 psychologique de Moscou, fut publi\u00e9e la collection \u00abProbl\u00e8mes d&rsquo;id\u00e9alisme\u00bb, con\u00e7ue \u00e0 l&rsquo;origine par son \u00e9diteur P. B. Struve comme une publication consacr\u00e9e au probl\u00e8me de la libert\u00e9 de conscience. La t\u00e2che principale de cette collection \u2013 donner un nouveau programme id\u00e9aliste pour le mouvement de lib\u00e9ration en Russie \u2013 montre \u00e0 quel point la philosophie en Russie \u00e9tait \u00e9troitement li\u00e9e aux tentatives visant \u00e0 ses implications historiques modernes. Comme l\u2019a d\u00e9clar\u00e9 le publiciste A. S. Glinka-Volzhsky en 1904, \u00abla compr\u00e9hension de la philosophie en Russie est avant tout \u00e9thique\u00bb. La controverse entre P. B. Struve et N. A. Berdiaev sur les questions d&rsquo;\u00e9thique, qui a \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9e comme dans la pr\u00e9face de Struve, l&rsquo;ancien auteur du premier programme politique du parti marxiste en Russie, au livre de Berdiaev \u00abSubjectivisme et individualisme dans la philosophie sociale de N. K. Mikhailovsky\u00a0\u00bb, et dans les articles \u00ab\u00a0Probl\u00e8mes de l&rsquo;id\u00e9alisme\u00a0\u00bb, elle a affirm\u00e9 la position de \u00ab\u00a0l&rsquo;individualisme \u00e9thique\u00a0\u00bb, l&rsquo;autonomie spirituelle de l&rsquo;individu, tandis que N.A. Berdiaev a vu la valeur de la personnalit\u00e9 humaine dans le fait qu&rsquo;elle exprime certains principes universels, suivant la logique de Vl. Soloviev, qui croyait dans sa \u00ablogique organique\u00bb selon laquelle le plus individuel est en m\u00eame temps le plus universel. Les \u00abprobl\u00e8mes de l&rsquo;id\u00e9alisme\u00bb ont \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9s par les contemporains comme \u00abune expansion de l&rsquo;union entre l&rsquo;id\u00e9alisme philosophique et l&rsquo;id\u00e9alisme pratique et politique\u00bb, initi\u00e9e par Vl. Soloviev.<\/p>\n<p align=\"justify\">Dans la collection \u00abVekhi\u00bb (1909), qui fut un \u00e9v\u00e9nement important dans la polarisation de la conscience publique en Russie, l&rsquo;opposition \u00e0 l&rsquo;utilitarisme, \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomisme et \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique eud\u00e9monique se conjugua avec une critique acerbe de l&rsquo;id\u00e9al socialiste. Les auteurs de \u00abVekhi\u00bb, unis par le path\u00e9tique commun de critique de l&rsquo;intelligentsia radicale pour sa \u00abren\u00e9gatit\u00e9\u00bb et son \u00ababsence de fondement\u00bb, pour sa s\u00e9paration du peuple qu&rsquo;elle d\u00e9fend et sa foi religieuse, ont occup\u00e9 des positions tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes dans le domaine socio-\u00e9thique sens: des aspirations d\u2019un nouveau collectivisme religieux et de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne de Berdiaev et Boulgakov \u00e0 la pr\u00e9dication de la \u00abconscience de soi cr\u00e9atrice\u00bb et de la responsabilit\u00e9 personnelle de l\u2019homme envers la soci\u00e9t\u00e9 de Struve et M. O. Gershenzon.<\/p>\n<p align=\"justify\">Bas\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9thique et la philosophie sociale Vl. Soloviev, sa critique du nationalisme (collection \u00abLa question nationale en Russie\u00bb, num\u00e9ro 1 &#8211; 1\u00e8re \u00e9d., 1884; num\u00e9ro 2 &#8211; 1891), la philosophie sociale du lib\u00e9ralisme russe et l&rsquo;\u00e9cole lib\u00e9rale de philosophie du droit se forment, reliant le droit avec la moralit\u00e9 et le probl\u00e8me de l&rsquo;id\u00e9al social &#8211; avec la r\u00e9alisation de soi de la personnalit\u00e9 humaine (P. I. Novgorodtsev, E. N. Trubetskoy, A. S. Yashchenko). Dans l&rsquo;\u00e9migration, l&rsquo;\u00e9tude des \u00abfondements spirituels de la soci\u00e9t\u00e9\u00bb, des fondements religieux et moraux du droit et de l&rsquo;\u00c9tat est poursuivie par S. L. Frank, I. A. Ilyin, N. N. Alekseev et d&rsquo;autres.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>L&rsquo;influence de Nietzsche.<\/strong> Une place particuli\u00e8re dans la conscience publique du d\u00e9but du si\u00e8cle est occup\u00e9e par l&rsquo;immoralisme de F. Nietzsche, sa doctrine de la \u00abr\u00e9\u00e9valuation des valeurs\u00bb, exprim\u00e9e dans l&rsquo;id\u00e9e du \u00absurhomme\u00bb. Le d\u00e9but de la connaissance des id\u00e9es de Nietzsche en Russie remonte \u00e0 1891; leur importance et leur danger \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 reconnus par Vl. Soloviev. Cependant, l\u2019apog\u00e9e de son influence remonte aux premi\u00e8res ann\u00e9es du XXe si\u00e8cle. Les partisans du courant id\u00e9aliste \u00e9taient attir\u00e9s par le caract\u00e8re absolu de l\u2019id\u00e9al \u00e9thique de Nietzsche, la proclamation de la valeur intrins\u00e8que de la personnalit\u00e9 id\u00e9ale, la r\u00e9bellion contre l\u2019\u00e9crasement de l\u2019homme et sa d\u00e9valorisation et la critique de l\u2019hypocrisie de la morale bourgeoise. L\u2019\u00e9thique de \u00abl\u2019amour du lointain\u00bb de F. Nietzsche a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e par l\u2019\u00e9thique autonome de Kant, \u00abl\u2019\u00e9thique du devoir\u00bb. La conscience religieuse de la d\u00e9cadence, de couleur eschatologique, qui arrive au premier plan culturel, per\u00e7oit parfois Nietzsche comme un proph\u00e8te religieux, fustigeant les p\u00e9ch\u00e9s du christianisme historique, \u00e9tablissant un nouvel id\u00e9al transcendantal. C&rsquo;\u00e9tait en grande partie la perception de Nietzsche par les cr\u00e9ateurs du symbolisme philosophique et po\u00e9tique (A. Bely, Vyach. Ivanov). Nietzsche devient une figure paradigmatique, ils essaient de trouver un analogue russe de Nietzsche chez K. N. Leontiev ou V. V. Rozanov, L. Chestov entreprend une comparaison de la philosophie morale de Nietzsche et de L. N. Tolsto\u00ef.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Rencontres et soci\u00e9t\u00e9s religieuses et philosophiques.<\/strong> Statut social de la philosophie au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. augmente consid\u00e9rablement, la discussion des questions philosophiques d\u00e9passe les fronti\u00e8res des d\u00e9partements philosophiques et des cercles de salons, des conf\u00e9rences publiques et des pages des publications sp\u00e9cialis\u00e9es. En 1901 &#8211; 1903 Des r\u00e9unions religieuses et philosophiques ont lieu \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, sanctionn\u00e9es par le procureur g\u00e9n\u00e9ral du Saint-Synode, K. P. Pobedonostsev et m\u00e9tropolite de Saint-P\u00e9tersbourg. Antoine (Vadkovski). Sur fond de grand toll\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral provoqu\u00e9 par l&rsquo;excommunication de L\u00e9on Tolsto\u00ef le 20 f\u00e9vrier 1901, les r\u00e9unions deviennent un forum o\u00f9 sont soulev\u00e9es des questions sur la libert\u00e9 de conscience, la famille et le mariage, les rapports entre l&rsquo;\u00c9glise et l&rsquo;\u00c9tat, le sexe et le \u00absaint chair.\u00a0\u00bb Ces r\u00e9unions s&rsquo;av\u00e8rent \u00eatre la premi\u00e8re exp\u00e9rience d&rsquo;une rencontre entre l&rsquo;intelligentsia la\u00efque et les repr\u00e9sentants du clerg\u00e9. Malgr\u00e9 l&rsquo;arr\u00eat des r\u00e9unions (22 r\u00e9unions ont eu lieu), elles sont devenues une recherche d&rsquo;un champ commun pour la culture la\u00efque et religieuse lors de l&rsquo;examen de questions publiques urgentes. Les initiateurs des r\u00e9unions \u00e9taient les \u00e9crivains philosophes D. S. Merezhkovsky, D. V. Filosofov, Z. N. Gippius, V. V. Rozanov, V. A. Ternavtsev. Pour publier les proc\u00e8s-verbaux des r\u00e9unions, la revue \u00abNouvelle Voie\u00bb est cr\u00e9\u00e9e (1901 &#8211; 1904), qui se transforme ensuite en la revue \u00abQuestions de vie\u00bb, qui devient une plateforme pour les id\u00e9ologues du courant id\u00e9aliste l&rsquo;ann\u00e9e du Premier R\u00e9volution russe. Suite au Vl. Soloviev, en particulier ses premi\u00e8res m\u00e9taphysiques, ils ont d\u00e9velopp\u00e9 l&rsquo;id\u00e9ologie du \u00abnouveau conscience religieuse\u00bb, dans laquelle l&rsquo;attente chiliastique d&rsquo;un nouveau public, fond\u00e9e sur les principes du public chr\u00e9tien, se conjugue avec l&rsquo;aspiration d&rsquo;une nouvelle Pentec\u00f4te, r\u00e9v\u00e9lation particuli\u00e8re dans l&rsquo;histoire du Saint-Esprit, troisi\u00e8me hypostase de la Trinit\u00e9. Cet enseignement exprime une fois de plus l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une troisi\u00e8me alliance, \u00ab\u00e9ternelle\u00bb, qui devrait succ\u00e9der \u00e0 l&rsquo;Ancien et au Nouveau Testament, pr\u00e9sents dans Vl. Soloviev et remontant \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation chiliastique de l&rsquo;Apocalypse par un moine calabrais du XIIe si\u00e8cle. Joachim de Florsky.<\/p>\n<p align=\"justify\">Les sch\u00e9mas triadiques d&rsquo;interpr\u00e9tation de l&rsquo;histoire, o\u00f9 l&rsquo;isolement universel et l&rsquo;\u00e9go\u00efsme sont remplac\u00e9s par une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur \u00abl&rsquo;amour universel\u00bb et le principe hi\u00e9ratique, remontent dans la philosophie russe, \u00e0 commencer par Soloviev, non seulement au triadisme de la philosophie h\u00e9g\u00e9lienne ou au triadisme correspondant. mod\u00e8les des classiques allemands. Les utopies de ce type, sur lesquelles ils tentent de construire des projets sociaux sp\u00e9cifiques dans l\u2019esprit de la \u00abth\u00e9ocratie libre\u00bb de Soloviev, sont l\u00e0 encore de nature clairement \u00e9thique. L&rsquo;un des id\u00e9ologues de la \u00abnouvelle conscience religieuse\u00bb N.A. Berdiaev pr\u00e9voit que l&rsquo;\u00e9thique du droit et l&rsquo;\u00e9thique de l&rsquo;amour devraient \u00eatre remplac\u00e9es par l&rsquo;\u00e9thique de la cr\u00e9ativit\u00e9. Le proph\u00e9tisme devient l\u2019une des fonctions du journalisme religieux et philosophique, qui se fonde sur des constructions philosophiques et m\u00e9taphysiques. La m\u00e9taphysique de l&rsquo;unit\u00e9, qui absorbe l&rsquo;exp\u00e9rience de la tradition philosophique occidentale de Parm\u00e9nide \u00e0 Schelling, est \u00e0 nouveau sollicit\u00e9e au printemps 1905 par la soci\u00e9t\u00e9 religieuse et philosophique \u00e0 la m\u00e9moire de Vl. Solovieva. Un r\u00f4le particulier dans sa cr\u00e9ation a \u00e9t\u00e9 jou\u00e9 par les membres de la Fraternit\u00e9 chr\u00e9tienne de lutte V.F. Ern et V.P. Sventsitsky, avec la participation active de P.A. Florensky et A. Bely. La soci\u00e9t\u00e9 a tent\u00e9 d&rsquo;organiser ses activit\u00e9s tout au long de 1905, mais aucune autorisation officielle n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue. Il a \u00e9t\u00e9 officiellement inaugur\u00e9 le 5 octobre 1906 avec un rapport de S. N. Boulgakov (son pr\u00e9sident de facto) \u00abDosto\u00efevski et la modernit\u00e9\u00bb. Bien que la charte de la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9clare qu\u2019elle \u00abvise \u00e0 \u00e9tudier de mani\u00e8re approfondie les questions de religion et de philosophie\u00bb, la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait initialement domin\u00e9e par des d\u00e9bats sociopolitiques utilisant la religion comme l\u2019un des outils de lutte politique contre l\u2019autocratie. N\u00e9anmoins, l&rsquo;importance de la Soci\u00e9t\u00e9 religieuse et philosophique de Moscou pour la vie philosophique du pays \u00e9tait \u00e9norme. Ayant exist\u00e9 jusqu&rsquo;en 1918, il a r\u00e9ussi \u00e0 devenir un terreau f\u00e9d\u00e9rateur et fertile pour les philosophes moscovites d&rsquo;orientation non seulement religieuse et philosophique. La soci\u00e9t\u00e9 doit une grande partie de son succ\u00e8s au philanthrope M.K. Morozova, chez qui se tenaient la plupart des r\u00e9unions. Des soci\u00e9t\u00e9s religieuses et philosophiques sont n\u00e9es \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg (il y avait deux sections: une section pour l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;histoire, de la philosophie et du mysticisme du christianisme et une section pour l&rsquo;\u00e9tude de l&rsquo;histoire et de la philosophie de la religion), \u00e0 Kiev, Kharkov, Tiflis, Rybinsk. Contrairement au District f\u00e9d\u00e9ral russe de Moscou, qui ne publiait pas ses protocoles, les Notes du District f\u00e9d\u00e9ral russe (1908-1916) \u00e9taient publi\u00e9es \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg. A Moscou, la soci\u00e9t\u00e9 religieuse et philosophique \u00e0 la m\u00e9moire de Vl. Soloviev op\u00e9rait parall\u00e8lement \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 psychologique de Moscou, qui travaillait activement, s&rsquo;en distinguant par une plus grande ind\u00e9pendance (le MPO, qui existait \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, d\u00e9pendait des d\u00e9cisions de l&rsquo;universitaire et du conseil d&rsquo;administration, en outre, en raison des convictions philosophiques personnelles de L. M. Lopatin, philosophie religieuse et orientations individuelles de la philosophie occidentale moderne, par exemple le n\u00e9o-kantisme).<\/p>\n<p align=\"justify\">Depuis 1909, il existe \u00e0 Moscou un Cercle des chercheurs de l&rsquo;illumination chr\u00e9tienne, \u00e9galement appel\u00e9 Cercle Novoselovsky, du nom de l&rsquo;un de ses membres &#8211; l&rsquo;\u00e9diteur de la Biblioth\u00e8que religieuse et philosophique M. A. Novoselov, qui s&rsquo;est \u00e9loign\u00e9 du tolsto\u00efsme du \u00c9crivain orthodoxe. Bien que le cercle des participants au cercle chevauchait le RFO \u00e0 la m\u00e9moire de Vl. Soloviev, c&rsquo;\u00e9tait plus restreint et leurs activit\u00e9s au sein de la Confr\u00e9rie \u00e9taient men\u00e9es sur une base plus confessionnelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire orthodoxe. Les membres de la Confr\u00e9rie \u00e9taient N. N. Arsenyev, S. N. Boulgakov, S. N. Durylin, V. A. Kozhevnikov, A. A. Kornilov, F. D. Samarin, L. A. Tikhomirov, Prince. E. N. et S. N. Trubetskoy, pr\u00eatre. P.A. Florensky, prot. I. Fudel, S. A. Tsvetkov, V. F. Ern et autres.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>\u00c9diteurs et publications.<\/strong>\u00a0Avec le soutien financier et id\u00e9ologique de Morozova, la maison d&rsquo;\u00e9dition \u00ab Put \u00bb est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Moscou (1910-1919). Parmi les 45 livres publi\u00e9s par cette maison d&rsquo;\u00e9dition figurent les \u0153uvres compl\u00e8tes de I. V. Kireevsky, P. Ya Chaadaev, s\u00e9rie.<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00abPenseurs russes\u00bb, qui a publi\u00e9 les biographies intellectuelles de G. S. Skovoroda, A. S. Khomyakov, A. A. Kozlov, des traductions de la litt\u00e9rature catholique et des \u0153uvres fran\u00e7aises de Vl. Soloviev, un certain nombre d&rsquo;ouvrages de philosophes faisant partie du groupe d&rsquo;\u00e9dition \u00abPuti\u00bb &#8211; S. A. Askoldov, N. A. Berdiaev, S. N. Boulgakov, M. O. Gershenzon, N. O. Lossky, E. N. Trubetskoy, pr\u00eatre P. A. Florensky, V. F. Ern, recueils d&rsquo;articles sur Vl. Solovyov et L.N. Tolsto\u00ef, manuscrits mystiques d&rsquo;A.N. Schmidt publi\u00e9s par S.N. Le programme de publication \u00abChemins\u00bb \u00e9tait une tentative d&rsquo;identifier la tradition philosophique nationale et de faire revivre l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment slavophile dans la pens\u00e9e philosophique russe.<\/p>\n<p align=\"justify\">Une alternative unique \u00e0 \u00abLa Voie\u00bb est le cercle de la maison d&rsquo;\u00e9dition \u00abMusaget\u00bb, ainsi que celui publi\u00e9 sous cette direction en 1910-1914. le magazine \u00ab\u00a0Logos\u00a0\u00bb, publi\u00e9 sous la direction de S. I. Gessen, F. A. Stepun, E. K. Medtner, avec la participation de B. V. Yakovenko, V. E. Seseman. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;une version russe de la \u00abPublication internationale sur les questions culturelles\u00bb, \u00e9galement publi\u00e9e dans des \u00e9ditions allemande et italienne. Les \u00e9diteurs du magazine sont pass\u00e9s par une \u00e9cole de philosophie en Allemagne, \u00e0 Heidelberg. Ils consid\u00e9raient la philosophie comme une connaissance rationnelle et scientifique, libre de toute influence extra-philosophique. Logos a publi\u00e9 un article du fondateur de l&rsquo;\u00e9cole ph\u00e9nom\u00e9nologique, Ed. La \u00abPhilosophie comme science rigoureuse\u00bb de Husserl, cependant, la ph\u00e9nom\u00e9nologie en tant que direction g\u00e9n\u00e9rale n&rsquo;\u00e9tait pas typique de la revue. Guid\u00e9s par le paradigme n\u00e9o-kantien de la philosophie, les \u00e9diteurs de Logos \u00e9taient tr\u00e8s critiques \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la tradition populiste et positiviste et de la ligne religieuse et m\u00e9taphysique de Soloviev en philosophie, y voyant une d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019\u00e9l\u00e9ments extra-philosophiques. N\u00e9anmoins, Logos a fourni ses pages aux publications de repr\u00e9sentants du camp oppos\u00e9, partisans de la philosophie intuitionniste de N. O. Lossky et S. L. Frank, et de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9lien I. A. Ilyin. La bataille pol\u00e9mique entre deux directions, symbolis\u00e9e sous la forme la plus g\u00e9n\u00e9rale par les noms de \u00abLogos\u00bb et de \u00abChemin\u00bb, a \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9e dans le recueil de V. F. Ern \u00abLa lutte pour le Logos\u00bb. L&rsquo;influence de la philosophie allemande sur la soci\u00e9t\u00e9 s&rsquo;est sensiblement att\u00e9nu\u00e9e avec le d\u00e9clenchement de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et la mont\u00e9e du sentiment anti-allemand.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le nombre de p\u00e9riodiques proposant r\u00e9guli\u00e8rement leurs pages \u00e0 des publications philosophiques est en augmentation. Outre les \u00abQuestions de philosophie et de psychologie\u00bb qui continuent d&rsquo;\u00eatre syst\u00e9matiquement publi\u00e9es, ces revues comprennent \u00abMonde de Dieu\u00bb, \u00abRevue critique\u00bb, \u00abPens\u00e9e russe\u00bb, \u00abBulletin de l&rsquo;Europ \u00bb, \u00abRichesse russe\u00bb et des publications p\u00e9riodiques. \u00abQuestions de th\u00e9orie et de psychologie de la cr\u00e9ativit\u00e9\u00bb ( Kharkov, 1907 &#8211; 1923), \u00abNouvelles id\u00e9es en philosophie\u00bb (Saint-P\u00e9tersbourg, 1912-1914; 14 num\u00e9ros ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s). Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. Les premi\u00e8res tentatives de publication d&rsquo;\u0153uvres rassembl\u00e9es de philosophes russes ont \u00e9t\u00e9 entreprises: deux \u00e9ditions &#8211; en 1901 &#8211; 1903 et 1911 &#8211; 1914. \u0153uvres rassembl\u00e9es de Vl. S. Solovyov (en 8 et 10 volumes, respectivement), les \u0153uvres rassembl\u00e9es de K. N. Leontiev (1911 &#8211; 1914; en 9 volumes), inachev\u00e9es en raison du d\u00e9clenchement de la guerre; les \u0153uvres rassembl\u00e9es de L. I. Chestov (1911; en 6 volumes) Ce dernier est publi\u00e9 du vivant de l&rsquo;auteur, qui n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 mi-chemin de son parcours cr\u00e9atif. Tout cela indique que la philosophie est progressivement mais fermement incluse dans le processus culturel g\u00e9n\u00e9ral en Russie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie universitaire au d\u00e9but XXe si\u00e8cle<\/strong> Dans les universit\u00e9s, il existe des d\u00e9partements de philosophie \u00e0 Moscou, Dorpat (Yuryev), Kazan, Kharkov, Saint-P\u00e9tersbourg, Kiev, Odessa, Varsovie, Tomsk et, en 1909, un d\u00e9partement a \u00e9t\u00e9 ouvert \u00e0 la nouvelle universit\u00e9 Nikolaev de Saratov. La sp\u00e9cialisation en philosophie s&rsquo;ouvre dans les facult\u00e9s d&rsquo;histoire et de philologie, ce qui permet aux \u00e9tudiants de recevoir une formation compl\u00e8te en sciences humaines, combinant des cours de philosophie avec une formation historique et philologique syst\u00e9matique. \u00c0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, \u00e0 partir de 1906, la philosophie est pass\u00e9e d&rsquo;une discipline d&rsquo;enseignement g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 une discipline professionnelle: \u00e0 l&rsquo;initiative de G. I. Chelpanov, un groupe sp\u00e9cial a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour former des philosophes. Parmi les professeurs du d\u00e9partement de philosophie figurent G. G. Shpet, V. F. Ern, P. P. Blonsky, A. I. Ognev, V. M. Ekzemplyarsky. L&rsquo;\u00e9tude des disciplines philosophiques a \u00e9galement lieu au D\u00e9partement de philosophie du droit et d&rsquo;histoire de la philosophie du droit, supervis\u00e9 par EH Trubetskoy, et parmi les professeurs adjoints priv\u00e9s se trouvaient P.I. Novgorodtsev, I.A. Ilyin, NH Alekseev et d&rsquo;autres. En 1911, apr\u00e8s l&rsquo;incident des gr\u00e8ves \u00e9tudiantes et l&rsquo;introduction de la police \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9, plus de 100 professeurs et professeurs associ\u00e9s ont d\u00e9missionn\u00e9. EH Troubetskoy a commenc\u00e9 \u00e0 enseigner la philosophie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 A.L. Shanyavsky, cr\u00e9\u00e9e en 1906, o\u00f9 se tenaient ses s\u00e9minaires sur la philosophie de Vl. Solovyov, qui a constitu\u00e9 la base du livre \u00abWorldview of Vl. Soloviev\u00a0\u00bb (1913). P. I. Novgorodtsev et S. N. Boulgakov ont rejoint l&rsquo;Institut commercial de Moscou. \u00c0 Saint-P\u00e9tersbourg, les activit\u00e9s du d\u00e9partement universitaire de philosophie sont associ\u00e9es aux noms des \u00e9tudiants de A. I. Vvedensky, N. O. Lossky et I. I. Lapshin, ainsi que de l&rsquo;\u00e9tudiant de V. Windelband et G. Rickert, S. I. Gessen. Lors des cours sup\u00e9rieurs pour femmes, n\u00e9s \u00e0 Moscou et \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg en 1869, la philosophie de Vl. Soloviev, E. L. Radlov, G. G. Shpet et bien d&rsquo;autres. \u00c0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Kazan, N. A. Vasiliev cr\u00e9e une \u00ablogique imaginaire\u00bb &#8211; une des variantes de la syllogistique non classique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Renaissance religieuse et philosophique russe.<\/strong> Philosophie du d\u00e9but du XXe si\u00e8cle. est inclus dans l&rsquo;histoire de la culture russe sous le nom de renaissance religieuse et philosophique russe. Ce concept est introduit \u00e0 la suggestion du philologue classique \u03a6. \u03a6. Zelinsky, traducteur de Sophocle, chercheur et vulgarisateur exceptionnel de la culture ancienne. En Russie, o\u00f9 l&rsquo;\u00e8re de la Renaissance n&rsquo;a laiss\u00e9 aucune trace et, de plus, il n&rsquo;y a pas eu de p\u00e9riode de classiques philosophiques, la Renaissance pourrait signifier un appel aux valeurs de la culture hell\u00e9nique, \u00e0 l&rsquo;humanisme classique, repens\u00e9 sur la base de la culture orthodoxe, \u00e0 une culture accrue int\u00e9r\u00eat pour la compr\u00e9hension philosophique du th\u00e8me de l&rsquo;homme, caract\u00e8re de la culture similaire au syncr\u00e9tisme alexandrin, vari\u00e9t\u00e9 des \u00abqu\u00eates et errances\u00bb spirituelles. Chez Dosto\u00efevski, qui a exprim\u00e9 le th\u00e8me de la libert\u00e9 humaine avec une force sans pr\u00e9c\u00e9dent, la culture de la Renaissance russe a trouv\u00e9 son Hom\u00e8re. La Laure Trinit\u00e9-Serge appara\u00eet chez le P. Pavel Florensky est \u00e0 la fois l&rsquo;h\u00e9riti\u00e8re de l&rsquo;Hellade antique et l&rsquo;ent\u00e9l\u00e9chie-r\u00e9alisation de l&rsquo;id\u00e9e russe. La philosophie religieuse russe ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une partie de la palette id\u00e9ologique et philosophique de l&rsquo;\u00e9poque, mais sa signification d\u00e9passe largement le cadre de la culture nationale. C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 elle que la philosophie russe devient une partie essentielle et originale du processus philosophique mondial, dont l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour l&rsquo;\u00e9tude ne se tarit pas encore aujourd&rsquo;hui dans le monde. Loin d&rsquo;\u00eatre r\u00e9ductible dans ses origines \u00e0 la Tradition chr\u00e9tienne, aux \u0153uvres des Saints P\u00e8res, et d&rsquo;appara\u00eetre parfois comme une \u00abh\u00e9r\u00e9siologie religieuse\u00bb (selon les mots de saint Serge Boulgakov), elle constitue n\u00e9anmoins une tentative de comprendre la sp\u00e9cificit\u00e9 de la La mentalit\u00e9 russe, la culture et l&rsquo;histoire russes, bas\u00e9es sur le r\u00f4le syst\u00e9mique du christianisme orthodoxe en eux, avec l&rsquo;adoption duquel l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00c9tat et de la culture en Russie a commenc\u00e9 au sens propre du terme. Le principal terreau de la philosophie de la renaissance religieuse russe fut le platonisme christianis\u00e9, adopt\u00e9 sur le sol russe dans les \u0153uvres de Vl. Soloviev, ainsi que la monadologie de Leibniz et la philosophie critique de Kant. L\u2019exp\u00e9rience de l\u2019\u00c9glise viendra \u00e0 de nombreux philosophes de la Renaissance russe plus tard, apr\u00e8s octobre 1917. La \u00abligne Soloviev\u00bb en philosophie h\u00e9rite du plus grand philosophe platonicien de Russie, qui perp\u00e9tue la tradition m\u00e9taphysique de la philosophie classique (peut-\u00eatre apr\u00e8s que cette tradition elle-m\u00eame se soit \u00e9puis\u00e9e en Occident), le \u00abmoine-chevalier\u00bb (tel que d\u00e9fini par A. A. Blok ), qui a incarn\u00e9 les principes de la philosophie dans l&rsquo;\u0153uvre de sa vie, ce qui se refl\u00e8te dans le principe de \u00abconstruction de la vie\u00bb parmi les symbolistes et les d\u00e9cadents. La philosophie n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e sous son aspect purement th\u00e9orique et scientifique, mais sous l\u2019aspect pratique de la \u00abcr\u00e9ation de la vie\u00bb, o\u00f9 la vie du cr\u00e9ateur elle-m\u00eame re\u00e7oit le statut d\u2019\u0153uvre philosophique ou artistique.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Sophiologie et philosophie de la libert\u00e9.<\/strong> Platonicienne, et plus encore \u00e9l\u00e9atique dans ses origines, la \u00abm\u00e9taphysique de l&rsquo;unit\u00e9\u00bb, pour laquelle la compr\u00e9hension ontologique de la V\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait pertinente, la probl\u00e9matique de l&rsquo;Absolu, de l&rsquo;existant, du principe primordial, cherchait une sorte d&rsquo;ontologie. dans lequel le sujet de la r\u00e9flexion philosophique serait l\u2019\u00eatre \u00abinterm\u00e9diaire\u00bb qui r\u00e9v\u00e8le l\u2019absolu en soi. Elle s&rsquo;exprime selon trois modes: la sophiologie, le symbolisme et l&rsquo;imeslavia. La sophiologie, devenue une sorte de modification du platonisme sur le sol russe, se caract\u00e9rise par la traduction dans le langage de la dogmatique chr\u00e9tienne du sentiment cosmologique de la \u00abm\u00e8re de la terre crue\u00bb (Dosto\u00efevski), la tradition populaire d&rsquo;honorer le clan, la fertilit\u00e9, exprim\u00e9e dans le folklore russe et la pi\u00e9t\u00e9 rituelle. De Soloviev, fascin\u00e9 par le gnosticisme pal\u00e9ochr\u00e9tien et la gnose europ\u00e9enne, le th\u00e8me sophiologique est pass\u00e9 \u00e0 Pavel Florensky et Sergius Boulgakov, exprim\u00e9s dans leur d\u00e9sir de l&rsquo;expliquer \u00e0 partir de la Tradition de l&rsquo;\u00c9glise &#8211; iconographie, liturgie, etc.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Boulgakov<\/strong> tente de voir en Sofia un sujet transcendantal de l&rsquo;\u00e9conomie mondiale, de construire sa \u00abphilosophie de l&rsquo;\u00e9conomie\u00bb sur ce concept, de voir la t\u00e2che de la pratique sociale dans la \u00abosophie du monde\u00bb, de rendre \u00e0 la nature son \u00e9tat originel. La beaut\u00e9 sofiane. Boulgakov termine son parcours cr\u00e9atif dans l&rsquo;\u00e9migration avec la cr\u00e9ation d&rsquo;un syst\u00e8me grandiose de th\u00e9ologie sophiologique, dans lequel il pr\u00e9tend \u00eatre une nouvelle pr\u00e9sentation du dogme chr\u00e9tien, r\u00e9solvant le probl\u00e8me de la relation entre Dieu et le monde \u00e0 travers l&rsquo;id\u00e9e de nature non hypostatique, une pour Dieu et l&rsquo;univers. D&rsquo;apr\u00e8s le R\u00e9v. A. Schmemann, Boulgakov reste un \u00abphilosophe en th\u00e9ologie\u00bb et fait face \u00e0 la condamnation de ses id\u00e9es par un certain nombre de hi\u00e9rarques de l&rsquo;\u00c9glise. Dans une veine plus orthodoxe, <strong>EH Troubetskoy tente de r\u00e9soudre sa sophiologie,<\/strong> voyant dans Sophia Platon le \u00abmonde des id\u00e9es en Dieu\u00bb et abandonnant l\u2019id\u00e9e d\u2019une Sophia cr\u00e9\u00e9e ou d\u00e9chue. Dans un groupe de philosophes r\u00e9unis autour de \u00ab La Voie \u00bb, il polarise sa position \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de S. N. Boulgakov, n&rsquo;\u00e9tant pas satisfait de son \u00abmat\u00e9rialisme religieux\u00bb, qui, \u00e0 son avis, justifie et sanctifie trop radicalement l&rsquo;existence mat\u00e9rielle naturelle. Apr\u00e8s 1917, les probl\u00e8mes sophiologiques se sont av\u00e9r\u00e9s importants pour L.P. Karsavin et V.N. Ilyin (en exil) et A.F. Losev, qui l&rsquo;ont transform\u00e9 en doctrine de la t\u00e9tractie.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>S. L. Frank<\/strong>\u00a0et\u00a0<strong>N. O. Lossky<\/strong>\u00a0d\u00e9veloppent une philosophie de l&rsquo;unit\u00e9, \u00e9vitant les constructions sophiologiques. Commen\u00e7ant \u00e0 construire une th\u00e9orie de la connaissance dans le cadre du mod\u00e8le intuitionniste, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9s par le philosophe fran\u00e7ais A. Bergson, alors populaire en Russie, ils en sont venus \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de constructions ontologiques, et Lossky, pr\u00e9sentant le monde comme un \u00ab organisme organique \u00bb. entier \u00bb, s&rsquo;inspire d&rsquo;un mod\u00e8le spiritualiste de type leibnizien, combinant sa m\u00e9taphysique pluraliste des \u00ab figures substantielles \u00bb avec la m\u00e9taphysique de la libert\u00e9, et Frank poursuit la tradition des apophatiques chr\u00e9tiennes depuis Denys l&rsquo;Ar\u00e9opagite jusqu&rsquo;\u00e0 Nicolas de Cues et Ma\u00eetre Eckhart, en consid\u00e9rant la r\u00e9alit\u00e9. en lien direct avec la profondeur spirituelle de l&rsquo;individu, cr\u00e9ant une ontologie et une psychologie existentielles (bien que d\u00e9j\u00e0 en exil).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>N.A. Berdiaev<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Une place particuli\u00e8re dans la \u00abligne Soloviev\u00bb de la philosophie russe est occup\u00e9e par <strong>N. A. Berdiaev,<\/strong>\u00a0qui partage le path\u00e9tique g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;enseignement de Soloviev sur la virilit\u00e9 divine comme sens et but de l&rsquo;histoire, mais se m\u00e9fie des tendances d\u00e9terministes et impersonnalistes de la m\u00e9taphysique. d&rsquo;unit\u00e9. H\u00e9ritant de J. Boehme, F. von Baader et Schelling, Berdiaev cr\u00e9e une m\u00e9taphysique de la libert\u00e9, dans laquelle la libert\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re pr\u00e9-existentielle, primordiale, pr\u00e9c\u00e9dant la Divinit\u00e9 elle-m\u00eame. Berdiaev s&rsquo;oppose \u00e0 la sophiologie, y voyant le danger du d\u00e9terminisme et de la suppression de la libert\u00e9 cr\u00e9atrice de l&rsquo;individu. De la philosophie de la libert\u00e9 de Berdiaev d\u00e9coule le personnalisme chr\u00e9tien, doctrine de l\u2019homme qui a eu une grande influence sur l\u2019existentialisme fran\u00e7ais (E. Mounier et autres) et plus largement sur la culture europ\u00e9enne.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Philosophie du nom.<\/strong> Apr\u00e8s la publication du livre de sch\u00e9mas en 1907. Hilarion \u00ab\u00a0Sur les montagnes du Caucase\u00a0\u00bb sur Athos surgit le mouvement th\u00e9ologique de l&rsquo;imeslaviya, dont l&rsquo;essence s&rsquo;exprime dans une v\u00e9n\u00e9ration particuli\u00e8re du Nom de Dieu, dans l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;au Nom de \u00ab\u00a0J\u00e9sus\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Dieu lui-m\u00eame\u00a0\u00bb se r\u00e9v\u00e8le. La r\u00e9action \u00e0 la condamnation ult\u00e9rieure de ce mouvement par le Saint-Synode en 1913 et aux mesures administratives qui ont conduit \u00e0 la dispersion effective du monast\u00e8re fait na\u00eetre chez nombre de philosophes chr\u00e9tiens le d\u00e9sir de justifier th\u00e9oriquement les enseignements des Imeslavites. Cela marque le d\u00e9but de la \u00abphilosophie du Nom\u00bb, une modification particuli\u00e8re du \u00abr\u00e9alisme\u00bb philosophique m\u00e9di\u00e9val sur le sol russe, qui accepte cependant les outils id\u00e9ologiques de la philosophie europ\u00e9enne du langage (W. von Humboldt et Schleiermacher) et Linguistes russes (A. A. Potebny). Le nom d&rsquo;une chose n&rsquo;\u00e9tait pas vu comme un signe conventionnel, mais comme une expression directe de sa nature ontologique, dans l&rsquo;esprit des enseignements de saint Paul. Gr\u00e9gory Palamas \u00e0 propos des \u00e9nergies, le nom \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une sorte particuli\u00e8re d&rsquo;\u00e9nergie qui ouvre la \u00abchose en soi\u00bb vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, donnant acc\u00e8s \u00e0 sa connaissance. Les \u0153uvres de P. Florensky et S. Boulgakov, A. F. Losev ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es dans la veine de l&rsquo;Imeslavia. Leur apparition remonte \u00e0 la p\u00e9riode post\u00e9rieure \u00e0 1917 et, dans le cas de la \u00abPhilosophie du nom\u00bb de S. N. Boulgakov, elle est associ\u00e9e aux activit\u00e9s d&rsquo;une commission sp\u00e9cialement cr\u00e9\u00e9e pour examiner l&rsquo;affaire Imeslavsky au sein du Conseil local panrusse de 1917-1918.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>Symbolisme philosophique.<\/strong> Le symbolisme philosophique, bas\u00e9 sur l&rsquo;existence de deux plans de r\u00e9alit\u00e9, m\u00e9di\u00e9s par un type particulier d&rsquo;\u00ab\u00eatre double\u00bb, la r\u00e9alit\u00e9 symbolique des ph\u00e9nom\u00e8nes primaires (J.V. Goethe) est \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 la litt\u00e9rature et \u00e0 la po\u00e9sie du d\u00e9but du si\u00e8cle. Le symbole en tant qu&rsquo;\u00eatre \u00abplus grand que lui-m\u00eame\u00bb (Florensky) est devenu l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9flexion th\u00e9orique tant par les po\u00e8tes et th\u00e9oriciens du symbolisme po\u00e9tique A. Bely et V. I. Ivanov que par le th\u00e9ologien et philosophe P. Florensky, pour qui le le symbole est le concept central de sa \u00abm\u00e9taphysique concr\u00e8te\u00bb, et qui a connu Ed. Husserl et Cassirer <strong>A.F. Losev,<\/strong>\u00a0dont le nom-symbole se r\u00e9v\u00e8le dans la dialectique absolue la plus raffin\u00e9e, identique \u00e0 la mythologie absolue (et le mythe est compris, \u00e0 la suite de Schelling, comme un \u00eatre historique concret, en devenir).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>G.G. Shpet<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Les probl\u00e8mes de nom et de symbole s&rsquo;av\u00e8rent importants pour la \u00abphilosophie positive\u00bb <strong>de G. G. Shpet.<\/strong> \u00c9tudiant de Husserl, qui a commenc\u00e9 dans les ann\u00e9es pr\u00e9-r\u00e9volutionnaires comme vulgarisateur de ses id\u00e9es en Russie, il cr\u00e9e une herm\u00e9neutique ph\u00e9nom\u00e9nologique originale, dans laquelle les probl\u00e8mes du mot et du symbole sont r\u00e9solus conform\u00e9ment \u00e0 la m\u00e9thode eid\u00e9tique de Husserl, \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 s\u00e9mantique et symbolique se r\u00e9v\u00e8le \u00abferm\u00e9e\u00bb sur elle-m\u00eame, sans exiger ce qui caract\u00e9rise la philosophie religieuse de la transcendance \u00e0 l\u2019Absolu. Apr\u00e8s avoir abandonn\u00e9 des ouvrages pr\u00e9cieux sur la logique, l&rsquo;herm\u00e9neutique, l&rsquo;histoire de la philosophie, l&rsquo;esth\u00e9tique et un certain nombre d&rsquo;essais critiques \u00e9l\u00e9gants, Shpet, \u00e0 la fin de sa vie, fut retir\u00e9 du travail philosophique et fut contraint de se lancer dans des traductions de l&rsquo;\u00abAlexandrin\u00bb culture spirituelle de la Renaissance religieuse et philosophique, toute une s\u00e9rie d&rsquo;enseignements philosophiques sont apparus, qui ne pr\u00e9tendent pas cr\u00e9er une \u00e9cole philosophique, mais sont le produit d&rsquo;attitudes id\u00e9ologiques personnelles: le m\u00e9onisme de H. M. Minsky, l&rsquo;anarchisme mystique de G. I. Chulkov, le philosophie du sexe de V. V. Rozanov, etc.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La situation philosophique en Russie apr\u00e8s 1917<\/strong> Les cinq premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s la R\u00e9volution d&rsquo;Octobre 1917 changent qualitativement la situation philosophique en Russie, mais l&rsquo;intensit\u00e9 du processus philosophique ne diminue en aucun cas. En 1918, I. A. Ilyin a soutenu sa th\u00e8se de doctorat \u00abLa philosophie de Hegel comme doctrine du caract\u00e8re concret de Dieu et de l&rsquo;homme\u00bb, contournant la d\u00e9fense du ma\u00eetre (les dipl\u00f4mes universitaires furent bient\u00f4t annul\u00e9s par un d\u00e9cret du Conseil des commissaires du peuple). Apr\u00e8s la mort de L. M. Lopatin, il devient pr\u00e9sident de la Soci\u00e9t\u00e9 psychologique de Moscou. Durant l&rsquo;hiver 1918-1819. Berdiaev cr\u00e9e l&rsquo;Acad\u00e9mie libre de culture spirituelle (VADC) \u00e0 Moscou, o\u00f9 les cours sont donn\u00e9s par A. Bely, Vyach. Ivanov, S.L. Frank, F.A. Stepun. N.A. Berdiaev est arriv\u00e9 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Moscou, o\u00f9 la Facult\u00e9 des sciences sociales a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1919. En 1920, il est devenu professeur et a enseign\u00e9 la vision du monde de Dosto\u00efevski et la philosophie de l\u2019histoire. En 1917, S. L. Frank devient doyen de la facult\u00e9 d&rsquo;histoire et de philologie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Saratov. En 1921, de retour \u00e0 Moscou, il donne des cours ind\u00e9pendants \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou. Jusqu&rsquo;en 1923, G. G. Shpet et G. I. Chelpanov ont continu\u00e9 \u00e0 enseigner \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9. Shpet dirige l&rsquo;Institut de philosophie scientifique de la Fondation de l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, qui dispense des cours de logique et de m\u00e9thodologie des sciences, d&rsquo;\u00e9thique, de psychologie et d&rsquo;histoire de la philosophie. Un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants s&rsquo;est form\u00e9 autour de Shpet, assimilant les id\u00e9es de ph\u00e9nom\u00e9nologie et d&rsquo;herm\u00e9neutique &#8211; A. S. Akhmanov, qui devint plus tard professeur de philosophie \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou, N. I. Zhinkin, A. G. Tsires, qui a travaill\u00e9 avec succ\u00e8s en URSS dans le domaine de l&rsquo;esth\u00e9tique et de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art. .<\/p>\n<p align=\"justify\">\u00c0 Petrograd, en 1918, L.P. Karsavin, c\u00e9l\u00e8bre historien m\u00e9di\u00e9viste, devient professeur d&rsquo;universit\u00e9 et entre dans le domaine de l&rsquo;activit\u00e9 philosophique au cours de la premi\u00e8re d\u00e9cennie post-r\u00e9volutionnaire. Il participe aux travaux de la Soci\u00e9t\u00e9 philosophique de Petrograd et de l&rsquo;Association philosophique libre (Wolfila). L&rsquo;exp\u00e9rience des bouleversements sociaux incite \u00e0 la r\u00e9flexion sur les th\u00e8mes de la culture, des valeurs et de l&rsquo;humanisme. Le rapport \u00abL&rsquo;effondrement de l&rsquo;humanisme\u00bb est lu \u00e0 Petrograd par A. Blok, le th\u00e8me de la coercition des formes culturelles objectiv\u00e9es devient central dans la \u00abcorrespondance des deux c\u00f4t\u00e9s\u00bb de la station thermale bolchevique de Plyushchikha \u00e0 Moscou Viatch Ivanov et M. O. Gershenzon. Un certain nombre d&rsquo;ouvrages culturels et religieux de M. O. Gershenzon sont en cours de publication, dont les probl\u00e8mes ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9fl\u00e9chis avant m\u00eame la r\u00e9volution. Un certain nombre d&rsquo;almanachs et de recueils philosophiques et philosophico-politiques sont apparus &#8211; \u00e0 Moscou \u00abDes profondeurs\u00bb (1918), dans lequel le \u00abpeuple Vekhi\u00bb donne la premi\u00e8re compr\u00e9hension de la r\u00e9volution qui a eu lieu, l&rsquo;annuaire philosophique \u00abPens\u00e9e et parole\u00bb (1917-1921) \u00e9d. G. Shpet, \u00e0 Petrograd &#8211; la revue \u00abPens\u00e9e\u00bb (1922), l&rsquo;organe de la Soci\u00e9t\u00e9 philosophique de l&rsquo;Universit\u00e9 de Petrograd, les almanachs \u00abPh\u00e9nix\u00bb (Moscou) et \u00abSagittaire\u00bb (Petrograd). Cependant, nombreux sont ceux qui sont contraints de quitter la capitale. S.N. Boulgakov, devenu pr\u00eatre en 1918, se retrouve en Crim\u00e9e, E.H. Troubetskoy meurt du typhus en 1920 \u00e0 Novorossiysk. Viach. Ivanov d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 Bakou, o\u00f9 il devient professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 locale. V.V. Rozanov, fuyant la faim, quitte Petrograd pour les murs de la Laure Trinit\u00e9-Serge et meurt de faim et de maladie en 1919. En fait, pour la m\u00eame raison, L.M. Lopatin est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1920. Tout le monde ne parvient pas \u00e0 s&rsquo;adapter aux nouvelles conditions de vie. C&rsquo;est au cours des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es qui ont suivi la publication d&rsquo;Octobre que plusieurs ouvrages ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans lesquels on a tent\u00e9 de donner une description syst\u00e9matique de l&rsquo;histoire de la philosophie russe. A.F. Losev \u00e9crit un essai \u00abPhilosophie russe\u00bb (1919) pour la revue suisse \u00abRussia\u00bb. \u00abEssai sur l&rsquo;histoire de la philosophie russe\u00bb de E. L. Radlov, la premi\u00e8re partie de \u00abl&rsquo;Essai sur l&rsquo;histoire de la philosophie russe\u00bb de G. G. Shpet (page 1922), \u00abEssais sur la philosophie russe\u00bb (Berlin, 1922) de B. V. Yakovenko sont publi\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"justify\">Au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1922, sous la direction de L\u00e9nine, des listes furent dress\u00e9es pour l&rsquo;expulsion de Russie sans droit de retour d&rsquo;environ 200 repr\u00e9sentants de l&rsquo;intelligentsia, dont des philosophes, des \u00e9crivains et des scientifiques. La raison formelle de l&rsquo;expulsion \u00e9tait la publication du recueil \u00abOswald Spengler et le d\u00e9clin de l&rsquo;Europe\u00bb (M, 1922) avec des articles de Berdiaev, Ya M. Bukshpan, Stepun et Frank. La plupart d&rsquo;entre eux passaient par Petrograd, d&rsquo;o\u00f9 ils \u00e9taient transport\u00e9s par bateau \u00e0 vapeur jusqu&rsquo;\u00e0 Hambourg. N.A. Berdiaev, B.P. Vysheslavtsev, I.A. Ilyin, I.I. Lapshin, N.O. Lossky, L.P. Karsavin ont quitt\u00e9 la Russie apr\u00e8s l&rsquo;occupation de la Crim\u00e9e, il y a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Constantinople. Avec les philosophes qui ont quitt\u00e9 la Russie pour diverses raisons avant la r\u00e9volution (L. L. Kobylinsky (Ellis), L. I. Chestov, B. V. Yakovenko), ainsi qu&rsquo;avec ceux qui ont r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9migrer des r\u00e9gions occup\u00e9es par les bolcheviks, principalement d&rsquo;Ukraine et de Crim\u00e9e (N. N. Alekseev, N. S. Arsenyev, G. D. Gurvich, S. I. Gessen, V. V. Zenkovsky, V. N. Ilyin, G. P. Fedotov, G. V. Florovsky), ils ont form\u00e9 l&rsquo;environnement philosophique russe dans la diaspora.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie en URSS dans les ann\u00e9es 1920-1930.<\/strong> Depuis 1923, la Russie sovi\u00e9tique a finalement adopt\u00e9 une voie visant \u00e0 supprimer le pluralisme des \u00e9coles et courants philosophiques, \u00e9tablissant la philosophie sous la forme d\u2019un \u00abmat\u00e9rialisme dialectique\u00bb comme servante de l\u2019id\u00e9ologie du parti. Le leader de ce processus est la revue \u00abSous la banni\u00e8re du marxisme\u00bb (1922-1944), publi\u00e9e de 1926 \u00e0 1930 sous la direction de. A.M. D\u00e9borina. En 1918, l&rsquo;Acad\u00e9mie socialiste des sciences sociales a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, rebaptis\u00e9e \u00e0 partir de 1924 Acad\u00e9mie communiste sous le Comit\u00e9 ex\u00e9cutif central de l&rsquo;URSS (le Bulletin de l&rsquo;Acad\u00e9mie communiste a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9, 1922 &#8211; 1935), dans lequel des conf\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es sur la philosophie du marxisme. . En 1921, l&rsquo;Institut des chaires rouges a \u00e9t\u00e9 ouvert pour former des professeurs de sciences sociales; en 1922, les premiers manuels sur le mat\u00e9rialisme dialectique et historique de N. Ya Bukharin, S. Ya Wolfson et V. N. Sarabyanov ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s. Cependant, l&rsquo;\u00e9tude des disciplines philosophiques n&rsquo;impliquait la formation professionnelle de sp\u00e9cialistes en philosophie qu&rsquo;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 20, lorsque la sp\u00e9cialit\u00e9 \u00abphilosophie\u00bb a \u00e9t\u00e9 ouverte \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Moscou. Apr\u00e8s la mort de V. I. L\u00e9nine en 1924, l&rsquo;image d&rsquo;un leader-philosophe a commenc\u00e9 \u00e0 se former, ce qui a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9 par la publication en 1924 du livre d&rsquo;A. M. Deborin \u00abL\u00e9nine en tant que philosophe\u00bb, publi\u00e9 en 1929-1930. Les notes de L\u00e9nine sur la philosophie allemande, qui n&rsquo;\u00e9taient pas sp\u00e9cifiquement destin\u00e9es \u00e0 la publication (\u00abCahiers philosophiques\u00bb; le fragment \u00abSur la question de la dialectique\u00bb a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 en 1925). En 1931, l&rsquo;Institut d&rsquo;histoire, de philosophie et de litt\u00e9rature (IFLI) est cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Moscou, o\u00f9 sont dispens\u00e9s des cours sur l&rsquo;histoire de la philosophie et un certain nombre de disciplines philosophiques. L\u2019\u00e9tude de la philosophie \u00e9tait subordonn\u00e9e au sch\u00e9ma de L\u00e9nine des \u00abtrois sources et trois composantes du marxisme\u00bb, qui incluait la philosophie classique allemande, avec un accent sur la ligne mat\u00e9rialiste feuerbachienne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Le marxisme russe des ann\u00e9es 20 est devenu une id\u00e9ologie. sur le plan th\u00e9orique, elle se situe infiniment plus bas que les qu\u00eates philosophiques des philosophes id\u00e9ologiquement \u00abde gauche\u00bb du d\u00e9but du si\u00e8cle. La pratique s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le crit\u00e8re de v\u00e9rit\u00e9, et le cr\u00e9ateur de la \u00abscience organisationnelle universelle\u00bb A. A. Bogdanov d\u00e9c\u00e8de lors d&rsquo;une exp\u00e9rience de transfusion sanguine \u00e0 l&rsquo;Institut de transfusion sanguine qu&rsquo;il a cr\u00e9\u00e9. Dans les ann\u00e9es 1920, un nouveau canon de discussion philosophique a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9, qui avait des connotations politiques dans la recherche d&rsquo;ennemis. Un exemple d\u2019une telle discussion est le d\u00e9bat sur la relation entre la philosophie et les sciences naturelles, inspir\u00e9 du livre de I. I. Stepanov (Skvortsov) \u00abLe mat\u00e9rialisme historique et les sciences naturelles modernes\u00bb. Les parties en conflit \u00e9taient appel\u00e9es \u00abm\u00e9canistes\u00bb et \u00abdialecticiens\u00bb. Les \u00abm\u00e9canistes\u00bb croyaient que les lois de la dialectique ne peuvent remplacer les conclusions des sciences priv\u00e9es, que les lois philosophiques ne sont qu&rsquo;une conclusion g\u00e9n\u00e9ralisatrice de la recherche scientifique priv\u00e9e. Les dialecticiens ont insist\u00e9 sur l&rsquo;irr\u00e9ductibilit\u00e9 des formes sup\u00e9rieures de mouvement aux formes inf\u00e9rieures, sur l&rsquo;importance de la m\u00e9thodologie philosophique comme forme synth\u00e9tique de connaissance. Malgr\u00e9 la convergence des positions des parties en conflit, toutes deux ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es par la ligne officielle du \u00abparti\u00bb en philosophie, exprim\u00e9e par M. B. Mitin, P. F. Yudin, F. V. Konstantinov, qui ont re\u00e7u un mandat de Staline pour supprimer les qu\u00eates philosophiques. Apr\u00e8s la publication en 1938 du \u00abCours abr\u00e9g\u00e9 sur l&rsquo;histoire du Parti communiste des bolcheviks de toute l&rsquo;Union\u00bb, l&rsquo;enseignement de la philosophie dans les \u00e9tablissements d&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur se r\u00e9duisit en fait \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude du deuxi\u00e8me paragraphe du 4e chapitre \u00abSur la dialectique\u00bb et le mat\u00e9rialisme historique.<\/p>\n<p align=\"justify\">Malgr\u00e9 le diktat id\u00e9ologique du marxisme et le d\u00e9part de Russie de la plupart des philosophes de formation professionnelle, l\u2019impulsion philosophique re\u00e7ue au d\u00e9but du si\u00e8cle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant. En 1923-1929 dans l&rsquo;\u00c9tat. G. G. Shpet travaille dans les acad\u00e9mies des sciences artistiques (en 1927 Shpet est devenu vice-pr\u00e9sident de l&rsquo;Acad\u00e9mie d&rsquo;\u00c9tat des sciences agricoles et en 1928 il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lu au d\u00e9partement), G. I. Chelpanov, A. F. Losev, V. P. Zubov, A. G. Gabrichevsky, dans VKhUTEMAS en 1921 Pavel Florensky fut \u00e9lu professeur au d\u00e9partement \u00abAnalyse de la spatialit\u00e9 dans les \u0153uvres d&rsquo;art\u00bb. Il devra bient\u00f4t se recentrer sur son travail de scientifique des mat\u00e9riaux et d&rsquo;ing\u00e9nieur \u00e9lectricien. Les r\u00e9alisations les plus importantes de la philosophie russe de cette p\u00e9riode comprennent huit livres d&rsquo;A. F. Losev sur l&rsquo;histoire de la philosophie, de l&rsquo;esth\u00e9tique et de la th\u00e9orie musicale. Apr\u00e8s la publication du dernier \u00abDialectique du mythe\u00bb, en 1930, Losev fut arr\u00eat\u00e9 pour implication dans la glorieuse r\u00e9bellion du Caucase et passa deux ans \u00e0 la construction du canal Mer Blanche-Baltique. La doctrine de la biosph\u00e8re et de la noosph\u00e8re de V. I. Vernadsky joue un r\u00f4le important dans la formation de l&rsquo;image philosophique moderne du monde. Une contribution importante au d\u00e9veloppement des fondements de la logique intuitionniste a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e par V. I. Glivenko et A. N. Kolmogorov. I. I. Zhegalkin fut le premier \u00e0 r\u00e9aliser l&rsquo;arithm\u00e9tisation de la logique symbolique classique. Le potentiel philosophique des <strong>\u0153uvres de L. S. Vygotsky s&rsquo;av\u00e8re significatif,<\/strong>\u00a0analysant les fonctions mentales sup\u00e9rieures d&rsquo;une personne, le r\u00f4le des mots et du langage dans leur formation (la plupart de ses \u0153uvres n&rsquo;ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es qu&rsquo;\u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 50).<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>M. M. Bakhtine<\/strong><\/p>\n<p align=\"justify\">Vers les ann\u00e9es 20. remonte au d\u00e9but du parcours cr\u00e9atif\u00a0<strong>de M. M. Bakhtine,<\/strong> qui a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 par l&rsquo;\u00e9cole n\u00e9o-kantienne alors qu&rsquo;il \u00e9tudiait \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Saint-P\u00e9tersbourg. Ayant d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 \u00e0 Leningrad en 1924, Bakhtine a particip\u00e9 aux activit\u00e9s du cercle \u00abR\u00e9surrection\u00bb, qui comprenait des \u00e9crivains et des \u00e9rudits philosophiques L. V. Pumpyansky, A. A. Meyer et d&rsquo;autres. Le livre de M. M. Bakhtine \u00abProbl\u00e8mes de la cr\u00e9ativit\u00e9 de Dosto\u00efevski\u00bb, publi\u00e9 en 1929 apr\u00e8s son arrestation, a marqu\u00e9 le d\u00e9but d\u2019une interpr\u00e9tation dialogique des romans de Dosto\u00efevski et de la philosophie du dialogue, qui a valu \u00e0 Bakhtine une renomm\u00e9e mondiale. En 1929, la publication en traduction russe des \u0153uvres compl\u00e8tes de Hegel commence. En dehors du cadre de la bureaucratie litt\u00e9raire, les formes litt\u00e9raires de la philosophie continuent d&rsquo;exister &#8211; dans le travail de l&rsquo;association litt\u00e9raire OBERIU, qui comprenait Ya S. Druskin, L. S. Lipavsky (tous deux dipl\u00f4m\u00e9s de la Facult\u00e9 de philosophie de l&rsquo;Universit\u00e9 de Petrograd, \u00e9tudiants de N. O. Lossky, qui a re\u00e7u une offre de s\u00e9jour \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9), D. Kharms, A. Vvedensky, N. Zabolotsky, N. Oleinikov. Dans le style paradoxal, la combinaison audacieuse de th\u00e8mes quotidiens et m\u00e9taphysiques dans les OBERIUT, on peut voir un \u00e9cho lointain de la cr\u00e9ativit\u00e9 litt\u00e9raire et philosophique de V.V. Rozanova. Il ne fait aucun doute que cette derni\u00e8re a influenc\u00e9 l&rsquo;\u00e9cole formelle de critique litt\u00e9raire (B. M. Eikhenbaum, V. B. Shklovsky, R. Yakobson), qui a absorb\u00e9 l&rsquo;esprit philosophique de l&rsquo;\u00e2ge d&rsquo;argent. Une trace \u00e9vidente des \u00e9tudes philosophiques dans les ann\u00e9es pr\u00e9-r\u00e9volutionnaires, d\u2019abord dans les murs de l\u2019Universit\u00e9 de Kiev, puis dans les villes d\u2019Europe, est port\u00e9e par la prose philosophique des ann\u00e9es 1920 et 1930. DAKOTA DU SUD. Krzhijanovsky, un auteur pratiquement non r\u00e9clam\u00e9 de la litt\u00e9rature sovi\u00e9tique. Motifs de la \u00abphilosophie de la cause commune\u00bb N. \u03a6. Fedorov est pr\u00e9sent dans les romans de A. Platonov. MM Prishvin perp\u00e9tue les traditions de la prose philosophique russe. De mani\u00e8re latente, les travaux se poursuivent sur le d\u00e9veloppement de l&rsquo;h\u00e9ritage philosophique russe, qui a atteint un nouveau niveau qualitatif gr\u00e2ce aux travaux d&rsquo;historiens de la pens\u00e9e et de la conscience sociale comme M. O. Gershenzon. Ainsi, dans le \u00abPatrimoine litt\u00e9raire\u00bb cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&rsquo;initiative de M. Gorki, \u00abMon destin litt\u00e9raire\u00bb de K. N. Leontyev (avec des commentaires d\u00e9taill\u00e9s de S. N. Durylin), des traductions des \u00abLettres philosophiques\u00bb in\u00e9dites de P. Ya Chaadaev sont publi\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie dans la diaspora russe.<\/strong> Dans la diaspora russe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, la philosophie est oblig\u00e9e de d\u00e9fendre avec non moins de t\u00e9nacit\u00e9 le droit \u00e0 son existence ind\u00e9pendante. Certains immigrants de Russie rejoignent le processus philosophique paneurop\u00e9en et mondial (philosophes A. Kozhev et A. Koyre, sociologues P. A. Sorokin, G. D. Gurvich), mais la plupart d&rsquo;entre eux s&rsquo;efforcent de pr\u00e9server leur originalit\u00e9, sans toujours s&rsquo;efforcer d&rsquo;\u00e9tablir un dialogue philosophique intensif avec l&rsquo;Occident. philosophie. Les centres de dispersion russe sont Constantinople, Prague, Belgrade, Berlin, Sofia, Paris, Harbin. Comprenant le caract\u00e8re unique historique de la Russie et esquissant les perspectives de d\u00e9passement interne du bolchevisme, un groupe de jeunes intellectuels cr\u00e9e le mouvement eurasien, dont le manifeste est le recueil \u00abExode vers l&rsquo;Est\u00bb. Pr\u00e9monitions et r\u00e9alisations. Affirmation des Eurasiens\u00a0\u00bb (Sofia, 1921). Les participants \u00e0 la collection G.V. Florovsky, P.N. Savitsky, P.P. Suvchinsky, N.S. Trubetskoy entrent en pol\u00e9mique avec la g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente de Vekhovites, voient l&rsquo;avenir de la Russie dans l&rsquo;id\u00e9ocratie orthodoxe, qui doit in\u00e9vitablement remplacer le bolchevisme, et postulent que l&rsquo;ali\u00e9nation de la Russie est le type culturel. de l&rsquo;Europe occidentale, bas\u00e9 sur le latin. L.P. Karsavin entre en collaboration avec les eurasistes, participant \u00e0 l&rsquo;\u00e9laboration de leur programme philosophique, cr\u00e9ant la th\u00e9orie des \u00abpersonnalit\u00e9s symphoniques\u00bb et faisant revivre l&rsquo;id\u00e9olog\u00e8me de \u00abl&rsquo;id\u00e9e russe\u00bb. Int\u00e9rieurement contradictoire, ce mouvement a cess\u00e9 d\u2019exister au d\u00e9but des ann\u00e9es 30. Peu \u00e0 peu, le centre de l&rsquo;activit\u00e9 intellectuelle, et en tout cas philosophique, s&rsquo;installe \u00e0 Paris. Cela est d\u00fb au d\u00e9but de la publication en 1925 de la revue \u00abPath. Organe de la pens\u00e9e religieuse russe\u00bb (Paris, 1925-1940, n\u00b0 1-61), \u00e9d. N. A. Berdiaev avec la participation de B. P. Vysheslavtsev et G. Kulman. Institut th\u00e9ologique orthodoxe R\u00e9v. Sergius, qui ouvre son \u0153uvre la m\u00eame ann\u00e9e, rassemble sous son toit un certain nombre de philosophes c\u00e9l\u00e8bres &#8211; le R\u00e9v\u00e9rend. S. Boulgakov, qui s&rsquo;est principalement r\u00e9orient\u00e9 vers les questions th\u00e9ologiques, V.V. Zenkovsky, G.V. Florovsky, B.P. Vysheslavtsev, G.P. Fedotov, L.A. Zander, V.N.<\/p>\n<p align=\"justify\">L&rsquo;id\u00e9e du socialisme chr\u00e9tien est h\u00e9rit\u00e9e de la revue \u00abNouvelle Ville\u00bb (1931 &#8211; 1939, n\u00b0 1 &#8211; 14), publi\u00e9e sous la direction de I. I. Bunakov, F. A. Stepun et G. P. Fedotov. Les plus c\u00e9l\u00e8bres parmi les lecteurs occidentaux sont les \u0153uvres des philosophes russes, dans lesquelles se trouve une r\u00e9flexion subtile sur l&rsquo;atmosph\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale de la civilisation et de la culture europ\u00e9ennes dans la courte p\u00e9riode entre les deux guerres mondiales &#8211; l&rsquo;essai de N. A. Berdiaev \u00abLe Nouveau Moyen \u00c2ge\u00bb, qui proph\u00e9tiquement pr\u00e9dit le ph\u00e9nom\u00e8ne du fascisme, est traduit dans de nombreuses langues sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne, \u00abCorrespondance des deux coins\u00bb Vyach. Ivanov et M. Gershenzon, le livre \u00abLa mort de l&rsquo;art\u00bb de V.V. Veidle est publi\u00e9 en fran\u00e7ais. La \u00abTrag\u00e9die de la philosophie\u00bb de S.N., traduite en allemand, est en cours de publication en Allemagne.<\/p>\n<p align=\"justify\">Boulgakov (le texte russe de cet ouvrage n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 qu&rsquo;en 1993), des chapitres de sa \u00abPhilosophie du nom\u00bb, \u00abDosto\u00efevski: Trag\u00e9die &#8211; Mythe &#8211; Mysticisme\u00bb Vyach. Ivanov, les \u00e9tudes sur l\u2019\u0153uvre de Vl. \u00e9crites en fran\u00e7ais sont int\u00e9ressantes. Solovyov D. Stremoukhov (1935) et M. Erman (1941), la soci\u00e9t\u00e9 des amis de Lev Chestov, ont traduit et publi\u00e9 plusieurs de ses livres en fran\u00e7ais. Les contacts des penseurs russes avec leurs coll\u00e8gues europ\u00e9ens sont importants pour l&rsquo;enrichissement mutuel des id\u00e9es: la rencontre du personnalisme russe en la personne de N. A. Berdiaev avec les penseurs chr\u00e9tiens G. Marcel et E. Mounier conduit \u00e0 la cr\u00e9ation de la revue catholique \u00abEsprit\u00bb , L. I. Chestov communique avec Ed. Husserl, gr\u00e2ce \u00e0 sa connaissance des travaux de S. Kierkegaard, S. L. Frank est en correspondance avec un \u00e9minent repr\u00e9sentant de la psychanalyse L. von Binswanger, E. K. Medtner est s\u00e9rieusement influenc\u00e9 par la psychanalyse et traduit en russe les travaux de C. G. Jung, F. . A. Stepun fait d\u00e9couvrir la litt\u00e9rature russe aux intellectuels allemands, dont G. G. Gadamer. I. A. Ilyin tente de cr\u00e9er une ontologie existentielle orthodoxe bas\u00e9e sur les concepts d&rsquo;\u00e9vidence spirituelle et d&rsquo;acte religieux.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie en URSS dans les ann\u00e9es 1940-1980. <\/strong>En d\u00e9cembre 1941, lors de l&rsquo;\u00e9vacuation d&rsquo;Achgabat, entre autres, la Facult\u00e9 de philosophie de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat de Moscou fut restaur\u00e9e, o\u00f9 pendant une courte p\u00e9riode des cours furent donn\u00e9s par A.F. Losev et B.A Fokht, qui furent ensuite licenci\u00e9s, la logique fut enseign\u00e9e par V.F. , P.S. Popov, A.S. Akhmanov, d&rsquo;\u00e9minents psychologues russes S.L. Rubinshtein et A.N. Dans la structure g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur sovi\u00e9tique, la philosophie occupait une place cl\u00e9 parmi les disciplines sociales. Dans le m\u00eame temps, l\u2019objectif principal de l\u2019enseignement philosophique en URSS \u00e9tait d\u2019\u00eatre une \u00abforge de personnel philosophique\u00bb, assurant \u00e0 la fois l\u2019enseignement de la philosophie marxiste-l\u00e9niniste dans les \u00e9coles sup\u00e9rieures et secondaires et le travail id\u00e9ologique \u00e0 diff\u00e9rents niveaux. L&rsquo;oppression id\u00e9ologique a entrav\u00e9 le travail philosophique cr\u00e9atif, qui s&rsquo;est poursuivi principalement dans le domaine de l&rsquo;histoire de la philosophie, de la philosophie des sciences et de la logique. L&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la litt\u00e9rature philosophique moderne des mouvements marxistes non marxistes et h\u00e9t\u00e9rodoxes \u00e9tait strictement r\u00e9glement\u00e9 en restreignant l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 des d\u00e9positaires sp\u00e9ciaux. Cependant, l&rsquo;activit\u00e9 philosophique cr\u00e9atrice en URSS se poursuit, principalement dans le domaine de l&rsquo;histoire de la philosophie, de la philosophie des sciences et de la logique. Dans la p\u00e9riode d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, l&rsquo;\u00e9cole russe du constructivisme en logique et en math\u00e9matiques est n\u00e9e (A. A. Markov, N. A. Shanin, etc.), qui a re\u00e7u une reconnaissance mondiale. Dans les ann\u00e9es 60-70. Les discussions sur la nature de l&rsquo;id\u00e9al (E.V. Ilyenkov, D.I. Dubrovsky), la relation entre le physique et le mental chez l&rsquo;homme et la relation entre la dialectique, la logique et la th\u00e9orie de la connaissance ont re\u00e7u un large \u00e9cho. S. L. Rubinstein, qui a re\u00e7u une formation philosophique \u00e0 Marbourg, cr\u00e9e un concept philosophique et psychologique de l&rsquo;homme et de son psychisme et \u00e9tudie la pens\u00e9e humaine en tant que processus. L\u2019approche activit\u00e9 de la pens\u00e9e est caract\u00e9ristique de l\u2019approche apparue au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950. Cercle logique de Moscou (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9 m\u00e9thodologique), dirig\u00e9 depuis 1957 par G. P. Shchedrovitsky. Les participants du cercle ont form\u00e9 une m\u00e9thodologie pour les jeux d&rsquo;organisation et d&rsquo;activit\u00e9 et ont d\u00e9velopp\u00e9 une m\u00e9thodologie pour l&rsquo;activit\u00e9 mentale collective. Le probl\u00e8me de la mont\u00e9e de l\u2019abstrait au concret dans Le Capital de K. Marx a \u00e9t\u00e9 analys\u00e9 dans les travaux de E. V. Ilyenkov et A. A. Zinoviev. La logique formelle se d\u00e9veloppe en interaction \u00e9troite avec la logique math\u00e9matique (S. A. Yanovskaya, A. A. Markov), principalement en tant que logique symbolique. Dans les ann\u00e9es 60. est pr\u00e9vue la diff\u00e9renciation des savoirs philosophiques, l&rsquo;identification d&rsquo;orientations relativement ind\u00e9pendantes de la bureaucratie dominante. L&rsquo;application de la logique moderne \u00e0 l&rsquo;analyse des connaissances scientifiques conduit \u00e0 la formation de la logique de la science. L&rsquo;approche syntaxique de la logique du langage de la science est compl\u00e9t\u00e9e par un appel \u00e0 sa s\u00e9mantique (V. A. Smirnov), mettant en \u00e9vidence ses diff\u00e9rents types (le langage de l&rsquo;observation, le langage des constructions empiriques et th\u00e9oriques). Il y a une analyse des id\u00e9aux et des normes de description et d&rsquo;explication, la relation entre les sch\u00e9mas th\u00e9oriques et l&rsquo;exp\u00e9rience, et les principes m\u00e9thodologiques de la physique, de la biologie, de la m\u00e9decine et d&rsquo;autres sciences sont explor\u00e9s.L&rsquo;application de la logique moderne \u00e0 l&rsquo;analyse des connaissances scientifiques conduit \u00e0 la formation de la logique de la science. Le probl\u00e8me de la rationalit\u00e9 non classique est discut\u00e9, les principes m\u00e9thodologiques de la physique, de la biologie, de la m\u00e9decine et d&rsquo;autres sciences sont explor\u00e9s. Des \u00e9coles de m\u00e9thodologie scientifique voient le jour \u00e0 Kiev (P.V. Kopnin), Minsk (V.S. Stepin) et Novossibirsk. Le probl\u00e8me de la conscience a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9 dans les travaux de M.K. Mamardashvili; ses cours magistraux sur la philosophie antique, R. Descartes, M. Proust, sont devenus un ph\u00e9nom\u00e8ne marquant dans la vie intellectuelle des ann\u00e9es 70 et 80. L&rsquo;approche s\u00e9miotique de la culture, d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Moscou-Tartu (Yu. M. Lotman et autres), a trouv\u00e9 son application dans l&rsquo;\u00e9tude des sciences (M. K. Petrov). V. S. Bibler a d\u00e9velopp\u00e9 le concept de pens\u00e9e comme un dialogue de diff\u00e9rentes logiques et a explor\u00e9 le probl\u00e8me de la cognition dans le cadre de la th\u00e9orie culturelle. Dans la p\u00e9riode d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, paraissent un certain nombre de revues philosophiques, publi\u00e9es jusqu&rsquo;\u00e0 nos jours: \u00abQuestions de philosophie\u00bb (depuis 1947), \u00abSciences philosophiques\u00bb (depuis 1958), \u00abBulletin de l&rsquo;Universit\u00e9 d&rsquo;\u00c9tat de Moscou\u00bb. S\u00e9rie \u00abPhilosophie\u00bb (depuis 1966), etc. Un \u00e9v\u00e9nement important fut la publication de \u00abl&rsquo;Encyclop\u00e9die philosophique\u00bb en 5 volumes (1960 &#8211; 70). Plus de 130 volumes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans la s\u00e9rie \u00abPatrimoine philosophique\u00bb de la maison d&rsquo;\u00e9dition Mysl, parmi lesquels des ouvrages de philosophie europ\u00e9enne, russe et orientale. Le tirage de certains volumes, par exemple les \u0153uvres d&rsquo;Aristote, a d\u00e9pass\u00e9 200 000 exemplaires. Depuis 1989, par d\u00e9cret du Comit\u00e9 central du PCUS, la publication de la s\u00e9rie \u00abDe l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e philosophique russe\u00bb a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e, ce qui a lev\u00e9 l&rsquo;interdiction actuelle de publier en Russie les \u0153uvres de philosophes russes de l&rsquo;\u00e9tranger. En 1971, la Soci\u00e9t\u00e9 philosophique de l&rsquo;URSS a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences de l&rsquo;URSS (aujourd&rsquo;hui Soci\u00e9t\u00e9 philosophique russe (RFS), depuis 1997 le \u00abVestnik RFO\u00bb est publi\u00e9), r\u00e9unissant des chercheurs et des enseignants de philosophie sur une base volontaire.Par d\u00e9cret du Comit\u00e9 central du PCUS, la publication de la s\u00e9rie \u00abDe l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e philosophique russe\u00bb a commenc\u00e9, levant ainsi l&rsquo;interdiction actuelle de publier en Russie les \u0153uvres des philosophes de la diaspora russe. En 1971, la Soci\u00e9t\u00e9 philosophique de l&rsquo;URSS a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences de l&rsquo;URSS (aujourd&rsquo;hui Soci\u00e9t\u00e9 philosophique russe (RFS), depuis 1997 le \u00abVestnik RFO\u00bb est publi\u00e9), r\u00e9unissant des chercheurs et des enseignants de philosophie sur une base volontaire.Par d\u00e9cret du Comit\u00e9 central du PCUS, la publication de la s\u00e9rie \u00abDe l&rsquo;histoire de la pens\u00e9e philosophique russe\u00bb a commenc\u00e9, levant ainsi l&rsquo;interdiction actuelle de publier en Russie les \u0153uvres des philosophes de la diaspora russe. En 1971, la Soci\u00e9t\u00e9 philosophique de l&rsquo;URSS a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences de l&rsquo;URSS (aujourd&rsquo;hui Soci\u00e9t\u00e9 philosophique russe (RFS), depuis 1997 le \u00abVestnik RFO\u00bb est publi\u00e9), r\u00e9unissant des chercheurs et des enseignants de philosophie sur une base volontaire.<\/p>\n<p align=\"justify\"><strong>La philosophie dans la Russie moderne.<\/strong> Apr\u00e8s la lev\u00e9e des interdits id\u00e9ologiques provoqu\u00e9e par l\u2019effondrement de l\u2019id\u00e9ologie marxiste et l\u2019effondrement de l\u2019URSS, la philosophie en Russie s\u2019est retrouv\u00e9e dans une situation de choix. Tout en maintenant la structure g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9tablie de l&rsquo;\u00e9ducation philosophique, se d\u00e9roule le processus de ma\u00eetrise de cette partie de l&rsquo;h\u00e9ritage philosophique dont la philosophie sovi\u00e9tique a \u00e9t\u00e9 artificiellement coup\u00e9e. De nouvelles disciplines du cycle philosophique ont \u00e9merg\u00e9 et se d\u00e9veloppent &#8211; sciences politiques, \u00e9tudes culturelles, \u00e9tudes religieuses, anthropologie philosophique, \u00e9mergeant parfois \u00abdes ruines\u00bb des branches marxistes de la philosophie. L\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00abdialogue des cultures\u00bb, d\u00e9velopp\u00e9e par V. S. Bibler, devient populaire. La quantit\u00e9 de litt\u00e9rature philosophique traduite au cours de la derni\u00e8re d\u00e9cennie du XXe si\u00e8cle d\u00e9passe tout ce qui est sorti dans les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes du si\u00e8cle. De nouvelles revues philosophiques ont \u00e9t\u00e9 renouvel\u00e9es et ont \u00e9merg\u00e9 &#8211; \u00abSteps\u00bb (Saint-P\u00e9tersbourg, depuis 1991), \u00abLogos\u00bb, \u00abPrincipes\u00bb (tous deux &#8211; M., depuis 1991), \u00abPath\u00bb (M., depuis 1992). En 1993, le 19e Congr\u00e8s philosophique mondial s&rsquo;est tenu \u00e0 Moscou. La question se pose de la possibilit\u00e9 de reprendre la tradition philosophique interrompue, en revenant \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage de la philosophie religieuse russe et \u00e0 la philosophie de l&rsquo;\u00e9migration russe. Une tentative est en cours pour cr\u00e9er une anthropologie philosophique bas\u00e9e sur la tradition mystique-asc\u00e9tique de l&rsquo;h\u00e9sychasme et du palamisme (S. S. Khoruzhy). Il existe une sp\u00e9cialisation des connaissances philosophiques provoqu\u00e9e par le d\u00e9sir de rejoindre une certaine direction qui se d\u00e9veloppe dans la philosophie occidentale &#8211; la ph\u00e9nom\u00e9nologie, la philosophie analytique, le structuralisme et le post-structuralisme. Le postmodernisme philosophique jouit d\u2019une certaine popularit\u00e9. Les tentatives sont fr\u00e9quentes pour mettre \u00e0 jour les connaissances philosophiques en les incluant dans un certain contexte id\u00e9ologique &#8211; de la r\u00e9surrection du bolchevisme \u00e0 la restauration de la monarchie orthodoxe (ou eurasienne). Le d\u00e9veloppement d\u2019une id\u00e9ologie nationale, ou \u00abid\u00e9e russe\u00bb, est aussi parfois consid\u00e9r\u00e9 comme la t\u00e2che de la philosophie moderne. Cependant, le principal r\u00e9sultat de la premi\u00e8re d\u00e9cennie post-sovi\u00e9tique pour la philosophie en Russie peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le retour de la Russie dans le processus philosophique mondial.<\/p>\n<h5 class=\"subtitle\"><strong>Litt\u00e9rature<\/strong><\/h5>\n<p align=\"justify\"><em>1.Vvedensky A.I., Losev A.F., Radlov E.L., Shpet G.G.<\/em>\u00a0Essais sur l&rsquo;histoire de la philosophie russe. Sverdlovsk, 1991.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>2.Zenkovsky V.V.<\/em>\u00a0Histoire de la philosophie russe. L., 1991.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>3. Lossky N. O.<\/em>\u00a0Histoire de la philosophie russe. M., 1991.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>4. Florovsky G., prot.<\/em>\u00a0Chemins de la th\u00e9ologie russe. K., 1991.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>5.<\/em>\u00a0Philosophie russe : La philosophie comme sp\u00e9cialit\u00e9 en Russie \/ Comp. Yu. N. Soukharev. M., 1992. Num\u00e9ro. 1.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>6.<\/em>\u00a0Philosophie russe : Petit dictionnaire encyclop\u00e9dique. M., 1995.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>7.<\/em>\u00a0Philosophie russe : Dictionnaire \/ Ed. M.A. Maslina. M., 1995.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>8.<\/em>\u00a0Histoire de la philosophie russe. M., 2001.<\/p>\n<p align=\"justify\">9.<br \/>\n<em>Evlampiev I. I.<\/em>\u00a0Histoire de la philosophie russe. Saint-P\u00e9tersbourg, 2002.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>10.Masaryk Th.<\/em>\u00a0Zur Russischen Geschichts- und Religionsphilosophie : Sociologische Skizzen. I\u00e9na, 1913. Bd 1-2.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>11.<\/em>\u00a0Philosophie russe \/ \u00c9d. par J.M. Edie, J.P. Scanlan, M.-B. Zeldin avec la collaboration de GL Kline. Knoxville, 1976. Vol. 1-3.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>12.Walicki A. Une<\/em>\u00a0histoire de la pens\u00e9e russe depuis les Lumi\u00e8res jusqu&rsquo;au marxisme. Oxf., 1980.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>13.Goerdt W.<\/em>\u00a0Russische Philosophie : Zug\u00e4nge und Durchblicke. Fribourg ; Munich, 1984.<\/p>\n<p align=\"justify\"><em>14.Copleston F.<\/em>\u00a0La philosophie en Russie : de Herzen \u00e0 L\u00e9nine et Berdiaev. Notre-Dame [Indiana], 1986.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rus antique et philosophie.\u00a0Chaque philosophie est un type particulier de rationalit\u00e9. 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